Goethes Briefe an Leipziger Freunde

Part 13

Chapter 133,973 wordsPublic domain

Dieses Zerwürfniß hatte aber noch einen anderen Grund. Im Runkelschen Hause hatte Cornelie einen Herrn G. kennen lernen, einen ehrlichen, gutmüthigen, aber wie es scheint etwas ungeschickten Menschen, der während dieser ganzen Zeit als ihr treuer, unermüdlicher Liebhaber erscheint, von ihr aber mit der äußersten Kälte behandelt wird. Er wird mit dem Namen ~le misérable~ oder ~le miséricordieux~ bezeichnet, ~„qui fait tout par miséricorde, Vous m'entendez bien.“~ Gleich im ersten Brief erzählt sie, wie sie ihm mit äußerster Verachtung den Rücken zugekehrt habe, später freut sie sich, daß Lisette -- ~„elle devient tous les jours plus sage et naturellement plus grande“~ -- ihn jetzt eben so sehr hasse und verachte, wie sie selbst. Dann erfährt man den Grund ihrer Entrüstung. ~„J'eus jusqu'ici une très mauvaise opinion de lui, croyant toujours qu'il étoit coupable et qu'il avoit raisonné de moi d'une manière peu décente, comme je Vous l'ai appris.“~ Da ihr Betragen gegen ihn seit einem Jahr so auffallend war, hatte er sich darüber beklagt und erfahren, was man ihm Schuld gebe. Empört hatte er es für Verleumdung erklärt: ~„cette méchante vipère de Rst inventa tout ceci par haine ou par jalousie,“~ und um eine Zusammenkunft mit Cornelie gebeten, damit er sich rechtfertigen könne. ~„Je le vis, il se justifia, convaincue de son innocence je le remis dans mes bonnes graces ... et voilà la paix faite -- hahaha! C'est bien court me direz Vous, je m'attendois à une description particulière. Pardonnez moi ... je ne saurois; de peur d'étouffer de rire. Ma chère si Vous aviez été dans un coin, Vous n'auriez pas subsisté ... Représentez Vous notre situation, la sotte figure que nous fìmes en nous abordant. Suffit.“~ -- So wenig dieser Spott zu der moralischen Betrachtung paßt, mit welcher sie ihre Erzählung einleitet -- ~„mon principal but est de faire réparation d'honneur à une personne, que j'aie noircie dans Votre esprit étant alors préoccupée des rapports malins qu'on m'en avoit faites. Il est vrai, mon enfant, nous avons touts le défaut de croire plutôt le mal de notre prochain que le bien; c'en est un grand je le confesse“~ -- so bleibt diese Stimmung doch die vorherrschende, und der gute G. bekommt, so viel Mühe er sich auch gibt, von den ~bonnes graces~ wenig zu spüren. Um sich ganz zu rechtfertigen, sucht er eine Zusammenkunft mit Cornelie und der Rst., ~„pour lui dire, qu'elle est la plus infame créature et de la forcer d'avouer la verité en ma présence;“~ eine Zusammenkunft, welche sie begreiflicher Weise eben so sehr vermeidet. Unermüdlich sucht er Cornelie in Gesellschaft und im Concert zu sehen und zu sprechen, ohne etwas zu erreichen; wenn sie ihn nicht vermeiden kann, fertigt sie ihn kurz ab, hält sich über ihn auf -- ~„j'étouffe de rire“~ ist fast allemal der Schluß. Endlich bietet sich ihm die günstige Gelegenheit, sie mit ihrer Cousine Katharine aus dem Concert nach Hause zu begleiten. ~„Enfin notre carrosse arriva, nous descendìmes, il se faisoit gloire de me mener par toute la foule, mais moi j'en étois choquée. L'aimable Cathérine vit ma peine, fachée de ne pouvoir y remédier, elle me serra la main en me conjurant de prendre patience. Nous la menâmes chez elle et enfin me voila seule avec cet homme. Chère Miss, me dit il en mettant sa main sur la mienne, ce procédé Vous paraitra peutêtre libre; mais j'ai taché depuis longtems à Vous parler sans temoins, l'occasion est si favorable et Vous me pardonnerez cette liberté. Ce commencement me paru trop ridicule pour ne pas éclater; il ne s'en apperçoit pas et continua.“~ Er bittet sie um Aufrichtigkeit, er habe den Eindruck, welchen Cornelie auf ihn gemacht, unvorsichtig Lisette Runkel und ihrer Mutter mitgetheilt, welche dadurch eifersüchtig gemacht, ihm mit der Rst. bei Cornelie zu schaden gesucht hätten und noch suchten. ~„Je fus prédestiné à être malheureux et je le serai toujours, si Vous ne me rendez pas Votre affection. Dites moi, Miss, me hairez Vous sans cesse? prononcez une seule parole et je suis le plus heureux des mortels. -- Si ça Vous rend tranquille, Monsieur, je la prononcerai. Je Vous assure de mon estime et de mon amitié. Soyez heureux, c'est ce que je souhaite de tout mon cœur. -- Je n'y tiens plus, ma chère, j'étouffe de rire.“~ Hierdurch aufmerksam gemacht entdeckt sie nun, daß Lisette und ihre Mutter zu verhindern suchen, daß sie mit jenem G. zusammenkomme, ja daß sie sogar, um dies zu hintertreiben, Bestellungen in ihrem Namen erfinden, unter dem Vorwand, ihr dadurch einen Gefallen zu erweisen; gegen diese Falschheit und Betrügerei erklärt sie sich sehr bestimmt, und veranlaßt nun selbst eine Einladung zu einem Besuch, bei welchem auch er gegenwärtig sein wird. ~„En entrant chez Lisette j'y trouvai sa mère et une dame de leur connoissance; après le café nous jouâmes quadrille. A six heures Monsieur se fait annoncer et entre dans le même instant. Il nous salue généralement, puis se postant vis à vis de moi il me regarde pendant un quart d'heur entier. Il n'ose approcher de moi, mais Madame l'en prie d'un ton moqueur et il s'assied entre nous deux filles. Je lui parle avec beaucoup de complaisance, Lisette me contemple d'un air jaloux et Madame qui se trouve piquée s'en veut venger en me raillant de ma distraction et de mon inattention pour le jeu; je fis semblant de ne pas comprendre ce qu'elle vouloit dire.“~ Zum großen Verdruß der beiden begleitet G. Cornelie nach Hause und auf dem Wege kommt es zu neuen Erklärungen. ~„Que m'apprit-il là, ma chère? des inventions infernales pour nous désunir, des mensonges ouvertes; enfin que Vous dirai-je? je vis, mais trop tard, que je lui avois fait tort pendant le cours de quatre années, que ma credulité en étoil la cause, et qu'il n'a commis aucune faute que celle de me trop estimer. Ne suis-je pas la plus blamable des filles? Grondez moi, ma chère, car je le mérite.“~ Als sie an ihr Haus kommen, hat er ihr noch vieles, ja die Hauptsache zu sagen -- ~„La porte s'ouvrant alors j'entre le cœur dechiré par mille pensées diverses. Ne me plaignez pas, je le mérite.“~ Diese mitleidige Stimmung dauert aber nicht lange. Vor seiner Abreise sieht G., welchen sie nach jener Aufklärung nicht mehr mit seinem Spottnamen bezeichnet, sie noch einmal. ~„Ma chère, si Vous aviez entendue ce discours Vous auriez fait des éclats de rire; pour moi j'étois si serieuse, que l'occasion le demandoit.“~

Diese Abneigung ist übrigens eine rein persönliche gegen diesen armen G., sonst zeigt sich Cornelie nicht unempfindlich; „sie war so liebebedürftig, als irgend ein menschliches Wesen.“[191] Goethe erzählt von einem Liebesverständniß zwischen ihr und einem jungen Engländer, der sich in der Pfeilschen Pension bildete.[192] Er verkehrte viel mit Goethe, trieb Englisch mit ihm und seiner Schwester, für welche er eine leidenschaftliche Neigung faßte und die ihrige gewann. Nach Goethes Bericht entstand dieses Verhältniß, ehe er nach Leipzig fortging, und müßte während der ganzen Zeit seiner Abwesenheit bestanden haben, denn wir sehen hier, wie es im October 1768 endigt; wenn man nicht etwa annehmen will, daß ein zweiter Engländer ihre Neigung gewonnen habe, was wenig wahrscheinlich ist. Allein vielleicht hat auch Goethe nicht chronologisch genau berichtet, wie er denn, und gewiß mit gutem Recht, in der Schilderung der Frankfurter Verhältnisse manches hier erwähnt, was erst in spätere Zeit fällt. Wahrscheinlich hat er den jungen Engländer schon vor seinem Abgang kennen lernen, dessen Neigung zu Cornelie (welche damals 15 Jahr alt war) wird erst später entstanden sein, und Goethe fand das Verhältniß zwischen beiden ausgebildet vor, als er zurückkam.

Im Anfange ihres Tagebuches gesteht sie sich für Grandison besonders deshalb so sehr zu interessiren, weil er ein Engländer ist. ~„Si je puis croire, qu'il y a encore quelqu'un qui lui ressemble, il faut qu'il soit de cette nation. Je suis extrèmement portée pour ces gens là, ils sont si aimables et si sérieux en même tems, qu'il faut être charmée d'eux.“~ Noch am Nachmittag desselben Tages erfolgt ein halbes Geständniß. ~„Je viens dans ce moment de la table, et je me suis derobée pour Vous entretenir un peu; Vous ne devez rien attendre de prémédité dans ces lettres, c'est le cœur qui parle et non pas l'esprit. Je voudrois bien Vous dire quelque chose, ma chère Cathérine, et cependant j'appréhends ... mais non, Vous me pardonnerez; ne sommes nous pas tous ensemble susceptible de foiblesses? Il y a ici un jeune Anglois, que j'admire beaucoup; ne craignez rien, mon enfant, ce n'est pas de l'amour, c'est une pure estime que je lui porte à cause de ses belles qualités; ce n'est pas ce Milord dont Mlle. Meixner Vous aura parlé sans doute, c'est un import ... st st! il est aussi Anglois, et n'aime-je pas toute la nation à cause de mon seul aimable Harry? Si Vous le vissiez seulement, une physionomie si ouverte et si douce, quoiqu'avec un air spirituel et vif. Ses manières sont si obligeantes et si polies, il a un tour d'esprit admirable; enfin c'est le plus charmant jeune homme que j'ai jamais vu.[193] Et, et ... ah, ma chère, il part dans quinze jours, j'en suis fort affligée quoique ce ne soit pas une douleur pareille à celle quand on aime. J'aurois souhaité de demeurer dans la même ville que lui pour pouvoir lui parler et le voir toujours, je n'aurois jamais eu une autre pensée, le ciel le sait, et il est ... mais j'en serai privée, je ne le reverrai plus. Non, non, je ne puis le quitter tout à fait, j'ai une pensée en tête, qui s'exécutera, il faut que ça soit, oui en verité.“~

Dieser Plan ist folgender. Sie hat einen jungen Maler kennen gelernt, welcher aus Paris gekommen ist und die Fertigkeit besitzt, rasch und verstohlen in Gesellschaft die Portraits anwesender Personen zu zeichnen; sie hat sich mit ihm verabredet und denkt am Sonntag eine musikalische Gesellschaft bei sich zu versammeln. ~„Harry sera invité parce qu'il joue admirablement du violon; et le peintre viendra pour faire une visite à mon frère et agira comme s'il ne savoit pas qu'il y a de la compagnie. On fera alors très bien ses affaires et justement quand le plus aimable des hommes joue sur son instrument -- je m'y perds ma chère.“~ In dieser Hoffnung ist sie ganz glücklich. ~„Plus ce jour desiré s'avance,“~ schreibt sie am Freitag, ~„plus mon cœur palpite. Et je le verrai donc! je lui parlerai! mais à quoi ça me sert-il? -- Hé bien folle, ne l'auras tu pas puis pour toujours -- du moins son image, et que pretends tu de plus? Ah, ma chère, je suis pleine de joie; Vous en aurez une copie, surement Vous ne me donnerez pas tort de l'aimer -- Qu'ai je dit? effacerai-je ce mot? non je le laisserai pour Vous faire voir toute ma foiblesse. Condamnez moi. -- Aujourdhui je n'écoute que le plaisir, je danse par toute la maison, quoique quelquefois il me vienne une pensée qui me dit de me modérer et qu'il peuvent arriver plusieurs obstacles. Mais je ne l'écoute pas, en m'écriant dabord: Il le faut.“~ Am folgenden Tag schickt sie den Bedienten fort, um die Damen einzuladen, ungeduldig erwartet sie seine Rückkehr. ~„Un rêve qui j'ai eu cette nuit m'inquiète. J'entendis dire une voix: Tu ne le verras plus! -- -- Ah, ma chère, que ferais-je? le domestique est de retour et les dames ne viennent pas -- malheureuse -- tout est fini. Mon orgueil est bien puni maintenant. -- Il faut que ça soit -- j'avois bien sujet de dire ainsi. -- Ayez pitié de moi. -- Je suis dans un état à faire compassion -- il m'est impossible de poursuivre -- pardonnez moi toutes ces folies.“~ Einige Tage darauf schreibt sie ruhiger: ~„La fin de ma dernière lettre étoit très confuse, pardonnez le moi, je ne savois ce que je disois et une sorte, de saisissement s'empara alors de mon âme. Je m'étonne quelquefois de moi même, j'ai des passions si fortes, que dabord je suis portée à l'excès; mais ça ne dure pas longtems et c'est là un grand bonheur pour moi, car il n'y auroit pas le moyen d'y subsister. Pour maintenant je suis assez tranquille, espérant que dans cinq jours il y aura encore un dimanche -- taisons nous de peur que si nous manquons encore une fois, on aura sujet de se moquer de nos dessins. Vous le feriez surement, n'est ce pas, ma chère? et je le mériterois. S'il part dans cette semaine ... ne donnons point de lieu à une idée si choquante, la seule pensée me fait frémir.“~ Aber diese Furcht war gegründet, er reiste wirklich während dieser Tage fort. ~„Vous attendrez,“~ schreibt sie, ~„surement des exclamations douloureuses, si je Vous dis, que mon aimable Anglois est parti, qu'il est parti sans pouvoir me dire le dernier adieu, que je n'ai pas son portrait, qu'enfin toutes mes mesures ont manqués. -- Mais, ma chère, je me comporterai comme il me convient; quoique ça Vous étonnera après ce que je Vous ai déja écrit. - Mon cœur est insensible à tout. -- Pas une larme, pas un seul soupir. -- Et quelle raison en aurois-je aussi? aucune je pense. -- Cependant, ma chère amie, y avoit-il jamais un souhait plus innocent que celui de voir toujours son image? j'avois toujours un extrème plaisir à le regarder, et j'en suis privée maintenant -- mais ça ne fait rien -- vous voyez toute mon indifférence -- l'état de mon âme approche à l'insensibilité.“~

Dies ist das einzige Verhältniß, bei welchem von einer wahrhaften Neigung Corneliens die Rede ist, sonst aber verräth sie im Verkehr mit Männern eine eigenthümliche Reizbarkeit, ein Schwanken zwischen spröder Zurückgezogenheit, und dem Wunsche und der geheimen Hoffnung auf sie einen günstigen Eindruck zu machen, worüber sie mit sich selbst nicht im Klaren ist, aber in leidenschaftliche Bewegung und Unruhe geräth. Dies tritt in der folgenden kleinen Begebenheit sehr deutlich hervor.

~Mercredi ce 26 Octobre 1 à 2 heures après diné.~

~„Dans ce moment mon frère est allé voir deux jeunes Seigneurs de qualité, qui viennent de Leipzig, où il a eu connoissance avec eux. Je le priai de me les décrire, ce qu'il a fait avec plaisir. Monsieur de Oldrogg[194] l'ainé, me dit-il, a environ vingt six ans, il est grand, de belle taille, mais son visage a des traits peu flatteurs, il a beaucoup d'esprit, parle peu, mais tout ce qu'il dit, montre la grandeur de son âme et son jugement élevé; il est très agréable en compagnie, pousse la civilisation jusqu'au plus haut bout, supportant avec condescendance les personnes d'un mérite inférieur, enfin il possède toutes les qualités requises pour rendre un cavalier aimable. Son frère aura vingt ans, il a la taille moins haute que l'ainé, mais ses traits sont d'une beauté charmante, comme vous aimez à les voir vous autres filles, il est beaucoup plus vif que l'autre, parle souvent, quoique quelquefois mal à propos, il a le caractère aimable, mélé avec beaucoup de feu ce qui lui va très bien; encore un peu d'étourderie, mais ça ne fait rien. Il suffit à toi de savoir que c'étoient là les cavaliers les plus distingués de toute notre académie. -- Je suis charmée de cette description, ne l'êtez Vous pas aussi, ma chère? car je Vous assure que quand mon frère loue quelqu'un il faut qu'il ait beaucoup de mérite.~

~à six heures du soir.~

~Il est de retour; pensez, mon enfant, demain ils viendront chez nous; je suis curieux de les voir, mais j'ai honte de me présenter à eux. Voilà une de mes grandes foiblesses, il faut que je l'avoue; Vous connoissez mes pensées là dessus, et Vous me pardonnerez si je rougis en pensant de montrer à des personnes d'un tel mérite une figure si humiliante et si peu digne d'être vue. C'est un désir innocent de plaire, je ne souhaite rien -- Ah, ma chère, si Vous voyez les pleurs -- non, non je n'en verse pas, ce n'est que -- ce n'est rien.~

~Jeudi à 10 heures du matin.~

~Si je pouvois Vous déployer l'état présent de mon âme, je serois heureuse, du moins je comprendrois alors ce qui se passe en moi. Mille pensées mortifiantes, mille souhaits à demi formés et rejetés dans le même moment. Je voudrois -- mais non je ne voudrois rien. -- Je Vous envie presque, ma chère, le repos que Vous goutez étant contente de Vous même, ce que Vous avez sujet; au lieu que moi -- je ne saurois poursuivre.~

~à 2 heures après midi.~

~Que ferai-je? Je me suis habillée pour sortir et je n'en ai pas le courage. Je m'en irai; il m'est impossible de les voir; voyez la folle, comme le cœur lui bat. Vingt fois les escaliers furent descendues et autant de fois mes pas me ramenèrent dans ma chambre. Mon frère m'a demandé si je sortois aujourdhui et je lui repondue qu'oui, ainsi je ne saurais reculer -- Adieu, je m'en vais pour la dernière fois, prenons courage; vite, point de grimaces. Ne suis-je pas bien ridicule?~

~à cinq heures.~

~Me voilà revenue, je me suis trouvée mal, je crains à tout moment une foiblesse. -- Je vais me deshabiller. -- Ils sont là, ma chère, et pensez, il est arrivé justement un de mes cousins qui étoit depuis quelque tems à la cour, il est aussi auprès de ces Seigneurs, s'il lui venoit en tête de me voir. -- J'ai été surprise, mon frère est entré et j'ai caché vitement ma lettre; ah, ma chère, il a été envoyé de mon cousin qui veut me voir absolument, il a déja fait mon éloge à Messieurs de Oldrogg -- je me suis excusée, disant que je me trouvois mal; mon frère étoit effrayé en me regardant, car je suis pâle comme la mort. Je n'y saurois aller -- que vais-je devenir? j'entends la voix de mon cousin qui s'écrie: il faut qu'elle vienne -- il entre, ah, ma chère, sauvez moi!~

~à 7 heures.~

~J'y ai donc été; hé bien sotte, qu'avois du besoin de craindre? Je suis si gaie maintenant -- écoutez moi, je Vous dirai tout ce qu'il se passa.“~

Sie erzählt, wie ihr Vetter sie fast mit Gewalt halb besinnungslos in den Saal geführt habe, wo sie nach den ersten Begrüßungen sich so fern vom Licht als möglich gesetzt habe, um den Blicken der Fremden nicht ausgesetzt zu sein, und allmälig mit Mühe einigermaßen die Fassung gewonnen habe. Nach einigen Complimenten lenkt der Vetter das Gespräch auf ihren Bruder. ~„Ma chère cousine je ne Vous ai pas encore communiqué la joye que j'ai ressentie en trouvant à mon retour ici un cousin si aimable; on a sujet de Vous féliciter d'un frère si digne d'être aimé. -- Je suis charmée, Monsieur, que Vous aites convaincu à présent combien j'avois raison d'être affligée de l'absence de ce frère chéri; ces trois années ont été bien longues pour moi, je souhaitois à tout moment son retour. -- Ma sœur, ma sœur, et maintenant que je suis là personne ne désire de me voir, c'est tout comme si je n'y étois pas. -- Point de reproches, mon frère, Vous le savez Vous même, que c'est ne pas là ma faute; Vous êtez toujours occupé et je n'ose Vous interrompre si souvent que je le voudrois. -- Mais, ma chère cousine, comment va donc la musique? Vous excelliez déja l'hiver passé, que ne sera ce maintenant! Oserois-je Vous prier de me faire entendre Vos nouveaux progrès? je suis sur que ces Messieurs en seront charmés. -- Il faut Vous dire, ma chère, que je me portois mieux à tout moment, et je commencois à recouvrir toute ma présence d'esprit. Je me levai d'abord et lorsqu'ils virent que je marchois vers mon clavecin ils se postèrent tous autour de moi; le cadet se mit de façon à pouvoir me regarder à son aise pendant que je jouois. Je le surpris quelque fois. Je fus deconcertée un peu sans savoir pourquoi, je rougissai -- mais, ma chère, pourquoi me regardoit il aussi? -- cependant j'exécutai assez bien mon concert. Mon cousin me ramena à ma chaise et en me demandant ce qu'il devoit faire encore pour m'obliger je le priai de reprendre sa place, Vous saurez qu'elle étoit vis à vis de moi. -- Je vois à quoi ça aboutit, s'écriat-il, Vous voulez que je m'éloigne, c'est Vous Monsieur, dit-il au jeune d'Oldrogg, qu'elle a élu pour être toujours près d'elle. -- Ah, ma chère, que le cœur me battoit, je ne sus que dire; le jeune d'Oldrogg étoit en peine pour moi, je le vis à l'émotion peinte sur son charmant visage. Il me regardoit timidement comme s'il eut craint de m'offenser. Je ne pouvois me défendre le plaisir de le contempler, je crus voir mon aimable Harry, je ne sais plus que ce je pensois alors. -- Mon frère pour donner un tour à la conversation parla de Leipzig, du tems agréable qu'il y avoit passé et en mème tems il commença à se plaindre de notre ville, du peu de goût qui y regnoit, de nos citoyens stupides et enfin il s'émancipa que nos demoiselles n'étoient pas supportables. Quelle différence entre les filles Saxonnes et celles d'ici, s'écria-t-il.[195] -- Je lui coupai la parole et m'adressant à mon aimable voisin, Monsieur, lui dis-je, ce sont ces reproches, qu'il faut que j'entende touts les jours. Ditez moi, je Vous prie, si c'est en effet la vérité, que les dames Saxonnes sont tant supérieures à celles de toute autre nation? -- Je vous assure, Mademoiselle, que j'ai vu le peu de tems que je suis ici beaucoup plus de beautés parfaites qu'en Saxe; cependant j'ose Vous dire, ce qui porte tant Ms. Votre frère pour elles c'est qu'elles possèdent une certaine grace, un certain air enchanteur -- C'est justement, interrompit mon frère, cette grace et cet air qui leur manque ici, je suis d'accord qu'elles sont plus belles, mais à quoi me sert cette beauté, si elle n'est pas accompagnée de cette douceur infinie, qui enchante plus que la beauté même? -- Juste ciel, il sonne dix heures, il faut aller me coucher, je n'ai pas soupée aujourdhui pour pouvoir Vous dire tout ça. Le cadet prit un congé très poli de moi, il baisa ma main, la serra à plusieurs reprises, je crus presque qu'il ne vouloit plus me la rendre. Qu'avoit il besoin de se comporter tellement? J'envie ces belles dames qu'il a vu ici, n'y auroit il pas une douceur infinie de plaire à un tel homme? -- Mais pourquoi dis-je cela? Vous voyez, que le sommeil m'égare.“~

Auch am folgenden Tage erzählt sie von den Brüdern _Olderogge_, daß sie einige hundert Meilen weit herkämen und nun nach vollendeten Studien eine große Reise durch Europa machten, daß ihr Bruder den ganzen Tag mit ihnen sei und daß sie ihn um dies Glück beneide. Dann schreibt sie am Mittwoch: ~„Messieurs de Oldrogg viendront cet après-midi, je m'en rejouis -- du moins je verrai encore une fois cet aimable visage, qui a tant de ressemblance... st, st. -- On m'interrompt -- c'est mon frère, que va-t-il dire? -- Ah, ma chère, plaignez moi -- tout s'accumule pour me faire désespérer -- ils partent ce matin -- que ferai-je? -- Si Vous vissiez ma peine, elle est audessus de mes forces -- tous les plaisirs que je me promets me manquent -- à quoi suis-je encore reservée? -- Ils passeront par Worms et y logeront à l'empereur Romain -- Vous les verrez peut-être. -- Mon frère s'en est allé dans ce moment pour leur dire adieu -- ah! quelle pensée s'offre à mon esprit -- non, non -- Adieu.“~

Die Leidenschaft, mit welcher sie sich hier ausspricht, ist durch die Ähnlichkeit des jüngeren _Olderogge_ mit ihrem _Harry_ nicht vollständig erklärt. Die Abreise des letzteren fällt in die Zeit dieses Besuches und man fühlt sich fast versucht, die Ruhe, mit welcher sie dieselbe erträgt, zum Theil auf das für die Freunde des Bruders erregte Interesse zu schieben. Wenn es gleich begreiflich ist, daß sie in dieser Zeit ungewöhnlich aufgeregt war, so zeigt sie doch auch sonst eine ähnliche Reizbarkeit und Unruhe, welche einen tieferen Grund haben. Die Art, wie sie über die Liebesverhältnisse ihrer Freundinnen sich äußert, zeigt, wie sehr sie sich mit denselben beschäftigt und in ihrer Phantasie sich selbst in einer gewissen Weise damit verflicht. Die feurige Neigung und die treue Anhänglichkeit _Dorvals_ bewundert sie lebhaft und hebt sie gegen _Lisettes_ Flatterhaftigkeit mit einem eigenen sympathetischen Gefühl hervor. Etwas Ähnliches tritt in einem anderen Verhältniß höchst wunderbar hervor.