Chroniques de J. Froissart, tome 03/13

Part 36

Chapter 364,120 wordsPublic domain

P. 86, l. 22: retet.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18 à 33_: soupeçonnez. Fº 122 vº.--_Ms. A 8_: encoulpez. Fº 111 vº.--_Mss. A 15 à 17_: arrestez. Fº 124.

P. 86, l. 32: avant.--_Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19 ajoutent_: et si certainement. Fº 122 vº.

P. 87, l. 17: ensepelir.--_Ms. B 6_: delés madame sa femme, en l’eglise des Cordeliers. Fº 265.

§ =232=. P. 87, l. 22: Or revenrons.--_Ms. d’Amiens_: Or vous recorderai dou castiel de la Riolle qui se tint un grant temps contre les Englès. Et trop bien le deffendi messires Agos des Baux as Englès, et se tint depuis cinq sepmainnez que la ville eut estet rendue. Finablement li chevaliers perchut bien que li comtez Derbi ne se partiroit point si aroit le castiel à se vollenté, et d’autre part il ne veoit nul secours appairant. Si se laissa encheoir en tretiet parmy tant que il s’en pooit aller et tout le sien, et pooient porter et mener tout ce qui leur estoit. Li comtez Derbi leur acorda; il se partirent ensi que je vous compte et rendirent le castel: dont li Englèz eurent grant joie, car il estoient tout tannet de tant là sejourner. Et quant li comtes Derbi l’eut, si le fist remparer, garnir et repourveir, et y mist bon castellain, un chevalier d’Engleterre qui s’appielloit messire Richart de Lantonne. Fº 85.

--_Ms. de Rome_: Tant tint li contes Derbi son siège devant le chastiel de la Riole, que messires Agos des Baus falli à ses ententes, car il quidoit que poissance de par le roi de France deuist là venir pour lever le siège, mais non fist; car ensi que je vous ai jà dit, li orgoels et la negligense estoient si grandes en l’ostel dou roi Phelippe, pour ce temps, que on ne faisoit compte de tels coses, ne de l’aler, ne de l’envoiier. Et pour le temps d’adonc, li saudoiier estoient si mal paiiet en France que nuls estrangiers ne s’y traioit volentiers pour demander saudées, ne ossi parellement chil dou roiaulme. Encores estoient li peril si grant, pour les nobles dou roiaulme qui de la gerre se ensonnioient, que, qant il avoient l’aventure de perdre une journée à l’encontre de lors ennemis, renonmée publique parmi le roiaume de France couroit sur euls, que il estoient traite, et que par traison il avoient perdu la journée. Et mieuls lor valoit à morir sus la place que estre pris ne retourner; car qant il retournoient, il estoient pendu conme traite. Et par tels violenses et amises de traisons avinrent depuis moult de mesciés ens ou roiaulme de France et par tous ses menbres, ainsi que vous orés recorder avant en l’istore.

Qant messires Agos des Baus vei que nuls secours ne li venroit de France, et si amenrissoient grandement ses pourveances, il traitta deviers ces signeurs d’Engleterre. Trettiés se porta que ils et li sien se departirent sauvement, et en pooient porter ce qui lour estoit, voires seullement devant euls et non autrement; si se departirent et se traissent viers Toulouse. Et de là mesires Agos s’en retourna en Prouvence et n’osa venir en France, tant doubta il les crueuses justices que on i faisoit à petite oqison. Si se tint en Prouvence et sus le sien, et bien vei et senti que les envies dou roiaulme de France estoient trop grandes et que il n’i faisoit nul. Fº 102.

P. 87, l. 26: tour.--_Mss. A 1 à 6, 23 à 33_: court. Fº 122 vº.

P. 87, l. 27: chaingles.--_Mss. A 20 à 22_: sangles. Fº 180.

P. 88, l. 1: Agos.--_Mss. A 15 à 17_: Ragot. Fº 124 vº.

P. 88, l. 1: des Baus.--_Mss. A 8, 18 à 22_: des Vauls. Fº 112.--_Mss. A 23 à 33_: des Bans. Fº 140 vº.

P. 88, l. 24: parler au conte Derbi.--_Ms. B 6_: Sy entra en traitiet devers les chevaliers du conte tels que messire Richart de Stampfort et messire Gautier de Mauny: le traitiet se fist par le moien de messire Alixandre de Caumont. Fº 266.

P. 90, l. 28: le Riolle.--_Ms. B 6_: Ensy fut la Roille pour che tamps englesse, et le demora depuis plus de vingt sept ans. Fº 266.

§ =233=. P. 91, l. 1: Apriès che.--_Ms. d’Amiens_: Apriès ce que li comtez Derbi eut se volenté et fu venus à sen entente de le Riolle, de le ville et dou castiel, il se parti et toutte sen host, et chevaucha vers Montpesas, ossi un très fort et biel castiel. Si le concquist par assaut et par eschiellement, mès mout li cousta de ses archiers, ainchois qu’il l’ewist. Si y laissa dedens de ses gens et le rafreschi de pourveanches, puis s’en parti et se traist deviers le ville et le fort castiel de Mauron. Et quant il furent là venu, il l’assaillirent fortement, mais il ne le peurent avoir par leur assault; si le gaegnièrent l’endemain par enghien et par le sens d’un gentil homme dou pays de Gascoingne, que on clamoit Alixandrez, seigneur de Chaumont. Car li coens Derbi se desloga et fist samblant d’aller autre part, et se parti de là à tout sen grant host, et laissa un petit de gens devant le ville avoecq le conte de Kenfort. Quant chil de la ville et li saudoier virent si peu de leurs ennemis devant le ville, il lez quidièrent tantost desconfire et prendre; si yssirent hors pour combattre à ces Englèz. Quant li Englès les virent venir, il se traissent arrière et fissent samblant de fuir, et chils lez chachièrent loing enssus de leur ville. Qant li comtes Derbi vit che, qui estoit embusciés assés priès de là, il sailli avant et se mist entre lez saudoiiers et le ville, et y entra par force. Et furent li plus de chiaux qui dehors estoient, tous ochis.

Ensi par cel enghien fu li fors castiaux et la ville de Mauron gaegnie, et li bourgois de le ville pris et ranchonnet. Apriès fu prise ossi par enghien et soutilité le grosse ville que on clainme Villefranche, et fu toutte courue et robée. Depuis le fist li dis comtez remparer et regarnir et pourveir de tout chou qu’il y besongnoit, et y laissa un bon chevalier englès que on clammoit monseigneur Thomas Kok. Ensi chevauchoit li comtes Derbi le pays d’un lés et d’autre, et n’estoit nulx qui se mesist au devant. Et conqueroient ses gens villes et castiaux et prendoient gens et lez rançonnoient, et n’y avoit si petit en leur host qui ne fuist tous cargiés d’or et d’argent. Fº 85.

--_Ms. de Rome_: Ensi eut li contes Derbi la ville et le chastiel de la Riole et le pourvei et rafresci de gens d’armes et d’archiers et de pourveances, et i laissa messire Jehan de la Souce à chapitainne. Et puis s’en departirent les Englois et ceminèrent deviers Montpesas. Elle n’estoit fremée que de pallis. Si considerèrent chil qui dedens estoient, la poissance des Englois, et conment il avoient pris plus fortes villes que la lour ne fust vint fois. Si envoiièrent tretier deviers le conte Derbi, avant que il parvenist à la ville, et se rendirent, salves lors corps et lors biens. Et puis passèrent oultre, et vinrent devant Villefrance en Agenois; elle se rendi tantos. Fº 102.

P. 91, l. 23: Baucestre.--_Mss. A 1 à 6_: Lancastre. Fº 124.--_Mss. A 7, 11 à 14, 18 à 33_: Lancestre. Fº 118 vº.

P. 91, l. 25: Mauron.--_Mss. A 1 à 6, 30 à 33_: Manron. Fº 124.--_Ms. A 8_: Marcion. Fº 112 vº.--_Mss. A 15 à 17_: Martron. Fº 125 vº.--_Mss. A 18, 19_: Mauion. Fº 126 vº.--_Ms. B 6_: Manton. Fº 267.

P. 92, l. 25: quatre cens.--_Ms. B 6_: cinq cens. Fº 268.

P. 93, l. 20: cent.--_Ms. B 6_: soixante. Fº 268.

§ =234=. P. 93, l. 29: Quant li contes.--_Ms. d’Amiens_: Apriès ce que li comtez Derbi eut fait se vollenté de Villefrance, il s’en ralla vers Miremont, en raprochant le chité de Bourdiaux, qui est ungs très fors castiaux et bien seant; si y fu trois jours devant; au quatrimme il se rendi. Si le prist li comtez et le donna à un sien escuier que on clammoit Jehan de Bristo. Apriès il prist le castiel que on claimme Thonis, et apriès le fort castiel de Damassen, et puis se traist deviers le chité d’Anghouloime et l’asega, mès elle fu assés tost rendue; si y mist dedens grant fuisson de gens d’armes et d’archiers, pour le garder, avoecq les bourgois. Quant li comtez eut ordonné de le chité d’Anghouloime che que bon l’en sambla, il se traist par devant Blaves qui est une très forte ville et où la rivière de Garonne l’enclot par derière. Si y basti et mist le siège par devant. Et y sist un grant temps et y fist livrer tamaint assault, mès peu y concquist; car la ville estoit forte et bien garnie et pourveue de bonnes gens d’armez. Et par especial, il y avoit deux chevaliers de Poito, vaillans hommez durement, que li roys de Franche y avoit envoiiés, monseigneur Guichart d’Angle et monseigneur Bouchikau, qui le gardèrent et deffendirent si bien avoecq leurs compaignons que il n’y prissent nul dammaige. Fº 85 vº.

--_Ms. de Rome_: Et puis s’en vinrent devant la ville de Blaves, laquelle pour lors estoit françoise, et sciet à sept lieuves l’aige de la Geronde de la cité priès de Bourdiaus, il n’i a que la rivière entre deus. Si bastirent là les Englois lor siège, et dissent que point ne s’en partiroient si l’auroient à lor volenté, se poisance de roi de France ne venoit si grande que il ne peuissent contrester à l’encontre. Tant furent les Englois devant Blaves que chil qui dedens estoient, se tanèrent, car il estoient asegiet par terre et par la rivière de la Geronde, laquelle bat et fiert as murs de la ville; si se tourna englesce, et se missent en l’obeisance dou roi d’Engleterre. Ensi eurent les Englois Blaves, dont il furent moult resjoy, car elle lor avoit porté moult de contraire et portoit encores tous les jours, jusques à tant que elle fu pour euls. Si i ordonna li contes Derbi, avant que il s’en partesist, bon chapitainne, gens d’armes et archiers pour le garder. Et puis ils et ses gens, petit à petit, rapasèrent as barges et à bastiaus la rivière de la Geronde et retournèrent à Bourdiaus, et là se tinrent et s’i rafresqirent. Et lor fu avis que, pour celle saison, il avoient assés fait, et se tenroient là, jusques à tant que il oroient aultres nouvelles. Si envoia li contes Derbi ses honmes par les garnisons, tant pour entendre as lieus remparer, que pour garder les frontières, et que nuls mauvais trettiés ne se fesist des villes et des castiaus que conquis avoient as François. Nous nos soufferons un petit à parler de euls, et parlerons d’aultres avenues qui avinrent en France et en Flandre. Fº 102 vº.

P. 93, l. 30: Miremont.--_Mss. A 15 à 17_: Miraumont. Fº 126.

P. 94, l. 4: Bristo.--_Mss. A 7_: Brisco. Fº 119.--_Mss. A 15 à 17_: Briston. Fº 126.

P. 94, l. 5: Garone.--_Ms. B 6_: Geronde. Fº 269.

P. 94, l. 6: Thonins.--_Mss. A 1 à 9, 18 à 33_: Thonis. Fº 124 vº.--_Mss. A 11 à 14_: Thours. Fº 119.--_Mss. A 15 à 17_: Channis. Fº 126.

P. 94, l. 6 et 7: Damasen.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: Damensi. Fº 124 vº.--_Mss. A 20 à 22_: Damancy. Fº 182.--_Ms. B 6_: Damasson en Angolesmois. Fº 269.

P. 94, l. 9: d’Angouloime.--Ms. B 6: Et ensy concqueroit le conte Derby en la basse Gascongne chités, villes et chastieaulx, et faisoit rendre à luy et mettre en l’obeysanche du roy d’Engleterre son signeur. Et se ne ly alloit nul au devant; car, ensy que vous savés, l’anée precedente tous les barons de Gascongne franchois avoient esté mort ou pris devant Auberoche: pour coy nulle recouveranche ne se povoit mettre sus ou pais des gentilz hommes, car encore estoient le plus prisonniers as Englès qui ne se povoient armer. Fº 269.

P. 94, l. 16: vingt quatre.--_Ms. B 6_: douze. Fº 270.

P. 94, l. 27: Blaives.--_Mss. A 1 à 6, 20 à 29_: Blanes, Blaines. Fº 124 vº.--_Mss. A 7 à 14_: Blaves. Fº 119.--_Mss. A 18, 19_: Bleves. Fº 127.--_Mss. A 15 à 17_: Blaives. Fº 126.

P. 94, l. 29: Guichart.--_Mss. A 20 à 22_: Richart. Fº 182 vº.

P. 94, l. 29: d’Angle.--_Ms. A 8_: d’Engle. Fº 119.

P. 95, l. 1: Rochewart.--_Mss. A 1 à 6_: Rouchechouart. Fº 124 vº.--_Ms. A 7_: Rochouart. Fº 119.--_Ms. A 8_: Richechouart. Fº 113 vº.--_Mss. A 11 à 33_: Rochechouart. Fº 119 vº.

P. 95, l. 3: Entrues.--_Ms. B 6_: Le siège pendant devant Blaves, le conte de Kenfort à tout deux cens lances s’en vint devant Mirabiel et courut le pays environ Ausnay et entra en Saintonge, et puis retourna en l’ost et amena grant proie. Fº 271.

P. 95, l. 9: Mirabiel.--_Mss. A 1 à 6_: Mirebel. Fº 124 vº.--_Mss. A 7 à 33_: Mirabel. Fº 119 vº.

P. 95, l. 10: Ausnay.--_Mss. A 15 à 17_: Aunoy. Fº 126 vº.--_Mss. A 20 à 22_: Aulnay. Fº 182 vº.--_Mss. A 23 à 29_: Ansny. Fº 143.--_Mss. A 30 à 33_: Ausny. Fº 175.

§ =235=. P. 95, l. 13: Ce siège pendant.--_Ms. d’Amiens_: Quant li seigneur d’Engleterre eurent là sis un grant tamps, et que li yviers les aprochoit, et que riens à Blaves ne faisoient, il se deslogièrent et vinrent devant un castel que on claimme Bourch desoubs Blaves, et l’assegièrent et y fissent pluisseurs assaux. En le fin tant l’assaillirent que il le prissent et le rappareillièrent bien et fort, et y missent dedens deux cens archiers pour le garder. Et en fissent castiellain un bon escuier que on apelloit Jen Dancastre. Et puis rappassèrent la Garone et s’en revinrent à Bourdiaux, che fu environ le Saint Michiel l’an mil trois cens quarante cinq.

Au voir dire, moult furent honnerables et pourfitables ces deux saisons pour le comte Derbi et ses gens. Et tant y gaegnièrent en pluisseurs mannierrez que li plus povre en furent riche. Et ne faisoient compte li varlet ne d’or ne d’argent, tant en estoient rempli. Yaux revenu à Bourdiaux, il se departirent, et en alla chacuns en se garnison. Et li comtez Derbi et messires Gautiers de Mauni se tinrent à Bourdiaux. Fº 85 vº.

P. 95, l. 18: obligiet.--_Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 22 ajoutent_: au roy d’Angleterre. Fº 125.

P. 95, l. 27: Norvich.--_Mss. A 8, 9_: Morvich. Fº 113 vº.--_Mss. A 20 à 22_: Norwich. Fº 183.

P. 96, l. _16 à 23_: Or... devant.--_Cet alinéa manque dans les mss. A 23 à 33._ Fº 143.

P. 96, l. _21 à 23_: en celle... devant.--_Mss. A 1 à 6_: en celle mesme saison et année. Fº 125.--_Ms. A 8_: en celle meisme saison et année de devant. Fº 114.--_Mss. A 11 à 14_: en celle mesme année. Fº 119 vº.--_Mss. A 7, 18 à 22_: en celle meisme anée et la saison devant. Fº 119 vº.

P. 95 et 96: Ce siège... devant.--_Le_ § 235 _manque dans les mss. A 15 à 17_. Fº 126 vº.

§ =236=. P. 96, l. 24: En ce tamps.--_Ms. d’Amiens_: En celle saison eschei en le indination et haynne trop grandement dou roy Phelippe de Franche ungs grans banerès de Normendie et de grant linage, messire Ghodefroit de Harcourt. Et le couvint soudainnement wuidier et partir hors dou royaumme de Franche; car se li roys l’ewist tenut, il n’en ewist nient fait mains qu’il fist faire dou seigneur de Clichon et des autrez qui furent decollet à Paris. Si se parti messires Godeffroix au plus tost qu’il peult, et s’en vint en Braibant où il avoit belle revenue; et si estoit li dus Jehans, ses cousins. Se le festia et le tint ung tamps dallés lui. En le fin, il se parti et s’en alla en Engleterre deviers le roy, qui le vit vollentiers et le retint tantost à une grant cantitet de gens et de chevaux, et li donna belle terre et bonne pour son estat et le fist de son consseil. Fº 86.

--_Ms. de Rome_: En che temps et en celle meisme saison eschei en le indination et haine trop grandement dou roi de France, mesires Godefrois de Harcourt, li uns des grans barons de toute la Normendie, frères au conte de Harcourt et sires de Saint Saulveur le Visconte et de pluisseurs villes en Normendie. Et ne vous sçai pas à dire la cause pourquoi la haine vint, mais elle fu si grande que, se li rois de France l’euist tenu en son aïr, il l’euist fait morir honteusement. Et couvint le dit mesire Godefroi tapir et fuir et issir dou roiaulme de France. Et ala en Engleterre deviers le roi Edouwart, et se offri à lui et mist en obeisance, ensi conme messires Robers d’Artois avoit fait jadis, ne nuls ne li pot onques faire sa paix. Li rois d’Engleterre le rechut et le retint dalés lui, et li donna assés pour tenir son estat. Fº 102 vº.

P. 96, l. 28: Harcourt.--_Mss. A 11 à 14_: par l’ennortement du sire de Saint Sauveur le Viconte et de plusieurs seigneurs de Normendie. Fº 120.

P. 96, l. 29: Saint Salveur.--_Mss. A 1 à 33_: Saint Sauveur. Fº 125.

P. 97, l. 1: et tout par amise et par envie.--_Mss. A 11 à 14, 18 à 33_: tout par envie. Fº 120.--_Mss. A 15 à 17_: par mauvaise envie. Fº 126 vº.

P. 97, l. 16 et 17: mès avoit... pourfis.--_Mss. A 11 à 14_: car le roy avoit saisi toute la terre que le dit messire Geoffroy tenoit en la terre de Constentin et en faisoit lever les prouffiz. Fº 120.

P. 97, l. 16: toute sa terre.--_Mss. A 20 à 22_: toutes ses terres. Fº 183 vº.

P. 97, l. 20: priier.--_Ms. B 6_: Quant il eut là esté ung terme dalés le duc son cousin, qui recheu l’avoit moult liement, il prist congiet et vint en Flandres; et entra en mer à l’Escluse, et fist tant qu’il vint en Engleterre devers le roy qui lui fist grant feste. Messires Godeffrois s’acointa si bien du roy que le roy le retint de son ostel et de son consail pour l’un des especiaulx, et lui donna cinq cens mars de rente par an assigné moult bien en Engleterre. Fº 272.

§ =237=. P. 97, l. 25: En ce temps.--_Ms. d’Amiens_: Or parlerons ung petit dou roy d’Engleterre et de Jaquemon d’Artevelle, qui gouvrena bien par l’espasse de neuf ans les Flammens; et en fu, ensi que vous avés chydessus oy, si souverains que il y a eu en Flandrez peu de comtez qui mieux aient eut les Flammens en leur vollenté de lui tant qu’il dura. Chilx d’Artevelle estoit durement bien dou roy d’Engleterre. Et le tenoit li roys mout à amour pour le grant prouffit que il en atendoit, car d’Artevelle li proumetoit que il le feroit seigneur de Flandrez et le donroit à son aisnet fil, et en feroit on une ducé. Et sus ceste entension li roys englèz avoit fait ung grant appareil de nés et de vaissiaux sus le Tamise, et mandéz grant fuisson de barons et de chevaliers de son pays; et s’en devoit venir jeuuer en Flandrez et y devoit amener son fil le jone prinche de Gallez, et estoit jà meus, quant les nouvellez li vinrent que chil de Gand, par leur outraige, avoient tuet che d’Artevelle, son grant amit. Fº 85 vº.

--_Ms. de Rome_: En ce temps resgnoit encores ou pais de Flandres, en grande prosperité et poissance, chils bourgois de Gand, Jacquemes d’Artevelle, liquels tenoit à amour le roi d’Engleterre, ce que il pooit, car tous jours se doubtoit il des Flamens, car il les sentoit muables. A considerer raison, il acquist le povre conclusion que il ot, ensi que je vous dirai. Il voloit de tous poins deshireter de la conté de Flandres le conte Lois l’escachiet et Lois de Male, son fil, et voloit le roi d’Engleterre metre en l’iretage de Flandres. Et disoit chils Jaquemes d’Artevelle que on feroit de Flandres une ducé, et en seroit dus li princes de Galles. Et sus cel estat en ce temps, il fist venir le roi d’Engleterre, son chier compère, à l’Escluse; et qant li rois fu là venus, point n’issi de ses vassiaus. Les bonnes villes de Flandres, c’est à entendre les consauls, l’alèrent veoir à l’Escluse et conjoir, et li offrirent tout le pais ouviert à li et à ses gens à son conmandement; et li priièrent que il vosist venir à Bruges et à Gaind, et que partout on li feroit bonne chière. Li rois, en euls remerchiant, respondi à ce moult doucement et dist que, pour l’heure, il n’estoit point venus pour descendre à terre. A toutes ces paroles estoit chils Jaquemes d’Artevelle.

Assés tos apriès, se fist uns parlemens ens ou vassiel dou roi, qui estoit moult grans et moult biaus, que on nonmoit _Cristofle_, et furent là tous les consauls des bonnes villes de Flandres. Là promeut Jaquemes d’Artevelle les paroles desus dittes et remoustra par pluisseurs raisons, aournées de biaus langage, que cose utille estoit de recevoir le prince de Galles à signeur, et que de Flandres on feroit une ducée, et se tenroit li dis dus et princes ou pais et gouvreneroit la terre et le pais de Flandre en tous bons usages, et tenroit justice et raison à tout honme; et prioit Jaques d’Artevelle que de ce, les bonnes villes qui là estoient se vosissent consillier et faire ent response. Adonc regardèrent il tous li uns l’autre, et ne sceurent que dire. Toutes fois il demandèrent consel de parler ensamble; on lor donna. Il parlèrent tout à un, et fu la response telle: «Jaquemes, nous avons bien oï ce que vous avés dit; et qant nous venimes ichi, nous ne savions pas que vous nous deuissiés aparler de ceste matère, et nous est assés nouvelle. Et nous ne poons pas faire cechi de nous tant seullement: il couvient que tous li pais de Flandres s’i asente; et qant là sera venu, que on voie et congnoise les rebelles qui à ce ne se vodront acorder, et que il soient bani publiquement et perdent ce que ou pais de Flandres à present il i tiennent, sans esperance de jamais ravoir, ne i retourner. Ensi se pora faire chils hiretages segurement, car, tant que avons qui chi sonmes, nous volons bien à signeur, puis que il est à ce promeus, le prinche de Galles, sauf et reservé les conditions desus dittes.» Ceste response souffi très grandement au roi et à son consel; mais il fu demandé as bonnes villes de Flandres qui avoient respondu, qant li rois se poroit certefiier de la response. Euls par acord prissent un mois de jour; on lor donna. Et disnèrent avoecques le roi en son vassiel meismes, et puis se departirent et retournèrent, casquns sus son lieu, les auquns tous abus et courouchiés de ces nouvelletés que il avoient oy, quoi que il euissent respondu à la plaisance dou roi et de d’Artevelle. Et leur sambloit dure cose et estragne de deshireter lor signeur; et se il faisoient ce, à tousjours mès il seroient tenu et reputé pour traittes et infames. Nequedent, d’Artevelle estoit tant doubtés et cremeus ou pais de Flandres que, au fort, nuls ne l’euist osé courouchier, ne desdire de ses volentés. Encores demora Jaques d’Artevelle dalés le roi sus sa navie à l’Escluse, depuis que li aultre furent parti.

Or montèrent grandes murmurations parmi la conté de Flandres, qant les nouvelles s’espardirent que Jaquemes d’Artevelle avoit jeté sa visée à ce que li princes de Gales seroit sires de Flandres, et que on en feroit une ducée. Li auqun disoient, qui amoient le roi d’Engleterre: «Ce sera bien fait.» Et li aultre disoient le contraire, et que ce seroit damages, blames et traison trop grande à deshireter son signeur. Et en avoient les bonnes gens pité, et plus pour la cause dou fil, le conte Lois de Male, que il n’euissent pour le père, car ils lor avoit esté crueuls, hausters, durs et mervilleus. Et pour tels causes l’avoient ils bouté hors de Flandres, mais ils gardoient Lois, le jone fils, et disoient que il le nouriroient à lor manière, et seroit mieuls abuvrés de conditions flamenges que son père n’euist esté. Li dus Jehans de Braibant, pour le temps d’adonc, avoit une jone fille à marier, si ques conme sages et imaginatis que il fu et moult soubtieus, il avoit jetté sa visée à che que uns mariages seroit trop bien pris et fais de sa fille et dou fil le conte de Flandres. Et le concordoit assés le conte de Flandres, mais il n’estoit pas sires ne mestres de son fil: ançois le tenoient et gardoient li Flamenc, et le nourissoient sus bonnes gardes, et ne le laissoient point issir de la ville de Gant. Li dus de Braibant consideroit bien les coses à venir, et conment Jaquemes d’Artevelle pour ces jours estoit si grans en Flandres que par lui estoit tout fait, et sans lui n’estoit riens fait; et fu enfourmés de ces nouvelles conment li rois d’Engleterre estoit à l’Escluse et gissoit là à l’ancre, et procuroit, et Jaquemes d’Artevelle pour lui, que ses fils, li princes de Galles, fust dus de Flandres. Si se doubta li dis dus de Braibant que toutes cez coses n’avenissent, qui trop legierement pooient avenir, et avisa que il i meteroit un tel touel que il romperoit et briseroit tout.