Part 42
--Le duc de Féria estant en Flandre, et les reynes Eléonor et Marie marchans par pays, et leurs dames et filles après, et luy estant près de sa maistresse, et venant à prendre question contre un autre cavalier espagnol, tous deux cuidèrent perdre leurs vies, plus pour avoir fait tel scandale devant les Reynes et impératrices, que pour tout autre sujet. De mesmes don Carlos d'Avalos à Madrid, ainsi que la reyne Isabelle de France marchoit par la ville, s'il ne se fust soudain jetté dans une église qui sert là de refuge aux pauvres malheureux, il fust aussi-tost este exécuté à la mort; et luy fallut eschapper desguisé et s'enfuyr d'Espagne, dont il en a esté toute sa vie banny et confiné en la plus misérable isle de toute l'Italie, qui est Lipary.
--Les boufons mesmes, qui ont tout privilege de parler, s'ils touchent les dames, en patissent; ainsi qu'il en arriva une fois à un qui s'appeloit Legat, que j'ai congneu. Un jour nostre reyne Elisabeth de France, en devisant et parlant des demeures de Madrid et Valladolid, combien elles étoient plaisantes et delectables, elle dit que de bon coeur elle voudroit que ces deux places fussent si proches qu'elle en pust toucher l'une d'un pied, et l'autre de l'autre; et ce disoit en eslargissant fort les jambes. Le dit boufon, qui ouyt cela, dit: «Et moy je voudrois être au beau mitan, _con un carrajo de bourrico, para encargar y plantar la raya_.» Il en fut bien foüetté à la cuisine; dont pourtant il n'avoit tort de faire ce souhait, car cette Reyne estoit l'une des belles, agréables et honnestes qui fust jamais en Espagne, et valoit bien estre désirée de cette façon, non pas de luy, mais de plus honnestes gens que luy cent mille fois. Je pense que ces messieurs les mesdisants et causeurs des dames voudroient bien avoir et joüir du privilege de liberté qu'ont les vendangeurs de la campagne de Naples au temps des vendanges, auxquels il est permis, tant qu'ils vendangent, de dire tous les mots, pouilles et injures à tous les passants qui vont et viennent sur les chemins; si-bien que vous les verriez crier, hurler après eux, et les arauder sans en espargner aucuns, et grands et moyens, et petits, de quelque estat qu'ils soyent; et, qui est le plaisir, n'en espargnent aussy les dames, princesses et grandes qu'elles soyent; si-bien que de mon temps j'ay ouy dire et vu que plusieurs d'entre elles, pour en avoir le plaisir, se donnoient des affaires et alloient exprès aux champs, et passoient par les chemins pour les ouyr gazouiller et entendre d'eux mille sallauderies et paroles lubriques qu'ils leur disoient et débagouloient, leur faisant la guerre de leurs paillardises et lubricitez, qu'elles exerçoient envers leurs maris et serviteurs, jusques à leur reprocher leurs amours et habitations avec leurs cochers, pages, laquais et estafiers qui les conduisoient; et, qui plus est, leur demandoient librement la courtoisie de leur compagnie, et qu'ils les assailleroient et traiteroient bien mieux que tous les autres; et ce disoient en franchissant naïvement et naturellement les mots sans autrement les déguiser. Elles en estoient quittes pour en rire leur saoul et en passer leur temps, et leur en faire rendre response à leurs gens qui les accompagnoient, ainsi qu'il est permis d'en rendre le change. Les vendanges faites, ils se font treves de tels mots jusques à l'autre année, autrement en seroient recherchés et bien punis. On m'a dit que cette coustume dure encore, que beaucoup de gens en France voudroient bien qu'elle fust observée en quelque saison de l'année, pour avoir le plaisir de leurs mesdisances en toute seureté, qu'ils aiment tant. Or, pour faire fin, les dames doivent estre respectées par tout le monde, leurs amours et leurs faveurs tenues secrettes. C'est pourquoy l'Aretin disoit que, quand on estoit à ce point, les langues, que les amants et amantes s'entredonnent les uns aux autres, n'estoient desdiées tant pour se délecter, ny pour le plaisir qu'on y prenoit, que pour s'entrelier de langues ensemble et s'entrefaire le signal que l'on tienne caché le secret de leurs escoles, mesmes qu'aucuns lubriques et paillards maris imprudents se trouvent si libres et desbordez en paroles, que, ne se contentant des paillardises et lascivetez qu'ils commettent avec leurs femmes, les déclarent et publient à leurs compagnons et en font leurs contes; si bien que j'ay cogneu aucunes femmes en hayr leurs maris de mal mortel, et se retirer bien souvent des plaisirs qu'elles leur donnoient, pour ce sujet, ne voulant estre scandalisées, encore que ce fust un fait de femme à mary. M. du Bellay, le poëte, en ses tombeaux latins qu'il a composez, qui sont très-beaux, en a fait un d'un chien, qui me semble qu'il est digne estre mis ici, car il est fait à notre matiere, qui dit ainsi.
_Latratu fures exceps, mutus amantes, Sic placui domino, sic placui domina_
C'est-à-dire:
Par mon japper, j'ay chassé les larrons, et, pour me tenir muet, j'ay accule les amants: ainsi j'ay pleu à mon maistre, ainsi j'ai pleu à ma maistresse.
Si donc on doit aimer les animaux pour estre secrets, que doit-on faire des hommes pour se taire? Et s'il faut prendre advis pour ce sujet d'une courtisanne qui a esté des plus fameuses du temps passé, et de grande clergesse en son mestier qui estoit Lamïa, faire le peut-on; qui disoit de quoy une femme se contentoit le plus de son amant, c'estoit quand il estoit discret en propos et secret en ce qu'il faisoit; et surtout qu'elle hayssoit un vanteur qui se vantoit de ce qu'il ne faisoit pas et n'accomplissoit ce qu'il promettoit. Ce dernier s'entend en deux choses. De plus, disoit que la femme, bien qu'elle fist, ne vouloit jamais estre appelée putain n'y pour telle divulguée. Aussi dit-on d'elle que jamais elle ne se mocqua d'homme, ny homme oncques se mocqua d'elle ny mesdit. Telle dame savante en amour en peut bien donner leçon aux autres.
Or, c'est assez parlé de ce sujet; un autre mieux disant que moy l'eust pu mieux agrandir et embellir, c'est pourquoy je luy en quitte les armes et la plume.
TABLE DES MATIERES
EPITRE DEDICATOIRE 1 AU LECTEUR 3 AVIS DE L'AUTEUR 4
DISCOURS PREMIER.
Sur les dames qui font l'amour et leurs maris cocus 5
DISCOURS DEUXIÈME.
Sur le sujet qui contente plus en amour, ou le toucher, ou la vue, ou la parole 139
INTRODUCTION _ib._
ARTICLE I.--De l'attouchement en amour 140
ARTICLE II.--De la parole en amour 147
ARTICLE III.--De la vue en amour 151
DISCOURS TROISIÈME.
Sur la beauté de la belle jambe, et de la vertu qu'elle a 184
DISCOURS QUATRIÈME.
Sur les femmes mariées, les veufves et les filles; sçavoir desquelles les unes sont plus portées à l'amour que les autres 197
INTRODUCTION _ib._
ARTICLE I.--De l'amour des femmes mariées 200
ARTICLE II.--De l'amour des filles 209
ARTICLE III.--De l'amour des veufves 231
DISCOURS CINQUIÈME.
Sur aucunes dames vieilles qui aiment autant à faire l'amour comme les jeunes 271
DISCOURS SIXIÈME.
Sur ce que les belles et honnêtes dames aiment les vaillants hommes, et les braves hommes aiment les dames courageuses 299
DISCOURS SEPTIÈME.
Sur ce qu'il ne faut jamais parler mal des dames, et de la conséquence qui en vient 351
NOTES:
[1] A la fin de son Discours XLI, _Des Capitaines étrangers_, il promet de même cette _comparaison_, augmentée du vieux Biron et du comte Maurice; mais elle manque.
[2] Dans cet ouvrage, l'auteur qualifie telle dame de _belle et honneste_, dont pourtant il parle comme d'une fieffée p.....; mais lorsqu'il ajoute, comme il fait quelquefois _vertueuse_ à _belle et honneste_, il insinue par là que la dame étoit sage et ne faisoi point parler d'elle.
[3] Le fameux Bussi d'Amboise, Louis de Clermont, massacré le 19 août 1579, à un rendez-vous que lui avoit donné la comtesse de Monsoreau par le commandement de son mari. (De Thou. liv. LXVIII.)
[4] René de Villequier, qui tua Françoise de La Marck, sa première femme.
[5] Lisez _Melitene_; c'est comme les anciens appeloient cette ville, dont le nom moderne dans _Moreri_est _Meletin_, en latin _Malatia_, dans l'Arménie, sur l'Euphrate.
[6] Ou plutôt _Thomyris_.
[7] Sixte V
[8] Le cardinal de Lorraine, du Perron et autres, avoient été représentés de même avec Catherine de Médicis, Marie Stuart et la duchesse de Guise, dans deux tableaux dont il est parlé dans la _Légende du cardinal de Lorraine_, folio 24, et dans le _Réveille-matin des Français_, pages 11 et 123. Voyez ci-dessous, à la fin du VIIe livre, la description d'un pareil livre de figures, et les mauvais effets qu'il produisit.
[9] Bernardin Turisan, qui avoit pour enseigne la devise des Manuces, ses parents.
[10] Ce livre, intitulé _la Somme des péchés et le remède d'iceux_, imprimé à Lyon, chez Charles Pesnot, dès 1584, in-4^o, et diverses autres fois depuis, est de la composition de Jean Benedicti, cordelier de Bretagne, qui ne l'a pas moins rempli d'ordures et de saletés, que le jésuite Sanchez en a rempli son traité _de Matrimonio_; et ce qu'il y a de fort singulier, c'est qu'un ouvrage si impur n'en est pas moins dédié à la sainte Vierge. Comme on voit, Brantôme et ses semblables savoient très-bien en faire leur profit, et y découvrir de nouveaux ragoûts de lubricité.
[11] Ou Bonvisi.
[12] Annius Verus: c'étoit le grand-père de cet empereur.
[13] Antonomasie.
[14] Voyez Ménage, _Dict. étym._, au mot MASCARET
[15] Baudet ou Barbette, comme dit Mézeray.
[16] C'est-à-dire, _morte la bête, morte la rage ou le venin_.
[17] Dans ce proverbe, la furette est prise pour l'hermine, qui, dit-on, aime mieux se laisser prendre que de se salir.
[18] Brantôme veut peut-être parler ici de Marguerite de France, soeur de Henri II, qui avait cet âge-là lorsqu'elle épousa le duc de Savoie.
[19] C'est-à-dire: «Monsieur mon frère, présentement que vous êtes marié avec ma soeur et que vous en jouissez seul, il faut que vous sachiez qu'étant fille, tel et tel en ont joui. Ne vous inquiétez point du passé, parce que c'est peu de chose; mais gardez-vous de l'avenir, parce qu'il vous touche de bien plus près.»
[20] Baptista Fulgosius, dont les _Factorum et Dictorum memorabilium libri IX_ ont été imprimés diverses fois. Ce fait particulier se trouve dans le chapitre 3 du IXe livre.
[21] C'est-à-dire: «Que la vache, qui a longtemps été attachée, court plus que celle qui a toujours en pleine liberté.»
[22] François de Lorraine, duc de Guise, tué par Poltrot. Voy. Rem. sur le mot ADULTÉRIN, page 547 du _Cath. d'Esp._, édit. de 1699.
[23] Cela pourroit bien regarder Henri de Lorraine, duc de Guise, tué à Blois.
[24] Ceci pourroit encore mieux regarder Marguerite de Valois, le roi de Navarre, le duc d'Anjou et la Saint-Barthélemy.
[25] C'est-à-dire, fait folie de son corps, comme on parle, parce qu'on va en pèlerinage à l'église de ce saint pour être guéri de la folie.
[26] C'est-à-dire, sinon chastement, du moins finement.
[27] C'est-a-dire, sous les couvertes, ou en cachette.
[28] Accortement.
[29] C'est-à-dire: Le peril passé, l'on se moque du saint.
[30] Joachim du Bellay, dans sa _Contre-Repentie_, f. 444, A. de ses OEuvres, 1576.
Mere d'amour, suivant mes premiers voeux, Dessous tes loix remettre je me veux, Dont je voudrois n'estre jamais sortie; Et me repens de m'estre repentie.
[31] Ces sortes de cadenas étoient déjà en usage à Venise.
[32] _Guerdon, galardon, qui dardonne, premio, ricompensa_, dit le _Franciosini_.
[33] On a appelé Guillot le Songeur tout homme songeard, du chevalier Juillan le Pensif, l'un des personnages de l'_Amadis_.
[34] Ou n'a point ce discours ou chapitre.
[35] C'est-à-dire: pour délivrer une âme chrétienne de l'enfer.
[36] A qui on demandoit.
[37] C'est-à-dire: l'amour ne se surmonte que par le dédain.
[38] Cette femme ressemble assez à cette Godarde de Blois, huguenote, pendu pour adultère en 1563.
[39] C'est-à-dire: Eh! fais-lui charité par pitié.
[40] On accusa la comtesse de Senizon de l'avoir fait évader, et on lui en fit une affaire.
[41] Proverbe qui marque le peu de liaison qu'il y a entre les dons de la nature et les qualités de l'âme.
[42] De l'italien _dispositare_; c'est-à-dire qu'on dispose et trouve à se défaire des pierreries comme des meilleures denrées.
[43] Tout cela est renversé et estropié. Il faut:
_Si tibi simplicitas uxoria deditus uni:_ _Est animus_. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Nil unquam invitâ donabis conjuge: vendes_ _Hac obstante nihil; nihil, hæc si nolet, emetur._
JUVENAL. Sat. VI, 205 et 6, 211 et 12.
C'est-à-dire: «Si vous vous attachez uniquement à votre femme....., vous ne pourrez rien donner, ni vendre, ni acheter, à moins qu'elle n'y consente.»
[44] Le Ve discours suivant.
[45] _Bardot_, synonyme d'_âne_. Ici, _passer par bardot_, se dit des vieilles qui son réduites à laisser passer pour _bardot_ l'amant qui les caresse.
[46] Escharse.
[47] Qui perd une putain gagne beaucoup.
[48] Il est à croire qu'il multiplie leurs feux.
[49] O trop dure loi de l'honneur, pourquoi nous interdis-tu ce à quoi nous excite la nature? Elle nous accorde aussi abondamment que libéralement, ainsi qu'a tous les animaux, l'usage de l'amour. Mais l'homme, trompeur et perfide, ne connaissant que trop bien la vigueur de nos reins, a établi cette loi pleine d'erreur pour cacher ainsi la faiblesse des siens.
[50] Là où il n'y a point d'homme, on commet pourtant l'adultère.
[51] C'est-à-dire: me baisait et me faisait pâmer de plaisir. _Alentir_, dans Nicot, se dit de la douleur, ou des forces qui diminuent ou se ralentissent.
[52] Par corruption pour _gaude mihi_.
[53] Mehun on Meun.
[54] Voyez.
[55] Voyez Bayle, _Dict. crit._, au mot BURIDAN. Villon, dans sa ballade des _Dames des temps jadis_:
Semblablement où est la reine, Qui commanda que Buridan Fust jeté en un sac en Seine?
[56] La Vieille Courtisanne, fol. 449. B. des _OEuvres poét. de Joach. du Bellay_, édit. de 1597:
De la vertu je sçavois deviser, Et je sçavois tellement eguiser, Que rien qu'honneur ne sortoit de ma bouche; Sage au parler et folastre à la couche.
[57] Elles s'abandonnent comme chiennes, et sont muettes de la bouche comme pierres.
[58] Se retirer à la barque.
[59] Pardonnez-moi, madame; je ne veux point jaser, mais seulement agir et puis me retirer à la barque.
[60] Le _Divorce satyrique_ attribue cette invention à la reine Marguerite, pour rendre le roi de Navarre, son mari, plus amoureux d'elle et plus lascif.
[61] Ils sont pris d'un vieux livre français intitulé: _De la louange et beauté des Dames_. François Corniger les a mis en dix-huit vers latins. Vincentio Calmeta les a aussi mis en vers italiens, qui commencent par _Dolce Flaminia_.
[62] C'est-à-dire, était un peu brunette.
[63] En françois, Charles de Bouvelles. On a de lui plusieurs ouvrages.
[64] C'est un in-4^o imprimé à Paris, chez Ascensius, le 3 des nones de décembre 1511.
[65] Ah! ne me touchez pas.
[66] Les ladres, les ladresses.
[67] C'est-à-dire: Madame, je vous baise les pieds et les mains.
[68] C'est-à-dire: Monsieur, la station du milieu est bien meilleure.
[69] On en a dit autant de Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV, à cela pres qu'à ceux de ses pages à qui ses charmes donnaient de la tentation elle donnait quelques louis pour pouvoir se satisfaire ailleurs.
[70] Le Voyage du Prince.
[71] Plus magnifique que les fêtes de Bains.
[72] Roman de Boccace traduit par Adrien Sevin.
[73] Le titre de _Roi des Romains_ n'est proprement qu'une station pour parvenir à la dignité d'_Empereur_.
[74] Discours I.
[75] Confidentes.
[76] _Ahanoit_: se fatiguait. De l'espagnol _afanar_, qui répond à notre _ahaner_.
[77] _Sublin_: fin, rusé.
[78] Discours I.
[79] L'honneur de la citadelle est sauvé.
[80] Caunus.
[81] C'est-à-dire: D'une mule qui fait hin, et d'une fille qui parle latin, délivre nous, Seigneur.
[82] _Alberic de Rosate_, au mot MATRIMONIUM de son _Dictionnaire_, rapporte un exemple tout pareil. _Barbatias_ dit même quelque chose de plus, qu'un garçon de sept ans engrossa sa nourrice.
[83] La reine-mère _Catherine de Médicis_. L'auteur la nomme dans son discours des _Dames illustres_, où il fait le même conte.
[84] _Apparemment_ contrition.
[85] Servie.
[86] Alteres.
[87] D'Enghien.
[88] _André de Soleillas_, évêque de _Riez_ en Provence, en 1576. Il avait une maitresse qui contrefaisoit la bigote, mais dont l'hypocrisie ne trompa pas le roi Henri IV. Ce prince reprochoit plaisamment à cette dame ses amours, en lui disant qu'elle ne se plaisait qu'au _jeûne et à l'oraison_.
[89] _Fringuer_, dans Oudin, c'est ici _far l'atto venero_. Cette veufve, non contente d'avoir triomphé de trois maris, vouloit encore combattre sur cette même couche, déjà jonchée des lauriers qu'elle avoit remportés de ses victoires passées.
[90] _Henri II_, qui préféroit à la reine sa femme, qui étoit jeune, la duchesse de Valentinois déjà vieille, et qui avait été la maîtresse du roi son père.
[91] Je n'ai point connu la vieille.
[92] Environ l'an 400 de l'ère chrétienne, saint Jérôme vit les funérailles de la femme, et c'est lui qui rapporte le fait en question. _Epist. XCI ad Ageruchiam, de Monogamid._
[93] _Thesmophoria._
[94] Dépêchez-vous donc, car ils vont me venir chercher pour me faire religieuse, et m'emmener au couvent.
[95] Ce fut à elle que Henri IV dit au bal, qu'elle avoit employé le verd et le sec pour divertir la compagnie. Il lui fit cette raillerie, dit Le Laboureur, parce que cette femme n'épargnoit la réputation d'aucune dame.
[96] Suivant Rabelais, on appelle _poultre_ une jument non encore saillie. Ainsi Bussy parloit incongrument.
[97] On ne parle point, madame est en compagnie.
[98] Que d'une vieille poule on fait un meilleur bouillon que d'une autre.
[99] La Mothe.
[100] De haute apparence.
[101] De _cubinus_, diminutif de _cubus_, comme qui diroit _à quatre pointes_ ou bosses.
[102] Il n'importe pas que la cloche ait quelque défaut, pourvu que son battant soit bon.
[103] Pour voiler la chose.
[104] Forbany.
[105] Le duc d'Anjou, depuis Henri III.
[106] Qu'avez-vous fait?
[107] Rien.
[108] Ah! poltron, sans coeur! vous n'avez rien fait! Que maudite soit votre poltronnerie.
[109] Le père des soldats.
[110] La mère.
[111] Louis XI passe généralement, non-seulement pour avoir raconté beaucoup de contes, avec tout ce qu'il y avoit de jeunes seigneurs à la Cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, où il s'étoit réfugié étant Dauphin, mais même pour avoir pris soin de faire recueillir et de publier ensuite, dans le même ordre où nous l'avons, le recueil intitulé: _Cent Nouvelles nouvelles, lequel en soy contient cent chapitres ou histoires, composées ou récitées par nouvelles gens depuis naguères_; et cela se trouve confirmé par ces mots de l'ancienne préface ou avertissement, qui paroît avoir été fait de son temps: «Et notez que par toutes les _Nouvelles_ où il est dit _par monseigneur_, il est entendu monseigneur le Dauphin, lequel depuis a succédé à la couronne et est le roy Loüis XI; car il estoit lors ès pays du duc de Bourgogne.» Mais comme il est bien certain que ce prince ne se retira en Brabant qu'à la fin de l'année 1456, et ne rentra en France qu'en août 1461, il est absolument impossible que ce recueil ait paru en France vers 1455, comme on le débite inconsidérément dans la préface de ses nouvelles éditions. On en a deux anciennes: l'une de Paris, en 1486, in-folio; l'autre encore de Paris, chez la veuve de Johan Trepere, sans date, aussi in-folio; et deux nouvelles, accompagnées de mauvaises figures, et imprimées à Cologne, chez Pierre Gaillard, en 1701 et 1736, en deux volumes in-8.
[112] Le péché de luxure.
[113] Ce conte, que Brantôme dit tenir des anciens de la Cour, est pris presque mot pour mot de J. Bouchet, dans ses _Annales d'Aquitaine_, édit. de 1644, pag. 473, au nom des trois dames près, qui est apparemment ce qu'il veut dire qu'il tenoit de bon lieu.
[114] Françoise de Rohan, dame de La Garnache, si nous en croyons Bayle, _Dict. crit._, pag. 1317 de la deuxième édition. Mais je doute que lui-même en fût bien persuadé, puisque, dans la citation de ce passage de Brantôme, il n'a jugé à propos de marquer que par des points certaines paroles qui ne conviennent nullement à la dame de La Garnache; savoir, que d'abord on disoit que cette dame ne s'étoit laissé engrosse qu'en nom de mariage, et qu'après on sut le contraire.
[115] Danse d'Allemagne; les Allemands appellent ce branle _Fackeldantz_.
[116] On n'a point ce chapitre ou discours.
[117] Honneur aux dames.