Comment on Prononce le Français Traité complet de prononciation pratique avec le noms propres et les mots étrangers

Part 24

Chapter 242,920 wordsPublic domain

2º L’_s_ intérieur 311 I. Devant une consonne 311 II. Entre consonne et voyelle 315 III. Entre deux voyelles 316

IV. Entre une voyelle nasale et une autre 319

3º L’_s_ double 320

=T= 325

1º Le _t_ final 325

2º Le _t_ intérieur et le groupe _ti_ 332

3º Le _t_ double 339

=V= et =W= 341

=X= et =Z= 344

1º L’_x_ final 344

2º L’_x_ intérieur 347

3º Le _z_ 350

Récapitulation des consonnes 353

LES LIAISONS

Quelques considérations préliminaires 355

=Liaisons des muettes= 360

1º Les labiales et les gutturales 360

2º Les dentales, _d_ et _t_ 363 I. Les verbes 363 II. Adjectifs et adverbes 364 III. Les substantifs 367 IV. Après un _r_ 368

=Liaisons des spirantes= 370

1º Les chuintantes et les fricatives 370

2º Les sifflantes, _s_, _x_, _z_ 371 I. Les différentes espèces de mots 372 II. Les pluriels 375 III. L’_s_ après l’_e_ muet 379 IV. L’_s_ après un _r_ 383

=Liaisons des nasales= 386

INDEX ALPHABÉTIQUE DES FINALES 393

INDEX ALPHABÉTIQUE DES PRINCIPAUX MOTS ET NOMS 395

TABLE DES MATIÈRES 409

Imp. LAROUSSE, 1 à 9, rue d’Arcueil, Montrouge (Seine).

NOTES:

[1] DOMERGUE, Manuel des étrangers amateurs de la langue française, _1805_ (_les exemplaires de 1806 portent pour premier titre_ la Prononciation française); Mᵐᵉ DUPUIS, Traité de prononciation ou Nouvelle Prosodie française, _1836_.

[2] _Le_ Traité complet de la prononciation française _de Lesaint, même revu et complété en 1890 par le Professeur Dʳ Chr. Vogel, est fait sans méthode, et ne peut avoir aucune autorité: il prononce encore_ scou_è_re, _et_ t_o_n, _pour_ ta(o)n, _et_ m_o_sieu, _etc., sans parler de_ Haydn _prononcé_ èdn, _avec Gh_y-ane _et Gh_y-enne. _Puis, voici M. Sudre, docteur ès lettres, professeur à la Guilde internationale, qui trouve très légitime qu’on prononce_ cinque francs _ou_ neufe sous, _qui admet_ aspè, aspec _ou_ aspect _et préfère_ aspect! _Le reste à l’avenant. Voilà ce qu’on enseigne aux étrangers. Un autre, professeur au Conservatoire, enseignait aux Français qu’_«_on_ commence _à pouvoir dire:_ une main habile.» (_Dupont-Vernon_, l’Art de bien dire.)

[3] _Ou bien il a des formules singulières comme celle-ci:_ Beaucoup de personnes (!) _ne prononcent pas_ f _dans_ les bœufs.

[4] _Je ne parle pas de Littré, qui en cette matière est déjà suranné sur beaucoup de points, notamment par son obstination à maintenir le son de l’_l _mouillé, et à séparer des syllabes que tout le monde réunit. Littré n’est déjà plus qu’un témoin historique, d’ailleurs infiniment précieux._

[5] _Jusqu’à la lettre_ O, _la finale_-aille _est ouverte presque partout; ensuite elle est généralement fermée._

[6] _Par exemple, il identifie pour la prononciation_ gr_ê_le _adjectif et_ gr_ê_le _substantif; il fait l’_a _final bref dans_ vasist_a_s, _et ferme_ au _dans au_rore _ou au_gmenter, _etc._

[7] _Il croit que l’_a _est fermé dans_ crasse _et dans_ latrines; _il prononce_ coïncidence _comme_ coin; quadrilatère _par_ coua _ou_ ca, _et plutôt_ ca, joigne _avec_ oua _ou_ ouè, frêlon _avec_ e _ouvert,_ asymétrie _et_ imprésario _avec des_ s _doux_, enharmonique _avec un_ h _aspiré; il croit qu’on peut dire indifféremment_ échev’lé _ou_ éch’vélé, déjà _ou_ d’jà, quérir _ou_ qu’rir, _des_ gentilzhommes _ou des_ gentil(_s_)hommes, hai(_e_) _ou_ haye, gen(_s_) _ou_ gensse; _il admet la suppression du_ c _dans_ san_c_tuaire, san_c_tion _et_ san_c_tifier; _celle du_ p _dans_ ce_p et_ se_p_tembre; _il s’imagine que des bouches françaises peuvent encore garder une diphtongue dans des mots comme_ meurtr_ier_, encr_ier_, boucl_ier_, sabl_ier, etc.: il excepte seulement_ ouvri-er!

[8] _Je recommande particulièrement à ce point de vue le chapitre de_ en _prononcé_ an _ou_ in, _ou celui du groupe_ ti _devant une voyelle_.

[9] _Nous le citerons cependant, vu son importance, au même titre et dans les mêmes cas que le_ Dictionnaire général.

[10] _Les éléments de ces notes historiques sont naturellement empruntés au livre de_ THUROT: de la Prononciation française depuis le commencement du XVIᵉ siècle, _1881-1883. A défaut de ce livre capital, ceux qui s’intéressent à ces questions trouveront encore la plupart des renseignements nécessaires dans_ ROSSET, les Origines de la prononciation moderne, _1911._

[11] Ceci ne peut suffire que pour les poètes:

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes.

Mais quel E ou quel O? celui d’_écho_ ou celui d’_orge_? Et les autres sons?

[12] Par exemple c_a_c_ique_, g_i_g_ot_, _salu_t_a_t_ion_.

[13] Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le lecteur qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre compte méthodiquement et par principes, peut très bien passer directement au chapitre de la voyelle _A_. Il reviendra ensuite sur les principes, si le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui n’est pas initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il comprendra mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est toujours une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait.

[14] On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle ouverte est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les autres. Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le vocabulaire, nous emploierons les deux termes _ouvert_ et _fermé_, qui sont ceux dont les autres voyelles s’accommodent le mieux.

[15] Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient d’aucune façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo, qui rapproche constamment _tr_ô_ne_ de _cour_o_nne_, ou _r_ô_le_ de _par_o_le_.

[16] Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement; mais une expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son _Précis de prononciation_, page 39), montre que le mot est en somme parfaitement exact: si l’on prononce normalement la voyelle =a=, et si, sans rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un =a= fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux caractériser encore l’=a= fermé, qu’il se rapproche de l’=o=, au moins à Paris.

[17] Il s’agit ici bien entendu du =c= et du =g= tels qu’on les entend devant =a=, =o=, =u=, et non transformés en d’autres consonnes, comme ils le sont devant =e= et =i=.

[18] On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi et en Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent de le rétablir sous la forme _ly_: _alyeurs_ pour _ailleurs_, mais c’est autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer l’_r_.

[19] Voir sur ce point LÉONCE ROUDET, _la Désaccentuation et le déplacement d’accent dans le français moderne_, dans la _Revue de philologie française_, 1907.

[20] Voir ROUDET, article cité. Toutefois l’auteur me semble réduire à l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en moyenne un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et c’est pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin, l’accent étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe. Ainsi dans ce vers:

Laissez-moi _là_, vous _dis_-je, et cou_rez_ vous ca_cher_,

il n’y a que _quatre_ accents, mais il y en a quatre: sur _là_, _dis_, _rez_ et _cher_.

[21] Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même inconscient, grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme ceux qui dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les plus faciles, où le jeu semble le plus machinal.

[22] On voit que l’accent dit _aigu_, quand il n’est pas final, surmonte presque toujours un _e_ à demi ouvert; pourtant l’_é_ initial est souvent moins ouvert que l’_é_ intérieur.

[23] Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme _Brahms_, où l’_=h=_ allonge =l’_a_=, à côté de _rams_, qui a l’=_a_= bref.

[24] Exactement et en fait, les groupes sont: =_bl_=, =_cl_=, =_fl_=, =_gl_=, =_pl_=, et =_br_=, =_cr_=, =_dr_=, =_fr_=, =_gr_=, =_pr_=, =_tr_=, =_vr_=. C’est ce que les grammairiens appellent _muta cum liquida_. Mais nous savons que les _muettes_ sont =_b_= et =_p_=, =_c_= et =_g_=, =_d_= et =_t_=; =_f_= et =_v_= sont des _spirantes_ (_labiales_ ou _fricatives_). On voit qu’en principe, parmi les muettes, =_d_=, =_t_=, =_v_=, ne se groupent qu’avec l’=_r_=, en français; quant aux autres spirantes, =_s_= et =_z_=, =_ch_= et =_j_=, elles ne se groupent même pas avec l’=_r_=: quand par hasard elles en rencontrent un, comme dans _I_s-_raël_, ce qui est rare, elles n’appartiennent pas à la même syllabe.

[25] Les plus nombreuses sont précisément celles dont la _première_ consonne est =_l_= ou =_r_=, comme _-arbe_, _-arc_, _-arde_, etc.

[26] On sait que cet accent tient presque toujours la place d’une lettre disparue, généralement un =_s_=, qui ne se prononçait plus, mais dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus sentir: _aim_â_t_, _for_ê_t_ et _bient_ô_t_ (de même que _reç_û_t_ ou _f_î_t_) ne se prononcent plus autrement qu’_aim_a, _for_e_t_ et _palet_o_t_. Il en est de même, disons-nous, de _aim_â_mes_ et _aim_â_tes_, comme de _f_î_mes_ ou _reç_û_mes_. Et ceci n’est pas nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps et lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera tous dans les notes.

[27] Sauf, très mal à propos, les trois noms de mois en _-ose_: _niv_ô_se_, _vent_ô_se_ et _pluvi_ô_se_.

[28] Le _Dictionnaire général_ donne _la_ fermé et _fa_ ouvert: c’est certainement une erreur, si ce n’est pas une faute d’impression. On notera en passant que les noms des voyelles intermédiaires, _é_, _eu_, _o_, et ceux des consonnes qui s’énoncent avec un _e_ à la suite, _b_, _c_, _d_, etc., sont également fermés, ainsi que les notes _do_ ou _ré_, car tous appartiennent à des finales fermées.

[29] La preuve, c’est que beaucoup d’_h_ sont tombés, notamment dans _casba_, _véranda_, _smala_, _massora_, et même _poussa_, et les noms de lieux arabes, comme _Blida_; mais ceux qui restent ne se sentent guère plus, par exemple dans _sura_(h), ou même _sha_(h), surtout dans _sha_(h) _de Perse_, ou _Jéhova_(h): je ne vois guère qu’_Allah_, où l’on maintienne _parfois_, par un effort _volontaire_, l’=_a_= long et fermé.

[30] Cette identité de prononciation entre les singuliers et les pluriels est déjà constatée par Mᵐᵉ Dupuis; mais les voyelles sont restées longues et fermées pendant longtemps au pluriel, en souvenir du temps où l’_s_ se prononçait; elles ne le sont plus aujourd’hui que dans certaines provinces.

[31] Sauf bien entendu _b_â_t_, _dég_â_t_, _m_â_t_, _app_â_t_, où l’_a_ est encore un peu fermé par l’accent circonflexe, qui a remplacé l’_s_ antérieur; mais cette différence même est en voie de disparaître. C’est déjà chose faite, nous l’avons dit, pour les subjonctifs: _aim_â_t_ (pour _aim_a_st_) ou _aim_a ne diffèrent plus en rien, et malheureusement la confusion des prononciation amène parfois la confusion des formes elles-mêmes.

[32] Sans aucun souci de l’étymologie, comme on peut voir. Ainsi l’_a_ de _pén_a_tes_ ou _son_a_te_, qui était long en latin ou en italien, est bref en français; de même pour _s’év_a_de_ ou _arc_a_ne_.

[33] Je ne parle pas bien entendu des finales dont il est question page 38: _algue_, _calme_, _Alpes_, _salve_, _apte_, _rhubarbe_, _charge_, _écharde_, _écharpe_, etc.: on sait que l’_a_ n’y est jamais long ni fermé.

[34] Il s’agit bien entendu du _c_ guttural et non du _c_ spirant ou sifflant de _ce_ et _ci_.

[35] De même _Balz_a_c_ ou _Aurill_a_c_, _Karn_a_k_, _B_a_ch_ ou _Androm_a_que_. On excepte _Isa_a_c_ et _J_a_cques_, dont l’_a_ est fermé, et naturellement _P_â_que_ et _P_â_ques_, pour _P_a_(s)que_. D’ailleurs _Isaac_ s’est longtemps prononcé _isac_, où la contraction naturellement allongeait la voyelle. La réaction orthographique a fait rétablir le premier _a_, mais l’effort fait pour distinguer les voyelles maintient l’allongement de la seconde. En revanche, on ouvre ordinairement l’=_a_= dans les _J_a_cques_ (d’où _J_a_cquerie_, et peut-être _j_a_quette_), et dans faire le _J_a_cques_.

[36] De même _G_a_p_, _Pri_a_pe_, _Ch_a_ppe_, _Escul_a_pe_, _Jemm_a_pes_, _la Tr_a_ppe_.

[37] On exclut, bien entendu, _hâte_, _bâte_, _gâte_, _mâte_ et _démâte_, _pâte_, _empâte_ et _appâte_, et _hâte_, qui tous ont perdu un _s_. L’_a_ est douteux dans _Pil_a_te_, seul parmi les noms propres: cf. _Josaph_a_t_, _Cro_a_tes_, _Héc_a_te_, _Ag_a_the_, _Dalm_a_tes_, _Carp_a_thes_, _Socr_a_te_, etc.

[38] De même _Malg_a_che_, _Gam_a_che_, _Carr_a_che_, _Eust_a_che_, etc. On excepte naturellement _b_â_che_, _rab_â_che_, _f_â_che_, _g_â_che_, _l_â_che_, _rel_â_che_, _m_â_che_ (substantif ou verbe) et _t_â_che_ (ne pas confondre avec _t_a_che_): tous avaient un _s_, sauf _b_â_che_ et _m_â_che_ (salade), qui ont pris l’accent circonflexe par analogie.

[39] Sauf pour rimer avec _ch_â_sse_ et _gr_â_ce_, dont l’accent circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à _cr_a_sse_, il est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne sais pourquoi Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du substantif: c’est le même mot. _Savant_a_sse_ a eu l’_a_ fermé; il s’est ouvert, par analogie avec tous les mots où le suffixe _asse_ prend un sens péjoratif. _M_a_sse_, terme de jeu, a aussi été long. D’autres encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’=a= est long dans _Annem_a_sse_ et _Gr_a_sse_, et bref dans _le T_a_sse_, comme dans tous les autres noms propres: _Paill_a_sse_, _Madéc_a_sses_, _Sarg_a_sses_, aussi bien que _Curi_a_ce_, _Ign_a_ce_, _Bocc_a_ce_, _D_a_ces_, _Lapl_a_ce_, _Hor_a_ce_, _Thr_a_ce_, _Als_a_ce_, etc.

[40] Le _Dictionnaire général_, qui s’en rapporte trop facilement à l’étymologie, conserve l’_a_ ouvert et bref dans _str_a_s_ (du nom propre _Strass_) et _vasist_a_s_ (de l’allemand _was ist das_), et même dans _hypocr_a_s_; il ne distingue pas entre ce qui devrait être et ce qui est.

[41] Entendez le _g_ guttural, et non le _g_ chuintant qu’on entend dans _ge_ et _gi_.

[42] Le _Dictionnaire général_ le fait ouvert, et il a certainement raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a pu amener cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet _a_ finira probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre, à cause du _b_, comme a fait l’_o_ de _gl_o_be_ et _l_o_be_, qui jadis était fermé aussi. L’_a_ de _Sou_a_be_ est aussi bref que celui de _M_a_b_ ou _Ach_a_b_.

[43] De même _Jo_a_d_, _Tch_a_d_, _Timg_a_d_, _Alcibi_a_de_, _Henri_a_de_, _Pléi_a_des_, etc.

[44] L’=a= est moins ouvert dans _Reichst_a_g_ et _Landt_a_g_, mots étrangers, que dans _zigz_a_g_. Il est ouvert dans _Ag_a_g_, _Copenh_a_gue_, _Bir_a_gue_, _Pr_a_gue_, etc.

[45] Ce sont _h_â_le_, _m_â_le_ et _r_â_le_ (verbe), qui ont perdu un _s_, avec _râle_, oiseau (pour _r_aa_lle_), _châle_ et _pâle_, dont l’accent est peu justifié. On y joindra _Bâle_, qui a aussi perdu un _s_, et _Domb_a(_s_)_le_, qui a gardé le sien: cf. _Duche(s)ne_, _Ne(s)le_, etc. _Saint-Gr_a_al_ et _Ruisd_a_ël_, où on ne prononce qu’un _a_, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de distinguer deux _a_ paraît fermer à demi l’_a_ final de _Ba_a_l_ ou _Transva_al. L’_a_ est ouvert dans les autres noms propres, _Montré_a_l_, _Marti_a_l_, _Annib_a_l_, _Portug_a_l_, _Cant_a_l_, _Lamb_a_lle_, _Canc_a_le_, _Beng_a_le_, _saint François de S_a_les_, _Ambarv_a_les_, etc.

[46] A ces mots il faut ajouter _br_a_hme_, à cause de l’_h_, sans compter _âme_ (pour _an-me_ nasal), _blâme_ et _pâme_, qui ont perdu leur _s_, et _infâme_ (par réaction étymologique, et aussi par emphase, car il avait autrefois l’_a_ bref, comme _diff_a_me_). Pour ne pas trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer _brame_ avec _a_ fermé dans ces vers:

Elle brame Comme une âme Qu’une flamme Toujours suit. V. HUGO, _les Djinns_.

La double voyelle paraît fermer à demi l’_a_ final dans _Bala_a_m_ et _Abrah_a_m_, comme ci-dessus dans _Isa_a_c_ ou _Ba_a_l_; il est ouvert dans les autres noms propres, _Robo_a_m_, _Pri_a_m_, _Ann_a_m_, _Berg_a_me_, _Pyr_a_me_, etc.

[47] Le _Dictionnaire général_ donne à ce mot l’_a_ ouvert et moyen. L’accent circonflexe est seulement dans _âne_, pour _a_(s)_ne_, dans _flâne_ (étym. inconnue), _mânes_, qui garde l’_a_ long du latin, et _crâne_ (dont l’allongement ne s’explique pas). On ferme aussi assez généralement l’_a_ de _Je_a_nne_, quand il n’y a pas de nom à la suite (moins, par exemple, dans _Je_a_nne d’Albret_). Beaucoup de gens disent encore A_nn_e avec =_a_= fermé et long, et surtout _Marie-_A_nne_, sans doute afin de distinguer ce prénom de _Mari_a_nne_. D’ailleurs _Mari_a_nne_ aussi eut autrefois l’_a_ long, puisqu’on l’écrivait _Mariamne_, comme _condamne_, et _Di_a_ne_ également, à cause de l’étymologie. Cet _a_ est bref et ouvert aujourd’hui, comme dans les autres noms propres, _Ari_a_ne_, _Guy_a_ne_, _Tosc_a_ne_, _Mod_a_ne_, _Aristoph_a_ne_, _Tuscul_a_nes_, _Tigr_a_ne_, _Font_a_nes_, etc., aussi bien que _C_a_nnes_, _L_a_nnes_, _Suz_a_nne_, _Laus_a_nne_, ou _Ahrim_a_n_ et les noms étrangers en _-mann_; on doit le fermer dans _H_a_hn_, à cause de l’_h_ qui le suit.

[48] Le _Dictionnaire général_ les fait longues par principe.

[49] Ceci reste du temps où ce mot se prononçait _g_an-_gne_. L’_=a=_ est ouvert également dans _Asc_a_gne_, _Cerd_a_gne_, _Allem_a_gne_, _Esp_a_gne_, etc.

[50] C’est-à-dire =_a_=, suivi d’un _l_ mouillé, mais qui se prononce en réalité comme _a-ye_, l’ancien son mouillé étant complètement perdu.

[51] Prononcé à l’anglaise, nous le retrouverons à =_ai_=, avec _m_ai_l-coach_.

[52] Il est remarquable qu’au contraire la même intention péjorative tend plutôt à ouvrir et abréger l’=_a_= de la finale =_-asse_=.

[53] Je sais bien que d’aucuns ferment et allongent autant qu’ils peuvent _où voulez-vous que j’_ai_lle_; mais cela ne sent-il pas un peu le faubourg extérieur?

[54] Ce mot est le seul pour lequel le _Dictionnaire général_ hésite. Mais d’ailleurs sa doctrine a singulièrement changé au cours de l’impression: jusqu’à la lettre O, tous les _a_ sont ouverts, sauf dans _god_a_ille_ et quelques verbes en _-ailler_; à partir d’_O_, l’_a_ fermé l’emporte de beaucoup; mais pourquoi _relev_a_illes_ et _trouv_a_ille_ ont-ils l’_a_ ouvert, à côté de _sem_a_illes_ et _vol_a_ille_, qui l’ont fermé?--Il va sans dire qu’à Paris on fait l’_a_ long et fermé dans _Vers_a_illes_, et aussi dans _Cornou_a_illes_ ou _Xaintr_a_illes_, et même dans _No_a_illes_.

[55] De même _Bisc_a_ye_, _Luc_a_yes_, _Hend_a_ye_, _Bl_a_ye_. On prononce _B_a_ïes_ de la même façon, et aussi quelques mots étrangers en _-aï_, comme _Shangh_aï: voir page 119, note 2.

[56] Il me semble qu’il ne l’est plus dans les noms propres, _Balé_a_res_, _Ic_a_re_, _Pind_a_re_, _Bulg_a_re_, _Tén_a_re_, _Saint-Laz_a_re_, etc. Faute d’avoir distingué entre _bref_ et _ouvert_ (qu’il appelle _aigu_), comme entre _long_ et _fermé_ (qu’il appelle _grave_), Thurot a manqué de précision et d’exactitude, autant que les grammairiens qu’il cite, en ce qui concerne les finales en _=-re=_. J’ajoute, en passant, que, dans le même chapitre de la quantité, il a oublié les finales en _=-se=_ doux (_-ase_, _-èse_, etc.).

[57] De même _Asty_a_ge_, _Pél_a_ge_ et même _Pél_a(_s_)_ges_, _Mén_a_ge_, _Abencér_a_ges_, _Carth_a_ge_, _Carav_a_ge_, etc.

[58] Peut-être l’_=a=_ est-il un peu plus bref dans les formes verbales: _il b_a_ve_, _p_a_ve_ ou _gr_a_ve_, par analogie avec _b_a_ver_, _p_a_ver_, _gr_a_ver_; cette distinction a déjà été faite par un grammairien du XVIIᵉ siècle, Chifflet, qui cependant exceptait _enc_a_ve_, évidemment à cause de _c_a_ve_. Tous ces mots ont été autrefois très discutés. L’_a_ a également une tendance à se fermer dans les noms propres, _Mold_a_ves_, _Barn_a_ve_, _Mor_a_ves_, _Tamat_a_ve_, _Oct_a_ve_, _Gust_a_ve_, etc.

[59] De même _Anab_a_se_, _Cauc_a_se_, _Las C_a_ses_, _Métast_a_se_, _Di_a_z_, _Hedj_a_z_, _Dec_a_zes_, etc.

[60] Le _Dictionnaire général_ fait l’_=a=_ long partout, mais l’ouvre aussi partout, sauf dans _f_a_ble_: pourquoi celui-là seul? Quant à l’accent circonflexe, il n’y avait guère de raison pour que ceux qui l’ont le prissent plutôt que d’autres; pourquoi pas _fâble_ comme _hâble_?

[61] Sans parler de _bâcle_, _débâcle_ et _renâcle_, dont l’accent circonflexe est peu justifié.

[62] Il n’y a pas de mots en _-agle_. L’_a_ est ouvert dans _N_a_ples_ ou _Ét_a_ples_.

[63] L’_=a=_ est naturellement long et fermé dans â_pre_ et _c_â_pre_, qui avaient un _s_, dans â_cre_ (mot savant qui a conservé la quantité latine, qu’il aurait perdue sans l’accent), dans _b_â_fre_ (onomatopée probable), et dans une trentaine de mots en _-âtre_, pour _a_(s)_tre_, y compris ceux qui désignent des couleurs approchantes, _blanch_â_tre_, _bleu_â_tre_, etc. Il est ouvert dans _Odo_a_cre_ ou _Saint-Jean-d’_A_cre_, A_ffre_ et _C_a_fre_ et aussi dans _La Ch_â_tre_, malgré l’accent circonflexe; il est fermé dans _Malfil_â_tre_ et _Cléop_â_tre_.

[64] De même _Œ_a_gre_, _Mélé_a_gre_, _Tan_a_gre_.

[65] Le _Dictionnaire général_ l’ouvre dans _escadre_; mais c’est évidemment l’étymologie qui le détermine et non l’usage, car, dans la marine, on ferme l’_=a=_, et je pense que l’usage des marins doit être considéré ici comme le bon.

[66] Michaëlis et Passy, qui ferment beaucoup d’_=a=_, ferment encore celui de _l_a_dre_ et aussi celui de _m_a_cle_, et celui d’a_ffres_, et acceptent même qu’on ferme celui de _n_a_cre_!

[67] Le _Dictionnaire général_ ouvre l’_=a=_ dans _cin_a_bre_ et _gl_a_bre_: il ignore _pal_a_bre_. L’_=a=_ est aussi fermé le plus souvent dans _F_a_bre_, _L_a_bre_, _Cal_a_bre_, _Vél_a_bre_, _Cant_a_bre_, comme dans _Le H_a_vre_ ou _Jules F_a_vre_.

[68] C’est là encore un phénomène général qui se retrouve dans toutes les voyelles, car toutes sont longues devant la finale _-re_ et s’abrègent en devenant atones sans être initiales: _vén_è_re_-_vén_é_rer_, _hon_o_re_-_hon_o_rer_, _dem_eu_re_-_dem_eu_rer_, _adm_i_re_-_adm_i_rer_, _murm_u_re_-_murm_u_rer_.