Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Part 77

Chapter 773,762 wordsPublic domain

1, +Insensible+.--«Qu’on interroge les médecins et les ministres du culte accoutumés à observer les actions des mourants et à recueillir leurs derniers sentiments, ils conviennent qu’à l’exception d’un petit nombre de maladies aiguës où l’agitation causée par des mouvements convulsifs semble indiquer des souffrances chez le malade, dans toutes les autres on meurt doucement, tranquillement et sans douleur.» BUFFON.--Cela est vrai, mais en tant seulement des derniers moments où l’organisme brisé par le mal qui le détruit est anéanti et va cesser d’être, autrement c’est assez discutable; la plupart du temps ce n’est qu’une accalmie et ce passage de vie à trépas a été précédé de souffrances dont il y a lieu de tenir compte avant de conclure.--«Une douleur très vive, ajoute Buffon, pour peu qu’elle dure, conduit à l’évanouissement ou à la mort. Nos organes, n’ayant qu’un certain degré de force, ne peuvent résister que pendant un certain temps à un certain degré de douleur; si elle devient excessive, elle cesse, parce qu’elle est plus forte que le corps, qui, ne pouvant la supporter, peut encore moins la transmettre à l’âme, avec laquelle il ne peut correspondre que quand les organes agissent, etc...»--En écrivant ce passage, et quelques autres que nous signalons plus loin, Buffon s’est certainement rappelé plusieurs idées de ce chapitre des Essais. LE CLERCQ.

21, +Mort+.--Montaigne a déjà dit la même chose, à peu près dans les mêmes termes. V. =I=, 122 et N. Mort.

23, +L’effort+.--Montaigne est ici bien dans le vrai, quoiqu’il agisse tout autrement, car son livre est plein de l’attente de cet événement. A quoi bon en effet cette préoccupation continue de la mort? Avec cette pensée toujours présente à l’esprit, on n’entreprendrait jamais rien, on ne jouirait de rien, et notre existence se passerait tout entière anxieuse et stérile. Qu’on y soit constamment préparé, c’est-à-dire qu’on ait toujours ses affaires en ordre, parce qu’elle peut nous surprendre, c’est raisonnable; que celui qui croit en une autre vie, où il renaîtra avec son individualité, et recevra la récompense ou le châtiment de ses faits et gestes sur cette terre, pense fréquemment à cette fin dernière pour y puiser une aide dans la voie du bien et une consolation dans l’affliction, cela se conçoit, mais quelle superfluité que de s’en préoccuper sans cesse! Quelles que soient les dispositions en lesquelles nous nous sommes ingéniés à être pour la recevoir, elle accomplit son œuvre sans que la pose que nous y mettons, y change quoi que ce soit, non plus que si elle vient sans que nous nous soyons mis en peine pour la recevoir.

25, +Deuxiesmes+.--Il y eut, en ce temps, huit guerres de religion: la seconde, de 1566 à 1568, fut marquée par le combat de S.-Denis où fut tué le connétable de Montmorency; la troisième, de 1568 à 1570, en cette dernière eurent lieu les batailles de Jarnac et de Montcontour.

36, +Petit homme+.--C’est Montaigne lui-même; voir son portrait ch. XVII du liv. II.

38, +Contre-mont+.--Ou, comme on dit familièrement, les quatre fers en l’air.

39, +Estendu+.--_Mort estendu_, port. les éd. ant.

=670=,

15, +Menus+.--Peu à peu.

40, +Foiblesse+.--L’éd. de 80 aj.: _et de longue maladie_.

41, +Douleurs+.--Les plus terribles agonies elles-mêmes effraient plus les spectateurs qu’elles ne tourmentent le malade. Combien n’en a-t-on pas vu qui, après avoir été à cette dernière extrémité, en sont revenus n’ayant aucun souvenir de ce qui s’était passé, de ce qu’ils avaient paru sentir; ils avaient réellement cessé d’être pour eux-mêmes pendant ce temps, puisqu’ils sont obligés de rayer de leur existence les moments passés dans cet état duquel il ne leur reste aucune idée; c’est qu’en effet la douleur que peut endurer le corps est proportionnée à sa force et à sa faiblesse; or, dans l’instant de la mort, il est plus faible que jamais, il ne peut donc éprouver qu’une très petite douleur, si même il en éprouve quelqu’une. BUFFON.

42, +Penibles+.--La douleur de l’âme ne peut être produite que par la transmission qu’elle en reçoit du corps; une douleur excessive, venant à excéder ce que le corps peut supporter, l’anéantit et du même coup le fonctionnement de ses organes; il est hors d’état de continuer à transmettre à l’âme ses sensations, dont elle cesse, elle aussi, d’être affectée, n’en recevant plus communication. BUFFON.

=672=,

33, +Ego+.--Iris, messagère des dieux et en particulier de Junon.

=674=,

4, +Sens+.--Qui sortent au hasard, mais n’ont aucun sens.

23, +Dressent et couchent+.--Les éd. ant. port.: _et esmeuuent_.

36, +Nue+.--En l’air.

41, +Vsage+.--Comme par habitude.

=676=,

13, +Moins poisante+.--Les éd. ant. port.: _si plaisante_.

20, +Encore+.--_Quatre ans après_ (add. de 80).

33, +Leger+.--J.-J. ROUSSEAU nous a laissé, lui aussi, un récit de ses sensations, lors d’une chute à Menilmontant, en 1776.

35, +Pline+.--_Nat. Hist._, XXII, 24.

=678=,

6, +Anciens+.--Dans le nombre: chez les Grecs, Archiloque et Alcée; chez les Latins, Lucilius, et plus tard Marc-Aurèle et S. Augustin, ce dernier dans ses _Confessions_. En des temps plus rapprochés: J.-J. Rousseau, également dans ses _Confessions_ qui, elles, ne sont que du roman; Restif de la Bretonne, dans _S. Nicolas ou le cœur humain dévoilé_ (1794).

24, +Place+.--C.-à-d. faire toilette et prendre une attitude convenable pour se présenter, se produire en société.

25, +Vicieux+.--PASCAL, qui prohibait jusqu’au mot «moi», a dit au sujet des Essais: «Le sot projet que Montaigne a eu de se peindre lui-même.» Voir N. =II=, 18: Extrauagant, la réponse qu’y fait Voltaire.

39, +Veaux+.--Balivernes, niaiseries, contes ridicules. Cette locution vient de ce que les veaux ne se bridant pas, les brides à veaux n’existent pas, que c’est autant dire rien.

=680=,

4, +Trottoir+.--C.-à-d. sur la voie publique, si bien que tout le monde en parle ou est à même d’en parler.

9, +Voisins+.--Les protestants.

12, +Viure+.--«Vivre, est le métier que je lui veux apprendre.» J.-J. ROUSSEAU, _Émile_, I.

15, +Gloire+.--S’il est vain et présomptueux de proclamer soi-même ce que l’on vaut.--Le mot gloire était souvent employé, à cette époque, dans ce sens de vanité, présomption.

16, +Hortense+.--Mis pour Hortensius; Montaigne manque à son parti pris de ne pas franciser les noms propres étrangers; ce qui, par habitude, lui arrive encore parfois.

25, +Skeletos+.--Un squelette, ou plutôt un écorché pour études anatomiques.

31, +Indifferemment+.--CATON L’ANCIEN disait qu’il était aussi ridicule de se louer soi-même, que de se blâmer.

35, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, IV, 7.

35, +Fausseté+.--Nul homme vertueux ne cherche à se faire valoir par les qualités qu’il n’a pas.

=682=,

22, +Nihilité+.--Néant; mot forgé par Montaigne, du latin _nihil_, rien.

23, +A certes+.--Sincèrement, sérieusement.

FIN DES NOTES DU PREMIER VOLUME.

[F.447] NOTES.

DEUXIÈME VOLUME.

LIVRE SECOND

(_Suite_).

CHAPITRE VII.

=10=,

1, +Cæsar+.--SUÉTONE, _Auguste_, 25.

10, +Meurte+.--Myrte; ce nom de meurte lui était assez général dans le midi de la France.

12, +Flambeau+.--Lors de la première guerre punique, après la bataille de Mylos (=260=), la première victoire navale qu’ils aient remportée, les Romains décernèrent au consul Duilius, avec les honneurs du triomphe, le privilège de se faire accompagner, le soir, à la lueur de flambeaux et au son des flûtes; de plus, une colonne rostrale fut élevée sur le forum, colonne qui existe encore, restaurée à la vérité, et sert actuellement de support à un réverbère!

13, +Titres+.--Après la Révolution de 1793, Napoléon rétablit la noblesse en France. Déjà en 1804, Masséna, entre autres, avait été fait duc de Rivoli; mais de 1806 date réellement la constitution de la noblesse impériale qui, dès le début, outre les royautés des Espagnes, de Hollande, de Naples et de Sicile, la vice-royauté d’Italie, comprit les duchés de Dalmatie, d’Istrie, du Frioul, de Cadore, de Bellune, de Conégliano, de Trévise, de Feltre, de Bassano, de Vicence, de Padoue et de Rovigo; auxquels vinrent s’ajouter plus tard et successivement ceux de Bénévent, Gaète, Otrante, Ponte-Corvo, Reggia, Trente, Massa, Carrare, Parme, Plaisance, Clèves et Berg, d’Auerstadt, d’Elchingen, les principautés de Guastalla, de Neufchatel, de Wagram, d’Essling, etc. Les Ministres, Sénateurs, Conseillers d’État, etc., devinrent comtes; les Présidents des diverses cours, les évêques, les maires des 52 villes les plus importantes de l’empire devinrent barons; réserve était faite pour les généraux, préfets, officiers civils et militaires des titres qui pouvaient être conférés à chacun.--De nombreuses dotations furent jointes à certains de ces titres, elles arrivèrent à dépasser 30.000.000 fr. de revenus, dont partie constituaient des majorats, c’est-à-dire étaient attribués à titre perpétuel et inaliénable à l’aîné des fils. Ces majorats pouvaient être également constitués, avec ou sans le concours de l’État, par le dignitaire lui-même: les grands dignitaires de l’empire, en affectant 200.000 fr. de revenus à ces majorats, conféraient à leur fils le droit de porter le titre de duc, dès le vivant du père; les comtes ayant 30.000 fr. de revenus, les barons en ayant 15.000 et en constituant un tiers en majorat, dotaient l’aîné de leurs enfants du titre immédiatement inférieur au leur et les autres étaient chevaliers; de ce fait, le budget est aujourd’hui encore grevé de plus d’un million.--En tout, Napoléon Ier a fait 9 princes, 32 ducs, 388 comtes et 1.000 barons.

Trois générations successives dans la Légion d’honneur transmettaient la noblesse à toute la descendance; cette disposition, tombée d’elle-même, n’a pas été abrogée.

Enfin en 1811, on procéda à la régularisation des anciens titres féodaux, qui avaient été supprimés par décret du 17 juin 1790 de l’Assemblée constituante.

En principe, l’institution des titres de noblesse se justifie parfaitement; mais la prodigalité les discrédite et leur perpétuité, qui contribue à les multiplier outre mesure, les fait tomber dans la banalité et leur enlève tout stimulant. Leur transmission semblerait devoir être limitée à une, deux, trois ou quatre générations au plus, chacune ne conservant que le titre immédiatement inférieur à celui de la génération précédente, si par elle-même elle n’en a acquis un plus élevé. C’est le système inverse qui est appliqué, aggravé encore par les substitutions, abus que rien ne justifie, qui font que sur les 50.000 nobles qu’on peut compter en France, un millier à peine peut se prévaloir de titres qui soient indéniables.

Quant à la particule _de_, dite nobiliaire et regardée communément comme attestant une noble origine, elle n’a jamais eu, par elle-même, ce caractère et n’est pas un critérium infaillible de noblesse.

Abolis à nouveau par la République de 1848, les titres de noblesse ont été une seconde fois rétablis en 1852 par le prince Louis Napoléon.

13, +Armoiries+.--La maison d’Estaing, par exemple, portait des fleurs de lys dans ses armoiries, parce qu’à la bataille de Bouvines (1214), l’un des siens avait sauvé la vie au roi Philippe-Auguste.

=12=,

3, +Sainct Michel+.--L’ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI en 1469. Cet ordre, primitivement destiné à la haute noblesse, finit par être accordé aux gens de robe, de finance, etc.; supprimé à la Révolution, rétabli à la Restauration, il a été définitivement aboli en 1830.

10, +Plustost... vtile+.--Var. de 80: _qu’à nulle autre_.

12, +D’occasions+.--Add. des éd. ant.: _c’est vne monnoye à toute espece de marchandises_.

16, +Trahison+.--Add. des éd. ant.: _et autres que nous employons à nostre vsage, par l’entremise d’autruy_.

28, +Fidelité+.--L’éd. de 80 port.: _frugalité_.

32, +D’honneur+.--Ces récompenses honorifiques.

34, +Largesse+.--Les décorations sont en effet un moyen précieux de reconnaître le mérite et les services rendus; mais l’abus le déconsidère; et ce que constate ici Montaigne pour l’ordre de S.-Michel est presque chose faite pour notre ordre de la Légion d’honneur qui pendant près de trois quarts de siècle a été à si juste titre en si haute estime; si bien qu’aujourd’hui, nombre de ceux qui croient l’avoir mérité, dédaignent de le porter, tant il a été prodigué; au commencement de 1907, en effet, on ne comptait pas moins, en France, de 52.000 membres de la Légion d’honneur et 220.000 décorés ou médaillés de tous ordres nationaux; jamais il n’avait été fait pareille débauche de décorations que depuis que nous sommes en République, gouvernement qui par sa nature même devrait en être plus sobre que tout autre.--Outre l’abus qu’on fait de cette décoration, on en crée journellement de toutes sortes; croix et médailles pullulent, sans compter les décorations étrangères pareillement distribuées avec non moins de profusion et sans plus de raison; aussi les unes comme les autres ont-elles perdu tout prestige, et de prime abord et jusqu’à plus ample informé, elles témoignent plutôt de l’intrigue que du mérite.--Depuis trente ans, certains de nos gouvernants, inespérément arrivés au pouvoir dont ils ne savent que mésuser, ne voient là qu’une ressource facile et commode de donner satisfaction, sans qu’il leur en coûte rien, à ceux qui les y ont portés et à l’entourage qui les flatte et souvent gouverne en leur nom; d’autres entraînés par les théories socialistes, dont ils sont les apôtres généralement plus intéressés que convaincus, y ajoutent l’arrière-pensée d’arriver à tuer par le discrédit une institution qu’ils exècrent, parce qu’elle leur vient d’une autre époque et qu’elle porte atteinte à l’égalité qu’ils poursuivent, en ramenant le plus possible, ici comme en tant d’autres choses, tout ce qui a tendance à s’élever à leur niveau moral, au niveau inférieur.

35, +Nostre+.--Montaigne dit «nostre», parce que lui-même était chevalier de S.-Michel; l’ordre du S.-Esprit, créé vers cette époque, l’était quand il écrivait ce chapitre, puisqu’il en parle un peu plus loin, seulement il ne l’avait pas.

=14=,

10, +Parle+.--La vaillance militaire.

14, +Militaire+.--C’était l’idée de l’amiral de Coligny; il voulait réunir tous les Français dans une guerre visant la conquête des Pays-Bas espagnols; Charles IX semblait goûter ce plan, avant de s’engager dans la S.-Barthélemy, et ce fut le motif par lequel, à la cour, on retint, à ce moment-là, Coligny qui se méfiait. Il se peut que Montaigne ait écrit ce passage sous une réminiscence de ce fait.

=16=,

2, +Derniere+.--L’ordre du S.-Esprit, institué par Henri III en 1578.--Pour y être admis, il fallait être catholique et avoir déjà reçu l’ordre de S.-Michel. Il est passé par les mêmes vicissitudes que ce dernier (V. N. =II=, 12: Sainct Michel).--Ces ordres et celui de S.-Louis, créé plus tard, disparus à la Révolution, ont fait place quelques années après à celui de la Légion d’honneur, qui seul subsiste aujourd’hui. Institué par décret des Consuls du 19 mai 1802, il fut inauguré le 14 juillet 1804. Le Chef de l’État en est le Grand-Maître; l’administration en est confiée à un Grand-Chancelier qui travaille directement avec lui; cet ordre est destiné à récompenser les services civils et militaires, il se compose de 80 grands-croix, 200 grands-officiers, 1.000 commandeurs, 4.000 officiers et un nombre illimité de chevaliers (V. N. =II=, 10: Titres).--En dehors de cet ordre, et de catégorie tout autre, nous avons encore nombre de récompenses honorifiques, dont la médaille militaire et la médaille d’honneur ou de sauvetage, dont le prestige à bien juste titre est intact, parce que généralement elles sont méritées; les Palmes académiques, le mérite agricole qui se distribuent par brassées, les médailles commémoratives et d’autres de toutes natures, sans compter les Ordres coloniaux, auxquels il faut ajouter les Ordres étrangers, qui pullulent également, au point qu’aujourd’hui en France est décoré qui veut, et que seuls se remarquent ceux qui ne le sont pas.

11, +Propos+.--Les éd. ant. aj.: _et nous estant si familier par l’air François qu’on lui a donné si perfect et si plaisant_.

19, +Force+.--_Virtus_, en latin, signifie force, courage; de là est venu le mot français vertu, ces qualités constituant, chez les anciens, la vertu par excellence. «La force, dit J.-J. ROUSSEAU, _Émile_, V, est la base de toute vertu; la vertu n’appartient qu’à un être faible par sa nature et fort par sa volonté» (V. N. =II=, 86: Vertueux).

20, +Militaire+.--Cela était encore vrai du temps de Montaigne, mais a cessé d’être. Quand, à la Révolution, Napoléon rétablit les titres nobiliaires, par une pensée bien digne de son génie, il s’en servit pour récompenser tous les genres de mérites et de services, aussi bien ceux rendus dans la vie militaire que dans les charges civiles; dans les lettres, les arts, les sciences, le commerce, l’industrie, l’agriculture qu’à la guerre, et son exemple a été suivi depuis.

CHAPITRE VIII.

=18=,

+Enfants+.--Ce chapitre est un des plus beaux des Essais, on y trouve partout du bon sens, de la raison, un jugement exquis. Montaigne y parle en philosophe qui a beaucoup observé, et ses idées sages et réfléchies sur ce sujet de première importance sont exposées d’une manière simple et naturelle dans l’ordre où elles se sont offertes à son esprit. NAIGEON.

1, +D’Estissac+.--Louise de la Béraudière, veuve du baron d’Estissac, devint la maîtresse d’Antoine de Navarre (le père de Henri IV), et épousa, en secondes noces, de Combaut, premier maître d’hôtel du roi. Sa fille, mariée à un de la Rochefoucauld, a apporté à une branche cadette de cette famille le nom d’Estissac qu’elle porte encore.

12, +Extrauaguant+.--C’était l’avis de Pascal (V. N. =I=, 678: Vicieux), auquel Voltaire répondait: «Le charmant projet que Montaigne a eu de se peindre naïvement, comme il a fait; car il peint la nature humaine. Si Nicole, Malebranche avaient toujours parlé d’eux-mêmes, ils n’auraient pas réussi. Mais un gentilhomme campagnard du temps de Henri III, qui est savant dans un siècle d’ignorance, philosophe parmi les fanatiques et qui peint, sous son nom, nos faiblesses et nos folies, est un homme qui sera toujours aimé.»

17, +L’honneur+.--_Et reuerence singuliere_ (add. des éd. ant.).

=20=,

3, +Fils+.--Fut un des compagnons de Montaigne, quand celui-ci fit son voyage en Italie en 1580-81; tué en duel en 1586.

6, +Puerilité+.--Jeunesse, ou mieux enfance, comme portent les éditions antérieures et l’exemplaire de Bordeaux; vient du latin _puerilitas_, qui a cette même signification.

24, +Grande+.

«L’affection, comme les fleuves, Descend et ne remonte pas.» NADAUD.

24, +Aristotelique+.--ARISTOTE, _Morale à Nicomède_, IX, 7.

28, +Estre+.--D’autant que nous regardons l’être, l’existence, comme une chose précieuse.

=22=,

8, +Moy+.--Je préférais les voir mis en nourrice (V. N. =I=, 462: Nourrice).

17, +Nostre... hommes+.--Var. des éd. ant.: _le plaisir que nous en receuions, non pour eux-mesmes_.

22, +Mesme+.--Au moment, sur le point de le quitter.

32, +Effect+.--En Guyenne, la législation sur la puissance paternelle, conforme au droit romain, admettait que ce que le fils mineur et non marié acquérait, appartenait au père; dans certaines régions, quel que fût son âge, fût-il marié et père de famille lui-même, il demeurait sous l’autorité paternelle tant qu’il n’était pas émancipé et que, du consentement du père, la vie commune n’avait pas été interrompue pendant dix ans.

=24=,

21, +Moins+.--Les Gascons paraissent avoir eu à cette époque assez mauvaise réputation; ce passage de Montaigne implique en eux une certaine tendance à s’approprier le bien d’autrui; ce que confirme Rabelais, III, 42, en y ajoutant encore: «Le Gascon semble vouloir se battre avec tout le monde; il est enclin à dérober; bonnes femmes, prenez garde à votre ménage.»

23, +En+.--Var. de 80: _de Gascogne_.

27, +Contrées+.--Add. de 80: _de la France_.

37, +Aristote+.--_Morale à Nicomède_, IV, 3.

=26=,

16, +Coups+.--A deux reprises différentes.

18, +Nourrisse+.--Pendant l’allaitement (V. N. =I=, 462: Nourrice).

19, +Infortune+.--Léonor de Montaigne, dont il est encore parlé au ch. V du liv. III (=III=, 208), née en 1571, morte en 1616, épousa en premières noces, en 1590, un seigneur de la Tour, mort en 1594; elle en eut une fille, dont la postérité s’éteignit à la première génération. Remariée en 1608 à un vicomte de Gamaches, de cette deuxième union naquit une deuxième fille, dont la descendance est représentée aujourd’hui par les familles de Puysegur, de Segur et Pontac.

38, +Questuaire+.--C.-à-d. dans les autres états où l’on est obligé de travailler, de rechercher le gain pour vivre; du latin _quæstuarius_, mercenaire.

41, +Ans+.--«Le vingt-trois septembre 1565, i’espousai Françoise de la Chassaigne», a inscrit Montaigne dans ses éphémérides.

42, +Aristote+.--_Politiq._, VII, 16; porte trente-sept, et non trente-cinq.

42, +Trente+.--_République_, VI; de trente à trente-cinq, y est-il dit.--«Conduis ta femme à ta maison en temps opportun, quand tu auras ni beaucoup moins ni beaucoup plus de trente ans; c’est l’âge convenable pour te marier.» HÉSIODE.

=28=,

2, +Engeance+.--Leur lignée, leur progéniture; ce mot ne s’emploie plus guère qu’en mauvaise part:

«Quand de ces médisants l’engeance tout entière Irait, la tête en bas, rimer dans la rivière.» BOILEAU.

5, +Temps+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 26.

6, +Gaulois+.--Ce que Montaigne attribue ici aux Gaulois, probablement d’après CÉSAR, celui-ci le dit, non des habitants de la Gaule, mais de ceux de la Germanie, _De Bello Gall._, VI, 21.

18, +D’enfants+.--Mahomet, le père de ce roi de Tunis dont il a déjà été question au ch. LV du liv. I (V. N. =I=, 576: Thunes), avait eu, de différentes femmes, trente-quatre enfants.--J’ai connu, en 1860, un cheikh du Ferdjoua (Province de Constantine, Algérie), Bou Akkas, le dernier chef arabe ayant conservé son indépendance, laquelle a pris fin à cette époque, qui, alors âgé de près de quatre-vingts ans, passait pour en avoir eu soixante-douze dans les mêmes conditions.

19, +D’autres+.--PLATON, _Lois_, XI.--Jecus, Astylus, etc., étaient des athlètes.

20, +Olympiques+.--Jeux qui se donnaient durant les fêtes célébrées dans l’ancienne Grèce, à Olympie, en l’honneur de Jupiter Olympien. L’origine de ces fêtes se perd dans les temps fabuleux; elles revenaient tous les quatre ans, avaient lieu au solstice d’été et duraient cinq jours; elles servirent pendant des siècles, pour la supputation du temps. De =776= à =292=, les Grecs ne comptèrent que par olympiades.

21, +Palæstrine+.--Lieu public chez les Grecs et les Latins, où on se formait aux exercices du corps; se disait également des luttes qui constituaient le principal de ces exercices.

37, +Pompes+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _et de ses riches atours_.

=30=,

7, +Acquise+.--Charles-Quint, empereur d’Allemagne et roi d’Espagne, abdiqua la couronne d’Espagne en 1555 (il avait alors 55 ans), en faveur de son fils Philippe II; et, l’année suivante, il céda l’empire à son frère Ferdinand, se retirant au monastère de S.-Just en Estramadure (Espagne), où il demeura jusqu’à sa mort (1558); on dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis.

9, +Ducat+.--Boileau a traduit, ainsi qu’il suit, ces deux vers d’Horace:

«Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que tout à coup, efflanqué, hors d’haleine, Il ne laisse, en tombant, son maître sur l’arène.»

14, +Monde+.--«Les vieillards ne se croient jamais vieux; ils parlent de leur passé, parce que la faiblesse se plaît à revivre le temps de la force, et la souffrance dans le temps des plaisirs; de leur expérience, qui est la chose du monde à laquelle on croit le moins. Ils exigent des respects qui sont des aumônes; tenus dans une dépendance universelle, ils n’obtiennent qu’une compassion sèche. Un homme qui a vécu, c’est-à-dire observé, réfléchi, trouve dans le mépris de toutes choses la seule consolation du vieil âge.» LAMENNAIS.