Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 36

Chapter 363,630 wordsPublic domain

Imitation du _Cid_, imprimée dans le recueil intitulé: _Comedias nuevas escogidas de los mejores ingenios de España_; onzena Parte; Madrid, 1658, in-4, ou Madrid, Gregorio Rodriguez, 1659, in-4 (voy. _Catálogo de la Biblioteca de Salvá_, Valencia, 1872, 2 vol. in-8, t. Ier, p. 403). Elle a été réimprimée dans le _Tesoro del Teatro español, desde su origen (año de 1356), hasta nuestros días; arreglado y dividido en cuatro partes, por D. Eugenio de Ochoa_; Paris, imprenta de Casimir y Crapelet, 1808, 5 vol. in-8, t. Ve.

Nous avons dit plus haut (n° 9) que Voltaire avait cru retrouver dans la pièce de Diamante le véritable original du _Cid_; il est démontré aujourd'hui que c'est une simple traduction. Nous citerons dans les chapitres qui suivent plusieurs opuscules relatifs à cette question.

877. DON RODRIGO DE VIVAR, Tragedia en tres actos, escrita en variedad de metros.

Traduction libre, qui existe en manuscrit dans les archives du Teatro del Principe à Madrid, sans nom de traducteur, mais avec permission de représenter donnée en 1781.

878. EL CID, tragedia de P. Corneille, refundida por D. T. G. S. [Don Tomas Garcia Suelto], y representata por la primera vez en el Teatro de Los Canos del Peral, el dia 25 de Agosto de 1803. _Madrid, 1805._ In-8.

879. CID RODRIGO DE VIVAR, Drama en tres actos y en verso original, de don Manuel Fernandez y Gonzalez. Representado con gran éxito en el Teatro de Novedades el dia 18 de diciembre de 1853. _Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta_, [_imprenta de C. Gonzalez], 1858._ Gr. in-8 de 102 pp.

_La España dramática._

Imitation du _Cid_ en trois actes et en vers.

880. CID RODRIGO DE VIVAR, Drama en tres actos y en verso, original, de don Manuel Fernandez y Gonzales. Refundido por el autor. _Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta, [imprenta de T. Fortanet], 1862._ Gr. in-8 de 102 pp.

_La España dramática._

Nous croyons que les auteurs des quatre pièces suivantes se sont également inspirés du _Cid_:

LAS MOCEDADES DEL CID, drama refundido por D. Alberto E. Rossi. Refonte de la tragédie de Guillen de Castro.

HONOR Y AMOR, drama en cinco actos por Iza Zamácola.

DON RODRIGO, drama original en versos de A. F. de la Serna.

PARA HERIDAS LS DEL HONOR, Ó EL DESAGRAVIO DEL CID, drama original en versos de D. Rafael Galvez Amandi.

X

881. HORACIO, tragedia en cuatro actos, habiéndose suprimido el quinto, por Corneille. Original francés con la traduccion literal española, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix, director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. _Nueva-York, imprenta de Baker y Goodwin, 1855._ In-4 de 28 pp.

La couverture imprimée porte: _Unica Edicion autorizada de las representaciones de Mlle Rachel en francés y español, que contiene la copia original francesa, con la traduccion literal española por Jules Mantéguès._

XI

882. CINNA, Tragedia de P.Cornelio, traducida del idioma Frances en Castellano. _Madrid, 1713._ In-8.

D. Augustin de Montiano y Luyando, dans son _Discurso sobre las tragedias españolas_ (Madrid, 1750, p. 66), attribue la traduction à Don Francisco Pizarro de Aragon, marquis de San Juan. L'exemplaire décrit par Salvá (_Catálogo_, t. Ier, n° 1198) porte sur la garde une note manuscrite qui confirme cette attribution.

Le titre est suivi d'une approbation du Dr Don Juan de Ferreras, curé de l'église paroissiale de Saint-André de Madrid, qui a trouvé la traduction faite «con tanta alma, que si pudiera ser verisimil la Metempsichosis de los antiguos errados Philosophos, se pudiera creer, que la del Autor, y del Traductor era la misma.»

La traduction est en vers de différentes mesures, suivant l'usage adopté sur le théâtre espagnol.

883. CINNA. Tragedia de P. Cornellio, traducida del idioma Frances en Castellano. _S. l. n. d. [Madrid, Fernando Monge, 1731]._ In-8 de 4 ff. et 134 pp.

Réimpression de l'édition précédente. La licence du Conseil, datée du 4 juillet 1731, nous fait connaître le nom du libraire.

884. EL PAULINO, Tragedia nueva a la moda Francesa con todo el rigor de el arte, en imitacion del Cina de Pedro Cornelio, compuesta por don Thomas de Añorbe y Corregel, Capellan del Real Monasterio de la Encarnacion de Esta Corte. Con licencia. _En Madrid. Año de_ M.DCC.XL [1740]. In-4 de 43 pp.

La permission d'imprimer est datée du 13 avril 1740.

Montiano (_Dircurso primero sobre las tragedias españolas_, 1750) a cru devoir mettre le public en garde contre cette imitation, de peur qu'on n'attribuât à Corneille les faiblesses du traducteur.

885. CINNA, tragedia de P. Corneille, traducida de D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une communication de M. Hartzenbusch.

XII

886. LA MAYOR GLORIA DE UN HEROE ES SER CONSTANTE EN LA FE, O EL HEROE VERDADERO, Comedia heroica de F. R. [Fermin del Rey]. _Barcelona, 20 de Febrero 1785._

Imitation en trois actes de _Polyeucte_, qui n'a pas été imprimée. Il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Madrid, et une autre dans les archives du Teatro del Principe de la même ville. Le lieu de la scène est changé ainsi que les noms des personnages.

887. POLIEUCTO, tragedia en cinco actos, por Corneille. Copia original francesa, con la traduccion literal española, por Jules Mantéguès, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix, director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. _Nueva-York, imprenta de Baker y Goodwin, 1855._ In-4 de 48 pp. à 2 col.

888. POLIEUCTO, tragedia cristiana en cinco actos, por Corneille, traducida al Castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une communication de M. Hartzenbusch.

XIII

889. EL EMBUSTERO ENGAÑADO, comedia en dos actos, escrita por L. A. J. M. [Luis Antonio José Monein.] _S. l. n. d. [Madrid]._ In-4 de 24 pp. à 2 col.

Imitation du _Menteur_.

XVI

890. RODOGUNA, Tragedia en cinco actos, escrita en romance en decasilabo.

Traduction libre, sans nom de traducteur, qui se trouve en manuscrit, dans les archives du Teatro del Principe, avec permission de représenter accordée en 1777.

891. RODOGUNA, tragedia en cinco actos por Corneille, traducida en castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après M. Hartzenbusch.

VI. Traductions en portugais.

IX

892. O CID, Tragedia de P. Corneille. _Lisboa, na typographia Rollandiana, 1787_, com licença da Real Meza da Commissão Geral sobre o Exame, e Censura dos Livros. Pet. in-8 carré de 92 pp. et 2 ff. contenant un extrait du catalogue de _François Rolland_.

On lit en tête du titre: _Theatro estrangeiro._ Numero I.

Traduction en vers attribuée à Antonio José de Paula (_Diccionario bibliographico portuguez, estudos de Innocencio Francisco da Silva_; Lisboa, 1858-70, 9 vol. in-8, t. VIIIe, p. 209); elle est précédée d'un avis de l'éditeur qui fait l'éloge du théâtre en général, et rappelle que les peuples les plus catholiques ne l'ont jamais condamné. Le libraire s'est proposé de publier un recueil des meilleurs pièces françaises et italiennes comme en possèdent la plupart des nations cultivées de l'Europe.

893. AFFRONTA CASTIGADA, OU O SUBERBO PUNIDO, tragedia por Nicolau Luis. _Lisboa, na Officina de Antonio Gomes, 1794._ In-4 de 40 pp.

Traduction du _Cid_ en vers.

Nicolau Luis, appelé quelquefois da Silva, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mais on ne sait rien de sa vie; il a traduit ou imité plus de deux cents comédies ou tragédies, en évitant le plus souvent de nommer les auteurs originaux.

894. O CID, tragedia de Corneille.

_Theatro de Manuel de Figueiredo_; Lisboa, na Imprensa Regia, 1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

895. D. RODRIGO, drama original em cinco actos e em prosa, por D. Antonio Firmino da Silva Campos e Mello. _Lisboa, na typographia de Antonio José da Rocha, 1842._ Gr. in-8 de 96 pp.

Imitation du _Cid_.

896. D. RUY CID DE BIVAR, tragedia em cinco actos, de P. Corneille, traduzida por ***, revista e emendada por J. M. Pereira da Silva. _Rio de Janeiro, na Typographia imperial e constitucional de Junius Villeneuve e Ca, 1843._ Gr. in-4 de 20 pp.

_Archiva Theatral_, IIIa serie.

M. Jean Manuel Pereira da Silva, né à Rio, en 1817, est un des hommes les plus distingués du Brésil. Il est correspondant de l'Institut de France.

En dehors des traductions que nous avons citées, M. I. Fr. da Silva (_Diccionario bibliographico portuguez_, t. VIIIe, p. 209) dit qu'il possède une traduction manuscrite du Cid signée des initiales J. A. M.

XI

897. CINNA, OU A CLEMENCIA DE AUGUSTO, tragedia de Corneille.

_Theatro de Manuel de Figueiredo_; Lisboa, na Imprensa Regia, 1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

898. CINNA, OU A CLEMENCIA DE AUGUSTO, tragedia de P. Corneille, traducida por Antonio José de Araujo.

Traduction inédite citée par M. I. Fr. da Silva (_Diccionario bibliographico portuguez_, t. VIIIe, p. 421).

XVIII

899. HERACLIO RECONHECIDO, tragedia por Nicolau Luis. _Lisboa, na Officina de José de Aquino Bulhões, 1783._ In-4 de 40 pp.

Imitation en vers.

V. Traduction en roumain.

XVIII

900. Eralïe, înmoarat al rasartului, tragedia în 5 acte de Korneil, si tradusa din frantozeste de I. Roset. Bucuresti, în tipografia lui Ediad,] 1831. In-8 de 122 pp.

Traduction très-faible, dont le style est tout à fait primitif.

On a lieu d'être surpris que les Roumains n'aient pas cherché à faire passer dans leur langue d'autres pièces de Corneille. Le poëte Georges Sion, à qui nous exprimions récemment notre étonnement à ce sujet, nous a répondu que ses compatriotes, dont un grand nombre ont étudié nos classiques dans nos écoles, ne se sentaient pas encore en état d'en faire des traductions qui ne fissent pas trop perdre à l'original. Les pièces de Voltaire ont été jugées plus faciles, et plusieurs ont été traduites avec succès; M. Sion lui-même a donné d'élégantes versions du _Misanthrope_ et de _Phèdre_, mais, à part quelques fragments du _Cid_ et de _Cinna_, qu'il a mis en vers roumains pour les élèves du conservatoire de Bucarest, il n'a pas abordé le théâtre de Corneille.

VI. Traductions en anglais.

I

901. MELITE, a Comedy translated from the French of P. Corneille. _London, printed for and sold by T. Bell, no 26 Bell yard, Temple Bar, and G. Burnet, Strand_, M.DCC.LXXVI [1776]. In-8, fig.

XI

902. THE CID, a Tragi-Comedy out of French made English, and acted before Their Majesties at Court, and on the Cockpit stage in Drury-Lane, by the Servants to both Their Majesties. _London, 1637._ Pet. in-12.

Traduction en vers par J. Rutter, dont le nom est au bas de l'épître dédicatoire adressée à Edouard, comte de Dorset, lord-chambellan. Le même auteur fit paraître, en 1640, une traduction de la _Vraie Suite du Cid_, de l'abbé Desfontaines, qu'il intitula: _The Second Part of The Cid._

Malgré l'empressement mis par un poëte anglais à traduire le _Cid_, l'année même de sa publication, le tempérament britannique ne paraît pas s'être accommodé aux passions toutes méridionales du héros espagnol. Pepys raconte qu'il assista, le 1er décembre 1662, à la représentation du _Cid_, au Cokpit, et que la pièce, bonne pour la lecture, lui parut à la scène «une fort sotte chose (a most dull thing)». _Diary and Correspondence of Samuel Pepys_; the sixth Edition; London, 1858, 4 vol. in-12.

903. THE CID, || a || Tragicomedy, || out of French made || English: || And acted before their Majesties || at Court, and on the Cock-pit || Stage in Drury-lane, by the || servants to both their || Majesties. || The Second Edition Corrected and Amended. || _London, || Printed by W. Wilson for Humphrey_ || _Moseley, at the Signe of the Princes Armes_ || _in St. Pauls Church-Yard._ || 1650. In-12 de 42 ff. non chiff., dont les trois derniers sont occupés par le catalogue du libraire.

Réimpression de la traduction précédente.

904. THE CID, OR THE HEROICK DAUGHTER, a Tragedy in verse, translated from the French of P. Corneille, by John Ozell. _London, 1714._ In-12.

905. XIMENA, OR THE HEROICK DAUGHTER, a Tragedy by Colley Cibber, adapted for theatrical representation as performed at the Theatre Royal in Covent Garden, regulated from the Prompt Book. _London, printed for the Proprietors under the direction of John Bell, British Library, Strand, 1792._ In-8 de 78 ff., avec 2 fig. sur acier.

Simple imitation du _Cid_, dans laquelle l'auteur s'est proposé d'éviter une partie des fautes que le goût français avait, prétend-il, fait commettre à Corneille.

Cette pièce, imprimée séparément, a été réunie au _Bell's British Theatre_, t. XVe (London, 1797, in-8): elle a été également reproduite dans les oeuvres de Colley Cibber, dont la meilleure édition est celle de _Londres_, 1777, 5 vol. in-12, avec portr.

906. THE CID, a Tragedy in five Acts by a Gentleman formerly a Captain in the Army. _London, printed by A. Young, 18 Vere Street, and sold by M. Faulder, 42, Bond-Street, 1802._ Price two shillings and six pence. In-8 de 63 pp.

X

907. HORATIUS, a Roman Tragedy, by Sir William Lower. _London, 1656._ In-4.

908. HORACE, a Tragedy, by Mrs. Kath. Phillips. _London, 1667._ In-fol.

Cette traduction de «l'incomparable Orinda», a été réimprimée, avec _Pompée_, à la suite du recueil de ses oeuvres: _Poems by the most deservedly admired Mrs. Katherine Philips, the Matchless Orinda, to which is added Monsieur Corneille's Pompey and Horace, Tragedies, with several other Translations out of French_; London, printed by N. T. for Henry Herringman, at the sign of the Blue Anchor, in the Lower Walk of the New Exchange, 1678, in-fol.

909. HORACE, a French Tragedy of Monsieur Corneille englished by Charles Cotton, Esq. _London, printed for Henry Browne, at the Gun, at the West End of St. Pauls, 1671._ In-4 de 4 ff. et 75 pp.

En face du titre, une gravure de W. Dolle, représentant le combat des Horaces.

Charles Cotton, né en 1630 à Beresford Hall, dans le comté de Stafford, mort à Westminster en 1687, est surtout connu par ses traductions du français. Il traduisit, entre autres ouvrages, le _Virgile travesti_ de Scarron (_Scarronides, or Virgil Travestie_). Une seule de ses traductions a eu un succès durable: celle des _Essais_ de Montaigne (1693), qu'on a réimprimée avec corrections en 1759.

Cotton a pris de grandes libertés avec la tragédie de Corneille; il y a ajouté des choeurs de sa composition.

910. HORACE, a French Tragedy of Monsieur Corneille, englished by Charles Cotton. _London, 1677._ In-4, front. grav.

Seconde édition de la traduction précédente.

XI

911. CINNA'S CONSPIRACY, a Tragedy in verse, translated from the French of P. Corneille by Colley Cibber. _London, 1713._ In-4.

XII

912. POLYEVCTES, OR THE MARTYR, a Tragedy by Sir William Lower. _London, 1655._ In-4.

XIII

913. POMPEY, a Tragedy, translated from Monsieur Corneille, by Mrs. Catherine Philips, the Fifth Act translated by Sir John Denham. _London, 1663._ In-4.

Cette traduction, entreprise à la demande du comte d'Orrery, a été reproduite à la suite d'_Horace_, dans le recueil déjà cité des oeuvres de Catherine Philips (voy. le no 908).

_Pompée_ réussit en Angleterre, sans avoir pourtant le succès qu'obtint plus tard _Héraclius_. Pepys raconte qu'il fit en voyage la lecture de cette tragédie, «a play translated from thé French by several noble persons, among others, my Lord Buckhurst, that to me is but a _mean play_, and the words and sense not very extraordinary.» Pepys's, _Diary and Correspondence_, the sixth Ed.; London, 1858, 4 vol. in-12; t. IIe, p. 400 (23 juin 1666). La traduction à laquelle Pepys fait allusion est probablement la suivante:

914. _Pompey_, a Tragedy acted with great applause. _London, printed for John Crooke, at the sign of the Ship, in St Pauls Church Yard, 1663._ In-4 de 3 ff. et 62 pp.

On y a ajouté un prologue écrit par le comte de Roscomon pour le théâtre de Dublin, et un épilogue par sir Edward Deering.

915. POMPEY THE GREAT, a Tragedy [translated from the French of Corneille by Edmund Waller]. _London, 1664._ In-4.

Waller fut aidé dans son oeuvre par le comte de Dorset et Middlesex, sir C. Sedley et Sidney Godolphin.

Une lettre de Saint-Évremond, adressée à Corneille en 1666, à propos de _Sophonisbe_, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 499 sq.), nous donne de curieux détails sur l'accueil fait par les Anglais aux oeuvres de Corneille et en particulier sur Waller: «Je vous puis répondre, dit Saint-Évremond, que jamais réputation n'a été si bien établie que la vôtre en Angleterre et en Hollande. Les Anglois, assez bien disposés naturellement à estimer ce qui leur appartient, renoncent à cette opinion souvent bien fondée, et croient faire honneur à leur Ben Johnson de le nommer le Corneille de l'Angleterre. M. Waller, un des plus beaux esprits du siècle, attend toujours vos pièces nouvelles, et ne manque pas d'en traduire un acte ou deux actes en vers anglois pour sa satisfaction particulière. Vous êtes le seul de notre nation dont les sentiments ayent l'avantage de toucher les siens. Il demeure d'accord qu'on parle et qu'on écrit bien en France; il n'y a que vous, dit-il, de tous les François, qui sache penser. M. Vossius, le plus grand admirateur de la Grèce, qui ne sçauroit souffrir la moindre comparaison des Latins aux Grecs, vous préfère à Sophocle et à Euripide.»

XIV

916. THE MISTAKEN BEAUTY, OR THE LYAR, a Comedy, acted by Their Majesties Servants at the Royal Theatre. _London, printed for Simon Neale at the three Pigeons in Bedford-street in Covent Garden, over again the New Exchange._ M.DC.LXXXV [1685]. In-4 de 2 ff. et 52 pp.

_La Beauté trompée_, simple traduction du _Menteur_, bien qu'elle ne porte pas le nom de Corneille.

917. THE LYING LOVER: OR, THE LADIES FRIENDSHIP. A Comedy. By Sir Richard Steele. Hæc nosse salus est adolescentulis. Ter. _London_, M.DCC.XI [1711]. In-8.

Seconde imitation du _Menteur_, due au célèbre humoriste Steele. Celui-ci n'a eu garde de prononcer le nom de Corneille et, pour déguiser son emprunt, a donné des noms anglais à tous les personnages. Géronte est devenu le vieux _Bookwit_; Dorante, le jeune _Bookwit_; Alcippe, _Lovemore_; Philiste, _Frederick_; Cliton, _Latine_; Clarice, _Penelope_; Lucrèce, _Victoria_; Isabelle, _Lettice_, etc. Du reste, Steele a respecté les cinq actes de l'original, et, malgré les changements de décors et les couplets qu'il a cru devoir introduire, il a généralement suivi l'ordre des scènes de Corneille; mais dans l'exécution son «humeur» s'est donné libre carrière. Il descend parfois jusqu'à la farce de tréteaux. Voici, à titre d'exemple, comment il a travesti le commencement de la scène IIIe du deuxième acte:

_Lovemore._ Ah! Penelope! inconstant! sickle Penelope! _Penelope._ But, Lettice, you don't tell me what the gentleman said; now there's no body here you may speak-- _Love._ Now there's no body there's no body here?--Then I am a thing, an ustensil--I am no body, I have no essence that I am sensible of--I think 'twill be so soon--This ingrate,--this perjur'd! _Pen._ Tell me, I say, how the match happened to break off. _Love._ This is downright abuse--What! don't you see me, madam? _Lett._ He had the folly, upon her being commonly civil to him, to talk of directing her affairs before his time: in the first place, he thought it but necessary her maid, her faithful servant Mrs. Betty, should be remov'd. _Love._ Her faithful servant Mrs. Betty! Her betrayer, her whisperer, Mrs. Lettice--Madam, wou'd you but hear me--I will be heard. _Pen._ Pr'y thee step, Lettice, and see what noise is that without. _Love._ The noise is here, madam; 'tis I that make what you call noise--'Tis I that claim aloud my right, and speak to all the world the wrongs I suffer. _Pen._ Cooling herbs well steep'd--a good anodyne at night made of juice of hellebore, with very thin diet, may be of use in these cases (_Both looking at him as disturb'd_). _Love._ Cases!--What cases? I shall downright run mad with this damn'd usage. Am I a jest? _Lett._ A jest!--no faith, this is far from a merry madness--Ha! ha! ha! _Love_. Harky'e Lettice--I'll downright box you--Hold your tongue, gipsy. _Lett._ Dear madam, save me--go you to him-- _Pen._ Let him take you--Bless me--how he stares,--take her. _Lett._ Take her. _Pen._ Take lier (_Running round each other_). _Love._ Very fine--No, madam, your gallant, your spark last night; your fine dancer, entertainer, shall take you..., etc., etc.

918. THE LYING LOVER: OR, THE LADIES FRIENDSHIP. A Comedy. By Sir Richard Steele. Hæc nôsse salus est adolescentulis. Ter. The seventh Edition. _London: Printed for T. Lownds, T. Caslon, and W. Nicoll._ M.DCC.LXIV [1714]. In-12 de 71 pp., y compris une fig.

L'existence de cette 7e édition suffit pour attester le succès qu'eut la farce de Steele.

919. THE LYAR. A Comedy in three Acts. As it is Performed at the Theatre in the Hay-Market. By Samuel Foote, Esq. _London: Printed for P. Vaillant, J. Rivington, and S. Bladon in Paternoster-Row._ M.DCC.LXXVI [1776]. (Price One Shilling and sixpence.) In-8 de 70 pp. et 1 f.

Foote, qui était en même temps acteur et poëte dramatique, profita de ses voyages en France pour emprunter à nos auteurs comiques divers sujets dont il évita de faire connaître les originaux: _le Menteur_ est du nombre. La pièce de Corneille a été réduite en trois actes; les personnages ont reçu des noms anglais: _Sir James Elliot_ (Alcippe); _Old Wilding_, the Father, (Géronte); _Young Wilding_ (Dorante); _Miss Grantam_ (Clarice); _Miss Godfrey_ (Lucrèce); _Kitty_ (Isabelle). Cliton, qui est resté Français, a pris le nom de _Papillon_; quant à Philiste, son rôle a été fondu avec celui d'Alcippe. Les premiers mots de la comédie nous reportent au _Menteur_:

_Young Wilding_. And I am now, Papillion, perfectly equipped. = _Papillion_. Personne mieux. Nobody better. _Y. Wild_. My figure? _Pap_. Fait à peindre. _Y. Wild_. My air. _Pap. Libre_. _Y. Wild_. My address? _Pap_. Parisiene (_sic_). _Y. Wild_. My hat sits easily under my arm; not like the draggled tail of my tatter'd academical habit. _Pap_. Ah, bein (_sic_) autre chose. _Y. Wild_. Why then, adieu, Alma Mater, and bien venu[=e], la ville de Londre; fare well to the schools, and welcome the theatres; presidents, proctors, short commons with long graces, must now give place to plays, bagnios, long tavern-bills with no graces at all, etc., etc.

XVI

920. RODOGUNE, OR THE RIVAL BROTHERS, a Tragedy, done from the French of Mons. Corneille. Humbly inscribed to the Right Honourable Philip Earl of Chestersfield. _London, printed for the Authors._ M.DCC.LXV [1765]. In-8 de III et 81 pp.

Le traducteur, S. Aspinwall, dit, dans la préface qu'il a signée, que c'est en raison du succès qu'a obtenu la traduction de l'_Andromaque_ de Racine donnée par Mrs. Philips, sous le titre de _The distressed Mother_, qu'il a entrepris cette traduction. Il dit avec assez peu de modestie que ses amis l'ont assuré que sa _Rodogune_ était supérieure à l'original, et il ajoute ingénument: «I will impute it merely to our language being more nervous than the French, and to the translators being unconfined by the felters of Rhyme in which the original is written.»

XVIII

921. HERACLIUS, EMPEROUR OF THE EAST, a Tragedy written in French by M. de Corneille, englished by Lodowick Carlell. _London, 1644._ In-4.