Entre Nous: Lectures françaises à l'usage des écoles primaires - I

Part 3

Chapter 33,520 wordsPublic domain

Marie remplit très bien les deux tasses, sans renverser une goutte. Mais quand elle remplit sa tasse à elle, oh la la! elle verse trop vite, et remplit aussi la soucoupe. Ce n'est pas joli de donner un bain de pied à sa tasse.

«Excusez-moi, dit Marie à ses visites. Je vais appeler Jeanne.»

Jeanne, c'est la bonne, mais elle ne peut pas bien marcher: elle a des jambes en toile, en son et en faïence. Voilà pourquoi Marie la porte et maintenant Jeanne, la bonne, lave la tasse et la soucoupe avec les mains de Madame.

«A la bonne heure! dit Marie. Le malheur est réparé! Voulez-vous un petit four, Madame?

--Avec plaisir,» disent Henriette et Ninette. Marie arrive avec une boîte en fer blanc où il y a heureusement encore quelques biscuits. Elle les offre; les deux visites se mettent à les grignoter, lorsque.... boum! on entend un grand coup contre les vitres, du côté du jardin. Les trois dames se lèvent et, de frayeur, Ninette laisse tomber son biscuit.

XXXIII. Dans la Neige.

D'où venait ce coup? Il y a une grande cocarde blanche sur la vitre. Ce sont les restes d'une balle. Est-ce qu'on se bat donc au jardin? Oui, deux soldats se battent contre un gros bonhomme tout blanc.

D'abord, les soldats ont fait le bonhomme. Ils ont roulé la neige et en ont fait deux grosses jambes; une autre grosse boule représente le corps et une dernière boule, plus petite, représente la tête. Ils ont placé le gros corps sur les deux jambes, puis la tête sur le corps. Au milieu de la tête, ils ont mis une petite boule un peu aplatie: c'est le nez. Au-dessus du nez, à droite et à gauche, deux pierres représentent les yeux. C'est comme ça que le gros bonhomme tout blanc est né. A présent les deux soldats le bombardent de boules blanches: ce sont les balles. Mais les balles ne sont pas toutes bien lancées et c'est comme ça qu'il y en a une qui s'est aplatie contre les vitres et a effrayé les trois dames qui prenaient le thé.

Comme elles sont debout à présent, ces dames courent vers la fenêtre. Comme les garçons s'amusent! Marie oublie qu'elle est une dame qui reçoit des visites et elle crie:

«Maman, pouvons-nous aussi aller au jardin, dis? C'est si amusant!

--J'ai peur que vous vous mouilliez, mes petites.

--Oh! ça ne fait rien, maman. C'est si amusant de lancer des boules de neige!

--Et de les lancer contre les vitres, n'est-ce pas? Eh bien, allez, mais faites attention de ne pas trop vous mouiller et dites aux garçons de prendre garde aux vitres.» Marie court à toutes jambes au jardin. Sa cousine et Ninette la suivent. Cette dernière passe une bien bonne journée. C'est si amusant de jouer à l'école, de prendre le thé et de lancer des boules de neige.

Jean met une branche dans la bouche du bonhomme: c'est son cigare. Celui des cinq enfants qui fera tomber le cigare aura gagné. Les cinq petits sont bien occupés. Ils ramassent de la neige, en font des boules et les lancent contre la tête du soldat blanc. Mais ce monsieur continue tranquillement à fumer. Les balles sifflent autour de ses oreilles, mais il ne bouge pas.

«Bravo!» crie tout à coup la petite troupe. Une boule avait touché le cigare et celui-ci était tombé par terre.

«Qui a si bien visé? demande Louis.

--C'est Ninette, dit Marie, elle sait encore mieux viser que les garçons!»

Ninette est si contente: elle s'amuse tant! et elle rit de tout coeur avec les enfants. Cela ne lui arrive pas souvent à la pauvre petite. Chez elle tout est si triste parce que sa maman est toujours malade, et Ninette est encore si petite! Quand elle rentre ce soir-là, elle raconte quelle bonne journée elle a eue, et puis, elle s'endort, très contente.

XXXIV. Sur la Glace.

Quelques jours après, l'hiver apporta un nouvel amusement. Il avait gelé plusieurs jours et plusieurs nuits de suite, et les étangs du bois étaient couverts d'une épaisse couche de glace.

Jean et Marie ne savaient pas encore patiner: ils étaient si petits. Mais Louis et Henriette patinaient déjà très bien et Papa avait promis aux petits qu'il les emmènerait aux étangs pour voir patiner leur cousin et leur cousine.

Il faisait très froid ce jour-là, mais il n'y avait pas de vent et le soleil brillait et vous réchauffait. Le papa se mit donc en route avec les deux enfants, et, comme ils marchaient d'un bon pas, ils arrivèrent bientôt aux étangs.

«Pouvons-nous aller sur la glace, papa? demanda Jean.

--Sans doute, mon garçon, répondit papa. Venez avec moi.»

Et les voilà qui descendent tous les trois sur la glace. Quelles belles glissades on pouvait faire! Aussi Jean et Marie ne marchaient pas, ils glissaient tout le temps.

Que de patineurs sur la glace! Ils se croisaient dans tous les sens et avaient l'air de voler comme de grands oiseaux. Ils avançaient si vite, si vite. Il y en avait tant, que papa ne pouvait pas y aller avec ses deux petits; ils restèrent donc près du bord.

«Voilà Louis!» cria tout à coup Jean.

Oui, c'était vrai: Louis patinait avec Henriette au milieu de tout ce monde. Jean et Marie eurent tout à coup bien envie de patiner, eux aussi.

«Achète-nous des patins, petit père, demanda Marie, j'aimerais tant patiner!

--Quand tu seras plus grande, chérie. Attends seulement un an ou deux.»

Louis et Henriette avaient vu leur oncle et arrivèrent bien vite lui dire bonjour. Ils étaient tout rouges, tant ils avaient chaud.

«Bonjour, mon oncle!

--Bonjour, mes enfants, dit l'oncle. Ne vous arrêtez pas trop longtemps. Vous avez tellement chaud. Vous pourriez attraper froid.

--Un moment seulement, petit oncle, pour nous reposer.»

Jean regardait les beaux patins de Louis.

«Quel âge avais-tu quand tu as reçu tes patins? demanda-t-il.

--Huit ans, dit Louis.

--Comme tu sais déjà bien patiner!» Louis se mit à rire.

A présent, il fallait qu'ils se remettent en marche.

«Au revoir! au revoir!» criaient-ils encore de loin, et bientôt ils avaient disparu.

Papa fit encore le tour des étangs avec les enfants, puis ils rentrèrent.

XXXV. Il fait bien froid.

«C'était si amusant, maman, cria Marie, en rentrant dans la chambre.

--Nous avons vu Louis et Henriette qui patinaient si bien, ajouta Jean.

--Mais j'ai bien froid aux mains» dit Marie lorsqu'elle eut ôté ses gants. Dehors, elle ne s'en était pas aperçue; mais maintenant qu'elle était dans la chambre chaude, elle le sentait.

«Ne te mets pas près du poële, dit maman: tes mains te feraient mal. Je sais un jeu qui réchauffe joliment bien les mains. Viens ici.»

Marie s'assied sur une chaise, devant la fenêtre et la maman s'assied en face d'elle.

«Tape maintenant deux fois dans tes mains, comme ça: un, deux! C'est bien! A présent tape dans la paume de mes mains: trois! A présent, en mesure! et la maman chante la chanson suivante:

[Musique]

1.

Un, deux, trois, Voici les grands froids! Main qui se repose Jusqu'au bout des doigts Devient froide et rose, Un, deux, trois!

2.

Un, deux, trois, Voici les grands froids! La main qui s'agite, Jusqu'au bout des doigts, Se réchauffe vite, Un, deux, trois!

3.

Un, deux, trois, Voici les grands froids! La chanson commence, Messieurs les dix doigts, Entrez vite en danse, Un, deux, trois!»

Bientôt, Marie chante aussi et frappe bien en mesure dans ses mains, puis contre celles de sa mère. Ses petites mains ne sont plus froides du tout à présent.

XXXVI. Voici le Printemps.

L'hiver, avec sa neige et sa glace, est passé. C'est peut-être dommage pour les personnes qui pouvaient s'amuser à patiner, à faire des glissades, ou à sortir en traîneau. Mais c'est très agréable pour les pauvres qui avaient froid et faim, qui n'avaient pas de charbon pour se chauffer, pas de bons vêtements chauds et presque pas de nourriture pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ils étaient heureux de voir arriver le printemps. Les oiseaux aussi étaient contents de voir fondre la neige et la glace: souvent aussi ils avaient eu froid et faim. Mais pas les oiseaux du jardin de Jean et de Marie. Ces derniers avaient mis tous les jours un petit baquet d'eau et une assiettée de pain au jardin. Et les moineaux, les pinsons et les mésanges en avaient mangé. Mais ces oiseaux-là étaient tout de même bien contents de voir briller le soleil du printemps. Oh! la bonne chaleur du soleil! La terre s'était amollie, les bourgeons des arbres se gonflaient. On voyait déjà de toutes petites feuilles vertes. Et les oiseaux se mettaient à chanter.

Deux pinsons bâtissaient leur nid dans le jardin. Ils voulaient sans doute chanter pour égayer ces enfants qui les avaient si bien soignés en hiver.

Jean et sa maman les regardaient.

«Regarde, maman, dit Jean, voilà encore notre pinson. Il a un brin de paille dans le bec. Où fait-il son nid?

--Eh bien, regarde-le!

--Mais je ne le vois pas!

--Le voilà sur la branche, là! le vois-tu à présent?

--Oh oui! juste dans ce petit coin entre deux branches, je le vois qui bâtit son nid.

--Et quand le nid sera prêt, la femelle pondra des oeufs et de ces oeufs sortiront les petits oiseaux!»

Oh! il y avait tant à voir au jardin, par cette belle journée de printemps et il y faisait si bon! La petite Marie y était presque toute la journée. Les oiseaux continuaient tranquillement à construire leur nid: ils n'avaient pas du tout peur de cette gentille petite fille.

XXXVII. Fleurs de Printemps.

Mais le lendemain, quand Jean fut parti à l'école, Marie se sentit un peu seule au jardin. Avec qui jouer? A qui parler? Il n'y avait pas d'enfants et les oiseaux ne la comprenaient pas. Elle irait donc chercher Paul et Alice.

Elle mettrait Alice par terre dans l'herbe. Là elle pourrait cueillir des fleurs. Et elle mettrait Paul dans les branches d'un arbuste: les garçons aiment tant grimper dans les arbres. Bon, le voilà assis. A présent, elle va cueillir des fleurs avec Alice.

«Tiens, Alice, cueille cette pâquerette.» Alice le fait avec les doigts de sa maman.

«Et voici encore une pâquerette, et encore une, encore une!»

Bientôt elle en avait tout un petit bouquet. Mais au milieu de toutes ces petites couronnes blanches, il faut mettre encore quelques autres fleurs: c'est plus joli!

«Cueille-moi ce bouton d'or, Alice. Oh! qu'il est joli. Tu ne le vois pas? Là, devant ton nez. Et en voilà encore quelques-uns. C'est ça. A présent notre bouquet est joli. Il faut seulement encore quelques feuilles vertes. Mais comme ça sent bon ici!»

Marie lève la tête et voit tout à coup les belles fleurs du lilas. Elle aimerait en cueillir. Mais le lilas est trop haut et les petits bras de Marie sont trop courts. C'est dommage! Ah! une idée! Elle appellera Paul qui aime tant grimper aux arbres. Mais où est le méchant petit garçon? Ah vraiment! voilà qu'il a déjà grimpé dans un arbuste, et cela d'une main!

«Viens ici, Paul, crie Marie, cueille des fleurs pour ta maman, là haut, ce beau lilas.»

Paul est un peu méchant, mais pourtant obéissant. Il grimpe dans le lilas, mais il ne peut pas arriver plus haut que le bras de Marie, et là il n'y a pas de fleurs. Toutes les fleurs sont au sommet de l'arbre et y forment un grand bouquet rose.

«Allons Paul, allons!

--Que doit faire Paul? dit tout à coup une voix derrière Marie.

--Papa, il faut qu'il me cueille des lilas.

--Et il ne veut pas le faire?

--Non, papa, il est méchant.

--Veux-tu que papa t'en cueille?

--Oh! oui, je veux bien!»

Mais papa ne sait pas grimper aux arbres. Il cherche un petit escabeau et des ciseaux. Et puis il cueille deux belles branches de lilas pour Marie.

«Merci, merci, papa,» dit celle-ci.

Elle les met avec les autres fleurs et apporte tout le joli bouquet à sa mère.

XXXVIII. Ce méchant Paul.

Marie rentre avec Alice dans la maison.

«Regarde, maman, dit Marie, quelles belles fleur nous avons cueillies pour toi.

--Oh! qu'elles sont jolies. Mettons-les vite dans un vase, sans cela elles se faneraient.»

Et Marie aide sa mère à arranger les fleurs dans les vases: les lilas dans un grand vase qu'on met sur la cheminée et les petites pâquerettes dans une coupe. C'est un ouvrage très amusant. Alice est assise sur la table et regarde sa maman et sa grand'maman. Et le pauvre petit Paul où est-il? Il est toujours sur la branche du lilas et Marie l'a tout à fait oublié.

Le soir, Marie va se coucher. Sa maman lui a dit bonne nuit, après l'avoir bien bordée dans son petit lit.

Mais avant de s'endormir, Marie pense encore aux pinsons du jardin, et aux belles fleurs, à Papa qui lui a cueilli ce beau lilas et, tout à coup, à Paul. Le pauvre petit! Il est toujours dans le lilas. Et il fait si noir au jardin! Et peut-être qu'il fera froid cette nuit!

«Maman! maman!» crie Marie.

Mais la maman est dans l'autre chambre et n'entend pas les cris de sa petite fille.

«Maman! maman!» crie encore Marie, et cette fois-ci plus fort.

«Je crois que Marie t'appelle, dit papa. J'irai voir ce qu'elle veut.»

Et voilà papa qui entre dans la chambre à coucher.

«Qu'y a-t-il, chérie? demande-t-il.

--O papa, Paul est encore dans le lilas.

--Eh bien! qu'est-ce que ça fait?

--O papa, il fait si noir dehors et, cette nuit, il fera peut-être froid. Dis, voudrais-tu aller chercher Paul?

--Mais pourquoi? Je croyais que Paul était un méchant garçon. Il ne voulait pas te cueillir des fleurs. Laisse-le au jardin. C'est bien fait pour lui s'il a peur et froid.

--Oh non, papa, va le chercher s'il te plaît. Si Paul reste au jardin, je penserai tout le temps à lui et je ne pourrai pas dormir.

--Eh bien, j'irai te le chercher, bonne petite maman! Et où faut-il que je le mette?

--Apporte-le-moi ici, s'il te plaît, papa!»

Alors papa descend au jardin. Il sort Paul du lilas et l'apporte à Marie.

«Heureusement, le voilà, dit celle-ci. A-t-il bien froid, papa?»

Papa donne Paul à Marie, qui le prend dans ses bras et le met sous les couvertures.

«Merci bien, papa, dit-elle encore. A présent je m'endormirai bien vite!»

Papa lui donne encore un baiser et s'en va.

Et bientôt Marie s'endort, en tenant son cher petit garçon bien serré dans ses bras.

XXXIX. A l'Ecole? ou chez nous?

Jean s'amusait toujours beaucoup à l'école. Et ce n'était pas étonnant. D'abord, il aimait à apprendre. Ensuite, il avait trouvé à l'école de gentils petits amis. Enfin, il aimait beaucoup son maître qui était très gentil. C'était peut-être pour cela surtout qu'il aimait aller en classe.

Monsieur était toujours gai et faisait souvent rire les enfants.

«Aimes-tu aller à l'école, Jean? dit-il un jour.

--Oui, Monsieur.

--Tiens, moi pas!»

Jean et les autres enfants se mirent à rire.

«Et sais-tu pourquoi je n'aime pas aller à l'école, moi? poursuivit le maître.

--Parce que nous apprenons quelque chose et vous pas.

--Non! c'est parce que vous allez chez un maître très gentil et que moi je vais chez de méchants garçons.

--Mais nous ne sommes pas méchants, dit Jean en riant.

--Tu aimes donc tant l'école?

--Oui, Monsieur.

--Et aimerais-tu ne plus rentrer chez toi?

--Oh non!

--Et pourquoi aimes-tu tant rentrer chez toi?

--Pour manger!

--Tu peux bien manger ici aussi.

--Et pour jouer!

--Mais tu peux jouer ici avec tes amis.

--Et pour dormir!

--Apporte ton lit ici.

--Et pour être avec papa, et maman, et Marie!

--Amène-les ici; ils pourront s'asseoir dans le banc, à côté de toi!»

Jean se mit à rire. Ces grandes personnes, assises dans ces tout petits bancs! C'était trop drôle!

«Allons, poursuivit Monsieur, puisque tu aimes tant rentrer chez toi, je t'apprendrai une poésie que tu trouveras très jolie.

--Une poésie à réciter, Monsieur?

--Oui, mais aussi à chanter.»

Et non seulement Jean, mais toute la classe apprit la poésie; et chaque jour, avant de quitter l'école, ils la chantaient.

Et tout était vrai dans la chanson. Quand ils chantaient: Je sais lire et même écrire, c'était vrai. Il y avait près d'un an qu'ils étaient à l'école et ils savaient lire et écrire, pas si bien que les grands, mais très gentiment déjà.

Jean chantait souvent sa chanson à la maison, si souvent même, qu'après quelque temps, Marie la chantait aussi, mais quand Marie chantait, c'était un petit mensonge qu'elle disait, car elle n'allait pas encore à l'école. Elle irait dans quelques mois seulement. C'est ce que nous verrons dans le livre suivant. Et Paul chantait aussi, mais pour lui, c'étaient de gros mensonges. Il ne pouvait pas dire: Je n'ai pas perdu mon temps! Car toute la journée, il ne faisait que des bêtises, ce méchant garçon.

XL. La Sortie de l'Ecole.

Mais à présent, nous allons quitter nos enfants. Nous les retrouverons dans un autre livre.

Mais, avant de leur dire un joyeux: au revoir! nous apprendrons, nous aussi, la chanson de Jean. Peut-être pourrons-nous alors la chanter aussi à quatre heures.

LA SORTIE DE L'ECOLE.

[Musique]

Voici l'heure La meilleure, L'heure de rentrer chez nous. De l'école } L'on s'envole. } _bis_. Maintenant faisons les fous! } La journée Terminée, Chacun se met en chemin Et répète Dans sa tête La leçon du lendemain.

_2e couplet._

Le bon père, Ou la mère Demande: As-tu travaillé? Ecriture? Ou lecture? Montre-moi livre et cahier.

_3e couplet._

Oui, ma mère, Oui, mon père, De moi vous serez contents. Je sais lire, Même écrire: Je n'ai pas perdu mon temps!

_Refrain._

Voici l'heure La meilleure, L'heure de rentrer chez nous. De l'école } L'on s'envole: } _bis_. Maintenant faisons les fous. }

LUCIE VOS,

ENTRE NOUS, I.

MOTS ET EXPRESSIONS.

DEUXIÈME ÉDITION.

J. B. WOLTERS--GRONINGUE--1906.

MOTS ET EXPRESSIONS.

_L'enfant qui ne veut pas trop chercher, Ne doit seulement rien oublier._

MOTS ET EXPRESSIONS.

I.

Méchant, ondeugend. gourmand, gulzig of snoepachtig. gentille, lief.

II.

Se fâche, wordt boos. est monté, is geklommen. le sucrier, de suikerpot. le sucre, de suiker. maman _regarde_ Paul, mama _kijkt naar_ Paul. il faut le gronder, u moet hem beknorren. il faut, letterlijk: het moet. se lève, staat op. s'approche du, gaat naar den (lett.: nadert den). encore une fois, nog eens. une tape, een tik.

III.

Voilà ce que c'est, dat komt ervan. s'est fâché, is boos geworden. est tombé _par_ terre, is gevallen _op den_ grond. il s'est cassé le bras, hij heeft zijn arm gebroken. veux-tu, wil je. s'il te plaît, alsjeblieft. aller _chez_ le docteur, _naar_ den dokter gaan (denk er aan: men zegt altijd _chez_ bij personen, en _à_ bij plaatsen, b.v. _aller à la maison_). il a bien mal, hij heeft erge pijn. je vais _tout de suite_ ik ga _dadelijk_ halen. chercher, _Alors_, il _ouvre_ la porte, hij _opent_ (doet open) _nu_ de deur. le corridor, de gang.

IV.

Couche, legt in bed. le petit blessé, de kleine gewonde. est sorti _de_ la chambre, is _uit_ de kamer gegaan. il est allé chercher, hij is gaan halen. elle le borde bien, zij stopt hem lekker in. bien mal, zoo'n pijn. maintenant, nu. allons! kom! il _viendra_ tout à l'heure, hij komt (_zal komen_) straks. il te guérira, hij zal je genezen. sois sage, wees zoet.

V.

Que je suis contente, wat ben ik blij. tant il a mal, zoo'n pijn heeft hij. comment est arrivé cet hoe is dat ongeluk gebeurd? accident? entier, heel. ils vivent _tous les deux_, zij leven _allebei_. remettre, zetten; weer aan maken. ça _ira_ bien, dat _zal_ wel _gaan_.

VI.

Elle _sort_ Paul, zij _neemt_ Paul (letterlijk: gaat uit of haalt uit). elle l'embrasse, zij kust hem (letterlijk: omhelst hem). puis elle le _passe_, daarna _geeft ze_ hem (letterlijk: geeft door). bien vite, heel gauw. c'est ça, mooi zoo of dat is goed. en portant, terwijl hij draagt (lett.: dragende). en tenant, terwijl hij houdt (lett.: houdende). au revoir, tot ziens. à bientôt, tot straks. merci, dank u.

VII.

Jean va _à_ la cuisine, Jan gaat _naar_ de keuken (zie opm. bij III). il _a mis_ le chapeau, hij _heeft_ den hoed _opgezet_. est en train de peler des is aan 't appelen schillen. pommes, est en train de, is bezig met. tiens, zoo of kijk. vient chercher, komt halen. peut-être, misschien. un bout de ficelle, een eindje touw of een touwtje. un bout, een eind, een stuk. pourquoi faire, waarom (letterlijk: om wat te doen). bien difficile, zeer moeilijk. le tiroir, de lade. merci beaucoup, dank je wel. et _voilà_ aussi, en _daar heb je_ ook (lett. ziedaar). _met_ dans sa poche, _steekt_ in zijn zak. l'attache, bindt het, maakt het vast. autour du poignet, om den pols. autour de, om, rond om. est attaché, is vastgebonden, vastgehecht. retournent _chez la maman_, gaan _naar mama_ terug. _bien des choses_ à Madame, _vele groeten_ aan Mevrouw.

VIII.

Comment? hoe? rentre, komt (terug) weer. tout à fait, heelemaal. quel bonheur, hoe heerlijk (letterlijk: welk een geluk). Marie devient _toute_ triste, Marie wordt _heel_ treurig. le bras est retourné, de arm zit omgekeerd, onderst boven. _tient_ à l'épaule, _zit_ (letterlijk: houdt) aan den schouder. _se servir de_ sa main, zijn hand _gebruiken_ (lett.: _zich bedienen van_). ça ne fait rien, dat hindert niet (letterlijk: dat doet niets). Paul ne pourra plus mettre, Paul kan (zal kunnen) niet meer steken. c'est vrai, dat is waar. fera-t-il pour travailler, zal hij moeten werken (letterlijk: zal hij doen, om te). plus tard, later. le chanteur, de zanger. il _n'a pas besoin de_ son hij _heeft_ zijn arm _niet bras, noodig_.

IX.