Part 25
246. SYLLA, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d'une Dissertation dans laquelle on cherche à prouver, par la tradition, par l'histoire, par des anecdotes particulières et par un examen du style et des caractères, que cette pièce est du grand Corneille; publiée d'après un manuscrit du dix-septième siècle déposé chez M. Tion de la Chaume, notaire de Paris, par M. C. Palmézeaux. _A Paris, Charon, Madame Masson, Barba, an XIII-1805._ In-8 de 2 ff., lvij et 95 pp.
Cette tragédie parut, pour la première fois, dans la _Suite de la Grammaire françoise_, du P. Buffier (_Paris, Nicolas le Clerc._ 1728, in-12). Elle a été attribuée par Barbier à Mallet de Brefud, mais le véritable auteur est le P. Charles de la Rue. On consultera, sur l'histoire de cette pièce et sur les différentes éditions qui en ont été publiées, la _Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus_, par Augustin et Aloïs de Backer, t. Ier (Liége, 1853, grand in-8), pp. 663 sq.
247. L'OCCASION PERDUE RECOUVERTE, par Pierre Corneille. Nouvelle edition accompagnée de notes et de commentaires, avec les sources et les imitations qui ont été faites de ce poème célèbre, non recueilli dans les OEuvres de l'auteur. _Paris, Chez Jules Gay, éditeur_, 1862. In-8 et in-12 de 96 pp. en tout.
Édition tirée à 320 exemplaires, tous numérotés et sur papier vergé; 250 format petit in-12, et 70 format in-8.
MM. Gay père et fils, qui se sont fait une célébrité peu enviable comme éditeurs de «livres galants», n'ont pas craint de porter atteinte à la mémoire de Corneille en réimprimant sous son nom cette pièce depuis longtemps oubliée.
L'_Occasion perdue recouvrée_ parut d'abord dans les _Poësies gaillardes, galantes et amoureuses de ce temps_; s. l. n. d. [Rouen, vers 1655], pet. in-12 de 82 pp., et dans le _Nouveau Cabinet des Muses, ou l'Eslite des plus belles Poësies de ce temps_; Paris, veuve Edme Pépingué, 1658, in-12; elle fut intercalée après coup dans ce dernier recueil, où elle occupa un cahier de 50 pp. imprimé à part, qui manque à la plupart des exemplaires. Elle reparut ensuite dans l'_Elite des Poësies héroïques et gaillardes de ce temps_; s. l. n. d. (vers 1660), in-12 de 94 pp.; dans les _Poësies nouvelles et autres OEuvres galantes du Sieur de C**_ [Cantenac]; _Paris, Théodore Girard_, 1662, in-12; puis dans un certain nombre de réimpressions de l'_Elite des poësies héroïques et gaillardes_ (Paris, imprimé cette année [vers 1670, selon le catalogue Luzarche, no 2386]; s. l., 1683, catalogue la Vallière, no 13506; s. l., 1689, catalogue Cigongne, no 945; s. l. [à la Sphère], 1695, pet. in 12); dans les _Poësies héroïques et galantes_, s. d., 1687, in-12; enfin dans la _Nouvelle Elite des Poësies heroïques et gaillardes de ce temps_; Utrecht, 1734 et 1737, in-12.
Il ne vint à l'esprit d'aucun contemporain d'attribuer l'_Occasion perdue_ à Corneille; le premier ouvrage où l'on trouve cette attribution est le _Carpenteriana_, ou _Recueil des pensées historiques, critiques, morales et de bons mots de M. Charpentier, de l'Académie françoise_ (Paris, J. Fr. Morisset, 1724, in-8), publié par Boscheron. On lit dans ce recueil, p. 284:
«M. Corneille l'aîné est auteur de la pièce intitulée: _L'Occasion perdue et recouvrée_. Cette pièce étant parvenue jusqu'à M. le chancelier Séguier, il envoya chercher M. Corneille et lui dit que cette pièce, ayant porté scandale dans le public et lui ayant acquis la réputation d'un homme débauché, il falloit qu'il lui fit connoître que cela n'étoit pas, en venant à confesse avec lui; il l'avertit du jour. M. Corneille ne pouvant refuser cette satisfaction au chancelier, il fut à confesse avec lui, au P. Paulin, petit père de Nazareth, en faveur duquel M. Séguier s'est rendu fondateur du couvent de Nazareth. M. Corneille s'étant confessé au révérend père d'avoir fait des vers lubriques, il lui ordonna, par forme de pénitence, de traduire en vers le premier livre de l'_Imitation de J.-C._, ce qu'il fit. Ce premier livre fut trouvé si beau, que M. Corneille m'a dit qu'il avoit été réimprimé jusqu'à trente-deux fois. La Reine, après l'avoir lu, pria M. Corneille de lui traduire le second; et nous devons à une grave maladie dont il fut attaqué la traduction du troisième livre, qu'il fit après s'en être heureusement tiré.»
L'année même où avait lieu la publication du _Carpenteriana_, les _Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts_, publiés à Trévoux (décembre 1724, pp. 2272-2276), réfutèrent une anecdote blessante pour la mémoire de Corneille. Ils s'attachèrent à démontrer que l'_Occasion perdue recouverte_ n'était pas de lui, mais de Cantenac, et que, par conséquent, l'auteur du _Cid_ n'avait pas eu à faire pénitence de ce poëme.
La question paraissait jugée depuis longtemps, lorsque a paru la réimpression de M. Gay. Les raisons alléguées par lui pour attribuer à Corneille une pièce licencieuse n'ont pas trouvé grâce aux yeux du parquet, qui a fait saisir les exemplaires de la réimpression restés en magasin, en même temps que d'autres productions du même libraire.
M. Marty-Laveaux (t. VIIIe, pp. I-IX) s'est cru obligé de discuter à son tour le témoignage du _Carpenteriana_, dont il n'a rien laissé subsister. Il a notamment relevé dans l'_Occasion perdue et recouvrée_ une locution gasconne qui n'eût pas échappé à Corneille, et qui ne peut avoir appartenu qu'à Cantenac.
M. Viollet-le-Duc (Bibliothèque poétique, Paris, 1843, in-8, pp. 521 sq.) a fait une autre observation également importante: c'est que le premier fragment de l'_Imitation_ fut certainement publié avant les vers dont Corneille aurait été obligé de faire pénitence. Le premier recueil dans lequel l'_Occasion perdue_ ait été insérée ne porte pas de date, mais il est difficile d'admettre qu'il soit antérieur à 1655. Les éditeurs de poésies «gaillardes» n'ont pas dû laisser un long temps s'écouler avant de reproduire un aussi friand morceau; aussi croyons-nous que le recueil intitulé: _Poësies gaillardes, galantes et amoureuses_ a dû paraître sinon après, du moins fort peu de temps avant le _Nouveau Cabinet des Muses_ de 1658.
II. RECUEILS CONTENANT DES PIÈCES DE VERS ATTRIBUÉES A CORNEILLE.
248. RECVEIL DE DIVERSES POESIES DES PLVS CELEBRES AVTHEVRS DE CE TEMPS. _A Paris, Chez Louis Chamhoudry, au Palais, vis à vis la S. Chapelle, à l'Image S. Louis._ M.DC.LII [1652]. Auec Priuilege du Roy. 2 part, in-12.
Ce recueil renferme une _Épigramme de Monsieur de Corneille_, contre un poëte, mais l'attribution repose sur une erreur évidente, car l'épigramme se retrouve dans la 3e partie des _OEuvres de Saint-Amand_ (Paris, 1649, in-4).
Le privilége, daté du 6 mars 1651, est accordé pour dix ans à «Jean Conart, l'un de nos Maistres d'Hostel ordinaire», qui déclare en faire cession à _Chamhoudry_.
En 1655, le même libraire fit paraître une troisième partie qu'il intitula: _Nouveau Recueil de Poësies des plus celebres Autheurs du Temps_, dont il existe une contrefaçon exécutée en province, sous la date de 1655.
249. LES || MVSES || ILLVSTRES, || Par François Colletet, le Fils. || _Paris, || Pierre David & Louis Champ- || houdry._ || 1658. || Avec Privilege du Roy. In-8 de 8 ff. et 388 pp.
Les _Muses_ sont au nombre de quatre: la _Muse Sérieuse_, la _Muse Bachique_, la _Muse Amoureuse_ et la _Muse Burlesque_. Les feuillets préliminaires contiennent la table et l'_Extrait du Privilége_.
Le privilége, daté du 8 avril 1658, est accordé pour sept ans au sieur François Colletet le fils, qui déclare en faire cession à _P. David_ et _Louis Chamhoudry_. L'achevé d'imprimer est du 15 avril 1658.
On trouve dans ce recueil (pp. 148 et 149) les deux sonnets pour _Timocrate_, que M. Marty-Laveaux a reproduits (t. Xe, pp. 360 sq.), mais qu'il croit être de Thomas Corneille.
250. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES || ET GALANTES, || Tant en Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se trouveront apres || la Preface. || _A Cologne, || Chez_ _Pierre du Marteau._ || M.DC.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 4 ff. (dont le premier est blanc), 182 pp. et 1 f. blanc.
Édition qui porte une sphère sur le titre.
La 32e pièce du recueil, intitulée: _Plainte de la France à Rome, Elegie_ (pp. 168-173), est signée CORNEILLE. Elle est en réalité de Fléchier, sous le nom de qui elle parut d'abord dans une édition probablement imprimée par _Mabre-Cramoisy_ (_s. l. n. d._, in-4 de 4 ff.); elle avait été reproduite dans les _Délices de la Poësie galante_ (voy. ci-dessus, no 213), et l'on ne s'explique guère comment elle put être réimprimée sous le nom de Corneille.
251. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES || ET GALANTES, || Tant en Prose qu'en Vers; || dont les Titres se trouveront apres || la Preface. || _A Cologne, || Chez Pierre du Marteau [Hollande, à la Sphere]._ || M.DC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 180 pp. en tout.
La pièce attribuée à Corneille y occupe les pp. 167-171.
252. RECUEIL || DE QUELQUES || PIECES || NOUVELLES, || Tant en Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se trouveront aprés la Preface. || Premiere [Seconde] Partie. || _A Cologne, || Chez Pierre du Marteau._ || M.DC.LXVII [1667]. 2 vol. pet. in-12.
Édition qui porte une sphère sur le titre.
_Premiere Partie_: 180 pp., y compris 4 ff. prélim.
_Seconde Partie_: 4 ff. et 232 pp.
La 1re partie contient (pp. 167-171) la _Plainte de la France à Rome_. _Elegie_, signée: CORNEILLE.
253. LES PLAISIRS DE LA POESIE GALANTE, GAILLARDE ET AMOUREUSE. _S. l. n. d._ In-12.
Ce petit recueil, qui n'a d'autre titre qu'un frontispice gravé, contient (p. 20) une épigramme sur d'Aubignac signée CORNEILLE; aussi M. Paul Lacroix l'a-t-il attribuée à notre poëte (_Bulletin du Bouquiniste_, 1863, p. 696). M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 374) fait observer que la même épigramme se trouve dans les _Historiettes_ de Tallemant des Réaux, avec le nom de Cotin.
254. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT. || Contenant les Nouvelles du mois de May 1677. || & plusieurs autres. || Tome III. ||_A Paris, || Au Palais, || dans la Salle Royale, à || l'Image S. Louis._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 363 pp.
On trouve dans ce volume (pp. 97-100) une jolie pièce qui commence ainsi:
Je suis vieux, belle Iris, c'est un mal incurable...
Le rédacteur du _Mercure_ ne dit pas expressément qu'elle soit de Corneille, mais il semble le donner à entendre: «Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie? L'Autheur qui prétend que ses vieilles années luy ont acquis l'avantage d'aimer si commodement, et qui s'explique d'une maniere si agreable, ne merite-t-il pas d'estre particulierement consideré de la Dame? Il est rare de pouvoir conserver dans un âge aussi avancé que celuy qu'il se donne, le feu d'esprit qu'il fait paraistre encore dans ces vers; et le vieux Martian, que vous avez tant admiré dans l'admirable _Pulchérie_ du grand Corneille, n'auroit pas parlé plus galamment, s'il avoit voulu s'éloigner du sérieux.» M. Marty-Laveaux regarde comme très-probable l'attribution de ces vers à Corneille.
255. LES HISTORIETTES DE TALLEMANT DES RÉAUX. Troisième édition publiée avec notes et éclaircissements historiques, par MM. Paulin Paris et de Monmerqué. _Paris, Techener_, 1853-1860, 9 vol, in-8.
Tallemant rapporte (t. VIIe, pp. 250-255) diverses pièces de vers composées contre l'abbé d'Aubignac. Trois de ces pièces sont attribuées à Corneille, ou à «quelque corneillien».
256. NOUVEAU RECUEIL DES EPIGRAMMATISTES FRANÇOIS ANCIENS ET MODERNES, depuis Marot, par M. B. L. M. [A. A. Bruzen de la Martiniere]. _Amsterdam, Wetstein_, 1720, 2 vol. in-12.
Le t. Ier contient (pp. 104 sq.) un quatrain imité des vers de Lucain sur l'invention de la peinture. Ce quatrain est donné comme étant l'oeuvre de Corneille.
257. ... ANA [ALLAINVALLIANA], OU BIGARRURES CALOTINES [par l'abbé L.-J.-C. Soulas d'Allainval]. _A Paris, chez de Heuqueville_, 1732 et 1733, 4 vol. in-12.
On trouve dans le t. IVe (pp. 9 sq.) un quatrain imité de deux vers d'Horace, que l'auteur attribue à Corneille.
258. BIBLIOTHEQUE DE COUR, DE VILLE ET DE CAMPAGNE par Guyot de Pitaval. Nouvelle édition [refondue par l'abbé Pérau]. _A Paris, Chez Théodore le Gras_, 1746, 8 vol. in-12.
On y trouve (t. Ier, p. 241) un quatrain «envoyé par le grand Corneille» à un poëte médiocre.
Voy. sur le recueil de Pitaval, Quérard, _la France littéraire_, t. IIIe, p. 297.
259. MANUEL DU VOYAGEUR A PARIS, OU PARIS ANCIEN ET MODERNE, contenant la description historique et géographique de cette capitale, de ses monuments, palais, édifices publics, jardins, spectacles, etc. Par P. Villiers. Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée. _Paris, Delaunay_, 1813, in-18.
On y trouve un quatrain «adressé au Christ de l'église Saint-Roch», que Villiers donne comme étant de Corneille. Cette petite pièce paraît avoir été publiée d'après une copie manuscrite qui se trouve au verso d'un exemplaire de l'_Imitation de Jésus-Christ_ (édition de 1658, in-4), appartenant à M. Socard, de Troyes. Rien ne prouve qu'elle soit de Corneille.
VII.--ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE
PUBLIÉES DE SON VIVANT, MAIS SANS SA PARTICIPATION, EN FRANCE OU EN HOLLANDE.
I
260. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique. || _A Paris, || Par Iaques de Loges, à l'Enseigne du || Mauuais Temps._ || M.DC.XXXIII [1633]. || Avec Permission. In-8 de 4 ff. et 135 pp., caract. ital.
Collation des feuillets prélim.: titre;--1 f. pour la dédicace _A Monsieur de Liancour_;--1 f. pour l'avis _Au Lecteur_;--1 f. pour l'_Argument_.
Nous avons cherché longtemps cette édition souvent citée par les bibliographes de Corneille. Elle a été plusieurs fois indiquée comme étant du format in-12; mais, cette indication nous paraissant erronée, nous avons tenu à la décrire sur l'original. Nous avons parcouru toutes les bibliothèques de Paris, sans pouvoir la rencontrer; nos visites chez les amateurs n'ont pas été plus fructueuses; enfin, grâce à l'obligeant intermédiaire de M. E. de la Germonière, M. Lormier, de Rouen, a bien voulu nous communiquer son exemplaire, celui même qui a figuré à la vente Potier, en 1870. Nous avons pu constater que la _Mélite_ de _J. de Loge_ n'est pas imprimée dans le format in-12, mais bien dans le format in-8 indiqué au catalogue. Nous nous sommes également convaincu que ce n'est pas une édition donnée par Corneille, mais bien une simple contrefaçon qui reproduit le texte de l'édition originale in-4. _Le Catalogue chronologique des Libraires et des Libraires-Imprimeurs de Paris_, rédigé par A.-M. Lottin, en 1789, ne mentionne aucun libraire du nom de _de Loge_, et nous devons admettre que le nom et l'enseigne bizarre dont il est accompagné sont purement imaginaires. La _Mélite_, in-8, a dû être publiée dans une ville de province, vers 1634, c'est-à-dire après la publication de _La Veuve_; elle est imprimée dans le même format que cette pièce et en caractères analogues, mais non identiques à ceux de _François Torga_. Ce qui confirme notre hypothèse, c'est que le volume ne contient pas de privilége, mais la mention d'une simple permission, mention assez ordinaire aux contrefaçons.
Vendu 50 fr., mar. r. (_Chambolle-Duru_); Potier, 1870 (no 1226).
261. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique. || Par M. de Corneille. || _A Lyon, || Chez Claude la Riuiere, ruë || Merciere, à la Science._ || M.DC.LIII [1653]. || Auec Permission. In-12 de 4 ff. et 88 pp., caract. ital.
Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour la dédicace; 1 f. pour l'avis _Au Lecteur_; 1 f. pour l'_Argument_.
262. MELITE, || Comedie. || Par le Sr P. Corneille. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, || au Palais._ || Anno M.DC.LIV [1654]. Pet. in-12 de 88 pp. (y compris 3 ff. prélim.), sign. A-D.
Au titre, le fleuron aux palmes croisées; au 2e f. au-dessus du titre de départ, le fleuron à la tête de buffle, avec les petites excroissances sur les cornes.
Edition elzévirienne restée inconnue aux elzéviriographes. M. Potier, qui en possède un exemplaire, pense qu'elle a dû être imprimée par _Fr. Foppens_, à _Bruxelles_. Elle a été citée dans la _Description bibliographique des livres composant la Librairie J. Techener_, 1858, t. II, no 10,564, et dans le _Catalogue Soleil_ (janvier 1872), no 1308, sous la date de 1655.
Cette édition et la précédente soulèvent une question historique que nous n'avons pu élucider. _La Riviere_ et _Foppens_ ont-ils été amenés à réimprimer _Mélite_, en 1655 et en 1654, par quelque reprise de cette comédie? Ont-ils eu, au contraire, la pensée de donner une édition des _OEuvres_ de Corneille par pièces séparées, comme le fit après eux _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_? C'est ce que nous ne nous hasarderons pas à décider.
263. MELITE, || Comedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. A-C.
Édition imprimée par _Abraham Wolfgang_, à _Amsterdam_, et qui fait partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: _Quærendo_.
On s'étonnera peut-être de nous voir ranger sous la même rubrique les éditions données par les _Elzevier_ ou leurs continuateurs, et les grossières contrefaçons imprimées en France. Les unes ont conservé du prix auprès des amateurs, tandis que les autres ont été tellement négligées qu'il est presque impossible d'en trouver des exemplaires. Malgré la différence vénale qui existe entre les deux espèces d'éditions, nous croyons que, au point de vue littéraire, notre classification s'explique d'elle-même. La valeur des livres sortis des presses elzéviriennes tient presque toujours à leur exécution matérielle et non à la pureté des textes qu'ils nous fournissent. Les _Elzevier_ (et ce que nous disons des _Elzevier_ s'applique également à _Wolfgang_) étaient de très-habiles marchands et des typographes d'un goût parfait, mais il ne faut pas leur attribuer d'autre mérite. Leurs éditions étaient correctes quand elles étaient revues par un savant; elles étaient fautives, au contraire, quand les épreuves étaient soumises à quelque prote ignorant. On sait depuis longtemps (voy. Pieters, _Annales des Elzevier_, 2e édit.; Gand. 1858, in-8, pp. xxxv sq.) que les _Elzevier_ n'ont employé que des caractères fondus avec les poinçons du graveur parisien _Jacques de Sanlecque_ et de son fils, mais on serait disposé à leur faire du moins honneur de leur «papier de Hollande». A ce point de vue encore il semble qu'il faille un peu rabattre des éloges qui leur ont été prodigués jusqu'ici. M. H. Lempertz a publié dans ses _Bilder-Hefte zur Geschichte des Buchhandels und der mit demselben verwandten Künste und Gewerbe_ (Köln, 1854 et années suiv., in-fol.) une curieuse lettre adressée d'Amsterdam, à l'abbé Ménage, par _Louis_ et _Daniel Elzevier_. Cette lettre, datée du 10 mai 1662, commence ainsi:
Monsieur,
«Nous n'avons jusques à steure peu commencer a vos Poemes [_Ægidii Menagii Poemata. Quarta editio, auctior et emendatior_; Amstelodami, ex officina Elzeviriana, 1663, pet. in-12 de 4 ff. et 327 pp., dont les deux dernières ne sont pas chiffrées] a cause de la multitude des ouvrages qu'avons soubs la presse, d'autre part serions bien aise de l'imprimer sur du papier que Monsr _le Goux_ nous doibt envoyer de Paris, qui est le plus beau qu'ayons jamais veu, de l'envoy duquel il ne nous a pas encore donné advis et à ce sujet nous luy escrivons presentement. Si neantmoins vous estes pressé pour cet ouvrage, nous le commencerons sur de bon papier qu'avons presentement: mais nous aimerions mieux de l'imprimer sur le papier dudit _le Goux_.»
Le passage que nous venons de citer peut jusqu'à un certain point diminuer le mérite industriel des imprimeurs hollandais, mais il ne peut qu'augmenter leur réputation commerciale, en montrant le soin qu'ils mettaient à se procurer le meilleur papier sorti des fabriques étrangères. Ce qui leur appartient bien en propre, c'est l'élégance de leur petit format, la netteté de leur impression, en un mot une exécution dont la perfection n'a jamais été surpassée.
II
264. CLITANDRE, || Tragédie, || Par P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 60 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. D-F.
Edition imprimée à _Amsterdam_, par _Abraham Wolfgang_, et qui fait partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: _Quærendo_.
III
265. LA || VEFVE || OV LE || TRAISTRE || TRAHY || Comedie. || _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la grand'Salle du Palais deuant || la Chappelle, au Soleil d'or._ || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege du Roy. || _Iouxte la copie._ In-8 de 16 ff. et 144 pp.
Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace;--4 pp. pour l'avis _Au Lecteur_; 21 pp. pour les vers en l'honneur de Corneille; 1 f. pour l'_Argument_ et les _Acteurs_.
Cette contrefaçon, probablement imprimée en Normandie, est une copie assez exacte de l'édition originale. Le titre et le corps du texte ont surtout une grande ressemblance. Nous avons cependant remarqué que dans les pièces à la louange de Corneille, on avait omis celle qui est signée I. G. A. E. P.
Bibliothèque de l'Institut (Q.562 Z.).
266. LA VEFVE, || Comedie, || Par P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. G-K.
Édition publiée à _Amsterdam_ par _Abraham Wolfgang_, avec la devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.
IV
267. LA GALERIE || DU PALAIS, || Comedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. L-O.
Édition sortie des mêmes presses que la précédente. Elle fait partie du recueil de 1664.
V
268. LA || SVIVANTE, || Comedie. || par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 67 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. P-R.
Édition exécutée à _Amsterdam_, comme les précédentes. Elle fait partie du recueil de 1664.
VI
269. LA PLACE || ROYALLE, || Comedie. || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris_, || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 59 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. S-V.
Édition exécutée par _Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.
VII
270. MEDEE || Tragedie. || Par le Sr Corneille. || _Sur l'imprimé. || A Paris, || Chez François Targa, au || premier pillier de la grand'Salle || du Palais, deuant la Chapelle, || au Soleil d'or._ || M.DC.XXXIX [1639]. || In-12 de 4 ff. et 96 pp.
Contrefaçon exécutée en France, probablement à Caen.
Au titre, un fleuron grossier qui représente une petite tête d'ange, de chaque côté de laquelle se développe une corne d'abondance accompagnée de rinceaux. Le même fleuron se retrouve sur le titre de plusieurs des contrefaçons décrites ci-après (nos 278, 305).
271. MEDEE || Tragedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris_ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 56 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. X-Z.
Édition exécutée par _Abraham Wolfgang_ à _Amsterdam_, avec la devise: _Quærendo_ sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.
VIII
272. L'ILLVSION, || Comedie, || Par || P. Corneille. || _Suivant la Copie imprimée || A Paris._ || CI[C].I[C]C.LXIV [1664]. Pet. In-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. Aa-Cc.