Part 13
Karma (conte bouddhiste, d'après l'anglais).--Le jeune tsar (oeuvres posthumes).--Sur les relations avec l'État.--Lettre sur l'Immortalité.--Préface aux oeuvres de Maupassant.--Préface aux contes de Semyonoff.--Aux Italiens.
1895
Maître et Serviteur.--Trois paraboles.--Honte!--Postface au livre: «La vie et la mort de B. N. Drojgine.»--Postface à l'article de P. J. Birukoff: «La persécution des chrétiens en 1895.»--Lettre à un Polonais.--Lettre à P. V. Veriguin (sur les livres et l'imprimerie).--Sur les rêves insensés.
1896
Comment lire les Évangiles et où réside leur essence.--«Carthago delenda est» (premier article).--Au peuple chinois (inachevé).--Sur la Non-Résistance.--Sur la supercherie de l'Église.--Le patriotisme et la paix.--Lettre aux libéraux.--Les rapports avec l'ordre existant du gouvernement.--L'approche de la fin.--L'enseignement chrétien.--Postface à l'appel: «Au secours!»
1897
Qu'est-ce que l'art?--Lettre à l'éditeur d'un journal suédois, pour que le prix Nobel soit attribué aux Doukhobors.--J'ai vécu plus de cinquante ans de vie consciente.
1898
Appel pour l'aide aux Doukhobors.--Les deux guerres.--Famine ou non-famine.--«Carthago delenda est» (deuxième article).--Le père Serge (oeuvres posthumes).--Préface à l'article de Carpenter: «La Science contemporaine.»--A l'éditeur de Russkiya Vedomosty (avec une lettre de Sokoloff).
1899
Résurrection.--Sur l'éducation religieuse.--Lettre à un officier.--Lettre à un Suédois, au sujet de la Conférence de la Paix, à la Haye.
1900
Où est l'issue?--L'esclavage de notre temps.--Le cadavre vivant.--Tu ne tueras point.--Lettre aux Doukhobors émigrés au Canada.--Le faut-il ainsi?--Le patriotisme et le gouvernement.--Deux versions différentes du conte de la Ruche (oeuvres posthumes).--Préface au livre: «Anatomie de la pauvreté.»
1901
L'unique moyen.--Qui a raison?--Aux jeunes gens oisifs.--Un appel du peuple travailleur russe à l'autorité.--Sur la tolérance religieuse.--Raison, foi, prière (trois articles).--Réponse au Synode.--Carnet de l'officier.--Carnet du soldat.--Sur l'Alliance franco-russe (lettre).--Au tsar et à ses conseillers (premier article).--Sur l'éducation (lettre à P. J. Birukoff).--Lettre à un journal bulgare.--Préface au conte de Polenz: «Le paysan.»
1902
Appel au clergé.--La lumière luit dans les ténèbres, drame (oeuvres posthumes).--Qu'est-ce que la religion, et en quoi consiste son essence.--La destruction de l'enfer et son rétablissement.--Aux travailleurs.
1903
Sur Shakespeare et le Drame.--Après le Bal (oeuvres posthumes).--Le roi assyrien Assarhadon.--Le travail, la mort et la maladie.--Trois questions.--Aux réformateurs politiques.--Sur la conception d'une source spirituelle (corrigé en 1908).--Sur le travail physique.--Lettre sur le Karma (à Sysuyeff).--«C'est vous!» (adaptation de l'allemand).
1904
Souvenirs d'enfance (1903, 1904, et quelques pages en 1906).--Hadji-Mourad (1896-8, 1901-4) (oeuvres posthumes).--Le faux coupon (1903-4).--Harrison et la non-résistance au mal par la violence.--Qui suis-je?--Pensées d'hommes sages.--Ressaisissez-vous! (corrigé à nouveau en 1906-7).--Postface au livre de Tchertkoff: «Notre révolution.»
1905
Cycles de lectures.--Buddhâ.--Divin et humain.--Lamennais.--Pascal.--Pierre Heltchitsky.--Le procès de Socrate.--Korney Vassiliyeff.--Prière.--Nouvelle préface à l'enseignement des Douze Apôtres.--Préface au «Bien-Aimé» de Tchertkoff.--Une seule chose est nécessaire.--Alexis le Pot (oeuvres posthumes).--La fin d'un monde.--Le grand Crime.--Sur le mouvement social en Russie.--Comment et pourquoi devons-nous vivre.--La baguette verte (deux versions).--La vraie liberté (lettre à un paysan,--corrigé en 1907).
1906
Le père Vassily (oeuvres posthumes).--Sur le sens de la Révolution Russe.--Appel au peuple russe (gouvernement, révolutionnaires et masses).--Sur le service militaire.--Sur la guerre.--Une seule solution possible de la question de la terre.--Sur le catholicisme (à Paul Sabatier).--Lettre à un Chinois.--Préface aux «Problèmes sociaux» de Henry George.--Notes posthumes de l'ermite Theodor Kouzmich (oeuvres posthumes).--Ce que j'ai vu en rêve (oeuvres posthumes).--Qu'y a-t-il à faire?--Au tsar et à ses conseillers (deuxième article).
1907
Conversations avec des enfants sur les questions morales.--Préface aux Pensées choisies de La Bruyère, La Rochefoucauld, Vauvenargues, Montesquieu, et courtes esquisses biographiques.--Aimez-vous les uns les autres.--Tu ne tueras personne.--Sur les compréhensions de la vie.--Première rencontre avec Ernest Crosby.--Pourquoi les nations chrétiennes, et le peuple Russe en particulier, sont actuellement dans une situation misérable.
1908
Je ne puis plus me taire.--Cycle de lectures (corrigé et amplifié).--Aphorismes pour son portrait.--Bienfaits de l'amour.--Le loup (conte pour les enfants).--Souvenirs du procès d'un soldat (lettre à P. J. Birukoff).--La loi de violence et la loi d'amour.--Qui sont les meurtriers? (oeuvres posthumes).--Sur l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche.--Réponse aux félicitations du Jubilé.--
Lettre à un Hindou.--Préface à l'Album des Peintures d'Orloff.--Préface au conte de V. Morozoff: «Pour une parole.»--Préface à la nouvelle de A. J. Ertel: «Jardinage.»--«Pouvoir de l'enfance» (d'après Victor Hugo).--Sur le procès de Molochnikoff.--L'enseignement du Christ adapté pour les enfants.
1909
Il n'y a pas de coupable, au monde (première version).--Isidore le prêtre régulier (oeuvres posthumes).--Où est la principale tâche d'un éducateur (conversations avec les instituteurs des Écoles élémentaires).--Sagesse des enfants (oeuvres posthumes).--Lettre au Congrès de la Paix.--Le seul commandement.--Sur l'arrêt de Gusseff.--Pour tous les jours.--Sur l'éducation (lettre à V. F. Bulgakoff).--Charge inévitable.--Sur la pendaison.--Sur les «points de repère».--Sur Gogol.--Sur l'État.--Sur la Science.--Sur la jurisprudence.--Réponse à une femme Polonaise.--Arrêtez, et pensez, pour l'amour de Dieu!--Sur un article de Struve.--Lettre à un Vieux-Croyant.--Lettre à un Révolutionnaire.--Au sujet de la visite du fils d'Henry George.--Il est temps de comprendre.--Salut à ceux qui ont souffert pour l'amour de la Vérité.--Le passant et le paysan.--Les chants du village.--Entretien du père et du fils (adaptation de l'allemand).--Conversation avec un voyageur.--L'hôtellerie (parabole pour les enfants).--Article aux journaux, sur les lettres d'abus.--La peine capitale et la chrétienté.
1910
Trois jours au village.--La voie de la vie.--Hodynka.--«Toutes les qualités viennent d'elle», comédie.--Sur la folie.--Au Congrès Slave, à Sofia.--Terre fertile.--Non prémédité.--Supplément à la Lettre au Congrès de la Paix.--Il n'y a pas de coupable au monde (deuxième version).--Conte pour les enfants.--Philosophie et Religion (réminiscences de N. Y. Grot).--Sur le socialisme (inachevé).--Les moyens efficaces.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
_La lumière qui vient de s'éteindre_ 1
Histoire de mon Enfance 22
Les récits du Caucase 25
Les Cosaques 27
Récits de Sébastopol 35
Trois Morts 50
Bonheur Conjugal 54
Guerre et Paix 61
Anna Karénine 71
Les Confessions et la crise religieuse 81
La crise sociale: Que devons-nous faire? 96
La critique de l'Art 111
Les Contes Populaires 132
La Puissance des Ténèbres 134
La Mort d'Ivan Iliitch 137
La Sonate à Kreutzer 139
Résurrection 148
Les idées sociales de Tolstoï 156
_Sa figure avait pris les traits définitifs_ 175
_Le combat était terminé_ 194
NOTES SUR LES OEUVRES POSTHUMES
Les oeuvres posthumes de Tolstoy 206
La réponse de l'Asie à Tolstoy 214
Lettre écrite par Tolstoy, deux mois avant sa mort, à Gandhi 232
Liste chronologique des OEuvres de Tolstoy 236
COULOMMIERS IMPRIMERIE PAUL BRODARD 11541-1-29.
NOTES:
[1] A part quelques interruptions,--une surtout, assez longue, entre 1865 et 1878.
[2] Pour sa remarquable biographie de _Léon Tolstoï: Vie et OEuvre, Mémoires, Souvenirs, Lettres, Extraits du Journal intime, Notes et Documents biographiques_ réunis, coordonnés et annotés par P. BIRUKOV, revisés par Léon Tolstoï, traduits sur le manuscrit par J.-W. Bienstock,--4 vol. éd. du _Mercure de France_.
C'est le recueil de documents le plus important sur la vie et l'oeuvre de Tolstoï. J'y ai abondamment puisé.
[3] Il fit aussi les campagnes napoléoniennes et fut prisonnier en France pendant les années 1814-1815.
[4] _Enfance_, chap. II.
[5] _Enfance_, chap. XXVII.
[6] Iasnaïa Poliana, dont le nom signifie _la Clairière claire_, est un petit village au sud de Moscou, à quelques lieues de Toula, «dans une des provinces les plus foncièrement russes. Les deux grandes régions de la Russie, dit M. A. Leroy-Beaulieu, la région des forêts et celle des terres de culture s'y touchent et s'y enchevêtrent. Aux environs ne se rencontrent ni Finnois, ni Tatars, ni Polonais, ni Juifs, ni Petits-Russiens. Ce pays de Toula est au coeur même de la Russie.»
(A. Leroy-Beaulieu: _Léon Tolstoï_, Revue des Deux Mondes, 15 déc. 1910.)
[7] Tolstoï l'a dépeint dans _Anna Karénine_, sous les traits du frère de Levine.
[8] Il écrivit _le Journal d'un Chasseur_.
[9] En réalité, elle était une parente éloignée. Elle avait aimé le père de Tolstoï, et elle en avait été aimée; mais, comme Sonia dans _Guerre et Paix_, elle s'était effacée.
[10] _Enfance_, chap. XII.
[11] N'a-t-il pas prétendu, dans des notes autobiographiques (datées de 1878), qu'il se rappelait les sensations de l'emmaillotement et du bain d'enfant dans le baquet! (Voir _Premiers Souvenirs_. Une traduction française en a été publiée dans le même volume que _Maître et Serviteur_.)
Le grand poète suisse Carl Spitteler a, lui aussi, été doué de cet extraordinaire pouvoir d'évoquer ses images du seuil de la vie. Il a consacré tout un livre (_Meine frühesten Erlebnisse_) à ses toutes premières années d'enfance.
[12] _Premiers Souvenirs._
[13] De 1842 à 1847.
[14] Nicolas, plus âgé que Léon de cinq ans, avait déjà terminé ses études en 1844.
[15] Il aimait les conversations métaphysiques «d'autant plus, dit-il, qu'elles étaient plus abstraites et qu'elles arrivaient à un tel degré d'obscurité que, croyant dire ce qu'on pense, on dit tout autre chose». (_Adolescence_, XXVII.)
[16] _Adolescence_, XIX.
[17] Surtout dans ses premières oeuvres, dans les _Récits de Sébastopol_.
[18] C'était le temps où il lisait Voltaire et y trouvait plaisir. (_Confessions_, 1.)
[19] _Confessions_, 1, trad. J.-W. Bienstock.
[20] _Jeunesse_, III.
[21] En mars-avril 1847.
[22] «Tout ce que fait l'homme, il le fait par amour-propre», dit Nekhludov dans _Adolescence_.
En 1853, Tolstoï note, dans son _Journal_: «Mon grand défaut: l'orgueil. Un amour-propre immense, sans raison... Je suis si ambitieux que si j'avais à choisir entre la gloire et la vertu (que j'aime), je crois bien que je choisirais la première.»
[23] «Je voulais que tous me connussent et m'aimassent. Je voulais que rien qu'en entendant mon nom, tous fussent frappés d'admiration et me remerciassent.» (_Jeunesse_, III.)
[24] D'après un portrait de 1848, quand il avait vingt ans (reproduit dans le premier volume de _Vie et OEuvre_).
[25] «Je m'imaginais qu'il n'y avait pas de bonheur sur terre pour un homme qui avait, comme moi, le nez si large, les lèvres si grosses et les yeux si petits.» (_Enfance_, XVII.) Ailleurs, il parle avec désolation de «ce visage sans expression, ces traits veules, mous, indécis, sans noblesse, rappelant les simples moujiks, ces mains et ces pieds trop grands». (_Jeunesse_, I.)
[26] «Je partageais l'humanité en trois classes: les hommes comme il faut, les seuls dignes d'estime; les hommes non comme il faut, dignes de mépris et de haine; et la plèbe: elle n'existait pas.» (_Jeunesse_, XXXI.)
[27] Surtout pendant un séjour à Saint Pétersbourg, en 1847-8.
[28] _Adolescence_, XXVII.
[29] Entretiens avec M. Paul Boyer (_Le Temps_), 28 août 1901.
[30] Nekhludov figure aussi dans _Adolescence_ et _Jeunesse_ (1854), dans _une Rencontre au Détachement_ (1856), _le Journal d'un Marqueur_ (1856), _Lucerne_ (1857) et _Résurrection_ (1899).--Il faut remarquer que ce nom désigne des personnages différents. Tolstoï n'a pas cherché à lui conserver le même aspect physique, et Nekhludov se tue, à la fin du _Journal d'un Marqueur_. Ce sont des incarnations diverses de Tolstoï, dans ce qu'il a de meilleur et de pire.
[31] _La Matinée d'un Seigneur_, t. II des _OEuvres complètes_, trad. de J.-W. Bienstock.
[32] Elle est contemporaine des récits d'_Enfance_.
[33] 11 juin 1851, au camp fortifié de Starï-Iourt, dans le Caucase.
[34] _Journal_, trad. J.-W. Bienstock.
[35] _Ibid._, juillet 1851.
[36] Lettre à sa tante Tatiana, janvier 1852.
[37] Un portrait de 1851 montre déjà le changement qui s'accomplit dans l'âme. La tête est levée, la physionomie s'est un peu éclaircie, les cavités des yeux sont moins sombres, les yeux gardent leur fixité sévère, et la bouche entr'ouverte, qu'ombre une moustache naissante, est morose; il y a toujours quelque chose d'orgueilleux et de défiant, mais bien plus de jeunesse.
[38] Les lettres qu'il écrit alors à sa tante Tatiana sont pleines d'effusions et de larmes. Il est, comme il le dit, _Liova-riova_, Léon le pleurnicheur (6 janvier 1852).
[39] _La Matinée d'un Seigneur_ est le fragment d'un projet de _Roman d'un propriétaire russe_. _Les Cosaques_ forment la première partie d'un grand roman du Caucase. L'immense _Guerre et Paix_ n'était, dans la pensée de l'auteur, qu'une sorte de préambule à une épopée contemporaine, dont les _Décembristes_ devaient être le centre.
[40] Le pèlerin Gricha, ou la mort de la mère.
[41] Dans une lettre à M. Birukov.
[42] _La Matinée d'un Seigneur_ ne fut achevée qu'en 1855-6.
[43] _Les deux Vieillards_ (1885).
[44] L'_Incursion_, t. III des _OEuvres complètes_.
[45] T. III des _OEuvres complètes_.
[46] T. IV des _OEuvres complètes_.
[47] Bien qu'ils aient été terminés beaucoup plus tard, en 1860, à Hyères (ils ne parurent qu'en 1863), le gros de l'oeuvre est de cette époque.
[48] _Les Cosaques_, t. III des _OEuvres complètes_.
[49] «Peut-être, dit Olénine, amoureux de la jeune Cosaque, aimé-je en elle la Nature... En l'aimant, je me sens faire partie indivise de la Nature.»
Souvent, il compare celle qu'il aime à la Nature.
«Elle est, comme la Nature, égale, tranquille et taciturne.»
Ailleurs, il rapproche l'aspect des montagnes lointaines et de «cette femme majestueuse».
[50] Ainsi, dans la lettre d'Olénine à ses amis de Russie.
[51] En français dans le texte.
[52] Il rajoute, à la fin de sa lettre:
«Comprenez-moi bien!... J'estime que, sans la religion, l'homme ne peut être ni bon, ni heureux; je voudrais la posséder plus que toute autre chose au monde; je sens que mon coeur se dessèche sans elle... Mais je ne crois pas. C'est la vie qui crée chez moi la religion, et non la religion la vie... Je sens en ce moment une telle sécheresse dans le coeur qu'il me faut posséder une religion. Dieu m'aidera. Cela viendra... La nature est pour moi le guide qui mène à la religion, chaque âme a son chemin différent et inconnu; on ne le trouve qu'en ses profondeurs...»
[53] _Journal_, trad. J.-W. Bienstock.
[54] On retrouve aussi cette manière dans _la Coupe en forêt_, terminée à la même époque. Par exemple: «Il y a trois sortes d'amour: 1º l'amour esthétique; 2º l'amour dévoué; 3º l'amour actif, etc.» (_Jeunesse._)--Ou bien: «Il y a trois sortes de soldats: 1º les soumis; 2º les autoritaires; 3º les fanfarons,--qui se subdivisent eux-mêmes en: _a_, soumis de sang-froid; _b_, soumis empressés; _c_, soumis qui boivent, etc.». (_Coupe en forêt._)
[55] _Jeunesse_, XXXII (vol. II des _OEuvres complètes_).
[56] Envoyé à la revue le _Sovrémennik_, et publié aussitôt.
[57] Tolstoï y est revenu, beaucoup plus tard, dans ses _Entretiens_ avec son ami Ténéromo. Il lui a raconté notamment une crise de terreur qui le prit, une nuit qu'il était couché dans le «logement» creusé en plein rempart, sous le blindage. On trouvera cet _Épisode de la guerre de Sébastopol_ dans le volume intitulé _les Révolutionnaires_, trad. J.-W. Bienstock.
[58] Un peu plus tard, Droujinine le mettra amicalement en garde contre ce danger: «Vous avez une tendance à la finesse excessive de l'analyse; elle peut se transformer en un grand défaut. Parfois, vous êtes prêt à dire: chez un tel, le mollet indiquait son désir de voyager aux Indes... Vous devez refréner ce penchant, mais ne l'étouffer pour rien au monde.» (Lettre de 1856, citée par P. Birukov.)
[59] T. IV des _OEuvres complètes_, p. 82-83.
[60] Que la censure mutila.
[61] 2 septembre 1855, trad. J-W. Bienstock.
[62] «Son amour-propre se confondait avec sa vie; il ne voyait pas d'autre alternative: être le premier, ou se détruire... Il aimait à se trouver le premier parmi les hommes auxquels il se comparait.»
[63] En 1889, Tolstoï, écrivant une préface aux _Souvenirs de Sébastopol par un officier d'artillerie_, A.-J. Erchov, revint en pensée sur ces scènes. Tout souvenir héroïque en avait disparu. Il ne se rappelait plus que la peur qui dura sept mois,--la double peur: celle de la mort et celle de la honte,--l'horrible torture morale. Tous les exploits du siège, pour lui, se résumaient en ceci: avoir été de la chair à canon.
[64] Suarès: _Tolstoï_, éd. de l'_Union pour l'Action morale_, 1899 (réédité, aux _Cahiers de la Quinzaine_, sous le titre: _Tolstoï vivant_).
[65] Tourgueniev se plaint, dans une conversation, du «stupide orgueil nobiliaire de Tolstoï, de sa fanfaronnade de Junker».
[66] «Un trait de mon caractère, bon ou mauvais, mais qui me fut toujours propre, c'est que, malgré moi, je m'opposais toujours aux influences extérieures épidémiques... J'avais une répulsion pour le courant général.» (Lettre à P. Birukov.)
[67] Tourgueniev.
[68] Grigorovitch.
[69] Eugène Garchine: _Souvenirs sur Tourgueniev_, 1883. Voir _Vie et OEuvre_ de Tolstoï par Birukov.
[70] La plus violente, qui amena entre eux une brouille décisive, eut lieu en 1861. Tourgueniev faisait montre de ses sentiments philanthropiques et parlait des oeuvres de bienfaisance dont s'occupait sa fille. Rien n'irritait plus Tolstoï que la charité mondaine.
--«Je crois, dit-il, qu'une jeune fille bien habillée, qui tient sur ses genoux des guenilles sales et puantes, joue une scène théâtrale qui manque de sincérité.»
La discussion s'envenima. Tourgueniev, hors de lui, menaça Tolstoï de le souffleter. Tolstoï exigea une réparation, sur l'heure, un duel au fusil. Tourgueniev, qui avait aussitôt regretté son emportement, envoya une lettre d'excuses. Mais Tolstoï ne pardonna point. Près de vingt ans plus tard, comme on le verra par la suite, ce fut lui qui demanda pardon, en 1878, alors qu'il abjurait toute sa vie passée et humiliait à plaisir son orgueil devant Dieu.
[71] _Confessions_, t. XIX des _OEuvres complètes_, trad. J.-W. Bienstock.
[72] «Il n'y avait, dit-il, aucune différence entre nous et un asile d'aliénés. Même à cette époque, je le soupçonnais vaguement; mais, comme font tous les fous, je traitais chacun de fou, excepté moi.» (_Ibid._)
[73] Voir sur cette période ses charmantes lettres, si juvéniles à sa jeune tante la comtesse Alexandra A. Tolstoï (_Briefwechsel mit der Gräfin A. A. Tolstoï_, publ. par Ludwig Berndt, nouvelle édition augmentée, Rotapfelverlag, Zürich, 1926.)
[74] _Confessions._
[75] _Journal du prince D. Nekhludov_, _Lucerne_, t. V. des _OEuvres complètes_.
[76] Passant de Suisse en Russie, sans transition, il découvre que «_la vie en Russie est un éternel tourment!_...»
«C'est bon qu'il y ait un refuge dans le monde de l'art, de la poésie et de l'amitié. Ici, personne ne me trouble... Je suis seul, le vent hurle; dehors il fait froid, sale; je joue misérablement un _andante_ de Beethoven, avec des doigts gourds, et je verse des larmes d'émotion; ou je lis dans _L'Iliade_; ou j'imagine des hommes, des femmes, je vis avec eux; je barbouille du papier, ou je songe, comme maintenant, aux êtres aimés... (Lettre à la comtesse A. A. Tolstoï, 18 août 1857).
[77] _Journal du prince D. Nekhludov._
[78] Il fit dans ce voyage la connaissance, à Dresde, d'Auerbach qui avait été son premier inspirateur pour l'instruction du peuple; à Kissingen, de Froebel; à Londres, de Herzen; à Bruxelles, de Proudhon, qui semble l'avoir beaucoup frappé.
[79] Surtout en 1861-62.
[80] _L'Éducation et la culture._--Voir _Vie et OEuvres_ de Tolstoï, t. II.
[81] Tolstoï a exposé ces théories dans la revue _Iasnaïa Poliana_, 1862 (t. XIII des _OEuvres complètes_).--Sur _Tolstoï éducateur_, voir l'excellent livre de Charles Baudouin, Neuchâtel et Paris, 1920.
[82] T. IV des _OEuvres complètes_.
[83] T. V des _OEuvres complètes_.
[84] _Ibid._
[85] T. VI des _OEuvres complètes_.
[86] Discours sur la _Supériorité de l'élément artistique dans la littérature sur tous ses courants temporaires_.
[87] Il lui opposait ses propres exemples, le vieux postillon des _Trois Morts_.
[88] On remarquera que déjà un autre frère de Tolstoï, Dmitri, était mort de phtisie, en 1856. Tolstoï lui-même se croyait atteint, en 1856, en 1862 et en 1871. Il était, comme il l'écrit, le 28 octobre 1852, «d'une complexion forte, mais d'une santé faible». Constamment, il souffrait de refroidissements, de maux de gorge, de maux de dents, de maux d'yeux, de rhumatismes. Au Caucase, en 1852, il devait, «deux jours par semaine au moins, garder la chambre». La maladie l'arrête, plusieurs mois, en 1854, sur la route de Silistrie à Sébastopol. En 1856, il est sérieusement malade de la poitrine, à Iasnaïa. En 1862, par crainte de la phtisie, il va faire une cure de koumiss à Samara, chez les Bachkirs, et il y retournera presque chaque année, après 1870. Sa correspondance avec Fet est pleine de ces préoccupations. Cet état de santé fait mieux comprendre l'obsession de sa pensée par la mort. Plus tard, il parlait de la maladie, comme de sa meilleure amie:
_Quand on est malade, il semble qu'on descende une pente très douce, qui, à un certain point, est barrée par un rideau, léger rideau de légère étoffe: en deçà, c'est la vie; au delà, c'est la mort. Combien l'état de maladie l'emporte, en valeur morale, sur l'état de santé! Ne me parlez pas de ces gens qui n'ont jamais été malades! Ils sont terribles, les femmes surtout. Une femme bien portante, mais c'est une vraie bête féroce!_ (Entretiens avec M. Paul Boyer, _le Temps_, 27 août 1901.)
[89] 17 octobre 1860, lettre à Fet (_Correspondance inédite_, p. 27-30).
[90] Écrit à Bruxelles en 1861.
[91] Une autre nouvelle de cette époque, un simple récit de voyage, qui évoque des souvenirs personnels, _la Tourmente de Neige_ (1856), a une grande beauté d'impressions poétiques et quasi-musicales. Tolstoï en a repris un peu le cadre, plus tard, pour _Maître et Serviteur_ (1895).
[92] T. V des _OEuvres complètes_.