Part 16
»Il me semble que j'ai un sérieux avantage sur ceux qui revendiquent un jugement sur vous: c'est d'avoir passé un mois dans votre entourage. Quelque réservé et sur ses gardes que soit un homme d'Etat, le domaine de sa pensée se condense et crée autour de lui une atmosphère très spéciale. Et son vague reflet est peut-être plus intéressant à constater que maints gestes précis, dont se tirent les clichés instantanés, mais souvent confus; d'autant plus que pour ces gestes l'imprévu est toujours apte à entrer en cause et à les altérer dans leur effet ou dans leur interprétation. Quant à moi, je doute que les paroles dont Bismarck formula un jour son jugement sur vous, soient de cours aujourd'hui.«
»Vous doutez dans le vague« dit-il.
»Il m'est d'autant plus facile« remarqua-t-elle, »de provoquer certains pronunciamenti, que personne ne pourrait deviner avec quelle passion je me suis attachée à des questions de ce genre. Et si même j'avouais combien elles me tiennent à coeur, à tel point, qu'immédiatement mon avenir personnel perd à mes yeux toute importance, et rentre dans ses proportions véritables -- qui au monde le croirait? Et qui voudrait admettre, ce dont je suis pourtant convaincue, que parmi les nôtres, personne aujourd'hui n'a su vous reconnaître aussi bien que moi?«
»Qui sont vraiment les vôtres? Vous étes Française autant qu'allemande!«
»Autant qu'Anglaise alors. Je ne trouve pas en nous aujourd'hui de quoi nous suffire. A la longue chaque endroit nous oppresse et nous fatigue, d'un ennui, dont nous ne sommes pas responsables. J'arbore« s'écria-t-elle, »les drapeaux de trois nations pour le moins! Je suis la Jeanne d'Arc de l'époque, moi!«
»Diable.«
»Vous êtes bien, vous, le diplomate moderne!«
»Qu'entendez-vous par le diplomate moderne?«
»Talleyrand, par son tempérament comme par ses facultés destructives, m'a toujours semblé le type de l'ancien. Chercher votre qualité maîtresse dans un instinct analogue, serait, je crois, manquer de perspicacité. Non seulement parce qu'il manque à votre nature le trait retors, qui caractérise ce genre de talent, mais parce que le don constructeur est la marque même de vos aptitudes. Je doute que vous puissiez vous sentir dans votre élément, à moins de trouver à bâtir, à construire; et ce don de l'architecte est si éminemment le vôtre que souvent je me demande: N'auriez-vous pas manqué en fin de compte votre véritable champ d'action, si vous n'arrivez pas à jeter un pont sur le fleuve le plus difficile à passer aujourd'hui? Ah! que vous en dressiez le plan c'est surtout ce qui m'importé! car en dehors de l'initiative, j'ai découvert dans votre politique un autre élément essentiellement moderne: le trait généreux si spécial aux Français et si intimement lié à leur rancune!«
Yvonne Müller parlait maintenant sans désemparer. »Et je ne crois pas« dit-elle, »à l'élimination du sentiment! Cela aussi est vieux jeu! »Le sentiment n'entre dans la politique que dans un sens restreint, mais c'est un sens qui s'élargira« disait le vieux Bismarck. Et cela d'autant plus que déjà il est devenu plus urgent et pour nous tous peut-être, de poursuivre et de hâter notre politique continentale que notre politique coloniale. Mais il y a beau temps que je soupçonne les idées larges d'ètre rares aussi parmi les ambassadeurs. Qu'en dites-vous?«
»Ils n'ont pas si vite fait que vous de résoudre des questions aussi difficiles.«
»Difficiles ou non, ce serait une défaite pourtant« soupira-t-elle, »si une solution, qui de droit revient à la diplomatie, devait finalement lui être soustraite, et pour ce roman si pitoyable, hélas! qu'est le nôtre! où se brouiller et se nuire sont les éventualités, où s'aimer sans arriver à s'unir sont les faits.«
On entendait dans la cour des roulements de voiture.
»Vous m'objecterez peut-ètre« dit Yvonne Müller qui continuait toujours, »que nous avons parfois une étrange manière de faire notre cour; mais les amoureux sont toujours maladroits. Et vous pouvez me croire, je les connais, mes compatriotes. Je les aime en tant qu'Allemande, et je les aime encore avec une certaine dose d'irritation en tant que Française. Il n'y a donc personne qui les aime davantage. Mais vous ne me dites rien?«
»C'est que nous n'avons plus le temps« dit il.
Les salles s'inondaient de lumière, un bruissement de soie, de pas légers et de voix-approchait.
Aus der Revue »le Continent« 1907.
INHALT
Seite Torso 1 Reisen 47 Bei Taine 109 Randglosse zur Psychologie der Nationen 117 Cambridge 123 Traum und Hellsehen 131 Aus einem Traumbuch 143 Literatur 147 Einiges über den Geiz 155 Die Markgräfin von Bayreuth 165 Catharina von Siena 189 Das Leben der heiligen Walpurga 213 Bei Duchesne 219 Barrère 249 Alarmglöckchen 257 Torschlußtypen 265 Der unverstandene Mann 273 Der neue Schlag 281 Die Ballonfahrt 301 Bei Hildebrand 311 Schiffahrt und Eisenbahn 317 Das elsässische Schicksal 333 Yvonne Müller 343
Anmerkungen zur Transkription
Offensichtliche Druckfehler wurden korrigiert wie hier aufgeführt (vorher/nachher):
[S. 44]: ... pyschologisch tiefst Begründeten, was der Mensch ... ... psychologisch tiefst Begründeten, was der Mensch ...
[S. 52]: ... zieht ... ... zieht. ...
[S. 54]: ... mitempfand, von jener Flut von Trübsal eingegeholt, ... ... mitempfand, von jener Flut von Trübsal eingeholt, ...
[S. 56]: ... der Verschmelzung unserer Qualiätten der Keim ... ... der Verschmelzung unserer Qualitäten der Keim ...
[S. 121]: ... protestantischen Deutschen ist heute der katholiche ... ... protestantischen Deutschen ist heute der katholische ...
[S. 294]: ... de Lespinasse, éclairez-moi, fortifiez-moi. Je vous ... ... de Lespinasse, »éclairez-moi, fortifiez-moi. Je vous ...