Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 81
9, +Seruy+.--PLUTARQUE, _Caton le Censeur_, 3, cite cette manière de faire de sa part, pour l’opposer à celle de Caton qui faisait vendre ses esclaves, lorsqu’ils devenaient vieux, pour n’avoir pas à nourrir des bouches inutiles.
CHAPITRE XII.
+Chapitre XII+.--Le plus long et, au jugement de bien des gens, le plus important et le plus curieux des Essais.--RAYMOND SEBOND, dans son ouvrage la _Théologie naturelle_, ou _Livre des créatures_, paru pour la première fois en 1487, écrit en un latin barbare, et qui fut condamné au concile de Trente, a voulu démontrer que les seules lumières de la raison suffisent, sans la révélation, pour admettre les bases de la religion, à l’encontre de ceux qui soutiennent, au contraire, qu’on ne peut prouver par des moyens humains l’existence de Dieu et de sa Providence. Il voit la preuve de son assertion dans l’infériorité et la soumission de tous les animaux vis-à-vis de l’homme, qui ne peut avoir reçu que d’un Dieu cette supériorité en toutes choses, d’où il conclut à quels devoirs de reconnaissance il est tenu envers son Créateur et qu’il peut s’élever jusqu’à lui, par l’observation de ses commandements.--Montaigne, lui, dans ce chapitre, fait plus l’apologie de la religion révélée que celle de l’ouvrage de Sebond, il tient à l’encontre de celui-ci que notre première illusion est de nous imaginer supérieurs aux autres animaux; leurs actes sont de fait semblables aux nôtres: Nous prétendons que c’est l’instinct seul qui les guide; quel avantage, si cela est, n’ont-elles pas sur nous, de faire d’elles-mêmes ce à quoi notre raison nous conduit d’un pas si incertain et sans toujours aboutir? Puis, laissant les bêtes, il s’attache à l’homme lui-même; nous montre les mieux doués, ceux-là mêmes qui ont fait de la raison l’étude de toute leur vie, en arriver à reconnaître que l’esprit humain est hors d’état d’atteindre à la vérité et de la distinguer de l’erreur. Passant en revue, d’une manière succincte et un peu confuse, mais cependant complète, les systèmes philosophiques des anciens et, sous prétexte de défendre Sebond qu’il a traduit, exposant ses propres idées, il va, en réalité, directement à l’opposite de la pensée et du dessein de l’auteur qu’il prétend appuyer; il fait ressortir de quelle incertitude est empreint le témoignage de nos sens, par lequel nous communiquons avec ce qui est en dehors de nous; combien la raison est elle-même limitée dans ses connaissances, que d’erreurs elle commet dans ses déductions; et, devant son impuissance à conduire l’homme à aucune vérité certaine, il conclut que dans le chaos des contradictions humaines, la foi en la religion chrétienne apparaît comme le parti le plus simple et le plus probable; et il l’adopte, non par conviction, mais par esprit de conduite et par insouciance, s’y abritant comme dans un port tranquille où il cherche le repos et un certain engourdissement de l’âme. En somme, il sacrifie la philosophie à la théologie, acceptant et mettant hors de cause tout ce que la foi nous enseigne, à l’opposé d’Abailard qui soutenait «qu’il ne faut croire que les choses qui se peuvent prouver par des raisons naturelles», ce qui, du reste, le fit considérer comme hérétique; mais les motifs qui le font se montrer aussi exclusivement chrétien, c’est encore chez lui du scepticisme, c’est uniquement parce que la raison humaine courte et débile ne le mène à rien et que l’Église assure l’avenir, sans qu’il ait à s’en inquiéter davantage.--Scaliger, qui était un critique de parti pris de Montaigne, dit de ce chapitre: «Il y a de tout, et cela produit le même effet que Magnificat à matines.»
+Sebonde+.--Montaigne écrit indifféremment Sebon, Sebond, Sebonde, Sabonde.
15, +Contens+.--DIOGÈNE LAERCE, VII, 165.
17, +L’ignorance+.
«Du vieux Zénon l’antique confrérie Disait tout vice être issu d’ânerie.»
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8, +Luther+.--A la suite de persécutions amenées par une protestation de sa part contre la vente des indulgences, Luther se sépara de l’Église catholique, ne reconnaissant d’autre autorité que celle des livres saints, attaquant le Pape et l’Église romaine, les vœux monastiques, le célibat des prêtres, la hiérarchie ecclésiastique, la possession de biens temporels par le clergé, rejetant le culte des saints, le purgatoire, les commandements de l’Église, la confession, le dogme de la transsubstantiation, la messe, la communion sous une seule espèce, ne conservant d’autres sacrements que le baptême et l’eucharistie sous les deux espèces.--Excommunié en 1520, il n’en devint que plus ardent, parcourut l’Allemagne, propageant ses idées nouvelles; il fit de nombreux prosélytes qui résistèrent aux persécutions par les armes et, après de nombreuses vicissitudes, ses sectateurs obtinrent définitivement, par la paix de Nimègue (1582), la liberté de conscience. Conséquent avec lui-même, Luther s’était marié en 1526.--Vers 1538, Calvin se faisait, en Guyenne, l’initiateur de cette même doctrine.
12, +Atheisme+.--En matière d’athéisme, les hommes, à peu près dans tous les temps, ont communément traité d’athées ceux qui simplement ne pensent pas comme eux; si bien que, de fait, nous en sommes arrivés à confondre dans une même acception ces deux termes de théiste et d’athée qui, grammaticalement parlant, sont tout l’opposé l’un de l’autre. En fait, l’athée n’existe pas; il n’est personne qui nie l’existence d’un principe inconnu, qui n’a pas eu de commencement, qui n’aura pas de fin et qui fait que l’univers existe; mais son essence, la façon dont il s’exerce, la raison d’être de toutes ses créatures, des mondes et des êtres animés et inanimés dont ils se composent, échappent à la faiblesse de notre intelligence, et tous nous errons quand nous cherchons à le pénétrer, parce qu’il est au-dessus de toute conception de notre part et que nous n’avons de données sur ce point que de soi-disant révélations contestables et contestées. En cette recherche stérile qui ne saurait aboutir et qui ne conduit à aucun résultat autre que le doute, non sur l’existence de Dieu, mais sur sa nature et sur notre fin, l’esprit humain s’égare et s’attriste; reste la foi, mais la foi ne se commande pas.
12, +Vulgaire+.--Les éd. ant. aj.: (_et tout le monde est quasi de ce genre_).
14, +Mesmes+.--Les éd. ant. aj.: _et par la raison_.
32, +Foible+.--C’est le cas des Essais traduits en langage de nos jours. Le style de l’auteur a un cachet, un charme si particuliers, la langue française de son époque, surtout sous sa plume, avait tellement plus d’énergie qu’actuellement, que toute traduction, quoi qu’on fasse, sera toujours inférieure au texte primitif pour ceux à même de le lire à peu près couramment.
37, +Mort+.--Montaigne commença cette traduction en 1567; il l’avait terminée en 1568. Elle fut imprimée une première fois en 1569, mais d’une façon si incorrecte que les éd. ant. des Essais aj. ici: _auec la nonchalance qu’on void, par l’infiny nombre de fautes, que l’imprimeur y laissa, qui en eust la conduite luy seul_. Elle a été réimprimée, en 1581, dans de meilleures conditions.
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9, +Turnebus+.--Les éd. ant. port.: _Tournebeuf_.
11, +D’Aquin+.--Le plus grand théologien de l’Église d’Occident et le plus grand philosophe du moyen âge. Ses ouvrages principaux sont: la Somme de la foi, établissant toutes les vérités catholiques d’après les Écritures, et la Somme théologique longtemps classique, où l’auteur discute les principales questions de la théologie, de la philosophie et de la morale (somme, terme de théologie, signifie ouvrage abrégé d’un plus grand; de la même étymologie vient sommaire).
25, +Bonté+.--Les éd. ant. port.: _sacrosaincte bonté_.
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30, +Sua+.--Vers imités de Virgile, faits par un auteur inconnu à la louange de Ronsard.
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2, +Chrestiens+.--Socrate n’était pas chrétien, ce qui n’a pas empêché qu’il soit parvenu à un si haut degré de vertu, que le paganisme peut l’opposer à tous ceux que le christianisme présente en ce genre: sa mort excite l’admiration; jusqu’à son dernier soupir, il se montra aussi grand qu’il avait vécu; on peut apprendre de lui à bien vivre et à bien mourir.--Erasme, cet autre sage de son temps, dit quelque part: «Peu s’en faut que je ne dise: Saint Socrate, priez pour nous!»
4, +Martyres+.--Il y a des martyrs dans toutes les religions; TERTULLIEN disait: «Ce n’est pas le supplice qui fait le martyre, mais la cause.»
8, +Tartare+.--JOINVILLE, 19.--Le pape Innocent VII avait envoyé, pour y prêcher le christianisme, des missionnaires en Tartarie, dont le roi projeta d’envoyer une ambassade à Rome, pour vérifier les assertions de ces missionnaires; mais eux-mêmes, par crainte de la mauvaise impression qu’elle pourrait en rapporter, le dissuadèrent d’y donner suite. Ce qui a pu porter Montaigne à penser que c’était saint Louis qui l’en avait détourné, c’est qu’à ce moment il était en Chypre, se rendant en Terre sainte, et l’ambassade vint l’y saluer, mais ne poussa pas plus loin.
18, +Vicieuses+.--Montaigne paraît avoir emprunté cette histoire du _Décaméron_ de BOCCACE, 2e journée, 2e nouvelle, où le juif Abraham, pressé par un ami de se faire chrétien, s’y résout, après un voyage à Rome, par les raisons indiquées ici.
20, +Parole+.--_Évangile_ selon S. MATTHIEU, XVII, 19 et S. PAUL, _Épître aux Corinthiens_.
23, +Credas+.--Cette citation est de Quintilien qui n’était pas chrétien, c’est dire que Montaigne la détourne du sens qu’elle a dans le texte latin.
34, +A nos passions+.--Les éd. ant. port.: _aux hommes_.
=120=,
19, +Celle là+.--Allusion à la situation de Henri III après le traité de Loches (1576). Mécontents des concessions faites par le roi aux Protestants, les Catholiques, qui jusqu’alors avaient marché avec lui, se liguent contre lui, tandis que ses adversaires de la veille se déclarent pour lui.
20, +Besoing+.--C.-à-d. n’admettre pour vrai que ce qu’il est de notre intérêt qu’on croie tel.
21, +Dire+.--BAYLE, dans son dictionnaire, remarque I de l’art. _Hotman_, cite et commente ce passage, disant: «Tant que le monde sera monde, il y aura partout des doctrines ambulatoires dépendantes des lieux et des temps.» C’est ce qu’à notre époque nous appelons l’opportunisme, qui, quoi qu’on en puisse dire, est l’une des lois les plus sensées de la politique, dont les principes sont tout autres que ceux de la morale avec lesquels ils sont rarement du tout au tout conciliables; celle-ci est la théorie, celle-là la pratique.
32, +Remuent+.--Au début des troubles qui agitèrent la France à cette époque, les Protestants, visant à renverser Charles IX et à faire arriver au trône Henri de Navarre, mettent en avant le droit de déposer les rois et de tuer les tyrans; les Catholiques, au contraire, repoussent tout principe autre que la légitimité. A la mort de Henri III, le roi de Navarre se trouvant, par droit d’hérédité, appelé à lui succéder, ce sont les Catholiques qui contestent ce principe de la légitimité qu’a pour lui Henri IV et qui revendiquent le droit de passer outre et de lui substituer un prétendant de leur choix; chaque parti se trouvait ainsi avoir changé de thèse et adopté celle de ses adversaires.
35, +Chrestienne+.--C.-à-d. il n’est point d’hostilités qui se prêtent mieux à la satisfaction de nos passions que celles qui ont pour cause l’intérêt de la religion.
37, +Detraction+.--Larcin, du latin _detractio_ qui a même signification.
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1, +Vices+.--Sous-entendu: et, au contraire.
2, +Dict+.--C.-à-d. frauder la dîme, en ne donnant que de la paille sans grain; Dieu est mis ici pour les ministres du culte, par un tour d’expression dont l’usage est aussi ancien que le monde. COSTE..--De ce dicton qui signifie se moquer, aussi bien que frustrer quelqu’un de ce qui lui est dû, on donne encore une autre explication, cela voudrait dire: «Faire la barbe avec un bouchon de paille.» PAYEN.--Rabelais, I, 11, l’emploie avec une variante: «Gargantua faisoit gerbe de feurre aux Dieux.»
14, +Bigue+.--C.-à-d. voulut échanger l’un pour l’autre.--Bigue signifiait échanger, troquer.
17, +Orpheus+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 4.--Les initiés composaient une secte dissidente des philosophes pythagoriciens; ils avaient en vue la pratique de la vertu, croyaient à l’expiation des crimes dans l’autre monde et s’abstenaient de manger la chair des animaux; ils prétendaient avoir reçu d’Orphée les dogmes qu’ils professaient.
26, +Prestre+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 39.
35, +Iesus-Christ+.--S. PAUL, dans son _Épître aux Philipp._, I, 23.
36, +Donnoit+.--CICÉRON, _Tusc._, I, 34; CALLIMAQUE, _Epigr._, 24; OVIDE, _in Ibin_, v. 495; S. AUGUSTIN, _De Civit. Dei_, I, 22.
=124=,
1, +Alemans+.--VOLTAIRE, dans _Zaïre_, exprime la même idée:
«Je le vois trop: les soins qu’on prend de notre enfance, Forment nos sentiments, nos mœurs, notre croyance. J’eusse été, près du Gange, esclave des faux dieux, Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux: L’instruction fait tout; et la main de nos pères Grave en nos faibles cœurs ces premiers caractères.»
9, +Ne ramene+.--Var. des éd. ant. à 88: _vne extreme douleur ou voisinage de la mort, ne ramenent par force_...
13, +Plato+.--_Lois_, au commencement du liv. X, passage déjà cité dans les Essais, =I=, 580.
17, +Dit-il+.--PLATON, _République_, I.
23, +Loix+.--C’est le résultat de ce que dit PLATON sur la fin du second livre au commencement du troisième de sa _République_.
29, +Bion+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 4.--Cette réflexion même, si juste et si naturelle, est de Diogène Laërce, qui d’ordinaire s’abstient de tout commentaire.
31, +Force+.--Les sectateurs d’Aristippe et d’Épicure fondaient la religion sur la crainte; la loi, sur l’utilité; la justice, sur la coutume.
=126=,
29, +Luy-mesmes+.--S. PAUL, _Épître aux Romains_.--C’est Dieu qui est présenté comme tenant ce langage parce que l’apôtre est considéré comme parlant en son nom.
32, +Facteur+.--«Tout ainsi que par ce peu de lumiere que nous auons la nuict, nous imaginons la lumiere du soleil qui est esloignée de nous; de mesme, par l’estre du monde que nous connoissons, nous argumentons l’estre de Dieu, qui nous est caché...» R. SEBOND, _Théologie naturelle_, 24, traduction de Montaigne.
=128=,
4, +Œuures+.--Dans l’_Épître aux Romains_.--S. Paul, surnommé l’apôtre des Gentils parce qu’il a évangélisé en dehors de la Judée, n’est ni du nombre des douze apôtres proprement dits, quoiqu’il soit toujours compté comme tel, ni même des disciples de Jésus-Christ. Né de parents juifs, il se nommait Saul et fut d’abord un persécuteur violent du christianisme; mais, sur le chemin de Damas, il eut une vision, se convertit, devint un des plus ardents propagateurs de la religion nouvelle et finit par obtenir le martyre à Rome. On a de lui les _Actes des apôtres_ qui sont sa propre histoire et quatorze lettres aux Églises avec lesquelles il était en relation, elles se distinguent par la logique et la sagesse des principes qu’il expose.--Godeau, évêque de Grasse (1605-1672), dit de lui:
«Et la grâce en son cœur ayant fait des miracles, Sa bouche expliquera les plus sacrés oracles.»
9, +Leges+.--Les éd. ant. aj.: _Si mon imprimeur_ (de la Théologie naturelle) _estoit si amoureux de ces prefaces questées et empruntées, de quoy par l’humeur de ce siecle il n’est pas liure de bonne maison, s’il n’en a le front garny, il se deuroit seruir de tels vers, que ceux cy qui sont de meilleure et plus ancienne race que ceux qu’il est allé planter_.
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3, +Couche+.--On incline, on penche en faveur.--Les éd. ant. port.: _Celui qui est d’ailleurs imbu d’vne creance reçoit bien plus aisément les discours qui lui seruent, que ne fait celuy qui est abreuué d’vne opinion contraire, comme font ces gens icy_, au lieu de: «On couche... en soy».
21, +Ἑαυτόν+.--Cette pensée est d’HÉRODOTE, qui la met dans la bouche d’Artaban cherchant à détourner Xerxès de son expédition contre les Grecs.
24, +Platon+.--Dans le _Timée_.
32, +S. Augustin+.--_De civitate Dei_, XXI, 5.--Le premier des Pères de l’Église. Eut une jeunesse fort dissipée, se convertit, fut baptisé à 32 ans et devint, par la parole et la plume, un des plus ardents et solides défenseurs du christianisme. Ses principaux ouvrages sont: _La Cité de Dieu_, son chef-d’œuvre, admirable peinture de la religion chrétienne; ses _Confessions_, où il fait l’histoire de ses erreurs et de sa conversion, et le _Traité sur la grâce et le libre arbitre_; on a encore de lui nombre de sermons, de lettres et d’écrits contre les hérétiques de son temps.
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3, +Philosophie+.--S. PAUL, _Aux Colossiens_, II, 8.
5, +Dieu+.--S. PAUL, _Aux Corinthiens_, I, 3, 19.
5, +Vanitez+.--Pensée tirée de l’_Ecclésiaste_ et de PLINE.
7, +Sçauoir+.--Pensée tirée de LUCRÈCE et de l’_Épître_ de S. PAUL _aux Corinthiens_.
8, +Trompe+.--Cette pensée se trouve également dans LUCRÈCE et dans S. PAUL, _Épître aux Galates_.
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1, +Cestuy-la+.--Le philosophe stoïcien Balbus qui, dans Cicéron, s’exprime comme le porte la citation qui suit.
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6, +Mouuements+.--On croyait encore généralement alors que le soleil tournait autour de la terre, etc.
13, +Plutarque+.--Plutarque dit bien que, peut-être, la Lune est habitée, que ses habitants doivent y être plus dispos, plus légers au physique, plus faciles à nourrir que nous, mais il ne parle pas de colonies.
19, +Quant et quant+.--Les éd. ant. aj.: _dict Pline_.
23, +Trois+.--C.-à-d. avec les animaux vivant sur terre, et, par cela même, de pire condition que ceux des deux autres espèces: les oiseaux qui volent dans les airs, et les poissons qui nagent dans les eaux.
34, +D’elle+.--Cette pensée a été traduite en vers par Senecé:
«Mais sait-on, dit Montaigne, Quand avec son chat d’Espagne Un homme prend ses ébats, Si le chat n’a pas en tête Que l’homme est une bête Propre à divertir les chats.»
Observons, en passant, que cette rime, dans les deux premiers vers, de Montaigne avec Espagne, montre bien comment encore à cette époque (1717) on prononçait le nom de l’auteur des Essais.--A propos de chat, Mahomet en avait un qu’il aimait au point qu’un jour, dit-on, cet animal dormant sur un pan de son caftan, et le moment de la prière étant venu, le prophète coupa son vêtement, afin de ne pas troubler le sommeil de l’animal.
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2, +Saturne+.--Dans _la Politique_.--Chassé du ciel par Jupiter, et accueilli sur terre par Janus, roi du Latium, auquel il succéda, Saturne apprit aux Latins l’art des semailles, fit fleurir la paix, l’abondance, la justice, et son règne fut l’âge d’or pour l’Italie. _Myth._
18, +Troglodytes+.--Ancien peuple de l’Afrique qui vivait dans des cavernes ou dans des trous creusés dans la terre. Mais, dans bien des contrées, voire même en France, existent des vestiges de pareilles habitations établies dans des anfractuosités naturelles, grossièrement aménagées et qui remontent aux temps préhistoriques; on a qualifié de ce même nom de Troglodytes, ceux dont elles ont été la demeure.
20, +Thyaneus+.--PHILOSTRATE, _Apollonius de Thyane_, I, 20.
20, +Melampus+.--APOLLODORE, I, 9, 11.
20, +Tirasias+.--APOLLODORE, III, 6, 7, etc.
22, +Roy+.--Dans l’intérieur de l’Afrique, dit PLINE, _Hist. nat._, IV, 30, au delà de la Nubie, se trouvent les Ptoemphanes, qui ont pour roi un chien, dont ils consultent les divers mouvements.--Cette erreur ne proviendrait-elle pas de la similitude du mot latin _canis_ (chien) avec les mots qui dans plusieurs langues signifient le roi ou seigneur comme, par exemple, Khan chez les Tartares, King en anglais, Kœnig en Allemagne? PAYEN.
24, +Nous+.--«Les enfants des hommes sont en eux-mêmes semblables aux bêtes, ils ont même destinée; l’homme n’a pas d’avantage sur la bête.» _Ecclésiaste_, III.
25, +Intelligence+.--Les éd. ant. aj.: _de leurs mouuemens et_.
34, +Qu’il y a+.--Add. des éd. ant. à 88: _de la menasse et_.
36, +Voix+.--C.-à-d. qui ne profèrent aucun son.
=140=,
27, +Cestuy-cy+.--Ce langage par gestes.
32, +Langue+.--Aux extrémités de l’Éthiopie, dit PLINE, VI, naissent des animaux et des hommes de formes monstrueuses; l’excessive mobilité des feux solaires varie les corps et les multiplie à l’infini; et, parmi ces phénomènes, il en est certains qui n’ont d’autre langage que les gestes et les signes.
37, +Mot+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
=142=,
6, +Prudence+.--Les éd. ant. port.: _prouidence_.
39, +Par art+.--Les éd. ant. aj.: _et par industrie_.
=144=,
33, +Vniforme+.--Les éd. ant. aj.: _la foiblesse de nostre naissance se trouue à peu pres en la naissance des autres creatures_.
40, +Souffrir+.--Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux aj.: _le visage, les pieds, les mains, les iambes, les espaules, la teste, selon que l’vsage nous y conuie_.
=146=,
3, +Nombril+.--Louis XIII avait une profonde répugnance pour cette exagération qui se maintint jusqu’au milieu du XVIIIe siècle; on cite de lui à cet égard plusieurs anecdotes.--Voulant, un jour, s’emparer d’une lettre qu’une dame de sa cour avait cachée dans son sein et qu’il avait intérêt à connaître, il alla l’y chercher avec des pincettes.--Une autre fois, se trouvant à table et voyant s’approcher de lui une femme habillée et découverte suivant cette mode, il retint une gorgée de vin dans la bouche et la lui lança dans le sein, ce qui la fit se retirer toute honteuse.
6, +Plier+.--PLUTARQUE, _Lycurgue_, 13.
21, +Labourage+.--Les éd. ant. aj.: _sans aucune nostre industrie_.
22, PLANTÉ.--En abondance.--Ce mot dérive de plénité, qui vient du latin _plenitas_ qui a ce même sens: saturation complète, plénitude.
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6, +Ichneumon+.--Appelé aussi mangouste et rat de Pharaon; carnassier de la grosseur d’un chat et de la forme de la martre; les Égyptiens le révéraient parce qu’il détruit les œufs de crocodile.
7, +Crocodile+.--Appelé aussi alligator, reptile de l’ordre des sauriens, amphibie à quatre pattes de la forme d’un énorme lézard, mais atteignant jusqu’à 3 et 4 mètres de longueur; se rencontre sur les bords de grands cours d’eau de la zone tropicale en Afrique, en Asie et en Amérique; le crocodile était à Thèbes, en Égypte, l’objet d’une grande vénération.
13, +Faire+.--Ce fait s’est rencontré en Allemagne (Gaspard Hauser), en France (le sauvage de l’Aveyron), et on pourrait en citer d’autres.--Gaspard Hauser qui, de 1828 à 1833, excita vivement l’attention en Bavière, fut découvert à l’âge apparent de 15 à 16 ans; il semblait n’avoir jamais rien vu, rien appris, être absolument étranger à la vie commune; il n’avait aucune idée du temps, des distances, était presque inconscient de ses mouvements.--Le sauvage de l’Aveyron, enfant trouvé en 1800 dans les forêts de cette région, pouvait avoir une dizaine d’années, il se trouvait physiquement et moralement en même état que Gaspard Hauser; il fut placé à l’institution des sourds et muets, où plusieurs années de soins assidus parvinrent à éveiller, mais bien faiblement, son intelligence et le langage.
22, +Oyseaux+.--C.-à-d. ne conversons-nous pas avec eux dans un autre langage et en employant d’autres termes qu’avec les oiseaux.
27, +Lactance+.--_Inst. div._, III, 10.