Part 10
Il ne vous dira plus ce qu’il pense; il s’est compliqué, son âme a des replis déjà profonds et son esprit le sens du ridicule. Il craint qu’on ne se moque. Il ne peut vraiment avouer à personne--à personne, vous entendez, pas même à sa mère!--qu’il se figure tour à tour être «une enfance célèbre», la victime douloureuse de parents barbares, ou bien tout bonnement un mauvais sujet, auteur de tours héroïques. Il devient donc, mais pour lui seul, Pic de la Mirandole, Pascal inventant la géométrie, Romain Kalbris, ou le Bon Petit Diable. Comme Pic de la Mirandole, il tue des grenouilles pour les disséquer. Et il les tue en effet fort cruellement parce qu’il est maladroit, mais il est tout à fait incapable de discerner quoi que ce soit dans ces membres disjoints et ces entrailles éparses. Ou bien il fait «de la poudre» avec des bouts de fusain à dessiner, de la fleur de soufre chipée au jardinier et du salpêtre gratté sur les murs de l’écurie. C’est de la très mauvaise poudre, mais elle fuse tout de même, lui grille les sourcils et provoque un commencement d’incendie dans le vieux grenier de la maison de campagne. De quoi il est très fier, d’autant plus qu’il est sévèrement puni. Les souvenirs de Romain Kalbris interviennent alors: Caillou est une victime, il est plein de génie, et personne ne le reconnaît, et personne ne l’aime. Il grimpe donc dans un arbre, parce que, ça aussi «c’est dans les livres», et y exalte un orgueil larmoyant, sentimental et voluptueux. Quand ses pleurs ont fini de couler, il se rappelle des bribes de musique, car il n’est pas dépourvu d’oreille, et les applique à sa propre situation ou aux aventures des jeunes victimes imaginaires qui sont devenues non seulement ses amis, mais d’autres lui-même. _Si vous n’avez rien à me dire_ lui paraît particulièrement touchant et par conséquent sa propre plainte de gosse injustement martyrisé. Il y a aussi l’_allegretto_ de la symphonie en _la_ de Beethoven, qu’il a retenu fort exactement et qui lui paraît le cri personnel et magnifiquement douloureux de sa misère morale. Quant à _Gloire immortelle de nos aïeux_, c’est--il en est tout à fait convaincu, avec un mélange de terreur et d’enthousiasme--la chanson farouche des brigands, quand ils rentrent, chargés du fruit de leurs coupables mais séduisantes expéditions, dans la caverne où le jeune Henri, né dans l’imagination du chanoine Schmidt, est retenu prisonnier.
Quand il a été trop méchant, on l’enferme dans une pièce, où dans la cheminée brûle un feu clair, car l’automne cette année est assez frais. Caillou ne s’y ennuie nullement; il jette, comme un pont, des éclats de bois entre deux bûches enflammées, et croit voir, dans les lueurs changeantes que jettent ces bouts de bois avant d’être réduits en cendre, des armées qui se mêlent, luttent, s’assènent des coups formidables. Il est parfaitement heureux, et quand on vient le chercher vous regarde comme s’il voulait mordre: on le dérange.
Il en veut donc à tout le monde, et ceci lui paraît une justification des tours qu’il joue à ses prétendus persécuteurs. L’oncle Jules est celui qui trouve le moins de grâce à ses yeux, précisément parce qu’il est le propriétaire de la maison, celui qui reçoit et dont on dit: «Fais attention, ton oncle n’aimera pas ça!» Et il a déjà une dangereuse mémoire. De tout ce qu’on a dit de l’oncle devant lui, de ses manies, de ses ridicules, il a gardé un souvenir fort exact. Il ne le respecte plus et le considère comme un tyran qui n’est pas autorisé à être un tyran, puisqu’il n’est pas son maître en vertu des liens du sang. Pour quelles raisons accepterait-on plusieurs maîtres? Caillou se refuse à ce servage. Voilà pourquoi, cédant aussi à ses instincts de gourmandise et de rapine, il dévore chaque jour, dans leur plus verte jeunesse, les pommes et les poires de l’oncle, espoir d’une récolte future. Comme il en jette dédaigneusement les débris à travers les allées, il n’est pas difficile de constater le crime:
--Ne mens pas, Caillou! Tu montes sur les arbres et tu cueilles les fruits?
--Oui, dit Caillou. Tout en haut des arbres, je monte!
Il avoue fièrement, considérant que c’est là un exploit digne de sa propre estime et d’une inscription dans les ouvrages dont il se repaît.
On le gronde, on le punit, on lui fait jurer:
--Tu ne cueilleras plus de pommes, Caillou? Promets!
--Je n’en cueillerai plus, dit Caillou, maussade.
--Ni de poires, ni de pêches?
Caillou promet encore, et il a gardé _ça_ de son ancienne honnêteté: il sait tenir parole. Seulement, le lendemain, pêchers, poiriers, pommiers présentent un spectacle hideux et sans précédent dans l’histoire des désastres de l’arboriculture. Caillou n’a plus «cueilli», cela ne fait aucun doute. Mais on ne lui avait pas défendu de grimper aux arbres. Il a donc grimpé, comme d’habitude, et mangé le plus de fruits qu’il a pu, en laissant les trognons attachés à leur tige. Les arbres sont déshonorés, et Caillou s’applaudit d’avoir à la fois respecté sa parole et acquis la certitude qu’on parlera de lui à travers les siècles: car il est maintenant avide de gloire, même de la plus détestable.
A l’aube suivante, l’oncle part pour la chasse. Il aime cette distraction, il éprouve aussi le besoin de s’éloigner le plus souvent possible de cette maison qui est sienne, devenue pleine d’une agitation choquante et de drames intimes. Il siffle son chien, et Caillou demande d’un air innocent:
--Tu t’en vas, mon oncle?
Mais le chien, dès qu’il a vu Caillou, fait un bond d’épouvante, et s’enfuit, s’enfuit à l’autre bout du pays, pour échapper à son persécuteur. Car Caillou est son bourreau; Caillou, pour satisfaire ses instincts de primitif, développés par ses lectures, en a fait parfois un lion, parfois un ours, parfois un loup. Il l’a pris au piège, il l’a tué dans des combats tumultueux, il l’a ramené dans son antre de Robinson victorieux, lié aux quatre pattes, il l’a traîné sur le gravier rude comme un cadavre pantelant; et le bon chien s’est changé en une pauvre bête apeurée qui n’a plus confiance dans la bonté des hommes, qui sait qu’ils peuvent faire du mal quand on ne leur fait rien. Caillou ne traiterait pas de la même façon Jupiter, le chat, parce que Jupiter a des griffes. Mais il l’utilise cependant à sa manière, il le transforme en un tigre redoutable en l’élevant trente fois par jour à la hauteur de la cage du serin. Et le serin, le cœur battant, les plumes ébouriffées à la vue de l’ennemi héréditaire, se jette contre les barreaux de la cage, s’y brise le bec, s’y écorche les pattes, en perd le boire et le manger.
C’est ainsi que Caillou fait «des expériences» et désorganise l’intérieur pacifique, ordonné, solennel, de l’oncle Jules. Et plus il est admonesté, morigéné, châtié, plus il se considère comme une victime des puissances, plus il se pénètre de l’idée, puisée dans une littérature qui l’abuse, qu’il n’est pas comme les autres, qu’il a le droit de se venger, qu’il ne se venge pas assez, et que ses malheurs sont dignes d’une éternelle mémoire. Il est devenu un romantique, et comme tous les romantiques, on ne peut même plus le prendre par les sentiments: les duretés qu’il subit légitiment à ses yeux tous les actes de révolte.
--Songe à la passion de Jésus-Christ! lui dit un jour imprudemment sa mère.
--Ça n’a duré que trois jours, répond Caillou. Et moi, voilà trois ans qu’on m’embête!
Voilà trois ans qu’il est le plus heureux petit garçon du monde, mais il se croirait déshonoré de l’admettre. Il n’y a plus qu’à l’emmener, le maître de la maison n’en peut plus. Enfin voilà ses hôtes partis, l’oncle respire. Mais la précieuse cuisinière vient lui rendre son tablier.
--Je ne veux plus rester dans cette maison, dit-elle, on n’y a pas d’égards pour moi: monsieur Caillou, avant de partir, a fourré des colimaçons plein mon lit!
Et elle ajoute:
--Je dois dire aussi à monsieur que son serin est mort.
--Mort! fait l’oncle. Et de quoi?
--Je n’en sais rien. De peur peut-être!
C’est ainsi que le pauvre oncle reste seul dans sa maison dévastée, sans cuisinière, sans chien, sans canari. La jeunesse a passé là comme une passion; elle n’a rien laissé derrière elle que des ruines. Et l’oncle se sent décidément très vieux, très fini, tout à fait incapable de s’accoutumer à ceux qui n’ont pas son âge; il songe amèrement qu’il ne pardonnera jamais à Caillou. Il est bien vieux en effet, puisqu’il a oublié ce que c’est que l’âge ingrat des petits garçons: celui auquel ils commencent à s’opposer, par la révolte, et pour prendre conscience de leur personnalité, à un monde dont ils se font une idée aussi intolérable qu’elle est fausse.
* * * * *
La mère de Caillou est désespérée. Malgré toute la sagesse et toute l’expérience qu’elles ont pu acquérir, toutes les mères nourrissent la même illusion: elles se figurent que leurs petits resteront toujours petits. Et Caillou maintenant lui apparaît comme une espèce de monstre! Elle envisage toutes sortes de projets, même celui de le mettre au collège, pour qu’il y apprenne la discipline, le respect, et qu’il parvienne à se persuader qu’il faut «faire comme tout le monde». Car enfin, il faut que Caillou commence «son éducation». J’assiste à ses angoisses, mais je ne puis les partager. Caillou traverse une crise, mais je sais bien qu’au fond il est toujours le même Caillou. Et je ne voudrais point qu’on me le changeât, sous prétexte de le corriger.
--Croyez bien, lui dis-je, que je ne nourris nulle haine contre les maîtres de mon enfance. Je sais toutefois que je suis sorti de leurs mains façonné de si étrange manière que j’ai mis des années avant de me retrouver moi-même: et ce furent des années perdues. Il y avait un jeune canard, une fois...
--C’est un apologue.
--Peut-être. Mais je vous assure qu’il s’agit d’un canard véritable, auquel il arriva malheur pendant la grande inondation.
»D’abord ce canard ne fut qu’un œuf, ce qui n’a rien que de très naturel. Monsieur Giscard, tonnelier rue des Ursins, derrière Notre-Dame, l’avait choisi un jour dans une terrine, à la campagne, chez un de ses amis, nourrisseur.
»--Qu’est-ce que c’est donc que celui-là? avait-il demandé.
»Et en effet, il était plus gros que les autres, un peu plus long, et quand on le mettait entre son œil et la lumière, il prenait une teinte vert pâle, tandis que les autres paraissaient roses.
»--Celui-là? répondit le nourrisseur: c’est un œuf de cane.
»Alors monsieur Giscard avait demandé la permission de l’emporter, disant que puisqu’il avait des poules, il pourrait le faire couver.
»Voilà par quelles suites de circonstances ce canard naquit rue des Ursins. Sa coquille crevée, il fut d’abord une masse oblongue, qui sous les ailes d’une vieille poule se dorlotait dans du poil jaune, précurseur des plumes. Il était en somme assez semblable aux petits poulets, ses frères de hasard, sauf pour les pattes et le bec, qu’il avait plus larges; et son corps avait encore la forme de l’œuf dont il était sorti. Puis son pennage poussa, il grandit et devint un canard véritable, fort heureux de sa condition et de ses entours.
»Car la nourriture s’offrait devant lui, savoureuse, abondante et variée. C’était du pain en miettes, des écuellées de rogatons gras, aussi les entrailles d’autres oiseaux, telles que madame Giscard les jetait sur le sol; et le canard, dans son ignorance ingénue, les dévorait. Au delà de la cour qui servait d’atelier, une fois passée la vieille porte cochère garnie d’énormes clous à têtes de diamant, s’étendait une région très vaste, qui fournissait encore des choses bonnes à manger. C’était la vue des Ursins même, irrégulière, tortueuse, resserrée à l’un des bouts, semblable en vérité à un boyau, avec une vieille chapelle toute ruineuse dont les pierres disjointes offraient en été aux appétits des vers, des mouches, des insectes vivants. A l’une de ses extrémités s’ouvrait la rue de la Colombe, qui mène à un édifice énorme, très haut sur le ciel, avec deux tours et un clocher riche en corneilles; à l’autre, c’était un espace plat et large, bordé par un mur de pierre. Les hommes appellent l’édifice «Notre-Dame», et l’espace plat, fermé d’une muraille, ils le nomment «le quai». A certaines heures, ces rues sont presque vides; on peut s’y aventurer, on y trouve des oranges mâchées, des rognures de viande, mille débris d’un goût délicieux. Mais la petite troupe des poulets et du canard n’allait jamais vers le quai.
»--Qu’est-ce qu’il y a, de ce côté? demanda un jour le canard, pour s’instruire.
»--L’eau! répondit la vieille poule,
»Sa voix était si pénétrée d’horreur que le canard n’insista pas. Il connut donc que l’eau, c’était le mal. Cependant il eut la curiosité de savoir ce que faisaient les ouvriers de monsieur Giscard. Tout le jour leurs marteaux de bois dur et leurs doloires luisantes retentissaient et grinçaient sur les muids, les bordelaises, les feuillettes. Le canard apprit que ces vaisseaux ronds et creux devaient plus tard recevoir des liquides; il les considéra donc comme des remparts destinés à contenir une matière analogue à l’eau, perfide et dangereuse. Il buvait pourtant au ruisseau de la rue. Mais, imitant ses compagnons, il évitait de se mouiller les pattes.
»Un jour, les hommes dirent entre eux: «Elle monte!» Le canard n’entendit pas leurs paroles, mais il remarqua leur agitation. Ils aveuglèrent les soupiraux avec du ciment et construisirent un mur devant la porte. Le canard crut d’abord que c’était pour l’empêcher de sortir, car les animaux, comme les humains, penchent communément à croire que les choses qu’on fait, on les fait pour eux, ou contre eux. Et le canard s’égaya de cette sottise. Il n’avait jamais volé. Il ne savait même pas que ses ailes, perpétuellement rognées, pouvaient servir à voler, mais il se sentait sûr de franchir, quand il le voudrait, cette ridicule barrière.
»Il y avait dans la cour une vieille mangeoire destinée à des chevaux depuis longtemps disparus. C’était là que perchaient les jeunes poules, tandis que celles qui couvaient demeuraient d’habitude, la nuit comme le jour, dans une cuve pleine de paille; et c’est à celles-là que se joignait le canard, qui n’aimait pas à grimper. Vers le milieu de la nuit, il entendit des bruits singuliers. On criait, plus loin que la maison, dans la rue:
»--L’eau monte, elle monte toujours! Déménagez, vous ne pouvez rester ici!
»Le canard ne savait pas que ces cris venaient de barques montées par des soldats. Ce qui le surprit davantage, c’est que la cuve dans laquelle il sommeillait semblait se mouvoir assez doucement, au lieu de demeurer à sa place ordinaire; et à la lueur du croissant de la lune, il s’aperçut que la mangeoire, sur laquelle étaient perchées les jeunes poules, paraissait maintenant moins élevée au-dessus de sa tête. Les animaux ont des rêves aussi bien que les hommes: cela sans doute était un rêve! Cependant la vieille Houdan qui l’avait couvé, au moment où la cuve se rapprocha de la mangeoire, battit désespérément de ses pauvres ailes, et sauta. Le canard fit comme elle, par esprit d’imitation. Puis il se rendormit tranquillement, car les oiseaux, dès que le soleil est couché, ne peuvent tenir leurs yeux ouverts.
»Mais ils s’éveillèrent dès l’aube, et le jour naissant lui montra un spectacle étrange. A la place du sol qu’il avait piétiné la veille, plat et très dur, d’une belle couleur grise, et fertile en nourriture, il n’y avait plus sous ses pieds qu’une étendue jaunâtre d’un élément inconnu. Au premier abord on eût pensé que c’était solide, mais vers les coins et les parois de la cour, ça se gonflait, ça clapotait; c’était sournois, inquiétant, insidieux. La vieille poule dit, avec un frisson d’effroi:
»--C’est l’eau!
»Et le canard éprouva un sentiment d’angoisse bien plus déchirant que celui qui pénétrait ses voisins parce que c’était une loi inculquée dès son enfance, et non pas son instinct, qui le retenait à sa place. L’eau lui faisait envie, il la désirait d’une manière à la fois vague et puissante; pourtant elle lui faisait peur par principe. Il demanda timidement:
»--Est-ce que c’est vrai, absolument vrai, qu’on ne peut pas descendre là-dessus et se tenir debout, tout en vie?
»Il était naturel qu’il posât la question sous cette forme puisqu’il ne savait pas qu’il y a un acte qui s’appelle nager. Mais on ne lui répondit que par un regard atroce. Non, ça ne se pouvait pas! Quelques poules essayèrent, prenant leur élan, de sauter par-dessus la clôture de la cour. L’une d’elles y réussit, mais on l’entendit retomber, de l’autre côté, dans l’élément mortel qui remplissait la rue. Les autres se noyèrent dans la cour même, après s’être brisé le bec contre les pierres qu’elles avaient tenté de franchir.
»--Qu’est-ce qu’il faut faire? interrogea le canard.
»--Attendre, répondit la vieille poule.
»Ayant toujours vécu parmi les hommes, elle ne connaissait rien que ce qui venait d’eux; le salut ou la mort: ils dispensaient tout. Mais les hommes ne vinrent pas. Les oiseaux, qui digèrent très vite, souffrent et meurent très rapidement de la faim. Le canard et la poule, trop faibles pour rester perchés, se blottirent au fond de la mangeoire.
... »Après l’inondation, monsieur Giscard revint.
»--Les poules ont dû mourir, dit-il, mais c’est le canard qui doit s’en donner!
»Mais le canard avait subi le sort des camarades. Couché près de la poule, sur le dos, avec cette taie sur les yeux ouverts qu’ont les oiseaux morts, il dressait vers le ciel ses pattes palmées faites pour ramer l’eau.
»Monsieur Giscard fut si émerveillé par ce spectacle qu’il oublia de regretter la perte.
»--Tout de même, dit-il, tout de même... celui-là, il avait de l’éducation!»
* * * * *
La maman de Caillou se mit à rire.
--Vous croyez que je plaisante, lui dis-je, mais c’est une histoire qui est arrivée, et je plains beaucoup ce canard: si vous voulez bien y réfléchir une petite minute, il fut assassiné par persuasion. Toutefois vous pouvez aussi accepter ce récit comme une fable, et supposer que ce canard, c’est vous, moi, ou notre voisin et Caillou lui-même, si on lui donne trop tôt, et comme on la donne, hélas, ce qu’on est convenu d’appeler «de l’éducation». Car ça consiste généralement, chez nous, à faire perdre aux petits Français leur personnalité et leurs instincts. Je vous engage à vous méfier: Caillou n’y gagnerait absolument rien.
Juillet 1909--Février 1911.
FIN
TABLE
PREMIÈRE RENCONTRE 1 CAILLOU ET LES FEMMES 19 LES CHIENS ET LA GLOIRE 51 A LA CAMPAGNE 63 SA PUDEUR 81 LES AMIS DE CAILLOU 95 LE CIRQUE 133 LA GOURMANDISE 143 L’ŒUF DE CHEVAL 153 CAILLOU ET SON PÈRE 165 DU SENTIMENT DE LA PROPRIÉTÉ 175 LE MYSTÈRE 187 L’OPÉRATION 217 L’AUBE DE L’AGE INGRAT 229
E. GREVIN--IMPRIMERIE DE LAGNY--4830-7-14.