Voyage en Espagne du Chevalier Saint-Gervais (1 de 2)
Part 25
_Vincent_ (saint), [fête] de, II, 372.
_Volero_, danse espagnole, I, 285, 286.
_Fin de la Table Analytique de ces deux Volumes._
ERRATA DU PREMIER VOLUME
Page 81, ligne 18, Montore, _lisez_ Montere.
97, 18, à cette vie heureuse, union des deux époux, _lisez_ à cette union de deux époux.
99, 8, à ce discours je me fus, _lisez_ je fus.
103, 6, voix méchante, _lisez_ voix touchante.
108, 15, l’encens: la sottise, _ponctuez ainsi_, l’encens, la sottise.
104, 19, le rêve d’un, _lisez_ le rêve du bonheur.
130, 17 et 18, plaisanst, _lisez_ plaisants.
131, 7, de ces élus chéris, _lisez_ de ses élus.
156, 20, à une partie ce cette roche, _lisez_ de cette.
161, 8 et 9, de ces heureux anachorètes, _lisez_ de cet heureux anachorète.
173, 21, contre l’usage, _lisez_ de l’usage.
206, 3, jurai, _lisez_ jurais.
213, 20, de petite structure, _lisez_ stature.
217, 8, mettez des guillemets à la fin de ce paragraphe.
230, 20, un certificat, _lisez_ une attestation.
242, dernière de la note, on les trempe, _lisez_ on le trempe.
272, 13, crimes qui ressortent, _lisez_ qui ressortissent.
281, 22, quatre vints ans, _lisez_ quatre-vingts ans.
283, 12, épithètes flatteutes, _lisez_ épithètes flatteuses.
289, 22, le que pauvre en sa chaumière, _lisez_ le pauvre en sa chaumière.
304, 27, et concevi illos, _lisez_ consevi.
326, 3, Titelive, _lisez_ Tite-Live.
_Ibid._ 11, Garcilasco, _lisez_ Garcilasso.
351, 6, besogna lusciar, _lisez_ lasciar.
368, 16, ærauco, _lisez_ arauco.
369, 6, ce cacique se prononce, _lisez_ le prononce.
445, 14, Méditerranée. — Saint Xénocrate, _supprimez_ le trait.
NOTES
[1] Nullum esse librum tam malum, ut non ex aliquâ parte prodesset.
[2] Rome, jadis grande sous César, est aujourd’hui plus grande encore; Alexandre VI règne: César n’était qu’un homme, Alexandre est un Dieu.
[3] Tacite, Rolin, Lactance, Saint Clément, Saint Ambroise, Saint Cyrille et Saint Grégoire de Naziance croyaient an phénomène du Phénix.
[4] La Fontaine a trouvé dans les sermons de ce moine Barlette, la fable des animaux malades de la peste, et celle de l’âne, du meunier et son fils.
[5] Voltaire.
[6] Ma tête triomphante ira frapper les cieux.
[7] La cause de cet exil est encore un problème historique: on ne sait pas si Ovide fut exilé pour avoir su plaire à Julie, ou pour avoir trouvé cet empereur _flagrante delicto_ avec sa fille.
[8] Roi que doit pleurer le monde, et nous encore plus.
[9]
Moitié plumet, moitié rabat, Aussi peu propre à l’un qu’à l’autre, Clermont se bat comme un apôtre, Et sert son Dieu comme il se bat.
[10] Je ne puis me refuser au plaisir de transcrire ici des vers du fameux Laurent de Médicis, analogues à ce sujet.
Al dolce tempo, il buon pastore informa Lasciar le mandre, ove nel verno giacque; E’l lieto gregge, che ballando in torma Torna all’ alte montagne, alle freche acque; L’agnel trottando pur la materna orma Segue; ed alcun che pur or ora nacque L’amorevol pastore in braccia porta; Il fido cane a tutti fa scorta.
[11] C’est un vers d’Horace, _nec si male nunc, et olim sic erit_.
[12] Suétone, qui raconte cette anecdote, ajoute: _Quærentibusque amicis quidnam Ajax ageret, respondit Ajacem suum in spongiam incubuisse_, fesant allusion à la mort d’Ajax qui s’était percé de son épée.
[13] Je ne sais quel œil enchante mes tendres agneaux.
[14] Il y a en Espagne trois sortes de gentilshommes de la chambre, qui tous ont une clef pour entrer dans les appartements du palais; mais les uns servent, les autres ont leur entrée et ne servent pas, et la troisième classe porte la clef sans entrer et servir. Don Pacheco était de la deuxième classe.
[15] Henri IV, dans la même circonstance avec Philippe II, signa HENRI, _bourgeois de Paris, seigneur de Gonesse_.
[16] C’est un jurement espagnol.
[17] On prétend que toutes les fois qu’un roi d’Espagne fait une visite à sa maîtresse, il est obligé de lui donner quatre pistoles.
[18] C’est un compliment usité en Espagne, qui signifie _vivez mille ans_.
[19] M. le capitaine, venez à l’auberge.
[20] L’auteur se trompe; ce philosophe était de Syrie et se nommait _Possidonius_. C’était dans une visite que lui fesait le grand Pompée, qu’il s’écria: Douleur, tu as beau faire, je n’avouerai jamais que tu es un mal.
[21] Cette anecdote est historique.
[22] Cette affaire d’Euse mérite d’être rapportée. Lorsque Henri s’approcha de cette ville ennemie, les jurats vinrent lui en présenter les clefs. Ce prince mit pied à terre et y entra avec deux gentilshommes et deux de ses gardes. A peine eut-il franchi la porte, que la herse tomba, et le roi se trouva en face de deux cents soldats et de la bourgeoisie armés, qui criaient, _tirez à la jupe verte_. Il reçut dans ses armes plusieurs coups de feu, dont l’un lui enfonça deux côtes: mais son intrépidité en imposa tellement à ces traîtres, qu’il s’empara, sans résistance, d’une tour voisine, où il s’enferma avec ses compagnons, et où il se défendit jusqu’à ce que ses soldats eurent brisé la herse: dès qu’ils parurent, les rebelles se jetèrent à genoux et demandèrent la vie. La clémence fut le premier mouvement de Henri; mais il ne put empêcher ses soldats de pendre, sous ses yeux, celui qui l’avait tiré à bout portant; mais la corde ayant cassé, il s’écria: Grâce à celui que le gibet a épargné.
[23] Le bon chevalier Bayard fesait dire une messe lorsqu’il allait se battre en duel.
[24] Moins elle se montre, plus elle est belle.
[25] Les protestants ont supprimé la confession auriculaire, qui n’est prescrite que depuis le sixième siècle.
[26] Dans une comédie espagnole qu’on appelle _Autos Sacramentales_, notre seigneur J. C. vient prier les chevaliers de Saint-Jacques assemblés de le recevoir dans leur ordre. Plusieurs y consentent; mais les anciens leur représentent qu’ils auraient tort d’admettre un roturier parmi eux; que Saint-Joseph, père de J. C., était un simple menuisier, et que la Sainte-Vierge travaillait en couture. Cependant J. C. attendait avec beaucoup d’inquiétude la décision de l’assemblée, qui avait de la peine à l’admettre parmi eux. Enfin, pour tout concilier, on ouvrit l’avis d’instituer pour lui l’ordre du Christ, ce qui satisfit tout le monde. Cet ordre est celui de Portugal.
[27] On appelle en Espagne _vieux chrétiens_, ceux dont les ancêtres sont catholiques depuis plusieurs siècles; c’est un titre de gloire.
[28] Dans ces brillantes castes, un jeune homme tutoie un homme constitué en dignité, un ministre, un général d’armée. Le roi et sa famille honorent du tutoiement tous les Esgagnols sans distinction d’âge, d’état, les évêques, les archevêques et les femmes même.
[29] Mortels, vous riez là bas des pleurs d’un enfant, parce que vous connaissez la cause de sa folle douleur; mais au ciel, nous rions d’un homme qui, en cheveux blancs, au déclin de sa vie, est encore un véritable enfant.
[30] Au sujet de cette gravité espagnole, Charles-Quint disait: les Espagnols ont l’air sage et ne le sont pas, et les Français le sont sans le paraître. Philippe II était le plus grave, le plus sérieux des hommes; on ne l’a jamais vu rire, et il voulait que tout ce qui l’entourait respirât la gravité la plus imposante. Il ordonna à tous les membres des autorités souveraines de ne paraître en public qu’avec une robe longue et ample, et de porter la barbe dans toute sa longueur et sa circonférence.
[31] Dès le quatrième siècle les Chrétiens regardaient la volaille et la volatille comme aliments d’un jour maigre, sur ce que la Genèse disait: Dieu commanda aux cieux de produire les poissons et les oiseaux qui volent sur la terre. D’après ce texte on les supposa de même nature. Un concile, en 817, interdit aux moines ces mets succulents les jours maigres; mais dans le monde on les regarda encore long-temps comme permis, et l’on rapporte que plusieurs siècles après, un religieux de Cluni étant allé un jour maigre chez un de ses parents qui lui dit qu’il n’avait que du poisson: «Voilà, dit le moine, en apercevant une poule dans la cour, le poisson que je mange.» Soudain il prit un bâton et assomma la poule. Ses parens lui demandèrent s’il avait la permission de faire gras. — Non; mais la volaille n’est pas de la chair; notre _Hymne_ dit que les poissons et la volaille ont la même origine.
[32] Où est Madrid, que le monde se taise.
[33] Que le génie lui-même soit présent aux honneurs qu’on lui rend! qu’il vienne, les cheveux couronnés de fleurs!
Les Romains plaçaient un chien, symbole de la fidélité, aux pieds de ces Dieux lares.
[34] Les Espagnols et les Italiens donnent toujours à leurs vierges une jolie figure, une physionomie touchante; puissant attrait pour la dévotion.
[35] On prétend qu’il lui disait en la peignant: Imagine-toi que tu es dans mes bras; prends cet air de langueur et de volupté que tu as dans ces moments.
[36] En Espagne le luxe des bagues s’étend jusque sur les Madonnes; ou leur en met souvent à tous les doigts.
[37] Il se nommait _Incitatus_. Caligula voulait le faire consul; il fit construire une écurie de marbre, une auge d’ivoire; il lui attachait un collier de perles, le couvrait de pourpre, l’admettait à sa table, lui donnait de l’orge et du vin dans une coupe d’or, après avoir bu le premier.
[38] Louez la vie à sa fin, et la journée le soir.
[39] Lebrun l’a représentée, à Versailles, sous la figure d’une femme qui a les cheveux noirs, une couronne royale sur la tête, un vêtement brodé d’or, enrichi de diamants et de perles, et un lion à ses côtés.
[40] Arius vivait au commencement du quatrième siècle; il prétendait que le Christ avait été engendré avant la création du monde, et qu’il n’était qu’un homme infiniment supérieur aux autres.
[41] Ce dialecte est un patois qui a beaucoup d’analogie avec celui de Provence. On parle très-peu la langue espagnole dans cette province.
[42] En France, sous les rois de la première race, les femmes savaient raser; une jeune mariée, le jour de ses noces, devait faire la barbe à son mari; c’était une des clauses du contrat. On prétend que Pénélope promettait aux Dieux, s’ils lui accordaient le retour de son époux, de lui faire la barbe.
[43] Ce tribunal fat institué par les Jacobins dans le treizième siècle, à l’occasion des Albigeois et des Vaudois; il fut reçu en Espagne en 1477, par Ferdinand et Isabelle, à la sollicitation du trop fameux Torquemada, qui fut nommé grand-inquisiteur. Les attributions du saint-office sont la connaissance du Judaïsme, de l’Apostasie, de l’Hérésie, de la Polygamie, de la Sorcellerie et de la Bestialité. Le roi en est le protecteur; le grand tribunal est à Madrid; il en existe douze autres dans les principales villes; ils sont composés de trois inquisiteurs, de trois secrétaires et de quantité d’officiers. Ce tribunal a de plus un nombre infini de familiers.
Torquemada, dans l’espace de quatorze ans, fit faire le procès à plus de cent mille hommes; six mille furent condamnés au feu, dix-sept mille revinrent dans le sein de l’église. Les Juifs et les Maures étaient principalement les objets de ses persécutions; on arrêtait même souvent les Juifs nouveaux convertis, sous prétexte qu’ils avaient balayé leurs chambres à rebours, jetant les ordures de la porte au foyer; qu’ils avaient mis du linge blanc le samedi, allumé des lampes le vendredi au soir, jeûné le jour de la reine Esther, refusé de manger du porc, du lapin, du lièvre et du poisson sans écailles. Lorsque l’ont doit brûler les coupables, l’inquisition les livre aux juges séculiers, en les conjurant, par la miséricorde de Dieu et de ses entrailles, de les traiter avec douceur et sans effusion de sang. On attache le condamné à un poteau; le bourreau lui demande dans quelle religion il veut mourir; s’il dit dans la religion chrétienne, alors on l’étrangle avant de le brûler, sinon il est brûlé tout vif. Les arrêts de l’inquisition sont irrévocables; le roi lui-même ne peut faire grâce. D’autres coupables sont condamnés à une prison perpétuelle, ou à porter toute leur vie un _san benito_; c’est un scapulaire jaune tanné, sur lequel est appliquée une croix rouge. Tous les ans, à Madrid, dans une salle du couvent des Dominicains, à la Toussaint, après l’office, le prieur de cet ordre fait le panégyrique de Torquemada. C’est faire celui de Néron, de Tibère ou du pape Alexandre VI.
[44] Par ce seul crime, jugez des autres.
[45] Mais les gens aisés doivent reconnaître par quelque libéralité l’hospitalité qu’on leur donne gratis: le couvent n’a pas au-delà de 50 mille écus de revenu, et en dépense plus de 60 mille. On donne aux inconnus du pain, de la viande, du sel, du vinaigre, de l’huile, du vin et un lit.
[46] Il n’y a que la Malvoisie de Madère qui soit supérieure à celle d’Espagne.
[47] Les pères sont au nombre de soixante-seize, les frères lais de vingt-huit, et les enfants de chœur de vingt-cinq; il y a de plus un médecin et un chirurgien.
[48] Les Jésuites, dit-on, se gardaient de montrer l’original; ils ne présentaient que des commentaires ou des copies, et peu à peu on vit disparaître des bibliothèques, les exemplaires des exercices de Cisneros et de ceux écrits par Saint-Ignace. Un savant, don Navarro, fit imprimer, en 1712, à Salamanque, l’ouvrage de Cisneros. Les Jésuites eurent le crédit de faire enlever toute cette édition et empêchèrent ce savant de devenir évêque.
[49] Ignatius Loyola, multâ prece, fletuque Deo Virginique se devovit, hic tanquam armis spiritualibus, sacco se muniens pernoctavit, hic ad societatem Jesu fundandam; prodit anno 1522.
[50] Déjà vieux, mais d’une vieillesse verte et robuste.
[51] Ce ne fut pas une vision ou reflet d’une imagination égarée, que le bruit des trompettes au milieu d’un sermon sur le jugement dernier. Un fameux prédicateur prêchant à Valence devant un cardinal, avait fait cacher six trompettes dans l’église, avec ordre de les faire entendre quand il crierait, _peut-être la trompette va retentir dans ce moment_; elles sonnèrent en effet toutes à la fois, ce qui jeta dans l’église une consternation épouvantable; on se rua les uns sur les autres en poussant des cris affreux. La chronique ajoute que les moines profitèrent de la discorde pour attirer les jeunes femmes dans leurs cellules.
[52] Il y a trois sortes de grandesses: les grands de la première classe se couvrent avant de parler au roi; ceux de la seconde ne se couvrent que lorsqu’ils lui ont parlé, et avant qu’il leur ait répondu; et ceux de la dernière ne se couvrent qu’après la réponse du roi. Mais nul ne peut se couvrir que le roi ne le lui ait ordonné.
[53] En Espagne c’est assez l’usage, surtout des femmes galantes, de se faire enterrer en habit de carmelite, et les hommes avec celui de franciscain. Pierre-le-Cruel, dans le quatorzième siècle, ordonna qu’à sa mort on le revêtit de cet habit. Milton place dans le Paradis des fous et des sots, tous ceux qui à l’article de le mort se font couvrir d’un habit de moine.
[54] Les Espagnols ont grand soin de laisser de l’argent pour les messes après leur mort, et le premier argent du défunt, fût-il criblé de dettes, est pour l’acquit de ce legs, qu’ils appellent _dexar su alma heredera_ (laisser son ame héritière).
[55] Les Therapeutes étaient une espèce de moines répandus dans la Grèce, et connus en Égypte; ils vivaient dans la retraite, livrés aux exercices de la contemplation. Les savants, les pères de l’église n’ont pu décider s’ils étaient Chrétiens. _Adhuc sub judice lis est_...
[56] Société éternelle où personne ne naît.
[57] L’abbé de Rancé, pour appuyer son système, publia un traité de la sainteté et des devoirs monastiques, qui fut réfuté par le savant don Mabillon.
[58] Et lacrymans, guttisque humectat grandibus ora.
[59] Mais la patience adoucit tes peines qu’on ne peut éviter.
[60]
Vel cum decorum mitibus pomis caput Autumnus arvis extulit.
[61] Sous le règne de Philippe V, un hidalgo signant son contrat de mariage, mit don... _noble come el re, e aun, aun_ (noble comme le roi et encore, encore...). Le gouverneur de la ville l’ayant appris, lui demanda pourquoi il se croyait au-dessus du roi; parce que je suis Espagnol et qu’il est Français. On prétend qu’en Égypte toute la nation était noble.
[62] Les Asturiens descendus des anciens Goths, prennent aussi le litre de _nobles_, à cause de leur origine. Charles-Quint permit à tout Espagnol de porter l’épée, qui, jusqu’alors, avait été la prérogative de la seule noblesse, parce que plusieurs personnes avaient été assassinées sans pouvoir se défendre. Cette belle prérogative a sans doute contribué à entretenir l’orgueil et la paresse de la nation. Chez elle, tout homme oisif et sans état, prend le titre de _Don_. En Portugal ce titre n’est permis qu’aux gentilshommes.
[63] L’orge est en Espagne la nourriture des chevaux. Il y a très-peu d’avoine.
[64] Les ames chrétiennes vous aideront dans toutes vos entreprises.
[65] L’Espagne est le meilleur pays du monde.
[66]
Hic gelidi fontes, hic mollia prata Lycori, Hic nemus, hic ipso tecum consumerer ævo.
[67] Annibal avait alors vingt-six ans; il venait d’épouser une princesse qui lui apportait des richesses immenses; de plus, il avait découvert des mines très-abondantes d’or et d’argent; on les appelait _les puits d’Annibal_. Il avait une armée de 150 mille hommes.
[68]
Les sépulcres même sont sujets à la mort. JUVÉNAL.
[69] On voit des caroubiers en Provence.
[70] Jamais on n’a vu un pareil héros, jamais il n’en naîtra de semblable.
[71] Mettez dans la balance la cendre d’Annibal, et voyez combien de livres pèse ce grand capitaine.
[72] Le respect des Espagnols pour leurs prêtres émane des Goths, qui regardaient comme des oracles infaillibles leurs évêques et leurs moines.
[73] Les moines espagnols menacent de l’enfer tous ceux qui regardent avec quelqu’attention une statue antique. Si en creusant la terre on découvre les restes d’un empereur ou d’un philosophe, ils s’écrient: C’est une idole, c’est l’ouvrage des Philistins; détruisez-la bien vite; et l’idole soudain est renversée; le peuple démolit toutes les inscriptions, parce qu’il croit qu’elles renferment des esprits impurs qui gardent des trésors cachés.
[74] Aujourd’hui on retire les ames (_du purgatoire_ est sous-entendu).
[75] Manes était un hérésiarque du troisième siècle, qui établissait deux principes, deux rivaux en puissance, Dieu et le Diable. Les Persans reconnaissaient deux génies, celui du mal et celui du bien. Manes niait l’incarnation de J. C. C’était un crime, selon lui, de donner la vie à son semblable. Ses disciples avant de couper le pain maudissaient celui qui l’avait fait, lui souhaitant d’être semé, moissonné et cuit comme cet aliment.
[76] Ici j’aimerais à vivre avec toi.
[77] Les ames chrétiennes se réjouissent de voir un frère.
[78] Notre-Dame d’Atocha signifie _Notre-Dame du Buisson_; elle est à Madrid, dans un vaste couvent; on y accourt en dévotion de toute l’Espagne. La Vierge tient le petit Jésus dans ses bras: elle est noire. On lui met souvent un habit de veuve. Mais aux grandes fêtes on l’habille avec magnificence; on la charge de pierreries; on couronne sa tête d’un soleil, dont les rayons jettent un vif éclat; un grand chapelet est dans ses mains ou attaché à sa ceinture.
[79] Les Espagnols aiment tellement l’ail, qu’un roi d’Espagne pour ne pas laisser infester ses appartements défendit de paraître devant lui après en avoir mangé.
[80] Eh! qui m’arrêtera sur les bords de l’Hémus!
[81] C’est aujourd’hui le mont Burkam, couvert d’antiques chênes; à ses pieds est un champ de roses avec lesquelles les Turcs composent leur essence.
[82] Mais Cardan ajoutait, avec Dieu et mon ange.
[83] En Espagne, les bâtards inconnus sont réputés gentilshommes, parce que la noblesse est une si belle chose, qu’il ne faut pas risquer d’en priver ceux à qui le hasard de la naissance a pu la donner.
[84] On donne le nom de _posada_ aux auberges des villes, et celui de _venta_ aux petites hôtelleries de village.
[85] _Rancio_ veut dire _vieux_. Je ne sais pourquoi ce vin porte cette dénomination.
[86] Aulugelle, dans ses _Nuits attiques_.
[87] Saint-Vincent-Ferrier était un fameux missionnaire de l’ordre des Frères-Prêcheurs. On prétend qu’il a converti en Espagne huit mille Maures et trente-cinq mille Juifs. Il a vécu en France, et est mort à Vannes, où il est enterré.
[88] _Alhameda_ est le nom que l’on donne en Espagne aux belles promenades.
[89] Dans une sédition qu’il y eut à Madrid, au sujet d’une ordonnance du roi qui voulait que l’on nettoyât les rues, et qui défendait de porter des chapeaux rabattus et de grands manteaux. Les différends partis soulevés se retiraient d’un commun accord au milieu du jour pour aller faire la _siesta_, et revenaient ensuite avec plus de fureur recommencer leurs clameurs et leurs outrages. La révolte fut appaisée par les troupes. Les grands chapeaux rabattus et les capes ne reparurent plus dans la ville; mais dès qu’un habitant en sortait, il se dédommageait et reprenait son antique costume. Pierre-le-Grand ne pouvait venir à bout d’abattre les barbes des Russes.
[90] Les Valenciennes passent pour belles et galantes, et ont beaucoup de rapport, par leur vivacité, leur ardeur pour le plaisir et leur costume, avec les Languedociennes. On dit que Valence fournit à Madrid les nymphes de Vénus.
[91] Dans l’été, les habitants de Valence dorment sur les toits sans danger.
[92] La plupart des valets espagnols sont dans ce négligé.
[93] L’_Azucar esponjado_ est un petit pain de sucre de forme carrée et longue, et d’une substance spongieuse. On le trempe dans l’eau avant de boire le chocolat.
[94] Voilà un Espagnol qui convient de la plaie faite à sa patrie, par la superstition des rois; et nous avons vu en France de prétendus politiques faire l’apologie de cette expulsion des Maures, tant l’amour du paradoxe et le désir de se singulariser font dire de sottises. Les Maures étaient des Arabes, nommés _Maures_, parce qu’ils venaient de la Mauritanie Tangitane, jadis province romaine, aujourd’hui l’empire de Maroc qui s’étend jusqu’au Mont Atlas: Tunis, Alger, Tripoli, étaient compris dans les provinces romaines.
[95] Le thermomètre en été y est presque toujours entre 17 et 20 degrés, et l’hiver entre 7 et 13. On l’a vu bien rarement descendre à 3 degrés au-dessus de la congélation. Cette ville est au 39e degré 30 minutes de latitude.
[96] C’est le nom que les Espagnols donnent à l’hostie consacrée.
[97] Je me réjouis de voir que vous vous portez bien.
[98] Nous fesons nombre pour consumer les fruits de la terre.
[99] La mémoire du révérend confondait Jean Hus, ou Jérôme de Prague, brûlé au concile de Constance, en 1419, avec Vanini, condamné au feu à Toulouse, en 1619.
[100] Les vices d’autrefois sont les mœurs d’aujourd’hui.
[101] Le _bastonero_ est un maître de cérémonies qui est chargé du bon ordre et d’assortir les danseurs sans exciter la jalousie. C’est un emploi difficile; il fait danser deux menuets à chacun.
[102] Un docteur Mouti a décrit le _fandango_ dans une lettre dont voici quelques phrases: «_Saltant vir et fæmina, vel bini, vel plures, corpora ad musicos modos, per omnia libidinum irritamenta versantur. Membrorum in ea mollissimi flexus. Cunium mutationes, micationes femorum salacium. Omnia denique turgentis Lasciviæ, solertissimo studio expressa simulacra_».
[103] On donna, en France, à ces moines le nom de _Jacobins_, parce que le premier couvent fut établi dans Paris, rue Saint-Jacques.
[104] Ce jacobin fanatique effréné, fut pris en 1590, à l’assaut des faubourgs de Paris, et tiré à quatre chevaux.