Part 24
La pièce de Corneille se compose de six strophes de dix vers intitulées: _Au R. P. Delidel, de la Compagnie de Jesus, sur son Traité de la Théologie des Saints_. On lit à la fin: _Par son tres-obligé Disciple_, PIERRE DE CORNEILLE. _Quod scribo, et placeo, si placeo, omne tuum est._
216. CAROLI DE LA RVE || E || SOCIETATE IESV, || IDYLLIA. || _Rothomagi, || Typis Maurrianis, || In officina Richardi Lallemant, prope Collegium._ || M.DC.LXIX [1669]. In-12. de 88 pp.
Ce recueil comprend les pièces suivantes:
1º _Ad clarissimum virum P. Cornelium, tragicorum principem_, épître composée de 157 vers et datée de Rouen, des calendes de juin 1669;
2º _Regi post Belgicam expeditionem an. M.DC.LXVII. Epinicium._
3º _Les Victoires du Roy en l'année M.DC.LXVII. De la traduction de M. Corneille._ Voy. no 151;
4º _Annæ Austriacæ Reginæ Christianissimæ Epicedium_;
5o-9º Cinq Emblèmes héroïques dont le troisième est intitulé: _Ad clarissimum virum Petrum Cornelium in obitu Caroli filii_;
10º-14º _Cinq Paraphrases horatianæ_;
15º Sonnet de Benserade sur l'embrasement de Londres;
16º Traduction latine, par le P. de la Rue;
17º _Au Roy sur la Conqueste de la Franche-Comté_ [par P. Corneille]. Voy. nos 153-155;
18º _Idem latine ab eodem authore P. Cornelio_;
190-21º Trois petites pièces latines sur le même sujet, par le P. de la Rue et deux autres auteurs.
M. Ballin a donné la description de ce recueil, d'après un exemplaire appartenant à M. Thomas, de Rouen (_Précis analytique des Travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen_, année 1850, in-8).
217. CAROLI DE LA RVE E SOCIETATE IESV, IDYLLIA. _Parisiis_, 1670 (?), in-12.
Cette seconde édition n'est citée nulle part, mais elle doit exister.
218. CAROLI DE LA RUE || E || SOCIETATE JESU, IDYLLIA. || Tertia Editio auctior. || _Parisiis, || Apud Simonem Benard, via Jacobæâ, || è regione collegij Claromontani socie- || tatis Jesu._ || M.DC.LXXII [1672]. || Cum Priuilegio Regis. In-12 de 108 pp. en tout.
Dans cette édition, les _Emblemata heroica_ sont au nombre de 7; il y a de plus à la fin du volume trois odes religieuses, dont l'une en français et en latin.
La p. 108 contient un extrait du privilége accordé pour cinq ans à _Simon Benard_, à la date du 29 décembre 1671. On lit à la fin: _Edito perfecta est die 15. Ianuarij 1672_.
219. CAROLI RUÆI || E SOCIETATE JESU || CARMINUM || LIBRI QUATUOR || Ad celsissimum Principem || Ferdinandum || Episcopum || Monasteriensem et Paderborniensem. || _Lutetiæ Parisiorum || Apud Simonem Benard, viâ Jacobæâ || è regione collegii Claromontani Soc. Jesu._ || M.DC.LXXX [1680]. || Cum Privilegio Regis. In-4 de 5 ff. et 283 pp.
Belle édition qui mériterait d'être recherchée aujourd'hui. Les feuillets prélim. comprennent un grand frontispice gravé par _Edelinck_; le titre; un portrait de l'évêque de Paderborn, peint par _Michelin_ et gravé par _Edelinck_; 2 ff. pour la dédicace et le faux-titre.
Le privilége, daté du 14 décembre 1679, cet accordé pour vingt ans à _S. Benard_.
220. CAROLI RUÆI E SOCIETATE JESU CARMINUM LIBRI QUATUOR. Editio quinta. _Lutetiæ Parisiorum, Apud Viduam Simonis Benard, via Jacobæâ è regione Collegii Soc. Jesu._ M.DC.LXXXVIII [1688]. Cum Privilegio Regis. In-12 de 233 pp.
Cette édition des oeuvres du P. de la Rue, sous le nom de _Carmina_, se divise, comme la précédente, en 4 livres; le premier porte le titre de _dramaticus_, le second de _panegyricus_, le troisième de _symbolicus_, le quatrième de _miscellaneus_. On y retrouve toutes les pièces citées plus haut.
Il en existe une réimpression publiée à _Anvers_, en 1693, in-12.
221. CAROLI RUÆI E SOCIETATE JESU CARMINUM LIBRI QUATUOR. Editio sexta. _Lutetiæ Parisiorum_, 1754. In-12.
222. LES FONTAINES || DE PARIS. _S. l. n. d._ [_Paris vers 1670_], in-12 de 12 pp.
Ce petit recueil, dont nous (avons) vu un exemplaire à la Bibliothèque nationale (V. 2715 A.), n'a qu'un simple titre de départ; il renferme les vers de Santeul sur les fontaines de Paris, avec leurs traductions par Corneille, du Périer et Charpentier, puis les épîtres de Santeul à Cl. Pelletier et à Henri Fourché.
Les deux pièces traduites par Corneille sont l'inscription _Sur la Pompe du Pont de Nostre Dame_, et l'inscription pour la _Fontaine des Quatre Nations_. M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 243) dit qu'elles ont été plusieurs fois imprimées en feuilles volantes in-4 et in-12, ordinairement sans date. Nous n'avons pas rencontré d'autre édition que celle-ci.
223. OBSERVATIONS || DE MONSIEVR || MENAGE || SVR || LA LANGVE || FRANÇOISE. || _A Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais, || sur le segond Perron de la Sainte || Chapelle._ || M.DC.LXXII [1672). || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff., 486 pp. et 21 ff. pour la _Table_ et le _Privilége_.
Le privilége, daté du 10 mai 1671, est accordé pour dix ans au sieur Ménage qui déclare céder ses droits à _Claude Barbin_. L'achevé d'imprimer est du 7 avril 1672.
C'est dans les _Additions et Changemens_ qui terminent cet ouvrage, pp. 462 et 465, que sont cités deux passages de la _Thébaïde_, de Corneille. Les voici:
«Pag. 119. Ajoutez [à propos de l'expression OU QUE]: Et dans sa Thebaïde, page 68.
«_Où qu'il jette la vue, il voit briller des armes._»
«Pag. 143. Ajoutez [à propos du mot SPHINX]... Et M. Corneille dans sa Thebaïde, livre 2, page 65.
«_Dont autrefois le Sphinx, ce monstrueux oiseau, Avoit pour son repaire envahi le coupeau._»
224. A LA GLOIRE || DE LOUIS || LE GRAND || CONQVERANT || DE LA || HOLLANDE. Par Mrs Corneille, Montauban, || Quinault, & autres. || _A Paris, || Chez || Olivier de Varennes, au Palais, || en la Galerie des Prisonniers, au Vaze d'Or. || Et || Pierre Bienfaict, Libraire-Juré, en la Court || du Palais, à l'Image S. Pierre, prés Monseigneur || le Premier Président._ || M.DC.LXXIl [1672]. || Avec Permission. In-4 de 12 pp.
Voici l'indication des pièces contenues dans ce recueil:
1º Una dies Lotharos, Burgundos Hebdomas una, Una domat Batavos Luna; quid annus erit?
et l'_Explication_ en 6 vers français;
2º _Regi pro restituta apud Batavos Catholica fide_: 24 vers hexamètres latins;
3º _Au Roy sur le restablissement de la Foy catholique en ses Conquestes de Hollande_ (6 strophes de 4 vers de douze pieds), traduction française du morceaux précédent;
4º _Au Roy._ Sonnet, signé Montauban;
5º _Au Roy._ Sonnet, signé Quinault;
6º _Au Roy._ Sonnet, non signé;
7º _Au Roy sur la Conqueste de la Hollande._ Sonnet, signé C. B.;
8º _Au Roy._ Madrigal, signé D. M.
9º _Sur le Progrès des Conquestes du Roy._ Madrigaux, signés P. L. M. P. E. P.;
10º _Sur la Naissance de Monsieur le Duc d'Anjou._ Madrigal, non signé.
Chacune de ces dix pièces occupe une page.
225. LE || MERCVRE || GALANT, || Contenant tout ce qui s'est passé dans || les Armées du Roy, & dans les || Ruelles pendant l'année 1673. avec || une douzaine d'Histoires nouvelles, || & grand nombre de Pieces Galantes, || tant en Prose qu'en Vers. || Tome VI. || _A Paris, || Chez Henry Loyson, au Palais, dans || la Salle Royale, à l'entrée en montant par || le grand Escalier qui regarde la place Dauphine, aux Armes de France._ || M.DC.LXXIV [1674]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 6 ff., 384 pp. et 2 ff., dont le dernier est blanc.
Après avoir reproduit plusieurs pièces relatives à la prise de Maestricht, Donneau de Visé ajoute (p. 37):
«On me vient d'apporter encor un _Sonnet_ sur la Prise de Mastric, que je croy, Madame, que vous serez bien aise d'avoir, puisqu'il est du grand Corneille: Il a plû et à la Cour et à la Ville, et je ne doute point que vostre Province ne soit du mesme sentiment.» Suit le sonnet _Sur la Prise de Mastric_.
226. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT, || Contenant tout || ce qui s'est passé de curieux de- || puis le premier de Janvier, jus- || ques au dernier Mars 1677. || _A Paris, || Chez Claude Barbin, au Palais sur || le Second Perron de la S. Chapelle._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 4 ff. et 208 pp.
On trouve dans ce volume (p. 47) les vers adressés par Corneille au roi, lors de la reprise de _Cinna_, de _Pompée_ et d'_Horace_:
Est-il vray, grand Monarque, et puis-je me vanter, Que tu prennes plaisir à me ressusciter;
et, pp. 53 sq., le _Placet au Roy_:
Plaise au Roy ne plus oublier Qu'il m'a depuis quatre ans promis un Benefice...
227. LE NOUVEAU || MERCURE || GALANT. || Contenant les Nouvelles || du Mois de Juillet 1677. & plusieurs autres. || _A Paris, || Chez Theodore Girard, au Palais, || dans la Grand'Salle, à l'Envie._ || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Priuilege du Roy. In-12 de 1 f., 285 pp. et 2 ff.
On lit dans ce volume, p. 164: «Venons aux Vers que M. de Corneille l'aisné a presentez au Roy sur ses Conquestes. Je pourrois me dispenser de vous les envoyer, parce qu'ils sont imprimez; mais comme ils ne le sont qu'en feuille volante, il est bon de vous donner lieu de les conserver; et d'ailleurs si le mot de Parélie a embarrassé quelqu'une de vos Dames de Province, vous leur en ferez voir l'explication dans le changement des deux Vers où ce mot estoit employé.» Suit la pièce citée plus haut (no 169). Les vers 21 et 22:
Ainsi quand le Soleil fait naistre un parélie, La splendeur qu'il lui prête à la sienne s'allie,
y sont ainsi modifiés:
Ainsi quand le Soleil sur un épais nuage, Pour se faire un second imprime son image.
228. MERCURE || GALANT || Dedié à Monseigneur || le Dauphin. || Mars 1679. || _A Paris. || Au Palais._ In-12 de 361 pp. et 1 f., plus une planche de musique pliée.
Ce volume contient, pp. 76-85, la pièce intitulée: _Au Roy sur la paix_. (Voy. ci-dessus, no 171.)
229. MERCURE || GALANT || Dedié à Monseigneur || le Dauphin. || Mars 1680. || Seconde Partie. || Contenant les Cérémonies du Ma- || riage de Monseigneur le Dauphin. || _A Paris. || Au Palais._ In-12 de 4 ff., 304 pp., plus une planche pliée.
Ce volume, dont l'achevé d'imprimer est du 2 avril 1680, ne contient que des pièces relatives au mariage du dauphin, qui avait été célébré le 7 mars précédent. On y trouve, pp. 261-271, les vers de Corneille _A Monseigneur sur son mariage_ (no 173).
La planche pliée est une grande gravure de _Coypel_, tirée sur papier jaune et rehaussée d'or.
230. RELATION DE L'ETAT || DV || CANAL ROYAL || DE || COMMVNICATION || DES MERS || EN LANGVEDOC ||, Avec la Verification qui en a été faite par || Ordre de Sa Majesté. || _A Beziers, Par Henri Martel._ || M.DC.LXXXI [1681]. In-8 de 48 pp.
On trouve dans ce volume, p. 37, l'épigramme de Corneille: _Sur la jonction des Mers_. (Voy. nos 154 et 155.)
231. JOAN. || BAPTISTÆ || SANTOLII || VICTORINI || OPERA || POËTICA. || _Parisiis, || Apud Dionysium Thierry, vià Jacobeâ, || sub signo Urbis Lutetiæ._ || M.DC.XCIV [1694]. Cum Privilegio Regis. In-12 de 10 ff. et 472 pp.
Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace _Hieronymo Peleterio_; 7 pp. pour la _Table_; 3 ff. pour l'avis _Ad Lectorem_; 1 f. pour l'_Extrait du Privilége_.
On trouve dans ce recueil les pièces suivantes:
_Sur la libéralité du Roy touchant les Marchands de Paris_, p. 6;
Et la traduction de P. Corneille, Poëme, p. 12;
_Sur le départ du Roy pour l'Armée_, par P. Corneille. Traduct. Latine par l'Auteur, p. 211;
_Sur la Conqueste de la Franche-Comté_, par P. Corneille. Traduct. Latine par l'Auteur, p. 212;
_Pour la défense des Fables dans la Poësie_, à M. de Bellievre. Elegie, p. 225;
Traduction de la même piece par P. Corneille, p. 227;
_Inscriptions de toutes les Fontaines de Paris_, et leurs traductions par P. Corneille et autres, p. 378;
Le privilége, daté du 1er février 1694, est accordé pour douze ans à Santeul, qui en fait cession à _D. Thierry_.
232. JOANNIS BAPTISTÆ || SANTOLII || VICTORINI || OPERUM OMNIUM || EDITIO SECUNDA, || In qua reliqua opera nondum conjunctim edita || reperiuntur. || _Parisiis, || Apud Dionysium Thierry, viâ Jacobeâ, || sub signo Urbis Lutetiæ._ || M.DC.XCVIII [1698]. || Cum Privilegio Regis. 2 vol. in-12.
_Tomus Primus_: portrait; titre; 1 f. pour la dédicace _Hieronymo Peletierio_; 3 ff. pour l'avis _Ad Lectorem_; 5 ff. pour la _Table_ et l'_Extrait du Privilége_, 1 f. paginé 218-219, et signé _T ij_, qui doit former carton dans le corps du texte; ensemble: 12 ff. et 500 pp.
_Tomus Secundus_: 3 ff. et 192 pp.
Dernière édition publiée du vivant de l'auteur.
La 1re partie contient les pièces de Corneille énumérées ci-dessus.
233. JOANNIS BAPTISTÆ SANTOLII VICTORINI Operum omnium Editio tertia. _Parisiis, Esprit Billot, Barbou_, 1729, 3 vol. in-12.
Édition publiée par André-François Billard; elle est plus complète que les précédentes.
On ne trouve aucune pièce de Corneille dans le recueil intitulé: _OEuvres de feu Monsieur de Santeuil, chanoine régulier de Saint-Victor_, etc.; Paris, S. Benard, 1698, in-12.
234. RECUEIL DES HARANGUES PRONONCÉES PAR MESSIEURS DE L'ACADEMIE FRANÇOISE, dans leurs receptions, et en d'autres occasions differentes, depuis l'establissement de l'Academie jusqu'à présent. _A Paris, Chez Jean-Baptiste Coignard_, 1698, in-4.
On trouve dans ce recueil, pp. 11-13, le discours prononcé par Corneille lors de sa réception à l'Académie françoise.
235. RECUEIL DES HARANGUES PRONONCÉES PAR MESSIEURS DE L'ACADEMIE FRANÇOISE, dans leurs receptions, et en d'autres occasions différentes, depuis l'establissement de l'Academie jusqu'à présent. _A Paris, Chez Jean-Baptiste Coignard_, 1714, in-12.
236. DIVERSITEZ CURIEUSES pour servir de récréation à l'esprit, [par l'abbé Bordelon]. _A Paris, Chez U. Coustellier_; M.DC.LXXXXVIII [1698]; [ou _A Amsterdam, Chez André de Hoogenhuysen_, M.DC.XCIX [1699]. 7 vol. in-12.
On y trouve, t. IIe, pp. 1 sqq., les vers adressés _Au Roy_ par Corneille, lors de la reprise de _Cinna_, de _Pompée_ et d'_Horace_. (Voy. no 226).
237. LES VÉRITABLES OEUVRES DE MONSIEUR DE SAINT EVREMOND, Publiées sur les Manuscrits de l'Auteur [par Des Maizeaux]. _A Londres, Chez Jacob Tonson, Libraire, à Grais-Inn-Gate, Et se vendent chez les Libraires François, dans le Strand._ M.DCC.V [1705]. 2 vol. in-4.
On y trouve une lettre adressée par Corneille à Saint-Evremond, à propos de _Sophonisbe_, avec la réponse de Saint-Evremond.
Pour les autres éditions des _OEuvres_ de Saint-Evremond, voy. Frère, _Manuel du Bibliographe normand_, t. IIe, p. 495.
238. MÉMOIRES DE LITTÉRATURE, par de S*** [Sallengre]. _La Haye_, 1715-1717.--CONTINUATION DES MÉMOIRES DE LITTÉRATURE ET D'HISTOIRE [par le P. Desmolets, Goujet et autres]. _Paris_, 1726-1731; ensemble 11 vol. in-12.
Ce recueil, pour lequel le libraire _Nyon fils_ fit faire de nouveaux titres en 1749, contient (t. Xe, pp. 439-443), une _Lettre de M. Pierre Corneille à M. d'Argenson, Conseiller du Roi en son Parlement de Normandie, et Intendant de sa justice en Xaintonge_.
239. LES NOUVEAUX AMUSEMENTS DU COEUR ET DE L'ESPRIT, Ouvrage periodique [publié par Philippe de Retot]. _A la Haye [Paris], Chez Zacharie Chatelain_, 1737-1745, 15 vol. in-12.
On trouve dans ce recueil (t. XIVe, p. 330) le _Sonnet sur la mort de Louis XIII_:
Sous ce marbre repose un Monarque François, etc.
L'abbé Granet avait ajouté cette pièce aux _OEuvres diverses de Corneille_ (no 174), à l'aide d'un carton, mais il en avait donné un texte très-différent. M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 87-91) a soigneusement relevé ces variantes; il a reproduit six textes divers du même sonnet, tant d'après les deux recueils imprimés que nous venons d'indiquer que d'après quatre recueils manuscrits.
240. REMERCÎMENT fait par Corneille pour Jaqueline Pascal.
Jacqueline Pascal n'avait que treize ans, en 1640, lorsqu'elle composa une pièce de vers _Sur la Conception de la Vierge_, pièce dont Corneille lui avait fourni le sujet et qui remporta le prix de l'Académie des Palinods de Rouen, au mois de décembre de cette même année. Corneille assistait à la distribution des récompenses et improvisa, au nom de la jeune fille, un _Remercîment_ en 10 vers, qui nous a été conservé dans le manuscrit des _Mémoires de Marguerite Périer_ (Bibl. nat., fonds français, no 12988). L'impromptu de Corneille, signalé d'abord par M. Sainte-Beuve (_Histoire de Port-Royal_, 2e édit., t. IIe, p. 469), a été publié par M. Cousin dans le _Bulletin du Bibliophile_, 17e série, 1843-1844, p. 273, et dans la _Bibliothèque de l'Ecole des Chartes_, 1re série, t. Ve, p. 330.
Il a été reproduit par M. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 81.
On peut consulter à ce sujet la _Vie de Corneille_, de M. Taschereau, 2e édition, pp. 106 et 317, et les _Mémoires de l'Académie de Rouen_, t. XXXVIe, p. 197, et t. Le, p. 293.
241. SONNET INÉDIT DE CORNEILLE.
Ce sonnet, publié par M. Ludovic Lalanne dans l'_Athenæum français_ du 26 mars 1853, a été trouvé par lui à la Bibliothèque de l'Institut (recueil msc. de Godefroy, portefeuille no 217). Il contient une plainte adressée au roi, à propos des taxes dont on voulait frapper les lettres de noblesse. MM. Lalanne et Taschereau avaient considéré cette pièce comme postérieure à l'année 1664; M. Marty-Laveaux a fort bien démontré qu'elle devait avoir été écrite vers 1657. En voici les premiers vers:
La noblesse, grand Roy, manquoit à ma naissance; Ton Pere en a daigné gratifier mes vers, Et mes vers annoblis ont couru l'univers Avecque plus de pompe et de magnificence.
242. VERS INÉDITS DE P. CORNEILLE.
Lettre de M. P. Lacroix à M. E. Fournier, et Observations de M. Fournier insérées dans la _Revue des Provinces_, t. IIe (Paris, 1864, in-8), pp. 476-486.
M. Lacroix a reproduit, en les attribuant à Corneille, deux sonnets signés d'un C dans le recueil des _Poësies choisies de Messieurs Corneille, Benserade_, etc. (Voy. ci-dessus, nos 204, 207), et qui ne sont peut-être pas de lui (cf. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 254 sq.); il a signalé pour la première fois le madrigal mis en musique par Blondel (voy. no 212); enfin il a donné, comme de Corneille, une assez longue pièce extraite des manuscrits de Trallage. Ce dernier morceau, que Mme de Maintenon présenta, dit-on, à Louis XIV, aurait été, suivant M. Lacroix, composé par Corneille en 1682. On doit avouer qu'il ne rappelle guère la manière du poëte; aussi M. Marty-Laveaux n'a-t-il pas cru devoir le reproduire.
243. ADDENDA AUX OEUVRES DES GRANDS ÉCRIVAINS.
Sous ce titre, M. Paul Lacroix a publié, dans le _Bulletin du Bouquiniste_, plusieurs lettres qui contiennent divers fragments de Corneille, ou attribués à Corneille, qui n'avaient pas encore été relevés. La 2e lettre (1863, pp. 467-470) contient le sonnet _A Saint Bernard_ (voy. ci-dessus, no 196);--la 3e lettre (1863, pp. 499-502) contient les vers _A Monsieur de Loy_ (no 200);--la 5e lettre (1863, pp. 691-696) contient les épigrammes contre d'Aubignac, attribuées à Corneille par Tallemant des Réaux (no 255);--la 6e lettre (1864, pp. 51-54) renferme une épigramme qui figure sous le nom de Corneille dans la quatrième édition du recueil de _Sercy_ (voy. le no 207), mais qui est en réalité de Saint-Amand (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 357 sqq.), et deux sonnets pour la tragédie de _Timocrate_, de Thomas Corneille, qui sont probablement de Thomas Corneille lui-même;--la 7e lettre (1864, pp. 251-255) pose la question de savoir si le distique: _Una dies Lotharos, Burgundos hebdomas una_, etc., et la traduction française qui l'accompagne dans le recueil intitulé: _A la gloire de Louis le Grand, conquérant de la Hollande_ (voy. ci-dessus, no 224), doivent être attribués à Corneille; la 8e lettre (1864, pp. 555-561) revient sur le recueil de _Sercy_ et sur l'un des quatrains contre d'Aubignac, attribué par Tallemant à Corneille ou à quelque «corneillien»;--la 9e lettre (1864, pp. 587-591) signale une _Ode sur la Paix et le Mariage_ (Paris, de Luyne, 1660, in-4), qui «pourrait être signée Corneille, sans faire tort à l'auteur du _Cid_ et de _Cinna_», et reproduit deux petites pièces françaises signées Corneille, qui se trouvent dans les éditions des oeuvres de Santeul (voy. ci-dessus, nos 158, 231-233). La dernière de ces pièces n'est qu'un passage légèrement remanié de _Tite et Bérénice_.
VI.--OUVRAGES ATTRIBUÉS A CORNEILLE.
I. OUVRAGES PUBLIÉS SÉPARÉMENT.
244. PARAPHRASE || DE LA DEVISE DE L'OBSERVATEVR.
Voici une reproduction aussi exacte que possible de cette pièce qui n'a pas encore été signalée:
PARAPHRASE
DE LA DEVISE DE L'OBSERVATEVR
ET POETE ET GVERRIER IL AVRA DV LAVRIER.
Ou commentaire de ces mots, _Soit qu'il m'attaque en soldat maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit qu'il m'attaque en escriuain_. _&c._ page 10. de la Lettre à l'Illustre Academie.
_Dans le milieu d'vn camp, l'assé [sic] de commander; Sur la peau d'vn tambour où je vay m'accouder, Plus haut que les canons je fais sonner ma veine: A Paris quant je laisse eschapper quelque escrit, Mon liure des l'abord fait sçauoir, a qui lit, Combien je suis grand Capitaine. Ainsi les nobles feux qu'allume la chaleur De la muse & de la valeur: Et dont a tous moments je pousse les fumées: Pour m'acquérir le nom de Poëte, & guerrier; M'erigent en rimeur jusques dans les armées, Et me rendent vaillant jusques sur le papier._
Dedidicit jam pacé ducem. ~Lucanus, 1e, Phar.~
Nous sommes disposé à ranger la pièce qui précède parmi les oeuvres diverses de Corneille. Outre qu'elle nous paraît bien dans sa manière, nous l'avons trouvée à la suite du _Rondeau_ dans le précieux recueil de la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458, in-4o, Rés.). Elle est imprimée sur une feuille volante du format in-4, dont le verso est blanc. Les caractères diffèrent de ceux qui ont été employés pour la composition du _Rondeau_, mais la disposition du texte est presque la même. On remarquera le vers latin qui termine l'épigramme; il est emprunté à Lucain, l'auteur favori de Corneille.
Le P. Niceron et divers autres bibliographes ont attribué, sans aucune raison, à Corneille plusieurs des pièces publiées dans la querelle du _Cid_. Nous avons classé parmi ses oeuvres diverses les trois pièces qui sont incontestablement de lui. On trouvera les autres dans notre chapitre XIXe.
245. LE PRESBYTERE D'HENOVVILLE. A Tircis. _A Roüen, Chez Iean le Boullenger._ M.DC.XXXXII [1642]. In-12 de 12 pp.
Cette pièce a été pour la première fois attribuée à Corneille par M. Emm. Gaillard (_Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen_, 1834, pp. 164-169); M. Brunet (_Manuel du libraire_, t. IIe, col. 286) et M. Édouard Fournier (_Notes sur la vie de Corneille_, pp. LXXI sq.) l'ont ajoutée sans contestation aux oeuvres de notre poëte, mais M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 11-14) a soumis la question à un nouvel examen. La raison qui avait déterminé M. Gaillard à considérer Corneille comme l'auteur du _Presbytère d'Hénouville_, c'était que le poëte aurait été souvent l'hôte de l'abbé Legendre, curé d'Hénouville; or M. Gosselin (_Pierre Corneille (le père) et sa maison de campagne_, Rouen, 1864, in-8) a démontré depuis que c'était à Petit-Couronne que la famille Corneille allait respirer l'air des champs. Ce détail n'est assurément pas décisif; mais ce qui est plus significatif, c'est que le _Presbytère d'Hénouville_ n'ait pas été imprimé chez _Laurens Maurry_. M. Marty-Laveaux a fait en outre remarquer, avec beaucoup d'à-propos, que le nom de _Tircis_ était le nom sous lequel Corneille s'était mis en scène dans _Mélite_, et que les mots «A Tircis» semblent indiquer que le poëme ne fut pas composé par lui, mais lui fut au contraire adressé par un de ses amis.
Le seul exemplaire connu du _Presbytère d'Hénouville_ appartient à la Bibliothèque de Rouen (_Recueil de poësies diverses_, O. 744).