Dictionnaire de nos fautes contre la langue française

Part 23

Chapter 233,300 wordsPublic domain

=Lacer, Lasser=.--Ne pas confondre ces deux mots quant à l’orthographe. _Lacer_ signifie: serrer avec un lacet: _lacer une chaussure_. _Lasser_ signifie: fatiguer, importuner. _Cet enfant lasse tout le monde._ L’_a_ de _lacer_ est bref, et celui de _lasser_ est long.

=Laideron=.---Est du féminin. Signifie: jeune fille ou jeune femme laide. _Laideronne_ comme féminin de _laideron_ ne s’emploie plus, et l’Académie le condamne.

=Lange=.--Est du masculin. _Couvrir un enfant de langes fins, soyeux._

=Laque=.--Est des deux genres. Au féminin _laque_ désigne un suc résineux extrait de certains arbres de l’Inde. _Laque verte._ Au masculin, _laque_ désigne certains ouvrages, le plus souvent en carton, recouverts d’un très beau vernis. _Voilà du vrai laque._ _Laque_, masc., est aussi le nom d’un vernis.

=Latins=.--_Mots latins francisés._ L’orthographe de ces mots est arbitraire. Il s’écrivent avec ou sans italiques: _in extremis_, ad rem; avec ou sans trait d’union: _in partibus, in-plano_; avec ou sans accent: _miseréré, desideratum_; avec ou sans majuscule: _Un Ave, l’angelus_. Le pluriel se forme d’une manière arbitraire: _Pater_; _desiderata, Salvés, in quarto_, etc. Il n’y a donc pas de règle générale, et il faut recourir au dictionnaire chaque fois qu’il y a doute.

=Lazaret=.--Signifie en français: établissement où l’on met en quarantaine les hommes, les marchandises. Ne s’emploie plus dans le sens de _léproserie_ (hôpital pour les lépreux).

=Le=.--Le pronom _le_ garde la forme du masculin lorsqu’il rappelle l’idée exprimée par un adjectif ou par un substantif pris adjectivement; il est mis alors pour le mot _cela_ ou pour _tel, telle_. _Madame, êtes-vous malade? Oui je LE suis_ (c’est-à-dire: je suis cela, _malade_).

Si le pronom _le_ rappelle l’idée exprimée précédemment par un substantif ou par un adjectif pris substantivement, l’accord de _le_ se fait avec ce substantif; il est mis alors pour _lui, elle, eux, elles_. _Madame, êtes-vous la malade? Oui je LA suis_ (c’est-à-dire: je suis _elle_). _Messieurs, êtes-vous les avocats que j’ai fait demander? Non, nous ne LES sommes pas_.

=Leur=.--On peut se trouver embarrassé sur la question de savoir si l’adjectif _leur_ doit être écrit au singulier ou au pluriel. Il faut, dans ce cas, remplacer _leur_ par l’article, et mettre après le substantif l’un des mots _de lui, d’elle, d’eux, d’elles, de nous, de vous_. Si le sens exige l’article au pluriel, le substantif et par conséquent l’adjectif _leur_ devront être au pluriel: dans le cas contraire, ils seront au singulier. Exemples: _Ils entassaient dans leurs chapeaux des pièces d’or et d’argent_ (dans les chapeaux d’eux). _Les Visigoths furent battus à Vouillé_; _Alaric, leur roi, fut tué par Clovis_ (le roi d’eux).

On met au singulier le substantif déterminé par leur quand le sens de la phrase indique clairement que ce substantif ne représente qu’un seul objet possédé en commun. _Mon père et ma mère ont vendu LEUR mobilier_.

Au contraire, on met au pluriel _leur_ et le substantif qu’il détermine, quand, d’après le sens du discours, ce substantif doit représenter nécessairement plusieurs objets possédés: _Que de gens regrettent d’avoir quitté leurs villages pour aller habiter les villes!_

_Leur_ s’emploie aussi substantivement pour _ce qui est à eux, à elles_. _Qu’ils gardent ce qu’ils ont, je ne veux rien du LEUR_ (Acad.).

=Leurre=.--Signifie _appât, piège_. Est du masculin: _La loterie est un leurre funeste à beaucoup de gens de bien_.

=Liaison=.--Dans quelques occasions, comme lorsqu’il s’agit de locutions toutes faites, et devenues pour ainsi dire proverbiales, comme: _du blanc au noir, franc étourdi, porc-épic_, on prononce: du _blan-kau-noir, fran-kétourdi, por-képic_.

Bescherelle dit qu’il faut prononcer: _un commun-n-espoir_, et non: _un commu-n-espoir_. C’est-à-dire que les adjectifs terminés par _n_ se lient au substantif qu’ils qualifient, tout en conservant la nasalité.

Si un adjectif terminé par _n_ se trouve immédiatement suivi du nom auquel il a rapport, et que ce nom commence par une voyelle ou une _h_ muette, l’_n_ perd le son nasal et se lie à la première syllabe du nom. _Bon ouvrage, ancien ami_, se prononcent _bo-nouvrage, anciè-namie_. Il en est de même pour _un, mon, ton, son_, s’ils ne sont séparés du nom que par d’autres adjectifs qui y ont rapport. _Un excellent ouvrage, mon intime et fidèle ami_ se prononcent _eun-nexcellent, mo-nintime_. Hors de là, _on_ conserve la nasalité, même quand le mot suivant commence par une voyelle ou par une _h_ muette: _Ce projet est vain et blâmable, ancien et respectable_ (_vain-né, ancien-né_).

_On_, avant le verbe dans les propositions positives, n’a pas le son nasal, et se lie à la syllabe suivante. _On aime, on honorera_ se prononcent: _on-naime, on-nonorera_. Dans les phrases interrogatives, _on_ étant après le verbe, ou du moins après l’auxiliaire, est purement nasal, malgré les voyelles suivantes: _A-t-on eu soin?_ _Est-on-ici pour longtemps?_ _En aurait-on été assuré?_ (_a-t-on-eu, est-on-ici_, etc.).

Jamais les mots en _an_ ne doivent se lier avec les voyelles qui les suivent. Ainsi, il faut prononcer sans liaison: _un courtisan adroit_; _un ouragan affreux_. Même règle pour les mots terminés en _ein_, comme _dessein_. On fait quelquefois exception pour le mot _plein_.

Sauf bien peu d’exceptions, que l’usage peut faire connaître, il n’y a point de liaison après les substantifs terminés en _en, ein, in, ion, oin, ouin, on_.

_P_ final se prononce dans _beaucoup_ et _trop_ suivi d’une voyelle. _Il a beaucoup étudié._ _Il est trop entêté._ S’il n’est pas suivi d’une voyelle, on ne le fait pas sentir. Le _p_ de _coup_ se prononce aussi dans le discours soutenu lorsqu’il est suivi d’une voyelle. _Coup inattendu._ _Coup extraordinaire._

Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, l’_r_ finale des infinitifs en _er_ peut très bien se lier avec la voyelle d’un mot suivant; _il faut respecter et chérir la vertu_; _il voulait aller attaquer l’ennemi_ (respecté-r-et, allé-r-attaquer). Dans la conversation ces liaisons seraient affectées et ridicules.

Les adjectifs en _er_ se lient à la voyelle du substantif suivant, même dans la conversation. _Un premier amour, un dernier adieu, un léger effort_ (premié-ramour, dernié-radieu, légé-reffort). Mais les substantifs en _er_ ne sont susceptibles d’aucune liaison avec le mot suivant. _L’étranger est en fuite._ _Le meunier ajouta...._ (l’étrangé-est, le meunié-ajouta). La même remarque s’applique à l’adjectif quand il n’est pas suivi d’un substantif. _Au lacet meurtrier abandonner ses frères_ (meurtrié-abandonner).

Si, dans la lecture soutenue et à la tribune, on dit toujours: _des amis attentifs_ (ami-zattentifs), on prononce fort bien dans la conversation: _des ami-attentifs_.

On ajoute une _s_ euphonique et un trait d’union à la seconde personne de l’impératif terminée en _e_ et suivie des pronoms _y_ ou _en_. _Portes-y ce livre._ _Donnes-en beaucoup._ Cependant, si _en_ est préposition, le verbe s’écrit à la manière ordinaire et sans trait d’union. _Mange en homme bien élevé, et non pas en rustre._

=Lorsque=.--L’_e_ de ce mot ne s’élide que devant _il, elle, on, un, une_. C’est une faute d’écrire _lorsqu’eut lieu l’élection_; _lorsqu’Ugolin fut condamné à mourir de faim_.

=Losange=.--Est des deux genres. Au masculin, c’est un parallélogramme dont les quatre côtés sont égaux sans que les angles soient droits. Au féminin c’est une note de musique, de la forme d’un losange, qui vaut la moitié de la carrée.

=Lui=.--On pourra dire en parlant d’un chat, d’un chien, auquel on est attaché: _je n’aime que lui_; et cependant, en parlant d’un cheval, on ne pourra pas dire _qu’on ne s’est pas encore servi de LUI_; il faudra dire: _qu’on ne s’en est pas encore servi_.

On ne doit pas employer indifféremment de _lui_ et de _soi_. Quand on parle en général, et sans indiquer la personne qui est le sujet de la phrase, il faut se servir de _soi_. _Que chacun prenne garde à soi._ Mais lorsque la personne qui est le sujet de la phrase est désignée, il faut mettre _lui_: _Que cet homme prenne garde à lui_. V. _Soi_.

M

=Mademoiselle=.--L’abréviation de _mademoiselle_ est _Mlle_, et de _mesdemoiselles, Mlles_. On écrit ce mot au long, en adressant une lettre. _Mademoiselle_ s’écrit avec une minuscule dans le corps d’une phrase. _Excusez, mademoiselle._

=Maigre=.--Un _repas maigre_ est un repas où il n’y a pas de viande, et un _maigre repas_ est un repas où il y a peu à manger.

=Majuscules, Minuscules=.--_Église_ avec une majuscule désigne la communion des fidèles, et _église_ avec une minuscule, le temple.

Il faut écrire avec des majuscules, entre autres mots, les noms des peuples quand ils ne sont pas pris adjectivement. _Un Français, un Anglais_; mais on dira _un paysan français, un marin anglais_.

On écrit: _Dieu est l’Etre suprême_. _Adorer l’Eternel, le Tout-Puissant, le Très-Haut, le Fils_.

Ecrivez _Etat_, signifiant un gouvernement, un empire; _Parlement, Chambre_: l’ensemble des corps délibérants d’un gouvernement, des députés, surtout si ces mots sont pris dans le sens absolu (cette règle n’a pas l’air d’être rigoureuse); _Apôtre_ quand on désigne spécialement l’apôtre saint Paul; _Il_, tenant la place de Dieu.

Prennent la minuscule les noms des diverses religions: _le christianisme, le mahométisme_; les noms des sectaires et les partisans des doctrines religieuses: _les luthériens, les juifs_; les noms des membres des ordres monastiques: _les carmes, les ursulines_; les points cardinaux: _le nord, le sud_. De même on dit, _le czar, le bey, l’émir_. (V. _Saint_, _Monsieur_.)

=Malhonnête=.--Adjectif des deux genres. Il a deux sens différents, et il se dit des personnes et des choses. Appliqué aux choses, il se met après le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le substantif, selon le sens. _Un malhonnête homme_ est un homme qui manque d’honneur, de probité. _Un homme malhonnête_ est un homme incivil.

=Maltraiter=.--Ne pas confondre _maltraiter_ et _traiter mal_. _Maltraiter_ signifie: traiter durement, en paroles et en actions; ou biens faire préjudice à quelqu’un. _Il l’a maltraité de coups, en paroles_. _Cet homme a fort maltraité son fils dans son testament._ _Traiter mal_ signifie: mal régaler quelqu’un, lui faire faire mauvaise chère ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie de notre langue exige que l’adverbe _mal_ passe avant le participe: _il m’a mal traité_; de sorte qu’à la prononciation, cette expression peut se confondre avec celle-ci: _il m’a maltraité_. Pour éviter l’équivoque, il suffira d’ajouter un modicatif tel que _bien, fort, assez_, à l’adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le participe: _il m’a traité fort mal_.

=Mânes=.--Est du masculin.

=Manœuvre=.--Est des deux genres. Au masculin désigne un homme qui travaille des mains, un apprenti qui sert les maçons. Au féminin: action de gouverner, de conduire un vaisseau, moyen qu’on emploie pour réussir, etc.

=Mansarde, Lucarne=.--Ces mots ne doivent pas être confondus. La _mansarde_, entre autre choses, est une fenêtre pratiquée dans la partie antérieure, presque verticale, d’un comble brisé (comble composé d’une partie presque verticale et d’une autre inclinée). Lorsque la toiture a la forme d’un A, on appelle _lucarne_ la fenêtre ménagée dans cette toiture.

=Masculin=.---Les mots suivants s’emploient seulement au masculin: Amateur, artisan, censeur, chef, défenseur, docteur, écrivain, grognon, imposteur, peintre, philosophe, poète, possesseur, professeur, sauveur, successeur, témoin, traducteur: _Elle fut le seul témoin de l’accident_; _elle est bon auteur, bon peintre, grand philosophe_, etc.

=Matinal, Matineux, Matinier=.--Ne pas confondre ces trois adjectifs. _Matinal_, qui s’est levé matin (Vous êtes bien matinal aujourd’hui).--_Matineux_, qui est dans l’habitude de se lever matin (Il faut être plus matineux que vous n’êtes).--_Matinier_, qui appartient au matin. Il n’est guère usité que dans cette expression: _L’étoile matinière_. C’est donc une faute de dire: _Je suis toujours matinal_. Dites: _Je suis matineux_.

=Méchant=.--_Méchant_ a divers sens, suivant qu’il précède ou qu’il suit le substantif. _Une méchante épigramme_ est une épigramme sans sel et sans esprit. _Une épigramme méchante_ est une épigramme pleine de traits malins et piquants. _Méchant homme_ a rapport aux actions; _homme méchant_, aux pensées et aux discours. L’un fait des méchancetés, l’autre en pense et en dit. _Avoir méchante physionomie, méchante mine_, c’est avoir l’air ignoble et bas. _Avoir une physionomie méchante, la mine méchante_, c’est avoir la physionomie d’un méchant homme.

=Meilleur=.--On dit: _Apportez-nous DE meilleur vin_, c’est-à-dire: meilleur que celui qu’on a déjà bu ou goûté; et: _Apportez-nous DU meilleur vin_, c’est-à-dire: du meilleur que vous ayez.

_Le meilleur_ veut le verbe suivant au subjonctif. _C’est la meilleure raison que vous puissiez donner._ Cependant lorsqu’on veut exprimer un fait positif, incontestable, on met l’indicatif: _Je fais la meilleure contenance que je puis_.

Lorsque je dis: _C’est le meilleur vin que j’aie bu de ma vie_, cela signifie: Je suis tenté de croire, il me semble que c’est le meilleur vin, etc. Au contraire, quand je dis avec l’indicatif: _c’est le meilleur vin que j’ai bu_, j’exprime un fait certain.

=Mélasse=.--Ecrivez _mélasse_, et non _melasse_, et prononcez _mé-lasse_, et non _m’lasse_.

=Mêler=.--_Mêler avec, mêler à_. La première expression signifie: mettre ensemble plusieurs choses et les confondre. _Mêler l’eau avec le vin_; _mêler de l’or avec de l’argent_.--_Mêler à_ se dit des choses morales, et signifie: joindre, unir. _Mêler la douceur à la sévérité._

=Membré, Membru=.--Ne pas confondre ces deux mots. _Membré_ signifie: qui a les membres bien proportionnés, et ne s’emploie guère qu’avec l’adverbe _bien_.--_Membru_: qui a les membres fort gros. On l’emploie aussi substantivement: Un gros membru (terme familier).

=Mer=.--_Mer basse_ et _basse mer_ n’ont pas le même sens. _La mer est basse à cet endroit_, c’est-à-dire: il n’y a pas beaucoup d’eau. _Il est basse mer_, c’est-à-dire: la mer est à la fin de son reflux.

=Métal=.--Tous les noms des métaux sont du masculin.

=Mètre=.--_Mètre_ et ses composés s’écrivent avec un accent grave: _géomètre, baromètre, périmètre_, et non avec un accent circonflexe.

=Mets=.--S’écrit sans accent: _mets_, et non _mêts_.

=Mieux=.--Après _mieux que_, le verbe de la proposition suivante doit être accompagné de la négation _ne_, si la première proposition est affirmative. _Il a été mieux reçu qu’il ne croyait_, c’est à-dire il ne croyait pas être aussi bien reçu qu’il l’a été. Si la première proposition est négative ou interrogative, la négation n’est pas nécessaire dans la seconde. _On n’en peut pas user mieux que je fais_, c’est-à-dire: mieux que j’en use.

_Le mieux_ veut le verbe suivant au subjonctif: _C’est le livre le mieux écrit que j’aie lu_.

=Minuit=.--_Minuit_ n’a point de pluriel et veut au singulier les mots qui s’y rapportent. C’est donc à tort que beaucoup de personnes disent: _minuit sont sonnés_, pour _minuit est sonné, sur les minuits_, pour _vers minuit, à minuit_.

L’usage veut qu’on écrive: _minuit et demi_, et non _minuit et demie_.

=Moelle=.--S’écrit sans tréma: _moelle_, et non _moëlle_. Même remarque pour les composés qu’on écrit: _moelleux, moellon_, etc.

=Monseigneur=.--S’écrit en un seul mot quand on parle aux hommes. _Monseigneur le prince._ On l’écrit en deux mots quand on parle à Dieu. _Mon Seigneur et mon Dieu._

Au pluriel on dit: _nosseigneurs_. _Nosseigneurs les évêques._

=Monsieur=.--L’abréviation de _monsieur_ est _M._ ou _Mr_ (sans point après l’_r_). On ne doit jamais abréger par _Mons._ _Monsieur_ se prononce _mo-cieu_, ou _meu-cieu_.

Il faut écrire ce mot avec une minuscule, dans le corps d’une phrase: _Je vous prie, monsieur..._ _Oui, monsieur_. On n’emploie _M._ qu’à la troisième personne: _J’écris à M. X....._

L’abréviation du pluriel _Messieurs_ est _MM._, et non _Messrs._, qui est l’abréviation anglaise.

=Mots latins=.---V. _Latins_.

=Moudre=.--Verbe irrégulier. _Je mouds, il moud, nous moulons, ils moulent_, et non _nous moudons, ils moudent_. _Je moulais, je moulus, je moudrai, que je moule, que je moulusse_. _Moulant_ (et non _moudant_), _moulu_. Ce verbe se conjugue comme s’il était de la troisième conjugaison, mais avec deux radicaux: _moud_ avant une consonne, et _moul_ avant une voyelle.

=Mousseux, Moussu=.--On dira également bien, _arbre mousseux_ ou _moussu, roche mousseuse_ ou _moussue_ (couverte de mousse); mais Bescherelle condamne l’expression _rose mousseuse_; il faut dire _rose moussue_ (dont la tige et le calice sont couverts d’une espèce de mousse).

=Mousson=.---Vent réglé, périodique de la mer des Indes. Est du féminin.

=Moustique=.--Est du masculin.

N

=Nacre=.--Matière blanche et brillante qui forme l’intérieur de certaines coquilles. Est du féminin. De la nacre de perle.

=Navrant=.--S’écrit sans accent circonflexe: _navrant_.

=Ne=.--_Gardez-vous d’offenser cet homme_ signifie: abstenez-vous de l’offenser, ne l’offensez pas. _Gardez-vous de ne pas offenser cet homme_, signifie: offensez-le sans faute, ne manquez pas de l’offenser.--_Ne_ employé seul est l’expression négative la plus faible. _Je ne puis commander au trouble qui m’agite._--_Ne pas_ est l’expression négative moyenne; elle a plus de force que _ne_, et moins que _ne point_. _La sagesse n’est pas toujours inaltérable._--_Ne point_ est l’expression négative la plus forte. _Il n’est point de noblesse où manque la vertu._

Après les verbes _craindre, appréhender, trembler_, et les expressions _avoir peur, il est dangereux_, on met _ne_ devant le verbe suivant, quand la proposition primordiale est affirmative. _Les pères ont peur que l’amour naturel des enfants NE s’efface._ Mais si la proposition primordiale est négative, on supprime _ne_ devant le verbe suivant. _Je n’ai pas peur qu’il arrive._ _Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures._

Si les verbes _douter, nier_, etc., sont employés affirmativement, on ne met jamais _ne_ devant le second verbe. _Je_ _doute qu’il vous aime._ _Il me paraît absurde de nier qu’il y ait une intelligence dans le monde._

Après les verbes _empêcher, éviter, prendre garde, garder_ (dans le sens de: prendre des mesures, des précautions), on met _ne_ devant le second verbe, que la première proposition soit affirmative, négative ou interrogative. _Evitez qu’il NE vous parle_ (Acad.). _La pluie presque continuelle empêche qu’on NE se promène dans les cours._

Les locutions conjonctives _à moins que, de peur que, de crainte que, dans la crainte que_ veulent toujours après elles la négation _ne_. Combien de fois a-t-on vu des hommes publics faire échouer des entreprises glorieuses à l’Etat, de peur que la gloire _n_’en rejaillit sur leurs rivaux!

Après les expressions _autre, autrement, tout autre, tout autrement, plutôt que, plus tôt que_, on doit employer la négation _ne_. _On se voit d’un autre œil qu’on NE voit son prochain._ Si cependant la première proposition était négative, il ne faudrait pas faire usage de _ne_ après _autre, autrement_, etc. _N’agissez pas autrement que vous parlez._

=Négligeant, Négligent=.--Il ne faut pas confondre ces deux mots. _Négligeant_ est le participe présent de négliger. _Une personne négligeant le soin de ses affaires._--_Négligent_ est l’adjectif: _Ecoliers négligents_. Est aussi substantif. _Une négligente._

=Ni=.--Si deux sujets particuliers sont unis par _ni_, le verbe s’accorde avec le dernier lorsqu’il y a nécessairement exclusion de l’un d’eux: _Ni M. le duc, ni M. le cardinal ne sera nommé ambassadeur à Naples._ (Il n’y a ici qu’un ambassadeur à nommer, un seul des deux candidats pouvant être nommé). Mais si la manière d’être peut s’affirmer des deux sans qu’il y ait exclusion nécessaire de l’un, on met le verbe au pluriel. _Ni lui ni son conseil n’y PEUVENT rien comprendre._ Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe se met au pluriel et à la personne qui l’emporte sur les autres: _Ni vous ni moi ne sommes coupables_.

Les parties d’un complément unies par _ni_ doivent être des mots de même espèce ou des locutions de même nature. On ne dira donc pas: _Je n’apprendrai ni à dessiner, ni la musique_. Il faudra dire: _Je n’apprendrai ni le dessin, ni la musique_.

_Ni_ ne doit pas précéder _sans_. Il faut dire: _Sans crainte ni pudeur_, ou bien _sans crainte et sans pudeur_, et non _sans crainte ni sans pudeur_.

=Nier=.--Ce verbe prend deux _i_ aux deux premières personnes du pluriel de l’imparfait de l’indicatif et du présent du subjonctif. _Nous niions, vous niiez, que nous niions, que vous niiez_.

Avec le verbe _nier_, le verbe de la proposition subordonnée se met au subjonctif. _Nier qu’il y ait des peines et des récompenses après le trépas, c’est nier l’existence de Dieu._

On peut indifféremment mettre ou supprimer la négative. _Je ne nie pas qu’il n’ait fait cela_, ou _qu’il ait fait cela_ (Acad.). Mais il faut toujours mettre la négative quand le verbe _nier_ est sous une forme interrogative: _Peut-on nier qu’il n’ait commis cette faute?_ Lorsque le sens de la proposition est affirmative, le verbe de la proposition subordonnée ne prend point _ne_. _Je nie qu’il soit venu._

=Nom=.--_Noms collectifs_ ou _collectifs_. La règle des collectifs est longue, mais elle peut se réduire à ceci. Quand le verbe a pour sujet un collectif suivi d’un nom pluriel lui servant de complément, il s’accorde avec le collectif, si le collectif est général, et avec le nom pluriel, si le collectif est partitif. L’emploi du singulier ou du pluriel dépend quelquefois de la pensée de l’écrivain. On dira: _La foule des humains EST vouée au malheur._ _Une foule de pauvres REÇOIVENT des secours._ _Des enfants qui naissent, la moitié tout au plus PARVIENT à l’adolescence._ _La moitié de nos concitoyens VIVENT et MEURENT loin de la patrie._

Le collectif est général lorsqu’il exprime l’idée dominante; partitif, quand l’idée dominante est surtout exprimée par le complément.

Mais les collectifs: _la plus grande partie de, le plus grand nombre de, la plupart de, une infinité de, peu de, assez de, trop de, combien de_, sont des collectifs partitifs qui commandent en général l’accord du verbe avec le complément qui suit l’une de ces expressions. _La grande partie des citoyens, une infinité de citoyens CROIENT que......_

Lorsque les mots _peu, beaucoup, la plupart_, etc., sont relatifs à un substantif pluriel sous-entendu, le verbe se met également au pluriel. _La plupart PENSENT_, c’est pour: _la plupart des hommes pensent_. _Le bonheur! tout le monde en parle, peu le CONNAISSENT_.

Quand le collectif partitif est suivi d’un nom singulier, le verbe se met au singulier. _La plupart du monde ne se SOUCIE pas de l’intention ni de la diligence des auteurs._

=Nu=.--_Nu_, employé sans article et devant un substantif, demeure invariable, et se joint par un trait d’union à ce substantif: _nu-tête, nu-pieds, nu-jambes_. _Il lui parle nu-tête_ (Acad.). _Les courtisans vont nu-tête_; _les esclaves vont_ _nu-pieds._ Lorsque le substantif qualifié par l’adjectif _nu_ est déterminé par l’article _la_, cet adjectif, quoique placé avant le nom, subit l’accord. _Le donateur s’est conservé LA NUE propriété de ses biens._

O

=Obélisque=.--Pyramide élancée faite d’une seule pierre. Est du masculin.

=Obsèques=.--Est du féminin.

=Obus=.--Ou prononce _obuz_ (Académie). Est du masculin.