Part 7
C’est en vain que nous avons cherché dans les alluvions que l’on trouve sous les coulées des restes d’organismes permettant d’avoir une idée de l’âge des épanchements.
On en est réduit à faire uniquement pour le moment, entre les différents volcans et leurs coulées, des comparaisons fondées sur l’état de conservation des appareils volcaniques et les relations des coulées entre elles (quand c’est possible).
* * *
Les principaux centres volcaniques dont nous avons constaté l’existence sont les suivants :
a) _Au Nord et au pied du massif de l’Oudan_, entre ce massif et le mont Edjeleh, et plus près de ce massif que l’Edjeleh, nous avons constaté la présence de coulées basaltiques étalées en vastes nappes qui couvrent une assez grande surface.
Ces coulées semblent récentes.
Leur existence n’avait pas été signalée jusqu’à maintenant ;
b) _Dans l’Edjéré et à l’Ouest de Tisemt_ nous avons rencontré des volcans et coulées, de l’Hanou Tin-a-degdeg dans l’oued Tedjert à Tisemt sur les bords de la plaine de l’Amadror.
Ces volcans sont remarquablement bien conservés. Tous leurs appareils noirâtres font contraste avec les crêtes des Schistes cristallins qui émergent parées de vives couleurs par les jeux de lumières étonnants de ces pays des sombres coulées basaltiques.
Ces coulées s’étalent en général comme de véritables lacs occupant les fonds des vallées, et les oueds se sont réfugiés sur leurs bords, en suivant leur contact avec les Schistes cristallins ; ces oueds ont souvent leurs rives parées de magnifiques colonnades de prismes basaltiques, en particulier l’oued Tedjert de l’abankor Ahalléllen (au Sud de Hanou-Tin-a-degdeg, lui-même au Sud de Hanou-Tin-Edéjerid), à l’abankor Tin-ed’ness (près du redir El-Arab).
Sur les bords de cet oued Tedjert, à Tin-ed’ness, deux coulées de ces basaltes des vallées sont superposées, la plus élevée est donc la plus récente.
Non loin de là, à l’Est de Tin-ed’ness, et à l’Ouest de la gara Maserof (en gneiss) une coulée plus élevée forme plateau.
Cette coulée semble plus ancienne que les deux précédentes, qui se trouvent en contrebas.
On peut donc distinguer dans la région de Tin-ed’ness trois phases dans l’activité volcanique.
Ces phases sont d’une époque antérieure à la présence de l’homme de l’âge de la pierre taillée dans ces régions. En effet :
A l’Est du point d’eau de Tin-ed’ness, dans des grottes qui se trouvent sur les flancs d’un cratère, nous avons fait la découverte en faisant une tranchée de fouille, de nombreux instruments de l’âge de la pierre taillée bien en place, de facture genre Tardenoisien, c’est-à-dire avec pièces microlithiques et géométriques[44].
(Ces instruments sont, semble-t-il, contemporains des tombes anté-islamiques à tumuli qui sont particulièrement abondantes dans les fonds de cratères, peut-être parce que quelque croyance religieuse s’attachait à ces entonnoirs infernaux et y voyait quelque rapport avec le noir séjour des morts.)
Ces grottes avaient donc été habitées par des populations préhistoriques comme elles l’ont été d’ailleurs souvent depuis par les Touareg ainsi qu’il ressort de l’abondance des ustensiles de touareg que l’on trouve abandonnés sur leur sol.
Ce volcan n’est peut-être pas le plus récent de la région de Tin-ed’ness. Près de là, se trouvent des volcans que leur état de conservation peut faire considérer comme postérieurs. Mais la proximité de ces derniers fait que l’habitat des grottes voisines lors de leur activité est peu vraisemblable.
Il ressort de cette observation que l’activité des volcans de l’Edjéré est antérieure à la présence des hommes de l’âge de la pierre taillée qui ont habité ces grottes.
Mais la civilisation de l’âge de la pierre semble très récente en pays targui. Les Touareg conservent encore l’usage de l’emmanchure néolithique pour leurs haches, et l’âge de la pierre taillée, postérieur à la période d’activité des derniers volcans de l’Edjéré, n’est peut-être pas très ancien.
Les éruptions de l’Edjéré paraissent pléistocènes par l’état de conservation de leurs coulées et de leur cratère.
Les cratères de la région de Tin-ed’ness semblent alignés sensiblement suivant des directions sub-méridiennes.
On peut distinguer à l’Est de Tin-ed’ness, et de l’Est à l’Ouest, deux de ces alignements.
A l’Ouest de Tin-ed’ness on aperçoit une autre chaîne de volcans (monts Iferekouassen), la plus importante par l’ampleur de ses appareils.
Les volcans de l’Est de Tin-ed’ness paraissent en général moins récents que ceux de l’Ouest, mais ce n’est que l’impression qu’on peut avoir au cours d’un rapide passage, c’est-à-dire bien sujette à caution.
Les volcans sont très développés également dans la région de l’Ouest de l’oued In Reggi et du Nord-Ouest de Tisemt (monts Tig’elouin) où ils forment un ensemble montagneux important.
On trouve quelques cratères et coulées près de Tisemt.
La montagne de Tisemt qui domine les deux salines si réputées en pays targui est un curieux cratère.
L’entonnoir de ce cratère est rempli de cailloutis, sortes d’alluvions, de morceaux de roches diverses et très variées que nous n’avons trouvés que là, et épars sur le sol autour de ce cratère.
Il existe un épanchement de ces cailloutis, sortes d’alluvions, sur le flanc Est de ce cratère.
Ces morceaux de roches diverses sont sans doute des débris arrachés à la cheminée et la dernière émission de ce volcan semble avoir été une émission de cailloutis.
Il semble que nous ayons là un beau type de « neck ».
Outre son genre particulier d’activité, le cratère de Tisemt est intéressant à un autre point de vue.
Dans les débris qui remplissent son entonnoir, nous avons trouvé des calcaires travertineux que M. Buttler a observés en place, non loin de la base.
Ainsi, ce cratère est postérieur à ces travertins, et le jour où ces travertins se révèleront fossilifères, nous pourrons avoir des données précises sur l’âge de ce volcan.
Au pied de ce cratère se trouvent les salines de Tisemt ; l’origine de ces salines est mystérieuse encore !
La formation de ces amas de sels a-t-elle été en relation avec les manifestations volcaniques ?
La forme des protubérances salines pourrait faire pencher vers cette hypothèse, mais elle pourrait également faire croire à l’existence passée de sources chargées de sel en cet endroit !!!, sources plus ou moins artésiennes, provenant peut-être d’un seuil rocheux, barrant l’issue des eaux cheminant en profondeur dans la plaine de l’Amadror, les obligeant à remonter en surface et les faisant sortir dans cette dépression qui est le point le plus bas de la plaine de l’Amadror (en profondeur de la plaine de l’Amadror se trouvent peut-être des dépôts salés qui chargeaient ces eaux en sels, dépôts salés d’une sorte d’ancienne mer morte ; le puits de Tisemt, très profond [80 m. environ], est salé, mais pas artésien !).
Des analyses d’échantillons salins que M. Buttler a recueillis dans cette saline nous fixeront peut-être dans la suite.
Dans toute la région Edjéré-Tisemt, l’ensemble volcanique peut être considéré comme pléistocène et antérieur à la présence de l’homme de l’âge de la pierre taillée dans cette région ;
c) _Au Sud-Est de la plaine de l’Amadror, dans le Nord de l’Anahef_, le massif volcanique de l’Assgaffi est le témoin d’une activité volcanique certainement antérieure à celle de tous les volcans précédents.
Là, on ne constate plus la présence de cratères bien conservés et les coulées sont perchées très au-dessus des vallées sur des socles cristallins (c’est le cas pour le Tellerteba, dont les parties les plus élevées sont d’épanchement volcanique), ce qui suppose un long travail d’érosion.
Les coulées sont également de nature minéralogique différente.
Le centre volcanique de l’Assgaffi et du Tellerteba est très ancien, aucune précision n’est possible pour le moment quant à son âge : il est tertiaire vraisemblablement, c’est tout ce qu’on peut en dire, et encore ! il pourrait être crétacé, mais alors il faudrait admettre qu’il n’est pas en relation avec le contre-coup des plissements alpins (Atlas) principaux sur un pays peu souple.
d) _Dans la région d’Idelès_, nous trouvons de nouveau un centre volcanique d’activité récente, pléistocène probablement.
Les coulées et volcans sont bien conservés. Citons en particulier les beaux basaltes prismés de l’oued Terrinet (affluent de la rive Ouest de l’oued Telouhet) tout près d’Idelès ;
e) _Dans la Koudia_, les formations volcaniques ont un immense développement.
Ce n’est que vastes coulées étagées, aiguilles, culots volcaniques plus ou moins prismés, l’Irhafock à Tamanrasat.
Dans ces régions centrales de l’Ahaggar l’activité volcanique s’est manifestée avec une ampleur particulière et en de nombreuses périodes (trois principales, semble-t-il), suivant des modes divers et avec des émissions variées.
La période la plus récente semble représentée par la coulée de basalte de l’oued Echchil (ou Abedassen) et l’îlot volcanique qui se trouve dans le fond de l’oued Ti-n-Iferan, au Nord-Ouest du Tahat, au Sud de la Source des Figuiers.
La période la plus ancienne, peut-être contemporaine des éruptions de l’Assgaffi, semble représentée par le plateau de l’Isekran (p. c. avec Asekrem dans l’Atakor) qui domine les vastes coulées étagées plus récentes dans lesquelles est encaissé l’oued Teroummout, et également peut-être par la coulée de l’Adrian.
La période de plus grande activité semble intermédiaire entre ces deux extrêmes et correspondant en particulier aux vastes coulées étagées dans lesquelles est encaissé l’oued Teroummout.
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On voit par l’exposé qui précède que les manifestations volcaniques au Pays cristallin de l’Ahaggar sont loin d’avoir été un cas isolé, localisé, et sans ampleur.
Nous avons constaté la présence de centres volcaniques au Nord de l’Oudan, dans l’Edjéré et la région Ouest de Tisemt, dans le Nord-Ouest de l’Anahef, dans la région d’Idelès et dans toute la Koudia.
Ce ne sont pas là encore tous les centres volcaniques du Pays cristallin de l’Ahaggar ; d’autres ont été signalés : le volcan d’In-Size, le Serkout, etc., etc.
_A mesure que les explorations se poursuivent, le Pays cristallin de l’Ahaggar apparaît de plus en plus comme une terre de prédilection du volcanisme, au Tertiaire et au Quaternaire._
_Des affaissements ?_
Les volcans de l’Ahaggar sont peut-être en relation avec des affaissements[45], qui, comme nous le verrons plus loin, pourraient expliquer certains des caractères morphologiques du Pays cristallin.
Il n’est pas possible de démontrer encore l’existence d’affaissements et il est difficile pour le moment de préciser leurs emplacements et de déterminer quelle fut leur ampleur.
Dans un pays à base de Schistes cristallins, c’est une étude qui nécessiterait une longue série d’observations.
Il se pourrait, en particulier, qu’il y ait un affaissement à l’origine de la plaine de l’Amadror.
Les volcans de l’Edjéré-Tisemt sur le bord Ouest de cette plaine s’expliqueraient ainsi très bien.
Certains de ces volcans auraient peut-être provoqué dans la suite, par des barrages dus à leurs coulées, un vaste lac ; que ce soit avec lac ou sans lac, par alluvionnement, les oueds descendant des parties hautes du Pays cristallin auraient comblé cette grande dépression et ainsi se serait établi le vaste « reg » de la haute-plaine de l’Amadror dont l’immensité remarquablement plate de cailloutis et d’argile, située à l’altitude moyenne de 1.000 mètres environ, est un des étonnements des explorateurs qui l’ont vue.
Cet affaissement à l’origine de la plaine de l’Amadror n’est encore qu’à l’état d’hypothèse.
_Morphologie._
Au point de vue morphologique on peut distinguer dans ce vaste Pays cristallin[46] deux zones :
Le pourtour plus ou moins aplani ;
Le centre fortement montagneux.
De telle sorte qu’on peut comparer le Massif Central Saharien à un vaste ensemble fortifié comprenant une enceinte ; à l’intérieur de cette enceinte un vaste glacis, l’« _Avant-pays cristallin_ » et, entourée par ce glacis, une imposante citadelle, le « _Massif cristallin_ ».
Ce glacis, l’_Avant-pays cristallin_, est composé soit de pays d’ennoyage à « reg » (plaine de cailloutis) prédominant, soit de pays de Schistes cristallins, particulièrement paeneplainisés, usés, « rabotés » par l’érosion, dont la monotonie est rompue plus ou moins fréquemment par des « monad-nock », des parties plus résistantes qui ont subsisté en relief et dont la silhouette aiguë et déchiquetée ou en tas conique de boules, étonne souvent au milieu de ces étendues relativement aplanies.
Citons dans cette zone : les pays de l’oued Tedjert et de l’oued Taheret (au pied des monts Ahellakan), de l’Amadror, d’Abada-Heg’erin, d’Admer, de Raris et de l’oued Taremert-n-Akh, d’Ag’erar, d’Afedafeda, une partie (la partie Est) du Tanezrouft-n-Ahnet, enfin les tanezroufts qui séparent les Tassilis-n-Ahaggar du massif de l’Ahaggar[47].
Ces pays sont très évolués au point de vue morphologique.
La zone montagneuse, le _Massif cristallin_, constitue l’ossature décharnée du Pays cristallin qui se dégage de ces contrées plus ou moins aplanies, comme la carcasse blanchie d’un chameau en décomposition sur le « reg ».
Il semble que l’œuvre des volcans n’ait pas été étrangère au rajeunissement et à la conservation d’une partie de ces reliefs centraux.
Elle comprend principalement :
Au Nord : une sorte d’arête, le Tifedest, de direction sub-méridienne ;
Au Sud : cette arête, après un ensellement, s’empâte en une vaste masse montagneuse semblant présenter dans la répartition de ses parties culminantes une grossière direction Est-Ouest, vaste système montagneux dont le massif le plus important, le plus élevé, est appelé par les Touareg Atakor-n-Ahaggar (pommeau de l’Ahaggar) ou Tehount-n-Ahaggar (grosse pierre de l’Ahaggar)[48] ; et dans lequel les Touareg distinguent en particulier l’Ahaggar-oua-hegerin (haut Ahaggar) et l’Ahaggar-oua-gezzoulen (bas Ahaggar), l’Anahef, le Serkout, l’Ajjer, etc.[49].
Le Massif cristallin fait contraste avec l’Avant-pays cristallin par son caractère réellement montagneux.
Il est prématuré pour le moment de chercher à distinguer quels rôles exacts ont pu jouer des affaissements[50] ou ont joué des volcans dans l’individualisation du Massif cristallin ou encore, la résistance relative des roches qu’on y rencontre.
Dans le Massif cristallin les oueds ahaggariens présentent des caractères d’évolution variés : _certaines vallées paraissent très évoluées et présentent sur leurs flancs des terrasses d’alluvions ; d’autres semblent en pleine jeunesse et sont fort accidentées_.
Le contraste est souvent saisissant.
Il est vrai que les vallées ayant des caractères morphologiques très différents dans les pays de roches grenues, dans ceux de Schistes cristallins et dans ceux d’épanchements volcaniques, il semble souvent que l’on constate l’existence de stades d’évolution différents, alors qu’en réalité il s’agit de façons d’évoluer différentes en rapport avec la nature du sol, dont le caractère de divergence est accentué à un point rare dans ces pays.
Sans doute aussi l’activité de creusement des oueds sahariens s’est réfugiée, localisée progressivement, dans leur cours tout à fait supérieur pour aplanir les derniers reliefs importants qui subsistent du massif central et parce que ces monts élevés reçoivent encore pas mal d’eau ; et les oueds sahariens conservent là une certaine jeunesse qui est en antithèse avec le reste de leur cours.
Des affaissements ont pu jouer un rôle important dans le rajeunissement inégal de certains oueds par des bouleversements divers dans leurs profils en long ; ainsi s’expliquerait en même temps la présence de certaines terrasses.
Des oscillations du niveau marin dans des golfes sahariens[51] (dont nous avons montré la possibilité d’existence dans le passé, au début de ce travail), en un temps où les oueds sahariens auraient coulé d’un bout à l’autre de leur cours et auraient ainsi été comparables, dans leur activité, à de vrais fleuves et rivières, pourraient expliquer également la formation de certaines terrasses qui seraient ainsi la conséquence de ces variations d’un lointain niveau de base ?!
Les volcans ont contribué, semble-t-il, par leurs épanchements à changer la physionomie de certaines vallées et par des coulées formant barrages ou occupant le fond des vallées le profil en long de certains oueds, qui ont été ainsi amenés à modifier complètement leur activité sur des niveaux de base nouveaux s’échelonnant d’amont en aval ; d’une part ces oueds se sont mis à alluvionner sur certaines parties de leur cours, d’autre part ils ont repris une action de creusement dans d’autres ; une nouvelle formule d’activité particulièrement compliquée a présidé à leur vie ; on trouve là également l’explication de certaines terrasses.
Peut-être pourrait-on envisager la possibilité d’un _passé glaciaire_ pour l’interprétation des formes de certaines vallées ; certains modelés offrent des caractères de similitude curieux avec ceux dus à l’action des glaciers.
Dans le massif du Tellerteba (2.200 m. environ) des cirques peuvent évoquer la présence passée dans ce massif de glaciers suspendus, mais ils peuvent aussi représenter les restes d’immenses cratères très anciens et d’un type particulier.
Des vallées des régions hautes présentent parfois des espèces de seuils rocheux que l’on pourrait assimiler à des verrous glaciaires (les oueds post-glaciaires auraient creusé ces verrous dans la suite et la présence de certaines terrasses à l’amont pourrait ainsi encore être expliquée) ; mais ces seuils avec contre-pente peuvent être expliqués aussi par la seule dureté relative du rocher.
Des terrasses ont un tel développement dans certaines vallées qu’on pourrait y voir des terrasses de fonte de glaciers.
Il existe des roches moutonnées, mais l’effet de l’insolation sur les roches grenues les explique aussi.
Il semble pour le moment que l’on doive attribuer la création de ces contrastes, de ces terrasses et de ces formes suspectes au travail très particulier des oueds de ces régions, combiné à l’action de l’insolation, la gelée, les crises de ruissellement, les alternatives d’humidité et de sécheresse et le vent[52], sur un pays cristallin ayant été travaillé par des érosions antérieures de formules différentes de celles dont il est l’objet actuellement, ayant subi peut-être des mouvements variés et ayant été certainement le théâtre de manifestations volcaniques violentes.
Dans tous les cas, les oueds ahaggariens réduits en général pour le moment à une vie torrentielle discontinue et intermittente, semblent avoir passé par une période de vie plus active pendant laquelle ils devaient couler en surface, constamment, et sur tout leur cours ; le Sahara semble avoir passé ainsi par une phase humide.
Ceci nous ramène à la question de la mer saharienne discutée au début de ce travail.
Il convient d’ailleurs dans les considérations morphologiques de ne pas oublier que le Pays cristallin est émergé depuis des temps très lointains, peut-être depuis les temps permiens et, pour une part peut-être, depuis des temps plus anciens encore.
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[Note 27 : Dans les formations de transition, avec les Grès supérieurs, M. Buttler aurait observé un niveau de conglomérats. (Communication orale.)
Cette découverte pourrait prendre de l’importance dans la suite ; c’est pourquoi je tiens à la signaler.]
[Note 28 : Ou Egéré.]
[Note 29 : Ou Amgid — ou encore Emegêdé — de _émi_, débouché, et _égêde_, massif de dunes.]
[Note 30 : Il serait plus exact d’écrire Emidir de _émi_, porte, et _édir_, lointain bas.]
[Note 31 : Ou Immidir.]
[Note 32 : Il semble en particulier que les grès marqués « Di″ » sur la carte Gautier du Mouydir Ahnet correspondent aux Grès inférieurs des Tassilis.]
[Note 33 : C’est à la zone des Tassilis externes qu’appartient le plateau du Tindesset, célèbre parce que c’est dans les schistes qui affleurent au pied et le long de ses escarpements Sud que la mission Foureau-Lamy a découvert les premiers Graptolithes qu’on a signalés dans le Sahara. Ils furent étudiés par Munier-Chalmas. Des Graptolithes furent ensuite signalés près de Hassi-el-Khenig (Capne Cottenest et à Aïn Cheikle (Capne de Saint-Martin). C’est à nous qu’il appartint de retrouver ces formations à Graptolithes au Sahara, d’en préciser les conditions de gisement et d’en esquisser la répartition générale.]
[Note 34 : Au cas où les grès du Dévonien inférieur se révèleraient en discordance avec les Grès supérieurs, ou séparés par une lacune de ces grès, s’ils se révèlent de plus en concordance avec du Mésodévonien lui-même en concordance avec le Dévonien supérieur, on devra les rattacher aux Pays pré-tassiliens et non les conserver dans les éléments constitutifs de l’Enceinte tassilienne ; dans tout autre cas, pour des raisons morphologiques, je crois qu’il conviendra de les considérer comme faisant partie des formations de l’Enceinte tassilienne.]
[Note 35 : On peut se demander si les plissements alpins n’ont pas eu pour contre-coup de provoquer un bombement d’ensemble du Massif Central Saharien ; ils ne se traduiraient ainsi pas par des rides, eux, mais par ce vaste bombement et son orientation générale.]
[Note 36 : En particulier de l’insolation qui, sur des éléments de couleur et de nature différente, provoque un échauffement différent, une dilatation différente, ce qui conduit fatalement à la désagrégation de la roche.]
[Note 37 : L’étude des échantillons des Schistes cristallins que nous avons rencontrés fera peut-être l’objet d’un travail ultérieur.]
[Note 38 : Il est peut-être bon également de signaler que nous n’avons aucune certitude que ces quartzites et leur cortège supérieur cristallin n’appartiennent pas à la couverture primaire dont ils représenteraient des parties métamorphisées à la suite des plissements hercyniens (ou calédoniens ?) qui ont agité l’Enceinte tassilienne voisine et dont nous ignorons encore la forme et l’ampleur dans ces régions. Dans cette éventualité, pour qu’il n’y ait pas de confusion, nous devons préciser que dans toute cette étude du Pays cristallin, quand nous parlons des Schistes cristallins, nous entendons par là surtout ceux qui sont antérieurs aux formations de l’Enceinte tassilienne, les seuls certains à ce jour.]
[Note 39 : Le parallèle pourrait être poussé assez loin en particulier avec le Bouclier canadien et le « Bouclier baltique ».]
[Note 40 : J’ai constaté la présence de roches écrasées, de granits écrasés en particulier.]
[Note 41 : L’étude des échantillons de ces roches grenues fera peut-être l’objet d’un travail ultérieur.]
[Note 42 : Une étude des échantillons des roches d’injection filoniennes fera peut-être également l’objet d’une étude ultérieure.]
[Note 43 : Dans tout cet exposé sur les volcans de l’Ahaggar, nous avons dû nous abstenir de donner des déterminations de roches volcaniques, par prudence, étant donnée l’absence momentanée de nos échantillons. Ces déterminations feront peut-être l’objet d’un travail ultérieur.]
[Note 44 : La fouille méthodique de ces grottes serait très intéressante au point de vue de la préhistoire.
Il y eut là un centre de vie préhistorique particulièrement important, semble-t-il, à une époque relativement humide (comme il ressort d’une coquille de mollusque terrestre que m’a fourni un rapide tamisage).]
[Note 45 : Ou avec la surrection du Massif cristallin par rapport à l’Avant-pays cristallin.]
[Note 46 : J’ai fait abstraction dans cette étude du Pays cristallin de l’Adrar-n-Ahnet qui n’en fait peut-être pas partie, et de l’Adrar-n-Ajjer, qui est dans le même cas.]