Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 98
32, +Cleopatra+.--Non moins remarquable par son esprit que par sa beauté, fut la maîtresse de César, puis celle d’Antoine qui, pour l’épouser, répudia Octavie sœur d’Octave. Après la défaite et la mort d’Antoine et après avoir en vain cherché à séduire le vainqueur, afin de ne pas tomber vivante en son pouvoir, elle se donna la mort, en se faisant piquer au bras par un aspic.
33, +Cæsarion+.--PLUTARQUE, _César_, 13.--Cet enfant fut déclaré roi d’Égypte en =42= par les triumvirs Antoine, Octave et Lépide, sous le nom de Ptolémée XIV et la tutelle de sa mère. En =32=, il recevait le vain titre de Roi des rois et l’an =30=, peu après la mort de sa mère, il périssait par ordre d’Auguste.
34, +L’amour+.--SUÉTONE, _César_, 50, 52, etc.
39, +Cæsar+.--Julie, qui par sa douceur empêcha longtemps la discorde entre le beau-père et le gendre; sa mort, survenue en =55=, fit disparaître la principale cause à laquelle on devait que la guerre civile n’eût point encore éclaté entre eux.
=636=,
2, +Ægisthus+.--Egisthe, fils incestueux de Thyeste et de sa fille Pélopée, était à la fois le frère et le fils de sa mère; Pompée, en épousant la fille de César qui avait été l’amant de sa femme, se trouvait être à la fois pseudo-beau-frère et gendre de son beau-père.
8, +Amoureuse+.--Lorsqu’il rentra dans Rome, sur son char de triomphe, après la conquête des Gaules, les soldats, auxquels en pareille circonstance était laissée une grande licence, chantaient: «Bourgeois, cachez vos femmes, nous amenons le galant au crâne dénudé.» SUÉTONE, _César_, 51.
10, +Place+.--SALLUSTE dit de même de Sylla: «D’une grande intelligence, assoiffé de volupté, il l’était plus encore de gloire, car, si plongé qu’il fût dans la luxure, jamais elle ne lui fit perdre de vue les affaires.»
14, +Soldat+.--Aussi vigoureux et infatigable athlète en amour qu’à la guerre.
20, +Ladislaus+.--SISMONDI, _Histoire des républiques italiennes_, tome VIII, raconte la mort de Ladislas d’une manière un peu différente: il aurait été atteint à Pérouse d’une maladie que ses débauches excessives auraient occasionnée; et une de ses maîtresses, qu’on accusait de l’avoir empoisonné et qui était fille d’un médecin de cette ville, serait morte peu de jours après, emportée par la même maladie.
24. +Destroict+.--Ayant réduit, par un siège rigoureux, la ville de Florence en telle détresse.
31, +Attournoit+.--Orner, parer; est d’étymologie grecque. D’attourner vient atours, qui est fort en usage.
=638=,
10, +Escrit+.--En dehors de ses Commentaires sur la guerre des Gaules et la guerre civile qui seuls nous restent, de ses lettres au Sénat, à Cicéron, à ses amis, César aurait écrit sur la grammaire, l’éloquence, l’histoire, et encore des poèmes, une tragédie d’Œdipe et des recueils de faits mémorables qu’Auguste défendit de publier; on lui attribuait aussi des livres sur les Augures et une Cosmographie qui ne furent probablement composés que sur ses ordres.
15, +Actiue+.--SUÉTONE dit qu’il faisait au besoin cent milles par jour (150 kil.), passait les rivières à la nage ou sur des outres, arrivait souvent avant qu’on ne fût instruit de son départ. FLORUS le compare à la foudre; et CICÉRON, dans le temps même où il parlait de lui en ennemi, le regardait comme un prodige de promptitude et de vigilance.
16, +Labeur+.--Dur au travail; c’est une expression toute latine.
19, +Oppius+.--SUÉTONE, _César_, 53.--Oppius, lieutenant et ami de César, est regardé comme le véritable auteur des guerres d’Alexandrie, d’Afrique et d’Espagne, attribuées à César. Plutarque estime qu’il ne saurait être cru qu’avec réserve dans tout ce qu’il rapporte des amis et des ennemis de celui-ci, dont lui-même était le familier.
22, +Boulenger+.--Chez les Romains, tous les artisans étaient des esclaves.
25, +Pays+.--SUÉTONE, _César_, 53.
28, +Catilina+.--Perdu de dettes, Catilina entreprit de rétablir sa fortune par le sac de Rome. Sa conjuration, ourdie parmi ses compagnons de débauche et tous les libertins de la ville, fut déjouée par Cicéron; lui-même mourut les armes à la main, en combattant les troupes envoyées contre lui.
29, +Cachetes+.--Une lettre, un billet doux qui se remettent en cachette, à la dérobée.
34, +Yurongne+.--PLUTARQUE, _Caton d’Utique_, 7.
=640=,
10, +Douceur+.--Montaigne, liv. II, ch. II (=II=, 100), se montre moins indulgent qu’ici vis-à-vis de César. Parmi les actes qui lui sont reprochés est l’exil à perpétuité, en un lieu déterminé avec privation de tous leurs droits de citoyens, de nombre de ses adversaires politiques, les Plancius, les Nigidius, les Cecina, etc., qui n’avaient d’autres torts que d’avoir défendu contre lui le Sénat et les lois.
17, +Liberté+.--Cn. Magius, L. Vibullius Rufus, etc. CÉSAR, _De Bello civili_, I, 24; III, 10, etc.
20, +Luy+.--SUÉTONE, _César_, 75.
27, +Romains+.--ID., _ibid._, 75.
32, +Conduire+.--Ce ne fut que durant la guerre civile et seulement envers ceux qui avaient qualité de citoyens romains que César en agit ainsi; ailleurs et contre tous autres il agit bien différemment, souvent avec la plus grande inhumanité: il ne faisait d’ordinaire aucun quartier à l’ennemi; ordonnait fréquemment, après une victoire, qu’on tuât «toute la durée d’un jour». A Uxellodunum (que l’on croit être Cahors), il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes. Il lui est arrivé de faire fermer les ouvertures de cavernes où s’étaient réfugiées des populations inoffensives et de les faire de la sorte mourir de faim et d’incendier des forêts pour faire périr les restes d’armées en déroute. Quant à sa conduite à l’égard de Vercingétorix vaincu (=II=, 656), pour être de pratique fréquente chez les Romains, on ne saurait certes pas la qualifier de magnanime.
37, +Feindre+.--«La modération, a dit MONTESQUIEU, en parlant de César, que l’on montre après qu’on a tout usurpé, ne mérite pas de grandes louanges.»
40, +Consul+.--SUÉTONE, _César_, 73.
=642=,
1, +Testonner+.--Piquer, satiriser (V. N. =II=, 524); ce mot peut être traduit ici presque littéralement, en y employant le langage familier où l’on dit de quelqu’un vivement critiqué, qu’il a été habillé de bonne façon.
2, +Mamurra+.--Chevalier romain qui acquit de prodigieuses richesses dans les Gaules où, en qualité d’Intendant de l’armée, il avait accompagné César dont il était un des compagnons de débauche. CATULLE, _carmen_ 29.
3, +Table+.--SUÉTONE, _César_, 73.
5, +Aduerty+.--ID., _ibid._, 75.
9, +Autheurs+.--ID., _ibid._, 75.
12, +Descouuert+.--ID., _ibid._, 72.
15, +Plaignist+.--ID., _ibid._, 48.
22, +Largesse+.--DION CASSIUS relate que le soin extrême qu’avait César d’accumuler des richesses et de se faire donner de l’argent sous quelque prétexte que ce fût, provenait des dépenses excessives qu’il avait à faire pour arriver à la domination, s’y maintenir et l’agrandir, disant lui-même que pour parvenir à ce but, on avait besoin de deux choses qui se soutenaient l’une par l’autre: de l’argent et des troupes.
26, +Bien+.--SUÉTONE, _César_, 72.
26, +L’enyura+.--Cette furieuse passion l’enivra.
28, +Nom+.--L’éd. de 80 aj.: _vain_.
29, +Loix+.--SUÉTONE, _César_, 77.
30, +Luy+.--Ce corps politique lui apportait un décret qu’il venait de rendre pour augmenter les honneurs qui lui étaient décernés; César était alors assis dans le vestibule du temple de Vénus, où il était demeuré afin qu’on ne pût dire qu’il avait, par sa présence, ôté aux Sénateurs la liberté d’opiner comme bon leur semblait; il ne se leva pas en voyant venir le Sénat et écouta assis ce qu’on avait à lui dire, ce qui irrita tellement les sénateurs et les autres Romains, que ce fut l’un des principaux prétextes de ceux qui conspirèrent contre sa vie. DION CASSIUS.
39, +Autres+.--Notamment Henri IV qui laissa perdre tous les avantages de sa victoire de Coutras (1587) afin de courir après sa maîtresse, la belle Corisande d’Andouins, si chère à Montaigne. MÉZERAI.
=644=,
16, +Continents+.--L’éd. de 80 porte: _des dames les plus continentes_, au lieu de: «plus continents».
23, +Visage+.--Ce fait, rapporté par VALÈRE MAXIME, IV, 5, remonte à une époque où l’Étrurie (nom ancien de la Toscane) ne jouissait pas encore du droit de bourgeoisie romaine et par conséquent est antérieur au Ier siècle av. J.-C.
=646=,
10, +Scipion+.--Allusion à l’acte de Scipion, premier Africain, auquel, après la prise de Carthagène (Espagne), une femme d’une grande beauté, faite prisonnière, fut amenée. Respectant son honneur, Scipion fit rechercher un jeune prince celtibérien dont elle était la fiancée et la lui remit; lui-même n’avait alors que vingt-cinq ans.
CHAPITRE XXXIV.
15, +Recommandation+.--On ne saurait dire que les Essais aient été la lecture favorite de Napoléon: toutefois dans le volume 23 de sa correspondance, pag. 399, on le voit faire écrire à son secrétaire, le 7 mai 1812, au moment de partir pour la campagne de Russie: «Un Montaigne, petit format, serait peut-être bon à mettre dans la petite bibliothèque.»
16, +Aphricain+.--Scipion sauva la vie à son père blessé à la bataille du Tessin, il n’avait encore que 17 ans; préteur en Espagne en =211=, il s’empara de Carthagène tombée au pouvoir des Carthaginois, battit Asdrubal et reconquit en quatre ans cette province. De retour en Italie, envoyé contre Annibal, il fit triompher l’idée de transporter la guerre aux portes de Carthage, et chargé de son exécution, gagna sur Annibal, rappelé par ses concitoyens alarmés, la bataille de Zama, qui mit fin à la deuxième guerre punique (=202=). En =190=, comme lieutenant de son frère, il accompagna celui-ci en Asie, et l’aida à triompher d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu’ils contraignirent à la paix. A leur rentrée à Rome, injustement accusés par le parti populaire auquel sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le rendaient odieux, il fut condamné à l’exil où il mourut, tandis que son frère, frappé d’une amende considérable qu’il ne put payer, était jeté en prison. Scipion réunissait au génie militaire, tous les genres de vertu: l’humanité, la tempérance, le désintéressement, etc.
16, +Brutus+.--Lors de la guerre civile entre César et Pompée, embrassa le parti de ce dernier et combattit à Pharsale; néanmoins César qui l’aimait et qui, pensait-on, était son père, l’attira à lui et le combla de caresses; mais l’éducation stoïcienne qu’il avait reçue de son oncle et son nom même l’armèrent contre lui, quand le dictateur aspira au pouvoir suprême, et il participa à sa mort (=44=). Après ce meurtre, poursuivi par Antoine, et vaincu dans les plaines de Philippes, désespérant alors du salut de la république, il se tua. V. N. =I=, 638: L’occasion.
16, +Polybius+.--Combattit avec Philopœmen et, envoyé en otage à Rome où il demeura 17 ans, se lia avec Scipion Émilien qu’il accompagna au siège de Carthage; voyagea en Afrique, en Espagne, en Gaule, et écrivit divers ouvrages qui sont perdus et dont le plus considérable était une histoire en 40 livres de Rome et des autres états contemporains, ouvrage dont il ne reste que cinq livres entiers. L’exactitude, le jugement, l’impartialité, sont ses qualités maîtresses; il scrute les événements, les analyse, ce qui en fait l’historien des hommes d’état, des hommes de guerre et des penseurs.
17, +Cinquiesme+.--Charles-Quint, déjà roi d’Espagne en 1516, fut élu empereur d’Allemagne trois ans après, succédant à Maximilien son aïeul. Il avait comme compétiteur à l’empire François Ier, roi de France, avec lequel il fut en guerre pendant la majeure partie de son règne; il remporta sur lui la victoire de Pavie (1525); échoua dans une expédition contre Marseille (1536), fut défait à Cérisoles (1544) et assiégea inutilement Metz (1552). Il fit avec des alternatives de succès et de revers plusieurs expéditions contre l’Afrique. Il fut l’adversaire de la Réforme, mais n’en fut pas moins obligé d’accorder la liberté du culte aux Protestants (1552). En 1556, affaibli par les maladies, aigri par les revers, il abdiqua et céda l’empire à son frère; déjà l’année précédente, il avait remis l’Espagne à son fils, et il se retira au monastère de S.-Just en Estramadure où il mourut; on dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis; il était d’un caractère très dissimulé.
18, +Ailleurs+.--Semble désigner la reine Catherine de Médicis qui passait pour s’en inspirer et qui, en tout cas, y conformait ses actes et sa politique.
22, +Militaire+.--Montaigne possédait un exemplaire des _Commentaires_ de César (V. N. =II=, 82: Lisant), sur lequel, suivant son habitude, il a consigné l’impression que la lecture de cet ouvrage lui laissait; on y lit: «C’est un livre qu’un Général d’armée devrait avoir continuellement sous les yeux, comme patron, ainsi que faisait le maréchal Strozzi qui le savait quasi par cœur et l’a traduit; et non je ne sais quel Philippe de Comines que Charles Cinq avait en pareille recommandation; de même que le grand Alexandre avait les œuvres d’Homère, etc...» Ce dédain que dans ces annotations marque Montaigne pour Philippe de Comines témoigne qu’elles ont dû être écrites avant les Essais, où l’auteur ne laisse pas de lui témoigner beaucoup plus de considération, notamment dans son chapitre «des livres» où il rapporte le jugement qu’il a porté après lecture sur les Mémoires de cet historien et aussi au chapitre VIII du livre III.
=648=,
1, +Iuba+.--Juba Ier; embrassa le parti de Pompée, accueillit après la bataille de Pharsale les restes de l’armée vaincue; joint à eux, il livra à César la bataille de Thapsus (=46=); vaincu, il se fit tuer par un de ses serviteurs.
9, +Armée+.--SUÉTONE, _César_, 66.--Sur son exemplaire annoté des _Commentaires_ de César, MONTAIGNE a inscrit: «On craint souvent l’ennemi plus par réputation que par l’effet.»
16, +Execution+.--SUÉTONE, _César_, 65.--«Une armée ne se doit enquérir des desseins de son général» (annotation de MONTAIGNE sur son ex. des _Commentaires_ de César).--A cela, on serait tenté d’opposer ce mot de Napoléon: «A la guerre, chacun doit connaître sa manœuvre»; mais la contradiction n’est qu’apparente: Napoléon ne veut parler que du mouvement en exécution, dont la divulgation n’offre plus d’inconvénient dès que l’ordre d’exécution est donné, parce que le temps faisant défaut à l’ennemi, il ne peut prendre pour y parer de nouvelles dispositions et en est réduit à celles en lesquelles il se trouve.
20, +Souisses+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, I, 7.--En =58=; ils avaient quitté leur pays en masse, pour venir s’établir en Gaule; les uns furent exterminés, les autres refoulés sur la contrée d’où ils étaient partis.
31, +D’accord+.--Souvent, en effet, il lui est arrivé de n’accorder des trêves que pour les violer.
33, +Desobeyssance+.--«César estimait plus encore l’obéissance que la vaillance» (annotation de MONTAIGNE sur son ex. des _Commentaires_ de César).
38, +Combat+.--SUÉTONE, _César_, 67.
=650=,
1, +Armez+.--SUÉTONE, _César_, 67.--V. =I=, 520: Pareillement, qui auroit etc.
1, +Grauez+.--L’éd. de 80 porte: _labourez_.
4, +Compagnons+.--SUÉTONE, _César_, 67.
10, +Estoit+.--Les éd. ant. aj.: _trop molle et_.
12, +Soldats+.--SUÉTONE, _Auguste_, 25.
13, +Seuerité+.--Les éd. ant. aj.: _et asseurance_.
14, +Plaisance+.--SUÉTONE, _César_, 69.--V. N. =I=, 198: _Metuens_.
17, +Douceur+.--SUÉTONE, _César_, 69.--La 10e légion se mutina, à Rome, en =46=, alors qu’il était sur le point de passer en Afrique; c’était sa légion préférée. Il la fit rentrer dans l’ordre en se présentant aux mutins et les appelant «Citoyens», au lieu de «Soldats»; ils protestèrent qu’ils étaient soldats. Il leur pardonna, mais les plus compromis perdirent le tiers du butin et des terres qui leur étaient destinés.
18, +Rhin+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, IV, 17.--Le pont construit par César sur le Rhin, le fut en l’an =55=, près de Bonn. Il était sur pilotis et fut achevé en dix jours; en cet endroit le fleuve a 600m de large, mais c’était l’époque de l’année où ses eaux sont le plus basses et, de ce fait, cette largeur peut être réduite de moitié.
26, +Combat+.--Sur ce point, Cyrus, estimant les harangues inutiles (V. =III=, 364), différait d’avis avec César; peut-être était-ce en raison de la difficulté d’en user, par suite des effectifs considérables et de la composition des armées asiatiques formées de nombreux contingents de peuples divers, assez peu disciplinés, alors que les armées romaines, bien inférieures en nombre, beaucoup plus disciplinées, homogènes, constituaient des groupes compacts dont le chef pouvait être vu et entendu.--Dans les armées modernes, par suite des étendues considérables sur lesquelles opèrent les armées, les harangues sur le champ de bataille sont généralement remplacées par des ordres du jour lus avant le combat; toutefois, il est encore des circonstances où elles se produisent.--On a conservé le souvenir de celle qu’Henri IV, en 1590, à la bataille d’Ivry, adressait à ses troupes: «Gardez bien vos rangs, et si vous perdez vos enseignes, cornettes et guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»--Napoléon excellait dans l’un et l’autre genre, comme en tout ce qui touche à l’art de la guerre: Sa proclamation à l’armée d’Italie, en 1796, au début des hostilités, après lui avoir énuméré ce qu’il attendait d’elle, se terminait ainsi: «Soldats d’Italie, manqueriez-vous de courage et de constance?» Dans cette même campagne, au moment d’entrer en Vénétie, ayant déjà conquis le Piémont et la Lombardie, après leur avoir fait miroiter le triomphe: «Vous rentrerez dans vos foyers, leur disait-il, et vos concitoyens, en vous montrant, diront: Il était de l’armée d’Italie!» En 1798, à la bataille des Pyramides: «Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent!» A Marengo, en 1800, lorsque, à la fin de la journée, il reprenait l’offensive: «Souvenez-vous que mon habitude est de coucher sur le champ de bataille!» En 1812, le matin de la bataille de la Moskowa, alors que le soleil, jusque-là caché par un épais brouillard, venait de se montrer: «Soldats, leur dit l’empereur, voilà le soleil d’Austerlitz.» En 1815, trois jours avant Waterloo, comme l’armée entrait en Belgique, il lançait une proclamation, la dernière, se terminant par ces mots: «Pour tout Français qui a du cœur, le moment est venu de vaincre ou de mourir!»--Citons encore ce fait de Nelson, à la bataille de Trafalgar (1805), au moment où le combat allait s’engager, communiquant par signaux à tous les navires de sa flotte ces simples mots devenus depuis si célèbres: «L’Angleterre compte qu’aujourd’hui, chacun fera son devoir!»
29, +Tournay+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, II, 21.--Cette bataille, qu’il conviendrait mieux d’appeler de la Sambre, se livra sur le territoire des Nerviens, aux environs de Maubeuge, contre la Gaule du Nord (=53=). César fut surpris, pendant qu’il fortifiait son camp: les soldats attaqués se rallièrent aux premières enseignes venues, l’arrivée de l’arrière-garde rétablit le combat; la race et le nom des Nerviens y furent presque anéantis; de 60.000 h. en état de porter les armes, il en resta à peine 5.000.
36, +D’autres+.--Jadis un chef, embrassant du regard l’ensemble de ses troupes sur un champ de bataille, pouvait, de sa personne, se porter utilement d’un point à un autre; il n’en est plus ainsi, et, en général, moins il se déplace dans le courant de l’action, mieux cela vaut; renseigné, minute par minute, sur les mouvements de l’adversaire et les fluctuations du combat qu’il suit sur la carte, échappant par son éloignement aux impressions suggestives exagérées que causent toujours les événements dont on a le spectacle sous les yeux, il juge plus sainement et peut donner avec plus d’à-propos des ordres plus réfléchis.
=652=,
3, +Sien+.--SUÉTONE, _César_, 55.--Les éd. ant. aj.: _C’estoit le plus laborieux chef de guerre et le plus diligent qui fut onques_.
5, +Coche+.--PLUTARQUE, _César_, 12.--L’éd. de 88 porte: _sa coche_.
11, +Passa+.--Surpassa, surmonta.
11, +Extremes+.--Dans cette guerre, César fut souvent en danger par les embûches qu’on lui dressa, et son armée faillit périr par la disette (=48=).
13, +Marseille+.--La ville, qui avait promis sa neutralité à César, avait ouvert son port à la flotte de Pompée. Le siège fut long, et les assiégés, plusieurs fois battus, ne se rendirent qu’à la dernière extrémité, manquant de vivres, leurs remparts démantelés et plus aucun espoir d’être secourus (=48=).
14, +Ægypte+.--César y détrôna le jeune Ptolémée XII, tant pour le punir d’avoir donné son assentiment au meurtre de Pompée, qu’en raison des dissentiments qui s’étaient élevés entre ce prince et Cléopâtre, sa femme et sa sœur, dont les charmes l’avaient séduit et en faveur de laquelle il se déclara (=48=). Il le remplaça par son frère Ptolémée XIII, âgé de 11 ans, qu’épousa Cléopâtre au lieu et place de son frère aîné; elle-même avait 21 ans; ce second époux mourut quatre ans après.--Dans cette expédition d’Égypte qui se réduisit, comme action militaire, à la répression du soulèvement d’Alexandrie, devant laquelle César, poursuivant Pompée, s’était arrêté en apprenant la mort de son rival, et avait débarqué précédé de ses licteurs, ce que les Égyptiens avaient considéré comme une offense à la majesté de leur roi et qui leur avait fait prendre les armes, les Romains mirent le feu à plusieurs édifices, entre autres à cette célèbre bibliothèque des Ptolémée. 400.000 volumes furent brûlés. Reconstituée par la suite, elle fut à nouveau partiellement incendiée par accident sous Théodose le Grand et finalement anéantie en 638 de parti pris, par la barbarie des Musulmans, qui pendant des mois employèrent les innombrables et précieux volumes dont elle se composait à chauffer les bains publics.
16, +Pharnaces+.--Fils de Mithridate le Grand auquel il succéda à la suite d’une sédition militaire; avait espéré, à la faveur des guerres civiles des Romains, rentrer dans les conquêtes faites et perdues par son père. César en cinq jours et dans un combat de quatre heures anéantit ses espérances (=47=). C’est à cette occasion qu’il écrivit au Sénat ce compte rendu célèbre de ses opérations ne comprenant que trois mots: _Veni, vidi, vici_ (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu), qui, lors de son triomphe, furent reproduits sur un tableau qui figurait au cortège.
17, +Iuba+.--A Thapsus, en =46=. V. N. =II=, 648: Iuba.
18, +Pompeius+.--A Munda, en =46=. L’aîné des fils de Pompée s’y trouvait seul; il périt dans sa fuite; cette bataille où César avait contre lui Labienus, son ancien lieutenant en Gaule, et qu’il faillit perdre, mit fin à la guerre civile et assura d’une manière décisive son triomphe.
26, +Auaricum+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, VIII, 24.--Aujourd’hui Bourges; en =52=, au début du soulèvement des Gaules provoqué par Vercingétorix.
31, +Angleterre+.--SUÉTONE, _César_, 58.--L’expédition de César contre les peuples de la Grande-Bretagne (=55=), où par deux fois il franchit le détroit actuel du Pas de Calais, peut compter parmi celles témoignant le plus d’audace; on dit qu’il l’entreprit uniquement dans l’espoir d’y trouver des perles dont il était fort avide, comme aussi des pierres précieuses, des statues et des tableaux antiques. Ni l’une ni l’autre de ces descentes ne donnèrent de résultats sérieux; la première eut pour prétexte les secours prêtés aux Gaulois, la seconde que les conditions de paix n’avaient pas été remplies. César semble chaque fois s’être embarqué partie à Wissan, partie à Boulogne, et avoir débarqué à Kent près de Douvres, au N. de Douvres, à la pointe orientale du comté de Kent qui porte aujourd’hui le nom de North Foreland près de Ramsgate.