Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Part 105
37, +Raison+.--Doivent avec raison être pris en considération, entrer en ligne de compte.
=196=,
3, +Ailleurs+.--Liv. I, ch. XXIX; =II=, 346.
4, +Prudemment+.--Il faut prudement, c.-à-d. avec pruderie, décence, réserve; ARISTOTE dit en effet: «Que le mari approche de sa femme avec pruderie et modestie; qu’il soit vergogneux (chaste, réservé) en paroles, droiturier et honnête en actions.»--Le concile de Trente a dit de même: «Le mariage est une chose sainte, il faut le traiter saintement.»--Dans le langage du XVIe siècle, pruderie était toujours pris en bonne part et signifiait décence austère, exempte d’hypocrisie, comme dans ces vers du _Roman de la Rose_:
«Prudes femmes, par Saint Denys, Autant en est que de Phenix.»
16, +D’aguet+.--Avec précaution, circonspection; en demeurant sur ses gardes.
21, +Troubler+.--Var. de 88: _mesler_.
25, +Vertu+.--Sage et judicieuse réflexion sur la noblesse comparée à la vertu.
28, +Nil+.--Les sources de ce fleuve, si célèbre de toute antiquité, qui a un cours de 6.500 kil., sont longtemps demeurées inconnues; leur recherche préoccupait déjà les anciens.--Néron envoya une expédition pour les découvrir. Au IIe siècle, le géographe PTOLÉMÉE faisait sortir le Nil de deux grands lacs situés au pied de montagnes couvertes de neiges éternelles (montagnes de la Lune) et les cartes et les sphères du XVIe siècle indiquent d’une manière relativement précise la situation de ces lacs, indication que ne reproduisent pas les cartes du XVIIIe siècle. A partir du commencement du XVIe siècle, les Européens entrèrent en relations avec les rois d’Abyssinie et connurent les sources du Nil bleu qui sort du plateau abyssin, mais plus de trois siècles devaient encore s’écouler avant que celles du Nil blanc (Bahr el-Abiad) ne fussent découvertes. En 1850, un explorateur anglais, LIVINGSTONE, le signala comme sortant d’un grand lac de l’Afrique équatoriale qu’il ne put atteindre. En 1858, Speke, officier de l’armée des Indes, y parvint, lui donna le nom de Victoria-Nyanza, mais n’arriva pas à reconnaître l’endroit d’où le fleuve en sort. Ce ne fut qu’en 1875 que STANLEY le constata, en même temps que l’existence d’un autre lac qu’il appela l’Albert-Édouard, dont les eaux se déversent dans le cours d’eau sorti du Victoria-Nyanza. Enfin en 1892, un missionnaire allemand, BAUMANN, reconnut le Kagera, principal tributaire du Victoria-Nyanza, qui sort d’un lac de beaucoup moindre étendue qu’il nomma lac Alexandra; de telle sorte qu’on tient aujourd’hui comme sources du Nil blanc le lac Albert-Édouard (source occidentale) et le lac Alexandra (source orientale).
38, +Antigonus+.--PLUTARQUE, _De la mauvaise honte_, 10.
=198=,
10, +Ruffiens+.--Amants, galants; mot de provenance italienne.
12, +Leur+.--ARRIEN dit que chez les Indiens, le peuple était divisé en plusieurs ordres, et qu’une loi défendait les mariages entre individus d’ordres différents: un laboureur ne pouvait épouser la fille d’un artisan et ainsi des autres.
13, +Pollus+.--Souillés; du latin _pollutus_, qui a même signification.
18, +S’entreheurter+.--En dehors de ruelles étroites, il n’y a à proprement parler que fort peu de rues à Venise; des canaux de largeur variable et en nombre infini en tiennent lieu. On y chemine en gondoles (barques légères), qui dans leur marche silencieuse courraient risque de se heurter, aux tournants, dans les croisements où la vue est interceptée par les maisons en bordure, si, par un cri particulier, les gondoliers ne se signalaient entre eux.
28, +Est+.--Ce membre de phrase et ce qu’il dit plus loin (=III=, 344): «Il y a toujours quelque piece qui va de trauers, etc.», donnent à penser que dans le ménage de Montaigne tout n’allait pas continuellement pour le mieux; mais, comme il le dit, n’est-ce pas une règle générale et peut-il en être autrement, étant donné la versatilité de notre nature?
«Qui se marie par amour, A bonnes nuits et mauvais jours;
Qui se marie par argent, A jour et nuit le cœur dolent.»
=200=,
9, +Socrates+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 33.
9, +Commode+.--Avantageux.
11, +Repentira+.
«Aller à la guerre ou se marier Ne doit se conseiller.»
«C’est le célibataire qui n’a point de disputes» (_Proverbe_ cité par S. JÉRÔME).--«Es-tu délivré de femme, n’en cherche point.» S. Paul.
12, +Lupus+.--La première de ces deux sentences: «L’homme est à l’homme un dieu», est du poète comique CÉCILIUS, qui ajoute: «s’il connaît son devoir». La seconde, «un loup», est de PLAUTE, qui la complète en disant: «lorsqu’il ne sait quel il est».
18, +Collo+.--Nombre de gens pensent de la sorte; il en a été ainsi de tous temps, mais cela ne fait que croître avec les besoins de bien-être qu’amènent les progrès de la civilisation et les difficultés de la vie; le mariage a tendance à être délaissé, malgré l’atténuation résultant du divorce rendu chaque jour plus accessible, et la femme, exposée de plus en plus à rester fille, est réduite à chercher par elle-même les moyens d’existence qu’elle devrait tenir du travail d’un mari.--C’est qu’aussi combien est plus facile la vie pour le célibataire: les restaurants pourvoient à sa nourriture, les cercles à son intérieur, les maisons de santé le recueillent quand il est malade; il lui est aisé de satisfaire ses appétits sensuels, au mieux de ses caprices du moment; il ne connaît ni les orages, ni les embarras ni les soucis d’un ménage; les enfants ne lui sont point à charge; il n’a à penser et ne pense qu’à lui; toutes choses égales, il est libre et riche, alors que le père de famille a des obligations et se trouve dans la gêne. Même sous le rapport de l’affection, ayant dans le présent plus de ressources, pour l’avenir l’entière disposition de son héritage, l’entourage ne lui fait pas défaut et il trouve chez des parents, des étrangers, les attentions, les témoignages de sentiments en apparence les plus désintéressés, qu’on ne rencontre pas toujours chez les enfants, auxquels on en passe davantage et qui ont des droits, qui font qu’ils en prennent beaucoup plus à leur aise.--Le célibataire est un parasite, qui ne rend pas à la société ce qu’il en retire; à Sparte, il était noté d’infamie, certaines exclusions étaient portées contre lui et parmi les hontes qui lui étaient imposées, à certaine fête, les femmes lui faisaient faire le tour d’un autel, en le battant de verges. On ne saurait à notre époque user de semblables procédés qui seraient par trop inefficaces, et cependant il ne serait qu’équitable de compenser, dans la mesure du possible, les obligations auxquelles il échappe; on pourrait par exemple dans l’obtention de certains emplois, de certaines faveurs, avantager à mérite égal les pères de famille tandis que souvent cette situation tourne contre eux; mais surtout un impôt spécial, proportionnel à leurs revenus, devrait frapper les célibataires et le produit en être affecté à l’attribution de subsides aux familles chargées d’enfants qui sont nécessiteuses, etc.
19, +Dessein+.--A suivre mon inclination naturelle, de mon propre mouvement.
28, +Rebours+.--Et plus à contre-cœur.
30, +Esperé+.--Montaigne avait épousé en 1565 Françoise de la Chassaigne, fille d’un conseiller au Parlement de Bordeaux, comme lui-même l’était à ce moment. Il semble s’être marié un peu pour combler le vide laissé en lui par la mort de La Boétie, survenue deux ans auparavant. Bien que, dans les Essais, Montaigne se soit en quelque sorte fait une loi de passer sous silence sa vie conjugale, qu’il n’y fasse guère allusion que lorsqu’il se plaint des difficultés que présente par moments la vie domestique, ou qu’il exprime la confiance qu’il a, lorsqu’il s’absente, en qui en son absence a la gestion de sa maison, il y a lieu de penser qu’avec les idées qu’il avait sur le mariage si, comme il est probable, l’affection et la confiance ont régné entre les deux époux, leurs épanchements ont toujours été modérés, et qu’il n’eût pu dire, à son lit de mort, à sa femme comme son ami La Boétie, qui avait sur ce point des idées d’une élévation de sentiments bien autres, le dit à la sienne ainsi qu’il le rapporte lui-même: «Ayant été joint à vous par le saint nœud du mariage, qui est l’un des plus respectables et inviolables que Dieu nous ait donnés ici-bas, je vous ai aimée, chérie et estimée autant qu’il m’a été possible et suis tout assuré que vous m’avez rendu réciproque affection que je ne saurais reconnaître.»--De fait, Françoise de la Chassaigne, morte en 1627, femme de sens, très rangée, très entendue dans les soins du ménage, paraît avoir été en même temps une épouse discrète, s’effaçant volontiers, telle que Montaigne pouvait la souhaiter; lui mort, elle se dévoua à sa mémoire et à son œuvre.
=202=,
5, +Traistre+.--Ces deux vers sont d’un auteur inconnu; on peut leur appareiller ceux-ci dont la source est également ignorée:
I
Si tu as maistre, sers-le bien: Dis bien de lui, garde le sien; Son secret cèle, quoi qu’il fasse, Et sois humble devant sa face.
II
Ne souffre à ta femme pour rien, Mettre son pied dessus le tien; Le lendemain, la bonne bête Le voudra mettre sur ta teste.
10, +Galantise+.--Var. de 88: _gentillesse_.
11, +Appetit+.--Qui ne s’accorde pas avec mes désirs.
14, +Recognoistre+.--«Et c’est là pour moi une consolation, a dit un commentateur; je sais que je fais mal, donc je n’ai pas encore perdu la connaissance du devoir et par suite l’espérance de revenir au bien.»
20, +Maistre+.--Vole son maître. «Ferrer la mule», est une expression du temps de Montaigne, signifiant gagner sur un achat fait pour le compte d’un autre, autrement: «Faire danser l’anse du panier.»--Cette expression paraît venir de ce qu’aux temps où les magistrats allaient au palais montés sur des mules, les laquais qui gardaient ces bêtes pendant l’audience, buvaient ou jouaient pour se désennuyer, puis cherchaient quelquefois à s’indemniser de leur dépense ou de leur perte, en comptant à leurs maîtres des frais supposés pour le ferrage des mules.
32, +Repentis+.
«Amours qui commencent par anneaux, Finissent par couteaux.»
33, +Iupiter+.--HOMÈRE, _Iliade_, XIV, 295.
38, +Considerations+.--Préjugés.
39, +Empescher+.--Sans que cela nous arrête.
39, +Isocrates+.--ÉLIEN, _Hist. div._, XII, 25.
=204=,
6, +Deuroient+.--Add. de 88: _au moins_.
7, +Differentes+.--Ælius Verus pensait comme Montaigne, quand il disait à sa femme lui reprochant ses infidélités: «Souffrez que je passe mes caprices avec d’autres, le titre d’épouse est synonyme d’honnêteté et non de débauche.» V. =I=, 348.
13, +Profuse+.--Prodigue, s’étend trop loin; du latin _profusus_, que Montaigne a francisé, mais qui nous a donné «profusion» qui est resté.
15, +Lycurgus+.--A Sparte, tout jeune homme désirant une jeune fille en mariage l’enlevait à sa famille, la conduisait chez une matrone qui la recueillait et la cachait; lui-même ne venait la voir qu’à la dérobée et continuait à aller coucher la nuit dans les dortoirs communs avec les autres jeunes gens; cela durait quelquefois si longtemps que des maris avaient des enfants qu’ils ne s’étaient pas encore montrés en public avec leurs femmes; par là les époux s’accoutumaient à la tempérance et à la sagesse, qui entretenaient en eux la vigueur et la fécondité, leur conservaient leur première ardeur et renouvelaient leur amour.
19, +Riotte+.--Petite querelle, petite dispute.
21, +Tempestueux+.--Même dans les rapports les plus intimes que, d’un commun accord, nous avons avec elle, il y a encore désaccord et dispute.
25, +Femme+.--OVIDE, _Métam._, III, 323.--Tirésias, un des plus célèbres devins de l’antiquité. La fable raconte que rencontrant deux serpents qui frayaient ensemble, il les sépara et aussitôt devint femme; au bout d’un certain temps, les rencontrant à nouveau en même situation, il reprit sa première forme d’homme. Comme il avait de la sorte connu les deux sexes, un différend s’étant élevé entre Jupiter et Junon sur la question de savoir si les femmes ont plus de part que les hommes au plaisir vénérien, il fut pris pour juge et prononça que de dix parts de plaisir dans cet acte, il y en avait neuf pour la femelle et une pour le mâle; la déesse, irritée de ce qu’il avait prononcé contre elle, le rendit aveugle; pour le dédommager, Jupiter lui accorda le don de prophétie.
28, +Empereur+.--FLAVIUS VOPISCUS, _Proculus_.--Proculus, tribun militaire en Gaule qui, sous le règne de Probus, fut fait imperator par ses troupes; vaincu, il fut mis à mort; il avait quelques talents militaires (280).
29, +Emperiere+.--Impératrice. Cette impératrice c’est Messaline, épouse de l’empereur Claude, qui se livra, s’imposa même parfois à tout homme de tout rang et de tout état, allant jusqu’à épouser publiquement, du vivant de son époux, un de ses amants qu’elle aimait éperdument; ce qu’apprenant, Claude la fit mettre à mort.
35, +Cateloigne+.--En Catalogne.
38, +Foy+.--Qu’en ce qui touche la religion, que ceux qu’elle impose à notre foi.
40, +Hergnes+.--Humeur chagrine, acariâtre; même racine que «hargneux (querelleur)», qui est encore en usage.
=206=,
4, +Dix+.--Add. de 88: _par iour_.
14, +Prix+.--NICOLAS BOHIER, jurisconsulte de Bordeaux, mort en 1553, conte ainsi le fait: «En son temps, un homme de la Catalogne avait de telles facultés prolifiques, que chaque jour il entrait jusqu’à dix fois en rapport avec sa femme; la reine d’Aragon en fut informée secrètement; elle le fit venir et il avoua le fait. Sur ce la reine lui interdit sous peine d’avoir la tête tranchée d’entrer désormais plus de six fois par jour en rapport avec sa femme, que davantage le mettait en péril de mort. Qu’est-ce qui en cela est le plus étonnant: ou ce dont le mari était capable ou la mauvaise querelle que lui avait faite son épouse?»
14, +Solon+.--PLUTARQUE, _De l’Amour_.
17, +Cela+.--Que les femmes sont plus ardentes que nous aux effets de l’amour, ce que lui-même a dit à la page précédente, pour ne donner que maintenant sa conclusion.
18, +Extremes+.--Peut-être le sens est-il: «au risque de leur faire endurer les pires et plus extrêmes souffrances» (?)
=208=,
1, +Polemon+.--DIOGÈNE LAERCE, III, 17.
3, +Cassez+.--Quant à ces autres femmes qui épousent des hommes vieux, cassés.
8, +Approchée+.--XIPHILIN, _Caligula_.--Clodia Latea, à la mort de Caligula, subit le supplice infligé aux Vestales convaincues d’avoir manqué à leur vœu de virginité. Les vestales, prêtresses de Vesta, étaient à Rome chargées d’entretenir le feu sacré sur l’autel de la déesse; elles faisaient vœu de virginité durant le cours de leur ministère qui, commencé entre 6 et 10 ans, durait trente années; elles étaient au nombre de 6. Créées par Numa, elles furent abolies par Théodose; elles n’étaient point cloîtrées; jouissaient de grands privilèges, notamment d’être émancipées, d’aller en public précédées de licteurs, et de sauver la vie à tout criminel, mené au supplice, qu’elles rencontraient fortuitement. Si elles laissaient éteindre le feu commis à leur garde, elles étaient punies du fouet; celles infidèles à leur vœu de chasteté, primitivement lapidées, furent par la suite ensevelies vivantes: on les descendait dans un étroit caveau muré, où elles trouvaient un petit lit, une lampe allumée, un peu de pain, de l’eau et de l’huile; la pierre de ce sépulcre était refermée sur elles et scellée: leur complice devait mourir sous le fouet.
13, +Boleslaus+.--Surnommé «le Pudique». CROMER, _De rebus Pol._, VIII.--D’après l’_Histoire ecclésiastique_, Marcien, empereur d’Orient (Ve s.), et Ste Pulchérie auraient agi de même; et aussi S. Henri, empereur d’Allemagne, duc de Bavière (Xe s.), et Ste Cunégonde.
13, +Roys+.--Réminiscence de l’espagnol, où les _Reyes_ (les rois) se disait alors souvent pour le roi et la reine; comme les _Padres_ (les pères), pour le père et la mère; les _Hijos_ (les fils), pour les fils et les filles.
20, +Desgouster+.--L’éducation des filles est un point que Montaigne ne fait qu’effleurer pour condamner les réticences exagérées dont on use vis-à-vis d’elles et qui ne font qu’exciter leur curiosité. Si on se reporte en outre à la manière dont, un peu plus loin, il parle des républiques où, dans les gymnases, les deux sexes se montraient à nu l’un à l’autre, il semble avoir été assez porté vers les idées actuelles de coéducation où, à l’instar de ce qui a lieu dans certaines écoles mixtes d’Angleterre, garçons et filles sont réunis, système préconisé comme essentiellement moralisateur et donnant à celles-ci plus de caractère.
21, +Excusent+.--Admettent, tolèrent le mariage pour celles chez lesquelles le besoin s’en fait prématurément sentir.--Ceci a dû être écrit vers 1586; Léonor, née en 1571, venait d’avoir quinze ans, limite inférieure à laquelle la femme, en France, pouvait et peut se marier; pour l’homme il le peut à 17 ans. En Autriche, ces limites sont de 20 ans pour l’homme et 16 pour la femme; elles étaient de 15 et 13 ans chez les Romains; Lycurgue les avait fixées à 37 et 17, Platon à 30 et 20. Chez les Orientaux elles sont moindres que chez nous, la nature étant plus précoce à cet égard dans les pays chauds que dans les pays tempérés; dans certains états de l’Amérique du Sud, un homme peut se marier à quatorze ans, une femme à douze, le mariage pourrait même avoir lieu plus tôt avec le consentement des pères et mères, mais un garçon de quatorze ans et une fille de douze ne dépendent plus sous ce rapport que de leur volonté. V. =II=, 26.
26, +Fouteau+.--C’est le nom du hêtre en vieux français; mais en langage trivial de l’époque on désignait aussi de ce nom, dérivation du mot latin _fatuere_ (V. N. =II=, 178: _Futuam_), l’organe génital de la femme.
34, +Scelerées+.--Criminelles, scélérates.
35, +Interdiction+.--«On peut tout dire devant les jeunes filles, disait un contemporain de Montaigne: quand elles comprennent, on ne leur apprend pas grand’chose; quand elles ne comprennent pas, on ne leur apprend rien du tout.» A quoi on peut répondre: on excite les premières, lesquelles sont plus nombreuses que l’homme ne le croit et fort excitables à cet âge, et on provoque la curiosité des autres.
39, +Vngui+.--VOLTAIRE, à l’âge de quinze ans, traduisait ainsi ces vers d’HORACE:
«Voyez cette beauté; sous les yeux de sa mère, Elle apprend en naissant l’art dangereux de plaire Et d’exciter en nous de funestes penchants. Son enfance prévient le temps d’être coupable; Le vice trop aimable Instruit ses premiers ans.»
=210=,
1, +Science+.--«Le renard sait beaucoup, une femme amoureuse en sait bien davantage.» _Proverbe espagnol._
4, +Autresfois+.--«Quiconque, dit PLATON dans le _Timée_, aura mené la vie des justes, retournera dans l’astre fraternel jouir de la félicité suprême; les coupables deviendront femmes, quand ils reparaîtront sur la terre.»
7, +Nostre-Dame+.--Ancienne exclamation dite pour: «Par Notre-Dame!» Aujourd’hui par dérivation et en accentuant l’ellipse, nous disons «Dame!» dans le même sens.
14, +Ame+.--«Nature, jeunesse et santé sont trois bons maîtres.» SEDAINE.
15, +Engendrent+.--«Les hommes consacrent leur jeunesse à se former un esprit, que les femmes apportent en naissant. Il vient à une fille avant la raison; à 15 ans, elle est faite, tandis qu’à 30, un homme souvent n’est qu’un sot.» J.-J. ROUSSEAU.
22, +Diffamez+.--Var. de 88: _affolez_.
29, +Escarquillements+.--Ecartement des cuisses. «Esquarquiller», est-il dit dans le _Dictionnaire_ de MONET, c’est ouvrir en élargissant.
31, +Strato+.--DIOGÈNE LAERCE, V, 59.
32, +Theophraste+.--ID., _ib._, 43.
35, +Phalereus+.--ID., _ib._, 81.
36, +Ponticus+.--ID., _ib._, 87.
37, +Antisthenes+.--ID., VI, 15 et 18.
38, +Aristo+.--ID., VII, 163.
39, +Cleanthes+.--ID., _ib._, 175.
40, +Spherus+.--ID., _ib._, 178.
41, +Eshontée+.--Effrontée au delà de tout ce qui peut être souffert, admis, «plus le fait d’impudiques créatures que de dieux», ajoute DIOGÈNE LAERCE, VII, 187, 188.
=212=,
3, +Cet office+.--Dans l’éd. de 88, cette phrase suit immédiatement celle où l’on trouve quelques lignes plus haut que Zénon, par ses lois, réglait «les secousses du dépucelage». L’intercalation que Montaigne a faite postérieurement, rompt la liaison des idées et fait que l’on ne voit pas tout d’abord à quoi se rapportent ces mots «à cet office».
4, +Nation+.--Dans l’île de Chypre (HÉRODOTE, I, 199; ATHÉNÉE, XII);--à Héliopolis, en Phénicie (EUSÈBE, _Vie de Constantin_, III, 58);--à Sicca Veneria, auj. le Kef, en Numidie (VALÈRE MAXIME, II, 6, 15).--A Babylone, dit HÉRODOTE, I, 199, les dames, par dévotion, se prostituent une fois dans leur vie. Chacune, à cet effet, se rend au temple, et n’en sort qu’après avoir subi qui a jeté son dévolu sur elle; ne lui demandant rien pour prix de ses complaisances et tenue de recevoir ce qu’il lui remet. Celles qui ont une taille élégante et de la beauté n’y font pas long séjour; les laides y restent davantage parce qu’elles ne peuvent satisfaire à la loi, il y en a même qui y demeurent trois ou quatre ans. Après ce sacrifice, rentrées chez elles, leur vertu y est à l’abri de toute faiblesse.
5, +Garces+.--L’éd. de 88 aj.: _et de garçons_.
6, +L’office+.--V. =III=, 232 et N. Vie et Polices.
8, +Extinguitur+.--Un proverbe grec dit pareillement: «On éteint le feu par le feu»; et une galante marquise du XVIIe siècle le parodiant, disait: «C’est en succombant à la tentation qu’on y résiste.»
20, +Diuinitez+.--ATHÉNÉE dit, d’après Héraclide de Syracuse, que dans cette ville, lors de la fête des Thesmophories, en l’honneur de Cérès et de Proserpine, le principal objet du culte des femmes était la partie qui les distinguait des hommes; il en était fait une image avec de la farine et du miel, et on la promenait en procession. NAIGEON.
20, +Bacchanales+.--Fêtes en l’honneur de Bacchus qui prirent naissance en Égypte, d’où elles s’introduisirent en Phénicie, puis en Grèce, et de là en Italie. Au début, les femmes y participaient seules; ensuite les hommes y furent admis et les désordres devinrent tels que le Sénat romain les interdit (=184=). Mais la loi demeura peu de temps en vigueur; et sous l’Empire, les Bacchanales furent célébrées de nouveau avec plus de licence que jamais.
23, +Corps+.--HÉRODOTE, II, 48.
24, +Couurechef+.--Voilette que les dames nobles portaient à peu près dans les mêmes conditions que cette partie de la toilette se porte aujourd’hui.
27, +Matrones+.--Dame romaine: suivant les uns, la matrone était la femme mariée qui n’avait pas d’enfant; suivant d’autres, celle qui n’en avait qu’un, celle en ayant plusieurs étant la mère de famille.
28, +Priapus+.--Était surtout en honneur à Lampsaque (Asie Mineure). Ses fêtes, là et partout ailleurs où son culte se pratiquait, étaient accompagnées d’affreux désordres.
30, +Nopces+.--LACTANCE, _Divin. Institut._, I, 20; S. AUGUSTIN, _De Civit. Dei_, VI, 9.--Afin, dit ROZINI dans son ouvrage sur les _Antiquités romaines_ publié en 1700, «que le Dieu semble avoir les prémisses de leur virginité». Si cet usage n’était pas très conforme aux lois de la pudeur, il était du moins fort prudent; il ôtait aux maris tout prétexte à des soupçons qui, fondés ou non, sont la source la plus féconde des mauvais ménages et de tous les maux qu’ils entraînent après eux. Cette cérémonie couvrait les faiblesses des jeunes filles d’un voile impénétrable, leur rendait leur innocence première et assurait à leurs maris une tranquillité qu’aucun nuage ne pouvait plus troubler et ne contribuait pas peu à leur bonheur mutuel. NAIGEON. V. N. =III=, 234: Estrangere.
32, +Chaussure+.--Signifie ici les hauts-de-chausses ou culotte, le reproche que leur fait Montaigne de dessiner d’une façon trop apparente les parties sexuelles ne laisse aucun doute à cet égard. V. N. =I=, 176: Public, et =I=, 499: Chaussure.