Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 72
28, +Engeins+.--Catapultes qui lançaient des pierres énormes et des pièces de bois dont la tête était armée de fer et dont la longueur atteignait jusqu’à 15 pieds (5 mètres). ELIEN, _Var. Hist._, VI, 12, en attribue l’invention à Denys; DIODORE DE SICILE, XIV, 42, se borne à dire qu’elle fut inventée de son temps à Syracuse; PLINE, VII, 56, dit que ce furent les Syro-Phéniciens qui s’en servirent les premiers.
31, +Inuentions+.--Au temps de Montaigne, les armes à feu commençaient à faire leur apparition. L’arquebuse n’excédait guère en portée l’arbalète, une centaine de mètres, sa justesse était moindre, elle lui était encore plus inférieure sous le rapport de la rapidité du tir; le canon avait un effet notablement supérieur aux balistes et ses boulets de pierre portaient à plusieurs centaines de mètres, un kilomètre, tandis que les quartiers de roche que lançaient celles-ci allaient à peine à cent ou cent cinquante mètres.--Aujourd’hui le fusil, sous un angle de 32°, porte à 3.600m; avec la hausse de 400m, il atteint de 0m à 400m tout homme debout ou à genou; l’écart à cette distance n’est que de 0m,12 (à 800m, de 0m,30); sa balle, à cette même distance de 400m, pénètre de 0m,60 dans de la terre, traverse une lambourde de sapin de même épaisseur et une plaque de fer de 0m,005; la vitesse du tir peut atteindre 12 coups par minute... Le canon de campagne, du calibre de 0m,075, a sous un angle de 17 une portée de 6 kilomètres; son écart à 2 k. est de 10m; à la même distance son obus à mitraille traverse sans se rompre un mur de maçonnerie de 0m,50 d’épaisseur; indépendamment de ses fragments d’enveloppe, il projette en éclatant 180 balles qui, à 200m du point d’éclatement, sont encore meurtrières; sa vitesse de tir peut atteindre seize coups par minute. Les pièces de la marine, pour ne prendre que le canon de 0,305, et il en est de calibre supérieur, ont une portée qui atteint 12 kilomètres; le _Variag_, lors de la guerre russo-japonaise, a été coulé à la distance de 6 kilomètres; leurs projectiles percent des cuirasses d’acier de 0m,28 d’épaisseur et ils peuvent tirer jusqu’à trois coups en cinq minutes.--Quant aux effets de destruction des engins dont usèrent les anciens, si ingénieusement conçus et si puissants qu’ils aient été, peuvent-ils être comparés pour leurs effets aux énormes projectiles incendiaires de nos jours, qui, chargés de cent à cent cinquante kilos de mélinite (la mélinite est six à huit fois plus brisante que la poudre), qui écrasent les voûtes de maçonnerie de plusieurs mètres d’épaisseur les plus solidement construites, formant en éclatant des entonnoirs qui ont jusqu’à cinq ou six mètres de profondeur et dix ou douze de diamètre; ou à ces torpilles dont une seule suffit pour anéantir en quelques minutes ces colosses que sont les cuirassés d’escadre dont quelques-uns jaugent jusqu’à 18.000 tonneaux, portent un millier d’hommes et coûtent trente millions et au delà!
32, +Sur sa mule+.--Var. des éd. ant.: _à cheual_.
33, +Paris+.--_Et ailleurs_, aj. les éd. ant.
=538=,
1, +Gascons+.--MONSTRELET, I, 66; il y joint les Lombards.
4, +Mots+.--Add. des éd. ant.: _Ie ne sçay quel maniement ce pouuoit estre, si ce n’est celuy de noz passades_ (les carrousels de nos jours).
4, +Suede+.--CÉSAR, _De Bello Gall._, IV, 1.--Il s’agit des Suèves, peuple de Germanie, devenus plus tard les Souabes. Les Bretons, dit César quelques lignes plus bas, avaient un usage semblable.
11, +Autresfois+.--Dans son voyage en Italie, en 1581, à Rome, du fait d’un Italien qui avait été longtemps esclave en Turquie.
19, +Alphonce+.--Alphonse XI, roi de Léon et de Castille.
22, +D’argent+.--Le marc de Castille était de 230 gr., d’une valeur par suite de 46 fr. de notre monnaie, abstraction faite de la plus-value de l’argent à cette époque.
28, +Mules+.--En Judée, au temps des Hébreux, l’âne servait de monture aux personnages les plus considérés, c’était d’ailleurs la mieux appropriée à la configuration accidentée du pays; c’est sur un âne que Notre-Seigneur fit à Jérusalem l’entrée triomphale que l’Église célèbre le dimanche des Rameaux.--Par contre, dans les pays musulmans où le Juif est un objet de mépris, monter un cheval ou un mulet lui sont interdits; l’âne est la seule monture qui lui soit tolérée. Dans ces mêmes pays, il n’y a pas longtemps encore, un chrétien ne pouvait davantage aller à cheval.
28, +Xenophon+.--_Cyropédie_, III, 3.
=540=,
2, +Metellus+.--En =118=. «Boire leur urine et celle de leurs chevaux ne leur réussit pas; ils excitaient par là leur soif plus qu’ils ne l’apaisaient, et cela leur occasionna des souffrances que le vainqueur lui-même ne les eût pas contraints à endurer.» VALÈRE MAXIME, VII, 6.
9, +Indes+.--Les Indes occidentales; nom donné à l’Amérique lors de sa découverte.
13, +Viandes+.--Vivres, du latin _vivandus_, qui sert à vivre. V. N. =III=, 550.
16, +Deçà+.--Les Indes orientales; l’Hindoustan actuel.
20, +Seul+.--ARRIEN, _Hist. Ind._, 17.
23, +Rutilianus+.--Ou plutôt Rullianus, TITE-LIVE, VII, 30.--En =322=, Papirius Cursor étant dictateur. L’idée première d’enlever leurs brides aux chevaux vint de L. Cominius, tribun militaire. Ce combat, où les Romains eurent l’avantage et où périt, dit-on, 20.000 ennemis, fut livré par Fabius, maître de la cavalerie, en l’absence et contre les ordres de Papirius Cursor qui, à l’exemple de Manlius, voulut punir cette désobéissance; et, malgré son nom et sa victoire, Fabius eût payé de mort ce succès, si Rome, toute entière, ne s’était employée à fléchir le dictateur.
34, +Transcurrerunt+.--TITE-LIVE, XL, 40.--L’an =180=; cette mesure procura cette fois encore le résultat attendu, la cavalerie romaine rompit les Celtibériens contre lesquels s’était brisée l’infanterie et fixa la victoire en faveur de Rome.--A Waterloo, en 1815, la cavalerie anglaise chargeant la nôtre lors de notre première attaque du plateau de Mont Saint-Jean, avait aussi enlevé, dit-on, les gourmettes à ses chevaux.
=542=,
1, +Delices+.--Les Tartares font, avec le lait de jument fermenté, une boisson enivrante appelée kumisse, qu’on a employée parfois en Europe comme médicament.
3, +Langue+.--Cette servitude, qui avait commencé vers le milieu du XIIIe siècle, se maintint jusque vers la fin du XVe.
7, +Vitale+.--Dans la campagne de Russie de 1812, on a vu des blessés se réfugier dans l’intérieur de chevaux morts.
8, +Tamburlan+.--En 1402, à la bataille d’Ancyre (auj. Angora), en Asie Mineure, où Bajazet, sultan de Constantinople, fut battu et fait prisonnier par Tamerlan Mogol qui, dit-on, mais le fait semble controuvé, l’enferma dans une cage de fer et le traîna ainsi à la suite de ses hordes. Dans cette bataille, qui dura trois jours et deux nuits, un million d’hommes se combattirent et 240.000 furent mis hors de combat.--Bajazet était borgne; Tamerlan, par suite de blessures reçues à la main et au pied, était manchot et boiteux.
8, +Belle erre+.--En grande hâte; on retrouve ce mot avec ce sens dans une ballade de LA FONTAINE:
«Et je maintiens, comme article de foi, Qu’en débridant matines à grand’erre, Les Augustins sont serviteurs du roi.»
16, +Prodige+.--Un mauvais présage pour lui. HÉRODOTE, I, 78.
18, +Oreille+.--Montaigne ne parle que des crins et de la queue; contre son habitude, il se tient sur la réserve; pour être exact, il eût dû ajouter: et est propre à la reproduction.
18, +Montre+.--C.-à-d. et on n’en admet pas d’autres dans les montres ou revues.
21, +Triomphe+.--PLUTARQUE, _Nicias_, 10. V. N. =I=, 528: Contraire.
24, +L’autre+.--QUINTE-CURCE, VII, 7.
30, +Second+.--Premier écuyer du roi; Montaigne, lors de son premier voyage à Paris, vers 1555, a pu le voir, dans l’exercice de ses fonctions, donnant aux fils de Henri II leur leçon d’équitation, et peut-être est-ce le souvenir qu’il en a conservé qui lui a fait écrire au ch. VII du liv. III (=III=, 326): «Vn cheual qui n’est ny flateur ny courtisan, verse le fils du Roy par terre, comme il feroit le fils d’vn crocheteur.»
35, +Estrier+.--Vers 1840, en Algérie, le commandant de Bonnemain, alors sous-officier de spahis, accomplit un tour de force équestre analogue, mais plus étonnant encore. Élevé depuis l’âge de onze ans parmi les indigènes, même aux yeux des Arabes, c’était un cavalier émérite. Cheminant un jour, avec une troupe nombreuse, dans la plaine des Haractas, un lièvre fut aperçu. Si Mustapha, c’était le nom qu’il avait reçu des indigènes, se lança à sa poursuite, le suivit dans tous ses tours et détours, le força à la course et sans s’arrêter ni descendre de cheval, vidant d’un pied l’étrier et y conservant l’autre, il le saisit et l’enleva à la main.
36, +Viuoit+.--C’est ce même Italien dont il est question plus haut. V. N. =I=, 538: Autresfois.
38, +A tours+.--Tour à tour.
=544=,
8, +Reales+.--Petite pièce de monnaie d’Espagne, en argent, valant environ 25 centimes.
CHAPITRE XLIX.
14, +Lælius+.--Les éd. ant. port.: _Scipion_.
=546=,
16, +Sagos+.--Rétablir cette citation ainsi qu’il suit: _Sinistras sagis..._--Le _sagum_ était l’habit militaire des Romains; en paix, ils portaient la toge. Chez les Gaulois, c’était le vêtement de tout temps; nos paysans le portent encore sous le nom de saye ou blouse.
18, +Respondre+.--CÉSAR, _De Bello Gall._, IV, 5, dit que les Gaulois arrêtaient ceux qu’ils rencontraient, non pour leur demander qui ils étaient, mais pour s’enquérir des nouvelles;--on peut ajouter que cela leur était et est encore commun avec bien d’autres; ce qui l’était moins et explique cette remarque de César, c’est que chez eux il était interdit de répandre des nouvelles dans le public, et cependant le journal n’était pas chose inconnue à ce moment. Il existe trace de journaux, en quelque sorte officiels, en Égypte, 2000 ans avant notre ère; ils publiaient également tous les faits intéressants et notamment les scandales. Les Romains eurent d’abord les Annales tenues par les pontifes, et qui, du temps de César, firent place aux Actes diurnes ou Journaux, lesquels comprenaient à peu près tout ce qu’on trouve dans les feuilles publiques de nos jours, partie officielle et chronique. Ils prirent fin avec l’empire, pour renaître au quinzième siècle, en Italie, où ils se vendaient une «gazetta», petite pièce de monnaie, d’où le nom que Théophile Renaudot donna à sa feuille quand il la créa en 1631. V. N. =I=, 390: Necessité.
21, +Iambes+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 86.
28, +Front+.--Les femmes du temps de Montaigne s’épilaient probablement le front, afin d’en augmenter la hauteur.
30, +Propres à cela+.--Add. des éd. ant.: _qui seruoyent à cela de faire tomber le poil_.--L’éd. de 80 aj.: _qu’ils appelloient_ «_psilotrum_».
37, +Caton+.--PLUTARQUE, _Caton d’Utique_, 15.
39, +Assis+.--Les Grecs et les Romains dînaient assis, parce que ce repas était fort court. Au souper, qu’ils prolongeaient beaucoup, étant alors débarrassés de leurs affaires, à l’exception des femmes qui étaient toujours assises, ils mangeaient ordinairement étendus sur des sortes de divans, lesquels, lorsqu’on était nombreux, étaient juxtaposés autour de la table, dont un côté demeurait libre pour le service. Sur chacun de ces lits ou divans, prenaient généralement place trois personnes; on s’y étendait la tête du côté de la table, la poitrine surélevée par des coussins, les pieds à l’opposé, en contrebas. On s’appuyait sur le coude gauche et on se servait avec la main droite; on pouvait ainsi facilement poser la tête sur la poitrine de son voisin de gauche, ainsi que fit saint Jean sur le sein de Jésus-Christ lors de la cène. De nos jours, les Arabes en agissent encore ainsi, sauf que, les divans n’existant pas, on s’étend à même le sol sur des tapis ou des nattes et que l’élévation de la table est réduite en conséquence.
=548=,
8, +L’autre+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 89.
9, +Table+.--_Ab ovo usque ad mala_ (depuis l’œuf jusqu’à la pomme), dit HORACE, _Sat._, 1.
11, +Obscæne+.--Sale, malpropre, répugnant en raison de l’usage qui en était fait.
16, +Estouffa+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 70.
16, +Catze+.--De l’italien _cazzo_, pénis, membre viril.
20, +Passans+.--Dans toutes les grandes villes, en France, il est actuellement pourvu à cette nécessité; avant, c’était une servitude des couloirs d’entrée des maisons, dont nombre comportaient des aménagements à cet effet. C’est à M. le Préfet de police de Rambuteau, dont longtemps ils ont gardé le nom, que Paris doit depuis moins d’un siècle environ les édicules dont certaines de ses rues sont pourvues pour cet objet; mais c’est à l’empereur Vespasien, dont ils ont également porté le nom, que l’idée première appartient. En les établissant, il les avait frappés d’un impôt et son fils Titus l’en ayant plaisanté, il lui mit, dit-on, sous le nez, le premier argent en provenant, en lui disant: «Sent-il mauvais?»--A Venise, il n’y a pas encore longtemps, aucune disposition particulière n’existait à cet égard et en certains endroits se prêtant le plus à la satisfaction de ce besoin, était parfois tracée sur le mur une croix noire bien apparente avec cette inscription: _Rispetto_ (à respecter), que THÉOPHILE GAUTIER, qui narre le fait, rend plaisamment par cette traduction du vers d’Horace: «Enfants, allez plus loin; cet endroit est sacré», ajoutant que la recommandation est loin d’être pieusement observée.
26, +Trenchans+.--Eschançons et trenchans étaient des esclaves dont l’office était, celui des premiers, de verser à boire; celui des seconds, de découper les viandes.
=550=,
1, +Nous+.--Montaigne estimait ses contemporains inférieurs aux anciens, en vices et en vertus; était-ce exact? Les hommes semblent à cet égard avoir été, être et devoir être toujours à peu près les mêmes dans tous les siècles; et, pour un observateur consciencieux qui ne se laisse pas arrêter par les apparences et va au fond des choses, la somme des vertus et des vices dans un siècle est sensiblement la même comparée à ce qu’elle est dans un autre siècle. NAIGEON.
3, +Mal+.--LA ROCHEFOUCAULT a exprimé cette même pensée de la sorte: «Un sot n’a pas assez d’étoffe pour être bon».
14, +Estuues+.--Les Romains, du moins dans le courant de la vie ordinaire, ne prenaient que des bains de vapeur, comme cela se pratique encore dans les pays orientaux; mais ces bains étaient d’usage journalier, ce qu’explique le climat, la vie passée continuellement au grand air et les loisirs de leur existence. Le confort moderne n’avait pas encore introduit chez eux l’eau et le feu à domicile, d’où, à peu d’exceptions près, la nécessité de thermes ou établissements de bains publics dont les ruines attestent les immenses proportions et la magnificence; entre autres, aux Thermes de Caracalla, à Rome, trois mille personnes pouvaient se baigner à la fois; il y avait seize cents sièges de marbre et de porphyre, et des baignoires de granit. On y accédait par des portiques somptueux; à l’intérieur se trouvaient des salles de conversation, des bibliothèques, des jardins décorés de statues et d’œuvres d’art, c’était quelque chose comme les établissements thermaux de nos jours dans certaines villes d’eaux, mais ils étaient publics, à Rome, du moins pendant l’empire; tout le monde y avait accès et il en existait dans la plupart des villes.--Les bains sont bien loin d’être aussi en faveur en France; Louis XIV, dit Saint-Simon, n’en prit jamais que sur ordonnance de médecin, et en ces derniers temps, il nous a été donné d’entendre une femme d’âge, venue à Lourdes y chercher la guérison, justifier son appréhension à descendre dans la piscine de la grotte, en disant qu’elle n’avait jamais pris de bain de sa vie. Actuellement on a tendance à y venir; bains et bains-douches, déjà d’usage courant dans l’armée, s’introduisent dans les populations, du moins dans celles de quelques grandes villes; des piscines municipales ont même été créées dans quelques-unes où pour quinze ou vingt centimes chacun peut se baigner; mais de fait, ce ne sont encore que de rares exceptions.
14, +Hommes+.--Jusque sous l’empereur Adrien, les bains des femmes n’étaient pas séparés de ceux des hommes.
19, +Apollinaris+.--_Carm._ IV, 239.
23, +Naulage+.--Les éd. ant. port.: _voiture_.--La question est de peu d’importance; actuellement on opère de deux façons: généralement on paie d’avance quand le prix est élevé ou qu’il peut y avoir grande affluence (chemins de fer, paquebots à destination lointaine, etc.), en cours de route ou à l’arrivée dans le cas contraire (omnibus, petites voitures, etc.).
28, +Nicomedis+.--Concubine; littéralement «la ruelle de Nicomède». SUÉTONE, _César_, 49.--César, dans sa jeunesse, avait vécu quelque temps à la cour de ce prince, roi de Bithynie (Asie Mineure), et passait pour avoir été de la plus grande intimité avec lui, ce qui, en ce temps, était fréquent et admis; et c’est pourquoi il avait été gratifié de cette épithète dont l’origine provient de ce que, chez les Romains, la femme au lit couchait d’ordinaire, ainsi que le dit Montaigne, du côté de la ruelle. V. N. =II=, 634: Nicomedes.
33, +Champisses+.--Malignes, goguenardes; viendrait de «champis» qui, en Poitou, signifie enfant naturel, comme qui dirait procréé dans les champs, auquel on attribuait plus de malice qu’aux autres.
34, +Iane+.--Janus, le plus ancien roi d’Italie, =XVe= siècle. Établi dans le Latium, il y fit régner la paix. Il avait, à Rome, un temple dont les portes étaient ouvertes en temps de guerre et fermées en temps de paix et avant Auguste, elles ne furent closes que deux fois, l’une sous Numa, l’autre après la première guerre punique. C’est de Janus que le mois de Janvier passe pour avoir pris son nom.
37, +Romaines+.--HÉRODIEN, IV, 2, 6.
39, +Creu+.--Les reines de France portaient jadis le deuil en blanc; Anne de Bretagne fut la première qui, à la mort de Charles VIII, le porta en noir. Les Chinois le portent également en blanc et, par exception, en rouge éclatant, pendant le premier mois, après la mort d’un père ou d’une mère; les Égyptiens le portaient en jaune; les Éthiopiens, en gris.
CHAPITRE L.
=552=,
7, +Ceux+.--C.-à-d. et même de ceux.
15, +Entiers+.--Les éd. ant. aj.: _et à fons de cuue_.
17, +De cent... descouure+.--Var. des éd. ant.: _De mille visages qu’ils ont chacun, i’en prens celuy qui me plait: ie les saisis volontiers par quelque lustre extraordinaire et fantasque: i’en trieroy bien de plus riches et pleins si i’auoy quelque autre fin proposée que celle que i’ay. Toute action est propre à nous faire connoistre._
21, +Inusité+.--«Dans la plupart des auteurs, je vois l’homme qui écrit; dans Montaigne, je vois l’homme qui pense.» MONTESQUIEU.
=554=,
27, +Eschecs+.--Le jeu d’échec ayant été inventé, dit-on, par Palamède, lors de la guerre de Troie, il est possible qu’Alexandre l’ait pratiqué.
32, +Autre+.--Socrate.
=556=,
9, +Friuole+.--C’est la même idée déjà exprimée, =I=, 432.
24, +Merite+.--«Il ne faut pas permettre à l’homme de se mépriser tout entier, de peur que, croyant, avec les impies, que notre vie est un jeu où règne le hasard, il ne marche sans règle et sans conduite au gré de ses aveugles désirs.» BOSSUET.
34, +Hommes+.--Le mot «misanthrope» n’existait pas encore du temps de Montaigne.
=558=,
2, +Peine+.--PLUTARQUE, _M. Brutus_, 3.
4, +Face+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 95.
6, +Fols+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 95.
CHAPITRE LI.
8, +Paroles+.--Ce chapitre a été traduit, vers 1689, en langage de l’époque par M. DE PLASSAC.
10, +Pied+.--Ce mot est d’Agésilas. PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
13, +Thucydidez+.--Non l’historien, mais le chef à Athènes du parti aristocratique contre Périclès; frappé d’ostracisme en =444=, c’est alors qu’il se trouvait à Sparte; le fait est rapporté par PLUTARQUE, _Périclès_, 5.
23, +Orateurs+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Adv. Math._, II.--«Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs», dit un adage.
24, +Peuple+.--QUINTILIEN, II, 16.
25, +Flatter+.--Dans le _Gorgias_.
=560=,
15, +Rudes+.--Du latin _rudis_, ignorant, grossier, qui n’est pas cultivé.
17, +Dit-il+.--TITE-LIVE, X, 22.
22, +Caraffe+.--D’une illustre famille napolitaine dont la mémoire fut abolie par le Sénat romain, en 1560, à la suite d’un procès amené par les exactions de quelques-uns de ses membres, procès qui, en 1566, fut revisé et suivi de la réintégration dans leurs titres et honneurs des survivants, parmi lesquels le cardinal dont il est ici question, qui personnellement avait été condamné à une amende de 100.000 écus.
=562=,
13, +Macédoine+.--PLUTARQUE, _Paul-Émile_, 15.--En =167=. Le discernement, l’attention, l’exactitude qu’apporta Paul-Émile dans les fêtes qu’il donna à la Grèce, après sa victoire de Pydna sur Persée (jeux, sacrifices, festins, fêtes de toute nature), excitèrent l’admiration à l’égard de cet homme qui montrait tant de diligence et de soins dans ces détails, et qui, chargé de si grandes affaires, observait dans les plus petites jusqu’à la moindre bienséance. Que nous sommes donc loin ici de cet adage si fort en honneur maintenant chez nous: «_De minimis non curat prætor_ (le préteur ne porte pas son attention sur les détails)», que l’on a si souvent à la bouche, et qui, exact quand il s’applique à des cas où on ne sait pas faire la part des nécessités, blâmable quand il constitue des empiétements sur les devoirs et attributions d’autrui au lieu de se borner à en être le contrôle, ne fait dans toutes les autres circonstances que favoriser la paresse des uns, les abus des autres, au grand détriment des affaires publiques.
18, +Apollidon+.--Palais merveilleux qu’éleva, avec le secours de la nécromancie, Apollidon, un des personnages du roman d’Amadis des Gaules.
20, +Allegorie+.--Métonymie, métaphore, allégorie, sont des termes et figures de rhétorique.
22, +Pellegrin+.--Fin, poli, délicat; de l’italien _pellegrino_ qui a cette même signification.
26, +Puissance+.--C’est ainsi, par exemple, qu’à Rome, les consuls étaient les premiers magistrats de la République; qu’au moyen âge, c’étaient dans quelques villes les anciens échevins (conseillers municipaux), dont le mandat avait pris fin; qu’avant la Révolution, on appelait ainsi les juges des tribunaux de commerce; et qu’actuellement, certains de nos représentants à l’étranger, soit diplomatiques, soit simplement commerciaux, portent ce nom.
27, +De reproche à+.--Les éd. ant. port.: _tesmoignage d’vne singuliere vanité de_.
27, +Indignement+.--Var. des éd. ant.: _vainement et sans aucune consideration_.
CHAPITRE LII.
=564=,
2, +Carthaginois+.--VALÈRE MAXIME, IV, 4, 6.--En =256=, alors que, consul, après avoir battu les Carthaginois en Sicile, il venait de passer en Afrique et de les battre à nouveau.
3, +Publique+.--Au gouvernement.
5, +Terre+.--Environ trois hectares.
19, +Dehors+.--PLUTARQUE, _Caton le Censeur_, 3.--Les uns regardaient cette conduite de Caton comme un effet de son avarice, les autres comme le résultat d’un parti pris pour corriger ses concitoyens de leur luxe et les ramener à la simplicité; on ne saurait cependant excuser qu’il se servît de ses esclaves comme de bêtes de somme, qu’il les chassât et les vendît quand ils devenaient vieux.--Cette exagération de sa part fut le point de départ de l’animosité avec laquelle plus tard il poursuivit Scipion. Il avait été désigné comme son questeur, lorsque celui-ci fut envoyé en Sicile, d’où il devait passer en Afrique. Voyant qu’il vivait avec magnificence et prodiguait l’argent à ses troupes sans ménagement, il l’en reprit, lui disant que le plus grand mal n’était pas dans la dépense excessive, mais dans l’altération de l’ancienne simplicité des soldats, qui employaient en luxe et en plaisirs le superflu de leur paye. A quoi Scipion répondit qu’il n’avait pas besoin d’un questeur si exact; que dans la guerre, il allait à pleines voiles, devant compte à la République non des sommes qu’il aurait dépensées, mais des exploits qu’il aurait accomplis. Sur cette réponse, Caton le quitta dès la Sicile. N. =II=, 586: Caton le Censeur.