Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Part 66

Chapter 663,720 wordsPublic domain

6, +L’autre+.--PLUTARQUE, _Timoléon_; DIODORE DE SICILE, XVI.--Vers =365=. Après s’être opposé de toutes ses forces aux entreprises de son frère Timophane qui voulait usurper le pouvoir à Corinthe, n’ayant pu le détourner de ses projets criminels, Timoléon le fit mettre à mort, et, s’exilant volontairement après ce sacrifice, resta vingt ans éloigné des affaires.

CHAPITRE XXXVIII.

Ce chapitre est numéroté XXXIX dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

7, +Solitude+.--Les pages écrites par Madame Périer sur les mortifications de Pascal, son frère, sont le contrepied complet de ce chapitre de Montaigne; leur lecture simultanée est, à cet égard, de grand intérêt. PAYEN.

10, +Publicq+.--Traduction d’un vers de LUCAIN, II, 383, à l’éloge de Caton d’Utique.

12, +Recherche+.--A remarquer trois sujets, dont deux au pluriel, et le verbe au singulier.

13, +Particulier+.--Le bien public a été de tous temps le prétexte de tous ceux qui, mus par une ambition et un intérêt tout personnels, vont, sur une plus ou moins grande échelle, soit isolément, soit en association, agitant le monde; c’est en particulier, de nos jours, le cas de la plupart de ceux qui s’adonnent à la politique: bien peu dans le nombre, quoi qu’ils en disent, ont un mobile désintéressé; s’ils sont de valeur, ils visent à tout; ceux de peu d’envergure se bornent à trafiquer de leurs voix, de leurs recommandations et à pêcher en eau trouble; les scrupules et la conscience n’arrêtent ni les uns, ni les autres; les Verrès y sont nombreux, les Phocion bien rares.

17, +Société+.--«La plus contraire humeur à la retraite, c’est l’ambition,» dit plus loin Montaigne (=I=, 426), en contradiction, mais seulement apparente, avec lui-même: l’ambitieux, veut-il dire, n’a que lui-même en vue, et ne peut songer à abandonner un seul instant la partie.

17, +Franches+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _et point de compagnon_.

19, +Grande+.--DIOGÈNE LAERCE, _Bias_.

20, +Bon+.--«Ayez beaucoup d’amis qui vivent en paix avec vous, mais choisissez pour conseil un homme entre mille.» _Ecclésiastique_, VI, 6.

23, +Presse+.--La contagion chez les foules est constante et presque irrésistible, les exemples en sont innombrables. C’est elle qui fait qu’on les voit si souvent se livrer à des manifestations, sans que le plus grand nombre de ceux qui y prennent part sache ce dont il s’agit, et que, si fréquemment sans motif plausible, elles changent de caractère et de pacifiques en viennent à commettre des actes criminels. Les paniques n’ont pas d’autre cause. C’est également à la contagion que l’on doit de voir parfois, lorsqu’un accident se produit, les gens et jusqu’aux parents les plus proches venir successivement affirmer l’identité de victimes qu’on voit plus tard réapparaître saines et sauves, que les incidents les plus saillants d’un combat sont inexactement rapportés, si bien qu’il est impossible d’accorder pleine créance au témoignage des foules et que l’unanimité des témoins est loin d’être une garantie de vérité.

26, +Dissemblables+.--Réflexions traduites de SÉNÈQUE, _Epist._ 7.

=412=,

3, +Moy+.--DIOGÈNE LAERCE, _Bias_.

8, +Bord+.--Variante de l’exemplaire de Bordeaux: «en sauueté», au lieu de «à bord».--Singulière idée qu’eut là Albuquerque, qui aurait plutôt l’air d’une plaisanterie que d’un acte religieux, si on ne savait à quel point la superstition porte le trouble dans l’esprit de la plupart des hommes. NAIGEON.

15, +Compagnie+.--DIODORE DE SICILE, XII, 4.--Nous nous bornons présentement à leur dire: «Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.»

18, +Malades+.--DIOGÈNE LAERCE, _Antisthène_.

28, +Marché+.--Place publique, acception du mot latin _forum_.

34, +Cura+.--La traduction donnée de cette citation est de Boileau, dont le vers élégant est passé en dicton.

=414=,

1, +Soy+.--«On ne s’amende pas pour aller à Rome,» dit un proverbe.--La Fontaine exprime la même idée; parlant d’un pélerin, il dit:

«Prou de pardons il auoit rapporté. De vertus point, chose assez ordinaire.»

30, +Vnquam+.--Montaigne a traduit lui-même ce vers avant de le citer.

42, +Sien+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 9, dont Montaigne a adopté la version, dit bien que Stilpon avait perdu femme et enfants; mais il est seul à le dire; ni Diogène Laërce, ni Plutarque n’en font mention, en rapportant sa réponse qui s’exprime mieux ainsi. Dire n’avoir rien perdu, s’il avait perdu tous les siens, eût été pousser par trop loin le stoïcisme. NAIGEON.

45, +Naufrage+.--DIOGÈNE LAERCE, VI.

=416=,

3, +Entier+.--En 409, lors de l’invasion des Goths. S. Grégoire de Tours mentionne qu’en cette circonstance, S. Paulin racheta de sa propre liberté le fils d’une pauvre veuve réduit à l’esclavage.

8, +Despende+.--On peut rendre son bonheur indépendant des biens de la fortune et même cela est sage; mais il est bien difficile d’avoir pareille indifférence pour la santé, dont on peut dire aussi ce que La Fontaine dit de la liberté: «Ce bien sans lequel les autres ne sont rien»; ainsi du reste que Montaigne en convient plus loin, «d’autant que sans elle, dit-il, la vie nous vient à estre pénible et iniurieuse».

23, +Regarde+.--Quiconque réfléchit et observe, peut, à tout moment, constater la vérité de cette assertion en lui et chez les autres.

29, +Délices+.--«Cette citadelle que défend un soldat et qu’un autre attaque; et le fait de cet érudit acharné à l’étude de Plaute, ces deux petits tableaux, ces deux toiles de Meissonier, c’est du pur La Bruyère.» G. GUIZOT.

34, +Plaute+.--Mélanchthon, savant théologien du XVIe siècle, a, le premier, reconnu la mesure des vers de Térence; jusqu’alors tous les anciens manuscrits de cet auteur présentaient un texte suivi, comme si c’eût été de la prose.

=418=,

2, +Gens+.--Ce sentiment est indépendant de nous: on est bon ou méchant, vertueux ou vicieux selon qu’on veut; mais on n’est pas plus sensible qu’insensible à volonté et à moment donné, ce que CHAULIEU exprime si bien, à propos d’un ami que la mort lui a enlevé:

«J’appelle à mon secours raison, philosophie; Je n’en reçois, hélas! aucun soulagement. A leurs belles leçons insensé qui se fie! Elles ne peuvent rien contre le sentiment. J’entends que la raison me dit que vainement Je m’afflige d’un mal qui n’a point de remède, Mais je verse des pleurs dans le même moment Et sens qu’à ma douleur toute ma vertu cède.»

Tout ce que l’on peut concéder, c’est que le premier moment passé, la raison est à même de reprendre le dessus sur la nature, et qu’en outre de l’effet du temps, en s’évertuant à écarter de sa pensée les sujets pénibles, on finit dans une certaine mesure par y échapper.

32, +Dit+.--Cette maxime des Pythagoriciens n’est pas de Socrate; Montaigne la lui attribue parce que dans le recueil de Stobée, d’où il l’a tirée, elle suit immédiatement un mot de Socrate.

35, +Office+.--La rédaction du texte grec est la suivante: «Chaque âge a ses devoirs particuliers: les enfants doivent suivre les écoles; les jeunes gens s’appliquer à connaître les lois et les usages de la société; aux hommes faits incombe d’agir et d’occuper les charges publiques; aux vieillards les fonctions de juge et l’entrée dans les conseils en raison de leur expérience.»--Une autre sentence grecque dit pareillement: «Le vieillard délibère, l’homme fait agit, l’adolescent s’instruit.»

=420=,

31, +Paix+.--De nos jours, ce sont les manœuvres dites à double action, que clôturent les manœuvres d’automne, qui constituent cette préparation à la guerre; mais ici encore on a trop tendance à donner dans l’extrême.--C’est sans contredit une chose excellente que tout chef fasse manœuvrer sur le terrain l’unité qu’il commande, en vue de la conduite à tenir à une proximité telle de l’ennemi, qu’on peut en venir aux mains d’un moment à l’autre. Or, dans ces conditions, le commandement immédiat ne saurait excéder le corps d’armée; par suite, deux corps d’armée agissant l’un contre l’autre est le maximum d’envergure qu’on peut raisonnablement donner à ces manœuvres. Cette limite imposée dans la réalité par l’étendue des fronts à la guerre, l’est encore ici par les invraisemblances du temps de paix qui augmentent considérablement avec les effectifs en présence et les espaces sur lesquels on opère; et si quand même on veut faire concourir à une même action au delà de deux corps d’armée opposés, on en arrive au grotesque et chacun y désapprend au lieu d’apprendre; du reste c’est surtout avec des effectifs moyens, composés des trois armes (régiment, brigade, division), qu’en dehors de toute autre considération les manœuvres de ce genre sont le plus profitables.

A la vérité, il est non moins indispensable de former le commandement et les états-majors à la manœuvre et à l’établissement des ordres de mouvement d’effectifs comprenant plusieurs corps d’armée dans la période qui prend fin au moment où la bataille est sur le point de s’engager, alors que par exemple la distance qui sépare les masses opposées n’excède pas une journée de marche, soit une vingtaine de kilomètres; mais, pour cela, les manœuvres dites sur la carte satisfont amplement; les hypothèses suffisent, la présence des troupes n’ajoute rien, bien plus elle est nuisible par les conditions différentes du temps de guerre dont il faudrait tenir compte; la vue du terrain n’est pas indispensable; il ne l’est pas davantage que chefs et états-majors soient réunis, chacun peut demeurer à son poste habituel; le travail peut se faire et s’est fait (car ce n’est point là une innovation) par correspondance, les participants aux quatre coins de la France; il peut prendre des mois, cela importe peu, d’autant qu’il faut laisser à chacun le temps de la réflexion, point capital quand il s’agit d’études.

Quant aux manœuvres d’automne, limitées quant aux effectifs comme il a été dit, leur durée devrait être de sept à neuf jours, coupée par une journée de repos et non compris l’aller et le retour; les cantonnements, changés le moins possible, n’être pas distants de plus de 8 à 10 kilomètres du point initial de la manœuvre et de celui où elle doit prendre fin. On y arriverait par l’emploi de la tente-abri, concurremment avec le cantonnement; la saison s’y prête, elle ne surchargerait pas outre mesure l’homme qui ne porte à peu près rien, il ne perdrait pas l’habitude d’en faire usage, le temps donné à la manœuvre s’en trouverait accru et bien des situations de guerre pourraient être envisagées dont il n’est pas tenu compte actuellement.--La revue finale est à supprimer; elle donne à la vérité occasion aux hommes politiques de se montrer, de prononcer des banalités, de prodiguer des éloges sans valeur parce que la compétence leur fait défaut; mais en dehors de cela elle est sans utilité, influe quelquefois défavorablement sur la conduite des manœuvres et ajoute à la dépense.

Les manœuvres dites de forteresse, comme celles du service de santé, sont de la plus complète inutilité: les premières par l’impossibilité d’exécuter les travaux de terrassement dans les conditions et avec tout le développement que comporte la réalité, les secondes parce que tout y est fictif; de simples conférences sur le terrain les remplaceraient avantageusement. De même les manœuvres avec tirs réels et aussi les feux de guerre constituent des superfluités coûteuses, dont les résultats sont absolument nuls; la détermination des effets du tir dans telles et telles conditions se fait dans les polygones; ces expériences sont à reproduire de temps à autre dans les garnisons en se plaçant dans les meilleures conditions de réussite pour que chacun puisse en juger, tout le monde sachant du reste que plus on s’éloigne de ces conditions et notamment quand la distance est mal appréciée, les résultats déclinent rapidement pour en arriver facilement à être réduits à zéro et tout exercice réel de ce genre est superflu.

34, +Permettoit+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 38.

35, +Demis+.--Ses détracteurs ont également reproché à Sénèque d’avoir écrit sur le mépris des richesses, alors que lui-même en avait de considérables; chez n’importe qui le luxe n’a rien de répréhensible, s’il a été bien acquis. Le mal, en pareil cas, n’est pas d’y entrer et d’en user, mais de savoir en sortir.

=422=,

2, +Patience+.--On juge, en effet, de tout par comparaison; et souvent, on est moins malheureux quand on voit plus malheureux que soi.

5, +Accoustumance+.--Au dernier alinéa du ch. XIX de ce même livre, Montaigne a déjà dit que les paysans et les gens du commun ont plus de véritable philosophie.

22, +Saluste+.--_Catil._, 4.

23, +Cyrus+.--XÉNOPHON, _Économique_, IV, 20.

30, +Rufus+.--PLINE, _Epist._, I, 3.--C’est à un Caninius Rufus, au lieu de Cornelius Rufus, que ce conseil est adressé.

37, +Immortelle+.--CICÉRON, _Orator_, 43.--«Si tu cherches la retraite, que ce soit pour parler à toi, et non pour faire parler de toi», dit, au contraire, SÉNÈQUE, _Epist._ 25. V. =I=, 428.

=424=,

5, +Contradiction+.--N’en déplaise à Montaigne, il n’y a pas contradiction à chercher à occuper ses loisirs, quand on s’est retiré de la vie publique. Outre que, sans cela, on serait le plus souvent à charge à soi-même et aux autres, on ne saurait blâmer ceux qui emploient au mieux de ce qui leur est possible «les restes d’une vie qui s’en va, d’une ardeur qui s’éteint». Du reste, développant son idée, l’auteur ne critique que l’excès que l’on peut apporter dans les occupations nouvelles auxquelles on se livre, ce en quoi il a raison; mais, là où tout le monde peut ne pas partager son enthousiasme, c’est quand il exalte ceux qui se confinent dans la solitude, pour y mener une vie exclusivement contemplative; leur tranquillité relative est indéniable, mais pour avoir droit au repos, il faut l’avoir gagné, et c’est pourquoi, en ce qui les concerne, chaque cas est à juger en particulier.

21, +Conseil+.--Le conseil de Pline à Rufus.

22, +Liures+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _si elle a faute de regle et de mesure, elle_.

31, +Philistas+.--Passage traduit de SÉNÈQUE, _Epist._ 51.--De ce nom «Philistas», ou mieux de celui de Phélestas (en grec φηλήτης) que les anciens Égyptiens donnaient aux voleurs de grand chemin (d’où viennent le mot latin _fallere_ tromper et le mot français filou), a pu provenir celui de Philistins, attribué par les Hébreux à ces tribus qui occupaient une partie de la côte de Syrie, aux dépens desquels ils s’établirent, avec lesquels ils furent si fréquemment en guerre, et le nom est peut-être l’origine de celui de Palestine, donné par les Romains à cette contrée.

34, +Suitte+.--Ésope conte que Jupiter, voulant un jour mêler ensemble la volupté et la douleur, n’y parvint pas, et décida alors qu’elles se suivraient mutuellement, règle qui, en fait, est bien loin d’être d’application courante, aussi Antisthène recommandait-il de rechercher les plaisirs qui suivent la peine et non ceux qui la précèdent.

=426=,

13, +Via+.--Citation que Montaigne a fait précéder de sa traduction.

21, +Presse+.--Pour le monde, au bénéfice de la société.

34, +Autres+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _et les alonger de toute nostre puissance_. _Quamcumque Deus tibi fortunauerit horam, Grata sume manu, nec dulcia differ in annum_ (Quelle que soit l’heure à laquelle Dieu se montre favorable à toi, accepte avec reconnaissance, n’ajourne pas à plus tard ce qui est doux à recevoir).

38, +Ambition+.--V. =I=, 410 et N. Société.

=428=,

5, +Troupe+.--C.-à-d. se jeter plus avant dans la foule.--Faulsée est un vieux mot qui signifie choc, charge, incursion, irruption.

7, +Philosophes+.--Épicure et Sénèque; le premier chef de la secte qui porte son nom, le second appartenant à celle des épicuriens.--Sénèque (_Epist._ 21) cite un passage de la lettre d’Épicure à Idoménée, différente de celle que nous a conservée Diogène Laërce. LE CLERC.

19, +Mesme+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 7.

23, +Vray+.--Épicure écrivait à Idoménée.

25, +Peuple+.--Cette idée, Sénèque l’attribue à Démocrite.

27, +Taniere+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 68.

32, +Gouuerner+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 25.

=430=,

2, +Train+.--C.-à-d. le respect que vous avez pour eux, vous remettra sur le droit chemin.

5, +Cogitations+.--Pensées; du latin _cogitatio_ qui a même signification.

9, +Premiers+.--Pline le Jeune et Cicéron.

CHAPITRE XXXIX.

Ce chapitre est numéroté XL dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

10, +Couples+.--Épicure et Sénèque d’une part, Cicéron et Pline le Jeune de l’autre.

14, +Registres+.--Pline ne mérite pas ce reproche. Cicéron, _Epist. fam._, V, 12, écrivant à Lucceius, le prie, en effet, de ne pas s’attacher simplement à son endroit aux règles de l’histoire, et de franchir hardiment, en sa faveur, les bornes de la vérité; tandis que Pline, _Epist._, VII, 33, déclare expressément à Tacite qu’il ne demande pas qu’il donne la moindre atteinte à ce qui est: l’histoire, ajoute-t-il, doit émaner de la vérité qui suffit pour que soient acceptés tous les faits qu’elle relate.

16, +Histoires+.--Ce désir de voir leurs faits et gestes passer à la postérité (toute altération de la vérité mise de côté) était bien excusable chez ces deux personnages, en raison des services qu’ils avaient conscience d’avoir rendus. Les en blâmer serait condamner un des plus puissants stimulants, chez l’homme, du bien et du beau; et l’humanité, s’il en était ainsi, sans y rien gagner, pourrait y perdre beaucoup.

20, +Amis+.--Les lettres de Cicéron ne semblent pas, comme Montaigne le donne à entendre, avoir été écrites pour le public; lui-même n’en avait conservé que soixante-dix, les autres ont été recueillies par Tiron après sa mort; il suffit de lire surtout les lettres à Atticus pour être persuadé qu’elles ne s’adressaient qu’à lui. A l’égard de Pline le Jeune, l’assertion est au moins douteuse.

24, +Monde+.--D’une république souveraine du monde.

=432=,

7, +Personnage+.--DIDEROT ne partage pas cette manière de voir: «Le talent de s’immortaliser par les lettres n’est pas une qualité malséante pour personne à quelque rang que ce soit: la guirlande d’Apollon s’entrelace sans honte sur le même front que celle de Mars.»

9, +Afriquain+.--Térence, dont il est ici question, était d’origine africaine; amené à Rome comme esclave, il avait été acheté par Scipion Émilien et rendu par lui à la liberté.

11, +Luy mesme+.--Il ne l’avoue pas, et les passages du prologue de sa comédie des _Adelphes_ où l’on a cru en voir indice ne sont autres que des marques de déférence à l’égard de protecteurs, ne comportant nullement l’idée de coopération; du reste, il était plus âgé que Scipion et Lélius et sa notoriété avait précédé la leur. Cicéron, dont on invoque aussi le témoignage sur ce point, ne le donne que comme un on dit, qu’il ne garantit pas. PAYEN.

14, +Loüables+.--Montaigne reproduit la même idée, =I=, 556.

17, +Arquebusier+.--Cette pratique d’un art manuel était assez fréquente chez les grands. Chez les Musulmans, elle est de règle, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit toujours observée; le Coran les y incite: «Prends un rabot, c’est une arme qui te fera combattre cette maladie de l’âme, cet affreux poison de la vie, qu’on appelle l’ennui.» Haroun er-Raschid, un de leurs plus célèbres khalifes, excellait dans la broderie sur cuir, dit la chronique de son temps, et dut à ce talent de ne pas perdre la vie; il s’était aventuré, incognito, chez un malfaiteur dont il avait surpris la criminelle industrie et dont, sur le point de se défaire de lui, la cupidité se laissa séduire par la proposition que le khalife lui fit de l’employer à des travaux de cette nature qu’il trouverait à vendre avantageusement, ce qui donna possibilité au prisonnier, par les arabesques dont il composa ses dessins, de faire connaître sa situation au dehors et d’être délivré.--Louis XVI, excellent géographe, s’adonnait aussi à la serrurerie. Un jour qu’il faisait admirer à un de ses valets de chambre une serrure qu’il venait d’achever, celui-ci lui fit cette réponse que devaient confirmer si tragiquement les événements qui, déjà peut-être, la lui inspiraient: «Quand les rois, Sire, s’occupent des ouvrages du peuple, le peuple s’empare des fonctions des rois!»

17, +Bague+.--Jeu d’adresse, où, étant à cheval et au galop, ceux qui y prennent part, tâchent d’enfiler et d’emporter avec le bout de leur lance des anneaux suspendus de place en place sur la carrière où se fait la course.

19, +Propres+.--Montaigne, dans tout ce chapitre, s’est montré fort sévère à l’égard de Pline et de Cicéron qui étaient précisément dans le cas qu’il admet: l’éloquence et la beauté du style n’étaient pas leurs seules qualités, elles se trouvaient unies à d’autres talents sinon plus rares et plus estimables, du moins d’une utilité plus générale dans les situations qu’ils ont occupées, quoiqu’il n’y ait peut-être pas eu de ville au monde où l’art de bien parler ait plus importé qu’à Rome. NAIGEON.

28, +Philippus+.--PLUTARQUE, _Démosthène_. En =358=, avant les hostilités entre Philippe d’une part et les Athéniens et les Thébains de l’autre, qui aboutirent à la bataille de Chéronée.

38, +Sciat+.--Citation tirée de Virgile, mais où Montaigne introduit des changements.

=434=,

7, +Bien+.--PLUTARQUE, _Périclès_, 1.

10, +Moy+.--PLUTARQUE, _Comment on peut discerner le flatteur d’avec l’ami_, 25.

10, +Iphicrates+.--PLUTARQUE, _De la Fortune_.--Iphicrate est demeuré fameux par la discipline qu’il exigeait des troupes. Faisant une ronde au siège de Corinthe et trouvant une sentinelle endormie, il la perça de son javelot; et, comme on le blâmait de l’avoir ainsi tuée: «Telle je l’ai trouvée, dit-il, telle je l’ai laissée.» C’est lui qui créa les Peltastes, soldats armés à la légère.

14, +Ceux-là+.--PLUTARQUE, _Traité de la Fortune_.--Au moins en principe, il était admis jadis, dans les gouvernements démocratiques comme dans tous autres, que gouverner c’est conduire et non être conduit, mais ceux qui conduisent étant effectivement responsables de la manière dont ils s’en acquittent.

Les choses ont bien changé, c’est même le principe contraire que consacre cette institution, créée par crainte du despotisme, de rois constitutionnels et autres chefs d’État aux dénominations diverses qui sont irresponsables et dont le rôle, dans sa partie essentielle, se borne à la représentation, à la constitution des ministères et à la promulgation des lois et décrets à la rédaction desquels ils demeurent étrangers. Réduite à ce qu’elle est, leur action pourrait encore être de quelque efficacité; mais, pour cela, il faudrait qu’ils aient du caractère. Il est bien loin d’en être toujours ainsi; n’avons-nous pas vu l’un d’eux, durant les sept années qu’il a occupé ces fonctions, désavouer en maintes occasions ce que, contre le gré de sa conscience, il ratifiait de sa signature, sans jamais user du droit, peut-être illusoire, mais dont il eût dû user néanmoins, que lui conférait la constitution d’en appeler à une seconde délibération.

Malheureusement, en France, où, Dieu merci, aucune classe privilégiée n’existe plus sur laquelle on puisse prendre appui pour gouverner sauf à en abuser parfois pour opprimer les autres classes, mais où les minorités ne sont pas représentées en proportion de ce qu’elles sont, la passivité du chef de l’État, faute de contre-poids, conduit insensiblement à la ruine. Tous les pouvoirs se trouvant entre les mains des parlementaires qui, pour se faire nommer, ont promis à qui mieux mieux tout ce qui pouvait appâter les électeurs; une fois élus, irresponsables eux aussi, ils ne cherchent qu’à préparer leur réélection en se faisant des partisans, et vont gaspillant à cet effet la fortune publique dont ils n’ont cure.