Part 5
Quel plaisir m’a fait ta lettre et celle de ta Lorchen, je ne puis pas l’exprimer. Certainement j’aurais dû te répondre aussitôt; mais je suis un peu négligent, surtout pour écrire, parce que je pense que les meilleures gens me connaissent sans cela. Dans ma tête je fais souvent la réponse; mais quand je veux la mettre par écrit, le plus souvent je jette ma plume au loin, parce que je ne suis pas en état d’écrire comme je sens. Je me souviens de toute l’affection que tu m’as toujours montrée, par exemple quand tu as fait blanchir ma chambre, et que tu m’as si agréablement surpris. Aussi de la famille Breuning. Qu’on se soit séparé les uns des autres, c’était dans le cours naturel des choses: chacun devait poursuivre le but qu’il s’était désigné, et chercher à l’atteindre; seuls les principes éternellement inébranlables du bien nous ont retenus toujours fermement unis ensemble. Malheureusement, je ne puis pas t’écrire aujourd’hui autant que je voudrais, parce que je suis alité....
J’ai toujours la silhouette de ta Lorchen; (je te le dis) pour que tu voies comme tout ce qu’il y a eu de bon et de cher dans ma jeunesse m’est toujours précieux.
... On dit chez moi: _Nulla dies sine linea_, et je laisse pourtant la muse dormir; mais c’est pour qu’elle se réveille plus forte ensuite. J’espère encore mettre au monde quelques grandes œuvres; et puis, comme un vieil enfant, je terminerai ma carrière terrestre parmi les braves gens[98].
... Parmi les marques d’honneur que j’ai reçues, et qui, je le sais, te feront plaisir, je t’annonce que j’ai reçu du roi de France défunt une médaille, avec l’inscription: _Donnée par le Roi à monsieur Beethoven_; elle était accompagnée d’un écrit très obligeant du _premier gentilhomme du Roi Duc de Châtres_[99].
Mon ami bien cher, contente-toi de ceci pour aujourd’hui. Le souvenir du passé me saisit, et ce n’est pas sans d’abondantes larmes que je t’envoie cette lettre. Ceci n’est qu’un commencement; bientôt tu recevras une nouvelle lettre; et plus tu m’écriras, plus tu me feras plaisir. Cela n’a pas besoin de se demander, quand on est amis comme nous le sommes. Adieu. Je te prie d’embrasser tendrement en mon nom ta chère Lorchen et tes enfants, et de penser à moi. Dieu soit avec vous tous!
Comme toujours ton fidèle vrai ami qui t’estime,
BEETHOVEN.
A WEGELER
Vienne, 17 février 1827.
IND Mon vieux et digne ami!
J’ai reçu heureusement de Breuning ta seconde lettre. Je suis encore trop faible pour y répondre; mais tu peux penser que tout ce que tu dis m’est bienvenu, et que je le désire. Pour ma convalescence, si je peux la nommer ainsi, cela va bien lentement encore; il est à présumer qu’il faut s’attendre à une quatrième opération, bien que les médecins n’en disent rien. Je prends patience et je pense: tout mal apporte avec lui quelque bien.... Combien de choses je voudrais te dire encore aujourd’hui! Mais je suis trop faible: je ne puis plus rien que t’embrasser dans mon cœur, toi et ta Lorchen. Avec vraie amitié et attachement à toi et aux tiens,
Ton vieux fidèle ami,
BEETHOVEN.
A MOSCHELES
Vienne, 14 mars 1827.
IND Mon cher Moscheles!
... Le 27 février, j’ai été opéré pour la quatrième fois; et maintenant se montrent de nouveau des indices certains que je dois bientôt m’attendre à une cinquième opération. Où tout cela aboutira-t-il, et qu’arrivera-t-il de moi, si cela dure encore quelque temps?--Vraiment c’est un dur lot que le mien. Mais je me remets en la volonté du destin, et je prie Dieu seulement qu’il veuille bien décider, dans sa divine volonté, qu’aussi longtemps que je dois souffrir la mort en vie, je sois à l’abri du besoin[100]. Cela me donnera la force de supporter mon lot, si dur et si terrible qu’il puisse être, avec résignation à la volonté du Très-Haut.
...Votre ami,
L. V. BEETHOVEN.
PENSÉES DE BEETHOVEN
SUR LA MUSIQUE
_Il n’y a pas de règle qu’on ne peut blesser à cause de_ SCHÖNER. («Plus beau[101]».)
* * * * *
La musique doit faire jaillir le feu de l’esprit des hommes.
* * * * *
La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie... Qui pénètre le sens de ma musique doit s’affranchir de toute la misère que traînent après eux les autres hommes.
(à BETTINA, 1810.)
* * * * *
Il n’y a rien de plus beau que de s’approcher de la divinité, et d’en répandre les rayons sur la race humaine.
* * * * *
Pourquoi j’écris?--Ce que j’ai dans le cœur, il faut que cela sorte; et c’est pour cela que j’écris.
* * * * *
Croyez-vous que je pense à un sacré violon, quand l’Esprit me parle, et que j’écris ce qu’il me dicte?
(A SCHUPPANZIGH.)
* * * * *
D’après ma façon habituelle de composer, même pour la musique instrumentale, j’ai toujours l’ensemble devant les yeux.
(A TREITSCHKE.)
* * * * *
Ecrire sans piano est nécessaire... Peu à peu naît la faculté de se représenter ce que nous désirons et sentons, qui est un besoin si essentiel aux nobles êtres.
(A l’archiduc RODOLPHE.)
* * * * *
Décrire appartient à la peinture. La poésie peut aussi, en cela, s’estimer heureuse, en comparaison de la musique; son domaine n’est pas aussi limité que le mien; mais, en revanche, le mien s’étend plus loin dans d’autres régions; et l’on ne peut pas atteindre si facilement mon empire.
(A WILHELM GERHARD.)
* * * * *
La liberté et le progrès sont le but dans l’art, comme dans la vie tout entière. Si nous ne sommes pas aussi solides que les maîtres anciens, le raffinement de la civilisation a du moins élargi bien des choses.
(A l’archiduc RODOLPHE.)
* * * * *
Je n’ai pas l’habitude de retoucher mes compositions (une fois terminées). Je ne l’ai jamais fait, pénétré de cette vérité, que tout changement partiel altère le caractère de la composition.
(A THOMSON.)
* * * * *
La pure musique d’église devrait être exécutée seulement par les voix, à part le _Gloria_, ou tel autre texte de ce genre. C’est pourquoi je préfère Palestrina; mais c’est une absurdité de l’imiter, sans posséder son esprit, ni ses conceptions religieuses.
(A l’organiste FREUDENBERG.)
* * * * *
Quand votre élève a, au piano, le doigté convenable, la mesure juste, et qu’il joue les notes assez exactement, attachez-vous seulement au style, ne l’arrêtez pas à de petites fautes, ne les lui faites remarquer qu’à la fin du morceau.--Cette méthode forme des _musiciens_, ce qui, après tout, est un des premiers buts de l’art musical.... Pour les passages (de virtuosité), faites-lui employer tour à tour tous les doigts.... Sans doute, en employant moins de doigts, on obtient un jeu «perlé», comme on dit, ou «comme une perle»; mais on aime mieux parfois d’autres bijoux[102].
(A CZERNY.)
* * * * *
Parmi les anciens maîtres, seuls Haendel l’Allemand et Sébastien Bach eurent du génie.
(A l’archiduc RODOLPHE, 1819.)
* * * * *
Mon cœur bat tout entier pour le haut et grand art de Sébastien Bach, ce patriarche de l’harmonie (_dieses Urvaters der Harmonie_).
(A HOFMEISTER, 1801.)
* * * * *
En tout temps, j’ai été des plus grands admirateurs de Mozart, et je le resterai jusqu’à mon dernier souffle.
(A l’abbé STADLER, 1826.)
* * * * *
J’estime vos œuvres au-dessus de toutes les autres œuvres de théâtre. Je suis dans le ravissement, chaque fois que j’entends une nouvelle œuvre de vous, et j’y prends un intérêt plus grand qu’aux miennes propres: bref, je vous estime et je vous aime.... _Vous resterez tousjours celui de mes contemporains, que je l’estime le plus. Si vous mes voulez faire un estrême plaisir, c’étoit, si Vous m’écrivez quelques lignes, ce que me soulagera bien. L’art unit tout le monde_, combien plus les vrais artistes; _et peut-être Vous me dignez aussi_ de me compter de ce nombre[103].
(A CHERUBINI, 1823.)
SUR LA CRITIQUE
En ce qui me concerne comme artiste, on n’a jamais entendu dire que j’aie fait la moindre attention à tout ce qu’on a pu écrire sur moi.
(A SCHOTT, 1825.)
* * * * *
Je pense comme Voltaire «que quelques piqûres de mouches ne peuvent retenir un cheval dans sa course ardente».
(1826.)
* * * * *
Quant à ces imbéciles, il n’y a qu’à les laisser causer. Leur bavardage ne rendra certainement personne immortel, pas plus qu’il n’enlèvera l’immortalité à aucun de ceux à qui Apollon l’a destinée.
(1801.)
BIBLIOGRAPHIE
Si l’on désire mieux connaître Beethoven, on pourra recourir aux ouvrages et documents principaux, dont voici une liste sommaire:
I.--POUR LES LETTRES DE BEETHOVEN
LUDWIG NOHL.--_Briefe Beethovens_. 1865, Stuttgart.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Neue Briefe Beethovens._ 1867, Stuttgart.
* * * * *
LUDWIG RITTER VON KOECHEL.--_83 Original-Briefe L. V. B. an den Erzherzog Rudolph._ 1865, Vienne.
* * * * *
ALFRED SCHOENE.--_Briefe von Beethoven an Marie Graefin Erdoedy, geb. Graefin Niszky und Mag. Brauchle._ 1866, Leipzig.
* * * * *
THEODOR VON FRIMMEL.--_Neue Beethoveniana._ 1886.
_Katalog der mit der Beethoven-Feier zu Bonn, an 11-15 mai 1890 verbundenen Ausstellung von Handschriften, Briefen, Bildnissen, Reliquien Ludwig van Beethoven’s._ 1890, Bonn.
* * * * *
LA MARA.--_Musikerbriefe aus fünf Jahrhunderten._ 1892, Leipzig.
* * * * *
Dʳ A. CHRISTIAN KALISCHER.--_Neue Beethoven-Briefe._ 1902, Berlin et Leipzig.
* * * * *
Dʳ A. CHR. KALISCHER.--_Beethoven’s Sämmtliche Briefe_, Kritische Ausgabe mit Erlaüterungen. 1906-1908, 5 vol. Leipzig et Berlin.
* * * * *
Dʳ FRITZ PRELINGER.--_Beethovens Sämmtliche Briefe und Aufzeichnungen._ 1907, Vienne et Leipzig, 3 vol.
Un choix des lettres de Beethoven a été publié, en traduction française, avec introduction et notes de Jean Chantavoine, 1904, Paris.
II.--POUR LA VIE DE BEETHOVEN
GOTTFRIED FISCHER.--_Manuscrit_ (intéressant surtout pour l’enfance de Beethoven.--Fischer, mort à Bonn en 1864, était propriétaire de la maison, où vécurent deux générations de la famille Beethoven. Lui et sa sœur Cæcilia connurent intimement Beethoven enfant, et notèrent leurs souvenirs, qui sont précieux, à condition qu’on en use avec quelque critique.)--Le manuscrit est à la _Beethovenhaus_ de Bonn. DEITERS (voir plus loin) en a publié des extraits.
* * * * *
F.-G. WEGELER UND FERDINAND RIES.--_Biographische Notizen ueber Ludwig van Beethoven_ (surtout précieux pour la première moitié de sa vie). 1838, Coblentz. Traduction française 1862 (épuisé). Réimpression par Dʳ Kalischer 1905.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Eine stille Liebe zu Beethoven._ 1857, Berlin. (Publication du journal de Mlle Fanny Giannatasio del Rio, qui connut et aima Beethoven, vers 1816.)
* * * * *
ANTON SCHINDLER.--_Beethovens Biographie_, 1840. Traduction française 1866 (épuisé) (pour la seconde moitié de sa vie).
* * * * *
ANTON SCHINDLER.--_Beethoven in Paris._ 1842, Münster.
* * * * *
GERHARD VON BREUNING.--_Aus dem Schwarzspanierhause._ 1874. (La _Schwarzspanierhaus_ est la maison de Vienne où Beethoven est mort. Elle a été détruite pendant l’hiver de 1903.)
* * * * *
MOSCHELES.--_The life of Beethoven._ 2 vol. 1841, Londres.
* * * * *
ALEXANDER WHEELOCK THAYER (traduit de l’anglais en allemand et continué par HERMANN DEITERS, puis par HUGO RIEMANN).--_Ludwig van Beethovens Leben._ 5 volumes, 1908.
Commencé en 1866; interrompu par la mort de l’auteur, en 1897, à Trieste, où il était consul des États-Unis; l’ouvrage s’arrête à l’année 1816.--Deiters entreprit de le terminer; mais il mourut, à son tour, en 1907, avant d’avoir publié le second volume. M. H. Riemann acheva l’œuvre, avec les matériaux laissés par Deiters.--C’est de beaucoup l’œuvre la plus importante sur Beethoven.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Beethovens Leben._ 1864-1877. 4 volumes.
* * * * *
LUDWIG NOHL.--_Beethoven nach den Schilderungen seiner Zeitgenossen._ Stuttgart.
* * * * *
A.-B. MARX.--_L. van Beethovens Leben und Schaffen._ 1863, 2 volumes. 5ᵉ édition, remaniée par G. Behncke, 1902, Berlin.
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VICTOR WILDER.--_Beethoven, sa vie et son œuvre._ 1883.
* * * * *
MARIAM TENGER.--_Beethovens unsterbliche Geliebte._ 1890.
La valeur historique de ce livre a été quelquefois contestée. Mariam Tenger a été la confidente des dernières années de Thérèse. Il est vraisemblable que Thérèse, alors âgée, devait involontairement idéaliser ses souvenirs; mais le fond du récit paraît exact.
* * * * *
A. EHRHARD.--_Franz Grillparzer._ 1900.
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THEODOR VON FRIMMEL.--_Ludwig van Beethoven_ (dans la collection des _Berühmte Musiker_). 1901. Berlin.
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JEAN CHANTAVOINE.--_Beethoven_, 1907.
* * * * *
Dʳ ALFRED CHR.-KALISCHER.--_Beethoven und seine Zeitgenossen. Beiträge zur Geschichte des Künstlers und Menschen._ 4 vol. 1910.
Recueil de documents, du plus grand intérêt, sur tout le cercle d’amis et d’amies de Beethoven. Cette mine de renseignements renouvelle en partie la psychologie de Beethoven.
III.--POUR L’ŒUVRE DE BEETHOVEN
BEETHOVEN.--_Œuvres complètes_, grande édition critique, Breitkopf und Haertel, Leipzig, 38 volumes.
G. NOTTEBOHM.--_Thematisches Verzeichniss der im Druck erschienenen Werke von Ludwig van Beethoven_. 1868, Leipzig.
A.-W. THAYER.--_Chronologisches Verzeichniss der Werke v. B._ 1865, Berlin.
G. NOTTEBOHM.--_Ein Skizzenbuch von Beethoven._ 1865.
NOTTEBOHM.--_Ein Skizzenbuch von B. aus dem Jahre 1803._ 1880.
NOTTEBOHM.--_Beethovens Studien_. 1873.
NOTTEBOHM.--_Beethoveniana._--_Zweite Beethoveniana._ 1872-87.
GEORGE GROVE.--_Beethoven and his nine Symphonies._ 1896, Londres.
J.-G. PRODHOMME.--_Les symphonies de Beethoven_, 1906.
ALFREDO COLOMBANI.--_Le Nove Sinfonie di Beethoven._ 1897, Turin.
ERNST VON ELTERLEIN.--_B. Claviersonaten._ 5ᵉ édition, 1895.
WILLIBALD NAGEL.--_B. und seine Klaviersonaten_, 2 vol. 1903-1905.
SHEDLOCK.--_The pianoforte sonata._ 1900, Londres.
CH. CZERNY.--_Pianoforte-Schule_ (Quatrième partie, chapitres II, III).
THEODOR HELM.--_B. Streichquartette_, 1885.
H. DE CURZON.--_Les lieder et airs détachés de B._ 1906.
OTTO JAHN.--_Leonore_, Klavierauszug mit Text, nach der zweiten Bearbeitung, 1852.
Dʳ ERICH PRIEGER.--_Fidelio_, Klavierauszug mit Text, nach der ersten Bearbeitung, 1906.
WILHELM WEBER.--_B. Missa Solemnis._ 1897.
PROF. Dʳ RICHARD STERNFELD.--_Zur Einführung_ in L. _v. B. Missa Solemnis_.
IGNAZ VON SEYFRIED.--_L. V. B. Studien im Generalbass, Kontrapunkt, und in der Kompositions Lehre._ 1832.
W. DE LENZ.--_Beethoven et ses trois styles._ (Analyses des sonates de piano) (épuisé) 1854.
OULIBICHEFF.--_Beethoven, ses critiques et ses glossateurs_, 1857.
WASIELEWSKI.--_Beethoven._ 2 vol. 1886, Berlin.
R. SCHUMANN.--_Écrits sur la musique et les musiciens_, première série, traduction H. de Curzon, 1894.
RICHARD WAGNER.--_Beethoven_, 1870, Leipzig.
VINCENT D’INDY.--_Beethoven_, 1911.
L’œuvre musical de _Friedrich Wilhelm Rust_ (1739-1796), de Dessau, récemment retrouvé, grâce aux publications qu’un de ses petits-fils a faites de quelques-unes de ses sonates, est utile à connaître, pour qui veut étudier la formation du génie musical de Beethoven. Le plus jeune fils de Rust, Wilhelm-Carl, vécut à Vienne, de 1807 à 1827, et fut en relations avec Beethoven. _Rust, Charles-Philippe-Emmanuel Bach_, et les symphonistes de Mannheim ont été les vrais précurseurs de Beethoven.--Voir Hugo Riemann: _Beethoven und die Mannheimer_ (_Die Musik_, 1907-8).
Il y a aussi intérêt à connaître les _lieder_ de _Neefe_ (1748-1799), déjà tout beethovéniens, et nos musiciens de la Révolution, notamment Cherubini, dont le style, en certaines de ses compositions religieuses et dramatiques, a parfois servi de modèle à Beethoven.
IV.--PORTRAITS DE BEETHOVEN
1789.--_Silhouette de Beethoven à dix-huit ans._ [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans la biographie de Frimmel, page 16.]
1791-2.--_Miniature de Beethoven_, par GERHARD VON KUGELGEN. [Appartient à Georg Henschel, Londres; reproduit dans le _Musical Times_ du 15 décembre 92, page 8.]
1801.--_Dessin de G. Stainhauser_, gravé par JOHANN NEIDL. [Reproduit dans Félix Clément: _Les Musiciens célèbres_, 1878, page 267;--Frimmel, page 28.]
1802.--_Gravure de Scheffner_, d’après STAINHAUSER. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans _die Musik_ du 15 mars 1902, page 1145.]
1802.--_Miniature de Beethoven_, par CHRISTIAN HORNEMANN. [Appartient à Mme de Breuning, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 31.]
1805.--_Portrait de Beethoven_, par W.-J. MAEHLER. [Appartient à Robert Heimler, Vienne; reproduit dans le _Musical Times_, page 7; Frimmel, page 34.]
1808.--_Dessin de L.-F. Schnorr de Carolsfeld_, lithographié par J. BAUER. [Maison de Beethoven, à Bonn.]
1812.--_Masque de Beethoven_, moulé par FRANZ KLEIN.
1812.--_Buste de Beethoven_, par FRANZ KLEIN, d’après le masque. [Appartient au fabricant de pianos E. Streicher, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 46;--_Musical Times_, page 19.]
1814.--_Dessin de L. Letronne_, gravé par BLASIUS HOEFEL. [Le plus beau portrait de Beethoven; la maison de Beethoven, à Bonn, possède l’exemplaire qu’il offrit à Wegeler; reproduit dans Frimmel, page 51;--_Musical Times_, page 21.]
1815.--_Dessin de L. Letronne_, gravé par Riedel. [Reproduit dans _die Musik_, page 1147.]
1815.--_Deuxième portrait de Beethoven_, par MAEHLER. [Appartient à Ign. von Gleichenstein, Fribourg-en-Brisgau. Reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]
1815.--_Portrait de Beethoven_, par CHRISTIAN HECKEL. [Appartient à J.-F. Heckel, Mannheim; reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]
1818.--_Gravure d’après le dessin de Beethoven_, par AUG. VON KLOEBER. [Reproduit dans le _Musical Times_, page 25.]--Le dessin original de Klœber est dans la collection du Dʳ Erich Prieger, à Bonn.
1819.--_Portrait de Beethoven_, par FERDINAND SCHIMON. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans _die Musik_, page 1149;--Frimmel, page 63;--_Musical Times_, page 29.]
1819.--_Portrait de Beethoven_, par K.-JOSEPH STIELER. [Appartient à Alex. Meyer Cohn, Berlin; reproduit dans Frimmel, page 71.]
1821.--_Buste de Beethoven_, par ANTON DIETRICH. [Appartient à Léopold Schrœtter de Kristelli;] reproduction dans la maison de Beethoven, à Bonn.
1824-6.--_Dessins-caricatures de Beethoven se promenant_, par J.-P. LYSER. [Originaux à la _Gesellschaft der Musikfreunde_, Vienne; reproduits dans Frimmel, page 67;--_Musical Times_, page 15.]
1823.--_Dessins-caricatures de Beethoven se promenant_, par JOS. VAN BOEHM. [Reproduits dans Frimmel, page 70.]
1823.--_Portrait de Beethoven_, par WALDMUELLER. [Appartient à Breitkopf et Hærtel, Leipzig; reproduit dans Frimmel, page 72.]
1825-6.--_Dessin de Beethoven_, par STEFAN DECKER. [Appartient à Georg Decker, Vienne; reproductions à la maison de Beethoven, à Bonn.]
1826.--_Dessin de B._ par A. Dietrich, lithographié par JOS. KRIEHUBER. [Reproduit dans Frimmel, page 73.]
1826.--_Buste de Beethoven à l’antique_, par SCHALLER. [Appartient à la Société philharmonique de Londres; copie à la maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans Frimmel, page 74, et dans le _Musical Times_.]
1827.--_Esquisse de Beethoven sur son lit de mort_, par JOS. DANHAUSER. [Appartient à A. Artaria, Vienne; reproduit dans l’_Allgemeine Musik-Zeitung_, du 19 avril 1901.]
1827.--_Trois esquisses de Beethoven sur son lit de mort_, par TELTSCHER. [Appartiennent au Dʳ Aug. Heymann; publiées par Frimmel; reproduites dans le _Courrier musical_, du 15 novembre 1909.]
1827.--_Masque de Beethoven mort_, moulé par DANHAUSER. [Maison de Beethoven, à Bonn.]
De nombreux portraits de Beethoven ont été faits depuis sa mort. L’œuvre la plus remarquable qui lui ait été consacrée est le monument de Max Klinger (Vienne, 1902).
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE v
BEETHOVEN 3
LETTRES
BEETHOVEN.--_Testament d’Heiligenstadt_ pour mes frères Carl et (Johann) Beethoven, _Heiligenstadt, le 6 octobre 1802_ 85
Au pasteur Amenda, en Courlande, _probablement écrit en 1801_ 97
Au docteur Franz Gerhard Wegeler, _Vienne, 29 juin_ (_1801_) 102
A Wegeler, _Vienne, 16 novembre 1801_ 110
Lettre de Wegeler et d’Éléonore von Breuning à Beethoven:
Lettre de Wegeler, _Coblentz, 28 décembre 1825_ 115
Lettre d’Éléonore Wegeler, _Coblentz, 29 décembre 1825_ 119
Beethoven à Wegeler, _Vienne, 7 octobre 1826_ 123
A Wegeler, _Vienne, 17 février 1827_ 127
A Moscheles, _Vienne, 14 mars 1827_ 129
PENSÉES
Sur la musique 133
Sur la critique 141
BIBLIOGRAPHIE
Pour les lettres de Beethoven 145
Pour la vie de Beethoven 147
Pour l’œuvre de Beethoven 150
Portraits de Beethoven 154
811-14.--Coulommiers. Imp. PAUL BRODARD.--P7-14.
NOTES:
[1] J. Russel (1822).--Charles Czerny, enfant, qui le vit en 1801, avec une barbe de plusieurs jours et une crinière sauvage, vêtu d’un veston et d’un pantalon en poil de chèvre, crut rencontrer Robinson Crusoé.
[2] Note du peintre Kloeber, qui fit son portrait vers 1818.
[3] «Ses beaux yeux parlants, dit le docteur W.-C. Müller, tantôt gracieux et tendres, tantôt égarés, menaçants et terribles» (1820).
[4] Kloeber dit: «d’Ossian». Tous ces détails sont empruntés aux notes d’amis de Beethoven, ou de voyageurs qui le virent,--tels que Czerny, Moscheles, Kloeber, Daniel Amadeus Atterbohm, W.-C. Müller, J. Russel, Julius Benedict, Rochlitz, etc.
[5] Le grand-père Ludwig, l’homme le plus remarquable de la famille, celui à qui Beethoven ressemblait le plus, était né à Anvers, et ne s’établit que vers sa vingtième année à Bonn, où il devint maître de chapelle du prince-électeur.--Il ne faut pas oublier ce fait, si l’on veut comprendre l’indépendance fougueuse de la nature de Beethoven, et tant de traits de son caractère qui ne sont pas proprement allemands.
[6] Lettre au docteur Schade, à Augsbourg, 15 septembre 1787 (Nohl, _Lettres de Beethoven_, II).
[7] Il disait plus tard (en 1816): «C’est un pauvre homme, celui qui ne sait pas mourir! Quand je n’avais que quinze ans, je le savais déjà.»
[8] Nous citons aux _textes_ quelques-unes de ces lettres.
Beethoven trouva aussi un ami et un guide en l’excellent Christian-Gottlob Neefe, son maître, dont la noblesse morale n’eut pas moins d’influence sur lui que la largeur de son intelligence artistique.
[9] A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).
[10] Il y avait déjà fait un court voyage, au printemps de 1787. Il vit alors Mozart, qui semble avoir fait peu attention à lui.