Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 60
3, +Dire+.--C.-à-d.: «Je n’emploie, je ne cite les pensées des anciens que pour avoir plus d’occasions de produire mes propres pensées; bien différent en cela de ceux qui se couvrent des armes d’autrui, jusqu’à ne pas montrer seulement le bout de leurs doigts».--Ou encore: «Je n’emploie les idées des autres que pour rendre d’autant mieux les miennes», ainsi qu’on peut en juger en se reportant au ch. X du liv. II (=I=, 252), où il est dit: «car ie fay dire aux autres... ce que ie ne puis si bien dire par foiblesse de mon langage ou par foiblesse de mon sens».
3, +Centons+.--Mot venant du grec et signifiant à proprement parler un manteau fait de pièces d’étoffes rapportées, un habit d’Arlequin.--Le centon est une pièce en vers le plus généralement composée de vers entiers ou de passages pris de côté et d’autre dans un même auteur, comme les centons d’Ausone, composés de vers de Virgile, soit chez divers et disposés dans un ordre autre, ce qui donne à ces fragments un sens tout différent de celui qu’ils ont dans l’original. Quoi qu’en dise Montaigne, le style de ces sortes d’ouvrage est par trop plein d’expressions dures, impropres et énigmatiques; en français, il n’en existe guère qu’en prose et ce ne sont pour la plupart que des assemblages de proverbes, sans intérêt aucun.
7, +Politiques+.--Vaste compilation de Juste Lipse sur le droit et la politique, publiée en 1589 et qui, à l’époque, eut un grand retentissement. Cet ouvrage a en effet tous les caractères d’un centon, étant composé de sentences et de maximes tirées des historiens, poètes, philosophes, orateurs grecs et latins, auxquelles l’auteur n’a ajouté que le fil qui les unit, ce qui, joint au mérite de les avoir recueillies et présentées d’une façon intéressante, n’en dénote pas moins beaucoup d’érudition et de patience.--Montaigne se montre ici reconnaissant, car Juste Lipse, lui envoyant son livre, lui écrivait: «_O tui similis mihi lector sit_ (_Que ne sont-ils tous semblables à toi, mes lecteurs_)!»
16, +Autruy+.--«_Scienter nesciens et sapienter indoctus_ (_savant dans son ignorance, simple dans sa sagesse_)», a-t-on dit de Montaigne, lui appliquant ces paroles du pape Grégoire II à l’adresse de saint Benoît. JAMET.
25, +Viendra+.--Le mariage de Diane de Foix (V. N. =I=, 226: Gurson) avait été négocié par Montaigne; le premier-né de cette union fut en effet, en 1582, un fils, Frédéric de Foix, qui devint maréchal de camp et grand sénéchal de Guyenne.
25, +Auez+.--Add. des éd. ant.: _de tout temps_.
26, +Seruitude+.--Peut-être la terre de Montaigne qui, depuis qu’elle était dans la famille Eyquem, relevait de l’archevêque de Bordeaux, avait-elle, à une époque antérieure, relevé des comtés de Gurson, dont le château se trouvait à peu de distance, et dont était Diane de Foix dont il est ici question.
33, +Difficulté+.--C’est le langage que, dans PLATON, _Théagès_, tient à Socrate un père qui, accompagné de son fils, vient le consulter pour savoir à qui en confier l’éducation.
=234=,
3, +Eux-mesmes+.--C.-à-d. combien dans l’âge mûr ils ont été différents de ce qu’ils étaient dans leur enfance.
10, +Pied+.--Les éd. ant. port.: _goust_.
18, +Basses+.--Cette infériorité d’une partie de la race humaine, déjà mentionnée par Montaigne (N. =I=, 218: Science), si attentatoire à la doctrine de l’Évangile, est soutenue, dans toute son amplitude, par S. THOMAS D’AQUIN, dont l’ouvrage de Sebond, qui est analysé ici, est considéré comme résumant les opinions. «Quant aux laboureurs, dit saint Thomas, aux industriels et aux marchands, il est manifeste qu’il ne faut pas les considérer comme des citoyens, ni comme faisant partie eux-mêmes d’une société bien organisée... Ces hommes vils, en raison de leurs occupations abjectes, ne sauraient se livrer à la contemplation de la vérité et à la pratique des arts libéraux.»
=236=,
4, +Maison+.--Enfant noble, de bonne famille.
4, +Lettres+.--Les éd. ant. ajoutent: _et la discipline_.
8, +Réussir+.--Est employé ici dans le sens de l’italien _riuscire_, aboutir, conclure, arriver à un résultat bon ou mauvais.
17, +Montre+.--Lui donner occasion de se montrer.--Terme de maquignonnage; c’était le lieu où l’on essayait les chevaux. Montaigne continue cette même figure quelques lignes plus loin: «Il est bon qu’il le fasse trotter deuant luy, pour iuger de son train.»
22, +Eux+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 36.
=238=,
8, +Platon+.--Par des interrogations; d’après la méthode suivie par Socrate dans les dialogues de Platon.
11, +Cuire+.--Add. de 88: «On ne cherche reputation que de science. Quand ils disent, c’est vn homme sçauant, il leur semble tout dire.»
24, +Estamine+.--Qu’il lui fasse tout examiner, analyser.--Expression proverbiale qui vient du tissu peu serré de crin, de soie ou de fil, appelé de ce nom, dont sont garnis les tamis servant à passer les matières pulvérisées, quand on veut en séparer les parties ténues d’avec les parties grossières.
28, +Double+.--Dans l’exemplaire de Bordeaux, Montaigne ajoutait: «Il n’y a que les fols, certains et resolus», addition qu’il a ensuite rayée.
34, +Imboiue+.--«Imboire» ne se trouve pas dans les dictionnaires, où figure seul «imbu» qui semble en être le participe passé.
=240=,
2, +Apres+.--Cette pensée se retrouve dans LA BRUYÈRE: «Horace ou Despréaux l’ont dit avant vous.--Je le crois sur votre parole, mais je l’ai dit comme mien; ne puis-je pas parler après eux d’une chose vraie, dont d’autres encore parleront après moi?»
«Dis-je quelque chose assez belle, L’antiquité toute en cervelle Me dit: «Je l’ai dit avant toi.» C’est une plaisante donzelle. Que ne venait-elle après moi, J’aurais dit la chose avant elle.» CH. NODIER.
«Rien n’appartient à rien, tout appartient à tous; Il faut être ignorant comme un maître d’école Pour se flatter de dire une seule parole Que personne ici-bas n’ait pu dire avant vous; C’est imiter quelqu’un, que de planter des choux.» A. DE MUSSET.
3, +Espices+.--Salaire des vacations de juges, d’expéditions judiciaires, etc. L’usage de qualifier de la sorte la rémunération officieuse de certains services rendus, était fort ancien et avait pour origine la rareté des épices et le cas qu’on en faisait, quand le commerce avec les Indes qui les produit, n’existait pas; on en offrait aux grands seigneurs et en général à ceux dont on avait à reconnaître ou se ménager les bons offices. Cette redevance, passée dans les mœurs, a été plus tard convertie en argent; elle n’est pas à confondre avec ce que nous appelons aujourd’hui épingles ou encore pots de vin qui sont des dons illicites, sollicités abusivement et consentis pour obtenir des passe-droits.
16, +Epicharmus+.--Dans les _Stromates_ (mélanges) de CLÉMENT D’ALEXANDRIE, II; et dans PLUTARQUE, _De la Sagacité des animaux_.
17, +Empennées+.--Arrangées, préparées à l’instar des flèches que l’on garnit de plumes, ou des traits qu’on munissait d’ailerons, pour les empêcher de tourner sur eux-mêmes et faire qu’ils aient plus de portée et de justesse.
25, +Sçauoir+.--«L’érudition n’est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas le bâtiment» (Proverbe turc).--Cette distinction a peu cours en France, même dans l’Université, d’où nos méthodes d’instruction encore si défectueuses.
33, +Caprioles+.--Du latin _capra_, chèvre; terme de danse qui désignait alors un rythme particulier. On dit maintenant, mais dans une acception un peu différente «cabrioles», du provençal _cabra_, signifiant également chèvre.
35, +L’esbranler+.--Add. des éd. ant.: «et mettre en besongne».
=242=,
1, +Luth+.--Instrument à cordes des plus anciens, aujourd’hui disparu, avait quelque ressemblance avec une harpe de très petite dimension.
9, +Botanda+.--Le Panthéon qu’Agrippa fit construire à Rome, sous le règne d’Auguste; c’est le seul des temples de Rome antique qui soit conservé dans son intégrité.
10, +Liuia+.--Il y avait à Rome, au XVIe siècle, une femme remarquable par sa beauté et les grâces de son esprit; c’était Livia Colonna, fille de Marc-Antoine Colonna. Plusieurs poètes de l’époque l’ont célébrée et nous apprennent qu’elle avait pour adorateur tout le peuple romain. Un jour elle s’éloigna de Rome et des pluies diluviennes suivirent son départ; «les eaux qui menacèrent subitement d’inonder la ville éternelle, venaient, dit l’une de ces poésies, des larmes de ses amants». Avait-elle des caleçons d’une forme et d’une richesse exceptionnelles, c’est ce que les madrigaux écrits en son honneur nous laissent ignorer. ROSTAIN.
12, +Médaille+.--Montaigne se moque ici quelque peu des antiquaires et même des érudits dont les longues et ennuyeuses dissertations n’ont souvent de but ni utile, ni instructif.
15, +Enfance+.--«Avant de voyager pour s’instruire, il faut, dit-on parfois, s’instruire pour voyager.» C’est bien dit, mais ce n’est pas absolument exact: On s’instruit en voyageant, l’enfant comme tous autres; seulement les voyages profitent bien plus à qui est instruit qu’à celui qui ne l’est pas.
27, +Remede+.--C.-à-d. pas moyen de faire autrement.
35, +Compagnie+.--C.-à-d. unie à un corps.
36, +Leçon+.--Dans mes lectures.
=244=,
9, +Geaule+.--Geôle, prison; d’où vient geôlier; viendrait lui-même du latin _gabiola_, cage.
10, +L’espreuue+.--Nous en voyons tous les jours la preuve et quiconque... Ces lignes ont été écrites pendant les guerres civiles sous le règne de Henri III et à l’avènement de Henri IV.
23, +Fables+.--Est mis ici dans le sens de hâbleries, propos pleins de vantardise et d’exagération.
27, +Contraster+.--Blâmer, contredire, censurer.
=246=,
9, +Mestier+.--Les procureurs et avocats, qui, trop souvent, par situation, poursuivent et défendent de parti pris, quelles que soient leurs convictions personnelles.
26, +Reluisent+.--Add. des éd. ant.: _iusques_.
27, +Particulieres+.--Quoique remplissant fidèlement ses devoirs de citoyen, de sujet et même de catholique, Montaigne, fidèle à ce principe, refusa constamment de s’attacher au service des rois par des obligations particulières contractées envers eux, non plus qu’à s’inféoder à l’un quelconque des partis qui, à cette époque, divisaient la France.
32, +Ames+.--_Errare humanum est, perseverare diabolicum_ (_Faire erreur est le fait de l’homme, s’y obstiner celui du démon_)», dit un adage bien connu, dont la source ne l’est pas.
=248=,
2, +Suffisance+.--Langage tout différent de celui tenu, =I=, 218.
4, +Maluoisie+.--Vin grec qui a pris son nom de Napoli di Malvasia (auj. Nauplie), ville du Péloponnèse.
22, +Veut+.--Add. de 80: _et qui ne se propose autre fin que le plaisir; mais_.
24, +Platon+.--Dans _Hippias major_.
25, +Nostre+.--Plutarque traduit en français par AMYOT, dont la traduction des _Hommes_ illustres avait paru en 1559, il y avait donc une douzaine d’années, et celle des _Œuvres morales_ était en cours de publication, quand Montaigne écrivait son premier livre des Essais, 1574.
29, +Là+.--Annibal et Métellus étaient en présence près de Venouse (Italie méridionale). Une colline dont l’occupation importait aux deux partis était entre les deux camps; Annibal, arrivé premier, ne l’occupa pas et préféra y tendre une embuscade, persuadé que les Romains chercheraient à s’y établir. C’est ce qui arriva: Marcellus, consul, s’y porta avec son collègue pour en faire la reconnaissance, et y fut tué; son collègue mourut lui aussi, peu après, de ses blessures, =208=; il n’était pas encore arrivé aux Romains de perdre leurs deux consuls dans un même combat. Plutarque dit de Marcellus, à cette occasion, qu’en se précipitant inconsidérément et sans nécessité dans le danger, il est mort, non en général d’armée, mais en enfant perdu ou en batteur d’estrade.
=250=,
2, +Besongne+.--Henri IV partageait ce sentiment d’estime que Montaigne avait pour Plutarque: «Il me sourit toujours d’une fraîche nouveauté, écrivait-il à Marie de Médicis; c’est un ami; il m’a dit à l’oreille beaucoup de maximes excellentes pour ma conduite et pour le gouvernement de mes affaires.»
2, +Mille+.--Add. des éd. ant.: _et mille_.
6, +Mot+.--Dans son traité de la _Mauvaise honte_.
19, +Faut+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
25, +Monde+.--CICÉRON, _Tusc._, V, 37; PLUTARQUE, _De l’Exil_.--Socrate pouvait être internationaliste au point de vue philosophique, mais nul ne connut et ne pratiqua mieux ses devoirs envers sa patrie, n’en observa mieux les lois, ne la servit avec plus de dévouement à la guerre, V. N. =III=, 576: L’vn.
D’après ce même traité _De l’Exil_, de PLUTARQUE, on a fait dire à Hercule:
«Quoiqu’on me fasse Argien ou Thébain, Point ne me vante être de lieu certain, Toute cité de Grèce est ma patrie.»
28, +Nous+.--Montaigne émet ici une de ces idées au mirage enchanteur, mais qui tout en ayant fait fortune, ne sont que mirage.--Tous les hommes sont frères et ils devraient s’aimer en tant qu’hommes et non comme Suisses ou Anglais. Cette conception généreuse, déjà formulée longtemps avant notre ère, a été prônée depuis à maintes reprises; elle est la base de la religion chrétienne; Plutarque s’en est fait l’avocat; Mirabeau et après lui Bonald ont pronostiqué que l’Europe ne ferait qu’une famille; Ballanche comme avait fait Rousseau, et comme firent en des temps plus rapprochés de nous Lamennais, Lamartine, Émile de Girardin, et autres, ont soutenu la même doctrine, en même temps que Bossuet flétrissait la guerre qui fait périr tant d’innocents et que Pascal et Voltaire déclaraient un acte de démence inexcusable de tuer un homme parce qu’il demeure de l’autre côté de l’eau. Si séduisantes que soient ces espérances, si justifié que soit cet anathème, en attendant que ces utopies actuelles deviennent dans l’avenir des réalités, il faut être de son époque et ne pas devenir dupe et victime par trop de simplicité, c’est pourquoi, en attendant d’être mis au rang des bienfaiteurs de l’humanité, ceux qui prêchent à la France le désarmement, taxent le patriotisme d’imbécillité, s’appliquant à détruire en elle les sentiments et les institutions dont l’existence est nécessaire pour assurer son indépendance, sont des individus coupables au premier chef, alors même qu’ils seraient sincères, et dangereux au même titre que ceux qui sapent les idées religieuses non moins indispensables à l’humanité pour lui faire prendre en patience les misères de la vie, que n’est une armée forte et disciplinée pour la sauvegarde du territoire; tant qu’il y aura des loups, il faudra des chiens de garde, et des médecins tant qu’il y aura des malades.
31, +Cannibales+.--La pépie est une membrane cornée qui croît dans le bec des oiseaux, en particulier des poules, et les empêche de manger et de boire. Le curé de Montaigne s’imagine que parce qu’il est survenu un accident dans son village, le monde entier va s’en ressentir; et que parce que les vignes y ont été gelées, que le vin fera défaut, les Cannibales qui habitent une autre partie du globe et auxquels il est inconnu souffriront quand même de la soif.
34, +Galler+.--Se réjouir; de ce mot viennent gala, régaler.
«Je plains le temps de ma jeunesse, Auquel est plus qu’en autre temps gallé.» VILLON.
=252=,
23, +Argoulets+.--Archers à cheval, puis arquebusiers à cheval, qui devinrent plus tard les dragons. Au temps de Montaigne, était le nom générique du soldat de peu d’importance, dont on ne faisait pas cas, probablement parce que tirant à cheval, leurs coups n’étaient pas fort à redouter, et que, comme cavaliers, ils étaient empêchés par leur arme à feu.
23, +Pouillier+.--Expression bourguignonne: poulailler, bicoque, et par extension, mauvaise place de guerre non défendable.
39, +Pythagoras+.--CICÉRON, _Tusc._, V, 3.--J.-J. Rousseau, dans l’_Émile_, IV, paraît avoir transcrit ce passage d’après les Essais.
39, +Retire+.--Ressemble; retirer à quelqu’un c’est lui ressembler; de là l’expression «tirer un portrait», qui se dit parfois pour «faire un portrait».
=254=,
2, +Physique+.--Les éd. ant. port.: _Musique_.
3, +Desja+.--Add. des éd. ant.: _le goust_.
13, +Elles+.--On a déjà vu que Montaigne emploie le mot «art» au féminin; mais ici c’est assez surprenant, ayant dit à la ligne précédente les «arts libéraux».--La pensée est de SÉNÈQUE, _Epist._ 88.
23. +Vtilité+.--Aux sciences qui sont d’utilité.--DIOGÈNE LAERCE, _Socrate_, II, 21, dit «:Socrate fut le premier philosophe qui fit porter ses études relatives à la conduite dans la vie et aux mœurs, sur ce qui est bien et ce qui est mal.»
30, +Aqua+.--Les Poissons, le Lion, le Capricorne sont trois des constellations du Zodiaque, zone idéale de la sphère céleste dont l’écliptique, plan dans lequel le soleil se meut, occupe le milieu. Chacune des constellations du Zodiaque, au nombre de douze, correspond à peu près à un mois de l’année durant lequel le Soleil semble s’y mouvoir d’un mouvement continu, ce sont: la Vierge (septembre), la Balance (octobre), le Scorpion (novembre), le Sagittaire (décembre), le Capricorne (janvier), le Verseau (février), les Poissons (mars), le Bélier (avril), le Taureau (mai), les Gémeaux (juin), le Cancer (juillet) et le Lion (août).
35, +Βοώτεω+.--Les Pléiades et le Bouvier sont des constellations de l’hémisphère boréal.
36, +Pythagoras+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 4.
=256=,
5, +Deuis+.--En forme de conversation. Devis n’est plus en usage dans ce sens, mais on le retrouve dans le mot deviser qui se dit en style familier.
11, +Pour+.--Add. des éd. ant.: _apres sa mode_.
12, +Leçon+.--Add. des éd. ant.: _qui est la philosophie_.
14, +Gaza+.--Auteur d’une grammaire grecque, un peu obscure, pour les commençants.
27, +Grammairien+.--PLUTARQUE, _Des oracles qui ont cessé_, 5.--Démétrius revenait d’Angleterre; son observation n’avait rien de critique, c’était une simple entrée en matière, à la suite de laquelle il se fit admettre à prendre part à la conversation.
32, +Βάλλω+.--Je jette, je lance; fait au futur =Βαλῶ=, avec un seul λ.
34, +Βέλτιστον+.--C.-à-d. qui perdent leur temps à chercher d’où peuvent dériver ces comparatifs et superlatifs (comparatifs et superlatifs des adjectifs χείρευς, mal, et ἀγαθός, bon), dont la formation est irrégulière ou qui dérivent de mots autres que leurs positifs.
=258=,
13, +Baralipton+.--Mots barbares qui, dans l’ancienne logique scolastique, servaient à distinguer deux des dix-neuf formes de syllogisme.--Ce n’est pas, a dit PASCAL, Baroco et Baralipton qui forment le raisonnement...; et l’une des principales raisons qui éloignent le plus ceux qui entrent dans ces connaissances, du véritable chemin qu’ils doivent suivre, est l’imagination qu’on prend d’abord que les bonnes choses sont inaccessibles.
15, +L’ame+.--Les éd. ant. port.: _la fortune_.
17, +Epicycles+.--Terme d’astronomie; cercle dont le centre est sur la circonférence d’un autre cercle, servant dans le système planétaire de Ptolémée, qui n’a plus cours, à expliquer les irrégularités apparentes du mouvement des planètes et leurs distances variables par rapport à la terre.--Pris ici au figuré, a le sens d’hypothèses.
19, +Inaccessible+.--L’école d’Aristote dont les enseignements faisaient loi à l’école; cette thèse avait été du reste celle de beaucoup d’autres, de Simonide entre autres.
20, +Rebours+.--Cette divergence d’opinions subsiste toujours. D’Alembert, Portalis ont dit «que la véritable philosophie est à la portée de tous, que le vrai, même en métaphysique, se trouve en germe dans tous les esprits qui le reconnaissent dès qu’on le leur montre»; et Cousin déclare que «le genre humain n’est pas philosophe et que la philosophie est l’aristocratie de l’espèce humaine».
23, +Doux fleurantes+.--Odoriférantes; l’expression paraît forgée par Montaigne.
24, +Célestes+.--Il semble que Montaigne ait eu ici une réminiscence des termes d’une traduction d’un passage de Xénophon, exprimant du reste l’idée contraire à la sienne, traduction parue en 1553 et qu’il possédait:
«... Paré des plus riches couleurs, Le vice nous conduit par des chemins de fleurs; De roses sous ses pas les plaisirs nous enchaînent; Mais des sentiers aigus à la vertu nous mènent, Et son temple est fondé sur un roc sourcilleux.»
30, +Despite+.--Courroucée, qui marque du dépit.--On trouve dans CL. MAROT:
«Le Tout-Puissant de leurs façons despites Se moquera, car d’eux il ne lui chault.»
31, +Gents+.--Quoi qu’en dise ici Montaigne, ce n’est pas là le chemin de la vertu, qui, d’après Bossuet, est un chemin où le chrétien grimpe plutôt qu’il ne marche. Du reste au liv. II, ch. XI (=II=, 88), il dit avec plus de vérité que «la vraye vertu demande vn chemin aspre et espineux...».
34, +Poëtes+.--HÉSIODE, Ἔργ. καὶ ἡμ., v. 287.
37, +Angelique+.--Héroïnes du poème de l’Arioste «Roland furieux».
41, +Garce+.--Jeune fille. V. N. =I=, 458: Garces.
41, +Attifet+.--Coiffure du temps; à proprement parler, carcasse en fil de fer soutenant le haut du bonnet et lui donnant la forme figurant d’ordinaire dans les portraits de Catherine de Médicis et de Marie Stuart.
=260=,
2, +Phrygie+.--Pâris, qui eut à décerner le prix de beauté que se disputaient Junon, Pallas et Vénus, et qui l’attribua à cette dernière.
2, +Leçon+.--«Le passage qui suit est un bel éloge de la vertu, il serait difficile d’en parler plus dignement et avec plus de justesse.» PAYEN.
13, +Lasseté+.--Lassitude, qui en dérive et l’a remplacé dans la langue.
15, +Crudité+.--Indigestion, de _cruditas_ qui, en latin, a même signification.
19, +Musqués+.--«La vertu humaine la plus parfaite, est celle qui sait réduire le plus ses besoins.» PLUTARQUE.
32, +Sinon+.--Addition de l’exemplaire de Bordeaux écrite de la main de Montaigne: «que de bone heure son gouuerneur l’estrangle s’il est sans tesmoins, ou».
=262=,
8, +Rota+.--Roue, plateau horizontal que le potier met en mouvement avec les pieds, et sur lequel il place, pour la façonner, l’argile qu’il emploie pour les objets qu’il confectionne.
11, +Disoit+.--Dans un passage cité par SÉNÈQUE, _Epist._ 49.--La réflexion suivante se trouve également dans Sénèque.
16, +Action+.--Ce passage rapproché de celui-ci: «C’est vn bel agencement que le grec et le latin, mais que l’on achete trop cher», et de cet autre: «Fascheuse suffisance, qu’vne suffisance pure liuresque», renferme la condamnation de notre système d’éducation.
Dans son remarquable ouvrage «la Psychologie de l’éducation», M. G. Lebon dit en substance à ce propos:
Sous ce rapport, nous nous en tenons opiniâtrément à ce qui existait au XVIIe et XVIIIe siècle et qui, déjà critiqué alors, est de plus en plus funeste en ces temps-ci où les conditions d’existence ont été profondément modifiées par les grandes découvertes modernes et les transformations incessantes qu’elles amènent; au point que nous en arrivons à nous trouver dans un état d’infériorité qui nous conduit insensiblement à la ruine, la lutte pour la vie n’étant pas une vaine formule, mais bien, pour les peuples comme pour les individus, une réalité qui, de jour en jour, devient plus aiguë.