Part 12
L'Inde était, en cette fin du XIXe siècle, et au début du XXe, en plein réveil. L'Europe ne connaît pas encore,--à part une élite de savants bien renseignés, qui ne sont pas très pressés de dispenser leur science au commun des mortels et se cantonnent volontiers dans leur coque linguistique, où ils se sentent à huis clos[356]--l'Europe est encore loin d'imaginer la prodigieuse résurrection du génie indien qui s'annonça dès les années 1830[357] et resplendit vers 1900. Ce fut une floraison éclatante et soudaine dans tous les champs de l'esprit. Dans l'art, dans la science, dans la pensée. Le seul nom de _Rabindranath Tagore_ a, détaché de la constellation de sa glorieuse famille, rayonné sur le monde. Presque en même temps, le Vedantisme était rénové par le fondateur de l'_Arya-Samâj_ (1875), _Dayananda Sarasvati_, celui qu'on a nommé le «_Luther hindou_»; et _Keshub Chunder Sen_ faisait du _Brahmâ-Samâj_ un instrument de réformes sociales passionnées et un terrain de rapprochement entre la pensée chrétienne et la pensée d'Orient. Mais, surtout, le firmament religieux de l'Inde s'illuminait de deux étoiles de première grandeur, subitement apparues,--ou réapparues après des siècles, pour parler selon le grand style de l'Inde, au sens profond[358]--ces deux miracles de l'esprit: _Ramakrishna_ (1836-1886), le fou de Dieu, qui embrassait dans son amour toutes les formes du Divin, et son disciple, plus puissant encore que le maître, _Vivekananda_ (1863-1902), dont la torrentielle énergie a, pour des siècles, réveillé dans son peuple épuisé le Dieu d'action, le Dieu de la Gitâ.
La vaste curiosité de Tolstoy ne les ignora point. Il lut les traités de _Dayananda_, que lui envoya le directeur de _The Vedic Magazine_ (Kangra, Sakaranpur), _Rama Deva_. Dès 1896, il s'était enthousiasmé des premiers écrits parus de _Vivekananda_[359], et il savourait les Entretiens de _Ramakrishna_[360].--C'est un malheur pour l'humanité que Vivekananda, lors de son voyage d'Europe en 1900, n'ait pas été orienté vers Iasnaïa Poliana. Celui qui écrit ces lignes ne peut se consoler, en cette année de l'Exposition Universelle où le grand _Swami_ passait à Paris, si mal entouré, de n'avoir pas été celui qui relie les deux voyants, les deux génies religieux de l'Europe et de l'Asie.
Ainsi que le _Swami_ de l'Inde, Tolstoy était nourri de l'esprit de Krishna, «_seigneur de l'Amour_[361]». Et plus d'une voix de l'Inde le saluait comme un Mahâtmâ, un ancien _Rishi_ réincarné[362]. _Gopal Chetti_, directeur de _The New Reformer_, qui se voua dans l'Inde aux idées de Tolstoy, le rapproche, en son écrit pour le Livre du Jubilé (1908), de Bouddhâ le prince qui renonça; et il dit que, si Tolstoy était né aux Indes, il eût été tenu pour un _Avatara_, un _Purusha_ (incarnation de l'Ame universelle), un _Sri-Krishna_.
Mais le courant fatal du fleuve de l'histoire allait porter Tolstoy, du Rêve en Dieu des _yogis_ au seuil de la grande action de Vivekananda et de Gandhi,--de l'_Hind-Swaraj_.
Détours étranges du destin! Le premier qui l'y conduisit fut l'homme qui, plus tard, devait devenir le meilleur lieutenant du Mahâtmâ indien, mais qui, en ce temps, était encore, comme Paul avant le chemin de Damas, le violent ennemi de ces pensées: _C.-R. Das_[363]... Est-il permis d'imaginer que la voix de Tolstoy a pu contribuer à le ramener à sa vraie mission?--A la fin de 1908, C.-R. Das était dans le camp de la Révolution. Il écrivit à Tolstoy, sans lui rien voiler de sa foi violente; il combattait, à visage découvert, la doctrine tolstoyenne de la Non-Résistance; et cependant, il lui demandait un mot de sympathie pour son journal, _Free Hindostan_. Tolstoy répondit une très longue lettre, presque un traité, qui, sous le titre de _Lettre à un Indien_, 14 décembre 1908, se répandit dans le monde entier. Il proclamait énergiquement la doctrine de la Non-Résistance et de l'Amour, en encadrant chaque partie de son argumentation dans des citations de Krishna. Il n'apportait pas moins de vigueur dans son combat contre la nouvelle superstition de la science que contre les anciennes superstitions religieuses. Et il faisait aux Indiens un reproche véhément de renier leur sagesse antique pour épouser l'erreur d'Occident.
«_On pouvait espérer, disait-il, que, dans l'immense monde brahmano-bouddhiste et confucianiste, ce nouveau préjugé scientifique n'aurait point place, et que les Chinois, les Japonais, les Hindous, ayant compris le mensonge religieux qui justifie la violence, arriveraient directement à concevoir la loi de l'amour, propre à l'humanité, qui fut promulguée avec une force si éclatante par les grands maîtres de l'Orient. Mais la superstition de la science, qui a remplacé celle de la religion, envahit de plus en plus les peuples de l'Orient. Elle subjugue déjà le Japon et lui prépare les pires désastres. Elle se répand sur ceux qui, en Chine et dans l'Inde, prétendent, comme vous, être les meneurs de vos peuples. Vous invoquez, dans notre journal, comme un principe fondamental qui doit guider l'activité de l'Inde, l'idée suivante_:
«Resistance to agression is not simply justifiable, but imperative; non-resistance hurts both altruism and egoism.»
«... _Eh quoi! vous, membre d'un des peuples les plus religieux, vous allez, d'un coeur léger et confiant en votre instruction scientifique, abjurer la loi de l'amour, proclamée au sein de votre peuple, avec une clarté exceptionnelle, dès l'antiquité reculée!... Et vous répétez ces stupidités que vous ont suggérées les champions de la violence, les ennemis de la vérité, les esclaves de la théologie d'abord, ensuite de la science,--vos maîtres européens!_
«_Vous dites que les Anglais ont asservi l'Inde, parce que l'Inde ne résiste pas assez à la violence par la force?--Mais c'est tout juste le contraire! Si les Anglais ont asservi les Hindous, ce n'est que pour cette raison que les Hindous reconnaissaient et reconnaissent encore la violence comme principe fondamental de leur organisation sociale; ils se soumettaient, au nom de ce principe, à leurs roitelets; au nom de ce principe, ils ont lutté contre eux, contre les Européens, contre les Anglais... Une Compagnie commerciale--trente mille hommes, des hommes plutôt faibles--ont asservi un peuple de deux cents millions! Dites cela à un homme libre de préjugés! Il ne comprendra pas ce que ces mots peuvent signifier... N'est-il pas évident, d'après ces chiffres mêmes, que ce ne sont pas les Anglais, mais les Hindous eux-mêmes qui ont asservi les Hindous?..._
«_Si les Hindous sont asservis par la violence, c'est parce qu'eux-mêmes ont vécu de la violence, vivent à présent de la violence et ne reconnaissent pas la loi éternelle de l'amour, propre à l'humanité._
«Digne de pitié et ignorant l'homme qui cherche ce qu'il possède et ignore qu'il le possède! Oui, misérable et ignorant l'homme qui ne connaît pas le bien de l'amour qui l'entoure et que je lui ai donné!» (Krishna).
«_L'homme n'a qu'à vivre en accord avec la loi de l'amour, qui est propre à son coeur et qui recèle en soi le principe de Non-Résistance, de Non-Participation à toute violence. Alors, non seulement une centaine d'hommes ne pourraient asservir des millions, mais des millions ne pourraient asservir un seul. Ne résistez pas au mal et ne prenez pas part à ce mal, à la contrainte de l'administration, des tribunaux, des impôts, et surtout de l'armée!--Et rien, ni personne au monde ne pourra vous asservir!_»
Une citation de Krishna termine (comme elle a commencé) cette prédication de la Non-Résistance faite par la Russie à l'Inde:
«Enfants, levez plus haut vos regards aveuglés, et un monde nouveau, plein de joie et d'amour, vous apparaîtra, un monde de Raison, créé par Ma Sagesse, le seul monde réel. Alors, vous connaîtrez ce que l'amour a fait de vous, ce dont il vous a gratifiés et ce qu'il exige de vous.»
Or, cette lettre de Tolstoy tombe dans les mains d'un jeune Indien, qui était «_homme de loi_», à Johannesburg, en Sud-Afrique. Il se nommait Gandhi. Il en fut saisi. Il écrivit à Tolstoy, vers la fin de 1909[364]. Il lui annonçait la campagne de sacrifice, qu'il dirigeait depuis une dizaine d'années, dans l'esprit évangélique de Tolstoy[365]. Il lui demandait l'autorisation de traduire en langue indienne la lettre à C.-R. Das.
Tolstoy lui envoya sa bénédiction fraternelle, dans le «_combat de la douceur contre la brutalité, de l'humilité et de l'amour contre l'orgueil et la violence_». Il lut l'édition anglaise de l'_Hind Swarâj_, que Gandhi lui fit parvenir; et il pénétra aussitôt toute l'importance de cette expérience religieuse et sociale:
«_La question que vous traitez, de la Résistance passive, est de la plus haute valeur, non seulement pour l'Inde, mais pour toute l'humanité._»
Il se procura la biographie de Gandhi par Joseph J. Doke[366], et il fut captivé. Malgré la maladie, il tint à lui adresser quelques lignes affectueuses (8 mai 1910). Et lorsqu'il se sentit rétabli il lui adressa, de Kotschety, le 7 septembre 1910,--un mois avant sa fuite vers la solitude et la mort,--une lettre d'une telle importance que, malgré sa longueur, je tiens à la reproduire, presque entière, à la fin de cette étude. Elle est et restera, aux yeux de l'avenir, l'Évangile de la Non-Résistance et le testament spirituel de Tolstoy. Les Indiens du Sud-Afrique la publièrent en 1914, dans le _Golden Number of Indian Opinion_, consacré à la _Résistance passive en Sud-Afrique_[367]. Elle fut associée au succès de leur cause, à la première victoire politique de la Non-Résistance.
Par un contraste saisissant, l'Europe, à la même heure, y répondait par la guerre de 1914, où elle s'entre-dévora.
Mais quand la tempête fut passée et que sa clameur sauvage, par degrés, s'éteignit, on entendit de nouveau, par delà le champ de ruines, monter comme une alouette la voix pure et ferme de Gandhi. Elle redisait, sur un mode plus clair et plus mélodieux, la grande parole de Tolstoy, le cantique d'espoir d'une nouvelle humanité.
R. R.
Mai 1927.
LETTRE ÉCRITE PAR TOLSTOY, DEUX MOIS AVANT SA MORT, A GANDHI
«_A M. K. Gandhi, Johannesburg, Transvaal, Sud-Afrique._
«7 septembre 1910, Kotschety.
«J'ai reçu votre journal _Indian Opinion_ et je me suis réjoui de connaître ce qu'il rapporte des Non-Résistants absolus. Le désir m'est venu de vous exprimer les pensées qu'a éveillées en moi cette lecture.
«Plus je vis--et surtout, à présent, où je sens avec clarté l'approche de la mort--plus fort est le besoin de m'exprimer sur ce qui me touche le plus vivement au coeur, sur ce qui me paraît d'une importance inouïe: c'est à savoir que ce que l'on nomme Non-Résistance n'est, en fin de compte, rien autre que l'enseignement de la Loi d'amour, non déformé encore par des interprétations menteuses. L'amour, ou, en d'autres termes, l'aspiration des âmes à la communion humaine et à la solidarité, représente la loi supérieure et unique de la vie... Et cela, chacun le sait et le sent au profond de son coeur (nous le voyons le plus clairement chez l'enfant). Il le sait aussi longtemps qu'il n'est pas encore entortillé dans la nasse de mensonge de la pensée du monde.
«Cette loi a été promulguée par tous les sages de l'humanité: hindous, chinois, hébreux, grecs et romains. Elle a été, je crois, exprimée le plus clairement par le Christ, qui a dit en termes nets que cette Loi contient toute loi et les Prophètes. Mais il y a plus: prévoyant les déformations qui menacent cette loi, il a dénoncé expressément le danger qu'elle soit dénaturée par les gens dont la vie est livrée aux intérêts matériels. Ce danger est qu'ils se croient autorisés à défendre leurs intérêts par la violence, ou, selon son expression, à rendre coup pour coup, à reprendre par la force ce qui a été enlevé par la force, etc., etc. Il savait (comme le sait tout homme raisonnable) que l'emploi de la violence est incompatible avec l'amour, qui est la plus haute loi de la vie. Il savait qu'aussitôt la violence admise, dans un seul cas, la loi était du coup abolie. Toute la civilisation chrétienne, si brillante en apparence, a poussé sur ce malentendu et cette contradiction, flagrante, étrange, en quelques cas, voulue, mais le plus souvent inconsciente.
«En réalité, dès que la résistance par la violence a été admise, la loi de l'amour était sans valeur et n'en pouvait plus avoir. Et si la loi d'amour est sans valeur, il n'est plus aucune loi, excepté le droit du plus fort. Ainsi vécut la chrétienté durant dix-neuf siècles. Au reste, dans tous les temps, les hommes ont pris la force pour principe directeur de l'organisation sociale. La différence entre les nations chrétiennes et les autres n'a été qu'en ceci: dans la chrétienté, la loi d'amour avait été posée clairement et nettement, comme dans aucune autre religion; et les chrétiens l'ont solennellement acceptée, bien qu'ils aient regardé comme licite l'emploi de la violence et qu'ils aient fondé leur vie sur la violence. Ainsi, la vie des peuples chrétiens est une contradiction complète entre leur confession et la base de leur vie, entre l'amour, qui doit être la loi de l'action, et la violence, qui est reconnue sous des formes diverses, telles que: gouvernement, tribunaux et armées, déclarés nécessaires et approuvés. Cette contradiction s'est accentuée avec le développement de la vie intérieure, et elle a atteint son paroxysme en ces derniers temps.
«Aujourd'hui, la question se pose ainsi: oui ou non; il faut choisir! Ou bien admettre que nous ne reconnaissons aucun enseignement moral religieux, et nous laisser guider dans la conduite de notre vie par le droit du plus fort. Ou bien agir en sorte que tous les impôts perçus par contrainte, toutes nos institutions de justice et de police, et avant tout l'armée, soient abolis.
«Le printemps dernier, à l'examen religieux d'un institut de jeunes filles, à Moscou, l'instructeur religieux d'abord, puis l'archevêque qui y assistait ont interrogé les fillettes sur les Dix Commandements, et principalement sur le Cinquième: «_Tu ne tueras point!_» Quand la réponse était juste, l'archevêque ajoutait souvent cette autre question: «_Est-il toujours et dans tous les cas défendu de tuer par la loi de Dieu?_» Et les pauvres filles, perverties par les professeurs, devaient répondre et répondaient: «--_Non, pas toujours. Car dans la guerre et pour les exécutions, il est permis de tuer._»--Cependant une de ces malheureuses créatures (ceci m'a été raconté par un témoin oculaire) ayant reçu la question coutumière: «--_Le meurtre est-il toujours un péché?_»--rougit et répondit, émue et décidée: «--_Toujours!_» Et à tous les sophismes de l'archevêque elle répliqua, inébranlable, qu'il était interdit toujours, dans tous les cas, de tuer,--et cela déjà par le Vieux Testament: quant au Christ, il n'a pas seulement défendu de tuer, mais de faire du mal à son prochain. Malgré toute sa majesté et son habileté oratoire, l'archevêque eut la bouche fermée, et la jeune fille l'emporta.
«Oui, nous pouvons bavarder, dans nos journaux, sur le progrès de l'aviation, les complications de la diplomatie, les clubs, les découvertes, les soi-disant oeuvres d'art, et passer sous silence ce qu'a dit cette jeune fille! Mais nous ne pouvons pas en étouffer la pensée, car tout homme chrétien sent comme elle plus ou moins obscurément. Le socialisme, l'anarchisme, l'Armée du Salut, la criminalité croissante, le chômage, le luxe monstrueux des riches, qui ne cesse d'augmenter, et la noire misère des pauvres, la terrible progression des suicides, tout cet état de choses témoigne de la contradiction intérieure, qui doit être et qui sera résolue. Résolue, vraisemblablement, dans le sens de la reconnaissance de la loi d'amour et de la condamnation de tout emploi de la violence. C'est pourquoi votre activité, au Transvaal, qui semble pour nous au bout du monde, se trouve cependant au centre de nos intérêts; et elle est la plus importante de toutes celles d'aujourd'hui sur la terre; non seulement les peuples chrétiens, mais tous les peuples du monde y prendront part.
«Il vous sera sans doute agréable d'apprendre que chez nous aussi, en Russie, une agitation pareille se développe rapidement, et que les refus de service militaire augmentent d'année en année. Quelque faible que soit encore chez vous le nombre des Non-Résistants et chez nous celui des réfractaires, les uns et les autres peuvent se dire: «Dieu est avec nous. Et Dieu est plus puissant que les hommes.»
«Dans la profession de foi chrétienne, même sous la forme de christianisme perverti qui nous est enseigné, et dans la croyance simultanée à la nécessité d'armées et d'armements pour les énormes boucheries de la guerre, il existe une contradiction si criante qu'elle doit, tôt ou tard, probablement très tôt, se manifester dans toute sa nudité. Alors il faudra ou bien anéantir la religion chrétienne, sans laquelle pourtant, le pouvoir des États ne pourrait se maintenir, ou bien supprimer l'armée et renoncer à tout emploi de la force, qui n'est pas moins nécessaire aux États. Cette contradiction est sentie par tous les gouvernements, aussi bien par le vôtre Britannique que par le nôtre Russe; et, par esprit de conservation, ils poursuivent ceux qui la dévoilent, avec plus d'énergie que toute autre activité ennemie de l'État. Nous l'avons vu en Russie, et nous le voyons par ce que publie votre journal. Les gouvernements savent bien d'où le danger le plus grave les menace, et ce ne sont pas seulement leurs intérêts qu'ils protègent ainsi avec vigilance. Ils savent qu'ils combattent pour l'être ou le ne-plus-être.
«LÉON TOLSTOY.»
LISTE CHRONOLOGIQUE DES OEUVRES DE TOLSTOY[368]
1852
L'Enfance (1851-2).--L'Incursion.--Les Cosaques (terminé en 1862).
1853
Le Journal d'un marqueur.
1854
L'Adolescence.--La Coupe en forêt.
1855
Sébastopol en décembre 1854.--Sébastopol en mai 1855.--Sébastopol en août 1855.
1856
Deux hussards.--Une tourmente de neige.--Une rencontre au détachement.--La matinée d'un seigneur.--Adolescence.
1857
Albert.--Lucerne.
1858
Trois morts.
1859
Bonheur conjugal.
1860
Polikouchka.
1861
Le fileur de lin.
1862
Sur l'instruction du peuple.--Méthodes pour apprendre à lire et à écrire.--Projet d'un plan général pour les Écoles élémentaires.--Éducation et Instruction.--Progrès et définition de l'instruction.--Qui doit enseigner à écrire.--L'école d'Iasnaïa Poliana en novembre et décembre.--Sur la libre initiative et le développement des écoles du peuple.--Sur l'activité sociale dans le domaine de l'instruction du peuple.--Tikhon et Malanya (oeuvres posthumes).--Idylle.
1863
Les Décembristes (extraits d'un roman projeté).
1864-1869
Guerre et Paix.
1872
Syllabaire (Traductions de fables d'Ésope, Hindoues, américaines, etc., contes de fées, récits de physique, zoologie, botanique, histoire; nouvelles (Le prisonnier du Caucase, Dieu voit la vérité); courtes histoires; poèmes épiques; arithmétique; notes et guide pour le maître).
Les deux voyageurs (oeuvres posthumes).
1873
Au sujet de la famine de Samara (Lettre à l'éditeur de «Moscow Vedomosty»).
1874
Sur l'instruction du peuple. (Lettre à J. U. Shatiloff).--Rapport au Comité littéraire de Moscou.
1875
Nouveau Syllabaire. Quatre livres russes de lecture.--Quatre vieux livres slaves de lecture.
1876
Anna Karenine (1873-1876).
1878
Premiers souvenirs (fragment).--Les Décembristes (second fragment).--Les Décembristes (troisième fragment).
1879
Qui suis-je? (archives Tchertkoff).--Les Confessions (addition en 1882).
1880
Critique de la Théologie dogmatique.--Chapitres d'une nouvelle du temps de Pierre Ier.--Défense d'une petite fille.--En essayant une plume.--Comment meurt l'amour.--Commencement d'un conte fantastique.--Sur Rousseau.--Oasis.--Un cosaque fugitif.
1881
Concordance et traduction des Quatre Évangiles.--Abrégé de l'Évangile.--De quoi vivent les hommes.
1882
L'Église et l'État.--La Non-Résistance au mal.--Article sur le recensement.
1884
En quoi consiste ma Foi (Ma Religion).--Préface à l'oeuvre de Bondareff: «Le triomphe de l'agriculteur, ou le travail et la paresse.»--Le journal d'un fou.
1885
Légendes pour l'imagerie populaire: (Les deux frères et l'or; Les petites filles plus sages que les vieux; L'ennemi résiste, mais Dieu persiste; Les trois ermites; Tentation du Christ; Souffrances du Christ; Ilias; Comment un diablotin racheta un morceau de pain; Le pécheur repentant; Le fils de Dieu; Pour une peinture de la Cène; Histoire d'Ivan l'Imbécile).
Récits populaires: (Les deux vieillards; Le cierge; Où l'amour est, Dieu est; Laisse le feu flamber, tu ne pourras l'éteindre).
L'enseignement des douze apôtres.--Socrate.--La vie de Pierre le Publicain.--Pietr Hlebnik (Scènes dramatiques).
1886
La Puissance des Ténèbres.--La mort d'Ivan Iliitch.--Que devons-nous faire?--Que sommes-nous?--Le premier bouilleur.--Légendes pour l'imagerie populaire: (Faut-il beaucoup de terre pour un homme?--Un grain gros comme un oeuf de poule).--Nicolas Palkine.--Calendrier avec proverbes.--Sur la charité.--Sur la foi.--Sur la lutte contre le mal (lettre à un Révolutionnaire).--Sur la religion.--Sur les femmes.--A la jeunesse.--Le royaume de Dieu (fragment).--Préface à une collection «Florilège».--Ægée (scènes dramatiques).
1887
De la vie.--Sur le sens de la vie (Rapport lu devant la Société de Psychologie de Moscou).--Sur la vie et la mort (Lettre à Tchertkoff).--Marchez pendant que vous avez la lumière.--Entretiens de gens qui ont des loisirs (Introduction à la nouvelle précédente).--L'ouvrier Emelian et le tambour vide.--Les trois fils (parabole).--Pour le tableau de Makovsky: «l'Acquitté.»--Le travail manuel et l'activité intellectuelle (Lettre à Romain Rolland).
1888
Sur Gogol (article non terminé).
1889
Le Diable (oeuvres posthumes).--Histoire d'une ruche.--La Sonate à Kreutzer.--Sur l'amour de Dieu et du prochain.--Appel aux hommes-frères.--Sur l'Art (à propos de la conférence de Goltsev: La beauté dans l'art).--Les Fruits de l'instruction (comédie).--Il est temps de se ressaisir.--Préface à l'oeuvre de Yershoff: «Souvenirs de Sébastopol».--La fête des lumières en janv. 12.
1890
Pourquoi les hommes s'étourdissent-ils?--«Quarante ans», légende de Kostomaroff.--Postface à la Sonate à Kreutzer.--Sur Bondareff.--Sur les relations entre les sexes.--Sur le projet d'Henry George.--Mémoires d'un chrétien.--Vies des Saints.--Première épître de Jean.--«Notre Père», annoté.--La sagesse chinoise (Grand enseignement; Livre de la Voie de la Vérité).--Seulement le bien-être pour tous.--Il vivait dans un village un homme nommé Nicolas.--Préface à l'oeuvre de Tchertkoff: «Un mauvais divertissement.»--Sur le suicide («Ce que signifie cet étrange phénomène»).
1891
Mémoires d'une mère (OEuvres posthumes).--«Ça coûte cher» (d'après Maupassant).--Sur la Famine.--Sur ce qui est l'Art et ce qui n'est pas l'Art; quand l'Art est une chose importante, et quand il est une chose inutile (fragment).--Sur les tribunaux (oeuvres posthumes).--Le premier échelon.--Un horloger.--Une terrible question.--«Le Café de Surate» (d'après Bernardin de Saint-Pierre).--Sur les moyens de venir en aide à la population, au cas de mauvaise récolte.
1892
Aide à ceux qui sont frappés par la famine.--Chez ceux qui sont dans le besoin (Deux articles).--Rapport sur les secours à ceux qui sont frappés par la famine.--Sur la Raison et la Religion (lettre au baron Rosen).--Lettre sur le Karma.--«Françoise» (d'après Maupassant).
1893
Rapports sur les secours à ceux qui sont frappés par la famine.--Le Salut est en vous (Le Royaume de Dieu est en vous) (1891-3).--Christianisme et service militaire (Chapitre éliminé par la censure de «Le Royaume de Dieu est en vous»).--La Religion et la Morale.--Le Non-Agir.--Ce que veut l'amour.--Préface au Journal d'Amiel.--L'esprit chrétien et le patriotisme.--Sur la question du Libre-Arbitre.
1894