Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Part 27

Chapter 272,699 wordsPublic domain

Plusieurs grammairiens veulent que l’on prononce _vermichelle_, _violonchelle_, parce que les mots _vermicelle_, _violoncelle_, viennent de l’italien, et que, dans cette langue, le _c_ devant une voyelle liquide se prononce comme notre _ch_. Pour réfuter victorieusement, il nous semble, cette opinion, il suffit de faire remarquer que ces mots, en passant dans notre langue, ont perdu la terminaison italienne, qu’ils sont actuellement tout-à-fait français, et qu’il serait par conséquent absurde de vouloir leur appliquer une prononciation étrangère. Le naturalisé ne perd-il pas ses droits aux privilèges de sa première patrie? Si ces mots avaient conservé toute leur physionomie italienne comme _Mezzo-termine_, par exemple, il serait fort raisonnable de les prononcer comme en italien. _Mezzo-termine_ n’est qu’un étranger qui voyage en France, et n’est pas, Dieu merci, encore naturalisé. Mais _vermicelle_ et _violoncelle_ ne sont pas dans le même cas que _Mezzo-termine_, et l’on ne doit pas plus prononcer _vermichelle_, _violonchelle_ à l’italienne, que _Mézotermine_ à la française. Et pour revenir à cette dernière expression, comment le _Dictionnaire de l’Académie_ de 1802 a-t-il pu croire enrichir notre langue en lui faisant ce cadeau, quand nous avons déjà celle de _terme-moyen_ qui traduit exactement la première, et que nous devrions préférer, quand ce ne serait que par esprit national. Mais parlez de cela à certaines gens! ils ne vous écouteront pas. Ils aiment infiniment mieux faire étalage d’un mauvais lambeau d’érudition, que de se rendre aux conseils du bon sens.

VERS.

PRONONC. VIC. Votre ami fait des _ver se_. PRONONC. CORR. Votre ami fait des _ver_.

Les méridionaux prononcent le mot _vers_ conformément à l’axiôme suivant qui jouit d’une grande autorité parmi eux: _Toutes les lettres sont faites pour être prononcées_, axiôme fort raisonnable au fond, mais qui est cependant encore fort hétérodoxe en France. En attendant qu’il triomphe, nous engageons nos compatriotes les méridionaux à le mettre un peu moins en pratique; ils n’en paraîtront que plus Français.

VESSICATOIRE.

LOCUT. VIC. On lui appliquera un _vessicatoire_. LOCUT. CORR. On lui appliquera un _vésicatoire_.

Le _vésicatoire_ fait venir des _vessies_; de là l’erreur des gens fort nombreux qui prononcent ce mot comme s’il était écrit par un double _ss_.

_Vésicatoire_ vient du latin _vesica_, et l’on a dit autrefois _vésie_ pour _vessie_.

VÊTIR. (_Voyez_ REVÊTIR.)

LOCUT. VIC. Elle se _vêtit_ à la hâte, et sort. LOCUT. CORR. Elle se _vêt_ à la hâte, et sort.

VIDER.

LOCUT. VIC. La cour le condamne à _vider_ les lieux.

LOCUT. CORR. La cour le condamne à _évacuer_ les lieux, le local qu’il occupe.

Nos codes n’ont certainement pas le pouvoir de forcer personne à remplir les fonctions de vidangeur. On conviendra cependant que, sans tourmenter en aucune façon le sens des mots, c’est exactement ce qu’on pourrait inférer de l’arrêt que nous venons de citer, en le prenant à la lettre. Aussi sommes-nous persuadé que cette dégoûtante expression de _vider les lieux_ disparaîtra quelque jour du style judiciaire.

«La langue française, a dit fort judicieusement Andry de Boisregard (_Réfl. sur l’usage prés. de la langue française_), est, à proprement parler, la plus modeste de toutes les langues; elle rejette non seulement toutes les expressions qui blessent la pudeur, mais encore celles qui peuvent recevoir un mauvais sens. Nos écrivains les plus polis vont en cela jusqu’au scrupule, et _un mot devient insupportable parmi nous dès qu’il peut être interprété en mal_.

VIE.

LOCUT. VIC. C’est défendu sous _peine_ de _vie_, sous _peine_ de _la vie_.

LOCUT. CORR. C’est défendu sous _peine_ de _mort_.

La _mort_ est une peine qu’on peut infliger; la _vie_ n’en est pas une. C’est donc sous peine de _mort_ que l’on doit dire.

L’Académie regarde l’expression _sous peine de la vie_ comme elliptique, et elle a raison: cela signifie _sous peine de perdre la vie_. Mais pourquoi préférer une construction elliptique à une construction pleine? _La peine de la perte de la vie_ n’est-elle pas la _peine de mort_?

VIN.

L’abbé Delille questionnait un jour l’abbé Cosson sur la manière dont il s’était comporté dans un grand dîner auquel il avait assisté chez l’abbé de Radonvilliers. Le premier de ces abbés était, comme on sait, un homme de cour; le second un simple professeur, peu au fait des usages du grand monde. Aussi l’abbé Delille trouva-t-il dans les réponses de son ami un ample sujet de critique. Après maintes questions: «Vous ne dites rien de votre manière de demander à boire», ajouta-t-il. «J’ai, comme tout le monde, demandé _du Champagne_, _du Bordeaux_, aux personnes qui en avaient devant elles.--Sachez donc qu’on demande _du vin de Champagne_, _du vin de Bordeaux_.» (BERCHOUX, _la Gastronomie_, poëme, ch. II, notes.)

Madame de Genlis blâme aussi l’emploi de cette manière de parler, qu’elle attribue bien gratuitement au langage révolutionnaire. (_Mém._, t. V, p. 92.) Il y a ici parachronisme. Mille exemples pourraient servir à prouver qu’avant la révolution nos bons auteurs ont fait usage de ces locutions elliptiques, et nous pensons que ces autorités peuvent bien balancer avec quelque avantage celle d’un sot purisme qui repose uniquement sur un caprice de grand monde.

VIS-A-VIS.

LOCUT. VIC. { Je demeure _vis-à-vis_ son hôtel. { Il a été ingrat _vis-à-vis de_ moi.

LOCUT. CORR. { Je demeure _vis-à-vis_ de son hôtel. { Il a été ingrat _envers_ moi.

_Vis-à-vis_ doit toujours être suivi de la préposition _de_, et ne peut jamais se placer devant un nom de personne, avec la signification de _envers_, _à l’égard de_.

Dans les vers suivans:

Déjà placé _vis-à-vis_ sa servante, Le bon pasteur a saisi son couteau.

(DÉSAUGIERS, _Rien qu’une_, conte.)

_Vis-à-vis_ est bien placé, parce qu’il signifie: _en face de_; mais il fallait _vis-à-vis de_.

«Y a-t-il, dit Voltaire, un seul des écrivains du grand siècle de Louis XIV qui ait dit _ingrat_ vis-à-vis _de moi_, au lieu de, _ingrat envers moi_; _il se ménageait_ vis-à-vis _ses rivaux_, au lieu de dire, _avec ses rivaux_; il était _fier_ vis-à-vis _de ses supérieurs_, pour _fier avec ses supérieurs_, etc.? Dès qu’une expression vicieuse s’introduit, la foule s’en empare.» (_Lettre à M. d’Olivet._)

«D’Arnaud vient de tenir _vis-à-vis_ de moi la même conduite que Cotin, son devancier, a tenue _vis-à-vis de_ Boileau.» (Ecouchard LE BRUN.) Lisez _envers_ dans ces deux endroits.

VIVE.

ORTH. VIC. _Vive_ les gens d’esprit! ORTH. CORR. _Vivent_ les gens d’esprit!

Presque tous nos dictionnaires, excepté celui de l’Académie, donnent au mot _vive_ le nom d’interjection! Cette désignation est tout-à-fait inexacte, car on écrit _vivent_ au pluriel, et une chose bien connue du plus petit écolier, c’est que l’interjection est une des quatre parties du discours qui ne changent jamais. Dans cette phrase: _Meure_ le tyran, ce mot _meure_, qui ferait _meurent_ au pluriel, _meurent_ les tyrans, est donc un verbe. _Périssent_ les colonies plutôt qu’un principe, _périssent_ est encore un verbe. En voilà assez, nous croyons, pour démontrer que le mot _vive_ est un véritable verbe au subjonctif. Cette phrase: _Vivent_ les gens d’esprit, n’est autre chose qu’une ellipse de cette autre phrase: Je désire que les gens d’esprit _vivent_. L’usage est d’ailleurs en faveur de l’orthographe que nous défendons; il paraît même avoir en cette circonstance un caractère qu’il revêt assez rarement, celui de l’unanimité. On lit dans Ronsard:

_Vivent_, Seigneur, nos terres fortunées, _Vive_ ce Roy, et _vivent_ ses guerriers Qui de Poictiers remportent les lauriers.

(_Edit. de 1604_, tom. IX.)

Dans Palissot: Il est charmant, ma foi; _vivent_ les gens d’esprit!

Dans Peluche: _Vivent_ les gens qui ont de l’industrie!

Dans le Dictionnaire de l’Académie: _Vivent_ la Champagne et la Bourgogne pour les bons vins!

Les Latins en faisaient un verbe: _Vivant_ qui pro nobis favent. Les Espagnols ont suivi cet exemple.

_Vivan_ los esposos, Alegres, dichosos, _Vivan_ siglos mil.

(MELENDEZ VALDES, _Bodas de Camacho_.)

M. Thiers a fait une faute dans le passage suivant: Ils se précipitent alors sur les groupes où l’on criait: _Vive_ les Jacobins! (_Hist. de la Rév._, t. VII, p. 281.)

VOIR.

LOCUT. VIC. _Voyons voir_, _regardons voir_ si c’est lui. LOCUT. CORR. _Voyons_, _regardons_ si c’est lui.

_Voir_ est si ridiculement employé dans ces phrases, qu’il est très rare de le trouver ailleurs que dans la bouche de gens complètement dépourvus d’instruction. Le pléonasme est un peu trop grossier.

VOISIN, VOITURE.

PRONONC. VIC. _Vouésin_, _vouéture_. PRONONC. CORR. _Voasin_, _voature_.

VOLTE.

LOCUT. VIC. Avez-vous fait la _volte_? LOCUT. CORR. Avez-vous fait la _vole_?

Puis, sur une autre table, avec un air plus sombre, S’en aller méditer une _vole_ au jeu d’hombre.

(BOILEAU, _Sat._ IX.)

VOTRE. (_Voyez_ NOTRE.)

VOULOIR.

LOCUT. VIC. { Oh! ne m’en _voulez_ pas! { Croit-on que nous _veuillons_ reculer?

LOCUT. CORR. { Oh! ne m’en _veuillez_ pas! { Croit-on que nous _voulions_ reculer?

«Quoique l’Académie, et d’après elle plusieurs grammairiens, aient décidé que le verbe _vouloir_ n’a point d’impératif, l’usage a établi le mot _veuillez_ pour seconde personne de ce mode; on le trouve dans plusieurs écrivains distingués, et on le dit journellement dans la conversation.

_Veuillez_ vous souvenir Que les événemens régleront l’avenir.

(CORNEILLE, _Pompée_.)

_Veuillez_ être discret, Et n’allez pas, de grâce, éventer mon secret.

(MOLIÈRE, _École des femmes_.)

_Veuillez_ du moins nous dire qui nous devons suivre.

(VOLNEY.)

_Veuillez_, monsieur, rendre hommage au mérite.

(VOLTAIRE.)

«D’après ces autorités et l’usage, on peut, je pense, donner un impératif au verbe _vouloir_, et employer le mot _veuillez_.» (LAVEAUX, _Dict. des diff._)

On trouve souvent _veuillons_ et _veuillez_ employés comme personnes du subjonctif. C’est une énorme faute. Il faut dire: Ne croyez pas que nous _voulions_, je ne crois pas que vous _vouliez_. Les phrases suivantes sont condamnables: Votre impartialité ne me laisse aucun doute que vous ne _veuillez_ bien donner place, etc.--J’espère que personne ne pourra penser que, lorsque nous sommes accusés nous-mêmes, nous _veuillons_ méconnaître le caractère de ceux qui nous accusent. (CASIMIR PÉRIER, _Séance du 26 nov. 1831_.)

Il fallait: Que vous ne _vouliez_, que nous _voulions_.

VOUS, TE.

LOCUT. VIC. Nous _vous le_ tancerons vertement. LOCUT. CORR. Nous _le_ tancerons vertement.

_Je_ vous _le ferai joliment courir_; _je_ te _le secouerai joliment_. Dans ces phrases, et autres semblables, employées journellement, par des gens instruits même, quel rôle peut-on grammaticalement assigner à ces pronoms _vous_ et _te_? Qu’ajoutent-ils au discours sous quelque rapport que ce soit? Lui donnent-ils plus d’élégance, plus de clarté, plus d’énergie? Nous ne le pensons pas; bien plus, nous ne considérons ces pronoms que comme des mots parasites qui nuisent au style, loin de l’embellir, et nous recommandons à ceux qui tiennent à s’énoncer purement de ne jamais en faire usage.

Un ancien grammairien, l’auteur des _Réflexions sur l’usage présent de la langue française_ (année 1689), a déjà relevé cette faute. «_Une personne_, spirituelle d’ailleurs, tenait un jour ce discours, en bonne compagnie, à un _homme de la première qualité_, à qui _il_ parlait des formules de la justice pour convaincre les criminels: Premièrement, monsieur, disait-_il_, on _vous_ fait mettre sur une _cellette_; quand _vous_ êtes là, on _vous_ questionne; on _vous_ demande souvent les mêmes choses sous divers termes, pour _vous_ faire couper, en cas que _vous_ ne disiez pas la vérité; et quand on ne peut plus rien tirer de _votre_ bouche, on _vous_ donne la question jusqu’à ce que _vous_ ayez tout avoué. Après quoi on fait _votre_ procès selon les formes ordinaires. Il fut interrompu à ces mots; mais si on l’eût écouté davantage, je ne doute point qu’après un si beau début, il n’eût continué de la même force, et qu’il n’eût enfin terminé son discours par dire: _On vous pend, ou on vous fouette par la ville_. La compagnie cependant s’en divertit, et notre homme apprit à se servir une autre fois plus à propos du mot de _vous_.» Notre grammairien, Andry de Boisregard, trouve, comme on le voit, dans son anecdote un exemple de quelque chose de bien plus grave qu’une inconvenance grammaticale. Ce qui le frappe et le préoccupe, c’est le manque de respect pour un homme de qualité, et sa vénération pour le rang est telle, que, dans le même article, il qualifie _d’excès de grossièreté_ la demande: _Comment vous portez-vous?_ faite directement à un homme de qualité, au lieu d’être exprimée fort _indirectement_ comme: _Oserais-je m’informer de la santé de Monsieur?_

VRAI.

LOCUT. VIC. { Je l’ai fait, _vrai_. { Il est sorti, _pas vrai_?

LOCUT. CORR. { Je l’ai fait, _en vérité_. { Il est sorti, _n’est-ce pas_?

_Vrai_ est quelquefois employé comme substantif, mais il ne l’est jamais comme adverbe dans nos bons auteurs. L’Académie autorise cette locution: _Cela est conclu? vrai?_ Nous aimerions infiniment mieux là l’adverbe _vraiment_.--Quant à _pas vrai_, c’est une expression d’une si grande trivialité, que personne, à notre connaissance du moins, n’a encore osé la défendre. C’est bien heureux!

WISK.

LOCUT. VIC. Faisons une partie de _Wisk_. LOCUT. CORR. Faisons une partie de _Whist_.

Nous préférons la dernière orthographe, suivie par Boiste, à la première, qui est celle de l’Académie, parce que nous sommes assez disposé à reconnaître l’étymologie généralement assignée à ce mot. _Whist_ dérive de l’interjection anglaise _Whist_! silence! Dans tous les cas, ce nom de jeu s’écrit ainsi en anglais, et cela doit nous suffire pour en déterminer l’orthographe; car il est, nous croyons, reconnu que nous avons emprunté et le jeu et son nom à l’Angleterre. La question d’étymologie est donc purement ici de la compétence du philologue Bayley, c’est-à-dire du Ménage anglais.

Y.

LOCUT. VIC. { Plaignez le malheureux qui n’_y voit goutte_. { Je crois qu’il _y_ ira.

LOCUT. CORR. { Plaignez le malheureux qui _ne voit goutte_. { Je crois _qu’il ira_.

L’_Y_ doit être supprimé dans ces deux phrases. Dans la première, il est complètement inutile, parce que _ne voir goutte_ signifie là tout autant que _n’y voir goutte_. Mais si l’_y_ est superflu dans la première phrase, il n’en est pas de même dans la seconde, et si on le retranche ici, c’est uniquement pour éviter un hiatus assez désagréable, quoiqu’on en ait trouvé des exemples dans le correct et élégant Fénelon.

«Quand le verbe qui suit le pronom _y_, dit Laveaux, commence par un _i_, on supprime ce pronom pour éviter la rencontre des deux _i_, qui formeraient un son désagréable. Ainsi, au lieu de dire: _il m’a dit qu’il_ y _irait_, on dit: _il m’a dit qu’il irait_.» (_Dict. des diff._)

Si l’on voulait dire que quelqu’un ne comprend rien à une affaire, on dirait cependant: _il n’y voit goutte_, parce que cette phrase équivaudrait ici à: _il ne voit goutte à cela_, _là-dedans_.

YEUX.

LOCUT. VIC. Ce bouillon, ce fromage a des _yeux_. LOCUT. CORR. Ce bouillon, ce fromage a des _œils_.

Plusieurs grammairiens ont pensé que, dans plusieurs cas, le substantif _œil_ doit avoir pour pluriel _œils_ et non pas _yeux_. Nous nous rangeons à cet avis, parce que nous désirons contribuer à faire disparaître la déclinaison hybride de ce mot, comme dit M. Ch. Nodier. Quand il s’agit d’ouvrir la porte à la raison, il faut se garder de se faire prier.

On dit aussi des _œils de bœuf_ (terme d’architecture) et non des _yeux de bœuf_. _Œil_ fait _yeux_ au pluriel, dans le sens propre, et _œils_ dans le sens analogique.

YEUX.

PRONONC. VIC. _Zieux_ noirs, que je vous aime! PRONONC. CORR. _Hieux_ noirs, que je vous aime!

Bien des gens, en lisant ce mot placé au commencement d’une phrase, comme dans un signalement par exemple: _front haut_, yeux _noirs_, etc., le prononcent _zyeux_, parce qu’ils sont accoutumés à le trouver presque toujours précédé d’un _s_ ou d’un _x_, comme dans ces locutions: _mes yeux_, _tes yeux_, _ses yeux_, _vos yeux_, _leurs yeux_, _les yeux_, _aux yeux_, etc. Un peu de réflexion doit faire voir que le mot _yeux_ doit être prononcé _hyeux_, toutes les fois qu’il n’est pas précédé d’un _s_ on d’un _x_.

ZÉRO.

LOCUT. VIC. Il est là comme un _zéro en chiffre_. LOCUT. CORR. Il est là comme un _zéro sans chiffre_.

Nous pensons comme M. Marle que l’expression _zéro sans chiffre_ offre un sens plus raisonnable que l’expression _zéro en chiffre_. Un _zéro sans chiffre_ qui le précède, n’a effectivement aucune valeur.

ETC.

LOCUT. VIC. Il y avait là Jean, Simon, Pierre _et cetera_. LOCUT. CORR. Il y avait là Jean, Simon, Pierre _et autres_.

_Et cætera_ ne peut se rapporter qu’à des choses. _Cætera_ est un adjectif neutre qui se rapporte au substantif neutre _negotia_, sous-entendu, et qui ne peut, par conséquent, avoir aucune relation avec des personnes.

FIN.

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Corrections.

Page IX: «ne» supprimé (nous ne nous sommes même pas arrêté). Page XI (Errata): Pag. 333 remplacé par Pag. 323. Page 30: «charette» remplacé par «charrette» (Mettez cette charrette sous _le hangar_). Page 62: «batiser» remplacé par «baptiser» (et de ses dérivés _baptiser_, _baptiste_). Page 87: la locution «Cul-de-sac» qui se trouvait entre «Cire» et «Civet» a été placée page 101 entre «Croustillant» et «Culottes». Page 93: «considétion» remplacé par «considération» (être pris en considération). Page 101: «un» remplacé par «une» (c’est une _impasse_). Page 111: «Patelin» remplacé par «Pathelin» (dans la farce de Pathelin). Page 128: «effilé» remplacé par «affilé» (en disant un couteau _affilé_). Page 133: «illétrées» remplacé par «illettrées» (le penchant des personnes illettrées). Page 174, article FOUET: au lieu de «LOCUT. VIC.» et «LOCUT. CORR.» il convient de lire «PRONON. VIC.» et «PRONON. CORR.» Page 218: «Sévigué» remplacé par «Sévigné» (Madame de Sévigné). Page 226: «qu» remplacé par «qui» (une monnaie qui n’existe pas). Page 277: «Renart» remplacé par «Renard» (_Roman du Renard._ V. 3087). Page 285: «Duprey» remplacé par «Dupré»; des Œuvres de Cl. Marot (_Dondey-Dupré_). Page 285: «elle» remplacé par «elles» (où elles ne sont même employées). Page 307: «dictinction» remplacé par «distinction» (Cette distinction paraît assez généralement adoptée). Page 307: «les les» remplacé par «les» (les méchans les plus déclarés). Page 317: «définitement» remplacé par «définitivement» (l’usage paraît s’être définitivement prononcé). Page 340: «illétrés» remplacé par «illettrés» (des gens illettrés ou des gens à routine). Page 352: «prépositon» remplacé par «préposition» (par la préposition _de_). Page 361: «M.» remplacé par «Mme» (Mme de Sévigné). Page 368: «emche» remplacé par «empêche» (Cela n’empêche pas l’ingrat de demander). Page 391: «notante» remplacé par «nonante» (_septante_, _octante_ et _nonante_). Page 399: «de» remplacé par «des»; Laveaux (_Dict. des diff._) cite certains cas.