Calixte; ou, l'introduction à la vie lyonnaise

Part 8

Chapter 83,379 wordsPublic domain

C’était un concert de gala donné par un virtuose en tournée mondiale. C’était aussi un concert «d’exception» que seule, l’extraordinaire réputation de l’artiste avait pu permettre. Nul n’ignore, en effet, qu’à Lyon, les cloches de Pâques sonnent le glas de toutes les réjouissances intellectuelles et artistiques. Il y avait foule. Dès la porte je serrai quelques mains. J’en serrai davantage encore au contrôle et au vestiaire. «Tu as beaucoup de connaissances, observa mon père.--Oui, oui, je ne manque pas de relations, répondis-je. Et songez que l’on ignore encore mes fiançailles avec Mlle Vernon!» Nous pénétrâmes dans la salle. Des mains se tendaient toujours sur mon passage. «Voici M. Lavrignais,» chuchotait-on de tous côtés. Des jeunes gens, qui portaient sur le visage toute l’excellence de leur parenté, me saluaient d’un amical: «Bonjour, Philippe!» Des jeunes filles, qui n’avaient pas les cheveux coupés, me souriaient avec une retenue, une discrétion tout à fait convenables. Des messieurs graves me frappaient paternellement l’épaule. Ébahis d’un accueil auquel ils s’attendaient si peu, mes parents cherchaient une contenance. Je me fis un devoir de les présenter. Aimable devoir! Solennelle introduction! Ah! comme je triomphais en secret! «M. Jutet, M. Taffarel,--annonçais-je avec une sorte d’exaltation contenue--mon père, ma mère--M. Bizolon, M. et Mme Lazuly, Mme Rodonnet--ma mère...» Quelquefois je m’interrompais pour poser une question en termes déférents: «Madame, permettez-moi de vous demander des nouvelles de M. Bernicot.--M. Grivolin est-il revenu de Paris en bonne santé? J’ai appris qu’il était parti un peu souffrant.--Madame votre mère compte-t-elle s’installer prochainement au Point du Jour?--Madame votre tante se plaît-elle dans sa nouvelle villa de la Demi-Lune?» On m’interrogeait à mon tour et je répondais: «Oui, madame, je vous remercie. J’ai reçu la visite de votre intéressante veuve de guerre et je lui ai donné une petite commande.--Je ne pense pas que M. Vernon et Mlle Marie-Antoinette soient des nôtres, ce soir. Ils sont montés hier à Écully.--Ce pauvre Calixte a le rhume des foins et garde la chambre. Il m’a chargé de le remplacer dimanche à la kermesse de Saint-Cyr.» Puis, je reprenais mes présentations avec le même zèle et la même componction: «Mon père, ma mère; M. et Mme Durand-Coyssard, Mme Rivollet, M. Fortuné Sévère...» Mes parents étaient à bout de politesses. «Tu es donc en relations avec toute la ville? finit par me demander mon père.--Oh! non, répondis-je, seulement avec la fleur.»

Le concert allait commencer. Nous gagnâmes nos fauteuils. «Que cette société lyonnaise est aimable! me confiait ma mère. Quelle urbanité! Quelle exquise familiarité!--C’est une grande famille, reprenait mon père, enthousiasmé... Philippe, tu es véritablement en famille.--Oui, oui, acquiesçais-je gaiement, je suis en famille... Le diable fut d’y entrer.» Notre conversation se brisa là. On jouait le Concerto en _la majeur_ de Mozart.

Le lendemain, mes parents prirent le train pour Paris. Ils emportaient de cette soirée et de leur séjour à Lyon un souvenir ensoleillé.

On dira ce que l’on vouldra, Du Lyon, et sa cruauté; Toujours, ou le sens me fauldra, J’estimerai sa privauté: J’ai trouvé plus d’honnesteté Et de noblesse en ce Lyon Que n’ai pour avoir fréquenté D’aultres bestes un million[1].

[1] Clément Marot.

CHAPITRE VI

«CIVIS LUGDUNENSIS»

Je pressentais bien qu’à la nouvelle de mes fiançailles avec Mlle Vernon, les amitiés si nombreuses et si vives que j’avais su gagner s’échaufferaient considérablement. Mais je ne m’attendais certes pas à les voir se changer, comme sous un coup de baguette magique, en cousinage. X..., Y... ou Z... m’abordait-il dans la rue, en autobus ou chez le coiffeur, c’était toujours la même cérémonie. On me félicitait des deux mains, ce qui, à Lyon, n’est pas commun. On me contait une cordiale petite histoire entremêlée d’une généalogie que je n’écoutais guère et l’on terminait par une déclaration de parenté. Je n’y voyais pas d’inconvénient. J’en témoignais même une joie décente, et tout se terminait par l’échange d’un: «Au revoir, mon cher cousin», gros comme le bras. Pourtant, ce cousinage effréné, presque impudent, finit par m’inquiéter. Redoutant je ne sais quelle plaisanterie, je m’en ouvris à Calixte. Il me rassura. «Certainement, me dit-il, la plupart de ces parentés sont un peu lointaines, mais elles ne remontent pas à Adam.» Puis, il me confia que j’allais devenir, par mon mariage, arrière-petit-cousin du curé d’Ars. J’en ressentis, naturellement, une grande fierté et m’en vantai, le soir même, à Jean Caille: «Oh! vous ne serez pas le seul, mon cher monsieur, me déclara ce publiciste. A Lyon, je ne connais pas de famille qui ne se flatte de quelque parenté avec le saint curé.--Chaque ville a ses traditions, répliquai-je. Il importe avant tout de les respecter. Je demeurerai donc arrière-petit-cousin reconnaissant et convaincu du curé d’Ars... comme de beaucoup d’autres.»

Deux jours plus tard, je suivais le quai Pierre-Scize, sans rien voir ni rien entendre et marchant d’un bon pas, comme tout homme qui se rend auprès de sa bien-aimée, quand je sentis un bras se glisser sous le mien. Tournant la tête, je reconnus avec ennui mon plaisantin de Marseillais. Essoufflé, suant et congestionné, il balbutiait: «Hé là! Philippe, arrête un peu que je te cause!» M’arrêter pour écouter les calembredaines de ce gros homme à l’optimisme vulgaire et que j’avais à tout jamais rayé de mes connaissances?

--Excusez-moi, dis-je en doublant le pas, je suis fort pressé.

--Sans indiscrétion, Philippe, où vas-tu?

J’hésitai une seconde puis, avec une complaisance ironique dont je ne pus me défendre:

--Faire ma cour, lui confiai-je à l’oreille.

--Hé! c’est donc vrai ce que l’on raconte?

--Que raconte-t-on?

--Que tu épouses la petite Vernon.

Je fis de la tête un signe affirmatif. Le Marseillais y répondit par un juron qui me détermina à accélérer encore mon allure.

--Sacré Philippe, va! Jamais je ne me serais attendu à cela de toi.

--Moi non plus, répliquai-je. Il est vrai qu’on m’y a beaucoup aidé.

J’allais comme le vent, espérant lasser mon homme.

--Philippe, écoute-moi! Arrête-toi! Tu es un as, j’en conviens. Mais comment diable t’y es-tu pris?

--Vous le saurez un jour, car j’ai l’idée d’un petit livre...

--Une comédie?

--Non, un livre instructif, des «Remarques et avis sur la vie lyonnaise».

--Tu feras œuvre utile. Mais tâche de la rendre plaisante!... Pas trop de méditations, de réflexions, de considérations, hé? Des faits, tu m’entends, des faits!

--Oui, des faits, rien que des faits. Adieu.

--Au revoir, et compliments! La petite Vernon! Ah! coquin... tu as su godiller!...

J’avais déjà sauté dans le tramway d’Écully que cet homme incivil me criait encore--avec quelle gesticulation!--du beau milieu de la rue: «Envoie-moi une lettre d’invitation, je te prie! Je serai heureux d’aller te présenter mes souhaits...» Que l’on juge de ma confusion: Joannès Durand-Coyssard et Félix Bernicot me coudoyaient sur la plate-forme, et j’avais aperçu, à l’intérieur, Mlles Alice et Germaine Bizolon. Le tramway, en partant, m’arracha à ce supplice.

Tous ceux qui ont vécu à Lyon savent combien il est honorable d’avoir une résidence d’été à Écully. Ce village, que les hauts murs de ses propriétés rendent mystérieux au promeneur, est, sans contredit, l’un des plus distingués de la campagne environnante. L’élite de la société y villégiature. Saint-Cyr, Saint-Genis-Laval, Collonges-au-Mont-d’Or, sont également des villages du meilleur ton. On ne saurait en dire autant de la Demi-Lune, de Tassin, de Charbonnières, qui, malgré de grandes prétentions, dissimulent mal la société mêlée de leurs villas modernes. Quant à Brindas, à Genas et à quelques autres, n’en parlez jamais dans un salon lyonnais: vous feriez sourire. J’étais donc très fier d’aller faire ma cour à Écully.

La propriété Vernon est une des plus caractéristiques du village: six hectares de pelouses, bois et avenues centenaires dans une enceinte de murs de quatorze pieds de haut. On y pourrait soutenir un siège. D’épais rideaux de verdure la défendent par surcroît contre la curiosité des voisins. On ne voit personne et personne ne vous voit: c’est le principal. On se sent vraiment chez soi. On a, pour ainsi dire, _son_ soleil, _ses_ oiseaux et _ses_ brises...

Ce fut dans ce paradis emmuré que nous vécûmes, Marie-Antoinette et moi, les premières et les plus adorables heures de nos fiançailles... On était alors au temps des cerises, mais je crois bien que nous ne songeâmes pas à en cueillir... J’appris à la connaître. Je m’enivrai de son amour très tendre, très consciencieux et un peu mystique. «Que vous êtes jolie!» lui murmurais-je parfois sur le ton des plus brûlantes ferveurs. Et je m’étonnais d’un léger hochement de tête, d’une moue imperceptible qui semblaient dire: «Qu’y puis-je et qu’importe? Ce n’est pas pour ma beauté qu’il faut m’aimer.» Elle recevait pourtant mes baisers avec un émoi que je devinais délicieux. Étais-je sûr de la comprendre? Le mot «amour» avait-il pour nous le même sens? Qu’ils me paraissaient étranges, ses doutes, ses scrupules! «Je suis très pieuse, m’avouait-elle avec un embarras exquis. Ne me reprocherez-vous pas un jour de l’être trop?» Alors, je lui citais la parole d’Henri Heine: «La femme sans religion est une fleur sans parfum.» Il n’en fallait pas plus pour la tranquilliser et la ravir. Elle se serrait contre moi, et je sentais sa petite main loyale trembler de reconnaissance dans la mienne...

Le jour du mariage approchant, nous dûmes nous arracher aux charmes ineffables de tels entretiens pour nous occuper activement de notre installation. Marie-Antoinette me rejoignait à Lyon presque chaque jour. Elle fixait à son gré nos rendez-vous. C’était indifféremment dans une église ou dans une pâtisserie. Jamais je ne bus tant de tasses de chocolat! Jamais je n’égrenai tant de «bouts de prières», dans tant d’églises et d’un cœur si allègre. Que de fois aussi nous montâmes à Fourvière entendre la messe matinale! Ah! la céleste atmosphère de nos fiançailles! Un petit déjeuner suivait que nous prenions sous la tonnelle d’un restaurant voisin de la basilique. Marie-Antoinette les connaissait tous, ces restaurants de Fourvière! «N’entrons pas là, m’avertissait-elle d’un petit air entendu, le beurre n’y est jamais frais et le lait a un goût d’amidon.» L’appétit de ma fiancée m’émerveillait. Les gros sandwiches au jambon ne l’effrayaient pas. Son mysticisme ne la rendait pas ennemie des réalités...

Nous bâtissions sur le roc.

On peut raisonnablement penser que, durant ces jours définitifs, les conseils de mon cher Calixte ne me manquèrent pas. «Vous agirez comme vous l’entendrez, me disait-il un jour, mais il me semble que vous vous attireriez la reconnaissance de la famille, si vous faisiez établir vos cartes de visite aux noms de Lavrignais-Vernon.--Cela va de soi», répondis-je avec feu. Et je ne cachai pas à mon ami que cette idée n’avait pas laissé de m’obséder depuis ma seconde rencontre avec Marie-Antoinette. Calixte eut la condescendance de sourire de cette facétie que les circonstances rendaient excusable. Puis, nous causâmes de la cérémonie à l’église. Il s’informa prudemment de la classe que j’avais choisie et l’approuva. Il m’engagea, à ce propos, à ne pas lésiner sur les plantes vertes. Je le tranquillisai. Je n’étais pas arrivé à l’âge de vingt-huit ans sans avoir appris l’importance des plantes vertes dans les cérémonies de mariage.

Qu’ajouterai-je? Nous reçûmes la bénédiction nuptiale avec toute la pompe et au milieu de l’affluence que l’on suppose. Il y eut de la musique, des chants et de magnifiques illuminations. Le défilé de nos amis et connaissances dura près d’une heure trois quarts. Je donnai plus de deux mille poignées de mains et Marie-Antoinette reçut environ trois mille baisers sans cesser de sourire, ce qui me parut admirable. J’étais quand même bien pressé de l’emmener. Un lunch substantiel nous permit de réparer nos forces. Au dessert, Calixte nous porta un toast attendri qui obtint beaucoup de succès en faisant un peu pleurer. Il évoqua longuement la mémoire de Mme Greillon-Delamotte. M. Taffarel nous adressa également ses vœux avec une affectueuse bonhomie et m’appela deux fois «son cher neveu». Rien ne pouvait m’être plus agréable. Nous nous retirâmes, Marie-Antoinette et moi, aussitôt le dîner fini, dans un enchantement inimaginable.

Nous fîmes notre voyage de noces en Belgique et en Hollande. Au retour, nous nous arrêtâmes à Paris selon le désir de ma femme. Nous devions y passer trois jours: nous y restâmes plus d’une semaine. La curiosité de Marie-Antoinette, que j’avais jugée distraite et sommeillante, ne nous accordait aucun repos. Après avoir couru, le jour, les musées et les églises, nous courions, la nuit, les théâtres de boulevard et les cabarets artistiques. Jamais ma femme ne manifesta ni hésitation, ni gêne, ni répugnance. Elle respirait avec une aisance suprême l’atmosphère la plus «parisienne». «Il faudra pourtant le quitter, ce cher Paris», me dit-elle un jour avec un soupir de regret. Et elle ajouta en me passant les bras autour du cou: «Ah! Philippe, il ferait si bon y vivre!» C’était presque une prière. Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu d’homme aussi interdit que moi... Quand j’eus recouvré un peu de sang-froid, j’attirai ma femme sur mes genoux et lui tins les propos que j’estimais les plus propres à la délivrer d’une aussi dangereuse tentation. Je lui parlai de la vie pleine de charmes qui nous attendait à Lyon, de son père, de Calixte, de M. Taffarel et de toute cette grande famille lyonnaise qui faisait certainement des vœux pour notre prompt retour; de Mme Greillon-Delamotte qui nous avait légué tant d’œuvres charitables, de notre considération qui allait s’étendre encore avec les années, les enfants et, sans doute, la fortune, et enfin de l’exemple que notre situation sociale nous imposait de donner en suivant une vie exactement lyonnaise. Marie-Antoinette m’écouta dans un grand silence. Quand j’eus terminé, je sentis sa petite main chercher la mienne: «Vous avez raison, mon ami, me dit-elle en se pressant contre moi, il faut partir et partir au plus tôt.» Je réprimai difficilement un soupir de libération et me hâtai de réunir nos valises.

Dès le soir même, nous prîmes le train pour Lyon. Durant tout le voyage, Marie-Antoinette demeura un peu songeuse...

Le lendemain de notre arrivée, Calixte me fit inscrire sur les listes électorales à la mairie du deuxième arrondissement; et, quand cette petite formalité eut été remplie, il me serra la main en prononçant avec une certaine solennité ces deux seuls mots:

--_Civis Lugdunensis._

Enfin, le surlendemain, je m’abonnai au _Correspondant_.

CONCLUSION

Deux ans après:

LES SUCCrs DE GASPARD VERNON

PATERIN ET LAVRIGNAIS

Tulles et dentelles.

FIN

TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE 1

LIVRE PREMIER CONTENANT LES CONNAISSANCES INDISPENSABLES A CEUX QUI SE SENTENT APPELÉS A LA VIE LYONNAISE

CHAPITRE PREMIER.--DE MON ARRIVÉE A LYON ET DE MES ÉTONNEMENTS:

Tristesse et funeste prédiction de mes amis à mon départ pour Lyon.--Calixte-Marie-Joanny Paterin, Tulles et Dentelles, vient m’attendre à la gare de Perrache; son portrait.--Mes premiers étonnements: la statue de la République sur la place Carnot et la statue de Carnot sur la place de la République; le maussade quartier d’Ainay habité par une élite; Tolozan et Suchet: encore une place en désaccord avec son monument; les pudeurs de Calixte; repas exquis dans un estaminet; M. Miron, Unis et Façonnés, m’annonce une suite d’épreuves; la nuit lyonnaise.--Cauchemar. 5

CHAPITRE II.--DE LA DÉFIANCE:

Calixte m’observe et ne me reçoit pas chez lui.--Propos décourageants que me tiennent quelques étrangers sur la haute société lyonnaise.--Dois-je renoncer à connaître l’intimité de ses foyers?--Un Marseillais me pose une question dérisoire. Avis important: les félicités de la vie lyonnaise ne se laissent pas sentir sans une longue et parfois pénible initiation.--Ne pas se rebuter et user de tact, de patience et de prudence. 27

CHAPITRE III.--DU SENS MORAL:

J’ambitionne d’être admis dans la haute société lyonnaise et m’y prépare avec zèle.--Je me donne Calixte en exemple.--Délicatesse morale de mon ami.--Conversation instructive que j’eus avec lui sur la littérature contemporaine.--Lyon, ville de lettrés avertis.--Louise Labé et l’_Almanach de Guignol_.--Je rencontre une jeune fille d’une beauté surnaturelle et j’en deviens éperdument amoureux.--Calixte m’engage à suivre les concerts et les conférences.--Mon attachement à Lyon se change en passion violente. 43

CHAPITRE IV.--DE LA CONSIDÉRATION:

Mauvais état de ma santé depuis mon arrivée à Lyon.--Je consulte un médecin.--Son verdict: quitter Lyon ou renoncer à guérir.--Grave détermination: demeurer, revoir ma Béatrice et mourir.--J’entends une conférence sur Vercingétorix.--Premier contact avec la bonne société.--Je revois ma bien-aimée. Son doux nom de Marie-Antoinette.--La considération à Lyon. Comment elle s’acquiert.--Un journaliste charmant: Jean Caille. Entretien que j’eus avec lui sur le caractère lyonnais.--Perplexité. 59

CHAPITRE V.--DU SOUCI DE L’EXEMPLE ET DE L’HORREUR DU SCANDALE:

Je subis l’influence de Calixte. Changement moral.--Calixte déplore les charités anonymes et me parle de la nécessité de l’exemple.--Vive critique de certains travers parisiens.--On donne au théâtre _la Dame aux bas souris_, opérette légère. Calixte y assiste et proteste véhémentement. Il y retourne.--Invitation à dîner. 75

CHAPITRE VI.--DE LA FAIBLESSE HUMAINE:

M. Miron m’envoie à Paris pour affaires.--Le hasard me donne Calixte pour compagnon de voyage.--Je revois mes parents et leur fais l’éloge de la beauté des dames lyonnaises.--Calixte et moi dînons chez Poccardi.--Une soirée aux Folies-Bergère.--J’y retrouve mon plaisantin de Marseillais.--Faiblesse de Calixte.--Mélancolique retour à Lyon.--Remords de Calixte.--Changement de faux col. 91

CHAPITRE VII.--DE QUELQUES CONVENANCES:

Huit mois après.--Solennelle invitation à dîner.--Calixte me juge digne d’être introduit dans un salon lyonnais.--Il m’adresse quelques ultimes recommandations, notamment sur la manière de me comporter à l’égard du beau sexe.--Le dîner.--Minute émouvante: je reconnais en Mlle Marie-Antoinette Vernon, belle-sœur de Calixte, l’inconnue bien-aimée.--Présentations.--Exquise amabilité de Marie-Antoinette.--Conversations lyonnaises.--J’obtiens la faveur inespérée de reconduire chez elle Mme Greillon-Delamotte. 121

CHAPITRE VIII.--DE LA VÉRITABLE AMITIÉ:

J’avoue à Calixte mon amour pour Marie-Antoinette et mon désir d’en faire ma femme.--Il me demande rudement si je suis fou et combien je gagne par an.--Réponse.--Histoire d’un héritage.--Calixte m’oblige à convenir qu’il est plus honorable de fabriquer de la soierie que des chansons.--Il me promet finalement son appui.--Éloge des affections lyonnaises. 141

LIVRE DEUXIÈME CONTENANT QUELQUES EXERCICES PRÉPARATOIRES AUX PRINCIPALES DIFFICULTÉS DE LA VIE LYONNAISE

CHAPITRE PREMIER.--SUR LE MAINTIEN EN GÉNÉRAL:

Désireux de gagner le cœur de Marie-Antoinette, je décide de me faire Lyonnais.--Calixte m’invite à me vêtir avec moins de recherche et se donne en exemple.--Mes efforts pour arriver à me barrer correctement le front du «pli des affaires».--Calixte s’oppose à ce que j’entende la messe derrière un gros pilier et m’entraîne dans le chœur.--Marie-Antoinette m’introduit dans tous les salons de la ville.--Deux rivaux dangereux. 157

CHAPITRE II.--LETTRES DU FILS AU PÈRE ET DU PÈRE AU FILS:

Je fais part à mon père de mon intention d’épouser Mlle Vernon, de l’intérêt grandissant que je porte aux affaires, de ma rénovation morale et de mes progrès dans la voie de la considération.--Mon père déplore, par retour du courrier, une rénovation qui m’éloigne du sens commun.--Il m’invite à rentrer en moi-même. 171

CHAPITRE III.--SUR LE GÉMISSEMENT:

Je poursuis mes exercices de perfectionnement.--A Lyon, on n’est pas optimiste.--Nécessité de créer en moi un état d’esprit de désolation.--Mon application est récompensée.--Deux gestes significatifs de Marie-Antoinette.--Toute l’âme lyonnaise m’est révélée.--Économie et charité.--Je m’exerce à marchander malgré mes répugnances.--La virtuosité de Calixte me rend un peu jaloux. 181

CHAPITRE IV.--POUR FACILITER:

Calixte m’apprend la mort de Mme Greillon-Delamotte.--Luttes et intrigues pour obtenir l’appartement de cette femme éminente.--Je me mets sur les rangs et remporte la victoire.--Grande sensation que produit cette nouvelle.--La considération vient à moi comme la mer à son rivage.--Comment je fis ma déclaration à Marie-Antoinette et comment elle la reçut. 191

CHAPITRE V.--RÉCAPITULATIF OU MES PARENTS INTRODUITS:

Mes parents viennent à Lyon faire la demande.--Ma mère ne connaît la deuxième ville de France que par une phrase peu engageante de Colette. Je lui donne de la ville une idée plus avantageuse.--Elle apprécie la cuisine lyonnaise et s’émerveille du panorama de Fourvière.--Elle est conquise par l’exquise urbanité de la haute société. «Une grande famille», déclare mon père. Oui, mais... il fallait y entrer... Opinion de Clément Marot. 207

CHAPITRE VI.--«CIVIS LUGDUNENSIS»

Du cousinage.--Ébahissement de mon plaisantin de Marseillais en apprenant la nouvelle de mon mariage avec Mlle Vernon.--Écully, le village le plus distingué des environs de Lyon.--Un paradis emmuré.--Fiançailles lyonnaises.--Calixte me donne quelques derniers conseils.--Cérémonie solennelle.--Nous faisons notre voyage de noces en Belgique et en Hollande.--Séjour à Paris et redoutable tentation de Marie-Antoinette.--_Civis Lugdunensis_. 225

CONCLUSION. 241

PARIS.--TYP. PLON, 8, RUE GARANCIÈRE.--1937. 49573.