Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Part 52

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7, +Vice+.--Homère, dans l’_Iliade_, fait dire à Achille: «Je hais, à l’égal des portes de l’enfer, celui qui pense d’une façon et parle d’une autre».--Il est à regretter que nous n’ayons, en bon français, qu’un seul mot pour qualifier toute altération de la vérité sciemment faite, qu’elle ait lieu ou non avec le désir ou la volonté de nuire. Dans le premier cas, elle est réellement coupable et mérite toute réprobation; dans le second au contraire, elle s’impose parfois, quand elle a pour objet d’éviter à quelqu’un une déception, une désillusion, un chagrin; elle est excusable, lorsqu’elle n’a d’autre but que de plaisanter, ou de donner plus de piquant à un récit fait uniquement pour divertir. Menterie (mensonge léger, sans conséquence), employé par atténuation dans le style familier, est lui-même un terme éveillant toujours à l’égard du propos auquel il s’applique quelque idée de blâme ou de critique. Ces distinctions, dans l’altération volontaire de la vérité suivant l’intention, faisaient dire à Voltaire: «Le mensonge n’est un vice que lorsqu’il fait du mal; c’est une grande vertu quand il fait du bien». Elles sont admises des théologiens et sont l’origine de ces restrictions mentales qui créent des excuses à qui est ainsi amené à mentir, restrictions que certains, auxquels le reproche en est souvent fait, ont érigées en système.--Quelque chose d’analogue se produit pour la délation et l’espionnage, qui emportent constamment une idée de réprobation parce que nous n’avons pas de mots distincts pour la désignation de faits de ces caractères, soit qu’ils constituent des actes justifiant la réprobation publique, soit qu’ils témoignent au contraire de la plus haute vertu. Commettent en effet tous deux de la délation l’être méprisable qui, dans un but d’intérêt personnel ou pour lui porter préjudice, dénonce son prochain sans nécessité, et l’homme de cœur qui signale des crimes qui sans lui échapperaient à la vindicte de la société, ou de belles actions qui, sans son intervention, demeureraient inconnues; de même tous deux font de l’espionnage, le traître qui vend à l’ennemi les secrets de sa patrie, et le héros qui expose sa vie pour surprendre ceux de l’adversaire et en faire profiter les siens.--Ce sont là des lacunes regrettables de notre langue.

26, +Blanc+.--C.-à-d. détournent du but. Expression qui vient de ce que les buts sur lesquels on tirait, et on tire encore en certains pays de France, à l’arc et à l’arbalète, sont constitués par des cercles peints en blanc.

29, +Pere+.--Saint Augustin.

31, +Vice+.--Passage de Pline, _Hist. nat._, VII, 1, que Montaigne a modifié pour mieux l’adapter à sa thèse; l’auteur latin dit: «_alieno pene non sit_ (ne sont presque point)».

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1, +Rouet+.--Mettre au rouet, c’est fermer la bouche à quelqu’un, lui ôter le moyen de répondre, l’embarrasser.

12, +Niepce+.--Cette princesse, peu après cet épisode, épousa en effet le duc de Milan, et, postérieurement, le duc de Lorraine François II.

14, +Interest+.--Signifie ici dommage, préjudice. Ce mot se prend encore aujourd’hui dans ce sens, quand en langage juridique on dit de quelqu’un qu’il est «condamné aux dépens, dommages et intérêts».

41, +François+.--En 1534, l’incident Merveille s’était produit l’année précédente. DU BELLAY, IV.--Ainsi que permettent de le constater les portraits de ce prince, le roi François Ier avait le nez d’une longueur peu ordinaire.

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7, +Vie+.--En 1513. ERASME, IV. Le roi d’Angleterre était Henry VIII; le roi de France Louis XII et non François Ier qui ne monta sur le trône qu’en 1515, après la mort de Jules II survenue l’année où le fait en question s’est passé.

CHAPITRE X.

8, +Données+.--Ce vers est de la Boétie.

10, +Boutehors+.--Présence d’esprit ou faculté d’exprimer plus ou moins facilement et sur-le-champ sa pensée.

14, +Beau+.--Il existe, datant du XVIe siècle, un livre espagnol, traitant de la gymnastique, à l’usage du beau sexe.

22, +Lice+.--Le poète Accius, auquel on demandait pourquoi il ne plaidait pas, lui qui réussissait si bien au théâtre, répondait: «Dans mes tragédies, je dis tout ce qui me plaît; à la barre, je serais obligé d’entendre tout ce que je ne voudrais pas.»--Bayle, qui donne cette réponse, dit qu’il connaît un homme d’esprit qui eut recours à cette raison pour détourner son fils de la jurisprudence et le pousser vers la théologie: «Quoi de plus commode, lui disait-il, que de parler devant des gens qui ne vous contredisent pas? c’est l’avantage des prédicateurs (il pourrait ajouter aujourd’hui et des conférenciers en général, car tout maintenant est matière à conférence, où parfois à la vérité, mais bien exceptionnellement, la controverse est admise); et quoi de plus incommode que d’être obligé d’entendre, dès que vous avez parlé, quelqu’un vous réfuter, en passant au crible tout ce que vous avez dit? ce qui est la condition de l’avocat.» Il faut convenir du reste que beaucoup de ceux-ci se soucient fort peu de ces réfutations qu’ils n’écoutent pas toujours, comme font en particulier nos parlementaires qui, n’ayant souvent ni compétence ni conviction, ne parlent que pour donner des gages à leur parti, signe de vie à leurs électeurs, prononçant des discours fréquemment vides de sens auxquels personne ne prête attention, chacun ayant, la plupart du temps, son siège fait à l’avance. G. M.

25, +Marseille+.--Clément VII et François Ier, en 1533. Le pape, venu par mer, séjourna un mois entier à Marseille; cette entrevue avait pour objet une entente contre l’empereur Charles-Quint; l’accord fut scellé par les fiançailles de Catherine de Médicis, duchesse d’Urbin, nièce du pape, qui l’avait amenée avec lui, avec le second fils du roi, depuis Henri II. DU BELLAY, IV.

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7, +Prescheurs+.--On naît orateur, tandis qu’on devient prédicateur; et ce qui est don de nature prévaut toujours.

7, +France+.--«Les Français, dit Stern (et Arthur Young est du même avis), conçoivent mieux qu’ils ne combinent.»

12, +Cassius+.--Orateur célèbre du temps d’Auguste, que son humeur satirique finit par faire bannir. Il se distinguait par la violence de ses écrits et de ses discours, ne gardant aucune mesure, aucune décence dans l’expression, et, dans l’ardeur de frapper ses adversaires, querellait plus qu’il ne combattait. SÉNÈQUE LE RHÉTEUR, III. (V. =II=, 50, et N. =II=, 72: Fil).

13, +Pense+.--On en disait autant de Cazalis, député de la noblesse aux États généraux de 1789.

21, +Part+.--Le même reproche de «sentir l’huile» fut fait à Démosthène par Pythéas, autre orateur, critiquant par là en lui la préparation excessive de ses discours, ce qui ne l’empêchait pas d’être le premier orateur de son temps et peut-être de tous les temps.--«L’improvisation ne s’improvise pas; il faut une longue préparation et des méditations approfondies pour parler d’abondance.»

31, +Fortuites+.--C’était le cas de Mirabeau, le grand orateur de ces mêmes États généraux de 1789; la contradiction l’enflammait. Au début ses vues étaient confuses, sa parole entrecoupée, mais, peu à peu, avec la discussion et les interruptions, la lumière se faisait dans son esprit, ses expressions se précisaient, s’accentuaient, et son génie oratoire et politique se faisait jour et s’imposait.

=72=,

8, +Iour+.--C.-à-d. le hasard m’en offrira le sens.

CHAPITRE XI.

10, +Piece+.--Dès longtemps, comme portent certaines éditions; c’est un italianisme, _un buon pezzo_, dit-on en italien; ailleurs Montaigne écrit pieça.

11, +Credit+.--«Notre ignorance générale des causes premières nous interdit toute prédiction. La plupart du temps ce ne sont que des hypothèses basées sur des analogies, et ne devraient se borner qu’à un avenir fort rapproché; toujours elles sont de réussite assez douteuse. Les prédictions des rêveurs que rien n’autorise, se confirment parfois, mais ce n’est que par hasard; combien infinie la quantité d’autres, émanant de même source, qui ne se réalisent pas et dont personne ne parle!» G. LEBON.

14, +Delphis+.--Delphes était regardée par l’antiquité grecque comme une ville sainte; on la tenait comme occupant le centre de la terre; son temple d’Apollon et les oracles qui s’y rendaient étaient en grande vénération. Toujours obscurs et ambigus, ces oracles étaient rendus par la Pythie, prêtresse du dieu, qui, à cet effet, mâchait des feuilles de laurier, arbre qui lui était consacré, et se tenait sur un trépied au-dessus d’une ouverture d’où s’échappaient des vapeurs qui lui communiquaient une certaine exaltation.

24, +Abolies+.--Les aruspices étaient des sacrificateurs qui révélaient l’avenir par l’inspection des entrailles des victimes; les augures, d’ordre plus relevé, le révélaient d’après le vol, le chant et l’appétit des oiseaux. Les devins émettaient des prédictions, interprétaient les songes, les présages à la façon de nos diseurs de bonne aventure; il en était à peu près de même des oracles, mais rendus en un lieu, dans des formes et au nom d’une divinité déterminée, ils avaient un caractère plus officiel et inspiraient davantage créance.

27, +Préoccuper+.--Anticiper; ne s’emploie plus dans ce sens dérivé de son étymologie latine.

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1, +Olympi+.--L’Olympe, sur les confins de la Macédoine et de la Thessalie, montagne la plus élevée (environ 2.500) de la péninsule hellénique. Les anciens en avaient fait la résidence de leurs dieux; Jupiter, souverain maître des dieux et des hommes, l’était aussi de l’Olympe.

8, +Salusse+.--Une fille de cette famille s’est alliée en 1586 à un Lur des environs de Bordeaux, fondant la branche des Lur-Saluces qui y existe encore, et deux de leurs petits-fils ont épousé les deux petites-filles de Montaigne. V. N. =II=, 44: Masculines.

12, +Faire+.--C.-à-d. «de changer de parti», comme il est dit quelques lignes plus bas. Certains éditeurs, choqués de cette longue suspension de sens, ont substitué: «de tourner sa robe», autrement dit «tourner casaque». COSTE.

16, +Dauantage+.--«Il était homme, écrit du Bellay, qui ajoutait foi aux devins, desquels lui avaient prédit que l’Empereur devait cette année détrôner le roi de son royaume.»

27, +Contestée+.--En 1536. Cette trahison eut aussi pour cause le désir qu’avait le marquis de Saluces d’obtenir de Charles-Quint le marquisat de Montferrat auquel il prétendait; c’était déjà pour recevoir des territoires qui étaient en notre possession et qu’il revendiquait, qu’il était passé dans nos rangs. Il fut tué l’année suivante au siège de Carmagnoles. DU BELLAY, VI et VIII.

39, +Tort+.--C.-à-d. au contraire, ceux-là sont dans l’erreur qui croient la maxime que voici.

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1, +Art+.--CICÉRON, _De Divin._, II, 23.--Les Étrusques (auj. Toscans) étaient les grands magiciens de l’Italie, comme les Thessaliens ceux de Grèce, les Chaldéens ceux de l’Asie. L’empereur Julien, lors de son expédition en Perse, avait avec lui des aruspices toscans.

7, +Fortuite+.--Platon, dans sa République, V, 8, etc., veut en effet que les chefs du gouvernement fassent en sorte que les plus excellents hommes soient mariés avec les plus excellentes femmes, et de même les hommes les plus méprisables avec des femmes de leur caractère; mais que la chose soit décidée par une espèce de sort, ménagé avec tant d’artifice, que ces derniers s’en prennent à la fortune, dont la part dans son système est pourtant faite très restreinte, et non à leurs gouvernants.

28, +Nombre+.--Diagoras, disciple de Démocrite, très pieux au début de sa vie, en vint, à la suite d’un parjure dont il avait été victime, à nier l’existence des dieux, ce qui le fait appeler d’ordinaire Diagoras l’Athée. Poursuivi par les Athéniens pour ses tendances antireligieuses, il s’enfuit, et sa tête fut mise à prix: un talent à qui le tuerait et deux à qui le livrerait vivant (le talent avait une valeur variant entre 2.600 et 5.000 fr., le talent attique était de 5.000).--Sa réponse, dans la circonstance présente, est relatée d’une manière un peu différente par Diogène Laërce: «Vous en verriez bien davantage, lui fait-il dire, si c’étaient là les images de ceux qui ont péri!» Cicéron, _De Nat. deor._, I, 37, cite de lui cette autre réponse: «Il était à bord d’un vaisseau qui essuya une forte tempête; pendant le gros temps, quelqu’un dit qu’on avait bien mérité ce qui arrivait pour avoir embarqué un impie comme lui: «Regardez, répondit Diagoras, le grand nombre de navires qui souffrent de la même tempête que nous, croyez-vous que je sois aussi dans chacun de ces bâtiments?»

28, +Cicero+.--_De Divinat._, I, 3.

32, +Principesques+.--Catherine de Médicis, entre autres, qui avait un astrologue attitré, Ruggieri, qu’elle avait amené d’Italie et pour lequel elle avait fait construire un observatoire. Il lui avait prédit qu’il y avait danger pour le roi son mari (Henri II) à prendre part au tournoi où il fut blessé mortellement, et elle avait fait en suite de cette prédiction tous ses efforts pour détourner ce prince d’entrer en lice.

32, +Vanitez+.--Chez les Romains, on punissait quelquefois un général vaincu de ne pas avoir tenu compte des présages; c’était un effet de leur politique, voulant montrer ainsi au peuple que les revers qu’ils éprouvaient ne provenaient pas de la mauvaise constitution de l’État, ou de sa faiblesse, mais de l’impiété d’un citoyen contre lequel les dieux étaient irrités.

36, +Grece+.--Ces prédictions de l’empereur Léon concernaient la chute du Bas-Empire et les malheurs de Constantinople; elles sont consignées dans un manuscrit grec de la bibliothèque de l’Escurial (résidence ordinaire des rois d’Espagne).

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10, +Plaira+.--Parmi ces prophéties, les plus célèbres sont celles sur les papes, de Malachie, archevêque d’Arnagh, en Irlande (XIe siècle), qui, du reste, sont considérées comme apocryphes; et celles de Nostradamus (XVIe siècle), dont Henri II et Catherine de Médicis faisaient grand cas et qui sont formulées en quatrains extravagants où l’on peut voir tout ce que l’on veut.

12, +Discours+.--De sa raison.--Ce mot «discours», qui revient souvent dans Montaigne, y est pris dans les acceptions les plus variées. Outre son acception ordinaire en tant qu’expression de la pensée, entretien, conversation, il est pris souvent au cours des Essais dans le sens de raison, intelligence, entendement, comme il arrive ici, et dans bien d’autres, signifiant: Raisonnement, jugement: «I’ay veu quelqu’vn... courre la mort à force... par diuers visages de discours que ie ne luy sceu rabattre» (=I=, 448):--Sagesse: «Gallus Vibius... se pouuoit vanter d’estre deuenu fol par discours», porte l’édition de 1588; «par sagesse», porte celle de 1595 (=I=, 134);--Dessein: «Ie m’abandonne... à tousiours dire ce que ie pense, et par complexion et par discours», porte l’édition de 1588; «et par dessein», porte celle de 1598 (=II=, 496):--Opinion: «Il a cuidé m’imprimer non tant son discours, que son sentiment» (=III=, 638);--Volonté: «Il y a plusieurs mouuemens en nous qui ne se partent pas de nostre discours», porte l’édition de 1588, «de nostre ordonnance», porte celle de 1595 (=I=, 392);--Supériorité, difficulté: «Il y a encore plus de discours à instruire autruy qu’à estre instruit» (=II=, 160);--Art, artifice, ingéniosité, parti pris: «A peine est-il en son pouuoir... de gouster un seul plaisir... encore se met-il en peine de le retrancher par discours» (=I=, 350). MOTHEAU et JOUAUST, _Glossaire_.

15, +Suiuies+.--Socrate prétendait entendre constamment en lui une voix intérieure, qu’il appelait son démon familier, l’inspirant et en lequel il manifestait une confiance aveugle. En cela, il semble avoir été de la plus entière bonne foi; il n’y a pas apparence que ç’ait été de sa part une imposture pour donner plus de crédit à sa parole et aider à son rôle de réformateur; du reste, Montaigne ne le met pas en doute et ne fait qu’en donner une explication. Voir sur Socrate N. =III=, 576: L’vn.--On retrouve l’analogue dans les voix de Jeanne d’Arc la sollicitant sans cesse, d’après son dire que nous ne contestons pas davantage, à s’employer à jeter les Anglais hors de France.

+----------------------------------------------------------------+ | Note de transcription: Il est fait référence plusieurs fois à | | cette note =III=, 576: L’vn. Dans le texte elle porte le titre | | +Socrates+ comme dans l’original. | +----------------------------------------------------------------+

17, +Fortuite+.--Daniel de Foë, l’auteur de _Robinson Crusoé_, a écrit, comme suite à cet ouvrage, sur l’importance qu’il y a à ne pas négliger ces sortes de pressentiments qu’il attribue à des avertissements donnés par des intelligences célestes; peut-être n’est-ce simplement que le fait du travail inconscient de l’esprit préoccupé d’une idée qui nous fait entrevoir des éventualités que nous retenons lorsqu’elles ont de l’à-propos, et dont nous ne nous souvenons même pas quand, ce qui arrive le plus souvent, elles ne se réalisent pas et, par suite, n’éveillent pas notre attention.

20, +Socrates+.--PLATON, dans _Théagès_.

CHAPITRE XII.

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3, +Visage+.--On assure que les Parthes, les Scythes combattaient ainsi; et Corneille s’est servi de cette tradition dans ce vers de Rodogune: «Elle fuit, mais en Parthe, en nous perçant le cœur.»--Les Indiens bravos des Attakapas (Amérique du Nord) se défendaient de même, lançant aussi adroitement leurs flèches en fuyant que s’ils avaient regardé l’ennemi en face.

12, +Sier+.--Terme de marine de l’époque employé pour «tourner, virer»: vient du latin _sedere_ (se placer); signifie, ici, se reporter.

14, +Victoire+.--En =479=. Les Perses, au nombre de plus de 300.000, sous les ordres de Mardonius, qui y fut tué, y furent vaincus par les Grecs, commandés par Pausanias roi de Sparte, et forts seulement de 110.000 hommes, et cependant l’armée la plus considérable peut-être que jamais ils aient réunie. A en croire Hérodote, sauf un corps de 40.000 hommes qui ne fut pas engagé, à peine 3.000 parmi les vaincus auraient survécu, tandis que la perte des vainqueurs n’aurait été que de quelques centaines d’hommes.--Le propos que tient ici Socrate est tiré de Platon, dialogue de _Zachès_.

22, +Manger+.--«D’y mordre», porte l’exemplaire de Bordeaux, autrement dit: d’en tâter, pour juger ce dont nous sommes capables.

24, +Saoul+.--Le fait est conté par Hérodote, IV, 127, qui nomme ce roi des Scythes, Idanthryse. Cette expédition (=508=) se termina à la confusion des Perses qui furent obligés de se retirer pour échapper à la famine dont ils étaient menacés par le vide que les Scythes faisaient devant eux et aussi par la crainte de se voir la retraite coupée. Elle fut la cause originelle des guerres médiques, le roi des Perses voulant se venger de Miltiade qui, chef d’un des contingents grecs à sa solde, préposés à la garde du pont qu’il avait jeté sur l’Ister (auj. le Danube) pour assurer ses communications, avait proposé à ses congénères de le rompre.

29, +Compagnons+.--En 1805, à un combat sur l’Iller (Tyrol), au moment où un de ses officiers, sa coiffure à la main, rendait compte au maréchal Ney d’une mission qu’il venait de remplir, un boulet passa si près d’eux, que l’officier baissa instinctivement la tête, tout en continuant son rapport: «C’est très bien, lui dit Ney, quand il eut achevé de parler, seulement, une autre fois, ne saluez pas si bas.» MARCO SAINT-HILAIRE.--Le bailli de Suffren disait que lorsqu’il rencontrait l’ennemi en mer, il en éprouvait tout d’abord un dérangement d’entrailles au point d’en maculer ses culottes, mais qu’ensuite il ne songeait qu’à la besogne.

31, +Prouence+.--En 1536; cette invasion échoua par la résistance de Marseille qui obligea les Impériaux à une retraite difficile.

38, +Corps+.--La ville d’Arles n’était point en état de défense et l’Empereur délibérait s’il s’y porterait ou non. Ses hésitations donnèrent le temps d’y constituer une garnison et d’armer la place; ce fut alors qu’il procédait à la reconnaissance des travaux en cours d’exécution que le marquis du Guast faillit être tué. DU BELLAY, VIII.

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1, +Roy+.--En 1517; sa blessure lui fit lever le siège. C’était le père de Catherine de Médicis, mère de François II, de Charles IX et de Henri III, qui régnait quand Montaigne écrivait ce passage.

2, +Regardoit+.--Actuellement qu’on se sert d’étoupilles au lieu de mèche à canon pour mettre le feu aux pièces d’artillerie, et que les projectiles sont à éclatement, des faits de cette nature ne sont plus susceptibles de se produire, parce qu’on ne voit plus mettre le feu, que la vitesse du projectile est trop grande et la gerbe des éclats trop étendue pour pouvoir se garer, quand on aperçoit la lueur du coup, si déjà on n’est à l’abri.--Au siège de Sébastopol (1855-56), où assiégés et assiégeants faisaient usage de bombes, étant donné leur volume, leur peu de vitesse et la durée de leur parcours, il était encore possible de s’en préserver, dans une certaine mesure, en se terrant à temps, ce que chacun faisait, quand on entendait le cri: «Gare la bombe!» poussé par l’un des observateurs placés à cet effet, apercevant le projectile développant sa courbe dans les airs.

21, +Souffrance+.--Charles V, roi de France, disait d’un homme «qui, dans son épitaphe, était mentionné comme n’ayant jamais eu peur, qu’apparemment il n’avait jamais mouché une chandelle avec les doigts».--A cette époque, on s’éclairait avec des chandelles, et leur mèche ne se consumait pas à mesure qu’elle brûlait; il fallait les moucher, ce qui se faisait avec des ciseaux ou des mouchettes, et lorsqu’on n’en avait pas, avec les doigts, non sans grand risque de se brûler.

26, +Conforme+.--Ces pensées sont traduites presque textuellement d’Aulu-Gelle (XIX, 1), qui les avait traduites lui-même du cinquième livre, aujourd’hui perdu, des Mémoires d’Arrien sur Epictète. LE CLERC.

29, +Peripateticien+.--Les péripatéticiens (ou promeneurs) étaient les disciples d’Aristote, ainsi nommés parce qu’ils se réunissaient au Lycée, promenade d’Athènes, pour y entendre leur maître, et que l’enseignement se donnait d’ordinaire tout en se promenant. Leur doctrine est indiquée dans la note relative à Aristote, V. =I=, 32; au moyen âge, elle fit le fond de la philosophie scolastique et domina sans partage jusqu’au XVIe siècle.

CHAPITRE XIII.

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5, +Marguerite+.--Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, épouse de Henri d’Albret, roi de Navarre, grand’mère de Henri IV.

19, +Attendre+.--«L’exactitude est la politesse des Rois», dit un adage; elle est également aujourd’hui celle des particuliers grands et petits et il n’y a que les malotrus et les parvenus qui l’oublient.

21, +Ville+.--Il alla attendre à Nice.

23, +Trouuer+.--V. N. =I=, 68: Marseille.

25, +Luy+.--En 1532, entre ce même pape Clément VIII et l’empereur Charles-Quint, qui poursuivait la convocation d’un concile œcuménique qui fut placé sous la protection impériale, la papauté menacée par la Réforme.

30, +Eux+.--Actuellement, comme autrefois, ces questions sont minutieusement réglées d’avance, dans tous leurs détails, par le service dit du «Protocole».--Bien que les rapports personnels des souverains entre eux soient toujours susceptibles d’y introduire des modifications, généralement quand un souverain vient en visiter un autre, celui-ci envoie à la limite de ses états un service d’honneur pour le saluer et l’assister durant tout le temps de son séjour et lui-même l’attend au lieu de sa résidence; d’ordinaire à son arrivée il se trouve à la gare où a été fait un déploiement plus ou moins grand de troupes, le reçoit, l’accompagne où il doit loger et rentre chez lui, où il attend sa première visite qu’il lui rend aussitôt après. C’est surtout dans le plus ou moins d’importance du service d’honneur, dans les honneurs plus ou moins grands rendus à l’arrivée, dans l’étendue et l’éclat plus ou moins considérables des fêtes qui suivent, et surtout dans la participation plus ou moins enthousiaste des populations avec lesquelles il faut compter plus qu’autrefois, que consistent les nuances.

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