Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 56
16, +D’autruy+.--La Rochefoucauld fait de l’amour-propre et de l’intérêt personnel la base de toutes nos actions, et chacune de ses maximes n’est que le développement de ce principe, dont il a pu trouver dans Montaigne l’idée première.
CHAPITRE XXII.
Ce chapitre porte le nº XXIII dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.
23, +Receüe+.--Ce chapitre est un de ceux méritant le plus d’attention; il offre un champ très vaste aux réflexions et renferme un assez grand nombre d’idées fortes et peu communes. On y trouve entre autres des observations très judicieuses sur la nécessité de corriger de bonne heure, chez les enfants, plusieurs vices, défauts ou penchants qui prennent racine en eux dès la plus tendre enfance. NAIGEON.
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2, +Encore+.--Chez les Romains, ce conte avait donné lieu à un proverbe que PÉTRONE, XXV, exprime ainsi: «Qui l’a pu porter veau, peut le porter bœuf.» On le trouve aussi dans STOBÉE qui le cite d’après FAVORINUS et dans les _Adages_ d’ERASME.
3, +Coutume+.--Le fait cité est plus ici une question d’habitude que de coutume; la conclusion émise n’en est pas moins juste pour l’une comme pour l’autre: «En amour notamment le lien de l’habitude est bien fort; pour s’en apercevoir, il faut être sur le point de rompre; combien de gens vivent ensemble comme s’ils s’aimaient, faute de pouvoir se passer l’un de l’autre.» Mme DE RIEUX.--«Le mariage doit combattre sans trêve, ni repos, ce monstre qui dévore tout, l’habitude.» BALZAC.
10, +République+.--Cet antre est aux Enfers, un lieu où, selon PLATON, _République_, VII, toutes les âmes séjournaient après la mort, en attendant qu’il fût statué sur leur sort. Celles d’entre elles appelées à retourner sur la terre, libres de choisir tel ou tel genre de vie, choisissaient toujours immanquablement, et c’est ce à quoi il est fait ici allusion, d’après leurs anciennes habitudes.
12, +Poison+.--Mithridate, roi du Pont, s’était habitué au poison, en en prenant régulièrement à petites doses, dans le but de déjouer les tentatives d’empoisonnement, si bien que, dans sa vieillesse, réduit par les circonstances à se tuer, il essaya en vain de ce moyen.--C’est sur un principe analogue que repose la vaccination, dont la découverte fut due au hasard, et aussi l’emploi de tous les sérums que la science de Pasteur a par déductions créés contre la rage, le croup, etc., ouvrant un champ aux recherches de ses élèves et successeurs, méritant par là d’être considéré comme l’un des bienfaiteurs de l’humanité.--Cette accoutumance toutefois ne s’applique pas à tout, et le czar Pierre le Grand voulut en vain habituer les enfants de ses matelots à ne boire que de l’eau de mer; tous moururent.
14, +Indes Nouuelles+.--Dénomination sous laquelle ou désigna tout d’abord l’Amérique.--Ici et dans tout le cours des Essais, Montaigne se fait l’écho des contes de toute nature, et pour la plupart faux ou exagérés, qui circulaient alors sur cette partie du monde, qu’on venait de découvrir (1492), il n’y avait pas encore un siècle.
17, +Viures+.--En certaines circonstances, les choses n’ont plus de prix.--En 1871, lors du premier siège de Paris, les stocks de denrées alimentaires s’épuisant de plus en plus, le dernier jour du siège, un poulet se vendait 50 fr.; un lapin, 45 fr.; les œufs, 2 fr. 50 pièce; les haricots, 8 fr. le litre. Depuis six semaines, on était rationné à 300 gr. de pain fait partie de farines de toute nature et de toutes qualités, partie de toutes autres substances plus ou moins comestibles, telles que la paille, etc.; et, depuis quinze jours, à 30 gr. de viande de cheval; de chiens, de chats, il n’en existait plus dans Paris et sa banlieue; le rat d’égout même avait presque complètement disparu.
23, +Essayons+.--C.-à-d. nous éprouvons. Montaigne emploie souvent le mot «essayer» dans ce sens: «Comme essayent les voysins des clochiers», dit-il quelques lignes plus bas.
25, +Nil+.--La cataracte du Niagara (Amérique du Nord) qui, à la vérité, passe pour la plus belle et la plus grande du globe (la largeur du cours d’eau, qui est de 4 kil. en amont, s’y réduit à un, et la hauteur de la chute est de 50m), s’entend à 70 ou 80 kil. de distance; ceux qui, habitant aux environs, sont faits au bruit qu’elle produit, n’y prennent pas garde.
30, +Carolles+.--Vieux mot qui signifie «danse en rond», et, dans le cas présent: mouvement de révolution des astres.
33, +Soit+.--Tout ce passage, depuis l’exemple des «cataractes du Nil», est imité de CICÉRON, _Songe de Scipion_.
35, +Fleurs+.--Ce qu’on a appelé plus tard «collet de senteur», espèce de pourpoint de peau parfumée, à petites basques et sans manches. COSTE.
41, +Diane+.--A la pointe du jour. Vient du latin _dies_, jour; en espagnol _día_; c’était le temps de la dernière veillée de la sentinelle de nuit et le signal de l’heure où cette veillée prenait fin, donné par le tambour, le fifre ou la trompette; aujourd’hui c’est, aux armées, le signal du réveil sonné ou battu au point du jour.
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1, +Aue Maria+.--On dit aujourd’hui l’_Angelus_.--Cette prière se récitait déjà chaque soir, au coucher du soleil, depuis le XIe siècle, quand Louis XI introduisit à Paris l’usage de la dire en outre le matin et à midi, et de sonner les cloches pour en avertir les fidèles.
6, +Peu+.--DIOGÈNE LAERCE, III, 38, d’où cette anecdote est tirée, met en scène, au lieu d’un enfant jouant aux noix, un homme jouant aux dés, ce qui donne plus de portée à l’observation de Platon.
8, +Nourrices+.--«Au moral, l’homme est déjà formé à dix ans, il se forme sur les genoux de sa mère.» JOSEPH DE MAISTRE.
26, +Escutz+.--Locution proverbiale dont l’explication est donnée par la phrase qui précède. Le dicton populaire «Qui vole un œuf, vole un bœuf» traduit la même manière de voir que Montaigne, à laquelle se range également RACINE, estimant que l’un mène à l’autre:
«Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes.»
«Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.»
31, +Duict+.--Accoutumé dès mon enfance.
38, +Doubles+.--Le double était une petite monnaie qui ne valait qu’un double denier (un peu moins qu’un centime). Le doublon était une monnaie d’Espagne, de la valeur d’une double pistole (environ vingt francs); le double doublon représentait par suite environ quarante francs.
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8, +Donné+.--_Car il gaigne sa vie à se faire voir._ Add. des éditions antérieures.
13, +France+.--En 1773, on a vu à Paris un maître d’école liégeois, né sans bras, qui, avec le pied, écrivait et taillait ses plumes (on faisait alors usage de plumes d’oie).--En 1840, à Paris, un peintre, César Ducornet, également sans bras, peignait avec le pied et a exposé des tableaux au salon, alors qu’à cette époque il fallait notablement plus de talent qu’aujourd’hui pour y être admis.
25, +Veritatis+.--Le texte latin porte _petere_, au lieu de _quærere_.
27, +Public+.--C’est ce qui fait que, même de nos jours, des usages très dissemblables, dus aux mœurs et coutumes d’antan, subsistent souvent entre deux localités parfois très rapprochées, particulièrement si elles sont de nationalités différentes. Prenons par exemple Londres et Paris pourtant voisines et en rapports continus:
Londres est individualiste, Paris collectiviste; Londres respire, Paris étouffe; Londres est bâti en briques, Paris en pierres; les maisons de Londres sont basses, celles de Paris sont hautes; Londres fixe les persiennes à l’intérieur, Paris à l’extérieur; Londres a des fenêtres à guillotine, Paris à espagnolette; à Paris les rues ont des arbres, celles de Londres en sont dépourvues.
A une heure du matin Paris est dans l’obscurité, Londres est inondé de lumière; Londres a son trousseau de clefs, Paris son concierge; Londres quitte son lit très tard, Paris se lève de bon matin; Londres s’embrasse sur la bouche, Paris sur les joues; Londres s’amuse le samedi après-midi, Paris travaille; le dimanche, Londres reste chez lui, prie ou boit, Paris s’amuse et se promène; Londres a des bars intérieurs ou l’on boit du whisky, Paris a des cafés qui débordent sur les trottoirs et où l’on cause.
Le dimanche, Londres dîne pendant que Paris déjeune. Londres mange peu de pain, Paris beaucoup; Londres boit de l’eau, Paris du vin.
A Londres la nourriture est mauvaise, à Paris elle est excellente; Londres fume la pipe, Paris la cigarette.
Londres est triste, Paris est gai; Londres voit le brouillard, Paris le soleil; Londres est toujours pressé, Paris jamais; Londres est commerçant, Paris industriel; Londres a peu de soldats, Paris en a trop; à Londres les soldats portent la tunique rouge et le pantalon noir, à Paris ils portent la tunique bleue et le pantalon rouge. A Londres la Tamise est un bras de mer, à Paris la Seine est une simple rivière; à Londres la Tamise est toujours sale, à Paris la Seine est souvent propre; à Londres, dans les piscines ou dans la rivière, on se baigne souvent nu, à Paris toujours en caleçon.
A Londres les cochers conduisent à gauche, à Paris à droite. L’automédon à Londres prend place sur le derrière de son véhicule, celui de Paris sur le devant. A Londres le «hooligan» se bat à coups de poing, à Paris l’«apache» se bat à coups de couteau et de revolver. A Londres le mont-de-piété s’appelle «mon oncle», et à Paris «ma tante». Londres a le système duodécimal, Paris a le système décimal. La femme à Londres aime la politique, à Paris elle s’en désintéresse. A Londres c’est le père qui lève et couche ses enfants, à Paris c’est la mère.
Londres ferme ses théâtres le dimanche, Paris les laisse ouverts. A Londres le derby est un mercredi, à Paris le grand prix est un dimanche.
A Londres la femme salue la première, à Paris c’est l’homme qui commence. A Paris le mariage donne à la femme la liberté, à Londres le mariage la lui enlève. A Londres les clergymen se marient, à Paris les prêtres se contentent de célébrer les mariages des autres.
Et cette énumération humouristique pourrait être notablement allongée.
30, +Honorer+.--Dans le midi de la France, notamment en Périgord, on se dit «Adieu» quand on se rencontre ou qu’on arrive en visite, ce qui ailleurs ne se dit généralement que lorsqu’on se sépare.
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16, +Sarbatane+.--On dit aujourd’hui sarbacane: long bâton percé d’un bout à l’autre avec lequel on projette, en soufflant, de petites balles contre les oiseaux; par extension, parler par sarbatane, c’est parler par personnes interposées.
18, +Soigneusement+.--En Guinée, à la Côte-d’Or notamment, pays qui, il est vrai, sont sous l’équateur, les deux sexes vont complètement nus jusqu’à l’âge de neuf à dix ans. Dans plusieurs cantons, les filles n’y portent même pas de pagne (morceau d’étoffe dont les nègres et les Indiens se couvrent de la ceinture aux genoux), jusqu’au jour de leur mariage; celles qui ne trouvent pas de maris sont aussi nues à trente ans qu’à quinze. PAYEN.
21, +Poste+.--A leur gré, à leur fantaisie, selon leur goût.--Dans l’île de Chypre, dit JUSTIN, c’était une coutume d’envoyer sur le bord de la mer, à certains jours fixes, les jeunes filles nubiles, sans dot, en gagner une, en sacrifiant à Vénus leur virginité; cet usage, d’après VALÈRE MAXIME, aurait également existé à Carthage, et aussi chez les Lydiens et les Babyloniens, au dire d’Hérodote.
28, +Faire+.--Dans nombre de pays d’Europe, au moyen âge, princes, seigneurs et même abbés et chanoines, entre autres les chanoines de Lyon, avaient, sur leurs vassaux, le droit de se substituer au marié, la première nuit des noces, droit dénommé «_Jus luxanda cosà_ (_droit d’effraction_)». Ce droit existait notamment en Écosse, où il avait été établi par le roi Evenus III, au début de l’ère chrétienne; «de telle sorte, dit BUCHANAN, que le roi ne ménageant pas plus la chasteté des femmes de ses nobles que ceux-ci celle des femmes de ses serfs, les uns et les autres se trouvaient à cet égard sur un pied d’égalité absolue»; il y subsistait encore dans la deuxième moitié du XIe siècle, époque à laquelle Malcolm III, aux pieuses sollicitations de sa femme Marguerite, l’abolit et lui substitua une redevance d’un demi-marc d’argent qui fut payée jusqu’au XVIe siècle.--Aux îles Canaries, on offrait aux chefs les prémices de toutes les vierges qui se mariaient et celles qui se trouvaient acceptées, en étaient très honorées.
32, +Guerre+.--J.-J. ROUSSEAU, dans une lettre à d’Alembert, n’émet-il pas l’idée d’envoyer les femmes à la guerre et de les faire entrer dans les contingents à fournir aux armées, dans la même proportion que les hommes dont le nombre serait de la sorte réduit de moitié?
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5, +Vieillarts+.--Coutume de certains peuples de Thrace.
6, +Femmes+.--Au moyen âge, en France, on faisait usage de couches et de couchettes. Les couchettes étaient des lits de proportions égales aux nôtres à deux places; les couches avaient dix à onze pieds (3m ½ environ), dans les deux sens, sorte de lits de camp où l’on couchait sur deux rangs, les pieds de chaque rang vers le milieu du lit; on en trouvait encore de la sorte, il y a un siècle, dans quelques vieux châteaux de province. Le châtelain, sa dame, ses frères d’armes, ses hôtes, ses chiens de chasse y couchaient tous ensemble. Souvent, en outre, on faisait coucher ses serviteurs dans ses chambres et cela encore aux XVIe et XVIIe siècles; c’est ainsi que le soir de la Saint-Barthélemy, Charles IX, qui voulait sauver Coligny, le garda longtemps au Louvre, et comme il s’en allait, cherchant à le retenir, lui dit: «Reste donc ce soir, tu coucheras avec mon valet de chambre.»--«Ma foi non, il est trop tard, je m’en vais,» reprit Coligny.
10, +Besoing+.--Les Cosaques Zaporogues, qui habitaient les îles du Dniéper, n’admettaient parmi eux aucune femme; pour se reproduire, ils usaient de captives qu’ils reléguaient hors de leur camp; ils en élevaient les enfants mâles, et chassaient les filles. PAYEN.--En Mongolie, se trouve une ville sans femmes «Maïtmachin», dont le nom signifie marché; elle compte 70.000 habitants, est située sur le chemin des caravanes, sur les confins de la Sibérie, et n’est peuplée que de commerçants; le gouvernement chinois en interdit l’accès aux femmes, pour empêcher ses sujets de s’établir à peu de distance de la frontière. G{al} NIOX.
16, +Oyseaux+.--Chez les Guèbres ou Parsis, dans les Indes, les cimetières sont des tours à ciel ouvert de douze à quinze pieds (4 à 5m de haut), sans ouvertures latérales; la partie supérieure est garnie de barres de fer qui forment une sorte de grille horizontale sur laquelle on place les corps pour y servir de pâture aux oiseaux de proie, jusqu’à ce que les os tombent d’eux-mêmes sur le sol, où ils s’accumulent, constituant un véritable charnier.
21, +Roy+.--Il en est, encore aujourd’hui, de même dans les mosquées; on n’y entre qu’après avoir ôté ses sandales, si on est musulman, ou chaussé de babouches par-dessus ses chaussures, si on est chrétien et qu’on soit autorisé à y pénétrer. Dans les synagogues, les Juifs ne se découvrent pas, et il est malséant de le faire. A Rome, ceux auxquels il est accordé d’assister à la messe du Pape, à la chapelle Sixtine, le font les hommes en habit, les femmes en mantille, les uns et les autres sans gants.
22, +Eunuques+.--De εὐνή, lit, et ἔχω, je garde. Nom donné aux hommes auxquels on a ôté la faculté d’engendrer et dont on se sert en Orient pour garder les femmes dans les sérails; cette opération rend l’homme imberbe, modifie sa voix, lui donne des allures féminines et généralement porte à l’embonpoint. Elle se pratique également sur la femme, en Hindoustan, en vue du même rôle, et s’effectue en piquant les ovaires avec une aiguille trempée dans un liquide caustique, ce qui amène l’atrophie de cet organe et aussi des transformations physiques, dit-on, qui font que ces femmes ressemblent à des hommes.
23, +A dire+.--Vieille locution qui subsiste encore dans le midi et signifie: de moins, manquer, faire défaut; de là vient le mot «adiré», une pièce adirée, c.-à.-d. perdue, employé dans le langage du palais. V. N. =III=, 230: _Adiré_.
24, +Démons+.--Se rendre les démons favorables. Accointer, c’est rechercher quelqu’un pour se le concilier, le gagner à soi.
25, +Lyon+.--Les Hottentots (Afrique australe) adoraient le lion.
31, +Leze-maiesté+.--Cet usage existait en Pologne, et aussi en d’autres pays du Nord.
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1, +Police+.--Du gouvernement; cette acception du mot «police» est presque constante dans les Essais.
9, +Effroy+.--Cette facilité dans l’accouchement n’est pas rare, chez nous, parmi les femmes de la campagne; elle a été signalée comme habituelle chez les négresses et aussi chez les indiennes de l’Amérique du Nord.
10, +Greues+.--Des jambières ou armures de jambe.
15, +Accroupis+.--Dans les pays musulmans, les deux sexes généralement urinent accroupis; en Guinée, dit SUIDAS, il est défendu aux hommes, sous peine d’amende, d’uriner debout.
20, +Douze+.--Les Hurons, les Hottentots passent pour nourrir les enfants au sein pendant quatre ou cinq ans; les femmes sauvages de la Louisiane, jusqu’à six ou sept ans; les Mexicaines, plus encore. Suivant AMUNDSEN, explorateur du pôle arctique de 1900 à 1903, chez les Esquimaux les femmes donneraient le sein à leurs enfants jusqu’à dix ans.
25, +Senteur+.--Il en était ainsi chez les Mexicains, d’après GOMARA; les Chinois, dit-on, sont également peu délicats sous ce rapport.
30, +Ongle+.--En Chine, les lettrés et les docteurs, surtout ceux qui sont de basse extraction, ne se coupent jamais les ongles; ils affectent de les laisser croître jusqu’à la longueur d’un pouce. DU HALDE.--Les négresses de la Côte-d’Or les laissent croître jusqu’à les avoir quelquefois aussi longs qu’une phalange; elles les entretiennent fort propres et s’en servent, le cas échéant, pour prendre de la poudre d’or. ARTUS.
32, +Gentillesse+.--De nos jours, certains font de même, laissant croître par coquetterie, par snobisme pour parler l’argot de nos gens à la mode, d’un centimètre à un centimètre et demi l’ongle du petit doigt de la main droite.
38, +Fils+.--Au Gabon, la mère reçoit ouvertement les caresses de son fils, et les filles celles de leurs pères. ARTUS.
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2, +Humaine+.--Les Munbos, tribu de l’Afrique équatoriale, mangeaient de la chair humaine. FARIO.--Les Anzikos, autre tribu africaine, tuaient et mangeaient tous les prisonniers qu’ils faisaient à la guerre; ils se mangeaient même les uns les autres, sans en excepter leurs propres parents; la chair humaine se vendait sur leurs marchés, comme le bœuf dans les boucheries d’Europe. PIGAFETTA.
3, +Aage+.--«Que la lie de l’esprit et du corps est humiliante à supporter; j’aimerais les pays où par amitié on tue ses vieux parents, si cela pouvait s’accommoder avec le Christianisme» (Mme DE SÉVIGNÉ).
5, +Tuez+.--A Sparte notamment.
7, +Seruir+.--Lycurgue, à Sparte, avait admis qu’un mari ayant des enfants, prêtât sa femme à un autre qui n’en pouvait avoir de la sienne.
9, +Masles+.--On lit dans HÉRODOTE, à propos des Guidanes, peuplade de Libye: «On dit que leurs femmes portent chacune autour de la cheville du pied autant de bandes de peau qu’elles ont connu d’hommes; celle qui en a davantage est la plus estimée, comme ayant été aimée d’un plus grand nombre.»--Hérodote, du reste, dit bien d’autres choses: «Dans la Babylonie, les mariages se font à la criée: Une fois l’an, dans chaque bourgade, toutes les filles nubiles sont réunies et on en forme deux groupes, les belles et celles qui ne le sont pas. Les premières sont alors mises aux enchères, en commençant par la plus belle; on passe ensuite aux autres en commençant par la plus laide. Les prix d’adjudication des filles du premier groupe sont payés par les acheteurs; pour celles du second, ils le sont aux acquéreurs sur l’argent qui vient d’être versé pour celles-là, qui sert de la sorte à constituer la dot de celles-ci.
11, +Main+.--Les Amazones, peuplade fabuleuse de la Scythie, qui se perpétuaient, dit-on, par un commerce passager avec les habitants des pays voisins, et exposaient leurs enfants mâles.--En Bohême, au VIIIe siècle, il a existé de véritables Amazones qui, pendant plusieurs années, répandirent la terreur dans la région, et qui ne purent être exterminées qu’à grand’peine.
12, +Et ce que+.--Add. des éd. ant. à 88: _la raison et_.
15, +Festoyée+.--Les Thraces, d’après VALÈRE MAXIME; on ne peut que louer, dit cet auteur, la sagesse de ce peuple qui accueille par des pleurs la naissance de l’homme, et célèbre ses funérailles par des réjouissances, ayant, sans les leçons des philosophes, deviné notre véritable condition.--Les éditions antérieures présentent la variante ci-après: _L’horreur de la mort estoit mesprisée, mais l’heure de sa venüe, à l’endroit des plus cheres personnes qu’on eut, festoyée auec grande allegresse: et quant à la douleur, nous en sçauons d’autres où les enfans de sept ans souffroyent pour l’essay de leur constance, à estre foëttez iusques à la mort sans changer de demarche ny de visage._
17, +Visage+.--A Lacédémone, d’après PLUTARQUE.
21, +Nasitort+.--Nom du cresson alénois (à feuilles découpées).
21, +Eau+.--En Perse, au temps de Cyrus, suivant XÉNOPHON.
22, +Cio+.--Auj. Céos; les habitants de cette île étaient réputés par leur moralité, autant que ceux de Chio (île de l’Archipel, auj. Scio) passaient pour être de mœurs dissolues.
23, +Honneur+.--Ces nombreux exemples, dont pour quelques-uns nous avons indiqué la source, sont empruntés d’HÉRODOTE, de XÉNOPHON, de PLUTARQUE, de SEXTUS EMPIRICUS, de VALÈRE MAXIME et des ouvrages publiés alors sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique.
26, +Monde+.--Pindare dit cela de la loi νόμος; mais HÉRODOTE, III, 38, en citant ses paroles, donne à νόμος le sens de coutume.--On en dit autant, et avec non moins de raison, de l’opinion.
34, +Famille+.--Les Hottentots, une fois reçus hommes en cérémonie publique, peuvent, sans scandale, maltraiter et battre leur mère. KOLBA.
34, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, VII, 6.
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1, +Coustume+.--On ne saurait disconvenir de cette assertion. Le milieu ambiant, la mentalité du moment exercent une action prépondérante sur la façon dont on envisage toutes choses. A la guerre, l’homme le moins rapace trouve parfois tout naturel de s’emparer du bien d’autrui; le plus sensible, de tuer sans nécessité. Les moins cruels, les plus délicats finissent par prendre goût aux courses de taureaux et voient sans dégoût éventrer les malheureux chevaux sans défense qu’on y sacrifie. Tout Rome assistait avec transports aux combats de gladiateurs. Ne voit-on pas journellement, dans les pays non civilisés, les gens de nations tenant la tête de la civilisation, qui y résident, commettre ou voir exercer sans en être révoltés les pires cruautés sur les indigènes? Sous la Terreur, familiarisé avec la guillotine, on n’y prêtait plus attention; on n’était plus guère émotionné par le passage des charrettes de condamnés; parmi les victimes elles-mêmes destinées à y monter le lendemain, la plupart n’en étaient pas autrement troublées, pas plus qu’en temps d’épidémie, où la mort est l’affaire de quelques heures, on ne se tourmente outre mesure. Il en est de même a fortiori de la coutume et ce sont bien en réalité les lois de la société, du pays et du moment, c’est-à-dire les mœurs, qui créent les notions éminemment relatives et variables du bien et du mal, et font que tels ou tels actes sont aujourd’hui vice ou vertu, caractère qu’ils n’avaient pas hier, au moins au même degré et qui se modifiera probablement demain.
4, +Crete+.--VALÈRE MAXIME, VII.