Part 7
[80] Voir sur _la Dernière maladie et la mort de Beethoven_ un article du Dʳ Klotz-Forest, dans la _Chronique médicale_ du 1ᵉʳ et du 15 avril 1906.--On a des renseignements assez précis par les _Cahiers de conversation_, où sont inscrites les questions du docteur, et par le récit du docteur lui-même (Dʳ Wawruch), paru, sous le titre de: _Aerztlicher Rückblick auf L. V. B. letzte Lebenstage_ dans la _Wiener Zeitschrift_ en 1842 (daté du 20 mai 1827).
Il y eut deux phases dans la maladie: 1º des accidents pulmonaires, qui semblèrent arrêtés après six jours. «Le septième jour, il se sentit assez bien pour se lever, marcher, lire et écrire»;--2º des troubles digestifs, compliqués de troubles de circulation. «Le huitième jour, je le trouvai défait, le corps tout jaune. Un violent accès de diarrhée, compliquée de vomissements, avait failli le tuer dans la nuit.» A partir de ce moment, l’hydropisie se développa.
Cette rechute eut des causes morales, qui sont mal connues. «Une violente colère, une souffrance profonde, causée par l’ingratitude dont il avait souffert, et une injure imméritée, avaient occasionné cette explosion, dit le Dʳ Wawruch. Tremblant et frissonnant, il était courbé par la douleur qui déchirait ses entrailles.»
Résumant ces diverses observations, le Dʳ Klotz-Forest diagnostique, après une attaque de congestion pulmonaire, la cirrhose atrophique de Laënnec (maladie de foie), avec ascite, et œdème des membres inférieurs. Il croit que l’usage immodéré des boissons spiritueuses y contribua. C’était déjà l’avis du Dʳ Malfatti: «_Sedebat et bibebat_».
[81] Les Souvenirs du chanteur Ludwig Cramolini, qui viennent d’être publiés, racontent une émouvante visite à Beethoven, pendant sa dernière maladie, où Beethoven se montra d’une sérénité et d’une bonté touchantes. (Voir la _Frankfurter Zeitung_ du 29 septembre 1907.)
[82] Les opérations eurent lieu le 20 décembre, le 8 janvier, le 2 février, et le 27 février.--Le pauvre homme, sur son lit de mort, était rongé par les punaises. (Lettre de Gerhard von Breuning.)
[83] Le jeune musicien Anselm Hüttenbrenner.
«Dieu soit loué!» écrit Breuning. «Remercions-le d’avoir mis fin à ce long et douloureux martyre.»
Tous les manuscrits, livres et meubles de Beethoven furent vendus aux enchères pour 1 575 florins. Le catalogue comprenait 252 numéros de manuscrits et de livres musicaux, qui ne dépassèrent pas la somme de 982 florins 37 kreutzer. Les _Cahiers de conversation_ et les _Tagebücher_ furent vendus 1 florin 20 kreutzer.--Parmi ses livres, Beethoven possédait: Kant, _Naturgeschichte und Theorie des Himmels_;--Bode, _Anleitung zur Kenntnis des gestirnten Himmels_;--Thomas von Kempis, _Nachfolge Christi_.--La censure mit la main sur: Seume, _Spaziergang nach Syrakus_;--Kotzebue, _Ueber den Adel_;--Fessler, _Ansichten von Religion und Kirchentum_.
[84] «Je suis heureux toutes les fois que je surmonte quelque chose.» (Lettre à l’Immortelle Aimée.)--«Je voudrais vivre mille fois la vie.... Je ne suis pas fait pour une vie tranquille.» (A Wegeler, 16 novembre 1801.)
[85] «Beethoven m’enseigna la science de la nature, et me dirigea dans cette étude comme dans celle de la musique. Ce n’étaient pas les lois de la nature, mais sa puissance élémentaire qui l’enchantait.» (Schindler.)
[86] «Oh! si belle est la vie; mais la mienne est pour toujours _empoisonnée_» (_vergiftet_). (Lettre du 2 mai 1810, à Wegeler.)
[87] Heiligenstadt est un faubourg de Vienne. Beethoven y était en séjour.
[88] Le nom a été oublié sur le manuscrit.
_N. B._--Les mots en italiques sont soulignés dans le texte.
[89] Je voudrais, à propos de cette douloureuse plainte, exprimer une remarque, qui, je crois, n’a jamais été faite.--On sait qu’à la fin du second morceau de la _Symphonie pastorale_, l’orchestre fait entendre le chant du rossignol, du coucou, et de la caille; et on peut dire d’ailleurs que la Symphonie presque tout entière est tissée de chants et de murmures de la Nature. Les esthéticiens ont beaucoup disserté sur la question de savoir si l’on devait ou non approuver ces essais de musique imitative. Aucun n’a remarqué que Beethoven n’imitait rien, puisqu’il n’entendait rien: il recréait dans son esprit un monde qui était mort pour lui. C’est ce qui rend si touchante cette évocation des oiseaux. Le seul moyen qui lui restât de les entendre, était de les faire chanter en lui.
[90] Probablement écrit en 1801.
[91] Stephan von Breuning.
[92] Zmeskall (?). Il était secrétaire aulique à Vienne, et resta dévoué à Beethoven.
[93] Op. 18, numéro 1.
[94] Nohl, dans son édition des _Lettres de Beethoven_, a supprimé les mots: _und den Schöpfer_ (et le Créateur).
[95] Éléonore.
[96] Il m’a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de donner les deux lettres suivantes, qui font connaître ces excellentes gens, les plus fidèles amis de Beethoven. Aux amis, on juge l’homme.
[97] On remarquera que les amis de ce temps, même quand ils s’aimaient le mieux, étaient d’une affection moins impatiente que la nôtre. Beethoven répond à Wegeler _dix mois_ après sa lettre.
[98] Beethoven ne se doutait pas qu’il écrivait alors sa dernière œuvre: le second _finale_ de son quatuor op. 130. Il était chez son frère, à Gneixendorf, près de Krems, sur le Danube.
[99] Duc de la Châtre.
[100] Beethoven, près de manquer d’argent, s’était adressé à la Société philharmonique de Londres, et à Moscheles, alors en Angleterre, pour tâcher d’organiser un concert à son bénéfice. La Société eut la générosité de lui envoyer aussitôt cent livres sterling comme acompte. Il en fut ému jusqu’au fond du cœur. «C’était un spectacle déchirant, dit un ami, de le voir, au reçu de cette lettre, joignant les mains, et sanglotant de joie et de reconnaissance.» Dans l’émotion, la blessure de sa plaie se rouvrit. Il voulut encore dicter une lettre de remerciements aux «nobles Anglais, qui avaient pris part à son triste sort»; il leur promettait une œuvre: sa Dixième Symphonie, une Ouverture, tout ce qu’ils voudraient. «Jamais encore, disait-il, je n’ai entrepris une œuvre avec autant d’amour, que je le ferai pour celle-ci.» Cette lettre est du 18 mars. Le 26 il était mort.
[101] En français dans le texte, sauf le dernier mot.
[102] «Le jeu de Beethoven, comme pianiste n’était pas correct, et sa manière de doigter était souvent fautive; la qualité du son était négligée. Mais qui pouvait songer à l’instrumentiste? On était absorbé par ses pensées, comme ses mains devaient les exprimer, de quelque manière que ce fût.» (Baron de Trémont, 1809.)
[103] Les mots soulignés, avec leur orthographe défectueuse, sont en français dans le texte.
Nous avons dit plus haut qu’à cette lettre Cherubini ne répondit jamais.