Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 96
15, +Barrieres+.--C’était une variante de ce qui se pratiquait dans les tournois: au lieu d’avoir liberté entière de mouvements, les deux adversaires étaient séparés par des barrières qui empêchaient le combat corps à corps.
19, +Dommageables+.--Par ce qu’il a dit du duel et ce qu’il dit ici de l’escrime--qui en est l’exercice préparatoire--on voit que Montaigne réprouve à la fois l’un et l’autre. En ce qui touche le duel proprement dit, cette réprobation est parfaitement justifiée, c’est un reste d’institutions barbares où le bon droit n’entre pour rien et a trop souvent le dessous, mais il est dans les mœurs et par cela même difficile à déraciner, au point que la peine de mort édictée contre les duellistes, et appliquée à certains moments, n’a pu en avoir raison. De nos jours, où les lois, à cet égard, sont absolument lettre morte, il est surtout cultivé par de faux braves auxquels il sert à faire de la réclame. Il n’en serait pas ainsi si on ridiculisait comme elles le méritent ces rencontres sans motifs sérieux, aboutissant à des résultats qui ne le sont pas davantage. Si, chaque fois, elles devaient se poursuivre jusqu’à la mise hors de combat de l’un des deux adversaires et n’étaient pas arrêtées à la moindre égratignure, ou à la première balle tirée même perdue, leur nombre s’en réduirait déjà considérablement; et bien plus encore si chaque fois aussi la justice, comme c’est son devoir, citait devant elle sans exception et non à sa fantaisie tous ceux ayant soit comme adversaires, soit comme témoins participé à un duel, quel qu’en ait été le résultat, et frappait impitoyablement pour fait ou tentative d’homicide ou de coups et blessures celui qui serait reconnu avoir à sa charge les torts ayant rendu le duel indispensable ou l’ayant amené abusivement. Dans ces conditions, on se respecterait davantage les uns les autres, tout en n’allant sur le terrain que pour des raisons en valant la peine, si toutefois il en existe qui justifient que, quelle que soit l’inégalité que crée entre les adversaires la pratique des armes, se faire tuer ou blesser répare une injure dont on a été victime. Cela est tellement absurde qu’il serait tout aussi efficace et bien plus logique de la part de ceux qui sont d’accord pour régler leurs querelles de la sorte, de fixer d’abord à l’amiable, par l’intermédiaire de leurs témoins, la réparation jugée nécessaire: la mort, une balle ou un coup de poignard dans la poitrine, dans un membre, ou encore payer une amende, accomplir tel ou tel acte, satisfaire à telle convention, suivant ce qui aurait été ainsi décidé, et tirer au sort auquel des deux il échéerait de s’exécuter. De cette façon, les chances seraient égales, le but ne serait pas dépassé, et la justice n’aurait pas à intervenir; sans compter que si hétéroclite que cela paraisse, ce mode de réglement a parfois été déjà employé.
Quoi qu’il en soit, le duel est et restera toujours une institution qui n’a pas le sens commun:--Tandis qu’il est permis aux personnes soi-disant distinguées de se faire justice à coups d’épée ou de pistolet, il est défendu à l’homme du peuple de se la faire à coups de bâton (Colonel PERRON).--On rougit dans le monde honorable de ruiner un joueur qui ne sait pas jouer, on ne rougit pas d’ôter la vie à qui ne sait pas se défendre.--Ces rencontres sont tout à l’avantage de l’homme immoral qui, parce qu’il sait manier une arme, se croit tout permis; elles ne prouvent même pas la véritable bravoure, s’allient souvent aux vices les plus dégoûtants et même avec la lâcheté militaire; les plus hardis bretteurs ne sont parfois que de mauvais soldats (le journal _l’Eclair_).
22, +Confus+.--Erreur évidente; il faut lire «consul», comme le porte du reste l’ex. de Bordeaux.--Le fait est rapporté par VALÈRE MAXIME, II, 3, 2.
28, +Pharsale+.--PLUTARQUE, _César_, 12.--La recommandation faite par César à ses troupes, de frapper leurs adversaires plutôt au visage, tenait à ce que la cavalerie de Pompée était recrutée en majeure partie parmi les jeunes patriciens, qui appréhendaient surtout de se voir défigurés. Ce qu’avait prévu César, arriva: détournant la vue, se couvrant la tête pour se préserver la face, ils ne tardèrent pas à prendre honteusement la fuite, ce qui causa la perte du reste de leur armée.
31, +Philopœmen+.--PLUTARQUE, _Philopœmen_, 12.
=580=,
1, +Cape+.--En habit de guerre.
2, +Sachez+.--PLATON, dans le dialogue de ce nom.
8, +Platon+.--Traité des _Lois_, VII.
9, +Cecyo+.--L’ex. de Bord. porte _Epicius_, au lieu d’«Epeius», et _Cercyo_ au lieu de «Cecyo».
11, +Conferent+.--Contribuent. «Conférer», dans ce sens, est purement latin.
12, +Maurice+.--Philippe est désigné sous le nom de Philippicus et indiqué comme beau-frère et non comme gendre de l’empereur Maurice, par ZONARAS et CEDRENUS.--Phocas, avant de tuer l’empereur qu’il avait fait prisonnier, fit égorger, en présence de sa victime, ses cinq enfants. La nourrice du plus jeune, pour le sauver, lui avait substitué le sien; Phocas l’apprit et le fit livrer au bourreau.
26, +Macedoine+.--TITE-LIVE, XL, 3 et 4.--Ce Philippe est celui qui, à deux reprises, fit la guerre aux Romains, et, en dernier lieu, subit à Cynoscéphales, en Thessalie (Grèce), une défaite qui fut suivie d’un traité honteux; il allait reprendre les hostilités, quand il mourut. De naturel très soupçonneux, il alla, sur de faux rapports, jusqu’à faire mettre à mort son propre fils.
28, +Resoudre+.--Se rassurer.
37, +Propos+.--Ce passage «Les belles matieres... à mon propos», ne figure pas dans l’ex. de Bord. Son intercalation coupe assez inopportunément le récit, qui est tiré de TITE-LIVE, XL, 4, que toutefois Montaigne ne s’est pas astreint à traduire bien fidèlement.
=582=,
8, +Roy+.--Qui ordonnait de saisir les enfants de tous ceux qu’il avait fait tuer.
19, +Ioindre+.--Comme ces gardes étaient sur le point de les atteindre.
24, +Traictes+.--Tirées du fourreau, mises à nu; du latin _tractus_.
26, +Forte+.--Plus noble, plus courageuse.
34, +Maistres+.--Le fait se passait en =185=.
38, +Vengeance+.--Allusion au mot de Caligula: «Je veux qu’il se sente mourir.» SUÉTONE, _Caligula_, 30.
=584=,
1, +Engins+.--C.-à-d. les voilà forcés de trouver des moyens par lesquels ils puissent savourer, à la fois, complètement et lentement le plaisir de la vengeance.
4, +Cruauté+.--Cette même pensée se trouve déjà exprimée dans les mêmes termes, liv. II, ch. II (=II=, 102), et ce fut un des passages des Essais dont la censure, à Rome, fit reproche à son auteur.--Là se borne l’appréciation de Montaigne sur la peine de mort, et les philanthropes de nos jours qui en poursuivent l’abolition ne sauraient s’appuyer sur lui. Cette peine n’est pas à supprimer, même à l’égard des criminels ne jouissant pas de la plénitude de leurs facultés; ils ont montré qu’ils sont un danger public, comme l’est un chien enragé, la société a le devoir de se débarrasser d’eux comme de lui. Quant à son efficacité préventive, elle n’est pas niable, pas plus que celle des châtiments corporels si malencontreusement supprimés en France. Ce qui restreint l’effroi salutaire qu’elle inspire c’est surtout l’espoir d’y échapper, depuis que les jurys et le chef de l’État ont exigé en principe, les uns les circonstances atténuantes lors même qu’il n’y en a pas, l’autre la grâce octroyée lors même qu’elle est le moins justifiée. Par trop de sensiblerie pour les mauvais, on en est arrivé à compromettre la sécurité des bons: l’assassinat, les attaques nocturnes sont devenus en France de pratique courante; à Londres, qui a six millions d’habitants, on ne compte en moyenne par an que seize à vingt assassinats, tandis qu’à Paris, où la population est moitié moindre, il y en a dix fois plus. C’est qu’aussi chez nos voisins d’outre-Manche tout assassin est pendu: il n’y a ni circonstances atténuantes, ni distinction de sexe; toute attaque nocturne est punie du «Chat à neuf queues», sorte de knout, sans préjudice du «hard labour» (travaux forcés), et celui qui en a goûté une fois, ne s’expose guère à le recevoir une seconde.--Quant à la publicité des exécutions, elle est sans utilité et a même des inconvénients, dont le plus grave est de diminuer la crainte qu’elle inspire, en montrant combien c’est peu de chose; l’abus qu’on en fit sous la Terreur n’avait-il pas enlevé à la plupart des prisonniers déférés au Tribunal révolutionnaire, certains dès le premier moment du sort qui les attendait, et familiarisés avec cette idée, les préoccupations inhérentes d’ordinaire à ceux qui sont sous le coup d’accusations capitales!
10, +Iosephe+.--Dans l’_Histoire de sa vie_, vers la fin.
16, +Mechmed+.--CHALCONDYLE, _Hist. des Turcs_, liv. X.--Mahomet II; s’empara de Constantinople dont il fit sa capitale et subjugua la presque totalité des provinces qui font partie ou relèvent encore actuellement de la Turquie d’Europe; à la gloire des armes, joignit celle des lettres; l’histoire lui reproche cependant des actes d’une cruauté révoltante.
10. +Simeterre+.--Ou mieux cimeterre; sabre à lame fort large et recourbée dont faisaient particulièrement usage les Turcs.
27, +Cræsus+.--HÉRODOTE, I, 92; PLUTARQUE, _De la malignité d’Hérodote_.
29, +Foullon+.--Artisan qui fabriquait le drap.
30, +Cardes+.--Sorte de peignes formés de pointes de fer très fines, disposées sur un grand nombre de rangées, servant à démêler la laine, la bourre ou la soie dont on fait les étoffes.
33, +Vayuode+.--Titre porté autrefois par les princes des principautés danubiennes.
38, +L’enuie+.--Toute la haine qu’inspiraient les méfaits de l’un et de l’autre. Du latin _invidia_ qui a cette signification; exemple, parmi tant d’autres, de la propension de Montaigne à écrire le français en latin, y transposant et adaptant tous mots, expressions et tournures de phrase lui semblant propres à mieux rendre sa pensée.
=586=,
3, +Suitte+.--_Chronique_ de CARION et _Annales de Silésie_.--En 1514. A l’occasion d’une croisade projetée en Hongrie contre les Turcs, un soulèvement de gens sans aveu éclata. Ils prirent pour chef Georges Sechel, qui commit à l’égard de la noblesse les actes les plus horribles. Vaincu en diverses rencontres et en dernier lieu à Temesvar, Sechel expia ses forfaits par le supplice qu’indique Montaigne: nu et enchaîné sur un chevalet, on lui mit sur la tête une couronne de fer ardent; on le saigna et on fit boire son sang à son frère; puis après lui avoir refermé les veines, on fit dévorer à belles dents son corps par vingt de ses complices et ce qui demeura de son corps fut haché, bouilli et rôti, et on le leur fit manger; eux-mêmes, on les fit périr ensuite dans d’affreux supplices.
CHAPITRE XXVIII.
4, +Caton le Censeur+.--Fut préteur; consul, obtint par ses succès en Grèce les honneurs du triomphe; enfin censeur, fonctions qu’il exerça avec une grande sévérité. Dans ses dernières années, redoutant la rivalité de Carthage, il terminait tous ses discours au Sénat, quel qu’en fût l’objet, en disant qu’il fallait la détruire. On lui a reproché son avarice (V. N. =I=, 564: Dehors; N. =II=, 110: Seruy) et trop de penchant pour le vin (V. N. =I=, 616: _Virtus_).
4, +Ieune Caton+.--Montra de bonne heure une âme ferme et courageuse qui ne se démentit jamais. Lors de la rivalité de César et de Pompée, il se déclara pour ce dernier; du reste bien avant déjà il s’était prononcé contre César dont il redoutait l’ambition et qui avait été l’amant de sa sœur. Après la défaite de Pompée, il rallia son armée et passa en Afrique pour continuer la résistance; la bataille de Thapsus anéantit ses espérances; enfermé dans Utique, il s’y donna la mort, et de ce fait a été appelé Caton d’Utique pour le distinguer de son grand-oncle Caton le Censeur (V. =I=, 502 et N. Escarmouche; N. =II=, 430: Premier; N. =II=, 434: Autre; N. =I=, 404: _Catoni_).
5, +Apparient+.--Les éd. ant. portent: _font à mon opinion grand honneur au premier: car ie les trouue eslongnez d’vne extreme distance_; au lieu de: «apparient... siecle».
6, +Visages+.--C.-à-d. le premier montra son beau naturel sous plus d’aspects différents.
6, +Precelle+.--L’emporte; du latin _præcellere_, surpasser, vaincre.
11, +Scipion+.--L’animosité de Caton le Censeur contre Scipion l’Africain ne prit jamais fin. Non content de l’attaquer lui-même, il lui suscita des accusateurs (V. =I=, 660); et, ne parvenant pas à l’atteindre à cause de son illustration, il poursuivit son frère Lucius qu’il fit condamner à une amende excédant ses ressources et plus tard, lorsque lui-même fut censeur, il alla jusqu’à le priver de son cheval, pour insulter à la mémoire de son frère.
13, +Dit+.--PLUTARQUE, _Caton le Censeur_, 1.
14, +Grecque+.--Caton avait quatre-vingts ans quand il commença à se livrer à l’étude de cette langue.
17, +Enfantillage+.--En enfance. Cette expression de Montaigne est de celles que PASQUIER lui reproche d’avoir employées dans un sens inaccoutumé.
17, +Et tout+.--Aussi. On dit encore dans certaines parties de la France, notamment en Sologne, «itout», pour aussi.
18, +Patenostre+.--L’oraison dominicale, le _Pater noster_, comme l’on dit quelquefois, ou simplement le _Pater_, expression d’usage courant. Patenostre, au dire de PASQUIER, était à l’époque une expression purement gasconne: «Dieu nous garde des patenostres de M. le Connétable», disait-on alors, en parlant du connétable de Montmorency qui, dévot autant que sévère, marmottait toujours Pater, Credo et Ave Maria, ne s’interrompait que pour ordonner des mesures de rigueur et reprendre aussitôt ses oraisons.
21, +Gaigna+.--PLUTARQUE, _Parallèle de Flaminius avec Philopœmen_.--En =197=; à la bataille de Cynoscéphales, où il défit Philippe V, roi de Macédoine.
22, +Honestis+.--Dans Juvénal, d’où elle est tirée, cette phrase a un sens tout autre que celui dans lequel elle est employée ici.
24, +Encore?+--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_. Xénocrate, dit-il, venait à l’école d’Eudeminondas pour y apprendre la vertu: «Quand en usera-t-il, s’il en est encore à la chercher?» aurait observé celui-ci. Le fait ainsi présenté semble douteux, Xénocrate ayant été des disciples de Platon, au nombre desquels comptait également Eudeminondas, et ayant dirigé l’Académie, après Speusippe, pendant vingt-cinq ans; mais il se peut que Xénocrate qui, lui aussi, l’avait eu pour auditeur, allât parfois l’entendre quand il en vint lui-même à professer.
25, +Philopœmen+.--PLUTARQUE, _Philopœmen_, 12.
=588=,
1, +Sages+.--Cette maxime est tirée de SÉNÈQUE, _Epist._ 36.
20, +Cettuy-cy+.--Caton le Censeur.
23, +Abecedaire+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 36.
40, +Nuict+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 71 et 104. Le jour où Caton échoua dans l’obtention de la préture, dit l’auteur latin, il alla jouer à la paume; Montaigne parle à cette occasion de la nuit au lieu du jour, probablement par licence littéraire, pour mieux établir le parallèle entre ce fait et celui de sa mort.
CHAPITRE XXIX.
=590=,
6, +Quelqu’vn+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 73, et _De Providentia_, 5.--Cela rappelle ces vers de SYLVAIN MARÉCHAL, un des chantres de la Liberté et de la déesse Raison (1750 à 1803):
«Le Sage est plus que Dieu, sur ce globe bizarre: Les maux que Dieu permet, le Sage les répare; D’un souffle, en se jouant, Dieu créant l’univers, Est moins que Régulus redemandant des fers.»
8, +Imbecillité+.--La faiblesse; du latin _imbecillitas_, qui a même signification.
9, +Dieu+.--Cette même pensée a été bien souvent exprimée.--CICÉRON: «Il n’est point de puissance que la force ou le fer ne viennent à bout de briser ou de détruire; mais se vaincre soi-même, étouffer son ressentiment, modérer sa victoire..., c’est là un héroïsme qui vous élève au-dessus des plus grands hommes ou plutôt vous assimile aux dieux eux-mêmes.»--P. SYRUS: «On vainc deux fois quand, victorieux, on se vainc soi-même.»--SALOMON: «Qui se domine est plus grand qu’un conquérant.»--SÉNÈQUE: «Il n’y a pas plus puissant, que celui qui se possède.»--TH. CORNEILLE:
«Un roi, né pour l’éclat des grandes actions, Dompte jusqu’à ses passions; Il ne se croit point roi, s’il ne fait sur lui-même Le plus illustre essai de son pouvoir suprême.»
LA FONTAINE: «La plus belle victoire est de vaincre son cœur.»
26, +Manque+.--Défectueux, imparfait, faible.
28, +Iours+.--Les actes de la vie ordinaire et sa manière d’être habituelle.
=592=,
6, +Conte+.--DIOGÈNE LAERCE, 62 et 63.
11, +Amis+.--Montaigne a dit précédemment (liv. II, ch. XII, vol. =II=, p. 236) que ceux qui dépeignent ainsi Pyrrhon, enchérissent sur sa doctrine.
27, +Discours+.--DIOGÈNE LAERCE, 66.
28, +D’icy+.--Du manoir de Montaigne.
31, +Bien-veignant+.--L’accueillant, en manière de bienvenue.
35, +Nostres+.--Un fait semblable, chez un jeune gentilhomme de la Sologne, est relaté par HENRY ESTIENNE, dans son _Apologie pour Hérodote_, I, et se serait passé au milieu du XVIe siècle; peut-être est-ce le même auquel Montaigne fait allusion.
40, +Extulerat+.--Le texte de Tibulle porte _extulit_.
=594=,
3, +Cibele+.--Les Galles, prêtres de Cybèle, se mutilaient eux-mêmes, en se faisant initier, coutume que l’on fait remonter à Atys leur fondateur qui, aimé de Cybèle et commis par elle à son culte, après lui avoir juré de garder la chasteté, ayant manqué à son serment, fut inspiré par la déesse d’une telle fureur qu’il se mutila lui-même.
28, +Iours+.--Peut-être MARCO POLO, vénitien, dont les voyages en Asie, notamment en Tartarie, où cette coutume semble avoir existé, bien qu’effectués à la fin du XIIIe siècle, n’ont été publiés qu’au commencement du XVIe.
=596=,
1, +Baller+.--Danser, de l’italien _ballare_ qui a même signification.
17, +Tristesse+.--L’usage de se jeter dans les flammes à la mort du mari existe encore dans l’Inde; dans la partie soumise aux Anglais, il faut en obtenir la permission, et le nombre de ces sacrifices qu’ils ont tolérés s’est, de 1817 à 1821, en cinq ans, élevé à 3.402 (trois mille quatre cent deux)!
26, +Gymnosophistes+.--QUINTE-CURCE, VIII, 9; STRABON, XV.--Ils allaient toujours nu-tête et nu-pieds, d’où leur nom; faisaient profession de vivre dans la retraite, de fuir le mariage et de mépriser la douleur. Montaigne mentionne ici d’après PLUTARQUE, _Alexandre_, 21, la mort de l’un d’eux; trois siècles plus tard, un autre nommé Zarmenochegas en agissait de même, dans Athènes, devant Auguste.
28, +Façon+.--Usage, coutume.
39, +Fatum+.--Le destin, la fatalité. Allusion aux querelles suscitées à maintes reprises, dans l’Église même, par le don de prescience attribué à Dieu, qui enlèverait à l’homme son libre arbitre, son arbitrage, comme dit Montaigne quelques lignes plus loin.
=598=,
26, +Sarrazins+.--Cette appellation donnée au moyen âge aux armées musulmanes, viendrait de ce qu’au début certaines tribus pillardes de l’Arabie (Serrak, en arabe, signifie voleur) constituaient leur force principale.
27, +S. Louys+.--Atteint d’une maladie dangereuse, fit vœu d’aller combattre les infidèles. Il débarqua en Égypte où, après quelques succès, il fut battu et fait prisonnier à la bataille de Mansourah; ayant racheté sa liberté, il passa en Palestine, où il demeura quatre ans sans grands résultats. En 1270, il s’embarqua pour une seconde guerre sainte, et aborda près de Tunis; mais la peste se mit peu après dans son armée, lui-même en fut atteint et mourut.
34, +Mort+.--_Mémoires_ de JOINVILLE.
42, +Improuueu+.--En 1498. Savonarole, moine jacobin et partisan de la France à Florence, était accusé d’hérésie, de paillardise et de tromper le peuple dans ses prédications. Un cordelier, adversaire politique et religieux des Jacobins, offrit de démentir ses impostures et ses fausses doctrines par l’épreuve du feu: tous deux devaient ensemble monter sur un même bûcher; il ne doutait pas d’y rester, mais avec lui son adversaire qui se disait certain d’y échapper. Savonarole se présenta ayant en main le _Corpus Domini_ (une hostie consacrée), prétendant que c’était là sa sauvegarde; le cordelier protesta, mais en vain, disant qu’il était impie d’exposer l’hostie à être brûlée, et, de ce fait, l’épreuve n’eut pas lieu. Quelques jours après, condamné par le représentant du pape, Savonarole périt dans les flammes.--Mémoires de PH. DE COMINES, VIII, 19; SISMONDI, _Républiques italiennes du Moyen Age_, XII, 98.
=600=,
2, +L’Huniade+.--En 1448, lors de la bataille de Crassovie, où, pendant trois jours, les Hongrois résistèrent à l’armée ottomane quatre fois plus nombreuse qu’eux.
2, +Donner+.--«A se livrer» ou «à se choquer», batailles ayant ici le sens d’«armées».
7, +Forme+.--«Au gîte», terme de chasse.
29, +Espaule+.--Henri de Navarre, depuis Henri IV, qui par son activité, et quelquefois par sa témérité, suppléait aux ressources qui lui manquaient.
31, +D’Orange+.--Guillaume de Nassau, chef des Pays-Bas révoltés contre la domination des Espagnols qui avaient mis sa tête à prix. Assassiné en 1584 par un fanatique qui le tua d’un coup de pistolet, il avait déjà été, deux ans auparavant, l’objet d’une semblable tentative de meurtre.
=602=,
3, +Troublé+.--Actuellement le poignard est bien délaissé dans le cas où ces attentats sont inspirés par la politique ou la question sociale qui sont devenues tout un; au pistolet s’est substitué le révolver; mais c’est aux explosifs que l’on a recours de préférence. Les facilités d’exécution et les chances d’échapper soi-même sont beaucoup plus grandes; le nombre des victimes étrangères à la cause est à la vérité plus considérable, mais de cela n’ont cure ceux qui, à l’abri de tout danger, ont préparé le forfait.
11, +Pareil+.--En 1563, par Poltrot de Méré, lequel assassina le duc de Guise qui, venant de mettre le siège devant Orléans, revenait à cheval à son logis. Contrairement à ce que dit Montaigne, l’assassin était à pied, embusqué derrière un buisson, et tira à six pas de distance; son arrestation n’eut lieu que le lendemain; après jugement, il fut écartelé. _Mémoires_ de BRANTÔME, à l’art. _M. de Guise_, tome III.
23, +L’aultre+.--Balthazar Gérard, l’assassin du prince d’Orange; il fut pareillement écartelé.
25, +Assassins+.--Assassiniens. Peuplade de Phénicie; leur chef n’était connu des croisés que sous le nom de «Vieux de la Montagne»; l’obéissance absolue des initiés à ses ordres le faisait redouter de tous; nul n’était à l’abri des arrêts de mort qu’il prononçait.--On a beaucoup discuté sur leur nom, d’où nous avons fait assassins et qui est passé dans notre langue: les uns le font dériver du pays qu’ils occupaient et qui se serait appelé _Haschischa_; d’autres de ce que c’étaient des fumeurs de «haschisch» (sorte de préparation enivrante du chanvre); d’autres, de ce que leur arme de prédilection était un poignard appelé _Sahs_, etc.; pour nous, nous estimons qu’il vient du mot arabe _asses_ (gardes), encore actuellement usité, parce qu’ils étaient les gardes de leur chef et que leur rôle actif en avait fait la terreur des contrées environnantes.--Consulter à ce sujet SYLVESTRE DE SACY.
34, +Saincte+.--En 1151; ce crime fut le fait d’un fanatique religieux.
34, +Montferrat+.--En 1192, à Tyr; Conrad qui en était seigneur y fut assassiné pour n’avoir pas fait droit à une réclamation du Vieux de la Montagne qui revendiquait, comme lui appartenant, un vaisseau dont les Tyriens s’étaient emparé.
CHAPITRE XXX.
=604=,