Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 1

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marque diacritique forme dessus macron (barre horizontale) [=x] 2 points (tréma, umlaut) [:x] accent grave ` [`x] accent aigu ´ [´x] circonflexe ^ [^x] caron (en forme de v) [vx] breve (en forme de u) [)x] tilde [~x]

Chiffres romains, C inversé [C] Long S [s] Fraktur [f] Lettres espacées [=}

BIBLIOGRAPHIE

CORNÉLIENNE

OU DESCRIPTION RAISONNÉE

DE TOUTES LES ÉDITIONS DES OEUVRES DE PIERRE CORNEILLE,

DES IMITATIONS OU TRADUCTIONS

QUI EN ONT ÉTÉ FAITES, ET DES OUVRAGES RELATIFS

A CORNEILLE ET A SES ÉCRITS

PAR

ÉMILE PICOT

PARIS

AUGUSTE FONTAINE, LIBRAIRE

35, 36 ET 37, PASSAGE DES PANORAMAS, ET GALERIE DE LA BOURSE, 1 ET 10.

1876

BIBLIOGRAPHIE

CORNÉLIENNE

_Cinquante exemplaires en papier Whatman._

No 38

PARIS.--TYP. G. CHAMEROT, RUE DES SAINTS-PÈRES, 19.

PRÉFACE

Les éditions originales de nos auteurs classiques ne sont plus aujourd'hui de simples objets de curiosité que les bibliophiles recherchent pour leur rareté. Étudiées avec soin par les érudits et les savants, elles sont devenues la base des bonnes éditions modernes; aussi les amateurs intelligents leur assignent-ils le premier rang sur leurs tablettes, et le prix en a-t-il centuplé depuis le commencement de ce siècle. Le temps n'est plus où les Walckenaer et les Taschereau payaient un écu de cent sous les premières éditions du _Misanthrope_ et du _Tartuffe_, où Victor Cousin achetait pour 160 francs les trente-deux pièces de Corneille; on assiste aujourd'hui à de véritables batailles où les vainqueurs n'ont pas à craindre de revers.

La passion avec laquelle le public lettré poursuit ces précieuses plaquettes a fait naître l'idée des bibliographies spéciales, destinées à servir de guide aux collectionneurs, à leur indiquer toutes les particularités des livres qu'ils recherchent, et à fournir aux critiques un tableau complet des publications relatives à nos grands auteurs.

Le succès qu'a obtenu la _Bibliographie moliéresque_, dont la seconde édition sera bientôt épuisée, nous fait espérer que le public témoignera quelque bienveillance à notre _Bibliographie cornélienne_. Malgré les travaux de M. Taschereau, malgré la publication, si consciencieuse, et l'on peut le dire définitive, de M. Marty-Laveaux, les éditions originales de Corneille sont beaucoup moins bien connues que celles de Molière et de Racine, parce qu'elles n'ont pas eu la bonne fortune d'être aussi bien décrites par le savant auteur du _Manuel du libraire_. De là vient que ces éditions n'atteignent pas encore un prix en rapport avec leur intérêt et leur rareté.

La pensée d'être utile aux bibliophiles et aux libraires nous a fait réunir, depuis plusieurs années, des observations qui se sont classées au jour le jour. Chaque fois qu'un exemplaire nous est tombé sous les yeux, nous en avons pris la description; peu à peu ces notes sont devenues assez considérables pour que nous ayons songé à en faire un livre. Le concours empressé des amateurs nous a permis de les compléter.

M. le baron James de Rothschild, à qui nous devons la première idée de notre travail, n'a cessé de nous aider de ses conseils et de son expérience, en même temps qu'il nous permettait de puiser dans sa précieuse bibliothèque. M. le comte de Lignerolles, M. Ambroise-Firmin Didot et son savant bibliothécaire, M. Pawlowski, nous ont gracieusement communiqué leurs riches séries d'éditions de Corneille; les collections de MM. Bancel, Daguin et de Ruble n'ont pas eu non plus de secrets pour nous. Sans prétendre nommer ici tous ceux qui nous ont prêté leur concours, nous devons remercier d'une façon toute spéciale M. Potier, le Nestor des libraires français, qui a bien voulu revoir une épreuve de nos premiers chapitres; M. Paul Lacroix, qui nous a signalé quelques livres peu connus; M. Léon Guyard, archiviste du Théâtre-Français, et M. Charles Nuitter, archiviste de l'Opéra, qui, l'un et l'autre, nous ont ouvert les dépôts confiés à leur soin. Nous ne devons pas omettre Messieurs les conservateurs de la Bibliothèque nationale, de la Bibliothèque de l'Arsenal, de la Bibliothèque Cousin et du Musée britannique, dont nous ne sommes pas parvenu à lasser l'obligeance.

Après avoir acquitté cette dette de reconnaissance, nous devons dire quelques mots du plan que nous avons suivi. Nous nous sommes attachés à décrire avec la plus extrême minutie toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, distinguant soigneusement celles auxquelles il a coopéré de celles auxquelles il est resté étranger. Nous avons ainsi réuni dans nos cinq premiers chapitres tous les livres qu'il est indispensable de consulter pour établir un texte authentique de notre auteur. La sévérité de notre classement nous a fait rejeter dans la seconde catégorie les éditions elzéviriennes auxquelles les amateurs attachent encore beaucoup de prix. Malgré les qualités matérielles de leur exécution, nous avons pensé qu'elles devaient, au point de vue littéraire, être rangées parmi les contrefaçons.

Tout en distinguant avec soin des véritables éditions originales les réimpressions exécutées du vivant de Corneille, sans sa participation, nous n'avons pas cru devoir les confondre avec les réimpressions postérieures. Quoique ce ne soient en principe que des reproductions subreptices ou des contrefaçons, généralement peu correctes, il n'est pas impossible que telle ou telle d'entre elles renferme des indications curieuses en ce qu'elles émanent de contemporains; c'est le cas notamment pour l'édition du _Cid_ publiée par Guillaume Chrestien, à Leyde, en 1638 (no 278), et pour l'édition elzévirienne du _Menteur_ (no 318).

Afin d'enlever à notre livre un peu de la monotonie que présente un simple catalogue, nous y avons introduit des notices historiques sur chacun des ouvrages de Corneille. Nous n'avons pas eu la prétention d'y révéler des faits inconnus; nous nous sommes borné le plus souvent à donner une courte analyse des travaux de nos devanciers. Sur quelques points cependant, nous avons été assez heureux pour relever quelques détails qui n'avaient pas encore été recueillis. Le Journal de Lagrange que nous avons pu consulter aux Archives du Théâtre-Français, et un manuscrit non cité jusqu'ici de la Bibliothèque nationale, nous ont permis de compléter les renseignements relatifs aux représentations données du temps de Corneille. Une _Lettre en vers_ de Robinet nous a fourni un compte-rendu intéressant de la première représentation de _Pulchérie_.

Comme nous ne faisons pas ici de la critique, mais de la bibliographie, nous nous sommes attaché dans nos citations à reproduire avec une fidélité toute matérielle, le texte des éditions anciennes; nous en avons respecté non-seulement l'orthographe, mais encore la ponctuation, même dans les endroits où elle était vicieuse, afin que le lecteur puisse se faire une idée exacte des originaux. Le texte suivi dans le chapitre premier est celui de la première des éditions originales de chaque pièce, tandis que l'édition collective de 1682 a été prise pour guide dans le chapitre troisième[1]. Les citations empruntées à Corneille ont été indiquées par des guillemets marginaux.

[1] Nous avons fait pourtant dans les citations la distinction entre l'_u_ voyelle et le _v_ consonne; entre l'_i_ et le _j_. En reproduisant les titres, au contraire, nous avons suivi le système adopté par les imprimeurs. Corneille, qui fut un des premiers à faire cette distinction, ne la fit qu'en 1664.

Pour déjouer autant que possible les calculs de certains spéculateurs peu scrupuleux qui composent des exemplaires avec des fragments provenant d'éditions différentes, nous avons eu le soin de marquer la séparation des lignes dans les titres des éditions contemporaines de Corneille. Ce système a l'avantage d'indiquer, pour les éditions véritablement importantes, quelles sont celles que nous avons décrites _de visu_. Nous n'avions pas d'abord songé à l'appliquer aux traductions étrangères: aussi le chapitre qui leur est consacré contient-il un certain nombre d'articles, antérieurs à 1684, où la séparation des lignes n'est pas indiquée, bien que nous ayons nous-même relevé les titres sur les originaux.

Nous avons particulièrement insisté sur un point auquel les bibliographes n'ont accordé d'ordinaire que peu d'attention: nous voulons parler des mentions relatives aux libraires. Au dix-septième siècle les libraires avaient l'habitude de s'associer pour la vente des ouvrages auxquels la faveur du public paraissait assurée; le plus souvent cette association était rappelée à la fin du texte du privilége, et chacun des libraires faisait tirer des exemplaires à son nom. Partant de ce principe, nous nous sommes efforcé de faire connaître aussi complétement que possible les libraires à qui Corneille avait confié la publication de chacune des éditions de ses ouvrages. Nous n'avons pas laissé au hasard l'ordre dans lequel les libraires ont été rangés; nous les avons classés conformément aux indications fournies à la fin des priviléges; nous avons été ainsi amenés plus d'une fois à citer certaines éditions avec des noms qui ne se trouvaient pas sur les exemplaires que nous avons eus entre les mains, ou tout au moins à compléter les adresses des libraires mentionnés par les bibliographes. On distinguera facilement les citations faites sur les originaux de celles qui sont des restitutions même certaines, puisque, dans le premier cas, nous avons eu soin de marquer la séparation des lignes dans l'original. Quand les libraires cessionnaires du privilége ne sont pas mentionnés expressément, nous n'avons fait figurer que ceux au nom de qui nous avons vu des exemplaires, sauf à indiquer sous forme hypothétique qu'il peut en exister d'autres au nom de tel ou tel libraire (voy. par exemple les nos 116 et 117): nous espérons que ces notes ne seront pas inutiles pour l'histoire de la librairie parisienne.

Les recherches de MM. Taschereau et Marty-Laveaux nous ont laissé peu à glaner dans le champ des éditions originales; cependant nous croyons avoir distingué le premier les diverses éditions de _Nicomède_ (nos 65 et 66) et de _Sophonisbe_ (nos 82 et 83), et donné une suite complète des éditions collectives (nos 98-113).

On trouvera peut-être que nous sommes entré dans trop de détails, relativement aux ouvrages dans lesquels figurent des fragments de Corneille; il nous a paru curieux, quant à nous, de faire connaître un certain nombre de livres aujourd'hui encore peu recherchés, mais qui doivent figurer dans une collection cornélienne. Nous avons cru d'autant plus utile de décrire avec soin cette série d'ouvrages qu'elle est probablement destinée à s'enrichir de nouvelles découvertes. Ceux qui trouveront dans quelque recueil du dix-septième siècle des fragments signés de Corneille pourront immédiatement vérifier si le livre qui les renferme est déjà connu.

Nous passerons rapidement sur les chapitres que nous avons consacrés aux éditions modernes; il eût été probablement possible de les enrichir encore en recherchant, avec plus de soin que nous l'avons fait, les éditions imprimées au dix-huitième siècle, mais nous nous sommes pour ainsi dire borné à dépouiller la _Bibliographie de la France_. Augmenter outre mesure ces chapitres déjà trop longs eût été plus fastidieux que profitable.

Nous avons donné un développement assez considérable au chapitre des traductions étrangères pour lesquelles nous avons eu plusieurs collaborateurs dévoués. M. de' Filippi nous a signalé plusieurs pièces italiennes; M. Thor Sundby, de Copenhague, nous a très-gracieusement envoyé la liste des traductions danoises; mais c'est surtout pour la partie néerlandaise que nous avons eu un secours inespéré. M. Adolphe Régnier, l'éminent directeur de la belle collection des _Grands Écrivains de la France_, a bien voulu nous communiquer un important travail que feu Van Lennep avait rédigé, à la demande de M. Louis Hachette, pour l'édition de Corneille de M. Marty-Laveaux. Ce travail, jugé trop considérable pour être inséré dans un livre où il eût été comme un hors-d'oeuvre, était resté inédit, et nous avons la bonne fortune de le présenter à nos lecteurs. M. Alphonse Willems, le savant bibliographe de Bruxelles, nous est venu en aide avec la plus grande obligeance, non-seulement pour compléter ce travail, mais pour en revoir les épreuves. Grâce à lui et à diverses indications qui nous ont été fournies par M. F. Vanderhaeghen, l'infatigable bibliothécaire de l'Université de Gand, nous avons pu présenter un tableau à peu près complet des traductions de Corneille publiées dans les Pays-Bas. Nos renseignements n'ont malheureusement pas été aussi complets pour tous les pays. Un inventaire définitif des traductions étrangères de nos auteurs dramatiques ne sera possible que le jour où chaque pays possédera des bibliographies théâtrales comparables à celles que MM. Klemming et Dahlgren ont publiées pour la Suède.

La facilité que nous avons eue de consulter le recueil de livrets achetés par l'Académie nationale de musique à la vente de M. de Soleinne, nous a entraîné à donner peut-être une trop grande place aux opéras tirés des tragédies de Corneille; sur ce point, cependant, nous n'avons pas hésité à sacrifier une partie des notes que nous avions prises.

Les chapitres complémentaires de notre _Bibliographie_, ceux qui contiennent l'énumération de tous les ouvrages relatifs à Corneille et à ses écrits, sont en grande partie empruntés à MM. Taschereau, Ballin et Marty-Laveaux, auxquels nous n'avons eu que peu de chose à ajouter. Il en est un cependant que nous croyons pouvoir recommander à l'attention de nos lecteurs, c'est celui où nous avons décrit les nombreuses pièces relatives à la querelle du _Cid_. Nous avons été assez heureux pour pouvoir décrire un certain nombre de pièces que nos devanciers n'avaient pu se procurer, en particulier cette fameuse _Deffense du Cid_, vainement cherchée par M. Taschereau.

Nous comptions terminer notre ouvrage par une iconographie de Corneille, pour laquelle un jeune amateur, M. Beraldi, nous avait fourni d'utiles renseignements, mais la crainte de surcharger outre mesure un volume déjà bien gros nous a forcé de renoncer à notre projet. Nous avons dû nous contenter des renseignements que nous avons donnés en parlant des diverses éditions de Corneille qui comportent des figures. Nous avons nous-même reproduit en tête de notre volume le plus ancien portrait de Corneille, qui est en même temps le plus rare et le moins connu. Nous espérons que les amateurs verront avec plaisir la gravure de Michel Lasne, que le procédé de M. Armand Durand a permis de reproduire avec la plus grande fidélité.

Nous avons ajouté à notre ouvrage une table alphabétique générale et une table des imprimeurs et des libraires. Cette dernière table nous paraît indispensable dans une _Bibliographie_. Ce n'est qu'en dressant des listes de ce genre qu'on pourra faire l'histoire de l'imprimerie et de la librairie dans tous les pays.

En terminant, nous prendrons la liberté de recommander à nos lecteurs la liste d'additions et de corrections que nous faisons suivre; celles qu'on voudra bien nous communiquer par la suite seront accueillies avec la plus vive reconnaissance. La bibliographie ne peut être qu'une oeuvre collective à laquelle tous les amateurs, tous les chercheurs doivent prendre part; nous ne nous sommes proposé que d'apporter une modeste pierre à l'édifice commun.

ADDITIONS ET CORRECTIONS

26. L'exemplaire in-4 de _Polyeucte_, qui a figuré à la vente Benzon, était daté de 1648 (no 28); il ne devait donc pas contenir d'achevé d'imprimer.

79. Nous avons enfin trouvé chez M. Didot cette pièce que nous n'avions rencontrée nulle part. En voici la description:

LA || TOISON D'OR || Tragedie en Machines, || de Monsieur || de Corneille l'Aisné || Representée sur le Theatre Royal des seuls || Comediens du Roy, entretenus par sa Majesté || en leur Hostel, ruë de Guenegaud || Avec un Prologue nouveau. || Entreprise sous la conduite du Sieur Du Fort, || Ingenieur & Machiniste du Theatre Royal || des seuls Comediens du Roy. || _A Paris_, || _De l'Imprimerie de la Veuve G. Adam, sur le Quay_ || _des Augustins, à l'Olivier_. || M. DC. LXXXII [1683]. || Avec Permission. In-4 de 35 pp. en tout.

Cette pièce est un simple programme qui comprend l'_Argument de la Tragédie_ (pp. 3-10), les _Acteurs et la Décoration du Prologue_ (pp. 11-12); le _Prologue_ [en vers] _par le Sieur de la Chapelle_ (pp. 13-24); la _Toison d'or, Tragedie en Machines_ (pp. 23-35).

On lit à la fin: _Permis d'imprimer. Fait ce neuviesme Iuin 1683._ DE LA REYNIE.

Le texte des Dessins du programme de 1683 diffère entièrement de celui de 1661 et de la description des décorations mise par Corneille en tête de chacun des cinq actes dans l'édition de 1661. On en jugera par les premières lignes qui suivent immédiatement le _Prologue_:

Un jardin magnifique succede à cette agreable solitude qui a servy de Décoration au Prologue: ce jardin est bordé tout au tour par des berceaux de chevrefeuilles, de jasmins et de grenadiers, dont les feuilles et les fleurs laissent voir d'espace en espace une grille de fer doré, ornée de festons et de corbeilles treillissées d'or, qui font avec la verdure un des plus agreables objets du monde: Au bas de ces berceaux regne une palissade de roziers chargés de fleurs, au long de laquelle sont des pieds d'estaux de marbre, qui portent des Statues d'or.

99 _bis._ OEUVRES DE CORNEILLE. Tome Premier [Tome Second]. _A Paris, Chez Augustin Courbé, dans la petite Sale du Palais, à la Palme._ M. DC. XXXXVII [1647]. Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-4.

Recueil factice d'éditions séparées des pièces de Corneille dans le format in-4. Un exemplaire est porté au Catalogue La Vallière de 1767; un autre appartient à M. le comte de Lignerolles, qui a découvert successivement chacun des deux volumes.

M. L. Potier nous signale ce recueil, dont l'absence du propriétaire ne nous permet pas de donner une description détaillée.

100. L'édition de 1648 se distingue de celle de 1652 par un détail matériel qui permet de la reconnaître facilement: elle est imprimée par cahiers 6 ff., tandis que les signatures de l'édition de 1652 se suivent régulièrement de 12 en 12 ff.

110 et 113. Nous avons émis des doutes, page 146, sur l'existence de frontispices destinés à accompagner l'édition de 1668 (A); mais, depuis l'impression de notre chapitre IIIe, M. Lessore a bien voulu nous communiquer un exemplaire dans sa primitive reliure du _Théatre_ de Pierre et de Thomas Corneille, édition de 1668 (A), qui contient les frontispices que nous avons cru n'appartenir qu'au Recueil de 1682. Ainsi se trouve confirmée l'hypothèse émise par M. Daguin (voy. p. 150). Quant à l'édition de 1668 (B), il est hors de doute qu'elle n'a jamais eu de frontispices gravés.

250. Une lettre de Huet à Ménage, datée du 16 mars 1663, et dont l'original appartient à M. le baron James de Rothschild, nous apprend que la _Plainte de la France à Rome_ avait d'abord passé dans le public pour être l'oeuvre de Corneille: «On m'a envoyé, dit Huet, une élégie sur la guerre de Rome, que je pris d'abord avec bien d'autres pour estre de Mr Corneille; j'en suis présentement désabusé.»

421. Lisez: _Ulm_, 1836.

640 _g._ Ajoutez: [par l'abbé Champion de Nilon]. Supprimez le no 630 _i_.

799. Lisez: URVAL.

825 _bis._ HORATIORUM ET CURIATIORUM GLORIOSISSIMUM PRO IMPERIO CERTAMEN. _Absque nota._

Traduction abrégée d'_Horace_ représentée dans un des colléges des jésuites. Elle est citée au _Catalogue Pont-de-Veyle_, no 1919.

828 _bis._ RAGIONAMENTO SU L'UTILITÀ E SU LE PARTI DEL POEMA DRAMMATICO, portato dal Francese nell'Italiana favella dall'abate G. Cito.

Traduction italienne du _Discours sur l'utilité et les parties du Poëme Dramatique_; elle se trouve dans les _Notizie letterarie intorno ad alcuni huomini illustri della Francia, pubblicate dall'abate G. Cito_; 1738, in-4.

900. Lisez: [Cyrillique: Eraklie.]

Tandis que les dernières feuilles de notre _Bibliographie_ étaient sous presse, la littérature roumaine s'est enrichie d'une nouvelle traduction de Corneille. M. Georges Sion, qui nous exprimait, il y a quelques mois, le regret de voir Corneille aussi négligé de ses compatriotes, s'est mis lui-même à l'oeuvre, et, dans la séance de l'Académie roumaine du 29 août-10 septembre dernier, il a présenté à cette société, dont il est un des membres les plus distingués, une traduction en vers d'_Horace_, dont l'impression a été aussitôt décidée.

915. Lisez: _Over against the New Exchange_.

928. Effacez une fois _Nicolaes_.

1146 _bis._ I VERI AMICI, Dramma recitato nel Teatro di S. Cassiano l'anno 1713; [Poesia dell'Abate Froncesco Silvani, Veneziano, e Domenico Lalli Veneziano; Musica di Andrea Paulati, Veneziano]. _In Venezia, per Marino Rossetti_, 1713. In-12.

Cet opéra, tiré d'_Héraclius_, a été repris à Venise, au théâtre Saint-Angiolo, en 1723, avec quelques changements. Il a été fait alors une nouvelle édition du livret (_In Venezia, per Francesco Storti_, 1723, in-12).

BIBLIOGRAPHIE

CORNÉLIENNE

I.--ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES PAR LUI-MÊME.

I

1. MELITE, || OV || LES FAVSSES || LETTRES. || Piece Comique. || _A Paris, || Chez François Targa, au premier || pillier de la grande Salle du Palais, deuant || les Consultations, au Soleil d'or._ || M. DC. XXXIII [1633]. || Avec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff., 150 pp. et 1 f. blanc.

Les feuillets prélim. comprennent: 1 f. de titre; 3 ff. pour la dédicace à M. de Liancour, l'avis _Au Lecteur_ et l'_Argument_; 2 ff. pour le _Privilége_ et les noms des _Acteurs_.

Le privilége, daté de Saint-Germain en Laye, le dernier jour de janvier 1633, porte: «Nostre bien amé François Targa, Marchand Libraire de nostre bonne ville de Paris, nous a fait remontrer qu'il a nouvellement recouvré un Livre intitulé _Melite, ou les fausses Lettres, Piece comique_, faicte par Me Pierre Corneille, Advocat en nostre Cour de Parlement de Rouen, qu'il desireroit faire imprimer et mettre en vente, etc.» Le privilége lui est accordé pour dix ans consécutifs, «à compter du jour et datte qu'il sera achevé d'imprimer». On lit à la fin: _Acheué d'imprimer pour la premiere fois, le douziéme iour de Feburier mil six cens trente-trois_.