Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 68
19, +Habet+.--C’est là une des assez fréquentes citations qui se rencontrent dans les Essais, composées d’auteurs différents et que ne distingue même pas la ponctuation: le premier de ces deux vers est de La Boétie, le second d’Ovide.
21, +Craindre+.--Les éd. ant. port.: _Et à la vérité, ce que les Sages craignent_, au lieu de: «Aussi... craindre».
34, +Homicide+.--Cela est vrai du mal de dents, mais non de la goutte qui finit fort souvent par devenir mortelle.
39, +Estre+.--Observer, pour la compréhension du texte, que, dans ce qui précède, Montaigne a fait parler ceux qui disent que la douleur est un mal; et que, maintenant, il va répondre à leurs arguments, en s’efforçant de prouver qu’il est en nous, sinon de faire que nous ne la ressentions pas, du moins d’en réduire notablement la sensation.
=454=,
6, +Trampe+.--Var. de 80 et 88: _ie ne le croy pas_.
13, +Vulgaire+.--Cette phrase est encore une de celles qui témoignent le plus que Montaigne a été aux armées et considérait comme sienne la profession des armes.
32, +L’ame+.--Les éd. ant. aj.: _c’est d’auoir eu trop de commerce auec le corps_.
34, +Attendre+.--De ne pas compter assez sur elle.--Certaines éditions portent: fonder. Attendre est employé ici dans le même sens que dans ces vers de LA FONTAINE: «Ne t’attends qu’à toi seul, c’est un commun proverbe» (_L’alouette et ses petits avec le maître d’un champ_).--«T’attendre aux yeux d’autrui, quand tu dors, c’est erreur» (_Le fermier, le chien et le renard_).
=456=,
23, +Craint+.--dans le _Phédon_.
25, +Desclouë+.--Une très violente douleur, de même qu’une volupté excessive, détache l’âme du corps, en ce qu’elle s’en empare en entier et ne laisse plus à celle-là aucune action sur celui-ci, comme s’il n’existait plus aucune liaison entre eux.
33, +Doluerunt+.--Add. des éd. ant.: _dict S. Augustin_.
37, +Inseruerunt+.--Montaigne détourne ici le sens de ce passage de saint Augustin.
40, +Grandes+.--«Tu engendreras tes fils dans la douleur,» dit la GENÈSE, III, 16.
=458=,
4, +Ægyptiennes+.--Que nous appelons aujourd’hui Bohémiennes, nom qui varie suivant les pays, et qui se donnent elles-mêmes comme étant de celui des Pharaons.--Les Bohémiens sont des bandes nomades d’aventuriers qui se trouvent un peu partout et dont la véritable origine est inconnue; les premiers qui vinrent en France, arrivaient de Bohême, d’où leur nom. Ils ont une physionomie particulière, parlent entre eux un argot spécial, vivent de petits métiers, disent la bonne aventure; on ne sait trop quelle est leur religion; leur morale est très relâchée et ils pratiquent volontiers le vol.
7, +Garces+.--Jeunes filles. Du temps de Montaigne, on disait une jeune garce pour dire une jeune fille, et garçon pour jeune homme; aujourd’hui ce mot garce est injurieux et ne se donne qu’aux filles publiques, tandis que celui de garçon s’est maintenu dans la langue avec sa signification primitive.
11, +Iumeaux+.--PLUTARQUE, _De l’Amour_, 34.--En 78, Sabinus, seigneur gaulois, prit le titre de César, au commencement du règne de Vespasien, et fut vaincu. Proscrit, il se fit passer pour mort et vécut caché dans les ruines de sa maison, à laquelle il avait mis le feu. Éponine, sa femme, vint l’y rejoindre et y mit au monde deux jumeaux. Découvert au bout de plusieurs années, sa femme implora vainement sa grâce; ne pouvant l’obtenir, elle se mit à invectiver l’empereur, demandant à partager le supplice de son mari, ce à quoi Vespasien eut la cruauté d’accéder.
12 (+Car ils... malice+).--Var. des éd. ant.: (_car le larreçin y estoit action de vertu, mais par tel si, qu’il estoit plus vilain qu’entre nous d’y estre surpris_).
15, +Descouurir+.--PLUTARQUE, _Lycurgue_, 14.
18, +Mystere+.--VALÈRE MAXIME, III, 3, qui cite le fait, l’attribue à un jeune Macédonien.
21, +Cicero+.--Dans les _Tusculanes_, V, 27.
34, +Brasier+.--TITE-LIVE, II, 12.--En =503=. Porsenna, roi des Étrusques, avait pris en main la cause des Tarquins chassés de Rome qu’il assiégeait. L’acte de Mucius Scevola, par la crainte de le voir se renouveler, le décida à lever le siège et à faire la paix.
36, +Incisoit+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 78.
40, +Philosophe+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 78.--Il semble être question ici d’Anaxarque, que Nicocréon, tyran de Chypre, fit torturer et finalement broyer dans un mortier, sans pouvoir vaincre sa constance (=IVe= siècle). V. =I=, 626.
=460=,
4, +Peau+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _et l’en surnommoit on Madame l’escorchée_.
14, +Espagnolé+.--Pour avoir une taille élégante et svelte, comme l’ont les Espagnoles.
16, +Mourir+.--Catherine de Médicis, dans le commencement de son séjour en France, avait inventé de nouvelles parures, entre autres le corset, «sorte de gaîne qui emboîtait la poitrine depuis le dessous des mamelles jusqu’au défaut des côtes et qui finissait en pointe sur le ventre» (_Galerie des femmes célèbres_, 1827). On ne faisait pas encore usage pour cet ajustement de fanons de baleine, qu’on remplace aujourd’hui par des lamelles d’acier; on se servait d’éclisses en bois qui, pressées fortement, rendaient à la longue la chair insensible et aussi dure que la corne ou le cal qui vient aux mains de certains ouvriers.
20, +Luy mesme+.--Lorsque Henri III, qui était roi de Pologne, la quitta secrètement pour venir occuper le trône de France à la mort de Charles IX (1574), le grand chambellan de sa cour le suivit et l’atteignit sur les frontières d’Autriche. N’ayant pu le déterminer à revenir, au moment de se séparer de lui, il lui promit une fidélité inviolable et, au grand étonnement du roi, il se donna un coup de poignard dans le bras et suça le sang de la plaie, voulant par là attester son dévouement et la sincérité de ses paroles.
21, +Blois+.--Ces États généraux, tenus à Blois en 1576, y avaient été convoqués par Henri III, pour en obtenir la condamnation du Protestantisme et des subsides pour le combattre, ce à quoi ils se refusèrent d’une façon absolue.
24, +Poinçon+.--Longue épingle à cheveux dont usent les femmes, encore actuellement, pour maintenir l’échafaudage de leur chevelure.
30, +Aspres+.--Monnaie turque qui vaut environ un sou.
35, +Croix+.--Lorsque l’empereur Honorius rapporta à Jérusalem la vraie croix que les Perses lui avaient rendue et que leur roi Chosroès II avait enlevée quatorze ans auparavant, il la porta lui-même sur ses épaules jusqu’au haut du Calvaire (622).
36, +Foy+.--Le SIRE DE JOINVILLE, dans ses _Mémoires_, II.
40, +Nuict+.--On montre encore à Notre-Dame de Paris la discipline de saint Louis.
42, +Angleterre+.--Mariée d’abord avec Louis VII (1137), Éléonore de Guyenne lui apportait en dot le duché de ce nom et d’importantes annexes. Répudiée pour son inconduite (1152), elle épousa peu après Henri, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui, en 1154, devenait roi d’Angleterre et, tant par lui-même que par son mariage, se trouvait déjà avoir sur le continent une puissance territoriale surpassant notablement en étendue les domaines directs de son suzerain le roi de France. Cette situation a été le point de départ de la rivalité qui, depuis, n’a cessé d’exister entre la France et l’Angleterre et qui s’est traduite de la part de cette dernière par une opposition constante à notre endroit, et à maintes reprises par des guerres de plus ou moins longue durée; notamment:
En 1159, 1160, 1173, 1177, 1188, 1194, 1198;--de 1202 à 1206;--de 1213 à 1217, de connivence, marquée par la bataille de Bouvines;--de 1328 à 1340, bataille navale de l’Ecluse;--de 1345 à 1348, bataille de Crécy, prise de Calais;--de 1350 à 1360, bataille de Poitiers, traité de Brétigny;--de 1369 à 1375;--de 1378 à 1453, bataille d’Azincourt, Jeanne d’Arc, combat de Castillon;--de 1521 à 1525 et de 1544 à 1546, de connivence avec Charles-Quint;--de 1557 à 1559, de connivence avec Philippe II, roi d’Espagne, marquée par la reprise de Calais;--de 1627 à 1629, pendant la guerre de Trente Ans, marquée par le siège de la Rochelle;--de 1678 à 1679, jointe à la Hollande, à l’Espagne, à l’empereur d’Allemagne et à l’électeur de Brandebourg;--de 1692 à 1697, faisant partie de la ligue d’Augsbourg, durant laquelle eurent lieu les batailles navales de la Hougue et du cap Saint-Vincent;--de 1701 à 1712, unie à l’Autriche, la Hollande, le Portugal, la Savoie, et où elle s’empara de Gibraltar sur l’Espagne notre alliée;--de 1742 à 1748, où, alliée de l’Autriche, elle ruina notre marine et notre commerce;--de 1755 à 1763, où, alliée à la Prusse, elle nous enleva à peu près toutes nos colonies dont les Indes et le Canada;--de 1778 à 1783, qui aboutit à l’indépendance des États-Unis d’Amérique, est la seule où nous ayons été agresseurs vis-à-vis d’elle;--1793 à 1802, coalisée avec l’Autriche, la Russie et les divers États d’Italie, marquée par la prise de Toulon, le combat de Quiberon, la bataille navale d’Aboukir, le siège de Saint-Jean d’Acre, la convention d’El-Arisch;--de 1803 à 1815, avec la coopération successive des diverses puissances européennes, marquée par la bataille de Trafalgar, le bombardement de Copenhague, les batailles de Vittoria, de Toulouse, de Waterloo, et enfin les traités de 1815.
Et depuis, si aucune guerre ouverte n’a plus eu lieu, parce que toujours nous avons cédé, soit par faiblesse, soit par duperie, ayant la trop généreuse habitude de traiter les affaires sans arrière-pensée comme sans méfiance, que d’humiliations ne nous a-t-elle pas imposées, que d’entraves ne nous a-t-elle pas créées?--En 1823, elle nous contraint à aller combattre en Espagne les principes mêmes de notre Révolution;--en 1830, elle nous oblige à presser notre expédition d’Alger, pour qu’elle ne l’empêche pas;--Plus tard, elle est contre nous dans l’affaire dite des «mariages espagnols»;--en 1854-56, elle se sert de nous pour contenir la Russie, et cette alliance lui pèse tant, qu’au lendemain d’Inkermann, dans un conseil tenu par ses généraux, l’un d’eux émet l’avis que «l’armée anglaise se rembarque, laissant les Français recourir à la miséricordieuse générosité de l’empereur Nicolas»!--En 1860, en Syrie, elle paralyse notre action et fait qu’elle n’aboutit à aucun résultat utile;--Puis elle nous évince de la direction des douanes chinoises;--au Mexique, elle nous abandonne;--elle nous élimine de l’accord primitivement conclu pour la gestion des finances de l’Égypte en vue du paiement de sa dette;--elle accapare les actions du canal de l’isthme de Suez, construit par nous en dépit de son opposition et dont elle se rend ainsi maîtresse;--elle nous immobilise en Extrême-Orient, durant la guerre Russo-Japonaise, par le traité qu’elle conclut dans ce but avec le Japon;--elle nous humilie au plus haut point dans l’affaire de Fachoda et par ses prétentions et l’arrogant procédé qu’elle emploie pour les faire triompher, qui n’a d’égal que la facilité avec laquelle nous obtempérons à sa volonté et à ses menaces;--nos difficultés continues avec le Siam sont son œuvre;--enfin, elle nous pousse dans le guêpier d’Algésiras avec la pensée, d’une part, que nous nous userons au Maroc, et de l’autre, nous faisant miroiter une alliance sans grande valeur réelle dans la circonstance, que nous finirons, sous l’effet de ses excitations, à en venir aux prises avec l’Allemagne, et que s’entre-détruiront pour son plus grand avantage les deux seules puissances qui, pour le moment, comptent pour elle en Europe, l’une qu’elle jalouse et exècre depuis des siècles, l’autre qu’elle redoute par l’extension que prennent son commerce et sa marine.
Si longue que soit cette énumération sommaire des manifestations des dispositions de l’Angleterre à notre égard, qui ne relate que ce que tout le monde connaît, elle serait bien autre si elle était dressée en toute conscience par notre ministère des Affaires étrangères!
Et cependant, se laissant prendre à des démonstrations qui seraient flatteuses, si elles n’étaient aussi intéressées, si on pouvait oublier que toujours dans ses alliances l’Angleterre n’a en vue que de tirer de ses alliés le maximum de services possibles et s’évertue à leur persuader qu’elle leur fait grand honneur en leur accordant sa confiance et les faisant se battre pour elle, nos gouvernants méconnaissant ces leçons de l’histoire, hypnotisés par l’orage qui peut venir de l’autre rive du Rhin et qu’ils provoquent sans cesse, au lieu de s’appliquer à le conjurer, donnent en plein dans le piège, ruinant la France en entretenant un état militaire qui l’écrase et qui ne se justifierait que s’ils étaient résolus à en user à bref délai, tandis qu’au contraire, ils espèrent bien n’en jamais venir là! Au lieu de maugréer et de surexciter les populations par l’idée d’une revanche qui n’est pas dans leur pensée, que ne se résignent-ils, tout en réservant l’avenir, ce qui est dans l’ordre naturel, et n’imitent-ils l’Autriche après Sadowa? L’Allemagne détient l’Alsace-Lorraine, mais n’oublions pas pour cela en quelles mains sont le Canada, nos anciennes colonies des Antilles, des Indes et les îles dites Anglo-Normandes!
=462=,
4, +Seigneur+.--Ce pèlerinage fut entrepris par Foulques en expiation de ses fautes; traîné sur une claie, il criait pendant qu’on le flagellait: «Seigneur, ayez pitié de Foulques, traître et parjure.»
14, +Deuil+.--CICÉRON, _Tusc._, III, 28.
19, +Nourrice+.--Pendant l’allaitement fait hors de chez moi. De son mariage avec Françoise de Chassagne, Montaigne eut six filles, dont cinq moururent toutes âgées de moins de trois mois; une seule survécut, Léonor, pour laquelle il n’était pas sans tendresse.--Cette phrase lui a été vivement et souvent reprochée, et probablement à tort. Elle ne figure pas dans les éditions antérieures; et l’exemplaire de Bordeaux porte: «i’en ay perdu, mais en nourrice, deux ou trois», au lieu de: «mais i’en ai perdu en nourrice deux ou trois». Elle est donc postérieure à 1588. Or, à ce moment il avait perdu ses cinq enfants en bas âge; par suite ces mots «deux ou trois» ne s’appliquent qu’au nombre de ceux qui avaient été mis en nourrice, ce placement en nourrice n’étant qu’un détail auquel, avec raison, il n’attache pas d’importance; si toutefois il le mentionne, c’est pour expliquer que le regret de leur perte a été atténué, ce qui s’explique assez naturellement, par ce fait qu’ils n’étaient pas élevés sous ses yeux.
31, +Pallefrenier+.--PLUTARQUE, _Apophth._
35, +Esse+.--TITE-LIVE, XXXIV, 17.--Cette mesure fut appliquée à tout le pays entre les Pyrénées et l’Èbre dont Caton, allant entrer en opérations dans le midi de l’Espagne, redoutait les soulèvements sur ses derrières.
38, +Vilité+.--Bassesse, du latin _vilitas_ qui a cette même signification et d’où dérive notre adjectif vil.
40, +Desbauche+.--Sous-entendu: qui régnait autour de lui.
40, +Conuioyt+.--Ce verbe est au singulier, bien qu’ayant quatre sujets, dont un au pluriel; ce mode est fréquent dans Montaigne, il se rencontre souvent aussi dans Racan.
=464=,
12, +Mortelle+.--Origène se fit eunuque, prenant à la lettre ce passage de l’Écriture: «_Beati qui se castraverunt propter regnum cœli_ (Heureux ceux qui se réduisent à l’impuissance pour l’amour du ciel)». MATTH., XIX, 12.
14, +Creua+.--Démocrite, qui, a-t-on dit, se serait rendu aveugle en se crevant les yeux par la réflexion des rayons solaires à l’aide d’un miroir; mais le fait est controuvé. Tertullien l’accepte et dit que c’était pour se défendre de l’attrait des femmes; Plutarque le nie et donne comme probable que la cécité a été causée par l’âge et qu’il a fait de nécessité vertu; d’autre part, S. Jérôme, écrivant à Abigans pour le consoler d’être devenu aveugle, lui dit que «quelques philosophes se sont arraché les yeux, afin que leur esprit, dégagé de tous les objets sensibles, pût former des idées de plus en plus pures».--En Chine, fréquemment des anachorètes agiraient ainsi, «fermant de la sorte, disent-ils, deux portes à l’amour, pour en ouvrir mille à la sagesse».--D’après la légende, Somona Codom, le législateur des Siamois, aurait eu recours à ce même moyen, pour être moins distrait par les objets extérieurs.
18, +Soy+.--Au dire de DIOGÈNE LAERCE, I, 26, la réponse de Thalès aurait été: «C’est que j’aime les enfants»; laquelle prête à double interprétation, étant donné ce que les anciens entendaient par aimer les enfants.
19, +Choses+.--Non moins que la coutume (V. =I=, 170).--L’opinion est reine du monde, elle l’est si bien que «lorsque la raison veut la combattre, elle est condamnée à mort; il faut qu’elle renaisse vingt fois de ses cendres, pour arriver peu à peu à chasser l’usurpatrice» (VOLTAIRE).--«Qui dispense la réputation, donne le respect et la vénération aux personnes, aux grands, sinon l’opinion? Elle dispose de tout» (BOSSUET).
27, +Fret+.--C.-à-d. nous prêtons toujours aux choses une valeur en rapport avec ce qu’elles nous coûtent.--Le fret d’un navire, c’est son prix de location et son chargement; courir à faux fret, c’est naviguer avec un chargement au-dessous de ce qu’il pourrait transporter et par extension à perte.
29, +Tel+.--Aristippe.--DIOGÈNE LAERCE, II, 77; HORACE, _Sat._, II, 3, 100.
31, +Dit+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 17.
=466=,
1, +Soulagement+.--«Grande fortune, grande servitude»;--«Qui n’a guère, n’a guerre»;--«Il n’est richesse que de science et de santé», disent des adages bien répandus.
15, +Piperesse+.--C.-à-d. de manière que par loyauté, je devenais économe et inspirais ainsi plus de confiance à mes créanciers. COSTE.
21, +Iniurieusement+.--Injustement; du latin _injuria_, qui signifie contre le droit, tort, injustice.
32, +Sens+.--C-à-d. à ma prévoyance et à ma raison.
33, +Cæsar+.--Avant d’occuper aucune charge publique, César était endetté de 1.300 talents, près de six millions et demi de notre monnaie; et lorsqu’en qualité de préteur il reçut le gouvernement de l’Espagne, il devait 8.000 talents, soit environ trente-huit millions (PLUTARQUE).
=468=,
4, +Rente+.--C’est probablement à cela que s’élevaient ses revenus.--Deux mille écus, c’est six mille francs, l’écu étant de trois livres, quand il n’est pas spécifié qu’il est de six; mais la valeur de l’argent, à cette époque, était environ le double de ce qu’elle est aujourd’hui.
8, +Frangitur+.--GODEAU, évêque de Grasse, a donné de ce vers la traduction suivante, que Corneille a transportée dans Polyeucte:
Et comme elle a l’éclat du verre, Elle en a la fragilité.
9, +Poincte+.--Renverser, bouleverser, mettre sens dessus dessous.--Cette expression «cul sur poincte» vient de ce qu’anciennement on appelait «cul», dans l’aiguille, la partie opposée à la pointe, qu’actuellement nous appelons «tête».
21, +De l’argent... prins+.--Var. de 88: _des biens, ausquels ie me prins si chaudement, que_.
24, +Ordinaire+.--C.-à-d. si on n’avait une avance d’une année de revenu.
=470=,
13, +Bion+.--SÉNÈQUE, _De la Tranquillité de l’âme_, 8.
20, +Enuis+.--C.-à-d. «et moins à contre-cœur», tournure latine _minus invitus_.
27, +Part+.--«L’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître» (Bacon).
30, +Platon+.--_Des Lois_, I, 1.
33, +Fils+.--PLUTARQUE, _Apophth._--Le fait y est attribué à Denys l’Ancien.
33, +Eut+.--Add. de 88: _sur ce propos_.
40, +Quelques+.--L’éd. de 88 aj.: _quatre ou cinq_.
=472=,
1, +Despence+.--Probablement celui qu’il fit en Allemagne en 1580-81.
12, +Faict+.--C.-à-d. précisément au moment où nous en aurons le plus besoin.
16, +Terres+.--Pourtant il en acheta; il existe trace, à cet égard, de deux acquisitions assez importantes.
20, +Vieux+.--Add. de 88: _laquelle i’ai tousiours tenu la moins excusable_.
21, +Folies+.--Il ne faudrait pas en conclure que Montaigne ait dilapidé son patrimoine, il l’a plutôt accru; à son décès, sa succession a été estimée 90.000 livres et l’argent avait alors une valeur bien autrement grande que de nos jours.
31, +Amy+.--XÉNOPHON, _Cyropédie_, VIII, 3.--Chateaubriand écrivait à Joubert: «Je suis ennuyé de toujours courir pour mon compte les chances de la vie; et si quelqu’un voulait se charger de me nourrir, de me vêtir et de m’aimer, cela me ferait grand plaisir.»
=474=,
10, +Trouue+.
«Est toujours malheureux, et toujours a grand tort, Celui-là qui jamais n’est content de son sort.»
«Rien n’a, qui assez n’a.» (Proverbe).
12, +Vérité+.--Qu’importe, en effet, que l’on soit fondé ou non à se plaindre de son sort? Du moment qu’on se trouve malheureux dans une position heureuse ou agréable, on l’est réellement; le bonheur ou le malheur sont choses purement relatives, et il est aussi absurde d’en vouloir juger chez autrui, que du degré de sensation de froid et chaud qu’il peut éprouver.
28, +Eau+.--Tycho-Brahé (astrologue suédois du XVIe siècle) est, dit-on, le premier qui ait bien connu et expliqué la réfraction.
29, +Voye+.--Depuis ces mots: «Certes, tout en la maniere», jusqu’ici, Montaigne traduit SÉNÈQUE, _Epist._ 81.
35, +Abstersiue+.--Du latin _abstergere_, dissiper, faire disparaître, nettoyer.
=476=,
7, +De se reietter... reliques+.--Var. des éd. ant.: _nous donner en paiement cecy_.
8, +Necessité+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 12.
CHAPITRE XLI.
23, +Autre+.--«La passion de la gloire est la dernière dont les sages eux-mêmes se dépouillent.» TACITE, _Hist._, IV, 6.
30, +L’encontre+.--C.-à-d. que vous ne pouvez guère lui résister.
30, +Cicero+.--Dans le _Plaidoyer pour Archias_, II.--Cette pensée est reproduite aussi par Pascal.
=478=,
9, +D’autruy+.--PLUTARQUE, _Marius_.--En =102=. Les Cimbres descendant d’Allemagne par la vallée de l’Adige, Luctatius qui leur était opposé abandonna la région montagneuse pour se retirer sur le cours inférieur de ce fleuve, sur lequel il construisit un pont lui permettant de passer à volonté d’une rive sur l’autre et de conserver ainsi sa liberté de manœuvres; mais les barbares obstruèrent le cours d’eau, le franchirent; les Romains effrayés s’enfuirent. Le consul fit alors lever l’aigle, ce qui était le signal de la retraite, et, courant aux premiers rangs, se mit à leur tête, aimant mieux que la honte de ce mouvement rétrograde tombât sur lui, plutôt que sur sa patrie, et que les soldats eussent l’air non de prendre la fuite, mais de suivre leur général. Marius, son collègue, qui venait d’exterminer les Teutons, alliés des Cimbres, qui avaient essayé de pénétrer par la Ligurie, en suivant le bord de la mer, l’ayant rejoint, ils vainquirent et exterminèrent les Cimbres à leur tour, à Verceil.
17, +Despens+.--Antoine de Lèves, le plus habile des généraux de Charles-Quint, qui de simple soldat s’était élevé aux plus hautes dignités militaires, croyait tellement cette entreprise immanquable, dit BRANTÔME, _Vies des hommes illustres_, qu’il disait à l’empereur qu’il espérait bien que cela le mènerait à Paris, et demandait pour récompense d’être enterré à Saint-Denys. Son vœu fut exaucé, en ce qu’il mourut de chagrin, dit-on, de voir cette expédition échouer, et qu’il fut enterré à Saint-Denys, mais non près Paris, dans une église de Milan, placée sous ce vocable.--D’autres assurent, au contraire, que ce général fut entièrement opposé à ce dessein qui devait réussir si mal, et qu’il alla jusqu’à se jeter aux pieds de Charles-Quint pour le détourner de franchir les Alpes.
22, +N’estoit+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
34, +Exploit+.--En 1346. «Quoi qu’il arrive, aurait, au dire de FROISSART, I, 30, ajouté le roi, ne vous adressez plus à moi de la journée, tant que mon fils sera vivant.» Ce fait est d’autant plus remarquable, qu’on ne saurait nier que, chez les princes, la jalousie contre leurs fils ou leurs frères, et, en général, contre ceux qui doivent leur succéder, ne soit un mal très fréquent.
37, +Sienne+.--PLUTARQUE, _Instructions pour ceux qui manient les affaires d’État_.
41, +Obeyr+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
=480=,
4, +Personne+.--En 1591, Grégoire XIV promulgua un bref, à l’occasion de la Réforme, qui permettait à tous les ecclésiastiques de porter les armes contre les hérétiques.
8, +Raison+.--C.-à-d. les fit lui-même prisonniers.