Au Hoggar

Part 14

Chapter 141,813 wordsPublic domain

[Note 87 : _Edelés_ en Tamahak veut dire « lieu cultivé ». Idelès est un des plus beaux _Edelés_ de l’Ahaggar.]

[Note 88 : _Arrem_ en Tamahak veut dire « village », « centre de sédentaires », Kel arrem (sédentaires) est opposé à nomades.]

[Note 89 : Dans le Massif Central Saharien on distingue de l’Ouest à l’Est trois groupes de Touareg : le groupe des Kel-Ahaggar de l’Ettebel des Taïtok, avec l’Ahnet comme centre ; celui des Kel-Ahaggar du Grand Ettebel, avec l’Atakor de l’Ahaggar et, enfin, celui des Kel-Ajjer, avec l’Ajjer.]

[Note 90 : Sortes de toges blanches ornées de bandes écarlates ou pourpres et de points bleus.]

[Note 91 : Sinon celles des explorations de Duveyrier.]

[Note 92 : Tirées de mon journal de route.]

[Note 93 : D’après les Touareg il ne faudrait pas approcher son visage des belles fleurs roses des Kerenka ; cela donnerait mal aux yeux.]

[Note 94 : La grande piste saharienne qui passe par l’Oued Tedjert, Tisemt et l’Amadror est certainement une des ces vieilles pistes sahariennes essentielles comme la piste d’In Size dont nous trouvons déjà l’indication dans les cartes espagnoles du xve siècle.]

[Note 95 : _Artemisia_.]

[Note 96 : Les Touareg ont souvent des clochettes pendues au cou de leur mehari ; tout ce qui est Arabe ne se sert pas de clochettes ; les cloches et clochettes ont quelque chose de chrétien ; les Touareg ont-ils passé dans les premiers siècles de notre ère par une phase chrétienne à laquelle des relations avec la Lybie et l’Egypte n’auraient pas été étrangères ? C’est là une question encore sans réponse sûre.]

[Note 97 : Le culte du feu existerait chez certaines tribus du Soudan Egyptien, ce qui est déjà plus près de l’Ahaggar que la Perse et par suite pourrait nous éclairer peut-être davantage sur beaucoup de questions encore très mystérieuses qui se posent en terre d’Ahaggar.]

[Note 98 : Je ne me suis guère étendu dans cet ouvrage sur les Touareg (caractère, mœurs, droit, organisation sociale, etc.). Duveyrier en a admirablement traité à propos de sa pénétration des Touareg de l’Ajjer, et on ne saurait en écrire après lui.

Plus on connaît les Touareg plus on s’aperçoit de l’exactitude de Duveyrier à leur sujet. Je suis fier de rappeler ici que ce premier explorateur du pays targui était un jeune géologue de 23 ans. C’est un bel exemple entre d’autres du rôle glorieux qu’ont joué les scientifiques, dans la conquête et la pénétration du Sahara Central.]

[Note 99 : On doit remarquer que les tombes nettement islamiques, c’est-à-dire avec pierres-témoin plutôt rares en pays targui, quand on compare leur nombre à celui des monuments lithiques divers qu’on y rencontre.]

CONCLUSIONS * * * * *

Dans ce travail l’étude géologique et morphologique du pays nous a permis de distinguer, dégager et définir un certain nombre de régions et sous-régions, un certain nombre « _d’unités structurales_ ».

I. Les pays crétacico-tertiaires sud-constantinois avec leur bord relevé à la périphérie constituant au Sud la Hamada de Tinghert et le Tademaït.

II. Le Massif Central Saharien comprenant :

1. Les Pays pré-tassiliens ;

2. L’Enceinte tassilienne avec :

_a)_ Les Tassilis externes ;

_b)_ Les Tassilis internes ;

3. Le Pays cristallin avec :

_a)_ L’Avant-pays cristallin ;

_b)_ Le Massif cristallin.

_La distinction de ces unités de structure homogène nous paraît importante au point de vue géologique et géographique._

* * *

Nous avons indiqué par une rapide mise au point botanique et zoologique combien la distinction inspirée par les considérations géologiques et morphologiques entre les pays crétacico-tertiaires sud-constantinois et le Massif Central Saharien était légitimée aussi par les caractères de la végétation et de la faune.

On constate un grand changement dans la flore quand l’on passe du Sahara arabe dans le pays targui.

On remarque en outre :

la concentration de la végétation persistante sur le réseau hydrographique auquel elle est étroitement limitée (sauf cas de sable, cas plutôt rare), alors qu’en pays crétacico-tertiaires (particulièrement atteints par la « maladie des sables ») la végétation persistante est largement diffuse ;

les caractères de cette flore persistante beaucoup moins adaptée à la sécheresse, donc beaucoup moins désertique que celle des pays crétacico-tertiaires ;

la conservation d’une flore persistante de pays humides et d’une faune dulcaquicole complète composées d’espèces survivantes, à représentants dispersés de temps beaucoup plus humides.

(Les autres massifs sahariens géologiquement et morphologiquement comparables, les autres massifs cristallins du « Faîte saharien », avec leurs enveloppes primaires, sont peut-être ainsi de même au point de vue zoologique et botanique en opposition avec les pays de calcaires secondaires ou tertiaires et de sables qui les entourent plus ou moins au Nord et au Sud).

* * *

C’est ainsi que la flore et la faune du Massif Central Saharien semblent témoigner de l’existence d’un passé humide au Sahara.

On peut croire que le réseau hydrographique du Sahara en disproportion avec l’activité actuelle des oueds est également un héritage de ce passé humide.

Et ainsi la flore, la faune du pays targui et le réseau hydrographique saharien fournissent un faisceau de raisons de croire qu’un passé humide a régné sur le Sahara.

Nous ne sommes pas le premier à émettre cette hypothèse, mais la question nous a paru ne pouvoir que gagner à une mise au point, appuyée souvent de précisions nouvelles.

Pour l’explication de ce passé humide, qui reste encore un point à éclaircir, nous avons cru devoir faire un exposé de la question de la mer saharienne car, au cas où des golfes méditerranéens et de l’Océan Atlantique auraient pénétré profondément le Sahara on s’expliquerait des précipitations atmosphériques plus considérables desquelles l’influence de volcans en activité et une plus grande élévation du Massif Central Saharien ne semblent des explications ni suffisantes, ni bonnes.

Et nous avons conclu que contrairement à l’opinion généralement admise actuellement _la question n’est pas réglée définitivement_ et qu’on ne peut rejeter encore, sans éléments nouveaux, l’hypothèse des golfes sahariens.

* * *

Au cours de cet exposé par unités structurales, nous avons mis en lumière le rôle joué par les sédiments siluriens dans les formations de l’Enceinte tassilienne.

Nous avons montré que les Grès inférieurs des Tassilis internes sont plus anciens que les Schistes à Graptolithes (siluriens) et qu’ainsi toute une partie des Tassilis est plus ancienne qu’on ne le croyait.

Nous avons esquissé la carte générale d’affleurement de ces Schistes siluriens à Graptolithes et des Grès qui leur sont inférieurs.

Ces résultats ont une notable répercussion sur la géologie des vastes domaines de grès de l’Afrique Centrale et Occidentale française dont ils peuvent contribuer à démêler les traits par analogie.

Ces résultats permettent ainsi de croire que les sédiments siluriens jouent un rôle important dans ces immenses pays[100].

Nous avons également indiqué que l’on peut maintenant considérer les Schistes cristallins de l’Ahaggar comme plissés à l’époque algonkienne et comme eux-mêmes anté-cambriens.

On peut admettre également cet âge anté-cambrien pour les Schistes cristallins d’immenses régions du Sahara, ainsi que leur plissement à l’époque algonkienne, entre autres les régions de l’Adrar des Iforas, de l’Aïr, du Tibesti (la partie qui est en Schistes cristallins), de l’Eglab et d’Amseiga (au nord d’Atar, en Mauritanie).

Et c’est tout un « bouclier algonkien », un « faîte ancien » qui est révélé, le « =Faîte saharien= »[101].

Dans ces conclusions, nous n’irons pas plus avant dans la mise en relief des résultats scientifiques de notre exploration exposés au cours de ce travail.

Ceux-là, rappelés dans ces dernières lignes, suffisent déjà, croyons-nous, à légitimer la mission[102] scientifique en Sahara central au point de vue géologique, géographique et biologique dont nous avait chargé, en 1921, M. le Ministre de l’Instruction Publique.

_Grenoble, le 15 mars 1924._

[Note 100 : Cette hypothèse paraît particulièrement vraisemblable quand on rapproche ces observations de celle de M. Sainclair.]

[Note 101 : Nous nous proposons dans des missions ultérieures d’étudier ces différentes régions du « _Faîte saharien_ » avec leurs enveloppes primaires en particulier par une mission d’exploration _d’Est en Ouest_ du Sahara d’Atar en Mauritanie à Bardaï dans le Tibesti en passant par ses régions médianes et en coupant les pistes transahariennes par leur milieu, l’aller, passant par le Djouf et Tamanrasat ; le retour par Tummo Tamanrasat, In Size, Ouallen, le Sud d’Ouallen, l’Eglab et le Hank.

Les régions inconnues du coude du Tafassasset, où certains prétendent qu’existent les ruines d’une ville antique, et de l’Ouest de l’Acedjerad rentrent en particulier dans ce programme d’exploration.

Nous espérons qu’on nous donnera les moyens de la réaliser.]

[Note 102 : Mission _gratuite_, c’est-à-dire non aux frais du gouvernement.]

TABLE DES PLANCHES * * * * *

=Pays crétacico-tertiaires sud-constantinois.=

Pages

I. — Plaine au Sud d’Ouargla 40

II. — Dans les dunes près de Hassi et Khollal 46

III. — Dans le Gassi Touil 52

IV. — Dans la Hamada de Tinghert 54

V. — Modelé désertique dans le Djoua 62

=Massif Central Saharien.=

ENCEINTE TASSILIENNE

VI. — Le bord des Tassilis externes qui domine le Tahihaout 64

VII. — Le bord des Tassilis internes, près d’In Ebeggi 68

VIII. — La gorge de l’oued Iskaouen dans les Tassilis internes 78

PAYS CRISTALLINS

IX. — Les Basaltes de Tin ed’ness (Egéré) 90

X. — « Monad nock » à l’Est de Tin ed’ness (Egéré) 96

XI. — Dans l’oued Telouhet, près d’Idelès (Ahaggar) 120

XII. — La haute-plaine de l’Amadror et le Tellerteba 146

XIII. — Le Tellerteba vu de l’oued In Sakan (Anahef) 148

XIV. — Idelès, dans l’Ahaggar. — La Tamenoukalt. — Une aiguille volcanique 150

XV. — La Gara-ti-Djenoun (Oudan) 154

XVI. — Tahara, près de l’oued Martoutic (Tifedest) 176

CARTES

1. Carte d’itinéraire général 10

2. Coupe géologique de l’Enceinte tassilienne 66

3. Carte du Massif Central Saharien avec le figuré de l’Enceinte tassilienne en rouge 186

* * * * *

TABLE DES MATIÈRES * * * * *

Pages

INTRODUCTION 7

=PREMIÈRE PARTIE=

DES PAYS CRÉTACICO-TERTIAIRES SUD-CONSTANTINOIS OU DU SAHARA ARABE SUD-CONSTANTINOIS

I. — =Études géologiques.=

De la mer saharienne plio-pléistocène 11

De l’origine de la dépression Sud-Tinghert 17

Des troncs d’arbres silicifiés 22

Du Crétacé du Tinghert et du Djoua 23

=Du projet de Transsaharien Souleyre.= (Région du Gassi Touil et du Tinghert.)

Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée 27

Ressources en eau 31

II. — =Etudes botaniques.=

De la flore des pays crétacico-tertiaires sud-constantinois 39

Du pâturage et du pâturage en Sahara arabe 43

III. — =De mon itinéraire.=

_De Touggourt à Temassinin. — Impressions de route._ 49

Notes de route 55

=SECONDE PARTIE=

DU MASSIF CENTRAL SAHARIEN OU DU PAYS TARGUI (AHAGGAR ET AJJER)

I. — =Etudes géologiques.=

Des Pays pré-tassiliens 64

De l’Enceinte tassilienne 65

Du Pays cristallin 79

=Du projet de Transsaharien Souleyre.= (Région d’Amguid).

Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée 103

Ressources en eau 104

II. — =Etudes botaniques.=

De la flore du Massif Central Saharien 113

Du pâturage dans le Massif Central Saharien et de l’élevage targui 131

III. — =Etudes zoologiques.=

De la faune dulcaquicole du pays targui 139

IV. — =De mon itinéraire.=

_De Temassinin à In-Salah par l’Ahaggar. — Impressions de route_ 143

De Temassinin à In-Salah, par l’Ahaggar. — Notes de route 156

CONCLUSIONS 183

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SOC. AN. M. WEISSENBRUCH IMPRIMEUR DU ROI. BRUXELLES

Note du transcripteur:

Page 74, " direction sud-méridienne " a été remplacé par " sub-méridienne ".

Page 75, la phrase " monts de Tisekfa, d’Adrar-n’Taserest (Djebel Tanelak), " qui est dupliquée a été supprimée.

Page 110, note 57, " _Calatropis procera_ " a été remplacé par " _Calotropis_ ".

Page 120, la référence à la note 61 était absente. Il a été placé juste après " _a)_ L’_Etel_ ".

Page 122, " plutôt mériterranéen " a été remplacé par " méditerranéen ".

Page 131, note 66, " _Colligonum comosum_ " a été remplacé par " _Calligonum_ ".

Page 171, " _Typha augustifolia_ " a été remplacé par " _angustifolia_ ".

La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections mineures.