Aventures de Jérôme Bardini

Part 2

Chapter 22,953 wordsPublic domain

Sur cette margelle d’une vérité qui n’était plus la sienne, au-dessus d’une nudité dont le charme ne l’atteignait plus qu’indirectement, par la vision qu’il avait de sa future femme ainsi étendue (et, car il ne limitait plus le nombre de ses futures existences, de sa future femme ainsi étendue le jour de sa seconde disparition), Bardini regardait Renée. La plus noble raison qu’il avait de partir n’était-ce pas de la laisser ainsi belle, ainsi jeune? L’âme de Renée était intacte, son corps l’était plus encore, le mariage semblait avoir seulement changé sa virginité de jeune fille en virginité d’épouse. Les élans, les sacrifices, le don de sa dot dans les malheurs qu’il avait eus, le don d’elle-même dans le bonheur, ne provoquaient en elle aucun geste, aucune animation, à peine une douce chaleur. Ce matin, toujours avec cette réserve infinie qui ne lui avait jamais permis depuis ses fiançailles de saisir la première le bras de son mari, de demander ou de provoquer un baiser, elle attendait que Bardini lui prît la main. Ces demi-inclinaisons de tête, ces demi-glissements de la paupière, ce quart de sourire, qui étaient chez elle l’expression déchaînée de la volupté et de l’amour, elle ne se les était permis qu’à l’intérieur d’un édifice de tendresse construit tout entier par son mari. Elle attendait donc. Son mari allait partir pour jamais dans quelques heures; impassible dans son élan, elle attendait qu’il se baissât vers elle, elle ne rapprochait pas d’un millimètre sa main. Son mari s’embarquait pour une nouvelle série de bonheurs, de malheurs, de désastres; s’en fût-elle doutée, elle eût attendu qu’il la prît dans ses bras. Lui, pénétré maintenant du parfum de Renée, décidé à s’en laver l’après-midi par une baignade, puisqu’un second bain devenait indispensable, se sentait tenté de s’étendre près d’elle, de prendre congé d’elle comme le faisaient les croisés de leurs épouses, avant cette croisade sans croix vers l’inaccessible. Elle qui devinait tout ce qu’il y avait d’inhabituel dans cette attitude, ce remue-ménage, ce silence, elle, toujours soumise et reconnaissante, vers le corps de laquelle il n’avait jamais, quand il l’avait désiré, par on ne sait quelle merveilleuse habileté de Renée, trouvé d’obstacles, comme les malaises ou la proximité des domestiques, restait souriante, avec aussi peu de mouvement en elle qu’une femme déjà comblée. Le tout commandé par un mélange de doux défi, de dignité, de désir décent, de tous ces noms un peu provocants qui débutent par des dentales... Il s’agissait pourtant là, Renée, d’une séparation éternelle.

«A quoi penses-tu?»

Il dit cela avec un peu de gêne. Renée savait très mal voir les faits précis, mal tirer les conclusions d’événements évidents, mais elle avait en elle de la divination. Au temps où Bardini, au lieu, comme aujourd’hui, d’approfondir sa vie, n’avait voulu que l’élargir, et avait eu des flirts, des maîtresses, dans la conversation de Renée apparaissaient à point nommé les noms propres de ses aventures.

«A quoi penses-tu? Réponds-moi, Renée. Parlons.»

Il avait dit ce prénom qu’il avait bien juré de ne plus prononcer. Il rougit.

«Mon prénom te fait mal, Jérôme? Parlons.»

Elle se dressa, n’hésita plus à mouvoir ce corps, puisqu’il s’agissait de parole, elle sentait seulement sa bouche, sa langue un peu endormies dès que la parole était en jeu. Elle se pencha sur Bardini pour cette conversation, elle s’offrit, seins et cou, et joues inclinées, pour cette discussion, donnant pour la parole ce corps qu’elle n’avait jamais approché d’une ligne pour l’amour.

«Tu t’ennuies ici, Jérôme! Pourquoi ne pas revenir à Paris? Bella est morte. Bellita ne revient jamais. Nous sommes riches à nouveau. Ne crois-tu pas que nous sommes faits plutôt pour Paris que pour la campagne, l’un et l’autre?»

Il se leva, détourna la conversation, c’est-à-dire écarta ses mains, sa poitrine, sut se soustraire à cette pression de Renée qui était le poids de son raisonnement. Il parla de ce qu’il croyait déjà insensible en lui, de la maison, de l’enfant. Mais chaque phrase de Renée semblait supposer pour la vie entière de cet enfant la présence continuelle de Bardini. Elle le liait à sa future vaccination, à sa communion, à son mariage, comme si Bardini était, non son père, mais son frère siamois. Lui, hypocrite, affecta une douleur au cœur, se plaignit. Renée, sentant confusément elle ne savait quelle menace autour d’eux, tentait d’en repousser l’occasion le plus loin possible, en parlant de leurs projets, du voyage de la Pentecôte à Nice, de la Bugatti qu’on devait acheter à Pâques. Était-elle commandée? Elle eut peur quand elle apprit que non. Ah! qu’elle eût été soulagée de voir Bardini tirer de sa poche les billets pour Nice. Et son veston de printemps? Pourquoi n’avoir pas écrit déjà au tailleur? Avait-il écrit? Non. Elle se recoucha, désolée. Elle avait l’impression qu’un incendie éclatait dans sa vie et que rien n’était assuré.

Il répondait à toutes ses questions par un geste d’indifférence, refusant de pénétrer dans cet avenir qu’ouvrait Renée de toutes ses forces, contraint de lui apprendre que le bois pour l’hiver n’était pas commandé, que la femme de chambre de Fontranges n’avait pas encore reçu mission de trouver pour eux une cuisinière. Cette absence de domestiques apparut soudain à Renée comme un gouffre, comme une coupure dangereuse dans la trame de leur vie. Lui se reprochait d’avoir été maladroit en n’entretenant pas jusqu’au dernier jour cette existence qu’il allait quitter. Renée demain allait trouver tous les souliers de son mari éculés, les cartouches de la chasse épuisées, les chiens avec des puces: toutes les preuves de la préméditation. Elle s’était levée pendant qu’il réfléchissait, les yeux perdus. Il avait laissé passer l’occasion de voir une dernière fois les longues jambes, les beaux genoux de Renée. D’un regard que rien maintenant ne trompait, elle voyait sur la table de toilette que les lotions de Jérôme étaient presque épuisées, le tube de pâte pour les dents à son terme, cette réserve de boutons pour faux-cols qu’il entretenait plus jalousement qu’un vivier n’en recelait plus qu’un, pauvre tibi qui servirait sans doute pour le premier faux-col du petit Jacques. Tous ces bocaux de luxe--les réservoirs maintenant de leur vie même, elle le sentait--, ils étaient presque pleins sur sa propre tablette, à peu près vides sur la sienne. Le violet et l’ambre, couleurs des parfums de Renée, étincelaient au soleil, à ras le bord. Le vert et le jaune, ses couleurs à lui, étaient presque taris. Elle se peigna, cherchant des yeux malgré elle dans les tiroirs. Plus un seul savon anglais. Les lames non repassées de rasoir Gilette s’accumulaient. Le rasoir à manche d’écaille qu’on devait aiguiser depuis bientôt deux mois était encore là. Il était rouillé, il semblait avoir sur toute la lame la rouille du sang. Son eau de Botot aussi s’épuisait. Tout le sang parfumé de la famille était atteint dans sa source et dans son débit. Elle consulta le flacon d’eau de Cologne comme un thermomètre. Il marquait le froid de la mort.

«J’écris ce matin à Houbigant, dit-elle. Tu n’as plus rien. Tu ne vas pas laisser pousser ta barbe, je pense?»

Il était presque aussi vexé qu’attristé de sa maladresse. On pouvait être sûr qu’il ne manquerait rien dans son prochain foyer, le jour de sa prochaine disparition, et en parfums, et en tendresse. Cependant Renée, de cette démarche mesurée et douce--son pas dans les alarmes--, cherchait dans sa garde-robe, dans sa commode. Elle s’étonnait. Lui, si méticuleux, qui s’emportait contre la femme de chambre pour la moindre déchirure, n’avait plus que des chemises usées, des mouchoirs percés. Les pantalons n’avaient pas reçu depuis des semaines leur coup de fer. Les chaussettes étaient en loques. Que signifiait cela? Toute cette enveloppe de son mari était aussi fripée que la carapace laissée par un homard après la mue. Elle avait l’impression d’avoir devant elle--derrière elle plutôt, car Renée ne se retournait face aux êtres qu’après les avoir compris, et enquêtait dans les placards sans regarder Jérôme--un mari dont la peau, le cœur était à vif. Il avait le vestiaire de quelqu’un qui a fui, d’un exilé. On eût dit même que le coude du complet neuf avait été approché à dessein de quelque pierre ponce. La jaquette, l’habit et le smoking seuls, tout noirs, semblaient protégés du désastre. Le Bardini des cérémonies allait-il subsister seul? Mais smoking, mais habit ne sont pas des costumes de sauvés ou de sauveteurs. La menace devinée par Renée se rapprochait. Jérôme devait être malade. Elle s’approcha de lui, il avait ses vêtements du matin en velours, elle les toucha, fut presque rassurée de trouver le velours résistant, de ne pas le sentir s’effilocher sous ses doigts en mousseline. Cher mari en velours. Cher velours non velouté, râpeux, dur comme une armure. En somme, il n’avait besoin que de deux costumes, un nouveau bleu, croisé, un gris d’été, droit. Elle allait écrire aussi ce matin au tailleur avant toute chose. Il jugea inutile de protester. Cette revue des défroques de sa vie l’avait irrité. Comme il avait raison de partir nu! Que de souvenirs liés aux baguettes rouges des chaussettes bleues! et les mouchoirs, qui mettent des initiales à toutes nos sécrétions! Il détourna Renée de son inspection, lâchement:

«Maud est à Langres. Elle viendra dîner demain. Elle a écrit.»

Renée qui, les mains râpées par le velours, sentait sur Jérôme l’odeur d’un savon inconnu, l’odeur de l’inconnu, et sur laquelle l’idée du pire des désastres s’était posée, comme sur toutes les femmes, sans transition, fut délivrée par ces paroles. Puisqu’on pouvait compter sur demain, sur quoi ne pouvait-on pas compter! Hypocritement Jérôme, qui avait eu le courage de ne pas mentir à propos de la Pentecôte, de Pâques, accepta de mentir pour demain. Il parla même du menu. Il n’aurait pas eu la force de parler d’ananas, de bananes, il consentit à parler de vin, de brioche. Mais Renée, sous prétexte de jeu, poussée en fait par une terrible angoisse, l’avait soudain inondé de son liquide violet. Il se leva, et, furieux et embaumé de violette, avec le parfum qui avait été celui de sa fiancée le soir de ses noces, sortit en claquant la porte.

A onze heures, Renée reparut, toute prête, des lettres à la main. Elle avait écrit à Houbigant, au tailleur, à _Old England_ pour les tricots, à l’autre fournisseur pour les chaussettes, à toutes ces adresses que Jérôme lui avait imposées comme des textes sacrés, et qui étaient maintenant des étiquettes terribles de la vie de Bardini. Il voulut les prendre, assura qu’il allait les porter à bicyclette jusqu’à la gare. Elle refusa. Elle avait à faire à Nogent. Elle lui dit tendrement au revoir. Il admira l’ironie du sort qui, quelques heures avant sa fuite, la maquillait en voyageuse et lui en gardien du foyer. Elle l’embrassa et disparut, elle aussi, disparut à bicyclette, si doucement, si naturellement, d’une pente si facile que Jérôme eut l’idée qu’il n’était vraiment qu’un maladroit et que c’était comme cela qu’il fallait partir pour toujours, avec cette suprême aisance...

Elle revint.

* * * * *

Le déjeuner fut simple. Renée avait réservé pour Maud les champignons, les perdreaux. Il n’y eut que du jambon, même pas fumé, du macaroni et du gruyère. Jérôme, d’habitude, récriminait devant un pareil repas sans sauce, sans spécialité, sans goût. Aujourd’hui il en fut heureux. C’était pour lui une espèce de communion. On n’aime pas trouver de goût au pain azyme. La bouteille de vin gris était presque à son terme. Il sentit le regard de Renée, descendit à la cave, et en ouvrit une autre. Il y toucha à peine. Qui boirait ce reste de vin? A quel homme de journée, à quel facteur, Renée, lassée de faire un souvenir de ce qui se boit et se mange, le donnerait-elle, désespérée?

«Quel est ce vin?» demanda-t-elle.

Le mot Vouvray, le mot Seyssel l’eût réconfortée, le mot Meursault exaltée. C’était un vin sans nom et sans parfum que Jérôme utilisait justement pour le scieur de bois et le jardinier. Renée eut la même impression que ce matin devant les flacons vides. Les beaux réservoirs de la vie n’avaient plus de pression pour Jérôme. Il ne fuma pas. Il ne prit pas d’alcool. Elle eut pour mari pendant tout le repas une espèce d’homme stérilisé sur lequel ne semblaient pas agir les annonces du lièvre à la royale pour après-demain, si Maud restait, des truites pour vendredi. Elle les avait commandées ferme, même s’ils étaient seuls. Elle avait rassemblé d’un coup dans sa visite à Nogent, appelé au secours tout ce qui devait élever autour de la maison cette haie de bien-être, cette fumée de bonheur qu’un époux ne franchit pas, un époux difficile. Les lotions, les truffes, les vestons bleus croisés allaient dès demain affluer. Il y aurait aussi deux surprises. Quelles surprises? Tristes surprises en tout cas pour elle, qui les aurait oubliées le jour où elles arriveraient. Elle ne voulait pas les dire? Il essaya de deviner ce résidu insoluble, le seul, de sa vie avec Renée. Elle résista. Elle fut soulagée d’apprendre qu’il prenait du café. Elle proposa de le servir dans le jardin. C’était un beau jour d’automne. Toutes les bêtes du printemps, papillons, pinsons, hannetons, habitaient cette saison dorée. Dos au soleil, Jérôme et sa femme avaient devant eux les champs ensoleillés. C’était la plus longue période que la nature depuis longtemps eût passée sans gelée et sans froid. Rarement dans cette province la caresse donnée par le climat aux arbres, aux oiseaux avait été aussi prolongée et si douce. Ils pouvaient certes la croire voulue, la croire consciente. Ils avaient pour le soleil des coquetteries, des attentions. Cela allait durer toujours!... Le café était bon, le plus réussi, pensa-t-elle, qu’elle eût fait de sa vie. Elle en fut heureuse et eut un geste qui renversa sa tasse. C’était une des tasses en porcelaine de la Compagnie des Indes auxquelles Bardini tenait tant. Jadis, quand il aimait Renée avec passion, il les lavait lui-même. Depuis qu’il avait pour elle une affection plus tranquille, il la forçait à les laver elle-même. Mais aujourd’hui il s’émut à peine du malheur. Il se moqua de ses larmes, la consola. Pourquoi pleurer pour de la porcelaine cassée? Il ne savait pas qu’elle pleurait pour de l’airain, pour du fer cassé. Elle se sentait tranchée de lui, tout un de ses côtés était à vif. Elle voyait qu’était venue la période où il ferait laver les tasses par la domestique. Elle pensa à la mort de Jérôme. C’est comme cela que se suicident les raffinés: la veille ils ne bronchent pas si leur collection de timbres brûle ou leur Degas se crève. Elle constata soudain que la vieillesse, la sécheresse avaient gagné tout le jardin. Les plants d’hiver n’étaient pas semés. La salade était hors d’âge. Pas de réserve de joncs, de sarments. Dans l’allée où Jérôme autrefois se promenait chaque après-midi en fumant son cigare, du gazon. Ses pas ne marquaient plus. L’abandon s’installait autour de son mari comme autour d’une personne morte. Non, ce n’était pas cela. Il ne s’agissait pas de mort. Ses cheveux, sa barbe, ses ongles étaient le contraire de ceux des morts, coupés ras, proprement, soigneusement. Ce mort, en tout cas, s’entretenait admirablement; dans le fond de la fossette de son menton ne restait aucun poil, contre l’habitude. Il donnait une impression de vigueur, de jeunesse même, de sentiments jeunes surtout et actifs, tels qu’une certaine fourberie. Il semblait aussi changé, non de caractère, mais de nationalité. Elle ne comprenait pas encore. Elle chercha à l’intéresser, à sonder cette énigme.

«Ne restons pas ici, Jérôme. Tu n’as plus besoin de ce poste. Je comprends ton ennui. Moi-même, avant la naissance de Jacques--je ne t’aimais pas moins, mais je n’y pouvais rien--, qui te dit que je n’ai pas voulu m’enfuir?

--T’enfuir?

--Oui, m’enfuir, disparaître.»

Ainsi pour la seconde fois, dans la journée décisive, c’était l’épouse stable et fidèle qui avait à mimer la disparition, tout à l’heure avec la vraie bicyclette, maintenant avec ce faux aveu, devant l’époux au seuil du départ. Contre cet homme qui ne devait plus jamais lui sourire si elle avait mal à la tête, la soutenir si elle glissait, porter ses souliers si elle passait un gué, tenir sa main si elle avait un autre enfant, elle fit le suprême effort de présenter sa constance comme un serpent ondoyant... Tendre aspic!

«Toi disparaître? Pourquoi?»

Pauvre Renée, dans son improvisation elle se trompa du tout au tout!

«Je ne sais trop, dit-elle, j’avais des obsessions. Tout ce que je regardais, tout ce que j’éprouvais me semblait nouveau, jusqu’à mes ciseaux, mes brosses. Je n’avais plus aucune habitude...

--Je te semblais inconnu, nouveau?

--Tu me semblais neuf, Jérôme.

--Tu avais songé à partir?

--Oui. Un jour même, j’avais fait mes malles. Mon nécessaire, mes robes, mes livres étaient déjà prêts. J’ai manqué prendre mon billet.»

Un billet pour mourir? Jérôme était déjà désintéressé de ce départ puéril avec bagages, de cette disparition avec décors. Comme M. de Fontranges arrivait pour sa visite quotidienne, il se leva.

«Eh là, Jérôme, dit Fontranges, tu disparais?

--Vous l’avez dit, seigneur, répondit Jérôme.

--Il oublie même son chapeau, dit Fontranges. Un de nos grands-oncles oublia ainsi son heaume, le jour où il partit pour Constantinople, et il ne voulut jamais se casquer d’un autre pendant la croisade. De là ces coups de soleil au nez fréquents dans la famille.

--Jérôme!» cria Renée.

Elle agitait le chapeau de paille de son mari, qui ne se retournait pas. Le chapeau de paille était vieux, la coiffe craqua dans ses mains. Elle regarda alors sans mot dire cet homme qu’elle n’aurait plus, plus jamais--la coiffe était à terre--de raison de rappeler, et au virage du bureau de tabac, elle le vit, et elle vit son ombre presque en même temps, sans qu’il retournât la tête, sans qu’il s’arrêtât--il entrait chaque jour pourtant dans cette maison acheter ses cigarettes--, oui, plus elle se rappelle et moins il y a d’autres mots à employer: elle le vit disparaître!

* * * * *