Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Part 99

Chapter 993,707 wordsPublic domain

32, +Gué+.--Vraisemblablement la profondeur de l’eau près du rivage, qu’il fallait gagner en marchant plus ou moins dans la mer, les navires ne pouvant approcher assez près pour qu’il fût possible d’aborder autrement; du reste SUÉTONE, _César_, 58, dit à ce propos: «Il ne passa en Bretagne qu’après avoir reconnu par lui-même le point de débarquement, l’itinéraire à suivre et les conditions d’accès.»

35, +Refusa+.--CÉSAR, _De Bello civili_, I, 72.

38, +Ost+.--Armée; du latin _hostis_ (ennemi). Ce mot était, dans l’ancienne langue française, employé indifféremment pour désigner l’un et l’autre de deux adversaires: «Si l’ost savait ce que fait l’ost, disait un adage militaire de l’époque, l’ost déferait l’ost (Si l’un connaissait les projets de l’autre, le premier battrait le second).»

38, +Necessité+.--César fit, à diverses reprises, franchir des cours d’eau à son armée dans des conditions assez délicates, ses hommes ayant de l’eau jusqu’aux aisselles, notamment la Loire, en =51=, lors de l’insurrection générale des Gaules, et la Sègre en Espagne, comme l’indique ici Montaigne, lors de ses opérations contre Afranius en =49=. En ces circonstances, sa cavalerie, répartie de l’un et l’autre côté, était employée, en amont, à rompre le courant; en aval, à recueillir ceux qui auraient été entraînés.

=654=,

21, +Bouclier+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, II, 25.--En l’an =53=.

25, +Presence+.--SUÉTONE, _César_, 58.

25, +Dirrachium+.--SUÉTONE, _César_, 58; PLUTARQUE, _César, passim_; APPIEN, _Guerre civile_, II; etc.

35, +Siennes+.--César franchit le Rubicon avec 5.000 fantassins et 3.000 cavaliers; il avait en Égypte 3.200 fantassins et 800 cavaliers; il n’amena en Afrique contre Scipion et Juba que 3.000 fantassins et quelques cavaliers.--A la bataille de Pharsale il perdit 200 hommes; Pompée, 15.000. A celle de Thapsus il en perdit 50; à celle de Munda, 1.000, et ses adversaires leur armée entière.

35, +Gens-là+.--Alexandre et César.

37, +Disoit-il+.--César.

=656=,

3, +Bout+.--SUÉTONE, _César_, 62.

4, +Alexia+.--Ce siège, qui se termina par la prise de la ville et la reddition de Vercingétorix (=52=), mit fin au soulèvement général de la Gaule; il ne resta plus à faire rentrer dans l’ordre que quelques peuplades; la pacification complète se termina l’année suivante.

6, +Cheuaux+.--Dans ses _Commentaires_, VII, 64, CÉSAR dit «huit mille chevaux»; c’est le nombre qu’il faut lire; il est probable que Montaigne avait écrit sur son manuscrit «huit à neuf mille», l’imprimeur aura lu «cent neuf mille.»

7, +Maniacle+.--Littéralement «furieuse»; ici, incroyable, merveilleuse. Dans l’ancien français, maniacle et maniaque étaient synonymes; ce dernier seul est resté.

12, +Tigranocerta+.--Tandis que Lucullus, avec 15 à 20.000 hommes, assiégeait Tigranocerte sa capitale, Tigrane roi d’Arménie vint la secourir traînant avec lui une armée de 250.000. Lucullus, malgré son infériorité numérique, marcha contre eux; les barbares s’enfuirent sans presque soutenir le choc et perdirent 100.000 h.; Lucullus n’aurait eu que cinq morts et cent blessés; peu après, il était maître de la ville (=69=).

20, +Est+.--Les éd. ant. aj.: _rare et_.

19, +Confusion+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, VII, 71.

28, +Secours+.--XÉNOPHON s’exprime ainsi: «Ce n’est ni le nombre, ni la force qui donnent la victoire; elle est acquise à ceux qui, avec l’aide des dieux, attaquent avec le plus de fermeté d’âme.»--C’est là une vérité relative, à l’appui de laquelle on peut citer de nombreuses batailles dans l’antiquité, alors que le combat corps à corps jouait un rôle presque exclusif et toujours prédominant, où des résultats inouïs ont été obtenus avec des forces absolument disproportionnées. Mais l’invention des armes à feu et leurs perfectionnements incessants, leur accroissement en portée, en justesse et en vitesse, ont réduit à néant l’influence de la force physique des combattants et augmenté celle du nombre dans une très notable proportion. Aujourd’hui, où la question est souvent aux trois quarts résolue quand on est encore hors de vue et bien avant que le feu soit ouvert, et où la victoire est à peu près décidée sans que parfois on se soit abordé sur le point décisif, même avec des effectifs en présence atteignant des centaines de mille hommes de part et d’autre, le nombre joue un rôle considérable en facilitant les mouvements enveloppants. Toutefois il n’est pas plus que jadis le seul facteur du succès; le moral des troupes, l’initiative, l’habileté manœuvrière des chefs, surtout chez le général et ses principaux lieutenants, peuvent, encore comme par le passé, donner la victoire à une armée numériquement inférieure, si elle ne se cantonne pas dans une passivité continue et, par sa mobilité et ses propres attaques exécutées en temps opportun, s’applique à contenir et à déjouer les mouvements et les attaques de l’adversaire.

30, +Tamburlan+.--Tamerlan, appelé aussi Timour et dont le véritable nom est Timour-Leng; né à Samarcande, dans le Turkestan, il conquit ce qui aujourd’hui constitue la Perse, l’Afghanistan, la partie N. de l’Hindoustan et l’Asie Mineure; il marchait sur la Chine, quand il mourut. Sanguinaire et fanatique, il incendia Delhi, Damas, Bagdad et nombre d’autres villes; devant Delhi, il fit égorger 100.000 captifs; à Bagdad, il érigea un obélisque avec 90.000 têtes coupées.

32, +Confusion+.--A Ancyre (Asie Mineure), en 1402. Un million de combattants se choquèrent en cette journée; la bataille dura trois jours et deux nuits; 240.000 h., dit-on, furent tués sur le terrain même. Des deux adversaires, l’un, Tamerlan, était manchot et boiteux par suite de blessures reçues à la main et au pied, l’autre était borgne.

34, +Baster+.--Suffire à un habile général.--C’était vrai jadis, et Turenne dans son admirable campagne d’Alsace de 1675, Bonaparte dans celle non moins remarquable de 1796 en Italie, l’ont bien montré; mais avec le principe de la nation armée et la puissance de l’armement actuel, les petites armées où le chef exerçait une action prédominante et pouvait conduire les choses à son gré, ne sont plus. Le général placé aujourd’hui à la tête d’une armée de plusieurs centaines de mille combattants, se mouvant sur une étendue de 80 à 100 kilomètres et même davantage, livrant bataille sur un front de plusieurs lieues, n’est plus, malgré le télégraphe, aussi maître que jadis de les faire se mouvoir à son gré et avec une rapidité suffisante, et une fois l’action générale engagée, les combats partiels dont elle se compose sont si multipliés, se livrent à de telles distances et sont d’une importance telle, que son intervention, quelque grand que soit son génie, peut être impuissante ou tardive. Aux temps anciens et au moyen âge, on a bien vu des masses aussi considérables en présence, mais, outre que les non-combattants s’y trouvaient dans une proportion énormément plus considérable, le défaut d’organisation, le combat corps à corps qui était seul pratiqué, la courte portée et la puissance bien moindre des armes de jet, ne permettaient guère de manœuvrer et le nombre perdait par là beaucoup de son importance.

37, +Vercingentorix+.--Arverne de naissance (les Arvernes avaient pour territoire à peu près l’Auvergne actuelle), Vercingétorix souleva la Gaule centrale que César venait de soumettre et se fit nommer généralissime (=53=). César accourant aussitôt, après avoir échoué devant Gergovie, capitale des Arvernes (située proche l’emplacement actuel de Clermont-Ferrand), le battit en plusieurs rencontres, s’empara d’Avaricum, sa principale place d’armes, l’enferma dans Alésia et le contraignit à se rendre (=52=). Jeté dans un cachot à Rome, Vercingétorix y demeura six ans et, après avoir orné le triomphe du vainqueur, fut étranglé (=47=). Vercingétorix était chez les Gaulois, non un nom propre, mais un titre de commandement qui pourrait se traduire par généralissime; on ignore comment s’appelait le chef arverne connu sous ce nom et vaincu à Alésia.

39. +Alexia+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, VII, 8.

=658=,

3, +Consideré+.--Retenu, réfléchi, réservé, prudent; d’où inconsidéré, étourdi.

3, +Appius+.--SUÉTONE, _César_, 60.

4, +Estimant+.--Les éd. ant. aj.: _dict Suetone_.

12, +Appetit+.--Montaigne a dit précisément le contraire, liv. II, ch. 33, =II=, 634.

18, +Ariouistus+.--Venu en Gaule comme allié des Séquanes (peuple qui habitait le territoire de l’anc. Franche-Comté), Arioviste voulut s’opposer aux conquêtes de César après avoir feint d’être l’ami des Romains, mais il fut complètement battu, en =58=, près de Vesontio (auj. Besançon).

23, +Foy+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, I, 46.

27, +Ennemis+.--SUÉTONE, _César_, 68.

30, +Guerre+.--Les histoires grecques et romaines contiennent de nombreux récits des prouesses que les nageurs ou plongeurs ont exécutées dans l’antiquité.

33, +Alexandre+.--Tout comme Alexandre du reste, César était aussi un excellent cavalier. V. =I=, 530.

=660=,

2, +Cotte d’armes+.--Signifie ici son manteau de général, riche casaque qui se mettait comme signe distinctif, par-dessus la cuirasse; du reste les éd. ant. à 88 portent _acoustrement_, au lieu de «cotte d’armes», qui se dit plus généralement d’une sorte de blouse faite de petits anneaux de fer entrelacés, d’où son nom de «cotte de mailles».--En ce qui concerne les tablettes, VOLTAIRE conteste le fait: «Outre que César n’en parle pas dans ses Commentaires, dit-il, quand on se jette à la mer des papiers à la main, on les mouille»; et, quant à la cotte d’armes, DION dit au contraire: «César jeta son manteau de pourpre qui pouvait l’empêcher de nager; les Égyptiens s’en emparant, s’en firent un trophée.»

3, +L’aage+.--SUÉTONE, _César_, 64.--En =48=. V. N. =II=, 652: Ægypte. Il attaquait un pont dans Alexandrie, quand une brusque sortie de l’ennemi le contraignit à se jeter dans une barque; il avait alors 53 ans.

4, +Creance+.--N’inspira tant de confiance.

5, +Centeniers+.--Centurions, chefs d’une troupe de cent hommes.

8, +Necessiteux+.--SUÉTONE, _César_, 68.

8, +Chastillon+.--Plus connu sous le nom d’amiral de Coligny; jouit dès le début d’une grande faveur à la cour et fut élevé en 1552 à la dignité d’amiral; mais las des intrigues qui se menaient autour de lui, il ne tarda pas à résigner tous ses emplois et à se retirer dans ses terres. En 1562, lors des guerres de religion, il fut fait lieutenant-général par le parti protestant; comme tel, prit part à la bataille de Dreux, au combat indécis de S.-Denis, aux batailles de Jarnac et de Montcontour qui furent fatales à son parti. Après la paix de S.-Germain (1570), il revint à la cour où il fut des plus choyés et en 1572 une des premières et la plus illustre victime de la S.-Barthélemy. Il était d’un caractère grave, doux et bienveillant, général assez habile, mais malheureux.

11, +L’accompagnoient+.--Les Français de son armée, c’étaient les protestants; les étrangers étaient les contingents allemands au service de ce parti.

18, +Prenoient+.--En =725=; Carthage employait des mercenaires dans ses armées en présence desquelles on était, d’où cette qualification appliquée en la circonstance dans l’armée romaine à ceux qui ne firent pas ce sacrifice aux difficultés du moment.

21, +Tancer+.--SUÉTONE, _César_, 68.--Dans les nombreuses actions de guerre qu’il engagea, César n’éprouva que deux échecs, du reste bien vite et glorieusement réparés: l’un devant Gergovie en Gaule, l’autre à Dyrrachium.

21, +Legions+.--L’effectif de la légion romaine a varié de trois à six mille fantassins et trois cents cavaliers; la cohorte en était une fraction qui comprenait cinq cents hommes.

24, +Flesches+.--SUÉTONE, _César_, 68; CÉSAR, _De Bello civili_, III, 53.

24, +Scæua+.--CÉSAR, _De Bello civili_, III, 53; FLORUS, IV, 2; VALÈRE MAXIME, III, 3, 23; SUÉTONE, _César_, 68.

29, +Party+.--SUÉTONE, _César_, 68.

34, +Propre+.--En =48=.--PLUTARQUE, _César_, 5.

35, +Salone+.--CÉSAR, _De Bello civili_, III, 9.--En =49=, pendant les opérations autour de Dyrrachium.

37, +Aduint+.--Les éd. ant. aj.: _et extraordinaire_.

=662=,

2, +Engins+.--Machines de guerre.

4, +Cordes+.--Les femmes de Carthage firent de même, lors du siège de cette ville par Scipion Émilien.

CHAPITRE XXXV.

18, +Sçait+.

«Et si je sais compter, Il en est jusqu’à trois que je pourrais citer.» BOILEAU.

=664=,

8, +Dolent+.--Citation dont les termes sont légèrement altérés, sans que le sens soit modifié.

8, +Rechigner+.--Air renfrogné; rechigner, dit NICOT, c’est user de paroles et de regards mal gracieux et vient de ce que c’est faire en quelque sorte comme un chien mécontent.

9, +Dispenserons+.--Permettrions, accepterions; dispenser signifiait autrefois permettre. NICOT.

16, +Voix+.--«Femme rit quand elle peut et pleure quand elle veut.» _Proverbe._

21, +Payement+.--C.-à-d.: Cette cérémonieuse contenance est bien moins pour le mort que pour les vivants; elle a plus pour objet d’acquérir que de payer.

30, +Pline le ieune+.--_Epist._ VI, 24.

=666=,

20, +Faux+.--Le milieu.

26, +Riches+.--Var. des éd. ant.: _de grand lieu_, au lieu de: «riches».

27, +Arria+.--Le récit qui suit est en entier extrait de PLINE LE JEUNE, _Epist._ 111, 16.

28, +Consulaire+.--Qui avait été consul.

32, +Plusieurs+.--Cecina Pœtus se tua dans les circonstances que rapporte ici Montaigne (43); Thraseas Pœtus son gendre, illustre par sa vertu et son courage, fut un des représentants de la faible opposition sénatoriale qui osait désapprouver Néron; il sortit du Sénat, pour ne pas entendre l’apologie du meurtre d’Agrippine faite par Sénèque. Accusé sous de frivoles prétextes, il fut condamné à mourir et s’ouvrit les veines; sa femme, imitant l’exemple de sa mère, ne voulait pas lui survivre. Thraseas la pria instamment de se laisser vivre pour Fannia leur fille (66).

=668=,

15. +Sçauriez+.--«Ne savez-vous pas, fait dire Martial à Porcie fille de Caton d’Utique, qu’on ne peut empêcher personne de mourir; je croyais que mon père vous l’avait appris?» V. N. =II=, 430: Premier.

29, +Instant+.--Var. des éd. ant.: _Cela dit_, au lieu de: «Et en mesme instant».

39, +Riche+.--Il est incontestable que les trois mots mis par Pline dans la bouche d’Arria, en disent beaucoup plus, dans leur concise simplicité, que la phrase étudiée que lui prête Martial.

44, +Crainte+.--Var. des éd. ant.: _en quoy il estoit de suyure son conseil_, au lieu de: «de la suyure en mourant».

=670=,

2, +Paulina+.--TACITE, _Ann._, XV, 61 et 64.

2, +Ieune+.--L’éd. de 80 porte: _belle, ieune_.

4, +Seneque+.--Fut d’abord orateur, puis s’adonna à la philosophie; accusé d’intrigues criminelles avec la fille de Germanicus, il fut exilé en Corse et il y demeura huit ans; rentré en grâce, il fut choisi comme précepteur de Néron. Lorsque, parvenu à l’empire, celui-ci donna carrière à sa mauvaise nature, Sénèque essaya de s’y soustraire en sollicitant sa retraite; l’empereur s’y opposa par hypocrisie, puis ne voyant en lui qu’un censeur incommode, il feignit de le trouver compromis dans la conspiration de Pison et lui envoya l’ordre de se donner la mort, ce qu’il fit en se faisant ouvrir les veines et témoignant d’un calme absolu, ce dont Montaigne nous donne ici un récit complet (68). On a reproché à Sénèque les richesses considérables acquises pendant qu’il était en crédit, l’approbation qu’il a donnée à l’empoisonnement de Britannicus et l’apologie qu’il a faite du meurtre d’Agrippine. On a de lui des écrits philosophiques et de nombreuses lettres à Lucilius; partout il y prêche la morale la plus austère et le mépris de la mort; Montaigne leur a fait de très fréquents emprunts; son style est brillant, élégant, quoique un peu affété. Sénèque semble né à Rome; on le donne parfois comme étant de Cordoue, d’où était son père venu à l’âge de 15 ans à Rome, où il a vécu et où il est mort.

13, +Estriuoit+.--Refusait de se soumettre.

=672=,

18, +Beauté+.--Var. des éd. ant.: _noblesse_, au lieu de: «beauté».

20, +Vieillesse+.--L’éd. de 80 ajoutait: (_car il auoit lors enuiron cent quatorze ans_); il en avait en réalité soixante-cinq.

30, +Elle+.--La poison; le mot, du temps de Montaigne, était féminin; aujourd’hui encore, on le fait tel dans le langage trivial.

37, +Fascheuse+.--Var. des éd. ant. à 88: _lourde_, au lieu de: «fascheuse».

=674=,

6, +Commun+.--C’est du reste de la réalité, à laquelle n’atteint jamais la fiction, que les auteurs, se bornant à modifier certains détails et parant le tout avec plus ou moins de talent, tirent généralement le fond des ouvrages qui leur font le plus honneur; l’imagination serait impuissante à concevoir l’infinité des situations que nécessite la production littéraire qui va sans cesse croissant; et c’est en serrant au plus près la vie réelle, ses incidents et ses accidents, qu’ils captivent le plus notre intérêt.

15, +De ce+.--Les éd. ant. portent: _ou comme Arioste a rangé en vne suite, ce_; au lieu de: «de ce».

22, +Lucilius+.--_Epist._ 104.

[F.591] NOTES.

TROISIÈME VOLUME.

LIVRE SECOND

(_Suite_).

CHAPITRE XXXVI.

=10=,

21, +Aueugle+.--Ce qui ne veut pas dire qu’il était aveugle-né; croire qu’Homère est né aveugle, dit VELLEIUS PATERCULUS, c’est être soi-même aveugle et privé de tout sens et surtout de bon sens.

21, +Auant que+.--Les éd. ant. aj.: _les arts et_.

=12=,

17, +Elle est+.--Les éd. ant. aj.: _foible et_.

23, +Imiter+.--Ce jugement sur Homère a été formulé par VELLEIUS PATERCULUS, I, 5.

23, +Aristote+.--_Poétique_, 24.

24, +Substantiels+.--Les éd. ant. aj.: _et massifs_.

26, +Coffret+.--PLINE, _Hist. nat._, VII, 9.--A la bataille d’Issus, tout le camp de Darius, qui traînait avec lui sa famille, sa cour, des richesses considérables, et où régnait un luxe inouï, était tombé aux mains du vainqueur.

28, +Militaires+.--PLUTARQUE, _Alexandre_, 2.

29, +Cleomenes+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.

32, +Plutarque+.--Dans son traité _Du trop parler_, 5.

37, +Point+.--PLUTARQUE, _Alcibiade_, 3.

42, +Qu’il est+.--PLUTARQUE, _Apophth. des rois_, art. _Hiéron_.

43, +Philosophes+.--CICÉRON, _Tusc._, I, 32.

46, +Helene+.--Fille de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare roi de Sparte, était sœur de Castor et de Pollux, ainsi que de Clytemnestre femme d’Agamemnon. Elle épousa Ménélas, qui succéda à Tyndare comme roi de Sparte et dont elle eut une fille Hermione. Elle fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, ce qui détermina la guerre de ce nom, entre les Grecs et Troie. Après la prise de cette ville qu’Hélène livra perfidement aux Grecs pour rentrer en grâce auprès de son époux, celui-ci la ramena à Sparte. Ménélas mort, elle dut quitter Sparte et se retira à Rhodes où Polixo, femme de Tlépolème qui avait péri au siège de Troie, la fit pendre.

47, +Iamais+.--Montaigne semble avoir des doutes que le siège de Troie ait jamais eu lieu.

=14=,

5, +Troyens+.--Les Romains se réclamaient, par la descendance d’Énée, d’une prétendue origine troyenne; cette origine a été également revendiquée par les Vénètes; on a même été jusqu’à l’établir pour les Francs.

7, +Moy+.--Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.--En citant ce passage, BAYLE dit: «Voilà comment des maux chimériques, forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.

12, +Athenæ+.--Vers grec cité par AULU-GELLE, III, 11, et reproduit en latin.--La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.--On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.

13, +Alexandre le Grand+.--Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en =336=. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (=334=) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (=333=), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (=331=), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (=323=), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.--A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.

31, +Possession+.--Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.

32, +Temperance+.--Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.

34, +Reproche+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _que la colere_.

38, +Thebes+.--Certaines éditions postérieures ajoutent: _et de Persepolis_.--Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. =I=, 22: Esclaues. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (=331=).

38, +Menander+.--Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.

39, +Hephestion+.--Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.

39, +Persiens+.--Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.