Dictionnaire de nos fautes contre la langue française
Part 24
=Occuper=.--Ne pas confondre _s’occuper de_ et _s’occuper à_. _S’occuper DE quelque chose_: y penser, en avoir la tête remplie, chercher les moyens d’y réussir. _Il s’occupe beaucoup DE ses affaires._ _Il s’occupe DE détruire les abus._ _Il s’occupe DE son jardin._--_S’occuper À quelque chose_: y travailler. _Il s’occupe À détruire les abus._ _Il s’occupe À son jardin._ _Il s’occupe À l’étude des belles-lettres._
=Œuvre=.--Ce mot est presque toujours du féminin. Excepté quand il désigne la pierre philosophale (dans ce cas il est toujours accompagné de l’adjectif grand: _le grand œuvre_); quand il se dit de l’ensemble des ouvrages d’un musicien, d’un graveur (_l’œuvre entier de Meyerbeer, de Dürer_), en termes d’architecture, quand il est pris dans le sens de _bâtisse_ (_le gros œuvre de cette maison est achevé_). _Œuvre_, dans ses acceptions ordinaires, se met quelquefois au masculin dans le style élevé.
=Offre=.--Ce mot, qui était autrefois du masculin, est maintenant du féminin.
=Oie=.--Est du féminin.
=Ombrage, Ombre=.--Ne pas confondre ces deux mots. _Ombrage_ est un terme particulier et spécial; il ne se dit que de l’obscurité produite par l’assemblage des branches et des feuilles d’arbres qui s’interposent entre la source de lumière et l’objet qui est dans l’ombre. _Se reposer sous les ombrages d’un parc_; _cette forêt offre un ombrage impénétrable aux rayons du soleil_.--_Ombre_ est l’obscurité produite par un corps opaque qui intercepte les rayons lumineux. Ce terme est général, et se dit de toutes les causes qui peuvent produire ce phénomène: _L’ombre de la terre cause l’éclipse de la lune_; _on se met à l’ombre d’un mur, à l’ombre d’un arbre_.
=Omnibus=.--Est du masculin.
=On=.--_On_ demande toujours le verbe à la troisième personne du singulier. _Quand ON EST chrétien, de quelque sexe qu’on soit, il n’est pas permis d’être lâche_ (Fénelon). _On peut être honnête homme et faire mal des vers._ Cependant, si le sens indique clairement qu’on parle d’une femme ou de plusieurs personnes, _on_ doit être suivi d’un féminin ou d’un pluriel. _On n’est pas toujours jeune et jolie._ _On n’est point des esclaves pour essuyer de si mauvais traitements._
Il faut bien prendre garde de se laisser tromper par la prononciation, et d’omettre la négation _ne_ après _on_, lorsque l’_e_ de cette négation s’élide avec la voyelle du mot suivant. Ecrivez: _ON N’EST pas toujours jeune et jolie_; et: _ON EST toujours trop disposé à croire le mal_; comme si vous écriviez, _vous ne serez pas toujours jeune et jolie_; _vous êtes toujours trop disposé à croire le mal_. _Si l’on en parle bien_ et _si l’on n’en parle bien_ ont une signification toute contraire, bien que la prononciation soit la même.
_L’on_ ne s’emploie que pour éviter un concours désagréable de sons, ou bien un hiatus; ce qui arrive plus particulièrement après _que, qui, quoi, si_, ou, et _où_. _De qui l’on parle_; _si l’on dit_; _et l’on croit_; _on se tait ou l’on parle bien_; _le pays où l’on va_. On dira cependant: _Si on lui dit, à qui on lit_; et non _si l’on lui dit, à qui l’on lit_.
Lorsque le mot _on_ est répété dans une phrase, il ne doit s’appliquer qu’à la même personne. Les phrases suivantes sont donc vicieuses: _Quand on sent que l’on vous aime, on en est plus aimable_. _Quand on a été aimé avec emportement, il faut qu’on vous haïsse avec fureur._ Il faut dire: _Quand on sent que l’on plaît, on est plus aimable; quand on a aimé avec emportement, il faut qu’on haïsse avec fureur_.
=Once=.--Est du féminin.
=Ongle=.--Est du masculin. Etait autrefois du féminin.
=Onze=.---Bien que ce mot commence par une voyelle, on prononce et on écrit sans élision l’article, la préposition etc. qui le précède. _De onze enfants qu’ils étaient, il n’en reste plus qu’un seul._ _De vingt il n’y en a plus que onze._ Dans le langage familier, on dit aussi quelquefois: _Il n’y en a plus qu’onze_.
=Opéra=.--Un _opéra_ est une pièce de théâtre entièrement chantée. Quand il y a des parties parlées, la pièce prend le nom _d’opéra comique_. On dit souvent: un _grand opéra_, quand c’est un _opéra_ monté à grand spectacle, avec ballet, etc., mais on ajoute ordinairement l’épithète de _grand_ au mot _opéra_, pour distinguer le vrai _opéra_ de _l’opéra comique_.--_L’opéra bouffe_ est un _opéra_ comique où le sujet ou les personnages sont des caricatures.--_L’opérette_ n’est autre chose qu’un _vaudeville_ avec couplets et chœurs.
=Opuscule=.--Est du masculin.
=Or=.--Est du masculin, ainsi que tous les métaux.
=Orage=.--Est du masculin.
=Orbite=.--Est du féminin.
=Orchestre=.--Était autrefois du féminin; est maintenant du masculin.
=Orge=.--Est du féminin. _De l’orge nouvelle._ Il n’est du masculin que lorsqu’il est suivi des participes passés _mondé_ (nettoyé) et _perlé_ (dépouillé de ses pellicules). _Une tisane d’orge perlé, d’orge mondé_ (Acad.).
=Orgue=.--Est du masculin au singulier et du féminin au pluriel. Bescherelle dit: “L’emploi de ce mot n’offre de difficulté que lorsqu’il est précédé de _un de_. Dans ce cas, l’application de la règle serait d’une bizarrerie choquante, et l’on ne peut dire, par exemple: _Voilà un des plus belles orgues que j’aie vues_. Il faut donc éviter ces sortes de phrase, ou ne donner qu’un genre au mot _orgue_, et dire: _Voilà un des plus beaux orgues que j’aie vus_, ou: _voilà une des plus belles orgues que j’aie vues_. L’Académie, selon son usage, ne se prononce pas sur cette difficulté.”
=Orifice=.--Est du masculin.
=Originaire, Original, Originel=.--Ne pas confondre ces trois mots. _Originaire_: qui tire son origine de tel ou tel lieu. _Le tabac est ORIGINAIRE d’Amérique._--_Original_: qui a un caractère d’origine. _Le texte ORIGINAL d’un ouvrage._ S’emploie aussi dans le sens de _singulier, bizarre_.--Originel, qui remonte jusqu’à l’origine. _Un vice ORIGINEL_.
=Orme=.--Est du masculin.
=Orteil=.--Est du masculin. _Le gros orteil_, et non _la grosse orteil_.
=Orthographe=.--Est du féminin.
=Otage=.--S’écrit sans accent circonflexe: _otage_, et non _ôtage_.
=Ou=.--_On demande un homme ou une femme âgés_, signifie qu’on demande un homme âgé, ou bien une femme âgée. _On demande un homme ou une femme âgée_, c’est un homme sans condition d’âge, ou bien une femme qui soit âgée.
On ne dira pas: _j’apprendrai le dessin ou à danser_; mais: _j’apprendrai le dessin ou la danse_.
=Oui=.--On dit: _je crois que oui_, ou _qu’oui_; _le oui et le non_.
=Ouïe=.--Est du féminin.
=Ouvrage=.--Est du masculin.
P
=Padou, Padoue=.--Ne pas confondre ces deux mots. _Padou_ est un ruban tissu moitié de fil et moitié de soie.--_Padoue_: ville d’Italie. Saint Antoine de Padoue.
=Pamphlet, Brochure=.--Ne pas confondre ces deux mots. Le _pamphlet_ est un livre dicté par un esprit de critique ou de sarcasme plus ou moins violent et spirituel, et d’un petit volume qui en facilite le débit: _un pamphlet injurieux, séditieux_.--La _brochure_ est simplement un ouvrage imprimé ne contenant qu’un petit nombre de feuilles, traitant un sujet quelconque.
La _brochure_ n’est pas nécessairement un livre broché. Une _brochure_ peut être reliée et doit être peu volumineuse, tandis qu’un livre broché peut être très gros.
=Panacée=.--Signifie: remède universel. Est du féminin.
=Pâque=.--_Pâque_, fête des Juifs, est du féminin, et s’écrit avec une minuscule: _Les Juifs célèbrent la pâque en mémoire de la sortie d’Egypte_. _Pâque_, ou mieux _Pâques_, fête chrétienne, est du masculin, et s’écrit avec une majuscule: _A Pâques prochain_.
Au pluriel, _Pâques_ est du féminin dans _Pâques fleuries_ (le dimanche des Rameaux); _Pâques closes_ (le dimanche de Quasimodo), et quand il veut dire la communion pascale. _Faire de bonnes Pâques._
=Par=.--_Par là_, locution adverbiale, signifie: par cet endroit là, et s’écrit sans trait d’union: _Allez par là_.--_Par-là_, de la locution _par-ci, par-là_, s’écrit avec un trait d’union.
=Parafe ou Paraphe=.--Est du masculin. Désigne la marque faite d’un ou de plusieurs traits de plume, qu’on met ordinairement après sa signature. _Parafe_ désigne aussi la signature abrégée. Dites plutôt: _Mettez votre parafe sous ce renvoi_, que: _mettez votre initiale...._
=Paraître=.--Le verbe _paraître_ ne prend que le verbe _avoir_ dans ses temps composés. Ne dites pas: _Ce journal EST PARU pour la première fois la semaine dernière_, mais _a paru_. Ni: _c’est un des plus grands hommes qui SOIENT PARUS_, mais: _qui AIENT PARU_.
=Parallèle=.--Est des deux genres. En termes de géométrie, _parallèle_ est du féminin: _Mener une parallèle à une ligne_. En termes de géographie ce mot est du masculin: _Tous les lieux qui sont sur le même parallèle_.
=Pardonner=.--_Pardonner_ veut le nom de la chose au régime direct, et le nom de la personne au régime indirect; d’où il suit qu’il ne faut pas dire: _Pardonnez à quelque chose_ (pardonner à quelques vers faibles); ni _pardonner quelqu’un_ (pardonner ses enfants); mais: _Pardonner quelque chose_ (pardonner quelques vers faibles), _pardonner à quelqu’un_ (pardonner à ses enfants). Mais on peut dire: _un homme pardonnable_.
=Participer=.--Verbe neutre. Il prend tantôt la préposition _à_, et tantôt la préposition _de_. _Participer à_ veut dire: _avoir part_. _Je veux que vous PARTICIPIEZ à ma fortune, comme vous avez participé à ma disgrâce._ On le prend aussi dans le sens de: _prendre part, s’intéresser_: _Je participe à votre douleur_.--_Participer de_ signifie: tenir de la nature de. _Le pathétique PARTICIPE DU sublime autant que le sublime PARTICIPE du beau et de l’agréable._
=Pas=.--_Pas_, exprimant moins fortement la négative que _point_, s’emploie pour indiquer quelque chose d’accidentel. _Il n’étudie pas_; _il ne lit pas_; _il ne dessine pas_; c’est-à-dire: dans ce moment, à présent, actuellement, il n’étudie pas, il ne lit pas, etc.--_Point_ s’emploie pour exprimer quelque chose d’habituel et de permanent. _Il n’étudie point, il ne lit point_, c’est-à-dire, il n’étudie, il ne lit en aucun temps, jamais.
=Pauvre=.--Ne pas confondre les expressions: _Pauvre homme_ et _homme pauvre_. La première désigne un homme dans un état pitoyable, aussi un homme de petit esprit, d’intelligence faible.--Un pauvre homme peut être riche. _Homme pauvre_ signifie: homme sans fortune.
=Pèlerinage=.--Ecrivez _pèlerinage_, et non _pélérinage_.
=Perce-neige=.--Nom vulgaire de la nivéole. Est du féminin.
=Perclus=.--Fait au féminin _percluse_, et non _perclue_.
=Perversion, Perversité=.--Il ne faut pas confondre ces deux mots. La _perversion_ est le changement du bien en mal.--La _perversité_, c’est l’état de ce qui est pervers. Si un honnête homme devient une canaille, ce changement est une _perversion_; et son nouvel état est la _perversité_.
=Peser=.--Ecrivez _peser_ sans accent, et non _péser_.
=Pétale=.--Est du masculin. _Le pétale_ est chacune des parties qui composent la corolle d’une fleur.
=Pétiole=.--(_pé-ciole_). Est du masculin. _Le pétiole_ d’une feuille est ce qu’on appelle vulgairement _la queue_.
=Période=.--Est du féminin quand il désigne un espace de temps déterminé par le retour d’un phénomène qui revient à des époques fixes. _Période Julienne, dyonisienne_. Aussi en termes d’astronomie, de géologie, de mathématique, de musique, de rhétorique, etc.--Il est du masculin quand il signifie le plus haut point où une personne, une chose puisse arriver. _Le dernier période de la maladie_; _le plus haut période de la gloire_. Quand _période_ désigne un espace de temps indéterminé, il est encore du masculin. Mais Bescherelle ajoute: “En ce dernier sens plusieurs font _période_ du féminin.”
=Persiennes=.--V. _Jalousies_.
=Pire, Pis=.--Ces mots sont souvent confondus, mais à tort. _Pire_ est adjectif, et signifie: qui est plus mauvais, plus méchant, plus nuisible. _Le PIRE état est d’être sans caractère._ _De toutes les calamités c’est la PIRE_. Ce mot ne s’emploie jamais comme adverbe. On ne doit donc pas dire: _Il va pire, tant pire, il va de mal en pire_, mais _il va pis, tant pis, de mal en pis_.
_Le pire_ est substantif masculin. _Qui choisit prend le pire_ (Acad.).
_Pis_ est adverbe et signifie: plus mal, d’une manière plus désavantageuse, plus fâcheuse. _Pis_ est l’opposé de _mieux_. _Il va PIS, bien PIS que jamais._ _On se plaignait, mais les choses vont encore PIS_.
_Pis_ s’emploie aussi comme adjectif comparatif, mais il ne se joint alors qu’à des noms ou à des pronoms indéterminés. _C’est bien PIS_. _Il n’y a rien de PIS que cela._ _Il ne saurait rien arriver de PIS_.
_Le pis_ signifie: Ce qu’il y a de pire. _LE PIS qu’il_ _puisse arriver_. _C’est LE PIS que j’y trouve._
Il faut dire: _Faire du PIS qu’on peut_ (et non: du pire); _mettre les choses au PIS_ (et non: au pire); _au pis aller_ (et non: au pire).
=Plain=.--Écrivez _plain-chant_ (chant de l’église), _de plain-pied_ (sans monter ni descendre), et non plein-chant, de plein-pied.
=Plaire=.--_Ce qui te plaît_ signifie: ce qui t’est agréable. _Ce qu’il te plaît_ signifie: ce que tu veux. _Donnez-moi ce qui vous plaira_, signifie: ce que vous trouverez bon, ce que vous jugerez bon; _ce qu’il vous plaira_ signifie: ce qu’il vous plaira de donner, que vous le trouviez bon ou méchant.
=Pleur=.--Est du masculin.
=Plus=.--Bien que l’expression _plus d’un_ réveille une idée de pluralité, elle exige le verbe au singulier. _Plus d’un charmant ouvrage serait perdu pour nous._ Si au lieu de _plus d’un_, il y avait _plus de trois, plus de cinquante, plus de cent_, etc., on mettrait alors le verbe au pluriel.
=Plutôt=.--Indique la préférence. _Mourir plutôt que trahir._ _Plus tôt_, en deux mots, s’applique au temps: _il arrivera plus tôt que les autres_.
=Poêlon=.--Est, en français, une petite poêle. C’est une faute d’appeler _poêlon_, ou _queue de poêlon_, le _têtard_: le petit de la grenouille.
=Poison=.--Est du masculin. Était du féminin autrefois.
=Pore=.--Petit espace ou interstice qui sépare les molécules intégrantes des corps. Est du masculin.
=Pont-levis=.--Écrivez _pont-levis_, et non _pont-lévis_.
=Porte=.--Tous les mots composés commençant par _porte_ s’écrivent avec un trait d’union: _Porte-allumettes, porte-outil, porte-drapeau_. Excepté: porteballe, portechoux, portechape, portecollet, portecrayon, portefaix, portefeuille, portemanteau.
=Possible=.--Est invariable, comme attribut d’une proposition elliptique, lorsqu’il est précédé des mots _plus, moins, le plus, le moins_. _Ils ne songent qu’à payer le moins d’impôts possible_, c’est-à-dire: qu’il leur est possible. _Aux plus longues échéances possible_, c’est-à-dire: au plus longues échéances qu’il sera possible.
=Pourpre=.--Est des deux genres. Au féminin ce mot désigne la matière colorante fournie par la cochenille; la dignité des rois, la dignité de cardinal.--Au masculin _pourpre_ désigne la couleur même. _Le pourpre des raisins_; _étoffe d’un beau pourpre_.
=Précédant, Précédent=.--_Précédant_ est le participe présent de _précéder_. _Il vient, précédant le cortège._--_Précédent_ est adjectif et substantif: _Le jour précédent_; _citer un précédent_.
=Premier-né=.--Désigne le premier des enfants mâles. Ce substantif n’a pas de féminin correspondant. En parlant d’une fille; on ne dit pas: _La première-née_.
=Près de, Prêt à=.--_Près de_ est une locution prépositive, et signifie _sur le point de_.--_Prêt à_ est une locution adjective, et signifie _disposé à, préparé à, en état de_. _Combien de gens sont PRÈS DE la mort sans être PRÊTS À bien mourir!_
=Présidant, Président=.--Le premier est le participe présent du verbe _présider_. _C’est en PRÉSIDANT des assemblées tumultueuses qu’il s’habituera à commander à la foule._--_Président_ est substantif: _Le PRÉSIDENT des Etats-Unis._
=Presque=.--L’_e_ final ne s’élide que devant _île_. _Presqu’île._ Partout ailleurs on écrit _presque_ au long. _Presque achevé_; _un habit presque usé_; _presque à la fin du livre_.
=Prétendre=.--Verbe actif ou transitif, et quelquefois neutre ou intransitif. _Prétendre_, dans le sens de vouloir, ne veut pas de préposition devant l’infinitif: _Je prétends vous convaincre_; et, dans le sens _d’aspirer à_, il demande la préposition _à_: _Sans prétendre à leur plaire_.
Dans le sens de _vouloir_, il demande le verbe de la proposition suivante au subjonctif: _Je prétends qu’il vienne._ Dans le sens de _croire, penser,_ _soutenir_, il veut l’indicatif: _Je prétends que deux et deux font quatre._ _On prétend que Thésée a paru dans l’Epire_ (Racine).
=Prier=.--On écrit au présent de l’indicatif: _nous prions, vous priez_; à l’imparfait: _nous priions, vous priiez_; et au présent du subjonctif: _que nous priions, que vous priiez_.
_Prier_ signifie, entre autres, _inviter, convier_. Il y a une différence entre _prier à dîner_ et _prier de dîner_. Si j’ai l’intention de réunir mes amis dans un dîner, je les prie d’avance _à dîner_. S’il me survient quelqu’un au moment de me mettre à table, je prie cette personne _de dîner_ avec moi. Ainsi, _prier de_ est une invitation fortuite; _prier à_, une invitation de cérémonie.
=Prix (au)=.--V. _Auprès_.
=Problème=.--S’écrit _problème_, et non _problême_.
=Profondément=.--S’écrit _profondément_, et non _profondement_.
=Pronom=.--On dit: _Attendons-nous-y, placez-vous-y_; mais le goût proscrit les locutions: _Attendez-m’y, place-t’y, attendez-moi-s-y, place-toi-s-y_, et même: _Attendez-y-moi, places-y-toi_. Il faut prendre un autre tour. _Ayez la bonté de m’y attendre._ _Vous m’y attendrez._ _Tu peux t’y placer._
Le pronom complément direct d’un verbe à l’impératif se place avant le complément indirect, immédiatement après le verbe, si la proposition est affirmative: _Donnez-les-moi_. Il se place après le complément indirect, et avant le verbe, si la proposition est négative: _Ne me les donnez pas_. Excepté cependant lorsque le complément indirect est l’un des pronoms _lui, leur_: _Ne les lui donnez pas_. Il ne faut pas dire: _donne-moi-le_, etc.
=Propos=.--_À propos_, locution adverbiale, s’écrit sans trait d’union: _vous arrivez à propos_. Mais le substantif _à-propos_ en prend un. _Saisir l’à-propos._
=Puisque=.--L’_e_ de ce mot ne s’élide que devant _il, elle, on, un, une, ainsi_. _Puisque à mon tour je dois parler_, et non _puisqu’à....._
=Pupitre=.--S’écrit sans accent circonflexe: _pupitre_, et non _pupître_. Mais on écrit _épître_.
Q
=Que=.--Après l’adverbe _là, que_ est toujours de rigueur, et l’on ne dit pas: _c’est là où, c’est par là où, c’est de là où_, mais: _C’est là QUE Dieu l’attendait pour foudroyer son orgueil._ _Ce fut là QUE cette princesse fit paraître toutes les richesses de son esprit._ C’est par là qu’il a passé.
=Quelque=.--On écrira: _Il y a QUELQUE cent ans que la boussole a été découverte._ Dans ce dernier exemple, _quelque_ a le sens d’environ. Si _quelque_ a le sens de _plusieurs_, il prend une _s_. _Il y a QUELQUES cents ans que l’Amérique a été découverte._
L’_e_ final de _quelque_ ne s’élide jamais, excepté devant _un, une_: _quelque aimables qu’ils soient_, et non _quelqu’aimables_.
=Quelqu’un=.--_Quelqu’un_ pris absolument s’emploie pour les deux genres, et signifie _une personne_. _Quelqu’un m’a dit_; _j’attends ici quelqu’un_. C’est pourquoi: _Quelqu’une m’a dit_; _j’attends ici quelqu’une_ ne sont point des locutions françaises. Mais on dira: _Nous attendons des hommes, il en viendra QUELQU’UN_; _plusieurs femmes m’ont promis de venir, il en viendra QUELQU’UNE_. Dans ces exemples, _quelqu’un_ n’est pas pris absolument.
=Quoique=.--_Quoique_ en un seul mot signifie: _bien que_. _QUOIQUE peu riche, il est généreux._--En deux mots _quoi que_ signifie _quelque chose que_: _Quoi qu’il arrive_.
La conjonction _quoique_ ne prend l’apostrophe que devant _il, elle, on_. _Quoique indisposé, il travaille cependant_, et non _quoiqu’indisposé_.
R
=R=.--Est du masculin, quand, d’après la méthode nouvelle, on prononce _re_, et du féminin quand, au contraire, on prononce _erre_, d’après l’ancienne épellation, qui est encore l’épellation usuelle. _Une grande r_ (_erre_), et non _un grand r_.
=Raillerie=.--_Entendre raillerie_, c’est bien prendre la raillerie, ne pas se froisser quand on est raillé.--_Entendre la raillerie_, c’est avoir le talent de railler.
=Rappareiller, Rapparier=.--Ne pas confondre ces deux mots. _Rappareiller_ signifie: rejoindre à une chose, une ou plusieurs choses pareilles, lorsqu’elles manquent: _Rappareiller des vases, des chevaux, des chaises_.--_Rapparier_, c’est rejoindre à une chose une autre chose qui refasse la paire: _Rapparier un gant_.
=Recensement=.--Ecrivez _recensement_, et non _récensement_.
=Réclame, Annonce=.--Ne pas confondre ces deux mots. La _réclame_ est un article que l’on insère dans le corps d’un journal, avec les nouvelles et les faits divers, et qui contient ordinairement l’éloge payé d’un livre, d’un objet d’art, etc. _Faire de la réclame_, c’est faire une publicité considérable, bruyante et tapageuse; chercher par tous les moyens à attirer l’attention du public sur soi, sur son œuvre, ou ses produits.
_L’annonce_ n’est pas dissimulée, et ne s’insère pas dans la matière à lire d’un journal.
=Reformer, Réformer=.--Ne pas confondre ces deux mots. Le premier signifie: former de nouveau: _Reformer un régiment qu’on vient de licencier._--_Réformer_ signifie: rétablir dans l’ancienne forme, on en donner une meilleure: _Réformer les lois, un monastère_.
=Refuser=.--_Refuser à_ signifie: refuser de donner à. _Il lui refuse à manger, à boire_. (Manger et boire sont ici pris substantivement.)
=Registre=.--Ecrivez _registre_, et non _régistre_.
=Règlement, Réglément=.--Le premier est substantif. _Les règlements de l’université, le règlement d’un compte_.--_Réglément_ est adverbe, et signifie: d’une manière réglée, régulièrement: _Vivre réglément_; _souper réglément à six heures_.
=Régner=.--Le futur est: _je régnerai_, et non _règnerai_.
=Repaire, Repère=.--Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. Le premier désigne le lieu où se retirent les voleurs, les bêtes féroces. _Une REPAIRE de brigands, de tigres_.--_Repère_ est une marque faite sur un mur, sur un arbre, pour donner des traits de niveau, pour aider à se retrouver, etc.
=Repartir=.--Signifie: partir de nouveau; aussi: répondre sur-le-champ et vivement.--_Répartir_ signifie, partager, distribuer. _Répartir_ une somme, des troupes.
=Reste=.--_Au reste, du reste_. Ces locutions adverbiales, qui signifient _au surplus, d’ailleurs, cependant, malgré cela_, ne sont pas synonymes. _Au reste_ s’emploie quand, après avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui a du rapport avec ce que l’on vient de dire. _C’est là ce qu’il y a de plus sage; AU RESTE, c’est aussi ce qu’il y a de plus juste_.
On emploie _du reste_ quand ce qui suit n’est pas le complément de ce qui précède; lorsque ce qui suit n’a pas une relation essentielle avec ce que l’on a déjà dit: _Il est capricieux; du reste, honnête homme_ (Acad.).
=Rester=.--Bescherelle dit: “_Rester_ convient mieux dans les occasions où il y a une nécessité indispensable de ne pas bouger; et _demeurer_ lorsqu’il y a pleine liberté.”
Dans ses temps composés, ce verbe prend l’auxiliaire _avoir_, si l’on veut faire entendre que le sujet n’est plus au lieu dont on parle. _Il a RESTÉ deux jours à Québec._ Mais si l’on veut dire que le sujet est encore au lieu dont il est question, _rester_ prend l’auxiliaire _être_: _Il est RESTÉ à Québec, et nous avons continué notre route._
=Rétractation, Rétraction=.--Ne pas confondre ces deux mots. _Rétractation_ signifie: action de se rétracter, de désavouer ce qu’on a fait, dit ou écrit précédemment.--_Rétraction_ signifie: raccourcissement, contraction (d’un muscle, etc.).
=Rets=.--S’écrit sans accent circonflexe: _rets_, et non _rêts_.
=Ride=.--Est du féminin.