Mimi Bluette, fiore del mio giardino: romanzo

Part 16

Chapter 163,953 wordsPublic domain

Bluette lo ascoltava immobile, piegata su lʼala che formavano le sue lunghe ginocchia, sola, deserta, con gli occhi allucinati nel vapore del lontano sole.

—Mais lui, ce brave Laire, il avait du définitif dans lʼâme, ce matin–là. Il marchait dʼun pas allegre, à quelques rangs devant moi, et sa haute taille était la plus belle du bataillon. Pour un dernier venu, je vous assure quʼil était vieille–garde. Le sous–off me disaient:—«Capitaine, voilà un dandy!» Ce Laire, il nʼavait pas prononcé quarante mots depuis son arrivée. Il avait le cafard des nobles, le cafards des gens qui se racontent à un brin dʼherbe, mais qui jamais ne soufflent mot à leurs copains. Cʼest pour vous dire, Madame, que nous lʼavions compris. Et moi, par exemple, je trouve assez naturel que vous ayez fait pour lui ce long voyage.

Le strisce di fumo della sigaretta che aspirava il tenente medico rimanevano sospese nellʼaria come larghi veli.

—Oui, cʼest bien sûr; pour nous tous, les Batt dʼAff, il vient un jour où nous avons du définitif dans lʼâme. Il nʼy avait quʼà le regarder, ce matin là, pour comprende que cʼétait «son jour». Lʼaube était rouge comme ces paniers de cerises quʼexposent les fruitières du Faubourg Saint–Honoré. Cela aide. Rien ne donne lʼenvie de devenir noir comme cette lumière écarlate... La colonne marchait, mitrailleuses en tête, essayant de glisser dans les plis du terrain. Le Gharb, au delà des dernières dunes, miroitait comme une terre volcanique parsemée de phosphore. Cʼest horrible! On sʼaperçoit, dans ce spasme aveuglant, quʼon peut tuer lʼhomme à force dʼétincelles. La terre montait; à lʼhorizon on voyait des collines. Ils pouvaient être partout, car le terrain faisait de hautes vagues. A un moment donné, sans aucune raison apparente, je sentis quʼils étaient là, quʼils rampaient comme des couleuvres dans les pièges de cette terre morte, quʼils allaient surgir de partout, avec leurs cris sauvages. Une sensation, Madame!... cette sensation de lʼembuscade que nous avons très claire, nous, les habitués de la harka. Quelques minutes plus tard, les voilà qui se dressent comme des fantômes chaotiques au sommet des collines. Deux, trois dʼabord, puis des centaines, des hordes... Le soleil naissant du côté de Chergoui soulevait des nuées de sable; nous étions pris en même temps dans la bataille et dans la tourmente de soleil. Nos mitrailleuses, avec un bourdonnement de guêpes, sifflaient sur ces moissons de sauvages. On en fauchait autant quʼil en venait, par vagues. Mais ils étaient plus que nos balles, et ils approchaient toujours. Leurs drapeaux verts tanguaient sur ces troupeaux humains. Bref: quand nous fûmes entourés, quand nos mitrailleuses ensablées ne fonctionnèrent plus, il fallut marcher à la baïonnette, et le Commandant me cria: «Voilà du kouss–kouss pour toi, Letellier! Essaye tout de même! Jʼy vais de mon côté.» On y alla... Zut! que jʼai soif, Madame! Nʼen voulez–vous pas un verre? Ça fait du bien au cœur.

E bevve, bevve profondamente, con assetata febbre, un lungo sorso.

—Il y avait devant moi une borde composée de huit cent brutes au moins, qui grouillaient sur une colline et sʼavançaient avec des oscillations de montagne russe. Leur drapeau vert était la chose la plus agréable à regarder dans cette atmosphère de pourpre. Je dis à mes hommes: «Crédieu! si on pouvait leur arracher cette sale guenille!...»

—Jʼy vais tout–de–go, mon capitaine!—répondit une voix de bronze derrière moi. Un homme sortis des rangs. Cʼétait le soldat Laire, très calme, baïonnette au canon. Il se lança tout droit, tout seul, faisant de temps à autre un geste comme pour écarter des rideaux. Les autres le suivirent. Il courait, une cinquantaine de pas devant nous. On arriva derrière une broussaille. A vrai dire on ne savait pas si cʼétaient des arbres ou des pierres végétales. Ces chiens galeux nʼétaient plus quʼà vingt mètres. Ils couraient aussi. Dans le choc, il y eut une mêlée épouvantable. Cʼest quʼon devient fou, là bas, dans le Gharb, Madame!... Ce nʼest pas du tout de lʼhéroïsme: on devient fou. Ils tenaient leurs longs fusils par le canon et flanquaient des coups de crosse; ils avaient aussi des couteaux, des poignards et des larges sabres marocains; mais leur voix de fauves était encore plus effrayante. Le Commandant avait affaire de lʼautre côté. Une partie de nos hommes, groupés autour des mitrailleuses, tiraient sans relâche pour aider nos baïonnettes. On voyait ces sauvages tomber comme des épis dans la moisson, avec une espèce de rire terrible qui les clouait par terre. Nous avions de leur sang jusquʼau poignet, jusquʼau coude; mais il en venait toujours du pied de colline. Savez–vous combien ça peut faire de cadavres le bras dʼun homme? Je ne le sais pas moi–même. Plusieurs sans doute. Mais le poids des cadavres finit toujours par vaincre la puissance dʼun bras. Dʼautant plus que nous étions presque tous blessés, sans compter les morts. Jʼavais une balle au dessus de la tempe, un coup de crosse à lʼépaule et une déchirure dans le côté. Mais ça ne fait pas très mal, une blessure, tant quʼon est au Gharb... Ce brave Laire était toujours devant nous; il livrait à lui tout seul un combat merveilleux. Je crois même quʼà ce moment–là il nʼavait plus sa raison, le pauvre, parce que je nʼai jamais vu un seul homme faire un pareil massacre. Il était tout rouge, de son propre sang et du leur, comme sʼil sʼétait plongé dans le ruisseau dʼune boucherie. Ceux quʼil avait tués de sa propre main et ceux qui sʼabattaient sous notre fusillade formaient autour de lui une espèce de rempart macabre. Quelques pas en arrière de ce rempart flottait le drapeau vert du Prophète. Il avançait toujours pour sʼen emparer, tombant sur les genoux, se redressant encore, tout rouge, complètement fou. A un moment donné je comptai mes hommes: nous étions restés trente–cinq; nous reculions; le Gharb dansait comme une mer en tempête. Ce nʼétait pas le courage, cʼétait lʼhaleine qui nous manquait. Jʼavais empoigné mes deux pistolets pour en brûler les dernières cartouches, quand, tout à coup, un miracle se produisit. Une de nos mitrailleuses, nettoyée à la hâte, avait fait un bond sur lʼaile gauche et recommençait à chanter. Madame, quelle ivresse! quelle ivresse!... Je nʼai jamais lancé vers une femme le regard enivré dont jʼenveloppai en ce moment la belle mitrailleuse...

—Doucement...—gli consigliò il medico.—Vous aurez la fièvre.

—Ah, tant pis! Ce nʼest pas très important dʼavoir la fièvre! On en guérit. Et puis on recommence... Après tout cʼest la chose la plus bête que nous puissions faire, nous soigner dʼune blessure. Oh, ce besoin imbécile de rester vivants!... Et pourquoi?... Pour crever demain, ou après demain, dans le Gharb ou dans le Guébli, et toujours avec le même délire... Ce nʼest même pas comique, ce nʼest rien du tout... De la bêtise! Dis–donc, major, ta quinine a des qualités sans doute; mais moi je puis te dire que jʼai appris quelque chose dans lʼhistoire du soldat Laire. Dʼabord, vois–tu, il avait dans son cœur des yeux de femme. Et cela ne lʼa pas empêché de vouloir la guenille du Prophète, le chiffon vert que même ces brutes ont pris pour de lʼidéal brodé... Oui, positivement, jʼai la fièvre; mais ça me fait bien plaisir quʼune jolie femme soit assise sur mon lit de camp. Et puis, Dieu sait si elle mʼécoute... Dans ses yeux calmes il y a un peu de nord...

—Je vous écoute, oui, capitaine,—ella rispose con voce tranquilla, senza nemmeno far muovere il velo dʼombra che le fasciava la fronte.

—Et alors, quand la mitrailleuse chanta, la cohue de ces gueux sauvages eut une espèce de long balancement, un arrêt tumultueux devant la mort invisible, devant ces milliers de balles qui zigzaguaient dans leurs rangs comme des lézards métalliques. Ce nʼétait pas continuel, car elle devait aussi défendre cette partie de la colonne qui sʼétait engagée sur lʼautre versant, aux ordres du Commandant. Mais elle nous protégeait assez pour que nous puissions nous replier, tant dʼun côté que de lʼautre, afin de nous réunir autour des mitrailleuses, quʼon essayait de remettre en action. Le soldat Laire était toujours au delà de la broussaille; il ne tournait même pas la tête. De temps en temps la mitrailleuse faisait des ravages devant lui; les monceaux de cadavres lʼempêchaient de mourir.

—«Soldat Laire!—lui criai–je.—En arrière! En arrière avec nous!» Il hocha sa tête nue, quʼune large blessure coiffait de pourpre; il fit un bond terrible, et plongea sa baïonnette dans le ventre du grand diable noir qui portait le drapeau. Il sʼaccrocha des deux mains à la hampe de lʼétendard, et lʼon vit une mêlée dʼhommes, presque nus, gesticulants, hurlants, sʼécrouler sur lʼenorme cadavre de lʼenseigne barbare. La mitrailleuse y darda pendant quelques minutes son éventail de flèches, et presque personne de ce groupe ne releva la tête. Ils avaient enseveli sous leurs cadavres la bannière du Prophète. Mais il y eut un silence. Et lentement, comme quelquʼun qui sortirait à plat ventre dʼune kouba effondrée, nous vîmes le soldat Laire se dégager du poids de ces cadavres, surgir, et marcher vers nous en chancelant, les mains crispées sur la bannière du Prophète. Ce nʼétait plus un homme, Madame, mais un fou rouge, une loque humaine qui portait un drapeau. Il lʼagitait, il lʼagitait, il riait peut–être... Nous entendîmes sa voix ivre:

—Je lʼai! je lʼai, mon capitaine!...

Nous allions vers lui, mais la distance était encore assez grande. On voyait des marocains, des nègres, courir en foule. Nous avions peur de le tuer avec nos balles. De mes hommes, plus un seul ne pouvait courir; eux, ils couraient comme des diables. Mais sa voix était si épouvantable, que jʼen rêve, depuis, chaque fois que mes yeux sʼassoupissent. Il criait:—«Bien le bonjour à vos bourgeoises, nʼs pas!... Et quand jʼaurai ma médaille, fous–la au drapeau... capitaine!... fous–la... au drapeau... ca... pitaine!...»

Ce fut sa dernière parole. On sʼempara de lui, malgré les mitrailleuses, et il mourut les poings crispés sur la bannière du Prophète.—Jʼoubliais de vous dire, Madame, que tout cela sʼest passé au milieu dʼune tourmente rouge, et que nous sommes revenus soixante–treize, dont vingt–quatre seulement nʼétaient pas blessés. En voilà un, par exemple: cʼest le petit gaillard aux yeux de chamelle, qui gribouille des paperasses pour expédier ma correspondance. Parce que moi, voyez–vous, le Gharb mʼa joué un sale tour: je ne peux plus écrire les mots sur une ligne, je vais tout de travers, et je saute des voyelles...

—Ah, ces chiens galeux! ces chiens galeux!...—borbottava il piccolo soldato, succhiandosi le falangi sporche dʼinchiostro bituminoso.

Là fuori, nellʼoasi bionda, la sera scendeva in larghe vampe di tangibile profumo. Era quasi una lentissima pioggia di pólline dʼoro, che pareva scuotersi dai carichi rami delle palme, bruciare, cadendo nellʼombra, come un pulviscolo di sole. Si vedevano, sui fiori tropicali, aprirsi le bocche ovali dei lucidi camaleonti. Due cadaveri di traditori pendevano dalla forca della più alta palma. Erano là, immobili, come due lunghi batacchi di campana, coi polsi legati dietro la schiena, gli occhi marci, la lingua grossa come un tumore fra le mandibole mummificate.

La carovana di Colomb–Béchar si era sdraiata intorno ai pozzi, fra il disordine delle some; i cammelli masticavano la rugiadosa erba con una lentissima voracità; in larghe pentole dʼargilla i cammellieri pazienti facevano bollire il kouss–kouss.

Un vecchio negro, di membra gigantesche, dai lineamenti quasi europei, fumando una lunghissima pipa che gli pendeva dalle labbra tumide, faceva esaminare da Jossuf–el–Foukani i marenghi dʼoro, i franchi dʼargento che i Francesi gli avevano dati. Molti legionari, seduti fuori dalle tende, fra lʼattenzione delle piccole negre, giocavano a carte oppure al tric–trac. Di esse, qualcuna era incinta; qualcuna portava i corti capelli annodati su la tempia con un nastro di colore. Avevano certe lunghe braccia da miss inglese, la bocca invereconda, e, nelle spalle, una specie di rassegnata ma gentile povertà.

Mentre Bluette usciva dalla tenda del capitano, quei legionari si misero a guardarla.

—Christi! Je te dis, Jacquelot, quʼelle est bougrement bien fichue, la môme, et que, surtout de la voir pleurer, ça me fait quelque chose!

—Tʼen fais pas, Galitzine! Les femmes, ça pleure, ça rit... Pourvu quʼon les mette à poil, cʼest à peu près tout ce quʼelles demandent!

—Pourtant, ce quʼil était bath, ce Laire! Hein? Quʼen dis–tu, Jacquelot? Avoir tripoté des femmes pareilles, pour sʼengager à la Légion... Fallait–il en avoir une couche?... Pas vrai, Jacquelot?

—Oui... mais ne triche pas en attendant! Je vois que tu es en train de me monter le paquet. Tʼes propre, va, Galitzine!... Passe–moi les cartes. Cʼest à moi la donne. Oui, mon prince! Et puis je te dis que ce Laire, cʼétait peut–être un poseur, un aristo, une fiente à avoir une particule devant son Laire, mais il avait des goûts fins... ça, y a pas dʼerreur!

—Dis–donc, Jacquelot! Est–ce que tu ne marcherais pas ce soir, si elle te faisat de lʼœil?

—De lʼœil à moi? Tu te payes ma tête, sale mec!

—Dis–donc, Galitzine.... Veux–tu mon avis? Cʼest le jeune major qui se lʼenverra, ce soir, au clair de la cafarde...

—Ah, la chamelle!... Dʼailleurs, que veux–tu? ces salops dʼofficiers, ils ont des aventures même au Gharb!...

[Illustrazione: DECORAZIONE]

E allora tornò.

Tornò, con lʼanima sua dʼinnamorata, verso Parigi la Babelica, verso il mercato glorioso che vendeva, nella sua fiera di tutte le umane gioie, la bellezza ed il piacere.

Tornò, silenziosa, con la fronte chinata, gli occhi accesi di quella immobile vampa che bruciava nel remoto Gharb. Era divenuta ella pure lontana, come i tetri volontari dellʼergastolo camminante. Aveva lasciato cadere ad uno ad uno, su le carovaniere del Guébli, come foglie della propria vita, i fiordalisi di Mimi Bluette. Ora il senso dellʼesilio era entrato in lei, come nellʼanima di quei soldati nomadi che solo avranno per tomba lʼemigrante bufera. E tornava per nasconder nel frastuono della Parigi Babelica la sua tacente anima di Maddalena.

Vi giunse una fredda sera del mese di Novembre, quando il firmamento dʼelettricità, che per lʼalta nuvola propagano i lumi delle strade, con tremito si andava incurvando su la metropoli rannuvolata. Ella guardava con occhi stupiti, aperti, fermi, quella molteplice vita, mentre nellʼanima deserta le infuriava un lontanissimo rumore di sole.

Questa era la Città, questi erano gli Uomini, questa era la Vita...

Povera piccola bionda Mimi Bluette!...

Non afferrava più lʼesatto senso nè più sapeva ben distinguere gli esatti contorni delle cose; nel suo profondo essere femminile si era disseccata, sotto la fiamma del deserto, quella fertilità limpida e giovine che ogni creatura porta in sè come una fontana.

Ora capiva quel che significa non avere più strada, essere giunti a quellʼora di sconfinata e spaventosa libertà, oltre la quale finiscono anche le distanze. «Gli altri», quei mille che si chiamano «gli altri», avevano per lei smarrito il senso di creature umane. Passavano; erano cose poco più importanti che i paracarri di sasso, le colonne di bronzo, le ruote lente, stupide, che ripetono fino a consumazione il loro inutile perpetuo giro... «Gli altri» erano gli automi freddi e meccanici che attraversano la vita. La vita: questo rumore, questo colore—questo nulla.

E poi?

Le città? i parchi? le strade? le famiglie?... Tutta quellʼopera che indefessi compivano? tutto quellʼurto che insieme producevano, il giorno e la notte, ora per ora... Ma no! Ma no!... era pazzamente inutile... Inutile. Cʼera un immenso deserto, che «gli altri» non vedevano.

E, poi?

Essere bella? avere un nome gentile? potersi coprire fino alle ginocchia deʼ propri capelli biondi?... Avere la carne profumata, dolce, chiara, trasparente, come il più bel fiore coltivato nel miracolo dʼun giardino; essere stata la gioia, essere ancora la gioia... la ballerina di Parigi... Mimi Bluette... Ma no! Ma no!... Cʼera un inganno!... Tutto questo non doveva essere mai avvenuto... La storia della sua vita, il colore di sè stessa era un circolo grande, remoto, interminabile, di sole...

E poi?

Cosa potevano darle ancora quelle finestre buie, che si aprivano verso lʼinterna ombra nelle case degli uomini? Quelle finestre che nei mattini di primavera si empivano di serenità e di sole; quelle grandi finestre opache, morte, come gli occhi di una creatura che non respira più... Cosa potevano darle ancora le strade magnifiche della Capitale, i grandi negozi luccicanti, le canzoni delle orchestre chiuse nei teatri saturi di nevrastenia?... Quanto rumore per nulla!... quanto rumore per nulla, o Parigi la Babelica!...

E poi?

Non cʼera più. Qualcosa non cʼera più. Qualcosa nel mondo era scomparso, distrutto, finito. Chi? Un essere? Non soltanto, non soltanto... La poesia. Tutto ciò che nel mondo ha nome:—Vivere. Quella grande ala invisibile che solleva il peso della materia nel colore della felicità... Ecco: era finita la poesia.

Parigi la Babelica era per «gli altri». A lei rimanevano i suoi capelli biondi, le sue mani bianche, i suoi veri occhi dʼinnamorata, pieni di sole, pieni di sole...

Questa era la Città, erano le strade chʼella conosceva; queste le fiumane di gente fra le quali era uscita una sera, portando in sè come un fiore selvatico il suo timido cuore di Transalpina.... «Maxima Maximum....

La Revue de lʼAlhambra... Le Matin... Michelin... Galeries... Polin... sait tout...»

E poi?

Dove? quando? chi le ridarebbe un respiro?

Si ricordò le danze chʼella faceva, le belle danze a piedi nudi, sovra un tappeto verde come lo smeraldo più puro... E le parve che la musica non fosse ancora morta in lei; anzi le parve che la musica fosse lʼultimo piacere, lʼultimo senso della vita... Era venuta al mondo così:—per danzare.

No: per amare.

Quante canzoni!... Era Parigi che gliele rendeva, che stupendamente le buttava come un laccio intorno al suo piede; intorno al suo piede, per farla danzare...

Ma dove? ma quando? ma per chi?

Le musiche vanno; forse vanno più lontano di tutte le strade. Però muoiono anchʼesse, trovano anchʼesse la loro distanza nel dolore infinito.

Vestirsi, ridiventare la più bella danzatrice di Parigi, coprire di perle fredde la incipriata sua nudità, mettere su le tenui dita gli anelli vivi come il deserto, ridere, coprirsi di fiori, nascondere un sorriso ebbro dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna... dietro lʼorlo del bicchiere di Sciampagna!... Oh, comʼera lontana per sempre quella sera di stupenda poesia!...

Ed allora pensò alla voce dellʼamante, alla voce del nomade in quella perduta sera. Pensò al profumo che aveva ogni soffio dʼaria nel respiro della sua viva bocca, alla forza che aveva la palpitazione del mondo, quandʼella era con lui, serrata come in un rifugio contro il suo veemente cuore. La femmina, lʼamante chʼera in lei, tremò nelle sue profonde vene, poichè Parigi dʼun tratto la risuscitava. E con pudore quasi di vergine ella si meravigliò che non fosse ancor morta.

No: era come la musica; poteva giungere più lontano di tutte le strade.

La gioia dʼessere per quellʼamante una femmina viva ed invereconda, come una rosa, quando nei giorni dʼestate, si gonfia e trema del pólline che lʼubbriaca... la gioia di sciogliere con le mani un poʼ contratte, con i polsi piegati, le sue belle trecce pesanti, ascoltando il rumore insidioso che producono le forcelle cadendo, e poi nuda, e poi trepida, coi seni erti, con il grembo già umido, che si muove, attorcigliarsi con un piccolo vellutato grido a quella maschia forza che di lei, fino allʼorlo dellʼanima, stupendamente sʼimpadronisce... essere nuda...—ciò che forse vuol dire con felicità sentirsi donna—essere il suo piacere, la sua bellezza, la forma femminile della sua vita, essere la Maddalena e lʼamante, ciò che si chiama la colpa e si chiama Dio...

No?... Mai più?...

Mai più.

Qual era il guanciale ove i suoi capelli disciolti vestirebbero la bellezza del peccato? E lo specchio dovʼera, nel quale guarderebbe con ilarità i suoi occhi appassiti? E dovʼera una bocca dʼuomo la quale potesse non offendere le sue rinnovate labbra di vergine? potesse non contorcere in una orrenda paura la indocile sua nudità?...

Mimi Bluette... Un nome; nientʼaltro che un nome; anzi un piccolo fiore da mettere sui cappelli di paglia, nei mesi dʼestate.

Mimi Bluette... due parole troppo leggere...

Il vento la aveva portate via.

E i cimiteri?...

Sì, anche i cimiteri.

Di qua, di là, ve nʼerano molti. Respiravano, quella sera, il fumo della nebbia inazzurrata che andava girando, pesando, su la Città sfolgorantissima. Erano anchʼessi come i teatri: una rappresentazione ferma della vita. Si ricordò la frase chʼegli le aveva detta, una lontana sera di neve: «Jʼen ai soupé des gens qui connaissent leur cimetière...»

I cimiteri? Sì, la più lunga strada; ma sempre una strada...

E poi?...

Ecco: bisognava gettare ancora una volta il suo piccolo nome su la Città immensa, e poichè Parigi aveva rappresentata in lei qualche ora della sua camminante bellezza, bisognava essere fino allʼultimo la ballerina dellʼantico My Blu, bisognava danzare la danza del suo cuore morto sul più luminoso teatro di Parigi la Babelica...

E poi?...

[Illustrazione: DECORAZIONE]

—Qui, Jack, jʼai été au delà de la mort, et je suis encore vivante... Me voici revenue. Jʼai désiré te voir. Tu es le premier homme, tu es la seule créature à qui je sente le besoin de serrer la main. Pourquoi me regardes–tu, Jack? Suis–je bien changée?

Egli era commosso; non le parlava. Non le poteva parlare. Chinato sopra il suo volto ancora giovine di ballerina, teneva una mano di Bluette fra le sue, dolcemente, fortemente, con una specie di fraterna ed innamorata paura.

—Oui, sans doute, je suis très changée, très enlaidie peut–être... Si tu savais comme le désert brûle!... Si tu savais comme on y perd ses yeux, là–bas, dans cette terre où tout miroite... Ça ne fait rien! ça ne fait rien!... Parlons de toi, Jack. Est–ce que tu danses?

Con un moto repentino egli scosse il capo, serrò i labbri; una smorfia contrasse la sua limpida fisionomia.

—Non? Est–ce que tu ne danses pas? Toi non plus, Jack? Cʼest drôle! Quʼas–tu fait alors?

—Je vous ai attendue, Bliouette.

—Tu mʼas attendue... Est–ce possible? Quel enfant que tu es! Et puis, ça ne vaut pas la peine dʼattendre Mimi Bluette... Mimi Bluette est morte.

—What a pity! You are a very naughty Girl!

—Pas du tout méchante, pas du tout. Jack! Cʼest la vie qui fait ça... Il ne faut pas mʼen vouloir. Et puis rions, Jack!... Si tu savais comme cʼest triste de ne plus savoir rire!

—«Avez–vous donc fait un voyage très uncomfortable?»

—Tu appelles ça «uncomfortable»?... Oui, cʼest ça! tu as peut–être raison, Jack... Pour moi ce nʼest pas seulement lʼAfrique, cʼest la vie toute entière qui a perdu son comfort...

Egli si guardò le unghie, le belle unghie rosate, la sua mano calma, onesta come il suo cuore. Pareva incerto se dirle quello che le voleva dire. Poi domandò:

—«Etes–vous toujours une esclave, Bliouette?»

—Ne me demande rien. Jack... Tu dois savoir que je nʼai pas versé de larmes...

—«Et vous étiez nécessaire de verser des larmes?»

—Oh, il faisait tant de soleil!... On ne pleure pas quand on est aveugle... Tu as dit pourtant: «vous étiez nécessaire»... Cʼest une grosse faute. Jack! Il vaudra mieux que tu dises à lʼavenir: «Etait–il nécessaire... et cœtera.»

—All right! Mais je demande si votre ami...

—Ah, non, Jack!... Pas ça! Jamais, jamais un mot! Tu es mon danseur et tu es mon brave Jack... mais ne demande jamais à Mimi Bluette ce qui sʼest passe là–bas, dans la terre chaude...

—Oh, yes! Linette avait donc raison... Je suis très coupable.

—As–tu causé avec Linette?

—Non. Elle mʼa chuchoté en mʼouvrant la porte: «Parlez pas, Monsieur Jack! Faut la guérir dʼabord.»