Part 21
--D'abord, je ne savais pas si je te trouverais seul et puis, non, ce n'était pas possible;--et, elle regarda autour d'elle, réveillée, ayant peine à croire que c'était elle qui était là, assise, près de son mari, sur un divan.
--J'ai toujours vécu seul, dit André avec aplomb. Mais, je ne sais vraiment pas ce que cette lampe a ce soir, et il se leva pour la remonter. Ah! les hommes sont tout de même à plaindre quand ils vivent isolés, soupira-t-il, et il jugea utile de se rendre intéressant, racontant que Mélanie le grugeait sans mesure, cherchant de la poussière qu'il ramassait difficilement, avec son doigt, sur les meubles, pour convaincre sa femme.
--Voilà comme je suis servi, dit-il en hochant la tête.
--Ton ménage semble pourtant bien tenu, répondit Berthe, qui regarda de tous les côtés, la pièce. Oh! mais tu as acheté beaucoup de meubles!
Il lui proposa de visiter le logement et il supprima l'abat-jour de la lampe.
--Je ne m'étonne pas si elle charbonne ainsi, la mèche est mal coupée, attends, je vais te l'arranger tout à l'heure, et Berthe contempla les tableaux, souriant à ceux qu'elle connaissait, s'étonnant devant les autres. La chimère du Japon l'épouvanta, «Oh! l'horreur! fit-elle»; et elle passa dans la chambre à coucher, examinant le lit blanc, les meubles en bois de rose, touchant les clefs dont les poignées dorées lui plaisaient surtout.
--Tu es bien logé, murmura-t-elle, en entrant dans le cabinet de toilette.
Sans motif, sans qu'aucune filiation d'idées se fût produite, André revit tout à coup la chambre à coucher de son ancien ménage, l'affront qu'il avait subi, et bien que sa colère fût depuis longtemps épuisée, mu par un sentiment de rancune puérile, par la pensée d'une mesquine vengeance, née d'un souvenir gardé sans motif plutôt qu'un autre de son ancienne liaison, il entoura la taille de Berthe comme il avait jadis entouré celle de Jeanne, et il embrassa sa femme devant la glace, au-dessus du pot à l'eau, se croyant peut-être homme fort, sceptique, effaçant à coup sûr un reste d'offense, en égalant ainsi sa femme à une maîtresse, en les rapprochant, en les mettant sur le même niveau, sur le même plan.
Mais Berthe se dégagea et passa avec autorité dans la cuisine, se sentant maintenant chez elle, et elle contempla les culs étincelants des casseroles, brillantes comme des soleils, le bonnet de tulle noir, à brides vert pomme pendant sur l'ocre des murs, disant: Mais c'est très propre!
--Tiens, donne-moi les ciseaux à lampe, reprit-elle, je vais couper la mèche.
Ils les cherchèrent vainement.
Dans cette pièce, grande comme un mouchoir, et qu'elle emplissait de ses jupes, ils se pressèrent, l'un contre l'autre, devant le buffet, découvrant des mèches à lampe et des gousses d'ail, pêle-mêle dans une tasse, des croûtons de pain dur sur un plat, du beurre dans un bol d'eau, du sel gris et de la farine dans des pots à confiture, enfin, près d'un pilon de bois et d'une râpe contenant encore des copeaux de gruyère, une petite bouteille noire avec cette étiquette: «L'arôme des potages, manufacture d'oignons brûlés à Romainville.»
A force de chercher, ils trouvèrent pourtant dans un tiroir, où leurs doigts se mêlaient et où les bagues de Berthe pétillaient dans l'ombre, plus vives, d'infectes mouchettes trempées d'huile, au milieu d'un paquet déficelé de laurier et de thym.
--Tiens, dit André, ravi de l'excessive malpropreté de ces mouchettes, avais-je raison d'accuser ma bonne, tu peux voir par toi-même si elle est sale?
Berthe ne répondit pas; elle arrangea prestement la lampe; voilà qui est fait, dit-elle; et elle retourna dans le cabinet de toilette pour se laver les mains.
Alors, tandis qu'elle se frottait lentement les doigts de mousse, André, debout derrière elle, suivit le mouvement des bras dont le va-et-vient faisait onder l'étoffe de la robe dans le dos et se mourait en un léger frisson le long des hanches, et de grands désirs lui vinrent.
Depuis le départ de Jeanne ses amours étaient coûteuses et avec cela privées de cet appétit qui rend suffisantes les plus médiocres des voluptés et des pâtures. Un désir bête l'occupa de savoir si rien n'était changé chez Berthe; puis l'existence menée après leur rupture, la liaison renouée avec Jeanne l'avaient comme modifié. Il était devenu moins timide, moins respectueux, plus brave. Il était enfin chez lui, dans son logement de garçon et non plus chez eux, dans son ménage, et des fumées de jeunesse lui remontèrent, des souvenirs des paillardises des anciens tête-à-tête qui lui attisèrent encore les sens. Il ne vit plus bien clair, il alla simplement, sans raisonner, vers Berthe comme vers une femme attirante, comme vers une bonne fortune tombée, après une longue abstinence, par hasard, chez lui.
Il était d'ailleurs dans un terrible état d'énervement. Les secousses de la soirée l'avaient brisé; il éprouvait une fatigue énorme, une courbature générale et sa cervelle lui semblait flotter dans le vide. Loin de le soulager, les larmes d'abord retenues puis rapidement taries avaient encore augmenté cet indicible malaise qui devait forcément aboutir à la détente charnelle.
Il s'étira les doigts qui craquèrent, pris d'évanouissement, ayant la subite récurrence, sous la chemise de sa femme, d'une mignonne tache fauve, arrondie comme une pastille entre les deux seins.
Énervée elle aussi, et en dépit de la froideur de ses sens encore accentuée par l'habitude depuis longtemps acceptée des jeûnes, elle eut un brusque réveil et elle se tendit, les joues en feu et les yeux noyés, laissant choir la serviette avec laquelle elle s'essuyait les doigts, dans la cuvette à moitié pleine. Elle sourit à son mari dans la glace et courbée en deux, les reins un peu haut, le dos remué jusqu'à la nuque, elle tordit le linge.
Le sourire où la surdent mettait dans sa bouche un point de lumière avancé sur la ligne des dents affola André; il se jeta sur elle et la baisa lentement sur les yeux qui battirent, lui chatouillant les lèvres avec leurs cils.
Il l'étreignit et l'emmena, lacée à lui, dans la chambre, oubliant volontairement la lumière dans le cabinet. Berthe s'affaissa sur le lit, inerte, un bras replié sur la figure, tandis que le bruit de ses jupes longuement froissées s'entendait seul, avec le souffle haletant d'André.
--Oh! c'est vilain, dit-elle, tout bas.
Et André un peu étonné maintenant que sa surexcitation avait cessé, se demandait si, dans l'intérêt de son futur ménage, il n'avait pas commis une irréparable faute. Une certaine lueur qui fila dans les yeux de sa femme l'inquiéta, puis il se fit la remarque que Berthe avait le linge plus élégant et plus parfumé que jadis et il eut peur qu'elle ne se fût ainsi parée pour le séduire.
Un peu embarrassés, ils revinrent s'asseoir dans le petit salon et ils se taisaient, abîmés, chacun dans ses réflexions; elle, malgré les déboires renouvelés de ses sens, satisfaite d'avoir goûté à un fruit défendu, d'avoir accompli, dans une chambre de garçon, une escapade rêvée autrefois dans son ménage, et honnêtement réalisée maintenant, sans honte et sans risques, heureuse de secouer le joug de son oncle, de quitter de nouveau son existence de jeune fille, de reprendre sa liberté, de rentrer toute-puissante chez elle, ressentant cette joie que les gens casaniers éprouvent à retrouver leur chez eux après de longues haltes dans les hôtels et dans les garnis; lui, très perplexe, se reprochant d'être toujours le même, sans défense devant une femme, n'augurant rien de bon de cette facilité avec laquelle Berthe s'était laissé vaincre, se répétant: Je suis à sa merci,--puis se consolant par la perspective de quitter cette odieuse existence de garçon, regorgeant de crises juponnières et de carottes de bonnes, de se réinstaller dans un ménage sérieusement organisé, de vivre peut-être enfin tranquille.
--Veux-tu que nous préparions une tasse de thé? fit-il, pour dire quelque chose.
Elle entendit le son de ses paroles sans en comprendre le sens. Elle s'éveilla de ses réflexions et regarda sa montre.
--Dix heures! mon oncle ne doit pas savoir ce que je suis devenue. Oh! comme je suis faite!--murmura-t-elle, et, pendant qu'elle réparait, de son mieux, devant la glace, le désordre de sa coiffure et de sa robe, André tout en enfilant ses bottines pour la reconduire, parvint à se convaincre qu'il avait sagement agi. C'est peut-être la seule fois que je me sois conduit comme il le fallait avec ma femme. Oui, avoir plus de laisser-aller, moins de retenue et plus d'abandon, être enfant, gentil, bon garçon, comme je l'ai été avec Jeanne, voilà! conclut-il en frappant le plancher de ses semelles pour faire mieux glisser la chaussette dans la bottine.
Berthe était prête, il l'embrassa et ils descendirent dans la rue, recueillis, muets, obsédés par les mêmes préoccupations, soucieux et contents à la fois, songeant à toute leur vie ratée qu'ils allaient reprendre, appréhendant que, malgré l'expérience qu'ils avaient acquise, ils ne la gâchassent et à jamais, cette fois encore; et ils marchèrent résignés, chacun se promettant, pour avoir la paix, de s'effacer devant l'autre, et se réservant de se montrer néanmoins dans certains cas quand il le jugerait convenable, chacun supputant déjà, en serrant tendrement le bras joint au sien, les indulgences qu'il devrait avoir, les défauts qu'il devrait s'engager, mentalement, à passer à l'autre.
XVI
Une fois par semaine, le mardi, André et Cyprien se réunissaient dans un café, vers les quatre heures. Ils furent exacts aux rendez-vous, le premier mois, puis tantôt l'un, tantôt l'autre manqua.
Celui qui attendait s'irrita devant son apéritif, et fatalement il attribua le manque de parole de son ami, André à Mélie et Cyprien à Berthe.
Chacun prit la femme de son camarade en grippe.
Du reste, une certaine froideur s'était glissée dans leurs relations; André arrivait bien tout d'abord à l'heure, mais il partait presque aussitôt, alléguant de mystérieux prétextes, d'inévitables courses qui faisaient hausser les épaules du peintre, plus à l'aise, moins réprimé, dans son intérieur de concubin, qu'André dans son ménage approuvé, dans sa vie bourgeoise.
Du dépit et sans doute même un peu d'envie résultèrent pour André de cette supériorité de Cyprien, et un peu de pitié, un peu d'aigreur, vinrent au peintre de l'embarras d'André, de sa hâte continuelle à déguerpir.
Ils finirent bientôt par ne plus se rien dire, lorsqu'un hasard les mettait, dans la rue, en face; André ne voulait, à aucun prix, retourner chez son camarade, sentant une certaine gêne, une certaine honte à revoir Mélie qui s'était forcément immiscée dans ses affaires, et pour rien au monde Cyprien n'eût mis les pieds chez André, se rappelant le mauvais accueil de Berthe, après son mariage, pensant que, malgré tous les services qu'il avait rendus, il serait de nouveau, en sa qualité de camarade du mari, privé de nourriture à table et poliment jeté dehors, comme jadis, après le repas.
Un ou deux mois s'écoulèrent sans qu'ils se rencontrassent. Un jour pourtant, à une messe d'enterrement, ils s'aperçurent dans l'église, au travers des personnes plantées, comme des piquets, entre deux rangs de chaises, et une fois les compliments de condoléance achevés, ils laissèrent le corbillard s'acheminer, en ballottant, vers le cimetière et ils se promenèrent dans une rue de traverse, s'entretenant d'abord des qualités et des vices du défunt qu'ils avaient autrefois connu, s'apitoyant, ainsi qu'il sied, sur le malheur de ceux qui restent, puis, changeant le cours de la conversation, Cyprien dit à André:
--Eh bien, depuis que je ne t'ai vu, tu dois être établi dans ton nouveau logement?
--Oui, mes affaires sont presque rangées; et il ajouta, après une pause, sans enthousiasme: Je suis bien.
--La maisonnette est grande? demanda Cyprien.
--Non, cinq pièces, mais elles sont commodément distribuées, c'est une vraie bicoque de petit mercier retiré des mauvaises affaires, des murs roses, des volets couleur de terre glaise avec un coeur découpé en haut dans le bois, une porte avec des vitres de couleur donnant sur le jardin et, tu vois ça d'ici?
--Oui, et avec cela, autour d'une tonnelle, non loin d'une pompe à roue, les sempiternelles plates-bandes de géraniums et les non moins sempiternelles corbeilles de roses, séparées, par une ligne de buis, des allées saupoudrées de cailloux de rivière. Un tonneau, au fond du jardin, avec une grenouille rouillée, regardant le ciel; dans un coin, la cabane nécessaire cachée par un lilas qui ne s'épanouit jamais; enfin, contre la dite cabane, un monticule formé par les détritus des feuilles, des branches mortes, et par les tessons des pots de fleurs cassés, le tout surmonté par une ficelle sur laquelle voltigent un tablier de cuisine et une paire de bas. Si je vois ça? mais je te dessinerais, ressemblance garantie, ta maison sans l'avoir vue!
--Oui, va, blague tant qu'il te plaira, fit André tu n'empêcheras pas que ce ne soit tout de même agréable d'être à Paris, perdu dans un petit faubourg, sans voisins, sans concierge, loin de la foule et loin du bruit.
--C'est le rêve qui vient aux gens épuisés après la trentaine, soupira Cyprien; je l'ai eu comme tous les autres, seulement j'ai deviné le mystère des existences vécues dans les banlieues. Je me suis vu, ouvrant la fenêtre, le matin, tapotant avec inquiétude sur mon baromètre, descendant sous un chapeau de paille, en chemise, le dos barré par une bretelle, pour tailler avec le sécateur mes plantes; je me suis vu enfin, le dimanche, les jambes pendant sur le talus des remparts, utilisant ma lorgnette de spectacle à contempler l'horizon, discutant pour la centième fois avec ma femme qui ravaude en bâillant près de moi, sur le nom du village que figure un petit pâté blanc, là-bas, dans le ciel, au loin.
Cette vision de ma longue personne dans un maigre paysage m'a guéri de ces élans vers la nature parisienne que j'adore quand je m'y promène, mais que je prendrais infailliblement en haine si je devais y habiter seulement pendant un terme. Mais, d'ailleurs, je suis bien tranquille, tu reviendras, apitoyé par l'ennui de ta femme, et lassé toi-même par l'isolement, demeurer à un troisième étage, dans le centre de Paris, comme moi!
Le visage d'André se rembrunit. Il se rappelait les plaintes de Berthe, déplorant la rareté des provisions, le départ précipité des bonnes, d'un quartier privé de bastringues et de troupes. Il eut peur que cette halte dans les tracas de sa vie ne fût point définitive, et il appréhenda de reprendre peu à peu, sous l'impulsion de sa femme, sa course longtemps interrompue au travers des salons et des bals. Maintenant que sa situation est nette, peut-être bien que Berthe ne serait pas fâchée de rentrer victorieuse dans ce monde qui l'a tenue à l'écart pendant des mois, songea-t-il.
--Dis donc, reprit Cyprien qui, devant la mine absorbée de son camarade, jugea, d'instinct, qu'il serait bon de ne pas continuer ses théories sur la campagne, dis donc, qu'est devenue ton ancienne bonne?
--Qui ça, Mélanie?
--Oui.
--Je ne sais pas. Depuis le jour où Berthe revenant chez moi l'a congédiée, je n'ai plus eu de ses nouvelles. Je suppose qu'elle a suivi sa vocation, et qu'elle a recommencé à pirater dans un nouveau ménage. Ah ça bien, et toi, que fais-tu?
--Moi, rien. Je vivote entre Mélie et Barre-de-Rouille; je travaille aussi pour des entrepreneurs de papiers peints. Je fais, entre autres besognes, des Écossais, tu sais, ces papiers qui ont des raies alternées et croisées, rouges et vertes, comme des culottes d'highlanders ou certains châles. Ce n'est pas trop mal payé et l'ouvrage abonde.
--Alors les tableaux?
--Le peintre se frotta la barbe de ses longs doigts. Les tableaux, peuh, dit-il, c'est quelquefois bon de songer à ceux qu'on ne fera jamais, au lit, le soir, quand on ne dort pas!
--Oui, répondit, après une pause, André en soupirant: Quand il s'agit d'exécuter l'oeuvre qu'on a conçue, va te faire fiche! Vois-tu, j'ai bien peur que nous n'ayons joué, en art, le rôle que jouent en amour ces pauvres diables qui, après avoir longtemps désiré une femme, ne peuvent plus lorsqu'ils la tiennent.
--Les gens qui ratent le coche, fit Cyprien. Tiens, à propos, et la maison que tu devais acheter à Viroflay?
--Elle a été vendue, pendant que je discutais sur le prix d'achat, avec ma femme.
--Ah bien, ça n'a pas dû réjouir ce bon Désableau, reprit en riant le peintre. Est-ce que tu le vois toujours?
--Encore.
Ils restèrent sans parler, et les mains derrière le dos, ils arpentèrent le trottoir, de long en large.
--Alors, tu es heureux, dit Cyprien.
--Oui, et toi?
--Moi aussi.
--Allons, tant mieux.
Cyprien se tut, puis, après un silence, il reprit:
--C'est égal, dis donc, c'est cela qui dégotte toutes les morales connues. Bien qu'elles bifurquent, les deux routes conduisent au même rond-point. Au fond, le concubinage et le mariage se valent puisqu'ils nous ont, l'un et l'autre, débarrassés des préoccupations artistiques et des tristesses charnelles. Plus de talent et de la santé, quel rêve!
André hocha la tête en se mouchant.
--Bigre! dit-il soudain, comptant sur ses doigts les coups qui s'égouttaient, un à un, d'en haut, c'est midi qui sonne, je me sauve, car Berthe s'impatienterait.
Il serra la main de son ami qui murmura, tout ricanant:
--Ce n'est pas mauvais d'être vidés comme nous le sommes, car maintenant que toutes les concessions sont faites, peut-être bien que l'éternelle bêtise de l'humanité voudra de nous, et que, semblables à nos concitoyens, nous aurons ainsi qu'eux le droit de vivre enfin respectés et stupides!
--Quel idéal! soupira André.
--Ah! va, celui-là ou un autre... fit Cyprien qui, talonné aussi par l'heure, s'envola comme une grande sauterelle, rasant les devantures des boutiques, le long des rues.
FIN.
Extrait du Catalogue de la BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 11, RUE DE GRENELLE
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