Part 9
È precisamente quello che vorrei dir io a proposito dei miei confronti dello stato normale della produzione letteraria coll'altro che, per intenderci, dobbiamo chiamare anormale. Siamo forse proprio sicuri che non avvenga nell'incoscienza delle _communicazioni_ spiritiche un fatto di _trasposizione intellettuale_ identica a quella dei sensi; e che, in date circostanze, in date condizioni, presso particolari organismi, la funzione del pensiero non si produca in tutt'altri organi che il cervello? Se la punta del naso può _vedere_, se il lobo dell'orecchio può leggere e distinguere i gradi del dinamometro, o le lettere maiuscole dell'ottometro (questo nel caso riferito dal prof. De Giovanni) perchè dovrà poi parerci _impossibile_ che si _pensi_, mettiamo, col braccio o colla punta delle dita? Se ci pare assurdo l'attribuire a cause sovrumane i meravigliosi fenomeni dell'allucinazione, dell'_obbiettivazione_ dei tipi della perdita del libero arbitrio, delle suggestioni che si svegliano nell'organismo dopo un lungo e determinato tratto di tempo[80], perchè dobbiamo esser ritrosi di attribuire il fenomeno della medianità scrivente (_intuitiva_ o _meccanica_, non importa) a una causa perfettamente naturale cioè, niente distinta dall'umano organismo?
Noi cominciamo appena ora ad intravedere i portenti dell'eredità fisiologica e psicologica che si nascondono nel nostro corpo. L'azione magnetica, lo stato, diciamo così, spiritico, risvegliate tutte queste impressioni ereditarie latenti e liberatele dalla prepotenza delle impressioni immediate, le fanno forse entrare coscientemente in azione? Lo ignoriamo.
Ma se questo potesse venir chiarito con una serie di osservazioni positive (e non mi pare punto difficile) molti dei più sorprendenti fenomeni spiritici risulterebbero la cosa più naturale del mondo.
Visto che un semplice _passaggio_ magnetico può togliere la coscienza della propria personalità, è da tentare se lo stesso mezzo non possa servire ad una operazione opposta, cioè a levar via gl'ultimi strati di impressioni fisiologiche e psicologiche e a mettere a nudo, o a poco a poco, quello che ancora sussiste dentro di noi dei mondi fisiologici e psicologici estinti.
Io credo fermamente che tali esperienze siano possibilissime e che darebbero meravigliosi resultati.
Presentandosi una favorevole occasione, ho l'intenzione di provarmici.
Questo non significa voler rimanere sprofondati ad ogni costo nella _morta gora_ del materialismo: significa soltanto voler essere cauti per non mettere il piede in fallo.
Un gran fisiologo che, per fortuna, è anche un gran pensatore, il Lotze, senza affermar nulla che sia contrario alle più rigorose esigenze del metodo positivo e ai dati più solidi della scienza, dopo aver conchiuso in favore dell'_esistenza dell'anima_ nelle piante, nell'animale, e nell'uomo, collo stesso rigore ha detto: «Niente può impedirci di affermare in una maniera generale che le anime siano mortali; ma può anche accadere che un'anima peritura non perisca nel corso del mondo, e che, in grazia dell'idea, goda un'esistenza indefinita a cui, da per sè stessa, non avrebbe alcun diritto. Se nello sviluppo della vita spirituale essa realizza un contenuto di tal valore da meritar di sopravvivere nell'insieme del mondo, e rimarrà: se, al contrario, nulla si produce in un'anima da esigere questa permanenza spirituale, e noi dobbiamo credere che essa perirà. Naturalmente si vorrà trarre da queste premesse la conchiusione che le anime delle bestie siano mortali e quella dell'uomo immortale. Ma noi non esamineremo se in tal modo non si accordi assai poco valore all'anima delle bestie e troppo a quella dell'uomo[81].»
Tutti i fenomeni dello spiritismo, per fino le _apparizioni_, le _materializzazioni_, le _fotografie dei morti_, non hanno finora condotto a _resultati scientifici_ più diffinitivi di questi del Lotze. Le nuove esperienze del Crookes, fatte con tale apparato scientifico di mezzi e di testimoni da non lasciare nessun dubbio intorno alla loro serietà, si limitano a _stabilire come fuor di controversia l'esistenza d'una forza nuova dell'organismo umano che può chiamarsi_ FORZA PSICHICA. Tu vedi bene che non si esce dall'_organismo umano_.[82]
Ma appunto per esser cauti e non mettere il piede in fallo, anche accordando un valore reale a questo confronto di fatti di ordine diverso, non dobbiamo trarne conseguenze che sorpassino la sfera di essi fatti. Con fenomeni come quelli dello spiritismo, se non risulta _avverato_ che si tratti di fenomeni sovrumani, non risulta neanco _avverato_ che si tratti soltanto di fenomeni assolutamente naturali ed umani, nel ristrettissimo senso che noi sogliamo dare a queste parole. Chi sarà tanto presuntuoso da poter dire in questo momento: _Est, est! Non, non?_
Ed ecco, caro Farina, perchè la mia lettera intestata con una timida interrogazione di curioso, può, senza contraddirsi, finire allo stesso modo, domandando: SPIRITISMO?
Luigi Capuana
Mineo, 20 gennaio 1884.
NOTA
Mi piace riportare qui alcuni brani d'un articolo del Parville, dal _Débats_ dell'8 maggio, non che la maggior parte d'un altro articolo del Conte di Villiers de L'Isle-Adam comparso nel _Figaro_ del 10 maggio di quest'anno.
Lo scritto del Parville si occupa dei fenomeni del sonnambulismo provocato.
«Magnétisme, hypnotisme, illusions hier, réalités aujourd'hui. Certes, il a fallu du temps, beaucoup de temps, avant que l'on se décide à étudier de près ces faits étranges, mais on peut affirmer que maintenant les physiologistes les plus éminents considèrent comme hors de conteste les principaux phénomènes de l'hypnotisme et du magnétisme animal. Le système nerveux peut être influencé par des causes extérieures encore mal définies, au point de modifier complètement l'individu au moral et au physique, de le transformer en automate et de substituer par diverses suggestions à sa volonté une volonté étrangère. Les expériences tentées en Allemagne et en France dans ces dernières années ne laissent plus aucun doute à cet égard[83]. M. Liégeois, professeur de droit à la Faculté de Nancy, vient d'attirer de nouveau l'attention sur ces faits dans un Mémoire intéressant, en insistant surtout sur les conséquences qu'ils présentent pour la médecine legale et sur les applications qu'on pourrait en tirer au point de vue du droit civil et du droit criminel. La thèse de M. Liégeois est neuve et hardie; elle peut être soutenue avec de grandes apparences de vérité.
M. Liégeois a voulu d'abord se rendre compte par lui-même de la réalité des phénomènes hypnotiques, et bien voir jusqu'à quelle limite extrême on pouvait pousser l'influence de l'homme sur son semblable. Avec le concours de son collègue, M. le professeur Bernheim, il a hypnotisé un certain nombre de personnes absolument saines de corps et d'esprit. Il est arrivé aux mêmes conclusions que ses devanciers. L'hypnotisé devient un automate inconscient; mais, ce qui est bien plus singulier, c'est qu'il conserve pendant des jours, des semaines, des traces de cet automatisme au point que les suggestions antérieures persistent longtems peuvent l'exciter à accomplir des actes indépendans de sa volonté. L'opérateur peut inspirer à son sujet l'idée d'actes criminels qui, au réveil, seront accomplis fatalement, de point en point, à plusieurs jours, à plusieurs mois d'intervalle même, affirme M. Liégeois. Ainsi, certains sujets sont allés, au jour et à l'heure fixés par M. Liégeois, s'accuser au bureau de police ou chez le procureur de la république de crimes imaginaires, avec tous les détails et dans les termes même qu'il leur avait dicté la veille ou l'avant-veille. D'autres ont exécuté ou cru exécuter des actes effroyables. Une jeune fille, entre autres, a assassine sa mère en tirant sur elle avec le plus grand sang-froid un coup de pistolet à bout portant. Inutile de dire que l'arme n'était pas chargée. D'autres ont reconnu des engagemens qu'ils n'avaient jamais pris et signé des effets en bonne et due forme pour s'acquitter de dettes qu'ils n'avaient jamais contractées. D'autres enfin chez lesquels on avait provoqué certaines hallucinations ont affirmé sur la conscience qu'ils avaient la certitude absolue d'avoir vu, entendu, touché tout ce qui leur avait été suggéré! Ces expériences bien conduites dans une direction donnée ne sont pas sans présenter de gravite. M. Liégeois en conclut naturellement qu'en ce qui concerne la justice civile la suggestion peut intervenir dans un grand nombre d'actes importans pour les fausser ou les entraver, qu'elle peut intervenir aussi en ce qui concerne la justice criminelle dans des actes dont les hypnotisés eux-mêmes sont victimes, ou dans des actes qu'ils accomplissent irrésistiblement, ou enfin dans des actes imaginaires dont on leur a fait admettre la réalité. Les magistrats auraient donc à tenir compte, à l'occasion, de ces suggestions et à découvrir, derrière celui qui a perpétré l'acte, le véritable coupable, c'est-à-dire l'auteur de la suggestion. Le rôle du médecin légiste aurait à prendre de ce chef une nouvelle et considérable importance. Strictement, les idées de M. Liégeois sont justes, et d'autant plus justes à notre sens que nous ne croyons pas que la suggestion soit un phénomène exclusivement réservé au somnambulisme; nous avons des raisons de pensar que c'est un phénomène plus commun qu'on ne le croit; il est exagéré chez l'hypnotisé, alors il apparaît dans toute son évidence, mais pour être moins accentué chez certains sujets il ne s'ensuit pas qu'il n'existe pas plus ou moins. Des causes inconscientes agissent sans cesse sur nous et modifient notre personnalité. Ne dit-on pas souvent que telle ou telle personne exerce un certain ascendant sur ses semblables? Ne sait-on pas que l'influence bonne ou mauvaise de tel ou tel individu retentit sur les autres? Que de phénomènes suggestifs jouent leur rôle sans que nous nous en rendions un compte exact! Le milieu exerce son action; on n'est plus le lendemain ce que l'on était la veille; l'entourage a marqué son empreinte. La pensée d'autrui retentit sur celle du voisin; le souvenir inconscient change les idées, les actes même, et le déterminisme par résultante de souvenirs et de combinaisons psychiques pourrait bien ne pas être un vain mot. Au fond, le magistrat, aujourd'hui comme avant la thèse de M. Liégeois, n'en reste pas moin toujours devant la solution du même problème: découvrir le véritable coupable. Seulement l'horizon s'est agrandi et les méthodes d'investigation pourront devenir plus précises et plus certaines[84].
Ce qu'il importe avant tout de bien montrer, c'est qu'en vérité la suggestion est un phénomène commun, facile à produire, et qui ne saurait échapper à l'attention des observateurs. Les exemples abondent: MM. Liégeois et Bernheim en ont donné d'excellens, obtenus pour les besoins de leur thèse; il n'est pas superflu d'en citer d'autres qui n'ont pas été recueillis avec une idée préconçue.
Il y a déjà plus de vingt ans que, loin de tout milieu civilisé, nous provoquions par suggestion les actes les plus bizarres chez des Mosquitos hypnotisés; ils imitaient à distance tous nos mouvemens; véritables automates dont nous tirions à volonté les ficelles. Mais il s'agissait sur tout là de suggestions d'ordre physique. Les suggestions d'ordre psychique sont bien plus extraordinaires. M. Charles Richet qui a très finement étudié ces questions en a recueilli lui-même de nombreux exemples dans un livre remarquable, et d'ailleurs remarqué avec raison: _L'Homme et l'Intelligence_[85]. Nous n'insisterons pas sur les phénomènes de suggestion les plus connus, mai nous emprunterons à M. Ch. Richet quelques cas bien singuliers où la personnalité disparait complètement...........
En tout cas, il semble résulter manifestement de tout ce qui précède que tout sujet hypnotique est susceptible sous certaines influences de perdre son libre arbitre et d'obéir à des volontés étrangères, à des impulsions extérieures. C'est une conclusion capitale, mais qui se déduit nécessairement de faits observés.
Dans les exemples que nous avons signalés, les ordres qui provoquent plus tard les impulsions sont donnés oralement, de façon à impressionner par la voie ordinaire les centres nerveux. On s'est demandé si un sujet magnétique exécuterait de même un ordre _pensé_ et non _exprimé_. Les magnétiseurs n'hésitent pas à répondre par l'affirmative. Nous ne croyons pas qu'aucune expérience réellement nette permette aujourd'hui de trancher la question d'une façon aussi péremptoire; mais qui oserait d'un autre coté affirmer aujourd'hui que le fait est impossible? Il importe peu au point de vue légal que la suggestion s'opère mentalement ou par ordre communiqué, puisque le sujet réveillé oublie et l'ordre et celui qui le lui a donné; mais quelles conséquences pour la psychologie! Laissons la question ouverte; nous ne sommes pas aujourd'hui encore en état d'y répondre avec certitude.
Ces études ne sont, à vrai dire, qu'à leur début; c'est encore l'inconnu pour le physiologiste; le système nerveux nous promet encore bien des surprises; la plupart des phénomènes hypnotiques sont inexplicables dans l'état actuel de la science. Citons encore un exemple trés curieux. Le docteur Tagnet, de Bordeaux, soigne en ce moment une jeune malade qu'il endort, comme le fait d'ailleurs M. Dumontpallier, par une simple pression sur une vertébre du cou. Ce sujet est bien surprenant. Ses sens atteignent un degré de finesse incomparable; elle perçoit des impressions qui nous échappent; elle possède une vue qui tiens du merveilleux. On place devant elle un carton, une feuille de papier, et derrière elle, à une certaine distance, des objets quelconques. Elle voit ces objets réfléchis sur le carton comme sur une glace, ou du moins elle le dit, mais en tout cas elle énumère un à un les objets que l'on fait passer derrière son dos. Elle peut même lire ainsi des phrases imprimées qu'elle déchiffre a rebours beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire d'une ligne imprimée réfléchie par un miroir. On découpe une feuille de carton en petits morceaux; on lui présente un de ces petits morceaux en lui suggérant l'idée que sur l'un d'eux se trouve le portrait de sa mère; elle trouve le portrait excellent et témoigne de sa joie. On fait une marque invisible sur ce petit carton et on le mêle avec les autres; quelque temps après, on lui remet entre les mains tous les petits morceaux épars; en moins d'une seconde, elle retrouve le carton à la marque invisible et exprime de nouveau le plaisir qu'elle éprouve à contempler le portrait de sa mère. Et ainsi chaque carré de carton se transforme en portraits de famille, et jamais elle ne se trompe quand elle les regarde; toujours, sans erreur elle retrouve sur chaque carré l'image qu'on lui a dit y être peinte. La suggestion persiste, fixée comme une photographie sur les carrés de carton.
L'odorat du sujet de M. Tagnet est tout aussi remarquable; elle flaire littéralement les objets qu'on lui met entre les mains; et, sur l'invitation du premier venu, elle les remet, sans jamais se tromper, à leur véritable propriétaire. Expliquera qui pourra, en ce moment, cette acuité singulière des sens.
Encore un peu, et si l'on se laissait entraîner sur cette pente par la fascination de l'extraordinaire, on finirait bientôt par trouver tout naturels certains faits qui sont pour nous incompréhensibles et qui tiennent du merveilleux, notamment, par exemple, les expériences stupéfiantes que répète, en ce moment, dans quelques salons privilégiés, l'Anglais Stuart Cumberland. Si les expériences de M. Cumberland étaient d'ordre magnétique, ne suffirait-il pas d'admettre pour expliquer sa faculté de devin, qu'il est lui-même hypnotique et influencé par suggestion mentale? Il irait où on lui commande d'aller par la pensée. Véritable automate, il obéirait simplement aux suggestions que l'on provoquerait chez lui. Beaucoup d'hypnotiques en état de veille sont dans ce cas, mais obéissent, il est vrai, à des ordres _exprimés_. On en voit qui trouvent très bien les objets cachés, comme s'ils étaient guidé par un flair particulier, comme la somnambule de Bordeaux. Mais arrêtons nous, sous peine d'amener à la fin une confusion regrettable entre des faits bien acquis et des vues purement hypothétiques, qui ne reposent aujourd'hui sur aucune base solide.
Le doute est la règle recommandée avec raison en face de l'inconnu. Il faut douter jusqu'à l'évidence; mais, d'autre part, ne refusons pas de voir, d'examiner et d'étudier les phénomènes dont la clef nous échappe. Est-ce que nous nous connaissons nous-même? Est-ce que nous savons bien jusqu'à quel degré d'étonnante impressionnabilité peuvent parvenir nos sens? Savons-nous même quels sont nos sens? Il suffit chez un très grand nombre de personnes de l'approche d'un aimant pour provoquer des sensations. Qui eût osé affirmer avant les expériences modernes que nous étions sensibles à l'aimant? Nous aurons à revenir prochainement à cet égard sur d'intéressantes expériences de M. Julian Ochorowicz. Souvent, il suffit de placer le doigt entre les branches d'un petit aimant en fer à cheval pour éprouver des sensations de chaleur, des picotemens, des tremblemens, de la paralysie, etc. Les personnes sensibles à l'aimant seraient toutes des hypnotiques. Si le fait se vérifiait, la médecine legale aurait dans la pierre d'aimant un instrument d'investigation bien commode et qui «ne violerait certes pas la liberté morale des accusés.»
On voit combien nous avons à travailler encore avant d'y voir un peu clair autour de nous. Quant à présent, nous sommes bien obligés de rester sur le seuil de ce monde mystérieux, qui ne nous ouvrira ses portes toutes grandes que lorsque les progrès de la science nous auront enfin dévoilé les secrets de la physiologie du système nerveux.»
Henri de Parville.
Il Conte de Villiers de L'Isle-Adam, annunziando la prossima pubblicazione del nuovo libro del Crookes, ne dà le conclusioni traendole dai frammenti pubblicati nel _Quarterly Journal of Science_, nell'_Athenoeum_ e nella _Quarterly Review_:
«La prochaine apparition du livre de William Crookes, _La Force psychique_, produira, certes, une durable sensation de stupeur dans les deux mondes.
Des les premières lignes de ces volumineux sommaires, on sent qu'il s'agit d'observations d'un caractère tout à fait insolite et que la Science de l'Homme se hasarde ici, pour la première fois, sur un terrain tellement fantastique et inattendu, que le lecteur, stupéfait, se demande s'il rêve! Mais, comme les expériences que relatent ces lignes sont justifiées par différentes sanctions du Comité de Recherches des Sciences dialectiques de Londres, dont il est difficile de récuser la compétence hors ligne, la sûreté d'examen et la rigueur positiviste, l'attention du lecteur est bien vite fascinée.
Pour la parfaite intelligence de ce dont il est question, le mieux est, pensons nous, de citer l'étonnant exorde de William Crookes lui-même, au début de... ce nouvel incident de l'Humanité.
* * *
— «Voici que, depuis plusieurs années, une sorte de doctrine se répand chez nous, — en Europe et ailleurs, — augmentant, chaque jour, le nombre de ses adeptes et comptant, parmi ses prosélytes, des hommes de haute raison et d'un savoir éprouvé. Cette doctrine s'autorise de faits complètement en désaccord avec diverses lois avérées de la Nature: et ces faits sont attestés, cependant, par des témoignages à ce point considérables que l'on a cru pouvoir, officiellement, nous en saisir. — La Chambre des représentants, à Washington, a reçu des pétitions à ce sujet, revêtues de plus de _vingt mille_ signatures. A Hertford, des enfants, — de très jeunes filles même, ont failli payer de leur existence (les demoiselles Fox, par exemple, âgées de douze et de quatorze ans) des phénomènes que tout un district attribuait à leur présence. — Et Angleterre, jusque dans Londres, la fréquence de ces prétendus «événements occultes» a fini par troubler, par effrayer les esprits d'une partie de la population: — l'on se croirait au Moyen-Age, en écoutant ces rumeurs.
«J'estime qu'il est du devoir des hommes de science, qui ont appris à travailler d'une manière exacte, d'examiner _tous_ les phénomènes qui attirent l'attention publique, afin, soit d'en confirmer la vérité, soit d'expliquer, si faire se peut, l'illusion des honnêtes gens en dévoilant la supercherie des charlatans, des imposteurs.
Or, un grand nombre de personnes, d'un sens commun cependant notoire, avons-nous dit, — nous parlent, par exemple «d'influences mystérieuses sous l'énergie desquelles de lourds objets d'ameublement se meuvent, soudain, d'une pièce à une autre, sans l'intervention de l'homme».
A ceci nous répondons:
— Le savant a construit des Instruments qui divisent un pouce en un million de parties. Nous demandons que ce «influences» fassent mouvoir, seulement d'un _seul_ degré, l'indicateur de ces instruments, dans nos laboratoires.
On nous parle de «corps solides, pesant cinquante, cent livres, — de personnes vivantes même, s'élevant dans les airs sans le secours d'aucune force connue».
A ceci nous répondons:,
— Alors, que ce pouvoir, quel qu'il soit, qui, nous dit-on, serait guidé par une intelligence, et qui élève, jusqu'aux plafonds de vos appartements, des corps lourds, animés ou inanimés, fasse pencher seulement l'un des plateaux de cette petite balance qui, sous son globe de cristal, est sensible à un poids si minime qu'il en faudrait dix mille comme lui pour faire un gramme!
On nous parle de «fleurs mouillées de fraîche rosée, de fruits, et même d'êtres vivants apportés au travers des murailles»,
A ceci nous répondons:
— Qu'on introduise donc un milligramme d'arsenic à travers les parois d'un tube de verre dans lequel de l'eau pure est hermétiquement scellée par nous!
On nous parie de «coups frappés qui se produisent jusqu'à ébranler les murs dans les différentes parties d'une chambre où deux personnes sont tranquillement assises devant une table; — de maisons secouées jusqu'à en être endommagées par un pouvoir extra-humain»; — et l'on ajoute que «des plumes ou des crayons tracent _tout seuls_ des lignes présentant un sens; — que des ressemblances de défunts apparaissent.»
A ceci nous répondons:
— Que ces coups se produisent seulement sur la membrane tendue d'un phonautographe!... Que ce pendule, en sa gaine de verre, soit seulement mis en vibration!... Que cette plume, que je tiens, rature seulement, sur ce bureau, l'un seul des mots que je viens d'écrire!... Quant aux «apparitions» nous avons des instruments qui mesurent l'éclair: qu'une seule d'entre elles passe pendant la durée d'un 120e de seconde seulement devant la lentille de l'un de ces instruments!
Enfin l'on nous parle de «manifestations d'une puissance équivalente à des milliers de kilogrammes, et qui se produisent sans cause connue.»