Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 8
=Des menteurs=, =I=, 59.--Montaigne déclare qu’il manque de mémoire, ce qui n’est pas un aussi grand désavantage qu’on le croit communément. Cela a l’inconvénient de le faire parfois taxer de manque de bonne volonté, mais lui procure l’avantage de lui interdire l’ambition, de lui faire juger des choses par lui-même, de le porter à parler peu et le dispose à l’oubli des offenses (DARIUS), 59.--Un menteur doit avoir bonne mémoire, 63.--Le mensonge est odieux et expose à bien des dangers; il est, avec l’entêtement, à combattre dès le début chez l’enfant, 65.--Mésaventures de deux ambassadeurs (FRANÇOIS Ier et FRANCISQUE DE TAVERNA, un ambassadeur du pape JULES II), 67.
CHAPITRE X.
=De ceux prompts à parler et de ceux auxquels un certain temps est nécessaire pour s’y préparer=, =I=, 69.--Certaines gens ayant à parler en public, ont besoin de préparer ce qu’ils ont à dire; d’autres n’ont pas besoin de préparation. La première de ces qualités est le propre des prédicateurs, la seconde convient aux avocats (le chancelier POYET et le cardinal DU BELLAY), 69.--Il en est chez lesquels la contradiction stimule le talent oratoire (SEVERUS CASSIUS), 71.--Il y a des personnes qui, sans préparation, parlent mieux qu’elles n’écrivent, quelque peine et travail qu’elles apportent à rédiger, 71.
CHAPITRE XI.
=Des pronostics=, =I=, 73.--Les anciens oracles avaient déjà perdu tout crédit avant l’établissement de la religion chrétienne, 73.--On croit encore cependant à certains pronostics. Origine de l’art de la divination chez les Toscans, art vain et dangereux qui ne rencontre la vérité que par l’effet du hasard (le marquis DE SALUCES, citation d’HORACE, DIAGORAS surnommé l’athée, JOACHIM abbé de la Calabre, l’empereur LÉON), 73.--Ce que paraît avoir été le démon familier de SOCRATE, 79.
CHAPITRE XII.
=De la constance=, =I=, 79.--En quoi consistent la résolution et la constance, 79.--Il est parfois licite de céder devant l’ennemi, quand c’est pour le mieux combattre (les TURCS, SOCRATE et LACHÈS, les LACÉDÉMONIENS à PLATÉE, les SCYTHES et DARIUS), 81.--Chercher à se soustraire à l’effet du canon, quand on est à découvert, est bien inutile par suite de la soudaineté du coup (le marquis DU GUAST, LAURENT DE MÉDICIS), 81.--Les stoïciens ne dénient pas au sage d’être, sur le premier moment, troublé par un choc inattendu; mais sa conduite ne doit pas en être influencée, 83.
CHAPITRE XIII.
=Cérémonial des entrevues des rois=, =I=, 85.--Attendre chez soi un grand personnage dont la visite est annoncée, est plus régulier que d’aller au devant de lui, ce qui expose à le manquer (MARGUERITE DE NAVARRE), 85.--Dans les entrevues de souverains, on fait en sorte que celui qui a la prééminence, se trouve le premier au rendez-vous (CLÉMENT VII et FRANÇOIS Ier; CLÉMENT VII et CHARLES-QUINT), 85.--Il est toujours utile de connaître les formes de la civilité, mais il faut se garder de s’en rendre esclave et de les exagérer, 87.
CHAPITRE XIV.
=On est punissable quand on s’opiniâtre à défendre une place au delà de ce qui est raisonnable=, =I=, 87.--La vaillance a ses limites; et qui s’obstine à défendre une place trop faible, est punissable (le connétable DE MONTMORENCY à PAVIE et au château de VILLANE, le capitaine MARTIN DU BELLAY à TURIN), 87.--L’appréciation du degré de résistance et de faiblesse d’une place est difficile, et l’assiégeant qui s’en rend maître est souvent disposé à trouver que la défense a été trop prolongée, 89.
CHAPITRE XV.
=Punition à infliger aux lâches=, =I=, 89.--La lâcheté ne devrait pas être punie de mort chez un soldat, à moins qu’elle ne soit l’effet de mauvais desseins (le seigneur DE VERVINS), 89.--Les peuples anciens et modernes ont souvent varié dans la manière de sévir contre la poltronnerie (CHARONDAS, l’empereur JULIEN, les ROMAINS après la défaite de CANNES, le seigneur de FRANGET, etc.), 91.
CHAPITRE XVI.
=Façon de faire de quelques ambassadeurs=, =I=, 93.--Les hommes aiment à faire parade de toute science autre que celle objet de leur spécialité (PÉRIANDRE, CÉSAR, DENYS l’Ancien), 93.--Pour juger de la valeur d’un chroniqueur, il importe de connaître sa profession, 95.--Les ambassadeurs d’un prince ne doivent lui cacher quoi que ce soit (Ambassadeurs de FRANÇOIS Ier auprès de CHARLES-QUINT), 95.--Rien de la part des subordonnés n’est apprécié par un supérieur comme leur obéissance pure et simple (PUBLIUS CRASSUS), 97.--Une certaine latitude est cependant à laisser aux ambassadeurs (fâcheux errements des PERSES), 97.
CHAPITRE XVII.
=De la peur=, =I=, 99.--La peur est la plus étrange de toutes les passions; ses effets sur le vulgaire, 99.--Les soldats eux-mêmes en sont atteints (un ENSEIGNE à l’attaque de S.-PAUL, lors du siège de Rome par M. de Bourbon, épisode de la guerre de GERMANICUS contre les ALLEMANDS), 99.--Elle a souvent des effets contraires, elle nous immobilise ou nous donne des ailes (l’empereur THÉOPHILE), 101.--Quelquefois elle détermine des actions d’éclat (les ROMAINS à la bataille de la TRÉBIE), 101.--Elle domine toutes les autres passions et, plus qu’aucune autre, nous démoralise (les compagnons de POMPÉE), 101.--Terreurs paniques (CARTHAGE), 103.
CHAPITRE XVIII.
=Ce n’est qu’après la mort, qu’on peut apprécier si, durant la vie, on a été heureux ou malheureux=, =I=, 103.--Par suite des vicissitudes continuelles de la fortune, ce n’est qu’après notre mort qu’on peut dire si nous avons été heureux ou non; incertitude et instabilité des choses humaines (CRÉSUS et CYRUS, AGÉSILAS, un successeur d’ALEXANDRE LE GRAND, DENYS LE JEUNE à Corinthe, POMPÉE en Égypte, LUDOVIC SFORZA, MARIE STUART), 103.--Une belle mort absout parfois une vie coupable; elle finit dignement une vie innocente et pure (SCIPION, ÉPAMINONDAS), 105.
CHAPITRE XIX.
=Philosopher, c’est apprendre à mourir=, =I=, 107.--Ce que c’est que philosopher, 107.--Le plaisir est le seul but de la vie, mais on ne se le procure surtout que par la vertu; la difficulté ajoute aux satisfactions qu’elle nous cause, 109.--Le mépris de la mort est l’un des plus grands bienfaits que nous lui devons, 111.--La mort est le but essentiel de la vie; le mot en était désagréable aux Romains, 113.--La mort nous surprend inopinément de bien des façons (un duc de BRETAGNE, HENRY II roi de France, PHILIPPE fils de Louis le Gros, ÆMILIUS LEPIDUS, AUFIDIUS, CORNELIUS GALLUS, TIGELLINUS, LUDOVIC DE GONZAGUE, SPEUSIPPE, BABIUS, CAIUS JULIUS, le capitaine S.-MARTIN frère de Montaigne), 115.--Il faut toujours être préparé à la mort, et l’idée en être toujours présente à notre esprit (coutume des ÉGYPTIENS, PAUL ÉMILE et PERSÉE, raison d’être des CIMETIÈRES autour des temples au milieu des villes, combats de GLADIATEURS chez les Romains pendant les festins), 115.--Intérêt que nous avons à y penser fréquemment. Le mépris de la vie est le fondement le plus assuré de la religion, 117.--La mort fait partie de l’ordre universel des choses; la vie n’est par elle-même ni un bien ni un mal (SOCRATE, les ÉPHÉMÈRES), 127.--L’immortalité n’est pas désirable. Pourquoi la mort est mêlée d’amertume (CHIRON, THALÈS), 131.--Pourquoi elle nous paraît autre à la guerre que dans nos foyers; pourquoi elle est accueillie avec plus de calme par les gens du commun que par les personnes des classes plus élevées, 133.
CHAPITRE XX.
=De la force de l’imagination=, =I=, 133.--Effets de l’imagination (GALLUS VIBIUS), 133.--Des émotions violentes peuvent occasionner des modifications radicales dans notre organisme (CIPPUS, LE FILS de Crésus, ANTIOCHUS, LUCIUS COSSITIUS, IPHIS, MARIE GERMAIN), 135.--L’imagination peut produire des extases, des visions, des défaillances considérées jadis comme le fait d’enchantements (le roi DAGOBERT, S. FRANÇOIS, EXEMPLES rapportés par Celse, par S. Augustin, plaisante ANECDOTE dont Montaigne a été l’auteur, AMASIS roi d’Égypte et LAODICE, la BRU de Pythagore), 137.--Comment les mariés doivent se comporter dans la couche nuptiale, 143.--Nos organes sont sujets à aller à l’encontre de notre volonté qui, elle-même, échappe parfois à toute direction, 143.--Du seul fait de l’imagination, les maladies peuvent se guérir ou s’aggraver; exemples à l’appui, 147.--Les bêtes, elles aussi, en ressentent les effets, 149.--Notre imagination est susceptible d’agir même sur d’autres que sur nous (FEMMES DE SCYTHIE, IMPRESSIONS ressenties par les enfants dans le sein de leur mère, FASCINATION exercée sur des animaux), 149.--Montaigne cite les faits qui arrivent à sa connaissance, sans se préoccuper de leur exactitude; il se borne à en prendre texte pour ses réflexions. L’impossibilité de contrôler ceux qu’ils consignent fait que le rôle de chroniqueur ne convient guère ni à un philosophe, ni à un théologien; motifs pour lesquels l’auteur s’est refusé à écrire la chronique de son temps, 151.
CHAPITRE XXI.
=Ce qui est profit pour l’un, est dommage pour l’autre=, =I=, 155.--Dans toute profession, on ne fait bien ses affaires qu’aux dépens d’autrui (DEMADE l’Athénien), 155.
CHAPITRE XXII.
=Des coutumes et de la circonspection à apporter dans les modifications à faire subir aux lois en vigueur=, =I=, 155.--Force de l’habitude; elle s’exerce même malgré des intermittences de certaine durée (MITHRIDATE, ALIMENTATION de certains peuples, endurcissement de l’ATHLÈTE, habitants des CATARACTES, MUSIQUE CÉLESTE, VÊTEMENTS parfumés, bruit de CLOCHES), 155.--Les vices prennent pied chez l’enfant dès le bas âge et devraient être combattus dès ce moment, 159.--Habileté à laquelle on peut atteindre par l’habitude, 161.--Puissance de la coutume sur les opinions; elle est cause de la diversité des institutions humaines, 161.--Coutumes bizarres de certains peuples, 161.--Les lois de la conscience dérivent plus des coutumes que de la nature; notre attachement au gouvernement, au pays, est notamment un fait d’habitude, 169.--L’habitude est aussi la source de grands abus, entre autres la vénalité des charges de la justice, son mode d’administration; et, en fait de choses de moindre importance, le grotesque de certains vêtements de notre époque; difficulté d’aller à l’encontre, 173.--Il n’en faut pas moins se conformer aux usages et, sauf le cas d’absolue nécessité, se garder de toute innovation dans les institutions publiques. Ébranlement causé en France par l’introduction de la Réforme (CHARONDAS, LYCURGUE, l’ÉPHORE et la CYTHARE, la RÉFORME et la LIGUE, le SÉNAT ROMAIN, l’ORACLE de DELPHES), 177.--L’obéissance aux lois est un principe de la religion chrétienne; quant à ses propres dogmes, ils sont hors de toute discussion, 181.--Cas où l’absolue nécessité impose des modifications à l’état de choses existant (OCTAVIUS, CATON, AGÉSILAS, ALEXANDRE LE GRAND, les LACÉDÉMONIENS avec Lysandre et Périclès, PHILOPŒMEN), 185.
CHAPITRE XXXIII.
=Une même ligne de conduite peut aboutir à des résultats dissemblables=, =I=, 187.--La clémence désarme souvent des conjurés (le duc DE GUISE à Rouen, AUGUSTE envers Cinna), 187.--La médecine n’est pas le seul art où la fortune ait une large part dans le succès; les beaux-arts, les lettres, les entreprises militaires sont dans le même cas, 193.--Parti à prendre lorsque ce qui peut s’ensuivre présente de l’incertitude, 195.--Il n’est pas avantageux de s’attacher à prévenir les conjurations par la rigueur (DION et CALYPSUS, ALEXANDRE LE GRAND et PHILIPPE son médecin), 195.--Triste état d’un prince enclin à la défiance, 197.--La hardiesse permet seule de réaliser de grandes choses (SCIPION et SYPHAX, LOUIS XI, CÉSAR), 197.--Conduite à tenir en présence d’émeutes; la confiance qu’on montre doit, pour porter fruit, être ou paraître exempte de crainte, 199.--Confiance de César en sa fortune, 201.--Conseil donné à un tyran pour se mettre à couvert des complots qu’on pouvait former contre lui (DENYS de Syracuse, le duc d’ATHÈNES à Florence), 201.--Mourir vaut mieux parfois que d’être sous la menace continue d’une fin tragique, 203.
CHAPITRE XXIV.
=Du pédantisme=, =I=, 203.--Les pédants sont et ont été de tous temps méprisés et ridiculisés malgré leur savoir (DU BELLAY, PLUTARQUE, RABELAIS, MARGUERITE DE VALOIS), 203.--Les philosophes de l’antiquité étaient au contraire généralement estimés, parce que sous leur originalité et leur dédain pour les fonctions publiques, existait une science profonde; différence essentielle entre eux et les pédants de nos jours (ARCHIMÈDE, CRATÈS, HÉRACLITE; EMPÉDOCLE, THALÈS, ANAXAGORE), 205.--Les pédants ne s’occupent que de meubler leur mémoire et à en faire parade, sans que bénéficient de ce qu’ils apprennent ni leur jugement, ni leur conscience, 209.--Exemple de ce Romain qui se croyait savant, parce qu’il avait des savants à ses gages, 211.--La science n’est utile qu’autant qu’elle nous devient propre. Caractères distinctifs des vrais et des faux savants (LUCULLUS, PROTAGORAS, ADRIEN TURNEBUS), 213.--La science sans le jugement ne saurait porter fruit, peut-être est-ce là le motif pour lequel nous la tenons comme une superfétation chez la femme (FRANÇOIS duc de Bretagne), 217.--Nos pères n’en faisaient pas grand cas; et, chez ceux auxquels les dispositions naturelles pour en bénéficier font défaut, elle est plus dangereuse qu’utile; la plupart des pédants de notre époque est dans ce cas, parce qu’ils ne s’y sont adonnés que pour en tirer profit (ARISTON de Chio), 217.--Les Perses s’appliquaient à apprendre la vertu à leurs enfants (ASTYAGE et CYRUS); les Lacédémoniens à les mettre en présence de la réalité, les instruisant par l’exemple de ce qu’ils auraient à faire quand ils seraient devenus des hommes (AGÉSILAS), 221.--Différence entre l’éducation que recevaient les Spartiates et celle que recevaient les Athéniens (les LACÉDÉMONIENS et ANTIPATER, AGÉSILAS et XÉNOPHON), 223.--Comment Socrate se joue d’un sophiste se plaignant de n’avoir rien gagné à Sparte, 223.--Les sciences amollissent et efféminent les courages (les TURCS, les SCYTHES, les PARTHES, TAMERLAN, les GOTHS en Grèce, CHARLES VIII en Italie), 225.
CHAPITRE XXV.
=De l’éducation des enfants=, =I=, 227.--Montaigne déclare n’avoir que des données assez vagues sur les sciences; en dehors de Plutarque et de Sénèque, il n’a guère d’auteurs qui lui soient familiers. Tout en traitant des sujets sur lesquels il n’a que des connaissances superficielles, il se garde d’imiter ces trop nombreux écrivains qui, donnant dans une erreur trop commune, empruntent dans une large mesure aux auteurs anciens, croyant ainsi en imposer à leurs lecteurs (CHRYSIPPE, ÉPICURE, CENTONS de Capilupus et de Juste Lipse), 227.--L’éducation de l’enfant doit commencer dès le bas âge; il est difficile de préjuger par ses premières inclinations de ce qu’il sera un jour, aussi ne faut-il pas y attacher trop d’importance (CIMON, THÉMISTOCLE, PLATON), 233.--La science convient surtout aux personnes de haut rang; non celle qui apprend à argumenter, mais celle qui rend habile au commandement des armées, au gouvernement des peuples, etc., 235.--Le succès d’une éducation dépend essentiellement du gouverneur qui y préside, lequel doit avoir du jugement, des mœurs plutôt que de la science, s’appliquer à aider son élève à trouver lui-même sa voie et l’amener à exposer ses idées au lieu de commencer par lui suggérer les siennes (SOCRATE, ARCÉSILAS), 235.--Chaque enfant est à instruire suivant le tempérament qui lui est propre; appliquer à tous une même méthode, ne peut donner pour le plus grand nombre que de mauvais résultats, 237.--L’élève ne doit pas adopter servilement les opinions des autres et n’en charger que sa mémoire; il faut qu’il se les approprie et les rende siennes, 239.--Le profit de l’étude est de rendre meilleur. Ce qu’il faut développer, c’est l’intelligence; savoir par cœur, n’est pas savoir. Tout ce qui se présente aux yeux doit être sujet d’observation, 241.--Les voyages bien dirigés sont particulièrement utiles; il faut les commencer de bonne heure, 243.--L’enfant gagne à être élevé loin des siens; il faut l’habituer aux fatigues, endurcir son corps en même temps que fortifier son âme, 243.--En société, l’adolescent s’appliquera plus à connaître les autres qu’à vouloir paraître; et, dans ses propos, il se montrera réservé et modeste, 245.--Il sera affectionné à son prince, prêt à le servir avec le plus grand dévouement pour le bien public, mais mieux vaut qu’il ne recherche pas d’emploi à la cour, 247.--On lui inspirera la sincérité dans la discussion; il prêtera attention à tout, s’enquerra de tout, 247.--L’étude de l’histoire est de première importance; supériorité de Plutarque comme historien (MARCELLUS, ALEXANDRIDAS), 249.--La fréquentation du monde contribue beaucoup à nous former le jugement (SOCRATE), 251.--Le monde doit être notre livre d’étude de prédilection (PYTHAGORE et les JEUX OLYMPIQUES), 253.--La philosophie servant à diriger notre vie, est ce qui doit tout d’abord être enseigné à l’homme quand il est jeune, 253.--Avant d’observer le cours des astres, il doit observer ses propres penchants et s’attacher à les régler, 255.--Il pourra ensuite se livrer aux autres sciences, les scrutant à fond au lieu de se borner à n’en apprendre que quelques définitions vides de sens, 257.--La philosophie, dégagée de l’esprit de discussion et des minuties qui la discréditent trop souvent, loin d’être sévère et triste, est d’une étude agréable (DÉMÉTRIUS le grammairien et HÉRACLÉON DE MÉGARE, BRADAMANTE et ANGÉLIQUE), 257.--La vertu est la source de tous les plaisirs de l’homme par cela même qu’elle les légitime et les modère, 261.--L’éducation à donner à l’enfant ne doit pas se régler d’après le rang des parents dans la société, mais d’après ses propres facultés, 261.--La philosophie est de tous les âges; trop de science abêtit (ARISTOTE et ALEXANDRE LE GRAND, ÉPICURE et MENICEUS, CARNÉADE), 263.--Toutes les circonstances, même le jeu, prêtent à l’étude de la philosophie (SOCRATE), 265.--Le dressage du corps chez l’enfant, doit être mené de front avec celui de l’âme, 265.--L’étude doit lui être rendue attrayante, et tout procédé violent pour l’y astreindre être banni, 267.--L’homme ne doit se singulariser en rien; être capable de se conformer aux usages de son milieu quel qu’il soit, mais n’aimer à faire que ce qui est bien (GERMANICUS, CALLISTHÈNE et ALEXANDRE LE GRAND, ALCIBIADE chez les Perses et les Lacédémoniens, ARISTIPPE), 269.--C’est par ses actes qu’on jugera du profit qu’un jeune homme a retiré de l’éducation qu’il a reçue (PLATON, HÉRACLIDE DU PONT, DIOGÈNE et HÉGÉSIAS, ZEUXIDAMUS), 271.--Ce qu’il saura bien, il arrivera toujours à l’exprimer suffisamment; la connaissance des choses importe plus que les mots pour les rendre (CLÉOMÈNE et les AMBASSADEURS de Samos, deux ARCHITECTES d’Athènes, CICÉRON et CATON), 273.--Dans un poème, l’idée et le vers sont deux choses essentiellement distinctes (MÉNANDRE, RONSARD, DU BELLAY), 275.--Les subtilités sophistiques qui s’enseignent dans les écoles sont à mépriser; un langage simple est à rechercher (ARISTIPPE, CHRYSIPPE, ARISTOPHANE le grammairien et ÉPICURE, caractéristiques du LANGAGE chez les Athéniens, les Lacédémoniens et les Crétois, PHILOLOGUES et LOGOPHILES), 277.--Comment Montaigne apprit le latin et le grec; causes qui empêchèrent ce mode d’instruction de porter tous ses fruits, 281.--Comment naquit chez lui le goût de la lecture, 285.--Les jeux et les exercices publics sont utiles à la société, 287.
CHAPITRE XXVI.
=C’est folie de juger du vrai et du faux avec notre seule raison=, =I=, 289.--L’ignorance et la simplicité se laissent facilement persuader; mais si l’on est plus instruit, on ne veut croire à rien de ce qui paraît sortir de l’ordre naturel des choses, 289.--Et cependant, autour de nous, tout est prodige, et l’habitude seule nous empêche de tout admirer (CHILON), 291.--S’il est des choses que l’on peut rejeter, parce qu’elles ne sont pas avancées par des hommes qui peuvent faire autorité, il en est de très étonnantes qu’il faut au moins respecter, lorsqu’elles ont pour témoins des personnes dignes de notre confiance (FROISSART, PLUTARQUE, CÉSAR, PLINE, BOUCHET, S. AUGUSTIN), 293.--En matière de religion, ce n’est pas à nous à décider ce que l’on peut ou non concéder aux ennemis de la foi, 295.
CHAPITRE XXVII.
=De l’amitié=, =I=, 297.--Le discours de La Boétie sur la servitude volontaire, a été le point de départ de l’amitié qui l’unit si étroitement à Montaigne, 297.--L’amitié vraie est le sentiment le plus élevé de la société; il est essentiellement différent des autres affections qui s’y rencontrent communément et en ont l’apparence, 299.--Toute contrainte exclut l’amitié; c’est ce qui fait que les rapports entre les pères et les fils revêtent un autre caractère; de même entre les frères que divisent souvent des questions d’intérêt (ARISTIPPE), 299.--Entre hommes et femmes, dans le mariage comme en dehors, un autre sentiment prédomine et l’amitié ne saurait y trouver place, 301.--Les unions contre nature admises chez les Grecs y tendaient parfois (PLAIDOYER à ce sujet des philosophes de l’Académie; ACHILLE et PATROCLE, HARMODIUS et ARISTOGITON), 303.--Caractère essentiel de l’amitié parfaite; elle ne se raisonne pas et deux âmes, unies par ce sentiment, n’en font qu’une (LA BOÉTIE et MONTAIGNE, TIBERIUS GRACCHUS et BLOSIUS), 307.--Dans les amitiés communes, il faut user de prudence et de circonspection (CHILON, ARISTOTE), 311.--Entre amis véritables, tout est commun; et, si l’un est assez heureux pour pouvoir donner à son ami, c’est celui qui donne, qui est l’obligé (DIOGÈNE le philosophe, testament d’EUDAMIDAS et ARÉTHÉE le Corinthien), 311.--Aussi, dans l’amitié véritable, les deux amis ne s’appartenant plus, ce sentiment est exclusif chez eux et ils ne sauraient l’étendre à une personne tierce, 313.--Dans les autres relations que l’on peut avoir, peu importent d’ordinaire le caractère, la religion, les mœurs des personnes avec lesquelles on est en rapport; il n’en est pas de même en amitié, 315.--Regrets profonds qu’a laissés à Montaigne, jusqu’à la fin de ses jours, la perte de son ami, 317.--Pourquoi Montaigne substitue au Discours sur la servitude volontaire de La Boétie, qu’il avait dessein de transcrire ici, la pièce de vers du même auteur qu’il donne dans le chapitre suivant, 319.
CHAPITRE XXVIII.
=Vingt-neufs sonnets d’Étienne de La Boétie=, =I=, 319.
CHAPITRE XXIX.
=De la modération=, =I=, 345.--Il faut de la modération, même dans l’exercice de la vertu (HORACE, S. PAUL, HENRI III, la MÈRE DE PAUSANIAS, le dictateur POSTHUMIUS), 345.--La philosophie elle-même poussée à l’extrême, comme toutes autres choses, est préjudiciable (CALLICLÈS), 345.--Dans tous les plaisirs permis, entre autres dans ceux du mariage, la modération est nécessaire (S. THOMAS, les MUSULMANS, ZÉNOBIE, JUPITER, les rois de PERSE, ÉPAMINONDAS et PÉLOPIDAS, SOPHOCLE et PÉRICLÈS, l’empereur ÆLIUS VÉRUS), 347.--L’homme s’applique à aggraver les misères de sa condition: c’est avec des privations et des souffrances qu’on croit guérir ou calmer les passions, c’est donner d’un excès dans un autre, 351.--C’est à ce sentiment qu’il faut rattacher les sacrifices humains généralement pratiqués dans les temps passés et qui subsistaient également en Amérique, lors de sa découverte (AMURAT, les peuples d’AMÉRIQUE, FERNAND CORTEZ), 351.
CHAPITRE XXX.