Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 84
19, +Guider+.--«Prenez de l’eau bénite, faites dire des messes, cela vous fera croire et vous abêtira; étrange moyen de nous rapprocher de Dieu, que d’étouffer la raison qui est un don de lui et nous fait à son image.» PASCAL.--TERTULLIEN n’a-t-il pas dit: «_Credo quia absurdum_ (_j’y crois par cela même que c’est une absurdité_)»;--et BOSSUET: «Nous ne sommes capables d’entendre Dieu, que par une entière cessation de notre intelligence»;--JOUBERT: «Ferme les yeux et tu verras»;--HUET: «Pour arriver à croire, il est utile de ne pas croire»;--DIDEROT: «Le premier pas vers la philosophie, c’est l’incrédulité»;--la reine CHRISTINE: «En matière de foi, il faut se crever les yeux pour voir clair»;--enfin l’Évangile: «Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux.»
24, +Fuir+.--Les éd. ant. port.: _à desirer qu’à craindre_, au lieu de: «à coup qu’à fuir».
32, +Valentem+.--Ces vers sont tirés de la _satire_ de LA BOÉTIE, dont il a été question liv. I, ch. XXVII, =I=, 306.
34, +Volupté+.--La secte d’Épicure.--Les éd. ant. aj.: _et l’a montée à son plus haut pris_.
36, +Auoir de bien+.--Var. des éd. ant.: _heureux bien estre_.
38, +Mali+.--Citation que Montaigne fait précéder de sa traduction.
=214=,
7, +Plombée+.--Dans un tel état d’apathie.
13, +Sentir+.--CICÉRON, _Tusc._, III, 7.
=216=,
1, +Soufferts+.--CICÉRON, _Tusc._, III, 45.
2, +Oubly+.--C’est pourtant là le moyen le plus efficace, peut-être le seul de retrouver le calme et de n’être pas trop malheureux. Ressasser constamment, au contraire, en son esprit, les griefs vrais ou imaginaires que l’on peut avoir contre les hommes ou contre les choses, rend l’existence insupportable. «Ce qui est passé, est mort,» dit un proverbe arabe; et, quand on s’y applique, il n’est pas si malaisé que le dit Montaigne. La nature nous y aide, en atténuant avec le temps nos souvenirs; mais il faut pour cela écarter résolument et aussi souvent qu’ils se présentent à nous, les sujets dont nous voulons nous dégager; et, si nous y joignons une occupation suivie qui empêche que nous ne demeurions sans cesse en tête-à-tête avec nos pensées, sur ce point comme sur bien d’autres, la volonté finit par avoir raison de toute obsession, quelle qu’elle soit.
13, +Perdre+.--«On s’en souvient, en songeant qu’il faut qu’on l’oublie.» MONCRIF.
17, +Ausus+.--D’Épicure.
31, +Acceptassent+.--Il est douteux que semblable marché soit accepté de quiconque a encore du sang dans les veines. Cette vie agréable et tranquille que les Italiens qualifient de _vita del beato porco_ (_vie béate du porc_) ne saurait convenir à qui a du cœur et se sent capable de faire mieux, état d’âme que RACINE a mieux su rendre que Montaigne, quand il fait dire à Achille:
«Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d’ans sans gloire, Ou peu de jours suivis d’une longue mémoire; Mais, puisqu’il faut enfin que j’arrive au tombeau, Voudrais-je, de la terre inutile fardeau... Et toujours de la gloire évitant le sentier, Ne laisser aucun nom et mourir tout entier?»
=218=,
7, +Desplaisir+.--Cette histoire et celle de Lycas qui précède sont tirées d’ATHÉNÉE, XIII.
9, +Βίος+.--Montaigne a traduit ce vers avant de le citer.
10, +Ecclesiaste+.--Ch. 1, versets 17 et 18.
18, +Resiste+.--Le commencement de cette citation est un passage altéré de Sénèque; le reste est de Cicéron.
20. Cette réflexion sur la transformation du B en V ne doit s’appliquer ici qu’à _bibat_; introduite dans _abeat_, elle n’aurait aucun sens; le proverbe latin: «_Aut bibat, aut abeat_ (_qu’il boive ou qu’il s’en aille_)» qui signifie: «Il faut s’accoutumer à l’humeur de ceux avec qui on vit ou s’en séparer», devient alors avec la prononciation gasconne: «_Aut vivat aut abeat_ (_qu’il vive ou qu’il meure_).»--C’est cette même transformation de lettres familière aux Gascons qui a fait dire d’eux: «_Beata gens, cui bibere idem est ac vivere_ (_Heureuses gens pour qui boire et vivre ne font qu’un_)»; ou encore: «_Felices quibus bibere, vivere est_ (_Heureux ceux pour lesquels boire, c’est vivre_).»
32, +Pendre+.--PLUTARQUE, _Contredits des philosophes stoïques_, 14.
34, +Approcher+.--_Id._, _ibid._
36, +Hart+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 86.
37, +Plutarque+.--_Comment on pourra apercevoir si on s’amende_, etc., 5.--Sextus le pythagoricien est cité fréquemment par SÉNÈQUE dans ses différents ouvrages, en particulier dans ses _lettres_ 59, 64, etc.
=220=,
12, +Valentian+.--L’empereur Valens.
14, +Mahumet+.--Mahomet, fondateur de l’Islamisme qu’il commença à prêcher à la Mecque vers quarante ans; l’opposition qu’il rencontra au début l’obligea à s’enfuir à Yatreb (622) où il fut accueilli avec transports et dont le nom, dans la suite, a été changé en celui de Médine (ville du prophète), en souvenir de cette fuite ou hégire, d’où date l’ère des Musulmans (Musulman et Islamisme ont même étymologie et viennent de l’arabe سلم _selam_, qui signifie abandon complet en Dieu de sa personne et de ses biens, résignation). A partir de ce moment, Mahomet poursuivit avec succès son œuvre les armes à la main; et, à sa mort, survenue en 632 à Médine où est sa tombe, dans la majeure partie de l’Arabie, y compris la Mecque, la religion nouvelle avait remplacé le culte des idoles. Ses successeurs ou khalifes (lieutenants), continuant ses conquêtes et son prosélytisme, ont été en progrès constant jusqu’au XIVe siècle; leurs croyances dominent encore aujourd’hui sur une grande partie du globe: l’Asie occidentale, l’Afrique septentrionale, la Turquie. Les dogmes et les préceptes de la religion de Mahomet sont consignés dans le Coran (le livre, livre par excellence), qui embrasse à la fois la religion, la législation pénale et civile, ainsi que l’administration. Ses principaux dogmes sont: l’unité de Dieu, l’immortalité de l’âme, un paradis avec des jouissances toutes sensuelles; le fatalisme, n’excluant pas pourtant la responsabilité de nos actes; les préceptes sont: la circoncision, la prière, l’aumône, les ablutions, le jeûne, l’abstinence du vin et de toutes les liqueurs fermentées; la polygamie est autorisée, le Coran autorise quatre femmes légitimes.--Mahomet n’a nullement interdit ni les sciences, ni les lettres à ses adeptes; mais dans le principe, ses lieutenants se conduisirent à la vérité comme si elles étaient proscrites. Un revirement se fit plus tard et pendant un temps les arts et les sciences ont compté des savants émérites parmi ses sectateurs, mais il faut convenir qu’actuellement il ne semble plus guère en être question dans le monde musulman.
16, +Lycurgus+.--Sa législation, qui fit de Sparte une république militaire plus qu’une monarchie, et à laquelle elle dut la prépondérance sur toute la Grèce, tant qu’elle l’observa fidèlement, avait principalement pour but d’établir l’égalité entre tous les citoyens et de former un état guerrier sans esprit de conquêtes. Ses dispositions essentielles étaient: le partage des terres en portions égales, avec interdiction d’accroître, de diminuer et d’aliéner tout ou partie du lot échu à chaque famille; la substitution d’une monnaie de fer à la monnaie d’or et d’argent; les repas pris en commun; une éducation austère, toute martiale, et exclusivement dirigée en vue de développer la moralité, la force et l’adresse, donnée en public; les arts, les sciences, et tous les métiers en général abandonnés aux esclaves; comme gouvernement: deux rois, ayant l’initiative des lois, présidant à tous les actes de la vie publique, commandant les armées, mais dont l’autorité était limitée par les Ephores; un sénat de 28 membres décidant de la paix ou de la guerre et des alliances; l’assemblée du peuple élisant les magistrats, votant les contributions, ratifiant les lois.--D’après la tradition, Lycurgue, après avoir fait jurer aux Spartiates l’observation de ses lois jusqu’à ce qu’il revînt, se serait expatrié sans esprit de retour.
37, +Vices+.--Ce passage est une reproduction d’une idée de Varron, qu’on trouve consignée dans NONIUS MARCELLUS.
=222=,
11, +Droicturiere+.--C’est là, bien qu’il ne les nomme pas, une sortie de Montaigne contre Luther et Calvin.
13, +Δεισιδαιμονία+.--Desdémone (superstition); c’est le nom de l’héroïne de la tragédie d’_Othello_, de Shakespeare.
14, +Πείτεται+.--Mot attribué à Socrate et que Montaigne a traduit avant de le citer.
15, +Empesches+.--PASCAL s’est inspiré de cette pensée: «Il y a, dit-il, assez de lumière pour ceux qui ne désirent que voir, et assez d’obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire; assez de clarté pour éclairer les uns et assez d’obscurité pour les porter à s’humilier; assez d’obscurité pour aveugler les autres et assez de clarté pour les condamner et les rendre inexcusables,... c’est pourquoi il est juste et utile que Dieu nous soit en partie caché et en partie découvert.»--«La vanité et l’orgueil coûtent plus que la faim et la soif.» JEFFERSON.
16, +Sage+.--PLATON, _Apologie de Socrate_.--Chérophon, disciple et ami de Socrate, étant à Delphes, demanda à l’oracle s’il y avait sur la terre un homme plus sage que Socrate; la prêtresse lui répondit qu’il n’y en avait aucun; ce que Socrate interpréta, en disant que la réponse de l’oracle n’avait d’autre but que de le donner pour exemple, parce qu’il reconnaissait qu’il n’y avait véritablement aucune sagesse en lui. V. N. =III=, 576: L’vn.
24, +Sagesse+.--«La vanité est l’amour-propre qui se montre; la modestie, l’amour-propre qui se cache.» FONTENELLE.
26, +Cendre+.--«Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière», c’est la formule, tirée de la GENÈSE, III, 19, de l’Église à la cérémonie du mercredi des cendres.
«Dieu connaît le néant d’où naissent les humains, Puisque ses propres mains Les ont jadis créés de poussière et de boue; Il connaît leur faiblesse, et sait de quel mépris La fortune se joue De tous les grands desseins que forment leurs esprits.» RACAN.
27, +Ombre+.--Cette phrase se trouve dans les _Psaumes_ de DAVID.--On lit encore dans l’ECCLÉSIASTE: «Dieu a fait l’homme semblable à l’ombre après le coucher du soleil»; et aussi: «Pendant les jours de sa vie fugitive, l’homme passe comme l’ombre.»--Dans l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre, BOSSUET dit: «L’homme que Dieu a fait à son image, n’est-il qu’une ombre?»
38, +Scire+.--«Dieu t’a fait pour l’aimer, et non pour le comprendre.» L. RACINE.
=224=,
4, +Ayme+.--Ne trouve-t-on pas dans l’Écriture elle-même que Dieu se repent: «Jéhovah se repentit du mal qu’il avait parlé de faire à son peuple», _Exode_, XXXIII, 14; qu’il se moque, qu’il se rit, etc.
8, +Cognoistre+.
«Qu’est-ce que Dieu? Loin de rien décider de cet être suprême, Gardons, en l’adorant, un silence profond; Le mystère est immense et l’esprit s’y confond. Pour dire ce qu’il est, il faut être lui-même.» L. RACINE.
10, +Prudence+.--Le passage qui suit est une traduction intégrale de CICÉRON, _De Nat. deor._, III, 15.
20, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, VII, 1.
=226=,
6, +Croyans+.--S. PAUL, _Ep. aux Corinthiens_, I, 1, 19.
11, +Recognoistre+.--Add. des éd. ant.: _sa vilité et_.
17, +Cornes+.--L’idée est reproduite de PLUTARQUE, _Contredits des philosophes stoïques_, 10; mais l’expression appartient à Montaigne.
22, +Appris+.--CICÉRON, _De Nat. deor._, I, 17.
29, +Descouure+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 122.
29, +Onques+.--Socrate (V. N. =II=, 222: Sage).--Les éd. ant. aj.: (_Et qui à l’auenture n’eust nulle plus viste occasion, d’estre appelé sage, que cette sienne sentence_).
31, +Rien+.--«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien,» disait aussi de lui-même PLINE L’ANCIEN.
39, +Lettres+.--VALÈRE MAXIME, II, 2, 3, ne dit rien de semblable; Montaigne a été ici induit en erreur par une incorrection qui subsiste dans quelques éditions de cet auteur.
=228=,
21, +Admirables+.--Les éd. ant. aj.: _en reglement et en droicture_.
28, +Queste+.--C’est précisément par là que SEXTUS EMPIRICUS, d’où Montaigne a tiré bien des choses, commence son livre des _Hypotyposes_ (_expositions_, _hypothèses_) _pyrrhoniennes_, et en déduit d’une façon générale la caractéristique des différentes manières de philosopher: l’une dogmatique, c’est celle qui assure avoir trouvé la vérité; une autre académique, appliquée par ceux qui déclarent qu’elle est au-dessus de notre compréhension; la troisième sceptique, qui est le propre de ceux qui la cherchent encore.
30, +Stoiciens+.--Péripatéticiens, V. N. =I=, 32: Aristote, et =I=, 82: Peripatéticiens;--Epicuriens, V. N. =I=, 30: L’aduenir;--Stoiciens, V. N. =I=, 18: Stoiques.
33, +Academiciens+.--École philosophique fondée à Athènes, par Platon, vers =388=; elle tirait son nom d’un jardin, devenu promenade publique, ayant appartenu primitivement à un certain Academus et dans lequel Platon donnait ses leçons.--On compte trois Académies: la première, ou Académie ancienne, avait pour base les enseignements de Socrate, transmis et érigés en système par Platon: elle admettait l’existence d’un Dieu, d’une Providence, l’immortalité de l’âme; au point de vue moral, elle considérait la raison humaine comme impuissante à nous donner la solution précise de toutes les questions en présence desquelles l’homme se trouve, et indiquait dans l’ordre moral la pratique du bien, comme le plus sûr moyen d’arriver au bonheur; dans les arts, le beau, comme l’idéal du but à poursuivre; Aristote, qui plus tard fonda l’école des Péripatéticiens, Speusippe, Xénocrate, Crantor en firent partie. La deuxième, ou Académie moyenne, fondée vers =244=, par Arcésilas, posait en principe qu’en rien on ne peut arriver à la certitude. La troisième, ou Académie nouvelle, fondée par Carnéade, vers =160=, sans tomber dans un scepticisme absolu, enseignait que l’on ne peut atteindre qu’au probable.--Ces principes se modifièrent encore par la suite, avec Philon notamment qui, vers l’an =88=, revint à la doctrine de Platon et s’efforça de la concilier avec le stoïcisme.
37, +Epechistes+.--Qui hésitent, qui s’abstiennent de juger; qualification donnée aux sceptiques et que Montaigne explique un peu plus loin.--V. N. =II=, 208: Pyrrho, et _Lexique_ au mot Sceptiques.
38, +Homere+.--Auteur de l’_Iliade_ et de l’_Odyssée_, considérées toutes deux comme les chefs-d’œuvre de l’épopée. On ne sait que peu de chose de lui; la tradition le représente vieux et aveugle, errant de ville en ville et récitant ses vers; certains ont contesté son existence et émis l’idée que ces deux poèmes résument les œuvres éparses d’une époque fabuleuse de la Grèce.--Dans l’_Iliade_, Homère chante les effets de la colère d’Achille, les malheurs des Grecs au siège de Troie pendant la retraite de ce héros et la vengeance terrible qu’il tire du meurtre de Patrocle son ami. On y admire la grandeur des conceptions, la beauté et la simplicité du plan, la hardiesse de l’imagination, la richesse et la sublimité des images.--Dans l’_Odyssée_, il raconte les aventures d’Ulysse errant de contrée en contrée après la prise de Troie, et le retour de ce prince dans son royaume d’Ithaque. Le plan en est régulier, l’imagination moins éclatante, mais un vif intérêt et une séduisante naïveté vous captivent.--Ces deux poèmes, en dehors de leur beauté intrinsèque, avaient pour les anciens le mérite de renfermer les traditions théologiques, les noms et l’origine des peuples, la description et la situation des pays, et, à ce titre, jouissaient chez eux, sous ces divers rapports, d’une grande autorité.
38, +Sages+.--Thalès, Solon, Bias, Chilon, Cléobule, Pittacus, Périandre; quelques-uns substituent à ce dernier Myson, d’autres Anacharsis, bien que celui-ci fût scythe; ils s’occupaient surtout de morale et de politique.
39, +Archilochus+.--Aussi méchant que licencieux dans ses poésies; il fut banni par plusieurs villes qui mirent ses écrits en interdit, et il finit par être assassiné; il était cependant tellement estimé pour ses talents poétiques, qu’on le regardait presque comme l’égal d’Homère; il ne reste de lui que quelques fragments de poésie.
39, +Euripide+.--Son style, modèle d’élégance, brille surtout par le pathétique; il fait exprimer à ses héros des maximes philosophiques d’une grande hardiesse. Il avait composé, dit-on, 84 tragédies; il ne nous en est parvenu que dix-neuf; les plus estimées sont _Hécube_, les _Troyennes_, _Médée_, _Iphigénie en Tauride_.
=230=,
21, +Science+.--CICÉRON, _Acad._, II, 47.
=232=,
27, +Infrasquer+.--Du latin _infrascare_ qui signifie couvrir de feuillages, d’où par métaphore, embrouiller, embarrasser.
31, +Choisissiez+.--CICÉRON, _Acad._, II, 43.
=234=,
1, +Panætius+.--Montaigne continue de traduire CICÉRON, _Acad._, II, 33.
8, +Præoccupé+.--Prévenu, rempli de préjugés.
17, +Sustineatur+.--CICÉRON, _Acad._, I, 2.--Le texte porte _assensio_, au lieu de _assertio_, qui semble une erreur de copie.
=236=,
2, +Naturelles+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrrh. hypot._, I, 6.
7, +Pyrrho+.--Les éd. ant. port.: _ce que Laertius dict de la vie de Pyrrho et à quoy Lucianus, Aulus Gellius et autres semblent incliner, car ils_, au lieu de: «ce qu’on... Ils».--Du temps de Julien, la plupart des écrits de Pyrrhon avaient déjà péri, et cet empereur s’en félicitait. LEBEAU.
11, +Souche+.--Montaigne, qui se déclare ici ouvertement et avec raison contre cette aveugle insensibilité qu’on a attribuée à Pyrrhon, semble la reconnaître ailleurs (liv. II, ch. XXIX, =II=, 592), quoiqu’elle lui paraisse, dit-il, quasi incroyable.
17, +Secte+.--Ici encore l’auteur copie CICÉRON, _Acad._, II, 31.
37, +Deuement+.--La complaisance avec laquelle Montaigne s’étend ici sur le Pyrrhonisme et conclut en sa faveur, montre bien qu’il est de cette école. Tous les principes qu’il expose comme étant ceux de ces philosophes sont les siens; cela ne fait pas doute pour qui est au fait de sa vie et auxquels les Essais sont quelque peu familiers; ce sont eux qui lui ont inspiré sa devise «Que sais-je?» que l’on retrouve un peu plus loin; il leur a même emprunté la leur «Ἐπέχω (je m’abstiens)». V. N. =II=, 276: Que sçay-ie?
=238=,
14, +L’Ecclesiaste+.--III, 22, et V, 17.
20, +Troisiesme+.--Les deux premières comprennent les Académiciens et les Sceptiques; la troisième, que Montaigne désigne sous le nom collectif de Dogmatistes, comprend les Péripatéticiens, les Stoïciens, les Épicuriens.
29, +Sectateurs+.--Des sectateurs de Platon, de qui est le _Timée_ dont il vient d’être question, et non des Dogmatistes dont l’auteur semble, au début de l’alinéa, vouloir nous entretenir en détail; du reste le philosophe qu’il met en cause est Cicéron, qui était de l’école des Académiciens.
=240=,
6, +Et si+.--C.-à-d. Aristote est le prince des dogmatistes, et cependant nous apprenons de lui.
7, +Doubter+.--Cette pensée n’est pas d’Aristote; on l’attribue à ÆNEAS SYLVIUS, qui a été pape en 1458, sous le nom de Pie II.
8, +Escient+.--Les éd. ant. aj.: (_comme pour exemple sur le propos de l’immortalité de l’âme_).
19, +Difficulté+.--L’obscurité,--_pour en voiler leurs opinions_ (add. de l’éd. de 1588).
23, +Estoit+.--CICÉRON, _Acad._, II, 45.
24, +Facilité+.--C.-à-d. c’est pourquoi Épicure a évité dans ses écrits d’être clair et facile à entendre.
25, +Σκοτεινὸς+.--Le ténébreux. CICÉRON, _De Fin._, II, 5.
31, +Cicero+.--_De Offic._, I, 6.
35, +Cyrenaiques+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 92.--Secte de philosophes grecs qui avaient pour chef Aristippe de Cyrène (Afrique sept.), qui, après la mort de Socrate, dont il était un des disciples, fonda cette école, qui ne tarda pas à se fondre avec les Épicuriens. Dénaturant la morale de son maître, il plaçait le souverain bien dans les plaisirs des sens modérés par la raison.
37, +Disciplines+.--DIOGÈNE LAERCE, VIII, 32.
39, +Exercice+.--Chrysippe, dans PLUTARQUE, _Contredits des philosophes stoïques_, 25, dit le contraire de ce que Montaigne lui fait dire ici.
=242=,
9, +Profuerunt+.--Ici, comme en maintes autres, le texte de la citation est altéré.
10, +Sçauoir+.--Add. des éd. ant.: _et par la philosophie_.
13, +Dubitateur+.--Add. des éd. ant.: _et ne rien établissant_.
22, +Asseuerante+.--Chancelante et n’assurant rien.
22, +L’est+.--Pic de la Mirandole, un des disciples les plus fervents de Platon, à dix-huit siècles d’intervalle, après beaucoup d’efforts pour déterminer le but de chacun des dialogues de ce philosophe, fut obligé de convenir qu’il n’y en avait pas. Dans le traité des Lois, il est parlé de la nature de l’âme, de sa génération, de son immortalité; il est encore question de cette immortalité dans Phédon, le Phèdre et le Timée; il est parlé de géométrie dans le dialogue de Menon, qui est un discours sur la vertu, sur laquelle on trouve une digression dans celui d’Alcibiade, etc. etc. PAYEN.--On s’étonne quelque peu de voir cet admirateur sans égal de Montaigne relever chez un autre ce désordre littéraire, quand c’est là une des caractéristiques essentielles de son auteur de prédilection.
22, +Disoit+.--Dans le _Théétète_ de PLATON.
30, +Engin+.--Esprit; du latin _ingenium_.
31, +D’autrui+.--Socrate résumait son rôle, en se disant «Accoucheur d’esprits», avouant et rappelant ainsi la profession de sa mère qui, elle-même, était sage-femme. V. N. =III=, 576: L’vn.
38, +Prez+.--Les éd. ant. port.: _Chez qui se peut voir cela plus clairement, que chez nostre Plutarque? combien diuersement discourt il de mesme chose? combien de fois nous presente il deux ou trois causes contraires de mesme subiect, et diuerses raisons, sans choisir celle que nous suons à suiure_, au lieu de: «Cela... prez» (lig. 36 à 38).
=244=,
5, +Fantasies+.--Socrate entendant Platon lire son dialogue de Lysis, ou de l’Amitié, se serait écrié: «Dieux! que de choses ce jeune homme me prête!» Et, en effet, Platon a mis sous le nom de son maître beaucoup de choses que celui-ci n’a jamais dites. DIOGÈNE LAERCE.
26, +Verité+.--Add. de 88: _Car au bout de ses discours, il venoit à s’escrier..._
29, +Elle est+.--CICÉRON, _Acad._, II, 5; SEXTUS EMPIRICUS, _Adv. mathem._
35, +Bride+.--Retenue; _modération_, comme port. les éd. ant.
36, +Figues+.--Le texte grec de PLUTARQUE, _Propos de table_, I, 10, porte concombre au lieu de figue (ce qui du reste importe peu à la moralité de l’histoire); Montaigne a suivi ici la version française d’Amyot ou le latin de Xylander. COSTE.
=246=,
3, +Despita+.--Add. des éd. ant.: _et se mit en cholere_.
26, +Profession+.--Ainsi s’exprime CICÉRON, _Acad._, II, 41.
31, +Soudainement+.--PLUTARQUE. _Qu’on ne saurait vivre joyeusement selon la doctrine d’Epicure_, 8.--L’éd. de 88 aj.: _comme fut Phaeton_.
=248=,
1, +Nombres+.--Les Atomes, les Idées, les Nombres, sont des hypothèses diverses imaginées par ces philosophes pour expliquer, chacun à sa façon, leurs théories sur le système du monde; c’est du reste ce qu’indique la citation latine qui suit.
2, +Sages+.--Les éd. ant. port.: _cleruoyans_.
8, +Contraires+.--C’est l’idée du proverbe italien: «_Se non e vero, e bene trovato_ (_si ce n’est vrai, c’est bien trouvé_).»
15, +Religions+.--Les éd. ant. aj.: _car il n’est pas deffendu de faire nostre profit de la mensonge mesme, s’il est besoing_.
20, +A certes+.--C.-à-d. comme certain.
26, +Loix+.--Les _Lois_, de PLATON, traité sur les institutions à donner à un peuple.
31, +Republique+.--Liv. V. La _République_ de PLATON, traité sur la meilleure forme de gouvernement.
32, +Piper+.--D’où cette coutume, assez généralement existante dans les religions anciennes, de s’entourer de mystères et d’en tenir les profanes à l’écart. En Gaule, notamment, les Druides agissaient ainsi: ils cachaient avec soin au peuple les doctrines qu’ils s’étaient faites sur la terre et les cieux, ne les enseignaient qu’à leurs disciples sans les écrire, et il fallait à ceux-ci jusqu’à vingt années d’études pour acquérir toute cette science.
38, +Academique+.--V. N. =II=, 228: Academiciens.
40, +Belutez+.--Etudiés, scrutés; bluter, c’est passer au blutoir (tamis pour séparer la farine du son).
=250=,