Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Part 71

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35, +Sociale+.--Cette guerre (=91= à =87=) eut lieu entre Rome et ses alliés d’Italie, et en particulier les Marses, qui revendiquaient le bénéfice de leur alliance et entre autres le droit de cité qu’ils obtinrent. Tout en les combattant, Marius était avec eux de cœur et les épargnait dans la mesure du possible pour se les concilier, car déjà sa rivalité avec Sylla avait commencé.

=520=,

5, +Mort+.--En 1512. Bataille gagnée sur les Espagnols et les troupes du Pape, par les Français commandés par Gaston de Foix qui y périt en dirigeant une charge contre l’infanterie espagnole qui se retirait en bon ordre; elle fut une des plus sanglantes de cette époque en Italie. Outre leur général, les vainqueurs y perdirent 6.000 hommes; les vaincus 12.000, leur artillerie et leurs bagages. Ses résultats furent nuls en raison de la désorganisation qui régnait dans notre armée, en proie, faute de solde, à l’indiscipline et à la désertion.

7, +Serizolles+.--En 1544. Cette bataille gagnée avec des forces inférieures par les Français, commandés par le duc d’Enghien sur les Impériaux sous les ordres du marquis du Guast, qui y perdirent 12.000 hommes, leurs canons et leurs bagages, n’aboutit qu’à une trêve de trois mois, l’invasion de nos frontières de Champagne et de Picardie ayant obligé au prélèvement d’un fort contingent sur notre armée de Piémont.

10, +Necessitatis+.--C’est ce que Montaigne vient de dire en français.

17, +Malheur+.--L’an =419=; Agis Ier était roi de Lacédémone et Pharax, un des membres du conseil de Sparte, l’assistait plutôt pour lui dicter sa conduite dans les cas graves que pour émettre de simples avis. DIODORE DE SICILE, XIII, 25.

20, +Mourut+.--En 528. Lancé à la poursuite de son adversaire en fuite, Clodomir ne s’aperçut pas qu’il était bien en avant des siens, et, entendant à quelque distance retentir son cri de guerre, il y alla; c’était un piège, il tomba au milieu d’ennemis qui le massacrèrent sur place.

24, +Cæsar+.--SUÉTONE, _César_, 67.

27, +Xenophon+.--_Cyropédie_, IV, 4.

29, +Cheres+.--JUSTIN dit des Scythes qu’ils ne faisaient usage de l’or et de l’argent que pour en ornementer leurs armes.--Cet usage des Asiatiques, notamment des Perses, de se faire ainsi accompagner de leurs familles et de leurs serviteurs à la guerre, grossissait considérablement leurs armées, où le nombre des non combattants excédait souvent de beaucoup celui des combattants, ainsi que ce fut également le cas lors des invasions des Barbares dans les derniers siècles de l’Empire romain. Cela ralentissait leur marche, compliquait leur ravitaillement, mais n’influait guère sur le gain ou la perte de la bataille, parce qu’on combattait toujours de front, sans jamais manœuvrer; aujourd’hui la chose serait impossible. Par contre toute défaite sérieuse se transformait alors en un véritable désastre, ainsi qu’il arriverait immanquablement aussi en ces temps-ci, à qui se ferait suivre de pareils impedimenta.

34, +Samnites+.--De =343= à =290=. Ces peuples ne se faisaient cependant pas remarquer par leur luxe et l’affirmation de Montaigne à leur sujet est hasardée; ils étaient surtout adonnés à la vie pastorale et à la guerre; comme caractéristique, les filles les plus belles, les plus vertueuses et les plus riches étaient chez eux le prix de services rendus à la patrie.

35, +Antiochus+.--AULU-GELLE, V, 5. Après avoir repris aux Égyptiens des provinces perdues par ses prédécesseurs et conquis l’Asie Mineure, Antiochus le Grand, roi de Syrie, était passé en Grèce, quand les Romains, qu’il avait indisposés en donnant asile à Annibal, appelés par les vaincus à leur secours, le battirent aux Thermophyles (=191=) et, l’année suivante, à Magnésie (Asie Mineure).

=522=,

3, +Battaille+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.

10, +Vitellius+.--PLUTARQUE, _Othon_, 3. Ou plutôt à ses lieutenants Cecina et Valens qui commandaient en son absence et gagnèrent pour lui la bataille de Bébriac (=69=), que les troupes de son adversaire s’étaient difficilement décidées à accepter et après laquelle Othon se donna la mort. C’est en visitant ce champ de bataille, quelques jours après le combat, qu’il prononça ces horribles paroles: «Le corps d’un ennemi mort sent toujours bon.»

26, +Meslée+.--Cette question qui pouvait avoir sa raison d’être jadis, alors que le corps à corps était à peu près l’unique mode de combat, ne se pose plus aujourd’hui où l’action se livre la plupart du temps à des distances telles que l’on se distingue à peine, si bien que parfois amis et ennemis se prennent les uns pour les autres, agissent en conséquence et n’arrivent à se reconnaître que lorsque le mal est fait.

=524=,

1, +Iournée+.--PLUTARQUE, _Pyrrhus_, 8; le texte grec porte Mégaclès.--En =278=, à la bataille d’Asculum. Ayant observé qu’il était l’objet d’attaques personnelles de l’ennemi, Pyrrhus avait donné son manteau et ses armes à Mégaclès, un de ses amis, dont lui-même avait pris l’armure. Ces attaques se poursuivant, Mégaclès, qu’on prenait pour le roi, finit par succomber, et la nouvelle de la mort du roi se répandant, faillit compromettre le succès de la journée: l’ardeur des Romains s’en accrut, tandis que les siens s’en trouvaient découragés, ce qui amena Pyrrhus à se multiplier en combattant à découvert pour que chacun fût à même de constater qu’il existait encore. V. =I=, 494 et N. Italie.

3, +Particuliere+.--Nelson, au combat de Trafalgar (1805), paré de toutes ses décorations, était facilement reconnaissable.--Henri IV se distinguait également bien au milieu des siens: «Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, leur disait-il, à la bataille d’Ivry (1590); vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»

4, +Gilippus+.--DIODORE DE SICILE, XIII, 33.--Ce qualificatif de grand attribué à Gylippe ne s’explique guère, à moins que ce ne soit par ironie. A la vérité, il battit les Athéniens à Syracuse, mais condamné à mort pour s’être approprié une partie des contributions de guerre qu’il devait transporter à Sparte, il fut contraint de s’expatrier pour échapper au supplice. Son père, Cléarque, s’était trouvé dans le même cas. En dehors de cela, dit Plutarque, tenus tous deux pour d’excellents hommes (=Ve= siècle).

5, +Pharsale+.--PLUTARQUE, _Pompée_, 19.--L’an =48=. César y remporta sur Pompée une victoire décisive qui fut bientôt suivie du meurtre de ce dernier en Égypte, où il allait chercher asile.--CÉSAR, _De Bello civ._, III, 17, blâme aussi Pompée de la faute qui lui est reprochée ici.

21, +Haleine+.--A l’époque actuelle où l’armement est tout autre et où, au combat, on manœuvre beaucoup plus que par le passé, l’offensive surexcite le soldat, accroît son moral, lui masque ses pertes, est dans le cas de surprendre l’ennemi, de faire que ses réserves immobilisées ou retardées n’arrivent pas à temps, l’empêchent de modifier, comme il conviendrait, son ordre de bataille.--La défensive-offensive qui consiste à laisser venir l’adversaire se briser contre une position favorable, dont les avantages naturels ont pu encore être accrus par les travaux qu’on a pu exécuter, puis à prendre à son tour l’offensive contre lui, quand il est épuisé, est théoriquement ce qu’il y aurait de mieux, si, à la guerre, on était maître des événements. Mais l’attaque se produit si souvent dans une direction autre que celle où on l’attend, l’offensive est si difficile à reprendre au moment précis où il faudrait qu’elle se produise, que ce procédé est inférieur à l’offensive pure et simple.--Quant à la défensive de parti pris, sans la ferme résolution de passer à l’offensive en cours d’action, elle a grande chance d’insuccès, et, dans les cas les plus favorables, ne mène à rien.

Bien des facteurs, du reste, entrent en ligne de compte pour décider de l’attitude à prendre, alors même qu’elle n’est pas imposée, entre autres par les effectifs dont on dispose, l’état moral des troupes, les conditions de réapprovisionnement; d’une façon générale, le mauvais temps favorise la défensive et est préjudiciable à l’offensive: un terrain facile et découvert également, c’est l’inverse si le terrain est coupé et couvert, sous réserve cependant qu’il ne soit pas tellement difficile qu’on ne puisse s’y mouvoir et que la défense n’ait eu le temps d’atténuer les inconvénients qu’il présente pour elle, par des travaux appropriés.

Enfin, il est à observer qu’aujourd’hui, avec la puissance et la vitesse du feu de l’infanterie, il est presque impossible de donner, en ayant chance de succès, l’assaut à une ligne ennemie qui déjà n’a pas été notablement désorganisée par celui auquel elle-même a été en but, pendant un temps plus ou moins long, en vue de la préparation de l’attaque.

25, +Perses+.--A la bataille de Cunaxa (=401=), entre Artaxerxès II dit Memnon, roi des Perses, et Cyrus le Jeune, son frère, qui voulait le détrôner et qui y périt, tué de sa propre main, tandis que les Grecs, qu’il avait pour auxiliaires, remportaient pour lui la victoire, que sa mort rendit stérile, les obligeant, pour rentrer, dans leur pays, à cette retraite célèbre connue sous le nom de retraite des Dix mille. V. N. =I=, 396: Païs.

31, +Trait+.--XÉNOPHON, _Anabase_, I, 8.

33, +Sus+.--PLUTARQUE, _Préceptes du mariage_, 34.--Ce principe est encore vrai, mais son application délicate; et seul peut espérer réussir qui sait apprécier sainement le pour et le contre au moment même de l’exécution.

=526=,

1, +D’eslire+.--C.-à-d. dans le cas de choisir.

2, +Terres+.--C’est à ce dernier parti qu’il s’arrêta. Charles-Quint revenait d’Afrique, et François Ier avait profité de son éloignement pour renouveler ses tentatives sur le Milanais. L’empereur entra en Provence avec 50.000 h. Le connétable de Montmorency, chargé de lui résister, fit le vide autour de lui, détruisant tout dans le pays, attaquant ses convois, si bien que l’armée impériale, en proie à la famine, dut lever le siège de Marseille et repasser la frontière; son état d’épuisement fut tel, qu’arrivé à Nice, Charles-Quint conclut une trêve de dix ans, qui, de fait, n’en dura que six (1536).

6, +Gast+.--Desgast, comme portent les éditions antérieures à 1588.

7, +Paisant+.--L’habitant du pays, la population.

23, +Est-ce+.--Quoi qu’il en soit, toujours est-il que le roi se décida à rappeler.--Tout ce qui suit est tiré presque mot pour mot d’un discours que François Ier tint en conseil et qui est rapporté par DU BELLAY, VI.

26, +Planté+.--Abondance, du latin _plenitas_, d’où viennent plein, plénitude.

=528=,

4, +Party+.--Attendre l’ennemi chez soi, peut être avantageux quand le territoire qu’on cède ainsi est pauvre et vaste, que l’ennemi ne pourra y trouver facilement à vivre, que ses lignes de communication s’allongeront outre mesure, comme en Russie en 1812, ou encore que, de peu de ressources, la population y est par surcroît fanatisée comme en Espagne en 1808; dans le cas contraire c’est presque toujours une faute. En 1536, la Provence était peu riche, et en outre elle ne mène à rien; de plus, à cette époque toutes ses villes étaient fortifiées et en état de résister aux moyens d’attaque d’alors.--Mais on n’est pas toujours libre d’agir comme on le voudrait. Aujourd’hui, il faut s’attendre plus que jamais à voir les hostilités éclater sans déclaration de guerre préalable, comme ont eu lieu en février 1904 les attaques simultanées des Japonais contre Port-Arthur et Tchemulpo; et, étant donné la rapidité avec laquelle on peut entrer en opérations, on est exposé d’un moment à l’autre, en pleine paix, à une invasion que rien ne faisait prévoir alors que déjà elle s’est produite. En présence de l’intérêt qu’il y a à n’être point surpris de la sorte, à rendre impossible toute tentative de cette nature qui trouble la mobilisation, stérilise une partie de vos ressources en hommes et vous enlève toutes autres que présente le territoire envahi, causant en outre un effet moral désastreux dans le pays tout entier; quand on a une frontière, comme notre frontière de l’Est, ainsi menacée de l’irruption soudaine de 111.000 hommes, 10.000 sabres, 888 pièces d’artillerie dont plus de 150 de grosse artillerie (obusiers de 150 et mortiers de 210) capables d’avoir raison de nos forts les plus solidement construits, à laquelle nous ne pouvons opposer que 52.000 hommes, 8.000 sabres et 388 pièces d’artillerie de petit calibre (165 bataillons, 72 escadrons, 148 batteries à effectifs renforcés contre 104 bataillons, 68 escadrons, 89 batteries à effectifs réduits), au total moitié moins; que de plus la forme de notre gouvernement ne nous permet pas de la prévenir et qu’elle ferait tomber, sans coup férir, dès la première heure entre les mains de l’adversaire une ville aussi considérable que Nancy et un territoire aussi populeux et riche que ce qui nous reste de la Lorraine, semblable éventualité est à prévoir et le devoir est de parer à cette situation, en augmentant le nombre des unités de combat que nous avons sur cette frontière, en portant et maintenant constamment ces unités à leurs effectifs de guerre, et construisant autour de Nancy quelques ouvrages non pour en faire une place forte, mais pour la mettre, vu la proximité de la frontière, à l’abri d’un coup de main.--Pour Nancy, c’est uniquement affaire d’argent; pour le relèvement de nos forces, il faudrait supprimer nombre de nos garnisons de l’Ouest et du Sud-Ouest et réorganiser en partie notre état militaire en réduisant à deux dans les régiments d’infanterie des corps d’armée de l’intérieur le nombre des bataillons, en substituant aux brigades de cavalerie de corps de simples régiments, réduisant d’un groupe les régiments d’artillerie de corps, et, avec les économies en hommes, chevaux, bataillons, escadrons et batteries ainsi réalisées, renforcer les effectifs des troupes de l’Est et augmenter le nombre de leurs unités de combat. Il faut, en un mot, placer à demeure sur cette frontière le tiers, la moitié si le tiers ne suffit pas, de notre armée du temps de paix, ne laissant à l’intérieur que des embryons qui ne prendront corps qu’à la mobilisation, par l’incorporation des réserves. Le fera-t-on? Jamais, nous sommes trop veules pour cela; des raisons de politique intérieure interviendront encore, comme toujours: on fera sonner bien haut les dépenses résultant de la construction de nouveaux casernements; les engagements pris vis-à-vis des localités auxquelles on enlèverait ou dont on diminuerait les garnisons; on redoutera leur mécontentement et les conséquences que cela peut avoir pour leurs élus du moment. Ce sera comme pour les sous-préfectures: tout le monde est d’accord sur l’inutilité d’un aussi grand nombre, mais personne ne concède que la sienne soit de celles qui sont à supprimer et toutes demeurent.

9, +Sien+.--Pour obliger Annibal à évacuer l’Italie méridionale qu’il occupait depuis quatorze ans, Scipion l’Africain passa en Afrique. Carthage menacée rappela ses troupes d’Italie, et bientôt après, la deuxième guerre punique se terminait par la victoire de Zama que Scipion remportait sur Annibal (=202=).

11, +Contraire+.--La Sicile était peuplée de colonies grecques de race dorienne et ionienne, les unes clientes de Sparte, les autres d’Athènes. Pendant la guerre du Péloponnèse, les premières profitèrent des embarras de celle-ci pour opprimer les secondes; aussi les Athéniens, qui avaient l’arrière-pensée de s’annexer la Sicile, n’hésitèrent-ils pas à intervenir quand, en =421=, venant de signer avec Sparte une trêve de cinquante ans, ils eurent leurs coudées franches; mais cela ne leur réussit pas. V. N. =I=, 524: Gilippus; N. =II=, 424: Sicile.

12, +Soy+.--Agathocle, assiégé dans Syracuse par les Carthaginois, équipa une flotte, en déroba la sortie à ses ennemis, aborda en Afrique, brûla ses vaisseaux pour mettre ses soldats dans la nécessité de vaincre, et, par cette diversion, obligea Carthage à rappeler ses troupes de Sicile (=310=).--Héraclius, empereur d’Orient, se trouva également bien de quitter Constantinople menacé par les Perses, pour aller porter la guerre chez eux (622).

28, +Engage... aussi+.--Var. des éd. ant.: _n’est pas plus incertaine et temeraire que_.

CHAPITRE XLVIII.

=530=,

4, +Romans+.--C.-à-d. les auteurs qui écrivent en roman. La langue romane a pris naissance au moyen âge; elle était alors dénommée «le nouveau langage», et est, à proprement parler, l’origine de la langue française.

5, +Equos+.--Les chars romains s’attelaient généralement à trois chevaux de front: un dans les brancards, _funalis_ ou d’attelage, les deux autres en dehors, à droite et à gauche; ces deux derniers, ou l’un d’eux seulement, étaient parfois montés. Montaigne appelle celui de droite _dextrarius_; ce mot ne se trouve que chez certains auteurs du moyen âge.--Les _desultorii_ étaient des chevaux de selle accouplés, desquels on passait, on sautait, comme l’indique leur nom, de l’un sur l’autre.

9, +Gendarmes+.--Le gendarme était anciennement l’homme de guerre, à cheval, armé de toutes pièces et accompagné de ses suivants; ici ce mot désigne les cavaliers numides.

23, +Coustillier+.--Valet qui portait la coustille (sorte d’épée ou de long poignard) et se tenait près de l’homme d’armes.

24, +Maistre+.--HÉRODOTE, V.--La manière de faire du cheval d’Artibius était connue, et l’écuyer d’Onésilus l’avait rassuré en lui disant qu’il se chargeait de l’animal. Le fait se passait en =493=, au début de la première guerre médique; Artibius fut tué, mais dans ce même combat périt Onésilus.

28, +Vray+.--Ce cheval s’appelait Savoye; c’était, dit PHILIPPE DE COMINES, le plus beau cheval de son temps; il avait 29 ans; un poète de l’époque lui a consacré des vers. A cette même bataille de Fornoue (1495), le cardinal archevêque de Lyon demeura constamment près du roi, à cheval, la mitre en tête et la croix à la main.

35, +Bons hommes de+.--Var. de 80: _bien à_.

=532=,

2, +Carriere+.--Faire prendre carrière à un cheval, c’était, en langage des gens de cheval du temps, le faire galoper à toute vitesse.--PLUTARQUE, _César_, 5.

7, +Toreau+.--D’où son nom «Tête de taureau». Alexandre était de première jeunesse quand ce cheval vint en sa possession, lui-même le dompta et dressa; l’animal ne se laissait monter que par lui et à plusieurs reprises il sauva la vie à son maître en le tirant de la mêlée; il mourut vers 17 ou 18 ans, de fatigue suivant les uns, suivant d’autres de blessures reçues à la bataille livrée contre Porus. Alexandre le fit enterrer et sur l’emplacement éleva une ville qu’il appela Bucéphalie. Bucéphale avait été acheté treize talents (65.000 fr.); on peut rapprocher ce prix de ceux payés de nos jours pour un cheval de course, Gladiateur, et un taureau, Duke of Connaught, vendus aux enchères le premier 200.000 fr., le second 118.125 fr. Disons encore qu’il y a un siècle et demi, en 1764, d’Eclipse, le père de tous les chevaux pur sang anglais, il a été refusé 300.000.

12, +Venus+.--SUÉTONE, _César_, 61.

15, +Platon+.--_Lois_, VII.

15, +Pline+.--Liv. XXVIII, 4.

17, +Xenophon+.--_Cyropédie_, IV, 3.

17, +Loy+.--Add. des éd. ant.: _de Cyrus_.

18, +Iustinus+.--Liv. XLI.

29, +Combat+.--Quand le sort des armes était douteux, dit SUÉTONE, _César_, 60, il renvoyait tous les chevaux, à commencer par le sien, afin d’imposer à ses soldats l’obligation de vaincre, en leur ôtant les moyens de fuir.--Dans les temps modernes, les régiments de dragons ont été créés dans ce double but de pouvoir combattre soit à cheval, soit à pied; actuellement, toute la cavalerie (les cuirassiers exceptés, qui n’ont d’autre raison d’être que la gloriole des potentats du jour de les voir leur servir d’escorte) est dressée en vue de semblable utilité.

29, +Tite-Liue+.--Liv. IX, 22.

33, +Grand Seigneur+.--Appellation sous laquelle on désignait le sultan de Constantinople.

=534=,

1, +Anglois+.--La guerre de Cent Ans, commencée en 1337 sous Philippe VI de Valois, à l’occasion de la protection accordée par Édouard III, roi d’Angleterre, à Robert, comte d’Artois, condamné par les Pairs de France à la perte de son comté, entremêlée de trêves, et terminée après de nombreux combats et fortunes diverses par l’expulsion hors de France, en 1453, des Anglais qui, au début, y possédaient de nombreux fiefs, l’Anjou, la Guyenne, etc., représentant à un moment beaucoup plus que ce qui demeurait à la France elle-même.

1, +Assignées+.--Ayant lieu pour ainsi dire de commun accord, d’où le nom de batailles rangées où chacun des adversaires avait pris ses dispositions essentielles de combat avant le commencement de l’action; la guerre de Cent Ans en fournit de nombreux exemples cités par Froissart. Ce qui jadis était presque de règle, est devenu aujourd’hui l’exception; on cherche surtout maintenant à surprendre l’ennemi, et la victoire s’obtient plus par les mouvements subséquents opérés une fois l’action engagée, que par suite des dispositions préliminaires conduites fréquemment davantage en vue de tirer profit de la victoire que de la remporter.

5, +Xenophon+.--_Cyropédie_, IV, 3.--Chrysanthe, seigneur perse, fut, auprès de Cyrus, le promoteur de l’usage qui s’établit chez ce peuple, de ne se déplacer qu’à cheval, au point de trouver déshonorant d’aller à pied, sauf le cas de force majeure.

19, +Respondre+.--C.-à-d. les armes les plus courtes sont les meilleures, ce que corroborait cet adage du temps: «A vaillant homme, courte épée.» Cette assertion n’est vraie que pour le combat corps à corps; exacte pour les guerres anciennes, elle ne l’est plus pour les guerres actuelles, où cette sorte de combat se fait de plus en plus rare.

22, +Rouët+.--L’un des moyens employés à cette époque pour l’inflammation de la poudre dans les armes à feu portatives, consistait en un silex (pierre à fusil), dont on tirait des étincelles par l’action d’une roue en acier, dite rouet.

29, +Nostres+.--L’auteur avait vraisemblablement l’intention de traiter ultérieurement en détail cette question des armes; il ne l’a pas fait et s’est borné à cette addition insérée dans l’édition de 1595 qu’on trouve quelques lignes plus bas, commençant à ces mots: «Celle de quoy les Italiens» pour se terminer à ceux-ci: «representoient de bien pres nos inuentions».

32, +L’vsage+.--On ne prévoyait pas à ce moment à quel degré de puissance et de rapidité de tir en arriveraient canons et fusils; nul doute qu’aujourd’hui Montaigne ne penserait pas ce qu’il dit de leurs effets et de leur abandon.

32, +Italiens+.--Les Italiens des temps anciens, avant même la fondation de Rome, ainsi qu’il ressort de la citation de Virgile, qui se rapporte à des événements antérieurs à cette fondation et fait expressément mention de cet engin de guerre.

34, +Iaueline+.--Sorte de trait pouvant être lancé à la main, qui se distinguait du javelot par une plus grande longueur de hampe ou hante, comme on disait et écrivait alors.

=536=,

14, +Destinassent+.--Cette adresse évoque le souvenir d’Aster, habile archer qui, au siège de Méthone (Macédoine), creva l’œil droit de Philippe de Macédoine avec une flèche sur laquelle était écrit, dit-on: «Aster, à l’œil droit de Philippe.» A quoi le roi répondit en en faisant lancer dans la place une autre portant: «Si Philippe prend la ville, Aster sera pendu»; ce qui eut lieu (=353=).--Ou encore, celle de Guillaume Tell abattant d’une flèche une pomme placée sur la tête de son fils (1307), fait discuté qui se retrouve également dans les légendes du Danemark.

17, +Asie+.--Les Galates, mélange de Gaulois et de Grecs qui, en l’an =278=, envahirent l’Asie et s’établirent dans la partie N. de l’Asie Mineure.

24, +Retraitte+.--Effectuée après la bataille de Cunaxa. V. N. =I=, 396: Païs; =I=, 524: Perses.

28, +Armé+.--XÉNOPHON, _Anabase_, V, 2.