Variétés Historiques et Littéraires (10/10) Recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers

ici. Quelques années après, Messieurs de la taverne

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relevoient si bien la tête, qu'un anonyme croyoit bon de publier en leur nom une très-curieuse requête: _Les justes plaintes faites au roy par les cabaretiers de la ville de Paris sur la confusion des carrosses qui y sont et de l'incommodité qu'en reçoit le public_, par le sieur D. L. P., 1625, in-8.--Sous Louis XIV, il y eut aussi plus d'un édit de tempérance. Ainsi, par un règlement de 1666, les cabarets durent être fermés à six heures, depuis le 1er novembre jusqu'à Pâques, et à neuf heures dans les autres saisons. En 1705, les suisses et portiers des maisons et hôtels «vendant vin en gros ou en détail, soit à pot ou à assiette», reçurent, par arrêt du conseil, l'ordre de cesser ce commerce, mais n'en tinrent compte, à ce qu'il paroît, car, sur la demande des cabaretiers eux-mêmes, pour qui c'étoit une préjudiciable concurrence, il fallut le réitérer plus tard par un autre arrêt du 15 mars 1737. Voltaire, dans sa lettre à madame de Bernière, du 28 novembre 1723, a parlé de ce commerce que les suisses faisoient à la porte des hôtels: «Vous avez, lui dit-il, un suisse qui ne s'est pas attaché à votre service pour vous plaire, mais pour vendre à votre porte de mauvais vins à tous les porteurs d'eau qui viennent ici tous les jours faire de votre maison un méchant cabaret.» Il y a encore dans beaucoup de villes de l'étranger des _pensions suisses_. Leur nom vient de cet usage, qui disparut à la Révolution avec les suisses des hôtels.]

Ce n'est pas d'aujourd'huy que la prudence des hommes a esté surmontée par la force du vin, que le vin a rendu leurs actions ridicules, leur a faict perdre leur fortune, et leur a servy de honte et d'infamie.

Noé n'eust si tost cultivé, ou plustot pressuré le raisin, que ses enfans, se riant de son insolence inacoutumée, il ne payast luy mesme le tribut de son ouvrage.

Comme le vipère donne l'estre à celuy qui luy donne la mort, ainsi Noé mist le vin au pouvoir et en la cognoissance des hommes, lequel pourtant fut cause de la mauvaise opinion que ses enfans eurent de son yvresse.

Ce n'est pas assez à l'homme de n'offencer en public, ou plus tost de ne recevoir le chastiment de ses offences, mais de ne servir de mauvais exemple à ceux auquel il doit servir d'instruction et d'enseignement.

Le vin traisne après luy force autres vices, et Dieu ne seroit tant offencé si les hommes n'estoient commandez du vin.

Ésaü resina[234] follement sa primogeniture à son frère pour des lentilles; je croy que la faim ne luy fit pas faire ceste faute, qu'il ne fust prevenu du vin.

[Note 234: Pour _résigna_, _céda_. C'est l'ancienne forme du mot. V. _Ancien théâtre_, t. II, p. 52; III, p. 129.]

Le roy des Caldéens voulut forcer la femme d'Abraham, après estre assoupy de vin, et le lendemain il luy demanda pardon de l'offence qu'il luy avoit voulu faire, et tança mesme ses porte-poulets de luy avoir mis cest amour en teste.

David fit tuer Urie après avoir festiné avec Bersabée, et fit pénitence de la faute qu'il avoit commise.

Herode fit trencher la teste à S. Jean-Baptiste, enyvré de vin et passionné des beautez de sa soeur. Laissons l'Ecriture à part; venons chez les payens, lesquels ne se debordoient qu'ez jours des baccanalles, autrement de la feste de Bacchus, où, suffoquez de vin, ils n'avoient autre Dieu que leur desbauche, ny autre vertu que leur desordre. Il est vray que les femmes estoient les premières à ceste feste, où maintenant les hommes seuls font sacrifice à Bacchus; je ne sçay si quelque femme y sacrifie aussi.

Alexandre eust laissé une plus grande estime de sa personne s'il ne se fust laissé emporter par le vin, et s'il a eu de la gloire d'avoir esté continent à l'endroit des femmes et des filles de Darius, il estoit tellement assoupy de vin, qu'il estoit incapable d'amour.

Les Lacedemoniens, pour faire haïr l'yvresse à leurs enfans, faisoient ennyvrer leurs valets, afin qu'ayant leur insolence à contre-coeur, ils eussent la sobriété en plus grande recommandation; mais les hommes de maintenant ne se contentent pas seulement de servir de risée au public, mais encor de mauvais exemple à leur postérité, et bien que tous n'ayent les crochets, si ont-ils les bastions des crocheteurs ou le rouleau des patissiers pour endurcir le dos de leur femme.

Vous ne voyez pas tant de casse-museaux[235] chez les patissiers que chez les yvrongnes, ny tant d'oeufs pochez au beurre noir aux cabarets que d'yeux pochez chez ceux qui font gloire et coustume de les frequenter.

[Note 235: C'étoit une espèce de petits choux fort délicats, faits d'une pâte molle, et qui par conséquent n'étoient appelés casse-museaux que par antiphrase. Peut-être avoit-on dit d'abord _cache-museaux_ parce que la figure de celui qui en mangeoit s'y perdoit dans la pâte. Au XVIe siècle, c'étoit déjà une friandise fort goûtée. Dans la _Farce nouvelle, très-bonne et très-récréative pour rire des Cris de Paris_, le Sot crie entre autres chose:

Casse-museaulx Chaulx, casse-museaulx chaulx.

(_Ancien théâtre_, t. II, p. 213.)]

Les femmes auront, les unes des cotillons de taffetas ou si gras ou si deschirez qu'elles auront honte de les porter, cependant que leur petit ordinaire ira; les maris iront aux champs, aux jeux de boules et billars, et souvent à des lieux infames, despencer en un jour ce qui suffirait à leur mesnage pour un mois.

Jadis Marc-Anthoine, voyant son armée fatiguée, et pour l'aspreté des chemins, et pour la soif insuportable qu'elle enduroit, ne voulut boire, afin qu'à son modelle tous les soldats prinssent patience. Messieurs de la police, voyant le desordre de tant de desbauchez, et les mauvais mesnages des yvrongnes à l'endroit de leurs femmes, ont tary ceste fontaine, c'est-à dire ont deffendu les tavernes, afin que chacun soit content de son ordinaire.

Ils ne beuvaient verres de vin qu'ils ne tirassent autant de larmes de yeux de leurs femmes et de leurs enfans, lesquels marquez à la teste et au visage sçavoient mieux les forces des bras de leurs maris et de leurs pères que celle du vin, encores que le vin surmontant l'homme, il soit surmonté de la femme et la femme des blandices de ses enfans.

Encores entre les Allemans, les Bretons, les Flamans et les Anglois, les femmes vont à la taverne avec leur mary, où elles les empeschent de s'ennyvrer, ou elles les assoupissent; de sorte qu'ils ont plus envie de dormir que de frapper, et sans autre cérémonie, vont le lendemain prendre du poil de la beste. Mais les François et les estrangers francisez n'esloignent leurs maisons que pour estre esloignez de leurs femmes, afin d'avoir la liberté du vin et de ce qui peut rire à leurs desbauches.

Vous en verrez une brigade de trois, de quatre, de plusieurs quelquefois: les uns iront à la taverne par rencontre, et pour cela n'en traicteront pas mal leurs femmes; les autres en feront coustume, pour n'estre point coustumiers d'avoir la paix à leur logis. A leur retour, toutes choses les mieux faictes leur sembleront des imperfections, et fonderont le subject de leur noise sur une escuelle renversée, ou sur une serviette pliée de travers.

A ce coup, mes commaires, rejouyssons-nous; M. Martin viendra bien chez nous, mais baston[236] ny sera pas; il sera dans les tavernes, ou bien au Chastellet pour arrondir les espaules des yvrongnes.

[Note 236: Depuis longtemps déjà Martin-bâton étoit connu dans les ménages, où, comme tiers, il prenoit haut la parole à chaque dispute. Dans la _Farce du Badin_ (_Anc. th._, t. I, p. 278), celui-ci dit, à propos d'une femme fourbe:

Si elle te triche, voicy Martin-baston qu'en fera La raison.

Si _Martin_ étoit le bâton, _Martine_ étoit l'épée. «Quiconque, fait dire Brantôme au vieux capitaine piémontais de ses _Rodomontades espagnolles_, quiconque aura affaire à moy, il faut qu'il ait affaire à _Martine_ que me voylà au costé.» _Oeuvres_, édit. du Panthéon, t. II, p. 16.]

Nos marys ne craignent pas cela, ils ont des retraictes particulières, plus dangereuses que les tavernes. Jean, il n'y a pas longtemps que nous sommes mariées, nous serions bien marries qu'ils suyvissent la piste des autres; il vaut mieux qu'ils aillent aux champs, nous en serons plus libres que de hanter ainsi ces diseurs de collibets qui les font devenir méchans. Esjouyssons-nous que les tavernes soient fermées, et qu'on aille quérir à pot et à pinte[237] nous en boirons nostre part, et cognoistrons la beste qui nous fait tant de peine[238].

[Note 237: Les défenses contre les tavernes n'atteignoient pas les marchands de vin qui vendoient à pot, et que l'on n'avoit jamais confondus avec les cabaretiers. «Les marchands de vin, écrivoit Colbert le 16 octobre 1681 à M. de Mirosménil, qui n'avoit pas à ce propos fait exécuter comme il convenoit le règlement des Aydes dans la ville de Vitry, les marchands de vin ne peuvent vendre en détail qu'à huis coupé et pot renversé, et les taverniers et cabaretiers peuvent vendre du vin, donner à manger ou souffrir que l'on mange dans leur maison.» _Corresp. administ. de Louis XIV_, t. III, p. 290.]

[Note 238: Dans la pièce rouennoise du XVIe siècle que nous avons citée en commençant, les femmes se réjouissent aussi de ce que désormais, vu la défense de boire ailleurs qu'au logis, elles auront leur part à la ripaille:

Si un voisin avec son familier Se veut esbattre, ainsy que de raison, Il est contraint de boire en sa maison Et d'envoyer querir du vin à pot. Par ce moyen, en tout temps et saison, Femme et enfant ont leur part à l'escot.]

Un certain poëte s'estrangla d'un pépin de raisin: si les yvrongnes en pouvoient faire autant, nous serions relevées de peines, mes commaires les mal mariées; mais le diable est bien aux veaux quand à eux, et non pas aux vaches quand à nous, puisqu'on ne nous tette plus, de ce que plus ils en boivent et mieux s'en portent. Si quelque homme qualifié, nécessaire à une republique, avoit fait le moindre excez que font les yvrongnes, il luy en cousteroit la vie, et ils en vivent davantage, pour fortifier ce proverbe: _Plus de vieux ivrongnes que de vieux medecins_. Je le croy, parce qu'il y a plus d'yvrongnes que de medecins.

Prions seulement que ceste ordonnance ne porte son appel en croupe, que les commissaires l'effectuent, et pour nostre profit et pour nostre consolation, et ainsi nous aurons la pais chez nous; car si elle est observée, nous aurons plus de biens et moins de coups. Nous sommes le plus souvent marquées à l'_H_, pour monstrer que nostre peau est tendre; on ne le jugeroit pas à nostre mine reformée comme la tirelire d'un enfant rouge.

L'utilité est si grande, nostre repos si longtemps reconneu, que toutes les femmes doivent à jamais respecter les magistrats. Ce qui se consommoit ès tavernes en un jour sera suffisant pour entretenir la maison un mois. Le mary seul se ressentoit de ceste despence excessive, ou si nous en ressentions quelque chose, c'estoit plustot le fleau que le fruict, à nostre dommage qu'à notre utilité. A ceste heure, la femme, les enfans se ressentiront de l'espargne qui se fera, et auront leur part au profit aussi bien qu'à la peine; les cabaretiers, enrichis de nostre labeur, sucçoient le meilleur de nostre aliment, et souvent pour un qui venoit saol des tavernes, il y en avoit cinq ou six à la maison qui crioyent à la faim. Tout le monde mettait la main à l'oeuvre pour subvenir à la nourriture du mesnage, et le mary seul consumoit l'argent que la femme, les enfans et les serviteurs prenoient peine de gagner.

C'est une oeuvre de misericorde aux magistrats d'avoir prevu et prevenu la necessité de tant de pauvres femmes et enfans, que la honte empeschoit de demander leur vie, et qui pourtant travailloient assez pour la gaigner.

Chantons _te rogamus_, desjà le Ciel _audit nos_, et le peuple est secouru de la prudence des magistrats.

Si quelqu'un pouvoit venir jusques à l'esgalité des biens, ce seroit un grand coup pour nous, parce que nous avons autant d'ambition que les plus huppées, tout le monde seroit vestu esgalement comme à Spartes, l'homme iroit à la femme, et les vivres seroient communs; par ainsi personne n'en abuseroit à nostre dam.

Laissons là ceste superstition, c'est assez si nous n'avons plus les espaules frottées d'huille de cottret[239], et que nous ne jeunions plus souvent que le caresme, pourveu qu'on nous laisse esbaudir à nostre tour; ils seront bien camus si nous ne leur tirons les vers du nez, et pourroient avoir les testes si legères qu'il nous seroit besoin de les appuyer avec des fourches; le temps viendra que les femmes seront amazones; puis que le vin est deffendu, elles combattront avec la lance et l'eau.

[Note 239: On voit que cette huile fameuse, tant redoutée des épaules, n'est pas baptisée d'hier. Oudin en parle dans ses _Curiositez françoises_ au mot _Huile_, et elle a son article dans le _Dictionn. du Bas Langage_, t. II, p. 52.]

Trefve à nos testes comme au vin: quand nous fusmes mariées, ce ne fut pas pour nous frapper par la teste; si vous abusez des nopces pour les mettre en noises, vous en pourrez estre chastiez, et pour avoir irrité l'amour, possible aurez-vous la mort, ou du moins, si on ne vous coupe la teste, on vous l'alongera de deux doigts. A la fin on est puny de son meffaict: qui se rend indigne de pardon en perseverant à son mal est exposé à l'ire et à la vengeance de celuy qu'il a offencé.

Nous voilà (Dieu mercy et la police) libres de la fureur du vin; qu'un accident de fièvre chaude nous delivre de la fureur des mauvais maris, afin qu'ayant quelque repos le reste de nos jours, nous commencions à gouster une felicité que nous n'avons encor peu trouver en mariage: autrement malerage pour nous.

FIN.

_Vers d'Erasme à sainte Geneviève, traduit en vers françois par E. Le Lièvre_ (1611)[240].

[Note 240: Cette pièce fort rare se trouve à la suite de _l'Ordre et cérémonie observée tant en la descente de la chasse de madame saincte Geneviefve, patronne de Paris, qu'en la procession d'icelle_, par E. Leliepvre. A _Paris_, chez Jean Du Carroy, imprimeur, demeurant en la rue de Rheims, près le collége, 1611, pet. in-8.--C'est la traduction exacte et presque littérale quoiqu'en vers, du petit poëme qu'Erasme composa en l'honneur de la patronne de Paris, dont l'intercession l'avait guéri de la fièvre quarte: _D. Erasmi Roterodami divæ Genovefæ præsidio a quartana febri liberati carmen votivum, nunquam ante hoc excusum. Parisiis excudebat Christianus Wechelus, sub sento Balilenti, in vico Jacobæo, anno M.D.XXXII_. L'édition de Paris, dont nous venons de donner le titra, est on ne peut plus rare. Erasme avoit publié son poëme à Bâle, chez Froben, dont alors il étoit l'hôte, puis en même temps à Fribourg, chez Jo. Emmens, et à Paris, chez Ch. Wechell. Panzer n'a cité que l'édition de Bâle. M. Ap. Briquet, dans une note du _Bullet. du Bibliophile_ (janv. 1859, p. 53), a fait valoir la rareté de l'édition de Fribourg, mais personne n'a parlé de celle de Paris, dont nous possédons un exemplaire. Il étoit du reste naturel qu'un poëme fait en l'honneur de sainte Geneviève eût sa publicité spéciale dans la ville dont elle est la patronne.--Je ne sais quel est le E. Leliepvre, auteur de la traduction reproduite ici. Toutefois, comme ce poëme, par sa nature un peu médicale, ne devoit pas répugner à la muse d'un médecin, je croirois volontiers que notre traducteur en rimes n'est autre que Elie Lelièvre, de qui l'on connoît deux ouvrages devenus fort rares: _Officine et jardin de chirurgie militaire, contenant les instruments nécessaires à tous chirurgiens_, etc., Paris, Robert Colombel, 1583, pet. in-8; _Epydimyomachie, ou Combat de la peste, avec, le règlement politique, et douze tables démonstratives des choses naturelles et contre nature_, Paris, Robert Colombel, 1581, pet. in-12.]

O saincte Geneviefve, à qui je m'estudie D'offrir ces vers promis que mon coeur te dédie, Favorise mes voeux, arrousant le canal De mon esprit tary, tant que d'un chant égal A tes mérites saincts, je raconte ton ayde. Donne m'en le pouvoir toy qui seurement aide Le peuple qui t'invoque en tous les saincts endroits Par où s'estend la Foy et sceptre des François. Mais surtout celuy-là t'est aymé par où Seine Roulle ses flots meslez avec la blanche areine, De Marne qui l'acroist et l'accolle à travers Les vergers pommoneux, et parmy les prez vers, Et entre les cousteaux renommés les plus nobles En fertiles et beaux et genereux vignobles; Et par où ce grand fleuve et superbe et luysant Va d'un cours plantureux les plaines arrousant Qui foisonnent de fruits, et, tranchant la contrée, Se haste d'aller faire à Paris son entrée. Paris, chef des citez, où du gauche costé Ses ondes à l'approche adorent la cité Où sur toutes paroist l'eglise Nostre-Dame;[241] Et à coup se fendant, ses rives il entame Et comme avec deux bras les serre estroitement, Et d'un dévot reply se flechit humblement Devant la Vierge mère eu sa plaisante islette Puis, retournant à soy d'une course plus preste, Il vogue allaigrement au très plaisant terroir Où tu naquis heureuse en très heureux manoir, Dans un petit village, heureux par ton issue, Où se tournant en deux en passant il saluë Le Monastère sainct sepulchre des grands Rois, Sacré à sainct Denis, apostre des Gaulois. Par ces vallons retors il se recourbe et erre, Et se recostoyant arrouse enfin la terre Des ondes qu'il respand des cornes de son front, Et dirois que ses flots à regret s'en revont[242]. A bon droit les François honnorent tous Nanterre, Qui faict monstre aux passans au milieu de sa terre, O saincte, de ton bers[243] et des sainctes liqueurs De la fontaine vive et propice aux langueurs[244]: Mais par sus tout Paris, peuplade nompareille, Se sent infiniment heureuse par la veille Et patronage, ô vierge, ou c'est que de ta part Avec la vierge mère un bonheur se départ Sans qu'elle en soit en rien jalouze qu'avec elle Tu face là dedans garde perpetuelle. Là bien haut eslevée à la cime du mont, Tu descouvres de loin les plaines jusqu'au fond, Et repousses les maux qui menacent la France. Mais icelle au milieu de la ville s'avance D'embrasser en pitié les habitans piteux, Oyant les pleurs et cris des pauvres souffreteux; Et là, comme elle sait son cher fils pitoyable, Tu l'imites aussi son espouse amiable. Tandis vous deffendez ensemble, en voeux pareils, Les saincts Estats unis, le Conseil des Conseils, Le parlement sacré, mais surtout la province Et le Roy très-chrestien et très-auguste Prince, Les uns qui sainctement découvrent les secrets Au peuple très-dévôt des mistères secrets! Les autres qui par loix équitables régissent La ville où maintes gens, merveille! se policent. C'est donc de voz bienfaitz qu'on ne voit aujourd'hui Peuple florir ailleurs au-dedans de cestuy. Mais, ô saincte, il est temps que je te remercie Pour avoir recouvré par tes mérites vie, Et veux, un entre mille et mille retirez De mort par ton secours, t'offrir ces vers sacrez. L'hivernallet frisson d'une fièvre infuiable[245], Qui le quatriesme jour revient presque incurable, M'avoit déjà passé jusques au fond des os, Lorsque le médecin requis pour mon repos Me console et promet que telle maladie Ne sera qu'ennuieuse et sans perte de vie. Il m'esjouit autant que s'il m'eust en effect Dict que dans quatre jours je pendrois au gibet, Car il me semble avis que le mal recommence Quand après si longs ans[246] j'ai bien la souvenance Que ce peu langoureux en ma prime verdeur Me geina tout un an, dont je n'avois au coeur Que desir de la mort, la quelle, bien que blesme, N'est si triste qu'un mal dict du medecin mesme. Alors, ô saincte Vierge, il me souvient de toy Et d'un espoir très bon je confirme ma foy, Remuant en mon coeur ces secrètes pensées: O épouse de Dieu, qui vierge lui agrées, Et qui durant qu'icy la vie eut si beau cours Souloit toujours donner aux malades secours, Et qui peux ores plus, après que le ciel mesme T'a donné près de Dieu ta demeure suprême; Icy, icy regarde et chasse de mon corps La lente fièvre quarte et la banny dehors: Rends moy, je te supply, et moi-mesme à mon livre Sans la joye du quel je ne saurais plus vivre. Car je pense qu'il est plus aisé de mourir Une fois que fiévreux par tant de jours languir. Mais ce n'est rien qu'icy je te fasse promesse: Aussi tu n'as besoin de notre petitesse, Ainsy je chanteray le loz de ton bienfaict. A peine sans parler j'avois ce voeu parfaict, Mais sans plus, à part moy, au secret de mon âme, Je diray grand merveille, et si n'y aura blasme, Je retourne à l'estude et dispos et gaillard Sans aucun sentiment de langueur de ma part Ni de lente frisson de sa fièvre scieuse. Sept jours passoient déjà que la fièvre odieuse Se devoit remonstrer, mais tout le corps devient Plus frais qu'auparavant. Le médecin revient Admirant le miracle, il me visage en face, Il visite ma langue et faict produire en face De l'urine qu'il void, puis me taste le poux, Et me trouvant tout sain, il dict: «Qui t'a recous[247] De la fièvre si tost, Erasme, et quelle grace, Et quel Dieu t'a rendu le bon air de ta face? Quiconque est le bon sainct qui t'a si bien guery, Il en sçait plus que moy, bien que je sois nourry En l'art de medecine, et n'en a plus affaire.» Le nom du medecin je ne veux jamais taire: C'est Guillaume Le Coq[248], lequel estoit alors En la fleur de ses ans, jeune encore de corps, Mais plus agé que moy ez vieilles bonnes lettres, Philosophe parfaict entre les plus grands maistres, Aujourd'huy tout chenu et chargé de vieux ans, Il est presque adoré de tous les courtizans. Près du grand roy Françoys entre les plus illustres, Comme un astre esclatant de mille et mille lustres, Et jouït là du bien de ses divers labeurs, Dignement respecté des princes et seigneurs[249]. Or, je produiray donc devant ta saincte image, O vierge (mon secours), son grave tesmoignage De la santé reçüe et de la vie encor. A la debilité de mon fragile corps, Combien que tout l'honneur de ce bien appartienne Du tout à Jesus-Christ, mais (vierge très-chrestienne) Il t'a donné cet heur avecques luy là haut, Pour luy avoir compleu au monde comme il fauct, C'est de sa grâce aussi qu'après ta chère vie Quoique morte tu peux guerir la maladie, Comme par charité tu feis en ton vivant. C'est ainsy que le veut ton espoux tout pouvant. Il luy plaist d'eslargir par toy ses dons et graces, Et de se voir loué par toy en tant de places, Prenant plaisir de luire au temple transparent De ton corps qu'il esleut, comme un jour esclairant Au travers de la vitre, et comme une fontaine Pousse par des canaux sa source pure et saine. Ce point me reste seul, que j'obstienne de toy Par ta saincte prière (ô vierge) que sur moy Ce blasme ne soit mis, de quoy par si long terme J'ay differé ce voeu, payé de foy très-ferme. Endure, je te prie, qu'il te soit adjousté Ce beau cantique deu à ton los mérité Et à tant de blasons, d'honneurs et de louanges Et lettre de ton nom, que les peuples estranges, Ny latins, ni Gregeois, ni aultres nations, Ne cogneurent jamais plus de perfections En vierge de renom; que par ta modestie Et par ta chasteté la grâce est departie, A ton pouvoir parmy les bienheureux espritz N'auront pas plus que toy de gloire en paradis.

[Note 241: L'île Notre-Dame, aujourd'hui l'île Saint-Louis, qui appartenoit alors tout entière au chapitre de la cathédrale.]

[Note 242: Santeul, dans son inscription pour la pompe du pont Notre-Dame (_Opera omnia_; 1698, in-8, t. I, p. 344), parle aussi de cet amour que la Seine a pour Paris, dont ses flots ralentis semblent ne pouvoir quitter le voisinage. Voici la traduction de ces vers de Santeul par P. Corneille:

Que le Dieu de la Seine a d'amour pour Paris! Dès qu'il en peut baiser les rivages chéris, De ses flots suspendus la descente plus douce Laisse douter aux yeux s'il s'avance ou rebrousse: Luy mesme à son canal il desrobe ses eaux, Qu'il y fait rejaillir par de secrettes veines, Et le plaisir qu'il prend à voir des lieux si beaux De grand fleuve qu'il est, le transforme en fontaine.]

[Note 243: C'est la plus ancienne forme du mot _berceau_, qui n'en est du reste que le diminutif. On disoit aussi _bercelet_, comme on le voit par un passage du _Recueil des histor. de France_, et _bercerole_, joli mot employé par Pasquier, _Recherches_, liv. V, ch. 32.]

[Note 244: C'est le puits de la maison du père de sainte Geneviève, dont on avoit fait une fontaine sacrée. Le P. Lallemant, dans la _Vie_ de la sainte, dit qu'on faisoit boire de l'eau de ce puits à Charles VI pendant sa maladie.]

[Note 245: Erasme étoit venu achever ses études à Paris, dans l'infect et redoutable collége de Montaigu, qu'il a tant maudit en ses _Colloques_, quand sa nature délicate étant exténuée par la mauvaise nourriture, poissons pourris, oeufs gâtés, etc., et par l'humidité des chambres, il se trouva pris de la maladie dont il parle. V. dans l'édit. de Leyde, in-fol., ses _Lettres_, p. 1479.]

[Note 246: C'est en effet fort tard, lorsqu'il avoit soixante-cinq ans, qu'Erasme fit à sainte Geneviève ce remerciement pour la guérison dont il lui avoit été redevable près d'un demi-siècle auparavant. Il avoit été guéri en 1492, et il ne remercioit qu'en 1532! encore son remerciement étoit-il intéressé. Erasme se sentoit vieux, malade; et vieillesse et maladie ne lui avoient rendu la mémoire du bienfait qu'avec un secret désir de recourir une seconde fois à la divine bienfaitrice. Comme tant de débiteurs en retard, il ne payoit que pour avoir de nouveau le droit d'emprunter.]

[Note 247: Secouru, sauvé. V. _Anc. théâtre_, t. VIII, p. 191.]

[Note 248: _Guihelmus Copus_, dit le texte; E. Lelièvre traduit donc mal en écrivant Lecoq. Le médecin dont parle Erasme est Guillaume Cop, qui vint de Bâle, sa ville natale, à Paris, du temps de Louis XII. Il fut médecin de ce roi, puis de François Ier, et traduisit une partie des oeuvres de Galien et d'Hippocrate.]

[Note 249: Lors qu'Erasme parloit ainsi de son mérite et de sa vaillante vieillesse, Guillaume Cop n'avoit plus que peu de mois à vivre; il mourut, cette même année 1532, le 2 décembre.]

FIN.

_La Doctrine de la nouvelle devotion cabalistique, composée des veritables maximes que la nouvelle secte (formée depuis peu dans Lyon par un barbier estranger, natif du conté de Bourgogne, d'où il tasche de l'estendre aux environs au grand dommage de la vraye et ancienne piété) observe constamment, dans la pratique et methode quelle tient à conduire les âmes, par l'Oraison mentale, apparemment à la perfection, mais en effet à la folie, ou du moins à la simplicité, et à tirer à soy leurs biens, dans la bourse qu'il pretend estre commune à tous._

_Le tout mis en forme de simple poésie, sans fiction ou priudice aucun de la verité, pour la substance des choses, afin qu'il soit appris plus aisement et agréablement de ceux qui ont encore quelque soin de ne perdre ny leurs ames ni leurs biens._

_Seconde edition._

_Ils se vendent en rue Mercière, à l'escu de Venise._

M. D. C. LVI[250].

[Note 250: Pièce lyonnoise on ne peut plus rare, qui n'existoit pas dans la bibliothèque de M. Coste, et que Brunet n'indique pas même dans la nouvelle édition si perfectionnée de son _Manuel_. Elle doit être l'oeuvre de quelque jésuite de Lyon, vengeant ainsi son ordre des attaques de la secte moitié janséniste et moitié vaudoise, mise en scène dans la personne du barbier franc-comtois son apôtre. Quoiqu'ennemie des jésuites comme on le verra, cette secte singulière avoit de leurs allures, et si Molière, qui étoit alors à Lyon, en connut les adeptes, ce qui est probable, ils purent lui servir pour plusieurs traits de son _Tartufe_. Ce n'est pas à Lyon seulement que s'étoit établie cette _dévotion cabalistique_ dont l'illuminisme avoit, comme on le dira plus loin, de nombreux rapports avec celui des Rose-Croix d'Espagne; elle s'étendoit aux environs jusque dans le Piémont, où elle se rattachoit aux derniers débris des Vaudois, et de l'autre côté jusqu'au Puy, en Velay.]

_Le Decalogue de la nouvelle devotion._

1. Un seul directeur aimeras Et le croiras aveuglement.

2. Tous tes péchez tu luy diras Quoiqu'il soit barbier seulement.

3. Les dimanches tu te rendras A Sainct-Pierre fidellement.

4. Tes instructeurs honoreras Afin qu'ils vivent longuement.

5. Chose aucune tu ne feras Sinon de leur consentement.

6. Femme et fille leur fieras Sans en avoir nul pensement.

7. De ton bien ne disposeras Que selon leur commandement.

8. Pour la secte tu mentiras A bonne fin licitement.

9. Certains jours tu te contiendras Au mariage mesmement.

10. Des biens d'autruy tu jouïras Comme eux des tiens communement.

* * * * *

_Les Commandements de la nouvelle confraternité._

1. Mentale oraison tu feras Tant jours festez que jours ouvrants.

2. Tous tes péchez confesseras A ceux du party seulement.

3. Et ton Créateur recevras Trois fois dans huit jours resglément.

4. Loy oeuvre de chair ne feras Ny vendredy pareillement.

5. Jours de jeunes tu garderas A demy mesme t'enyvrant[251].

6. Dans le party femme prendras Et chez les autres nullement.

7. Au barbier disme payeras, Luy fiant ton bien pleinement.

[Note 251: Chose arrivée. (_Note de l'auteur._)]

* * * * *

_Instruction aux predicants de la secte nouvelle_[252].

Ces maximes tu garderas De point en point exactement. Assez matin messe diras Pour dejeuner secrettement. Un bon bouillon avalleras Et deux jaunes d'oeuf sobrement, Après quoy de mesme prendras Deux noix confittes seulement[253]. Cela fait, tu ne manqueras De prescher courageusement. Du livre commun tireras Ce qu'il faut dire entierement. Tous nos dogmes enseigneras Pour les idiotz doctement. Des doctes conte ne tiendras S'ils ne sont de ton sentiment; Mais aux simples croire feras Qu'ils ont beaucoup d'entendement, Par où leur persuaderas De faire oraison hardiment. L'esprit de Dieu tu leur diras Aimer les simples seulement. A tes auditeurs promettras De vivre en santé longuement. De tous biens les asseureras Et du ciel infailliblement. Soubmission d'eux requerras D'esprit et de corps mesmement. Biens en commun sonner feras Pour se sauver asseurément; Ce point tu recommanderas Comme le grand commandement. De la part de Dieu promettras Tout pour total delaissement. Parfaite oraison jureras Suivre cest abandonnement. Le ciel pour terre donneras Comme doit faire bon marchand. Vicaire et curé blasmeras. En secret et publiquement, Excepté ceux que tu verras S'accorder à ton sentiment. De ceux-cy tu te serviras Pour te prosner journellement. Mentale oraison louëras Comme onzième commandement. La vocale reprouveras Comme un petit amusement. Petit office deffendras, Et chapelet également. Gagne-petit l'appelleras Qui n'est bon que pour un enfant. A toutes les femmes diras Comme à tous hommes hardiment Que le ciel tu leur fermeras S'ils n'obéissent humblement. D'enfer tu les menaceras S'ils ne font tout aveuglement. Leur couche leur interdiras Pour aller au Saint Sacrement. A quoy tu les obligeras A ton gré plus ou moins souvent, Et fortement prohiberas D'en user jamais autrement. Après toy livres porteras Pour en vendre à denier content, Et sur un chacun gaigneras Plus que ne feroit un marchand: Car tout le lucre qu'y feras Se fait pour Dieu licitement. La bourse commune enfleras De tout gain indifferemment. Plus de biens y ramasseras, Meilleur sera ton traittement. Au Bruno vogue donneras, Vers les plus despourveus d'argent. L'Introduction louëras Aux femmes principalement. Mais les Thoniels tu mettras[254] A deux doigts du firmament. A tout propos tu chanteras Que c'est un docteur eminent; Mais pour l'oraison tu diras Qu'il n'en est point de plus sçavant. Autre que toy ne permettras En debiter publiquement, Et ton gain ne partageras Avec aucun autre marchand. Comme un fol tu descrieras. Si quelqu'un d'en vendre entreprend. Nul billet tu ne donneras Qu'à ceux du party nommément; Les autres tu ne permettras S'en pourvoir que chez ton ageant[255], Ny le libraire nommeras Qui nous les vend uniquement. Par puissance tu chasseras Qui les revendroit autrement. Travaillant tu conserveras Ta santé fort soigneusement. Trois heures tu confesseras[256], Après quoy pas un seul moment; Le restant congedieras Quoiqu'il t'en conjure instamment. Chaque semaine un jour prendras Pour te reposer doucement, Et ton embonpoint ne perdras Pour le donner trop de tourment. Au sortir de la chaire[257] iras Te faire secher promptement. Un bon feu te procureras Pour empescher l'enroüement. Deux devotes tu meneras Pour te frotter soigneusement; Mais pour l'exemple tu feras Que le tout soit secrètement. Ce faisant tu reformeras L'Eglise apostoliquement, Et dans peu de temps luy rendras Son lustre et premier ornement. Des champs à la ville viendras Plein comme un oeuf fait fraischement; Sur ton cheval tu porteras Du temporel abondamment. Dans l'âme tu tesmoigneras Rapporter grand contentement. Si tu veux, alors escriras Livres de grand emolument[258], Et justement le signeras De _L'Amour divin l'Instrument_.

[Note 252: Ces predicants n'étaient pas forcément des prêtres; ils pouvoient être pris parmi les laïcs. C'est ce qui explique qu'un barbier pût être apôtre dans cette religion. Par cette admission des laïcs dans la prédication, elle se rattache à celle des Vaudois.]

[Note 253: C'étoit alors une des friandises, une des chatteries à la mode. Voir ce qui en est dit dans les _Nouvelles instructions pour les confitures, les liqueurs et les fruits_, Paris, Sercy, 1692, in-12.]

[Note 254: Bruno et Thoniel étoient sans doute deux des apôtres de la cabale.]

[Note 255: Agent.]

[Note 256: Sur ce point, la nouvelle cabale s'éloigne des doctrines vaudoises, qui proscrivent la confession auriculaire.]

[Note 257: Ceci nous ramène aux idées des Vaudois, qui vouloient le retour à l'organisation et à la pureté de la primitive Eglise.]

[Note 258: _Emolument_ étoit un terme de pratique, qui s'employoit alors dans le sens de _gain_, _profit_, etc.]

* * * * *

_Instruction du directeur general aux femmes mariées de la Caballe._

De bon matin te lèveras A la même heure règlement; Au galetas[259] tu monteras Pour mediter plus hautement; Ta famille y recueilleras Sans souffrir qu'aucun soit absent; Mais en peine ne te mettras Si quelqu'un medite en dormant. De ce lieu tu ne bougeras Que le temps coulé pleinement; De là pour rien ne sortiras Quand il presseroit grandement. Ton oraison n'interrompras Quelque cause le demandant. Beaucoup moins du tout l'obmettras Pour ne pecher mortellement. Quand un des tiens reconnoistras Parler contre ce document, De ta maison le chasseras Comme du demon l'instrument. Les pedagogues recevras Veu mon billet tant seulement, Aveuglement tu les prendras Comme envoyé du firmament. De luy les points ecouteras Soir et matin en te levant. Mesme respect tu luy rendras Comme à moy personnellement. Dans ta maison rien ne feras Sans consulter mon lieutenant, Et plus mal ne le traitteras Que s'il estoit ton propre enfant. A ton mary n'obeïras Qu'à ta volonté seulement. Cependant tu travailleras De le posseder pleinement; Du mariage luy diras Que c'est certes un sacrement, Mais par addresse tascheras De l'en degouter doucement[260]. L'oraison tu luy prescheras Comme un plaisir plus innocent; Le devoir luy refuseras Sur l'accez du Saint-Sacrement. Le mesme aux festes tu feras Pour les chaumer plus saintement; Par là tu le degouteras Et n'auras de luy plus d'enfant. Ceux que desjà possible auras, S'ils sont enfans tant seulement, En pension tu les mettras A beau conte en mon logement, Et plus ne l'en soucieras, Mais de prier uniquement. A moy tu t'en rapporteras, J'en auray soin fidelement. S'ils sont grands, tu commenceras D'agir imperieusement, Pleine authorité tu prendras Pour les conduire absolument; Aux miens tu les obligeras De se confesser règlement, Et tu les desheriteras S'ils ne le font exactement. Le mesme au serviteur diras Et servantes pareillement. Puis ton mary tu rangeras Par pieté subtilement: De l'enfer souvent parleras Pour luy troubler l'entendement; Comme toy le disposeras A suivre notre reglement. Ta maison à Dieu gagneras Si j'en suis maître absolument. Cela fait, les clefs saisiras Du cabinet[261] et de l'argent; De tous les biens disposeras Par la clef de ce document; Avec l'oraison tu feras Plus qu'on ne fait communement Coffre et cabinet ouvriras Et non pas le ciel seulement; Mais ingrate tu ne seras A ton directeur bienfaisant, Par qui chez toi gouverneras Biens et mary pareillement; A moy donc tu te soumettras Pour ta conduitte entierrement. Jusqu'à la mort tu regneras, Si je te dresse uniquement. Ta maison commune rendras A tous ceux de mon regiment. Ton argent propre ne diras, Mais le tiendras indifferent. Plus volontiers le donneras Au plus petit commandement, Que pour t'enrichir ne prendras Ce qui t'est dû bien justement; Chez moy tribut apporteras, Preuve de ton destachement. Chemises, linceuls[262] donneras Pour vestir mes gens du Levant. L'argent mesme n'espargneras Sans esperer remboursement, Car à grand honneur tu tiendras De fournir à ce qu'on pretend. Aucune aumosne ne feras Aux capucins absolument. Hermite et moine escarteras Par un: Dieu vous doin[263]! seulement, Jusques à ce que tu sauras Qu'ils parlent de nous autrement, Les jesuites fuïras Comme je les crains grandement; De mes secrets ne leur diras Pas même le plus innocent. Par cela seul tu les craindras Qu'ils me veulent mettre à néant, Au grand directeur tu feras Ta confession sechement. Tous tes péchez tu luy diras A l'oreille confidemment; De tout pire rien ne craindras Pour ton meilleur gouvernement, Et boiser de paix recevras Comme seau de ce sacrement. Continence tu garderas Avec ton mary frequemment[264], Et pour ce faire te mettras Dedans un sac separement. Nul domestique ne prendras Que de nostre main seulement. D'artisan ne te serviras Qui ne soit de nostre element. Bien moins les tiens allieras A qui de mediter n'apprend. Vis au reste ainsi que voudras: En observant ce reglement, Tout droit au ciel tu t'en iras, N'en doute mie, asseurement Après la mort y monteras Beaucoup plus viste que le vent. Mais reprouvée tu seras Si tu ne gardes ton serment.

[Note 259: La caballe, à ce qu'il paroît, se recrutoit volontiers chez les pauvres gens, et par là se rapprochoit encore des Vaudois, qu'on avoit appelés d'abord les _pauvres de Lyon_.]

[Note 260: Tout ceci et ce qui suit se rapproche de la doctrine d'Orgon et de son maître l'_illuminé_ Tartufe:

Et je verrois mourir frère, enfant, mère et femme, Que je m'en soucierois autant que cela.]

[Note 261: _Cabinet_ est ici, bien entendu, dans le sens qu'il avoit alors, _meuble à tiroir_, etc. Sur ce mot et sur le sens, toujours mal compris, dans lequel Alceste l'employa (_Misanthrope_, acte I, sc. 2), voir notre édit. des _Chansons de Gautier Garguille_, p. 192.]

[Note 262: Draps de lit. «Il se disoit indifféremment dans l'une et l'autre acceptions, écrit M. Léon de Laborde, et je ne sache pas quelque chose de plus philosophique.» _Notice des émaux_, documents et glossaire, p. 365.]

[Note 263: Pour: _Dieu vous donne_. Cette forme se trouve très-souvent jusqu'à la fin du XVIe siècle et même plus tard, comme on le voit ici. Une lettre de Montaigne à La Boétie se termine par exemple ainsi: «Monsieur, je supplie Dieu qu'il vous doint très heureuse et longue vie.» Selon Génin, dans un article que ses _Récréations philologiques_ n'ont pas reproduit, «_doint_ n'est qu'une forme de subjonctif, forme isolée qui n'appartient pas à un verbe. C'est la traduction, le calque du latin _duint_, qui lui-même est déjà un archaïsme dans Térence.» _Nouvelle Revue encyclopédique_, juin 1847, p. 218.]

[Note 264: Chose conseillée et pratiquée.]

* * * * *

_Chanson nouvelle de la Boutique Barbifique, sur l'air_: AH FRIPONNE! AH COQUINE!

Vien çà, ma Musette, De longtemps tu n'as chanté, Ne sois pas muette. Pour la confraternité. Un venerable ouvrier Implore ton mestier A l'honneur de sa boutique Barbifique, barbifique, Car c'est un barbier,

Suy donc le menage D'un si celèbre artisan, Apprens-nous l'usage Qu'il en sçait faire à present. Tant de divers outils Si nets et si gentils, N'estant plus une boutique Barbifique, barbifique, A quoi servent-ils?

Tout change d'usage, Les outils les plus cruels, Rasoir et badinage Deviennent spirituels. Sainte conversion A depuis peu, dit-on, Sceu faire d'une boutique Mechanique, mechanique, Maison d'oraison.

LE RASOIR.

Le fer barbifique, Sçavant à raser menton, Aime qu'on l'applique A faire autre section. Le tranchant acéré, D'un empire adoré Rompt le noeud du mariage Sans veusvage, sans veusvage, Du ciel veneré.

LA LANCETTE.

Cette pointe aigüe, Qui tiroit le sang du corps, Devient la sangsuë Dont on saigne les thresors; Car celuy qui n'a rien Qu'il puisse dire sien Porte jusqu'à la lancette, La lancette, la lancette, Pour avoir du bien.

LE BISTORI[265].

Mais à ce miracle, Qui de vous n'aura pas ry, Q'un nouvel oracle Perce tout d'un bistory[265]? Il ouvre bourse et coeur, Comme aposthème meur, D'où comme pus il retire Par empire, par empire, Un fonds de bonheur.

[Note 265: C'est la première forme de ce mot, alors nouveau. Il se rapproche ainsi davantage du nom de la ville de Pistoie (_Pistoria_), où, suivant Huet, les premiers _bistoris_ furent fabriqués.]

LA SONDE.

Ce n'est qu'à la pierre Qu'on ordonne de sonder[266], Ce barbier empierre Qui pretend le seconder. La nouvelle oraison, Qui fait perdre raison, Veut qu'en vertu de la sonde Tout se fonde, tout se fonde, Dans une maison.

[Note 266: Les sondes de toutes sortes, même celles qu'on croyoit n'avoir été inventées que deux siècles plus tard, étoient déjà employés par les praticiens, et même, à ce qu'il paroît, par les barbiers qui se mêloient de chirurgie. Antoine Guainer dit, par exemple, au chap. 15 de son Traité _De orthetica et calculosa passione_, compris dans son grand ouvrage _Tractatus de febribus_, etc., 1573, in-fol.: «Qu'on se serve d'une fine bougie de cire, ou d'une petite verge d'argent ou d'étain.» Il devançait, je le répète, de près de deux cents ans ce M. Daran, dont les sondes-bougies faisoient dire au marquis de Bièvre qu'il prenoit des vessies pour des lanternes, et qui fut, grâce à elles, d'un si grand secours pour J. J. Rousseau dans son infirmité. V. les _Confessions_, 2e partie, liv. VIII.]

LES PINCETTES.

Sans faire la taille Par cruelle incision, Il met à la taille Son association. Sans tenailles il prend, Et jamais il ne rend, S'il porte dans les cassettes, Les pincettes, les pincettes, Pour happer l'argent.

LE COSTIC.

Cette pierre ardente, Qui nous brûle sans douleur, D'oraison fervente Ressemble à la sainte ardeur: L'une oste sentiment, Et l'autre entendement, Pendant qu'un barbier applique, Sans replique, sans replique, L'onguent de Tiran[267].

[Note 267: Je ne sais quel est cet onguent caustique, mais il doit être du genre de ceux dont il est parlé dans les _Secrets du sieur Alexis, Piémontois_, 1561, in-8, 2e part., liv. I. Les caustiques violents étoient fort employés en chirurgie, surtout depuis l'invasion des maladies vénériennes. Bayle a tiré de leur usage une métaphore énergique pour expliquer la nature corrosive de son dictionnaire: «C'est, disoit-il, un caustique violent, qui, après avoir consumé les chairs baveuses d'une plaie, carie les os et perce jusqu'à la moelle.»]

LE BOETIER.

La boette partie En carrets bien prattiquez, Ne se voie remplie Que d'onguents sophistiquez. Femmes et villageois, Ignorants du narquois[268], Sont pris sans addresse ou force, A l'amorce, à l'amorce, D'un barbier contois.

[Note 268: _Le narquois_, c'est l'argot. «On entend par ce mot _narquois_, dit La Monnoie dans le glossaire de ses _Noëls bourguignons_, édit. Fertiault, p. 4-334, un trompeur, un filou.... et comme ces narquois se sont fait un langage particulier, ce langage a été dit le _narquois_.» Il y a dans Tallemant, édit. in-12, t. I, p. 220, un exemple de ce mot à propos de M. d'Angoulême, dont l'humeur d'escroc étoit bien connue: «Un jour, écrit-il, qu'on disoit à feu Armentières que M. d'Angoulême savoit je ne sais combien de langues: «Ma foi, dit-il, je croyois qu'il ne savoit que le narquois.»]

LE PEIGNE.

De plus, à son peigne, Armé de dents et cornu, On dit qu'il enseigne Un employ bien inconnu, Il ajuste les moeurs Des petits directeurs; Mais ce peigne ecorche et blesse La richesse, la richesse, De ses sectateurs.

LES CISEAUX.

Ce nouveau menage, Qui veut que tout ne soit qu'un, Fait un autre usage De ces ciseaux en commun; Il trenche avec un mot Jusqu'à la chair du pot, Et tout ce qu'il dit s'observe, Sans reserve, sans reserve, De tous aussi-tost.

LA SAVONETTE.

Il fait l'âme nette De tous ses plus confidents, Par la savonette, Qui lave ses penitents; Mais l'esprit decevant Passe bien plus avant, Car il degraisse la bourse Sans resource, sans resource, Qu'il remplit de vent.

LE RELÈVE-MOUSTACHE.

Pour donner courage A l'esprit qui depuis peu Est hors du village, Où jamais bien n'a repu, Après que le rasoir A bien fait son devoir, Il fait, pendant qu'on le cache, La moustache, la moustache, Puis il le fait voir.

LES VERGETTES.

Ses suppots fidelles, Pour la pluspart des oysons, Remplument leurs aisles, Ne vivants que d'oraisons; Ils sortent du debris, On les voit noirs de gris, Et, tant jours ouvriers que festes, Les vergettes, les vergettes, Grattent leurs habits.

LA BROSSE.

Or, comme leur teste, Qu'on destine aux grands emplois, Pour lever la creste, Est crasseuse en villageois, D'abord un bon frater, Par l'ordre du pater, Prend dans un tiroir la brosse, Rude et grosse, rude et grosse, Pour les en frotter.

LE FRISOIR.

Mais ces testes viles, Sans science et sans vertu, Seroient inutiles A ce grand corps pretendu, Si, faute du dedans, Les dehors evidents N'ont une mine ajustée Et frisée, et frisée, Sous les fers ardents.

LE FROTTOIR.

Si, parmy la peine D'une longue mission, L'ouvrier perd haleine Dans la prédication, Crainte de se tuer, Pour se trop remuer, Une suivante dévote Sèche et frotte, sèche et frotte, S'il vient à suer.

L'EMPLASTRE.

D'ailleurs cette secte, Ayant de principes faux, Ainsi qu'un insecte Tout composé de défauts, Ne voulant les guerir, Mais les faire courir, Il faut employer l'emplastre Et le plastre, et le plastre, Pour nous les couvrir.

LES VENTOUSES.

La race est petite Et de taille à remper bas, Le chef en depite, Car il ne pretend pas; Il pousse donc avant Cet insecte bavant, Et par la ventouse sèche, Quand il presche, quand il presche, Il l'enfle de vent.

LE MIROIR.

Mais les femmelettes, Dans ce miroir enchanté, Sans prendre lunettes, Prennent toutes de beauté, Et ce charme trompeur Qui les flatte d'erreur, Les fait voir pleines de grâce; Mais en glace, mais en glace, Gît tout leur bonheur.

LE BASSIN.

Les femmes rasées Sans le travail du barbier, Par belles menées, Vont à foule à cet ouvrier; Mais il n'est pas mal fin, Car, visant à sa fin, Les prend au col pour les faire, En prière, en prière, Cracher au bassin.

LE BANDAGE[269].

Si la procedure De ce nouveau directeur Fait quelque rupture, D'un delire par malheur, Il n'en a plus de soin, Puisqu'il n'espère point De le pouvoir par bandage Faire sage, faire sage, Comme il a besoin.

A tant ma Musette, Sur un air harmonieux, Dit à son poëte Les points les plus curieux. Le barbier et ses gents, En bien peu de moments, Pourront voir icy la liste Creteniste, creteniste, De leurs instruments.

[Note 269: Le mot usuel en médecine étoit _brayer_. C'étoit une invention très-ancienne. V. Du Cange, au mot _bracca_. Les _brayers_ étoient d'acier. On en donnoit pour rien, chez les Grands-Augustins, aux pauvres gens attaqués de la _hergne_.]

* * * * *

_Aux Dames de l'oraison faite au Puy, et se chante partout._

A la minuit se coucher d'ordinaire, Après avoir ensemble fait grand chère, 1 Beu des santés et fait le reveillon, Est-ce le fruit qu'apporte l'oraison?

On fait intrigue, on cajole, on se moque, 2 Le double sens nullement ne vous choque, Vous en riez, et le trouvez fort bon: Est-ce le fruit qu'apporte l'oraison?

Vous vous piqués d'une belle conqueste, 3 Et tous les soirs vous les passez en feste, Vous épuisez le sçavoir de Crepon[270]: Est-ce le fruit qu'apporte l'oraison?

Le directeur vous presche penitence, 4 Monsieur Tenant en crie à toute outrance, Pourtant tousjours on vit de la façon: Est-ce le fruit qu'apporte l'oraison?

Vous accordez de si belle manière 5 Le monde, Dieu, le plaisir, la prière, Qu'il n'en est point de si bon compagnon Qui ne voulust ainsi faire oraison?

Je pourrois bien dire quelque autre chose, 6 Mais par respect je me tais ou je n'oze, Car je veux croire, après cette leçon, Que vous ferez un peu mieux l'oraison.

[Note 270: C'est le meilleur pâtissier du Puy. (_Note de l'auteur._)]

Si quelqu'un est curieux d'avoir une plus grande lumière sur les points de pratique qui ne sont que touchez et indiquez plustot qu'expliquez et prouvez dans cette introduction, il pourra voir quelques autres petits traitez qui ne sont encore qu'escrits et qui sont entre les mains de ceux qui ont desiré d'avoir une plus parfaite connoissance du procedé de la caballe par leurs actions particulières, comme sont:

1º L'Entrevue et la Conference des Hermites de Beaunan et du Mont-Cindre, voisins de Lyon;

2º Les Rapports d'une extrême opposition dans la chose, nonobstant l'affinité des noms du cretenisme et du christianisme[271], rangez en deux colonnes par thèses et antithèses;

3º Les Rapports de ressemblance entre les illuminez d'Espagne, qui parurent l'an 1623, à Seuille et Cadix, dont les auteurs y furent brulez, et les illuminez de Lyon en ce temps par les propositions de ceux-là, et les pratiques et actions de ceux-ci opposées et confrontées en deux colonnes;

4º L'Apologie de la nouvelle caballe, où il est respondu aux principales accusations dont on la charge;

5º La docte et ingénieuse lettre d'un veritable chanoine de Saint-Just à un de messieurs de Sorbonne sur le sujet des nouveaux illuminez de Lyon;

6º L'Addresse methodique pour decreteniser un esprit et detacher de corps un membre qui n'est ny ensorcellé ny tout à fait encore depourvu de raison, attendant une plus ample declaration du tout, dans l'oeuvre burlesque de la boutique du cretenisme et dans le serieux de l'anatomie, ou dissection de la nouvelle caballe, sous le pretexte specieux de l'oraison mentale, partagée en trois sections, dont la première traitte et prouve par raison et par exemple une douzaine de ses maximes principales; la deuxième, de mesme le secret et la fin où vise la caballe[272], qui, estant la première dans le dessein qui est l'ordre de la pretension, ne paroistra néantmoins que la dernière en effet dans l'ordre de l'execution quand le mal sera plus fort que le remède; la troisième traitera de l'esprit de la caballe, qui agit et meut diversement tout le corps, selon les divers usages qu'il fait de ses membres differents pour abboutir et arriver au but où tout cet appareil conspire d'une haleine...

[Note 271: L'affinité de _chrétien_ et de _crétin_, donnée ici pour rire, est cependant sérieuse. Le second n'est qu'un dérivé du premier. F. Génin, à qui ce rapport ne dut pas déplaire, l'a constaté longuement avec une complaisance toute voltairienne dans ses _Récréations philologiques_, t. II, p. 163-165; et récemment, un journal d'une opinion différente, la _Revue d'économie chrétienne_ (février 1862), consacroit ainsi cette étymologie, en faisant valoir ce que, sous son apparence ridicule, elle a d'édifiant: «L'origine du mot _crétin_ est à la fois curieuse et triste. Fodéré a démontré dans un traité spécial (Turin, 1792), qu'il dérive du mot chrétien. Ils sont en effet pauvres d'esprit, incapables de pécher; et les populations du moyen âge, pleines de foi, confiantes dans la parole du Seigneur qui leur dit: _Beati pauperes spiritu_, adoptoient avec charité et se faisoient un bonheur de recevoir à leur foyer ces pauvres déshérités de l'intelligence, mais prédestinés au ciel, choisis pour être bienheureux, en un mot chrétiens par excellence.» V. aussi, dans les _Annales du Bibliophile_, t. I, p. 22, un curieux article de M. Anatole de Montaiglon sur _le nom du poëte Guillaume Crétin_.]

[Note 272: V., sur la _Cabale_ de ces _illuminés_ d'Espagne, nos t. I, p. 115, et IX, p. 280.]

FIN.

_Logemens pour la cour de Louis XIII_[273].

[Note 273: Cette pièce, que je crois _inédite_ et dont la date doit être l'année 1636, se trouve dans les _manuscrits_ de Conrard, que possède l'Arsenal, partie in-4, t. V, p. 1235-1238. Elle est d'un genre de plaisanterie qui fut très à la mode au XVIIe siècle, et dont l'esprit consiste dans le rapprochement satirique du nom, du rang, du caractère d'une personne avec le nom ou la figure de l'_enseigne_ que porte l'hôtellerie où l'on suppose que cette personne est logée. Au moyen âge, c'étoit un jeu d'esprit déjà connu, et dont notamment maître Pierre Tasserye s'amusa dans son monologne du _Pèlerin passant_ qui prend gîte tantôt à _l'Escu de France_, tantôt à _l'Escu d'Alençon_ ou _d'Orléans_, tantôt à _l'Escu de Calabre_, etc; c'est-à-dire qui se cherche des patrons chez le roi, chez les ducs d'Alençon et d'Orléans, ou chez les princes de Calabre. Nous avons analysé dans notre histoire des _Hôtelleries et cabarets_, t. I, p. 262-264, ce curieux monologue publié par Techener dans la collection de _farces_, _moralités_, _sermons joyeulx_, etc.--Un des livres les plus curieux de la fin du règne d'Henri IV, le _Paysan françois_, fit sous la même forme son envoi _à la reine_ Marie de Médicis. _Lors_, dit-il:

Lors qu'à Fontainebleau, distant de mon village Six lieux, j'alloy, Madame, vous y pensant trouver, Pour ce discours rustic, mais bon, vous presenter. Tel, que j'avois ouy ailleurs qu'au labourage. Je logeai au _Dauphin_ à petit hostellage, Ne pouvant à l'_Escu_, pour y peu despencer; Ni à la _Fleur de lys_, car il y fait trop cher: Hostelleries des grands, non des gens de village; Je fus bien toutes fois. Puissé-je, dis-je alors, Trouver à me loger au _Dauphin_ tousjours, lors Ou qu'à la _Fleur de lys_ ou à l'_Escu de France_ Je ne pourray loger. Or encore, dit-on Que l'on est bien traitté et qu'en somme il fait bon A l'_Escu Medicis_ ou celuy de _Florence_.

Sous Louis XIII, comme notre pièce le prouve, le même système de satire à _l'enseigne_ fut adopté, et quand arriva le temps des _mazarinades_, il n'étoit pas encore usé. En 1649 parut un pamphlet de six pages très-impertinent, _Les Logements de la cour à St-Germain-en-Laye_, in-4; et en 1652, _Le Fourrier d'Estat marquant le logis de chacun suivant sa fortune_; puis, comme contre-partie de celui-ci: _Le Nouveau Fourrier de la cour_. A la fin du règne de Louis XIV, on revint encore à ces _facéties_, qu'on fit débiter, en hors-d'oeuvre, dans les farces de société. Palaprat, qui ne faisoit que les remettre au jour, se vanta de les avoir inventées: «Pour soulager la mémoire des acteurs, dit-il dans son _Discours_ sur le _Grondeur_, j'imaginois pour leurs rôles tout ce qui pouvoit être lu avec grâce et en action, comme _lettres_, _titres de livres_, ENSEIGNES DE BOUTIQUE, _étiquettes de boîtes_, _et fioles d'opérateurs et de charlatans_, etc.; et, par là, j'ose me vanter d'avoir donné l'idée de ce qu'on a depuis appelé dans le monde: _Logements et Bibliothèques_, qu'on a tant promenées et sur le théâtre et ailleurs.» Le Sage, dans _Crispin rival_, et Dancourt dans _Les Agioteurs_, ont glissé quelques-unes de ces plaisanteries sur les logements que Palaprat se vante si gratuitement d'avoir inventées.]

Monsieur mon bon amy,

Je ne puis bonnement vous representer la peine que j'ay eüe pour faire marquer tes logemens pour Sa Majesté et toute la cour; car, comme c'est l'ordinaire de nos François de ne faire rien qu'avec precipitation, sans jugement et sans ordre, chacun vouloit estre logé en mesme temps et prendre des logis à ses plaisirs sans respect ou consideration de qualité ni de merite. Je vous en diray les particularitez.

Nous avons marqué le logis du roy à l'_Aigle impériale_[274]: mais, avant que d'y venir loger, il faudra venir aux mains avec des Alemans qui s'en sont emparez et qui ne veulent point quiter prise. Nous verrons qui sera le maître. Pour la reyne, nous eussions fort desiré la loger au _Dauphin_[275], je m'asseure que ce logement eust esté fort agréable à Sa Majesté, mais il y a je ne sçay quoi qui l'en empêche; en attendant que cet obstacle soit levé, nous la logerons à l'_Espérance_, c'est un beau et grand logis. Nous avons marqué le _Grand Serf_[276] pour Monsieur, et avons bien de la peine à loger Son Éminence, car vous savez qu'il a grande suite et force bagage, et que sa court est aussy grosse que celle du roy. C'est pourquoy il luy faut beaucoup de lieus. Nous avons marqué l'_Ancre_, la _Couronne ducale_ et l'_Écu de Bretagne_[277], mais on nous a dit que cela nous suffiroit pas seulement pour la moitié de sa suite, et qu'il en faudra bien marquer d'autres pour sa personne. Il veut avoir la _Couronne royale_, mais cela ne se peut, parce qu'il y revient un esprit qui tourmente le monde. J'estois d'advis de lui marquer la maison des _Clefs_[278], croyant qu'elle luy seroit plus propre; mais l'on m'a dit que l'on n'y loge que des Italiens par un privilége special. Nous avons fait marquer l'_Homme d'argent_ pour M. le Prince à tout hasard; car nous ne croyons pas qu'il vienne icy, parce qu'il n'est guères souvent en court[279]. Pour M. le Comte, on luy vouloit donner la _Cage_[280]; mais ses gens l'ont refusé à cause que le logement est trop melancolique. Ils ont mieux aimé la _Banière de France_. M. de la Vallette s'est fait marquer l'_Epée royale_[281]. Nous l'avons fait par complaisance, car nous n'estimons pas que ce logement luy demeure. Il y a longtemps que Monsieur son père a desiré l'y loger, mais il trouve toujours la place occupée; possible que la faveur l'y pourra etablir. M. le chancelier est marqué au _Cerf-volant_[282]; Monsieur son gendre et M. le general des galères, au _Chameau_[283]. Il y a deux personnes de la faveur (sans les nommer, c'est le père Joseph et M. Des Noyers) qui veulent loger au _Chapeau rouge_[284]; plusieurs desirent ce logement, parce qu'il est beau; mais, comme ces messieurs sont recommandez de bonne part, je croy qu'ils y demeureront. Il s'est formé un grand conflit pour le logis de la _Harpe_[285] entre messieurs des finances et monsieur le grand-maître de l'artillerie[286]. Messieurs des finances soutiennent que ce logis leur est affecté de tout temps; Monsieur le grand maître allègue deux ou trois raisons par les quelles il pretend qu'il le doit avoir; outre que c'est une impertinence à ces messieurs de vouloir resister aux puissances superieures. Enfin, ils ont trouvé bon de s'accommoder et M. de Bulion[287] a fait dire qu'il ne luy importe pourveu qu'il ait le couvert, et qu'il s'accomodera au _Mortier_. M. Bouthillier[288] au _Bras d'or_, M. Du Houssay[289] au _Cheval bardé_, M. Cornüel[290] à la _Galère_, M. d'Emery à l'_Ecu de Savoye_[291], et messieurs les secrétaires à la _Main d'argent_. Mais ce qui nous a travaillé le plus, c'est une dame de haut parage[292] (je ne sçay si elle est dame ou damoiselle, car tantôt on l'appelle madame, tantôt mademoiselle[293]). Elle vouloit avoir l'_Ecu de Bourbon_[294]; mais la vieille hostesse[295] s'y est opposée[296], alleguant qu'elle n'est de la qualité requise[297]; bien plus, on avoit juré qu'elle auroit l'_Ecu d'Orléans_; mais la place est prise[298], de sorte que, n'estimant pas les autres logis propres pour elle, je croy qu'elle sera contrainte de prendre l'_Abbaye_[299]. Nous avons bien eu du bruit pour cela; je ne m'etonne pas si les hostelliers refusent de loger les femmes, car elles sont trop mal aisées à contenter, et donnent souvent de la peine à leurs hostes. L'on a marqué l'_Ecu de Milan_ à M. de Créquy[300], à la charge qu'il fera deloger les Espagnols qui l'occupent; il aura de la peine à en venir à bout. J'oubliois un grand prelat des plus _eminents_ que l'on doit faire loger au _Moulin à vent_. Il nous reste deux secrétaires d'Estat à loger; nous avons fait marquer pour eux la _Plume d'or_.

[Note 274: On étoit alors en pleine guerre de Trente ans, et ce logement à _l'Aigle impériale_ n'est pas mal trouvé, pour le roi, au nom duquel Richelieu tâchoit d'abattre la maison d'Autriche.]

[Note 275: Ceci prouve que cette pièce est antérieure à la naissance de Louis XIV, et même à toute espérance de voir Anne d'Autriche nous donner un _Dauphin_.]

[Note 276: Pourquoi, pour Gaston, cette enseigne du _Grand Cerf_? Peut-être à cause de sa couardise.]

[Note 277: Ces enseignes: l'_Ancre_, la _Couronne ducale_, l'_Ecu de Bretagne_, conviennent bien pour Richelieu, qui étoit grand amiral, et qui, en même temps que le titre de _duc_ et _pair_, avoit reçu le gouvernement de Bretagne.]

[Note 278: C'est-à-dire les _Clefs de Saint-Pierre_, enseigne du Vatican, demeure du pape. Richelieu n'eut jamais l'ambition du trône pontifical; il visa un instant, selon Vitterio Siri, à se faire déclarer patriarche de France; ce fut tout.]

[Note 279: Henri II de Bourbon, père du grand Condé, qui, en effet, depuis ses malheureuses campagnes de Dole et de Fontarabie, ne venoit plus beaucoup en guerre. Il se contentoit d'être riche, car il étoit avare, et par là pouvoit bien s'accommoder de loger à l'_Homme d'argent_.]

[Note 280: Le titre de _M. le Comte_ appartenoit aux comtes de Soissons, comme celui de _M. le Prince_ aux aînés des Condé. Le comte de Soissons, en ce temps-là, n'étoit pas, comme on sait, des amis du cardinal; et ses manoeuvres de rebelle avoient déjà failli le faire arrêter, et loger en effet à l'enseigne de la _Cage_. Rentré un peu grâce, il avoit obtenu le commandement de l'armée de Picardie, désigné ici par la _Bannière de France_. Un peu plus tard, il fit cause commune avec Gaston et lança un manifeste contre Richelieu, qui riposta par un arrêt qui le déclaroit criminel de lèze-majesté. L'armée du comte et celle du roi se rencontrèrent près de la Marfée, et le rebelle fut tué. Avec lui s'éteignit le titre de M. _le comte_, que Louis XIV essaya vainement de rétablir en faveur du comte de Toulouse. (Saint-Simon, _Mémoires_, édit. Hachette, in-12, t. IV, p. 356-357.)]

[Note 281: Le duc de la Valette, fils du duc d'Epernon, qui commandoit alors en Biscaye. C'étoit avoir _l'épée royale_. Il ne la garda pas longtemps. On sait le terrible procès que lui fit Richelieu, et dont une condamnation à mort par contumace fut le résultat.]

[Note 282: Pierre Séguier, qui venoit d'être nommé chancelier en remplacement de M. d'Aligre. On le loge au _Cerf-volant_, sans doute parce que c'étoit l'homme le plus disposé a suivre tous les vents de la faveur. V., sur lui, t. IX, p. 22-26.]

[Note 283: Le général des galères étoit Pont-Courlay, neveu ou cardinal-ministre. V. t. IX, p. 31.--Loger sous l'enseigne du _Chameau_, quadrupède voyageur des espaces sans eau, le général des galères, seroit un trait de satire assez amusant, mais c'est une autre malice moins fine qu'il faut chercher ici. Si Pont-Courlay loge au _Chameau_, c'est parce qu'il étoit bossu, «un fort vilain gobin», dit Tallemant. (Édit, in-12, t. III, p. 53.)]

[Note 284: Richelieu faisoit des démarches près du saint siége pour obtenir que le P. Joseph fût fait cardinal, et teindre ainsi en rouge l'Eminence grise. Elles n'aboutirent qu'en 1638, et quand le chapeau arriva le P. Joseph étoit mort. V. t. IX, p. 24.]

[Note 285: _Harpe_ est ici dans un sens argotique, qui fait épigramme, contre messieurs des finances, gens toujours prompts à _harper_, prendre. V. sur ce mot Fr. Michel, _Recherch. sur l'argot_, p. 221.--Molière a nommé Harpin le receveur des tailles dans _La Comtesse d'Escarbagnas_.]

[Note 286: Le grand maître de l'artillerie étoit M. de La Meilleraye.]

[Note 287: Il étoit surintendant des finances depuis 1632. V. t. IX, p. 32.]

[Note 288: Cl. Bouthillier, qui fut aussi surintendant des finances. V. t. IV, p. 22.]

[Note 289: Trésorier des parties casuelles, qui fut grand ami d'Emery et mêlé comme lui à toutes les affaires. V. _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des mazarinades_, t. I, p. 234.]

[Note 290: Président à la chambre des comptes. V. t. IX, p. 33-34.]

[Note 291: Emery étoit alors notre ambassadeur près la cour de Savoie.]

[Note 292: C'est la nièce du cardinal, Marie de Vignerot, veuve du marquis de Combalet.]

[Note 293: On disoit que son mariage avec Combalet n'avoit pas été consommé, et Dulot avoit fait à ce sujet, avec les noms MARIE DE VIGNEROT, cette curieuse anagramme: _Veuve de ton mari_. (Tallemant, édit. in-12, t. III, p. 13-14.)]

[Note 294: Il avoit en effet été question, en 1631 et en 1632, alors que le comte de Soissons,--qui étoit, comme on sait, de la maison de Bourbon,--faisoit cause commune avec le cardinal, de marier madame de Combalet avec ce jeune prince.]

[Note 295: Mademoiselle de Lucé, mariée le 7 décembre 1601 au comte de Soissons, et mère du prince dont on vouloit faire le mari de madame de Combalet.]

[Note 296: Aubery, dans la _Vie du cardinal_ (liv. IV, ch. 23), dit au contraire, mais à tort, que c'est madame de Soissons qui avoit proposé le mariage.]

[Note 297: Tallemant est du même avis. «Il l'eût épousée, dit-il, parlant de madame de Combalet et du comte, si elle eût été veuve d'un homme plus qualifié.» (T. III, édit. in-12, p. 13.)]

[Note 298: Gaston d'Orléans, qu'on avoit, à ce qu'il paroît, voulu marier aussi à madame de Combalet, avoit épousé secrètement, en 1632, Marguerite de Lorraine.]

[Note 299: Elle n'eût fait qu'y retourner, car une partie de son veuvage s'étoit passée chez les carmélites; elle n'y retourna pas. Son oncle, désespérant de lui donner un mari, voulut lui donner un beau titre. Il lui acheta, en 1638, le duché d'Aiguillon, dont elle porta le nom jusqu'à sa mort en 1675.]

[Note 300: Le maréchal de Créqui étoit alors aux prises dans le Milanais avec le marquis de Leganez. Il n'obtint pas ce qu'on lui souhaite ici, il ne délogea pas les Espagnols et ne se logea pas dans Milan.]

FIN.

_Le Louis d'or_[301].

_A Mademoiselle de Scudery._

[Note 301: Cette pièce agréable «si souvent imitée» comme l'a dit M. Cousin (_La Société françoise au XVIIe siècle_, t. II, p. 195), ce petit roman monétaire, prototype de tant d'autres, où l'on a mis en scène écus, schellings et même jusqu'à l'humble sou, pour leur faire raconter leur histoire, fut très-remarqué dans la société des précieuses, dont le règne finissoit quand il parut. La première édition fut presque contemporaine des _Précieuses ridicules_. Elle ne portoit pas le titre inscrit ici. Voici celui qu'on lisoit sur sa première page: _La Pistole parlante, ou la Métamorphose du louis d'or_, Paris, de Sercy, 1660, in-12. L'année suivante paraissoit une nouvelle édition avec le titre nouveau qui est resté: _Le Louis d'or; à mademoiselle de Scudéry_, Paris, Loyson, 1661, in-12. Nous n'en connoissons pas d'autre réimpression séparée. Le _Louis d'or_ ne fut de nouveau publié que dans le _Recueil des Poésies du Madame de La Suse_, etc.; et dans celui des _Pièces choisies tant en prose qu'en vers_, dont La Monnoye fut l'éditeur anonyme, La Haye, Van Lom, Pierre Gosse et Albers, 1714, pet. in-8, t. II, p. 241-272. Ces recueils sont rares; les deux éditions isolées du _Louis d'or_ le sont encore plus. On nous saura donc gré de lui donner place dans ce volume. Il le mérite non-seulement à cause de sa rareté et de son tour ingénieux et spirituel, qui en fait l'écrit le moins _précieux_ peut-être qui soit sorti de l'école des _précieuses_, mais aussi à cause de l'attention accordée à son auteur Isarn par M. Cousin, dans le beau livre cité tout à l'heure, et de l'espèce de bruit fait dans un journal spécial, autour de ce même Isarn dont M. A. T. Barbier nioit l'existence, tandis que M. P. Lacroix soutenoit qu'il avoit bel et bien écrit. V. _Bulletin du Bouquiniste_, 1858, p. 271, 359.--Isarn ou Yzarn, dont on ne sait pas l'autre nom, étoit de Castres, comme Pellisson, mais beaucoup plus beau, plus riche, et même, ou peu s'en faut, aussi spirituel quand il falloit s'en tenir à la galanterie.--Tallemant, qui le vit beaucoup chez la femme de son cousin Gédéon Tallemant, dont la passion pour Isarn fit grand bruit, dit de lui (édit. P. Paris, t. IV, p. 389): «Garçon bien fait, qui a bien de l'esprit et qui fait joliment des vers.» On jugera tout à l'heure de la vérité de ce dernier éloge. Il eut force aventures galantes, car il se piquoit peu de constance, ainsi que nous le ferons voir plus loin en son lieu. C'étoit un des assidus de la _société du samedi_ chez mademoiselle de Scudéry ou chez mademoiselle Boquet. Dans la fameuse _journée des Madrigaux_ (20 décembre 1653), dont Pellisson rédigea le procès-verbal, Isarn est présent, et, comme toujours, place son mot et ses petites rimes: «Isarn, dit M. Cousin, pressé de rimer à son tour, répond en vers qu'il lui faut un délai d'une quinzaine, et proteste qu'à l'avenir il aura toujours des impromptus dans sa poche.» Fait-on quelque part gala de précieux ou de précieuses, dîne-t-on, par exemple, chez l'évêque de Vence, Godeau, soyez sûr qu'Isarn est du régal, avec Chapelain, mademoiselle de Scudéry et mademoiselle Robineau. S'il s'absente de Paris pour aller à Bordeaux, il est toujours d'esprit, et de coeur avec ses amis. Ainsi au mois d'octobre 1656, Pellisson écrit à mademoiselle de Scudéry qu'il a reçu deux billets galants d'Isarn, à qui une nouvelle maîtresse qu'il aime fort ne fait pas oublier sa chère société de Paris. Je ne sais ce qu'il devint, ni quand il mourut. Après le temps des _précieuses_, je ne trouve plus Izarn. Un personnage de ce nom, commis de Seignelay, m'est indiqué, par les _Mémoires_ d'Amelot de la Houssaye (t. II, p. 366), comme ayant suivi à Venise ce jeune secrétaire d'Etat; mais ce n'est pas le notre, c'est un de ses parents.]

Sapho, qui recevez de mille endroits divers Tant de prose galante et d'agréables vers, Jettez les yeux sur cet ouvrage: De grâce, daignez le souffrir; Quand j'eus dessein de vous l'offrir, Votre seule bonté m'en donna le courage! Ainsi, rare Sapho, l'ornement de nos jours, Sans chercher de plus longs detours, Ni sans m'excuser davantage, Je vais commencer mon discours:

Ne vous imaginez pas, Mademoiselle, que ce que je vais vous conter soient des nouvelles particulières de la cour; bien que j'y sois depuis quelque temps, je n'en sai pas davantage. Les gens aussi peu considerables et aussi peu empressez que moi la suivent assez ordinairement sans la voir, ou la voyent bien souvent sans la connoître. L'autre jour, m'étant retiré de meilleure heure qu'à l'ordinaire, dans l'oisiveté où je me trouvai, m'amusant à compter ce qui me restoit d'argent pour mon voyage, il me tomba dans la pensée que, si tant de pièces differentes que je tenois avoient du sens et de l'intelligence dans la tête, dont elles étoient marquées, il n'y auroit presque rien qu'elles ne pûssent m'apprendre; et que, l'or et l'argent ayant de tout temps gouverné le monde, on pourroit sçavoir par leur moyen des nouvelles de tous les siècles. A peine avois-je eu cette pensée, qu'une pistole d'Italie[302], que j'avois séparée des autres, prenant brusquement la parole pour toutes, me parla de cette sorte

Comme je te connois discret, Je t'avertis en confidence; Mais n'en dis rien, car c'est un grand secret: A tort vous nous croyez manquer de connaissance; La pluspart des hommes sont fous, Car, bien que nous sçachions nous taire, Nous voyons ce qu'ils font pour nous, Et savons ce qu'ils nous font faire.

[Note 302: Les _pistoles_ étoient une monnoie d'Espagne, mais il en venoit aussi d'Italie. «Elles étoient du poids des louis et au même titre et remède.» Voilà pourquoi Isarn a pu indifféremment appeler la pièce qu'il fait parler _pistole_ ou _louis d'or_. La _pistole_ avoit déjà la valeur qu'on lui a laissée dans les provinces, où son nom est encore employé comme signe monétaire. Elle valoit dix francs; c'étoit aussi le taux du louis. En 1648, pendant les premiers temps de la misère de la Fronde, on le fit monter jusqu'à douze francs; mais, en 1662, le roi le rabattit à son ancien taux. En 1689, par ordonnance du mois de décembre, il revint à sa valeur révolutionnaire et même la dépassa; il fut porté à 12 liv. 10 sols (_Journal_ de Dangeau; édit. complète, t. III, p. 39). Sous la régence, en 1718, il monta d'un tiers; il étoit à 18 livres, et le _double louis_ à 36. «Mon fils, écrit la duchesse d'Orléans (_Nouv. Lettres_, édit. G. Brunet, p. 150), est venu cet après-midi, et nous a apporté l'arrêt qui modifie le cours du numéraire; le louis d'or vaut désormais 36 livres. Ceux qui ont beaucoup d'argent gagneront joliment.» Sous Louis XV, il redescendit à 30 livres, et le louis simple à 15, mais ce fut pour remonter à 20, puis à 24, où nous l'avons vu.--Il y a dans la _Muze normande_ de David Ferrand, 26e _partie_, une ballade _sur le rabais des Louys_, en 1662.]

Je fus fort epouvanté d'une nouveauté si extraordinaire; bien que je n'ignorasse point que les pistoles se mêloient de beaucoup de choses, je ne sçavois pas encore qu'elles sçussent parler. Mais enfin, m'étant un peu rassuré, je lui repartis: «Eh quoi, as tu bien assez d'esprit pour repondre à toutes les questions que je te ferai?»

Alors, avec ardeur reprenant la parole; «Je dirai d'or!» repliqua la pistole.

«Vraiment, lui dis-je, tu ne te contentes pas de parler, tu fais des vers, et, qui pis est, tu fais des pointes! Mais, puisque te voilà de si belle humeur, je suis prêt à t'écouter. Je ne serai pas le premier qui me serai engagé dans des dialogues extraordinaires; en tout cas, puisqu'il y en a dans Lucien d'aussi surprenans, il sera mon garant. Surtout, si tu me veux plaire, entretiens-moi de diverses choses dont tu peux avoir connoissance; conte-m'en des galantes autant qu'il te sera possible, mais au moins que je ne sçache rien de certaines aventures qui ne meritent pas le nom de galanterie, et dans les quelles les pièces de moindre valeur que toi peuvent avoir cours.

Sur cet article, par avance, J'impose un eternel silence Aux ecus d'or autant qu'aux ecus blancs,

«Ne crains point, interrompit gravement un double louis qui mouroit d'envie de parler; si nous avions à l'entretenir de quelque chose qui approchât de l'amour, où l'intérêt peut avoir quelque lieu, nous ne traiterions pas cette matière si grossierement; je ne le parlerois que de ces dons, utiles et secrets, que l'on appelle generosité et grandeur d'âme; que de ces personnes bien faites et bien faisantes[303] qui, pour donner courage à leurs galans, travaillent à leur etablissement et à leur fortune, ou de ces galans industrieux qui sçavent faire des liberalitez si à propos qu'on ne sçauroit les refuser; enfin, de tous ceux qui employent leurs richesses pour l'utilité ou pour le plaisir des personnes qu'ils aiment.

Qui sçait de ses grands biens faire un parfait usage Est magnifique en equipage, Fait tout avec profusion, Tâche à donner souvent bal ou colation; Que s'il peut engager en quelque promenade L'objet dont les beaux yeux l'ont sçû rendre malade, Son carrosse attelé de six chevaux de pris Fait trembler sous ses pas le pavé de Paris; Il se met en campagne, et, sans reprendre haleine, En d'agréables lieux il conduit l'inhumaine. Là l'aimable musique et les mets delicats, Par des soins diligens, ont devancé leurs pas. Cependant, ce train magnifique, Tous ces mets delicats, cette aimable musique, Ce qui devance ou ce qui suit, Et qui gagne le coeur des plus indifferentes, Ce n'est que de l'argent traduit En cent manières differentes.

[Note 303: _Bien faisant_, qui étoit un mot tout nouveau, ne s'écrivoit pas alors tout d'une pièce. On séparoit, comme ici, l'adverbe du participe, de façon qu'ils ne fissent jamais complétement corps et pussent garder l'allure qui leur étoit propre. Ou auroit cru faire une faute alors si l'on avoit dit: _plus bien faisant_. On disoit, comme fit Voiture dans une de ses lettres: _mieux faisant_. Quant à _bienfaisance_, c'etoit un mot créé par Balzac, mais qu'on n'employoit pas. Un siècle après, l'abbé de Saint-Pierre le retrouva (V. _Mémoire pour diminuer le nombre des procès_, p. 37), et on lui en fit honneur comme d'une invention.]

«En effet, poursuivit le louis, recevoir ou donner de l'argent est une chose également honteuse; même après l'avoir donné, quelques-uns tâchent de le ratraper. Une dame de ma connoissance en usa de cette sorte assez plaisamment, il y a quelque temps. Après avoir fait un present considerable à son amant, elle le pria, à deux jours de là, de lui prêter tout ce qu'il auroit d'argent en son pouvoir pour une affaire de consequence qui lui étoit survenue.

Le cavalier, surpris d'entendre ces paroles, De sa mourante bourse arracha ses pistoles, Et, confus autant qu'interdit, Les croyant prêter, les rendit.

«Toutes fois, continua le quadruple, si tu voulois être entierement satisfait, il te faudroit parler à tous ceux que tu viens de remettre dans ta bourse. Quand nous sommes seuls, comme je suis presentement, nous ne sommes pas propres à grand-chose ni ne sommes point d'un fort grand entretien. Cependant, beaucoup de nous ensemble faisons tous les jours des choses incroyables; et c'est en grande compagnie que nous avons contribué au gain de plusieurs batailles, à la prise de plusieurs villes imprenables, et à mille conquêtes amoureuses.» Il m'avertit même de bonne foi que, le plus souvent, la vertu des gens ordinaires n'alloit que du plus au moins[304];

Que leur grand nombre avait des charmes si puissans, Que souvent la plus prude, et que le plus habile, Qui peut resister à deux cens, Se laisse emporter à deux mille.

[Note 304: Isarn, qui étoit très-magnifique dans ses courts amours, savoit mieux que personne le pouvoir des pistoles bien employées pour la conquête d'un coeur. Dans le _Cyrus_ (t. VII, liv. iii), où, comme nous verrons, il est peint sous le nom de _Thrasile_, on le voit toujours en dépense pour quelque maîtresse: «Tantôt il luy donnoit le bal, une autre fois il la surprenoit par une musique. Si elle s'alloit promener et qu'il y fust, il faisoit qu'elle trouvast une collation magnifique.»]

«Je croi fort aisément ce que tu dis, lui repondis-je; mais, quoi qu'il en soit, j'aime mieux ne m'engager en conversation qu'avec toi seul, de peur d'embrouiller la chose.--Tu n'as pas tant de tort, me dit-il; si nous étions plus de deux, nous voudrions peut-être parler tous à la fois, comme font assez ordinairement les hommes quand ils se trouvent plusieurs ensemble. Ecoute-moi donc tout seul, je t'en conjure, et sois persuadé que je te ferai sçavoir des choses assez curieuses. Comme je suis d'un or le plus ancien qu'on puisse trouver, je pourrai te conter mes aventures: car, afin que tu ne t'y trompes pas, j'ai conservé le même sens et la même intelligence que j'ai présentement, dans toutes les formes differentes sous lesquelles j'ai paru. Je fus tiré de la mine sous le règne du dernier Darius, et j'ai vû tout le bouleversement de ce grand empire. Cependant, sans te rien dire de toute la suite de l'histoire, dont je te fais grâce et que je te pourrois conter ici s'il m'en prenoit fantaisie, il me suffira de t'apprendre qu'en ce temps-là je portai la figure du conquerant qui renversa le trône des Perses; et je me contenterai de te faire sçavoir, en passant, quelque chose des amours de ce siècle-là, qui étoient tout à fait differentes de celles de celui-ci. Les langueurs, les plaintes et les desespoirs n'étoient point en usage parmi les courtisans de ce grand prince. Comme c'étoient tous gens accoutumez à de promptes et grandes expeditions, ils avançoient bien plus en un jour qu'on ne fait maintenant en une année. Pour te confirmer en cette verité, souviens-toi de la reine des Amazones.

Rappelle un peu dans ta memoire De Talestris la memorable histoire, Qui, pour se delivrer de ce mortel ennui Qu'on a toujours de trop attendre, Arriva le matin dans le camp d'Alexandre Et coucha le soir avec lui. Mais depuis est venu le règne des fleurettes[305], Veritable chicane en matière d'amour: L'on ne fait qu'en dix ans ce qu'on fit en un jour. Encore, dans ces amourettes Où l'on se brûle à petit feu, Si l'on trouve jamais ou coquette ou cruelle, Ce n'est qu'un pitoyable jeu, Et tout se passe en bagatelle[306].

[Note 305: C'étoit le mot qui, depuis quelque temps, étoit devenu à la mode pour exprimer les _fleurs de bien dire_, dont l'amoureux parfume ses paroles pour faire accepter son amour. Les livres où ceux dont le coeur ne parloit pas d'abondance alloient se fournir de belles phrases avoient même pris pour titre le mot que je viens de dire: _Fleurs de bien dire.... pour exprimer les passions amoureuses de l'un comme de l'autre sexe_, Paris, Guillemot, 1598, pet. in-12; _Les Marguerites françoises, ou Fleurs de bien dire_, etc., Rouen, Behoust, 1625, in-12. Le Nicodème du _Roman bourgeois_ (édit. elzevir., p. 88), «qui estoit un grand diseur de fleurettes», avoit cueilli celles qui jonchoient sa conversation avec Javotte dans ces _Marguerites françoises_.--Chez les Grecs, on disoit, dans le même sens, [Greek: rôda heirein], _parler roses_ (Aristoph., _Nuées_, act. II, sc. 3). Le Noble a voulu chercher une autre étymologie: il a cru que _conter fleurettes_, c'étoit _compter_ à celle qu'on aime une somme d'argent, en cette jolie monnoie du temps de Charles VI sur laquelle étoit marquée une petite fleur, florette. Il s'est trompé. V. _Lettres_ de madame Du Noyer, 1757, in-12, t. III, p. 225.]

[Note 306: Isarn n'étoit pas homme à faire sa pâture de ces creuses bagatelles; il lui falloit l'amour réel et toujours nouveau. Dans le _Cyrus_, où sous le nom de Thrasile il est donné pour le type de l'inconstance, on le voit tour à tour amoureux de quatre princesses (t. VII, liv. III). Cyrus lui en fait reproche, et Thrasile répond: «On peut avoir plusieurs amours sans être infidèle.» S'il n'aimoit qu'un jour, ce jour du moins étoit tout de galanterie et de magnificences, ainsi que nous l'avons fait voir tout à l'heure. Une _Gazette du Tendre_, conservée dans les manuscrits de Conrart (in-fol., t. V, p. 147), nous donne des nouvelles de son inconstance. Elles sont datées d'Oubly: «Il arriva icy, il y a quelques jours, un estranger (M. Izarn) de fort bonne mine, qui, après avoir passé de Nouvelle-Amitié à Grand-Esprit, de Grand-Esprit à Jolis-Vers, de Jolis-Vers à Billet-Galant, et de Billet-Galant à Billet-Doux, s'égara en partant de cet agréable village; de sorte qu'au lieu d'aller à Sincérité, il vint dans notre ville, où il fut un jour tout entier sans s'apercevoir qu'il estoit égaré. Mais aussy, dès qu'on l'en eut fait apercevoir, il partit d'icy avec tant de diligence, qu'il y en a qui assurent qu'il a plus fait de chemin en deux jours qu'il en n'en avoit fait depuis qu'il étoit parti de Nouvelle-Amitié.» Un peu plus tard, on le retrouve à Respect, d'où il part pour Tendre, à la nage.]

«Mais, pour te conter par ordre mes aventures, il faut que je te die que, long-temps après la mort d'Alexandre je tombai entre les mains d'un avare qui, ne se contentant pas de m'enfermer avec plusieurs de mes compagnons, il nous enterra, ce miserable, dans les fondemens d'une vieille tour, et mourut enfin sans s'être servi de son argent ni sans l'avoir enseigné. Nous demeurâmes là plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'on nous deterra par hazard, en creusant pour avoir les pierres des murailles sous les quelles nous étions. Nous fûmes ainsi de nouveau remis au jour, mais nous n'y fûmes pas plutôt que nous trouvâmes une grande difference dans le monde.

Depuis ce long enterrement, Le monde avoit changé de forme et de figure: L'on y parloit differemment; Tout etoit d'une autre nature. Nous n'étions même plus à l'usage de tous, Puisqu'enfin, en sortant de dessous la muraille, Jusques à la moindre de nous, Parvint à la grandeur d'antique et de medaille.

«Aussi fûmes-nous recherchez avec soin des curieux, qui nous firent valoir un prix excessif et qui nous montroient comme le plus rare ornement de leurs cabinets. Je pense que je serois encore entre leurs mains, si mon dernier maître, qui se mêloit de chymie, me jugeant d'un or très-pur, ne m'eût voulu multiplier. Je ne sçache point de tourment qu'il ne me fît endurer. Il essaya toutes choses inutilement; il me fit passer plusieurs fois par le feu;

Mais il ne fit que s'y morfondre. Il eut beau me fondre et refondre, Le bon homme fut confondu, Car je ne fus rien que fondu.

«Je ne demeurai pourtant pas longtemps en cet état: je fus donné à un orfévre, qui m'employa à mettre en oeuvre plusieurs diamans de prix, et fit une boëte de portrait magnifique. A peine étoit-elle achevée, qu'un jeune Romain l'achetta pour mettre le portrait de sa maîtresse. Au reste, comme l'on ne conte jamais d'histoire pareille à celle-ci sans qu'il soit à propos de se souvenir de quelques vers, il faut que je t'en dise, qui ont été traduits en françois, et que j'entendis reciter à notre cavalier un jour qu'il regardoit le portrait de sa maîtresse et qu'il parloit à soi-même, suivant la louable coutume des amans:

Malgré la rigueur de l'absence, L'Amour, qui sçait charnier la plus forte douleur, Vient au secours de ma constance Et tient ce doux propos dans le fond de mon coeur: Vis en repos, Tircis; ta divine princesse Partage en ce moment ta profonde tristesse, Et, par mille transports secondant tes desirs, Elle te rend avec tendresse Et douleur pour douleur et soupirs pour soupirs. Alors, dans l'excès de ma joye, Je sens dans mon esprit tant de charmes secrets, Qu'en quelque rang que je la voye, J'abandonne mon coeur aux plus hardis souhaits. Amour, qui prens le soin d'une flamme si belle, Afin de la rendre immortelle, A nos coeurs amoureux donne une même loi: Que je ne vive que pour elle, Qu'elle ne vive que pour moi!

«Tu jugeras, par ces vers, que c'étoit un simple cavalier qui aimoit une personne fort au-dessus de lui; et je ne l'en dirai pas davantage, car, en matière de digressions comme de folies, les plus courtes sont les meilleures. Aussi, sans m'arrêter à cette histoire, je t'apprendrai que je passai entre les mains d'un autre maître, qui m'employa d'une manière bien differente, quoiqu'au même usage: il me fit servir à cinq ou six portraits en moins de rien, et j'eus le divertissement de voir que tantôt la blonde chassoit la brune, selon que la blonde ou la brune regnoit dans son coeur. J'avois pourtant bien du dépit de ce qu'il en quittoit quelquefois une belle pour une laide, car il ne lui importoit pourvû qu'il changeât. Il ne laissoit pas, après cela, d'avoir des momens bien amoureux; et il me souvient qu'un jour qu'il attendoit sa dernière maîtresse, il dit plusieurs fois d'un air assez languissant, passionnée et chagrin:

Qu'une impatience amoureuse Est un supplice rigoureux! Qu'une heure qu'on attend, et qui doit être heureuse, Cause de momens malheureux!

Quoi! Climène n'est point venue? Cette ingrate ne m'aime pas; Qui pourroit l'avoir retenue, Si l'Amour couduisoit ses pas?

«Enfin, ce galant homme se lassa de celle-ci comme des autres, et, quelque temps après l'avoir quittée, comme il étoit changeant en tout, il fit faire de sa boëte de portrait deux tables de diamans[307]. Nous fûmes ensuite au service d'une dame, qui nous donna bien du plaisir avec ses façons: elle avoit deux galans, dont l'un étoit fort riche et fort sot, mais faisant grande dépense; l'autre étoit bien fait, plein d'esprit et de coeur, mais marchant à fort petit train.

[Note 307: On appeloit _diamant en table_ celui qui étoit taillé de sorte que sa surface restait plane, avec de simples biseaux. Ainsi taillé et enchâssé dans l'or, il servoit surtout pour les bracelets.]

Aussi, pour adoucir cette fière inhumaine, Ecrire juste et parler bien Ne lui purent servir de rien. Il perdit ses pas et sa peine; Car, par un silence eloquent, L'autre, sans dire mot, lui comptoit de l'argent.

«Cependant, le règne de cette belle finit en moins de rien. L'un se lassa de souffrir et l'autre de payer, et je fus separé des diamans avec les quels j'avois été depuis longtemps pour être employé à mille usages differens. Je fus tantôt en bague, tantôt en montre, tantôt en chaîne; mais, sur toutes choses, je devins un des plus jolis cachets du monde. Je portai la figure d'un petit Amour qui, au lieu d'avoir son bandeau sur les yeux, l'avoit sur la bouche, et qui, marchant comme à la dérobée, et fort doucement, tenoit une de ses mains devant son flambeau pour en cacher la clarté; ces cinq paroles étoient écrites autour:

Ni le bruit ni l'éclat[308].

[Note 308: M. Cousin, qui a cité ce passage (_La Société françoise du XVIIe siècle_, t. II, p. 195), pense avec quelque raison que ce cachet, au discret emblème, est une allusion évidente à celui que Conrart, le soir de la _journée des Madrigaux_, avoit donné à mademoiselle de Scudéry: «Le généreux Théodamas, en se retirant, avoit donné à Sapho je ne sais quoy, enveloppé d'un papier bien parfumé, à la charge qu'elle ne le regarderoit que lorsqu'il seroit parti. Ce je ne sais quoy estoit un cachet de cristal, gravé du chiffre de Sapho et du sien mêlés ensemble.»]

«Je pourrois bien te conter ici mille choses si je voulois, mais ma qualité de cachet m'en empêche, et je te puis même assurer que jamais personne n'a rien sçû des mystères dont j'ai été depositaire.

Mon empreinte, toujours heureuse, Ne ferma jamais de poulet, Ni ne servit à de lettre amoureuse Qui vit eventer son secret.

«Il fallut pourtant changer de condition avec le temps. Je fus encore fondu plusieurs fois, et j'ai servi à plusieurs statues; j'ai été employé tantôt à celle d'un héros, d'un demi-dieu, d'une déesse, d'un homme, et tantôt à celle d'un animal. Mais, à la vérité, bien que j'aye été dans tant de conditions differentes, je n'ai jamais pû devenir or potable, quelque soin qu'on y ait apporté: je suis revenu en monnoye plusieurs fois, et il n'y a point d'usage où je n'aye été mis: tantôt j'ai été employé pour payer, tantôt pour prêter, tantôt pour donner, rarement pour honorer la vertu, mais plus rarement encore pour la récompense d'un poëte. Les choses magnifiques qu'ils disent de tous ceux qui leur peuvent faire du bien leur sont presque toujours inutiles.

Leur merite est toujours connu; Mais les grands seigneurs sont étranges, Et qui subsiste de louanges Vit avec peu de revenu.

«Mais, pour ne m'arrêter pas davantage, il faut que je t'apprenne que j'ai presque couru toute la terre, que j'ai été sequin en Turquie, mouton à la grand-laine[309], noble à la rose[310] et jacobus en Angleterre, double ducat en Espagne; et que je te pourrois compter mille sortes de choses; mais j'aime bien mieux qu'on m'accuse d'avoir oublié beaucoup que d'avoir trop dit. Il me suffira donc de t'apprendre qu'après toutes ces aventures, comme je semblois être destiné au service des dames, je fus remis en oeuvre et fus employé en une paire de pendans d'oreilles. Je ne fus pas plutôt en cet état, que je benissois ma bonne fortune, m'imaginant que je ne pouvois manquer d'être du secret de la personne que j'allois servir, et je crus que tous ces petits mots, qu'on disoit si bas, étoient des choses si agréables, que j'aurois un plaisir extrême à les entendre. Je fus pourtant bien attrapé quand je connus que ce n'étoit le plus ordinairement que des secrets que tout le monde sçavoit, que de fausses confidences et que des sottises dites avec precaution. Je m'avisai même qu'il y avoit certains galans qui parloient à ma maîtresse de cette sorte pour faire les importans, ou pour faire croire à ceux qui les voyoient qu'ils n'étoient point mal avec une dame aussi bien faite. Cependant, comme celle-ci étoit fort coquette, et qu'elle écoutoit à droite et à gauche, chacun de nous n'avoit que la moitié de son secret; ce n'est pas que la pluspart du temps ce ne fût la même chose, car ce qui entroit par une oreille sortoit par l'autre: surtout pour les reprimandes d'une vieille dame qui lui faisoit souvent des leçons. Enfin, je n'aurois jamais achevé si je voulois dire tout ce qu'on entend à l'oreille d'une coquette, et tout ce que j'appris au service de celle-là! Elle l'étoit si fort qu'après avoir trompé tout le monde, tout le monde la quitta.

[Note 309: C'est un mot que maître Isarn a trouvé dans Rabelais (liv. I, ch. 8, § 3, et liv. III, ch. 2). On appeloit ainsi une monnoie d'or fin qui eut cours depuis saint Louis jusqu'à Charles VII. Elle valoit 12 sols 6 deniers d'argent, et portoit sur la face un _agneau_, avec ces mots autour: _Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis_.]

[Note 310: Monnoie d'or qu'Édouard III fit frapper en 1344. On l'appeloit _noble_ à cause de la pureté de son or, et _à la rose_ parce que sur le revers elle portoit la rose de Lancastre et d'York. Dans les _Bigarrures de Des Accords_, 1608, in-12, p. 14, se trouve représenté un noble à la rose à l'effigie de Henri VIII; il valoit alors cent sous, d'après le taux réglé par l'ordonnance de 1532. Les plus beaux étoient les _nobles de Raymond_, qu'on appeloit ainsi parce qu'on croyait qu'ils avoient été faits avec l'or que Raymond Lulle avoit, par oeuvre hermétique, fabriqué pour le roi d'Angleterre. V. Delecluze, _Notice sur Raymond Lulle_, p. 28.]

Vous qui pensez avec adresse Fourber et coqueter sans cesse, Même chose vous aviendra, Autant vous en pend à l'oreille; Et quiconque coquetera Craigne une avanture pareille.

«Enfin, après m'être beaucoup ennuyé avec la belle dont je viens de parler, je faillis à perir absolument, car une demoiselle suivante nous vola et me separa des emeraudes avec les quelles j'étois depuis un temps si fâcheux; si bien que je fus brisé en mille pièces et mis au billon avec quelque passement d'argent[311]. Je ne fus pas plutôt en cet etat qu'il ne tint presque à rien que je ne fusse donné à ces hommes impitoyables et cruels qui, à force de coups de marteaux, mettent l'or en feuille ou en couleur. J'étois anéanti, si cette dernière aventure me fût arrivée, et je te laisse à penser le grand plaisir que j'aurois eu, ou quel avantage ce doit être de servir à la dorure d'un plancher, d'être appliqué au derrière d'un carrosse[312], ou de finir malheureusement sa vie en papier doré! Ma bonne fortune me garantit de tous ces malheurs, et je suis parvenu à la dignité et en l'etat où tu me vois, dans lequel je souhaite de demeurer à jamais. Car, ni l'image de tant de princes que j'ai portée, ni la figure du grand Alexandre que j'ai conservée durant tant de siècles, ne m'embellissoit point tant que celle du jeune heros que je porte aujourd'hui, qui, avec toutes les vertus qui manquoient à l'autre, et avec encore plus de courage que lui, s'il ne venoit de donner la paix, auroit trouvé la conquête de tout le monde aisée[313].

[Note 311: Les passements d'or et d'argent venoient d'être interdits par l'ordonnance du 27 novembre 1660, et comme notre louis d'or, le billon, où l'on fondoit les pièces décriées, les attendoit. V. notre t. I, p. 224.]

[Note 312: Les carrosses «où tant d'or se relevoit en bosse» étoient alors un luxe à la mode. Pendant la Fronde, on les avoit dédorés (_Oeuvres_ de Sarazin, 1696, in-8º, p. 383), mais ensuite ils ne brillèrent que de plus belle. En 1706, il fallut contre le scandale de leur dorure une défense du roi. (_Corresp. administr. de Louis XIV_, t. II, p. 829.)]

[Note 313: Un petit roman satirique qui reprit, un peu modifié, le titre de cette pièce, ce qui l'a souvent fait confondre avec elle, bien qu'il lui soit très-postérieur, _Le Louis d'or politique et galant_, 1695, in-12, est aussi amer contre Louis XIV vieillissant qu'Isarn est ici flatteur pour sa jeune royauté.]

Aux lauriers immortels qui couronnent sa tête Jules vient de mêler les myrthes de l'Amour, Un calme bien heureux succède à la tempête: La Discorde est rentrée en son triste sejour. Nous ne verrons former nos heureuses années Que de beaux et paisibles jours. De nos cruelles destinées Jules vient d'arrêter le pitoyable cours.

«Cependant il est temps que je finisse, de peur de t'ennuyer, et que je te laisse en repos pour ce soir. S'il te prend fantaisie d'en sçavoir davantage, tu n'as qu'à t'informer à d'autres pièces à qui il sera arrivé des choses d'une nature différente.»

Notre dialogue finit ainsi, et le louis n'eut pas plutôt cessé de parler, que je pris la resolution d'avoir, quelques jours après, une pareille conference avec les autres: à quoi je n'aurois pas manqué, si toute cette bonne compagnie ne se fût bientôt separée, et si je n'eûsse vû, avec un deplaisir tout à fait sensible, qu'il m'était impossible de faire de longues conversations, et retenir long-temps mon argent avec moi.

* * * * *

_Reponse de Mademoiselle de Scudery._

Vous sçavez bien, Monsieur, que je suis accoutumée d'entendre parler des lapins, des fauvettes et des abricots[314]; mais après tout je n'ai pas laissé d'être surprise de la conversation que vous avez eue avec votre louis d'or, et je le trouve si bien instruit des choses du monde que j'en suis étonnée.

[Note 314: Illusion à des fables, allégories et autres pièces faites sur ce sujet par Mlle de Scudéry ou à elles adressées. Dans le _Recueil de vers choisis_, 1701, in-8º, p. 123, on trouve, sous son nom, des stances avec ce titre: _La Fauvette à Sapho, en arrivant à son petit bois, suivant sa coutume, le 15 avril_.]

Quand il seroit du temps des premiers jacobus, Des nobles à la rose et des vieux carolus, Il ne sçauroit pas plus de choses. Ovide a moins que lui fait de metamorphoses. Il fait aux plus galans d'agréables leçons; Il raille, il fait des vers de toutes les façons. Mais ce qu'il fait de plus etrange, C'est qu'entre mes mains il se range; Car ses frères ne m'aiment pas. Ils n'ont aussi pour moi que de foibles appas, Et par le mepris je m'en vange. Mais pour ce Louis d'or que je reçois de vous, De qui la gloire est immortelle, Qui ne craint plus ni touche ni coupelle, Il fait seul un trésor dont mon coeur est jaloux.

Voilà, Monsieur, tout ce qu'une malade vous peut repondre; mais je vous assure que ce n'est pas tout ce qu'elle pense, et que, si Sapho se portoit bien, elle vous loueroit de meilleure grâce et vous remercieroit avec plus d'esprit. Que sçay-je même si, passant des louanges de votre Louis d'or à un sujet plus relevé, elle ne se sentiroit point inspirée de vous parler:

D'un Louis dont la vie, en merveilles feconde, Est l'ouvrage du ciel et le bonheur du monde, Dont le bras triomphant et les charmes vainqueurs Domptent les nations et captivent les coeurs; D'un Jule dont les soins redonnent à la France Les jeux et les plaisirs, la paix et l'abondance, Qui va faire couler dans nos heureux climats Ces larges fleuves d'or, la force des Etats, Et gemir de regret le Pactole et le Tage Que la Fable a flattez d'un pareil avantage; D'un Jule dont les soins ont nos desirs bornez; Dont les sages conseils, justement couronnez, Font voir à l'univers que la plus belle gloire Est de cesser de vaincre au fort de la victoire.

Mais je m'apperçois que ce sujet là est trop relevé pour moi, et qu'il vaut beaucoup mieux ne rien dire que de n'en pas dire assez. Il n'en est pas de même de vous, Monsieur; au contraire, je vous exhorte à faire quelque ouvrage plus grand à la gloire de ceux que vous avez loués en huit vers seulement, car il ne faut pas faire des portraits en petit d'un grand héros, comme on en fait d'une maîtresse, puisqu'on ne doit avoir les uns que pour les cacher, et que les autres doivent être vus de tout le monde.

FIN.

_Le Cotret de Mars, avec le fagot, la fascine et le gros bois, pour feu de joye à la France._

M.DC.XVI.

Petit in-8[315].

[Note 315: Cette pièce est une des plus rares de celles qui ont été faites contre le maréchal d'Ancre et son entourage. Elle rappelle, par le tour qu'y prend la satire, cette épigramme contre l'abbé Terray, qui, suivant les _Mémoires secrets_, couroit Paris au mois de décembre 1774:

Grâce au bon roi qui règne en France, Nous allons voir la poule au pot: Cette poule c'est la Finance, Que plumera le bon Turgot. Pour cuire cette chair maudite, Il faut la Grève pour marmite Et l'abbé Terray pour fagot.]

Mars inutile, en temps de tresve, Pour ayder à fournir la Grêve, S'amuse à tailler des cotrets: Il y met cinq rameaux en nombre, Tirez des halliers[316] de qui l'ombre Gaste ainsi nos jeunes forests.

Tous les cinq sont divers d'escorce, De tronc, de matière et de force; Mais tous cinq, comme chacun sçait, Sont propres pour un feu de joye Dans le Royaume, afin qu'on voye L'effect du pseaume trente-sept[317].

Le plus gros tizon, qui tout pare, C'est l'homme à la fortune rare, Roy de _Metz_, sieur de Cadillac[318]. Il est sec et de bois de tremble, Depuis qu'il voit armer ensemble Tant d'enquesteurs sur Ravaillac[319].

Il joint la _Verge_ de Florence[320]; Mais leur bonheur a difference D'un poinct que j'admire souvent: C'est que l'un, tournant le derrière, A gaigné la charge guerrière, Et l'autre en poussant le devant.

Celuy qui sans _O_ rien ne scelle, Soubs qui la Justice chancelle[321], En est le troisiesme baston, Qui, couvert de cire bruslable, Fors l'ecorce, a le coeur semblable Aux arbres qui portent _Cotton_[322].

Son _frère_[323] à patte ravissante Estoit de race florissante; Mais comme son sort est mouvant, Luy à qui l'Infante d'Autriche Commit son affiquet plus riche Est demeuré de bois puant.

S'ensuit pour la cinquiesme pièce Un surgeon de plus vile espèce, Mais tant raboté, tant _Dolé_[324], Qu'il ne le faut pas mettre en cendre; Mais pour noyer il le faut prendre, Ne meritant d'estre bruslé.

_Bullion_[325] sert de hart pliante[326], Fauce, tortuë et bien liante, A ce très-mistique fagot: C'est la plus dangereuse branche: Car avant que le feu la tranche N'approcheroit pas un magot[327].

Soubs cela, comme une fascine, Mettez-moy la seiche _Conchine_[328], Pour faire un feu clair à la fois, Et dessus, si la France unie Se veut sauver de tyrannie, Le _roy d'Espagne_ pour gros bois[329].

[Note 316: Si cette pièce eût été faite après l'assassinat de Concini, nous croirions qu'il y a encore ici une allusion. Le frère du capitaine des gardes, frère de Vitry qui porta le premier coup à Concini, s'appeloit Du Hallier. (Tallemant, édit. in-12, t. I, p. 192.)]

[Note 317: C'est dans ce psaume que David parle le plus éloquemment des disgrâces qui l'accablent, et dont triomphent ses ennemis: _Quoniam iniquitates meæ supergressæ sunt caput meum; et sicut onus grave, gravatæ sunt super me_.» (Verset 5.)]

[Note 318: Il s'agit du duc d'Epernon, qui cumuloit le gouvernement de Metz et celui de la Guienne, où se trouve Cadillac. Dans une autre pièce de la même année, _Pasquin_, ou _Coq à l'asne de Cour_, p. 12, il est aussi parlé des prétentions du duc à se faire roi dans son gouvernement de Metz:

Il est fin ce vieux roy de Mets.... Ainsy l'evesque de Coulongne Autre fois se fist souverain.]

[Note 319: On sait qu'il passoit publiquement pour complice de Ravaillac; on disoit même que c'est lui qui avoit porté au roy le dernier coup de couteau. La tragédie de Legouvé, _la Mort de Henri IV_, roule tout entière sur cette complicité de d'Epernon.]

[Note 320: Il s'agit d'un des _coglioni_ que le maréchal d'Ancre avoit à sa solde, et dont nous avons déjà parlé, t. IV, p. 19, 25; mais duquel est-il ici particulièrement question? Je ne saurois le dire, Le _Pasquil Picard coyonnesque_, 1616, in-8, p. 4. parle ainsi en son patois de la sequelle italienne que traînoit après soi Concini:

Ce conquerant et monarque d'Idée Void tous les jours sa fortune en fumée Assisté par un tas de mors de faim (_sic_) Qu'il a choisi, achepté de sa main Des thresors pris dans la Bastille. Voyez qu'il a sa main habile A bien compter et par millions Soudoyer nombre de Coyons.]

[Note 321: C'est le nom de Claude Mangot, fait tout nouvellement _chancelier_, qui se cache sous ces allusions à équivoques. Au commencement de l'année 1616, après la paix de Loudun, dont le renvoi du chancelier Sillery avoit été une des conditions, du Vair, président au parlement d'Aix, avoit été investi de cette charge. Quelques mois après il ne l'avoit plus, Mangot l'occupoit à sa place. La résistance de Du Vair aux volontés de la reine et du maréchal, qui avoient résolu l'arrestation du prince de Condé, et la complaisance de Mangot pour ce même désir, avoient fait la prompte disgrâce de l'un et l'élévation inattendue de l'autre. La place de secrétaire d'Etat, laissée vacante par Mangot, fut donnée à l'évêque de Luçon, qui, lisons-nous dans les _Mémoires_ du maréchal d'Estrées, p. 324, «ne fut pas longtemps secrétaire d'Etat sans être considéré comme un homme rare, d'un mérite extraordinaire.» Vous avez reconnu Richelieu. Cela se passoit à la fin d'août 1616. Notre pièce, qui fait allusion à Mangot, comme chancelier, est donc des derniers mois de cette année-là.]

[Note 322: Le célèbre père Cotton, jésuite, qui fut confesseur du roi jusqu'à l'assassinat du maréchal, accompli, comme on sait, au mois d'avril 1617.]

[Note 323: Anne Mangot, frère du chancelier, qui, après avoir eu quelque part, comme négociateur, au mariage du roi et d'Anne d'Autriche, n'eut cependant pas d'emploi plus élevé que celui de maître des requêtes. Tallemant donne à entendre que c'était un assez faible esprit. (1e édit., t. IV, p. 51.)]

[Note 324: Louis Dollé, intendant des finances, l'un des hommes qui étoient le plus à la complaisance de Concini, et par là le mieux en passe pour les hauts emplois. Peu s'en étoit fallu qu'il n'eût les sceaux, deux ans auparavant, au moment des États. Il fut grand bruit alors, d'après le _Financier à Messieurs des Etats_, 1614, in-8, p. 38, «de la promesse faicte au seigneur Louis Dollé, d'estre chancellier de France, de Navarre et des Roynes, à la première boutade du marquis, pour les bons advis et conseils qu'il baille contre les pouvoirs et authoritez.» Il mourut à la fin de 1616, peu de temps après la mention malveillante qui est faite ici de lui.]

[Note 325: Claude Bullion, dont la fortune commençoit alors. Il avoit pris part vers ce temps-là aux conférences de Soissons, et l'on avoit parlé de lui pour la place de chancelier de la jeune reine. (_Lettres de Malherbe à Peiresc_, p. 434.) Mais, peu après, un caprice du maréchal d'Ancre lui fit tout perdre. Richelieu, qui le fit surintendant des finances, le lui rendit, et de reste. Voir sur lui t. IX, p. 32-33.]

[Note 326: La _hart_ est cette branche flexible qu'on prend pour lier un fagot. Elle le serre comme la corde sur le cou du pendu, de là vient que celle-ci s'appeloit aussi une hart. V. _Anc. Théâtre_, t. II, 45; VII, 25; VIII, 101; et _Caquets de l'Accouchée_, p. 172, où se trouve rappelé le proverbe: «La _hart_ sent toujours le fagot.»]

[Note 327: Il y a encore ici quelques allusions au chancelier Mangot, qui, dans les chansons et pasquils du temps, n'est pas en effet appelé autrement que Magot. Au bas de l'une des estampes qui parurent après l'assassinat de Concini, avec ce titre: _Tableau et emblesme de la detestable vie et malheureuse fin du maistre Coyon_, on lit, entre autres stances satiriques:

Magot, leur Suçon et Barbin, Sont tout au plus haut de la roue Et au bas quand le Coyon joue Vieille-Foy, Du Vray et Nanin.

Du Vray, Vieille-Foy et Nanin Sont maintenant au haut estage; Le Coyon n'est plus dans la cage: A bas Magot, Suçon, Babin.

_Babin_, c'est Claude Barbin, contrôleur général des finances; _Suçon_, c'est l'évêque de Luçon, Richelieu; _Du Vray_, le chancelier Du Vair, congédié; _Vieille-Foy_, Villeroy, ministre disgracié aussi; et _Nanin_, le président Jeannin.]

[Note 328: La femme de Concini, Eléonora Dori, qui se faisoit appeler Galigaï, «parce qu'à Florence, dit Tallemant (édit. in-12, II, p. 194), quand une famille est éteinte, pour de l'argent on peut avoir permission d'en prendre le nom, et c'est ce qu'elle a fait.»]

[Note 329: Concini étoit vendu au roi d'Espagne, qui par là semble bien digne à notre satirique d'être compris dans l'autodafé.--Nous avons parlé en plusieurs autres pièces des richesses immenses entassées par Concini, et qui lui venoient soit de ses connivences avec l'Espagne, soit de la dilapidation de nos finances; nous ajouterons ici une note à propos des trésors que, plus de trente ans après son assassinat, le peuple croyoit encore enfouis dans l'hôtel du maréchal, rue de Tournon: «Bruit par Paris, écrit Dubuisson-Aubenay, dans son _Journal_ manuscrit, sous la date du 23 avril 1650, qu'hier au soir on travailla par ordre de M. le duc d'Orléans dans le jardin de l'hôtel des ambassadeurs extraordinaires, où loge à présent le duc de Damville, comte de Bryon, qui est allé en son gouvernement de Limousin et y a laissé sa femme: et ce pour chercher deux cent mille pistoles qu'un advis, venant d'Italie, envoyé par une femme, devoient estre cachées en terre, en ce lieu là, dès le temps que le maréchal d'Ancre y demeuroit.»]

FIN.

_Menipée de Francion, ou response au Manifeste anglois_[330].

[Note 330: Ce manifeste est celui que le duc de Buckingham avoit daté de son bord, le 21 juillet 1627, veille de son débarquement à l'île de Ré. Il y expliquoit les raisons qui avoient déterminé le roi Charles à l'envoyer avec une flotte au secours de La Rochelle, «par pur zèle de religion». (Leclerc, La _Vie de Richelieu_, 1724, in-12, t. I, p. 301.)--On verra tout à l'heure que, malgré l'exacte police de Richelieu, des exemplaires de ce manifeste s'étoient glissés jusque dans Paris, et se vendoient sous le manteau. Le cardinal prit alors le parti d'y faire répondre, et choisit une des bonnes plumes qui fussent à son service. Nous connoissons en effet peu de livrets de ce temps où il se trouve autant d'esprit et de verve. Il est probable que Richelieu fut pour beaucoup dans l'inspiration de ce pasquil, peut-être même dans sa rédaction, et j'assurerois qu'il en fut content. L'auteur, que nous ne connaissons pas, avoit pris avec intention le pseudonyme de Francion, qui accusoit bien sa qualité de François et le but tout patriotique de sa réponse. C'étoit du reste un nom aimé de Richelieu. Nous le trouvons porté par le personnage qui parle pour la France dans la tragédie d'_Europe_, qu'il fit en collaboration avec Desmarets.]

_Omne malum ab Aquilone._

Il ne vint jamais d'Angleterre Bon vent, bonne gent, bonne guerre, Bonne guerre ny bonne gent; Beaucoup plus de plomb que d'argent. Pour n'estre attaint du vent de bise Qui souffle du bord de Tamise, Et de l'infidelle Albion, Lisez ce qu'escrit Francion.

_A Paris, chez Jean Bessin, rue de Reims._

M.DC.XXVII.

Il se porte sous la cape, et se distribuë au coing des ruës, à l'escart des commissaires. Ce n'est pas un vieux boucquin, boucquin (_inquam_)[331] comme ces vieux calepins, c'est un livret; il est de peu de feuillets, doré sur la tranche, couvert de peau de beste rousse, qui sent un peu mal, ou bien le colporteur qui le cachoit sous ses aisselles. Un maistre ès arts le marchandoit, qui, ne pouvant souffrir l'odeur, en recherchant la cause, il s'écria: _Hircum sub alis_[332]. [Greek: Tetragmachalos]. Survint un courtisan qui dissipa la mauvaise odeur avec son colletin parfumé[333].

[Note 331: Notre Francion joue ici sur le nom du duc de Buckingham, que l'on prononçoit alors partout en France _Boucingant_.]

[Note 332: Encore une allusion au nom du duc, dont, je viens de le dire, la première syllabe, telle qu'on la prononçoit, était bouc.]

[Note 333: Il étoit toujours à la mode, parmi les courtisans, de porter de ces collets «de peau de daim parfumé», _coleto de ambar_, dont parle Cervantes (D. Quichotte, ch. 23), et qui s'appeloient chez nous _collet de fleurs_ ou _collet de senteur_. «Mon collet de fleurs, dit Montaigne (liv. I, Ch. 22), sert à mon nez; mais, aprez que je m'en suis vestu trois jours de suite, il ne sert qu'au nez assistant.»]

_Pastillos Ruffinus olet, Gorgonius hircum_[334].

Ayant achepté ceste droguerie du Pont-Neuf, ce menu fatras, en la première page il y avoit en taille doulce un oyseau de proye, d'un plumage roux, quasi comme ce grand oyseau que l'on porte à la vollerie pour amasser les jays et agasses[335], que l'on appelle duc ou ducquet[336]; il estoit un peu plus petit. Il y avoit un escusson timbré de liseaux comme ceux que les valets de feste estallent pour le bal le jour de la feste de village, des bouffantes jartieres[337], et aux entrelas il y avoit en grosses lettres cette devise: _Honny soit qui mal y pense_. D'un autre costé estoit une grande déesse portant sur le front ces mots: [Greek: Charos amalthias]; elle estoit guirlandée de fleurs blanches trois à trois, qu'un petit bouc voulloit brouter, mais Mercure de son caducée luy donnoit sur les cornes, et luy disoit ce quolibet: _Ce n'est pas pasture de capricorne, c'est le moly des Dieux_ et la Nephante: je dis le _moly_, et non le _mol lis_. J'admiray ces figures énigmatiques, et, ayant ouvert le cahier et entamé le discours, je recogneu que c'estoit le ramage d'un oiseau passager que l'on avoit sifflé à la perche, et appris un françois corrompu, tel que le vieil normand que l'on parloit du temps de Guillaume le Conquerant, un langage d'outre mer, qui ne venoit ny du Levant, ny du Midy, mais du Septentrion, de bise ou Soubise[338]. Cet oyseau s'estoit essoré l'aisle sur une roche, et à ses vervelles[339] il y avoit, en grosses lettres: ROCHE AISLE; il estoit de la grandeur d'un tiercelet[340], se se disoit souverain de l'aigle, le pelican des chrestiens, la colombe qui porta le rameau d'olive hors de l'arche de Noé, et se donnoit mille autres fanfares et banderolles de vanité; hagard neantmoins et mal leurré pour gibier sur terre; fort bon pecheur, neantmoins il ne valoit rien que sur la marine, car sur terre il estoit _tanquam piscis in arido_; il faisoit force bruit du battement de ses aisles, comme un cormorant gorgé de poisson quand il sort de l'eau. Ce livre ne portoit le nom de son père, et toutes fois il s'appeloit _Manifeste_; l'on l'impute à un advocat qui de despit quitta le barreau et se mulcta luy mesme, et comme Icare de sa cheute signala la mer de son naufrage, s'etant mulcté luy mesme[341], il en a pris son nom. Il fut plus heureux en robbe courte qu'en robbe longue, il se fist ambassadeur volontaire et sans charge, traffiqua de toille de Hollande et de plusieurs negoces, grand zelateur de la cause, si sçavant aux controverses qu'il faisoit la nicque à Tilenus[342], jusques à disputer la palme du ministère, messager des grands de son party, furet de cour, passe-partout. Ce livre apologetique estoit brouillé d'un jargon funeste, injurieux, insolent, digne du poinçon de la loy Remnie[343], un discours de renegat, d'un denaturé François, d'un parjure à sa nation, qui fait leçon publique en anglois, afin, par le barbarisme d'une langue baltique, de profaner la pureté de la nostre. Ce manifeste thrasonique, libelle de presomption, comme disoit le maistre ès arts, _projicit ampullas_, etc. Il commence par l'enflure d'une emphase boucquinesque: _Quelle part les roys de la grande Bretagne ont tousjours pris des affaires des Eglises reformées de ce royaume de France? Quelle part, ô manifeste!_ Ce n'est pas la part de Marie Magdelaine ny de Marthe, c'est la part d'Esaü, et de ce mauvais voisin, ce laboureur, _qui superseminavit zizania, etc_. C'est la part des soldats qui jouèrent la robbe sans couture, qui l'ont deschirée; la part qu'usurpa Henry VIII, la primogeniture de S. Pierre, que lui et ses successeurs ont usurpée, et l'ont faict tomber en quenouille. Mais qui vous a donné l'authorité, homme de delà les mers, de faire le tuteur de ceux qui ne sont ny vos enfants, ny vos pupilles, ny vos sujets? Pourquoy venez-vous en la maison du père desbaucher ses enfants et les soustraire de leur obeïssance? Vous respondés que c'est le soing des Eglises reformées. _Scilicet hic superis labor est, ea cura quietos sollicitat._ Vostre Anglicane est du tout differente de celles de France, elles n'en recognoissent ny le langage ny les ceremonies; celle de vostre père Jacques estoit contraire à celle des puritains et calviniens, qu'il detestoit, se plaignant de l'avoir voulu estouffer dès le berceau. Vostre Eglise angloise est contraire en habits, moeurs et police; elle retient une forme exterieure du clergé: ses evesques sont mitrés et crossés, les doyens et chanoines portent bonnets, robbes et aumusses, chantent en vulgaire, solemnisent les festes des apostres et celle de leur sainct George à cheval, avec les banderolles de leur ordre; et nos ministres de France sont docteurs en robbe courte, portent le castor, sont emmantelés de panne de soye, peignés et godronnés sur la rotonde, equippés à la mode et qui sortant de la chaise peuvent entrer au bal au mesme habit qu'ils ont presché. Et puis dites maintenant que le soing des Eglises de France vous a fait descendre en Aulnis[344]? Vous avés, dites-vous, recherché l'alliance de France[345]. Il est vray, c'estoit le plus glorieux advantage que monarque de l'Europe peust esperer, c'est le surhaussement de vostre Estat, et le solstice de Vostre Majesté. Je louë cette alliance, je blasme et deteste l'infraction de ceux qui, ayant promis un temperament politique aux affaires de la religion, et une souffrance telle quelle aux catholiques, dès le lendemain de arrivée de la reyne leur ont deffendu l'entrée de la chapelle à coups de hallebarde, ont chassé son evesque et ses prestres, contre les articles du mariage. Qui a commencé la querelle[346]? «L'on avoit promis de rompre le fort», ce dit l'Anglois[347], le François respond: «Vous aviés promis de faire ouvrir la Rochelle et la faire obeyr.» Le roy conservoit ses sujects en la seurté des edicts; ils estoient non seulement gardés, mais amplifiés. Et ainsi, Manifeste, pour vous rendre vos mots, vostre maistre n'estoit eludé c'est vous qui avés illudé le nostre, et nous faites des illusions; c'est pourquoy il m'est permis d'alluder sur vostre nom. Vous luy deviez conseiller le voyage du Palatinat, le restablissement de on beau-frère en son Estat, usurpé depuis tant d'années[348]; c'estoit là son Maraton et la glorieuse lice de ses entreprises, et non pas fomenter des rebelles à leur prince: il falloit remettre le Palatin. Je vous en dirois davantage en autre langue, mais vous n'estes pas Latin, moins bon François; je passe pour Romain, et vous Anglois, comme vous le professés et escrivés en vostre _Manifeste_, que vostre roy a patienté au delà de la patience. Il n'a point esté moyenneur[349] de paix; elle estoit auparavant vostre alliance, et si elle a esté esbranlée depuis, la cause en est plus manifeste que le nom de vostre satyre. L'on avoit promis la demolition de Fort-Louys, l'on avoit promis à Louys une plaine et absoluë obeïssance de ses sujets[350], et une entrée en ses villes sans train limité. Qui a deu commencer à accomplir, ou le maistre ou le vallet, ou le prince ou le sujet? Le Fort-Louys est une hostellerie pour loger ceux qui arrivent tard, les portes fermées, et si l'on ne veut souffrir que le gouverneur de la province loge en ville, au moins que le bourgeois de la Rochelle luy permette de demeurer dans les faux-bourgs, ou en la banlieue, et le Manifeste est si incongru au langage françois qu'il ne veut souffrir les diminutifs _Roche_, _Rochelle_, _Rochellete_. Chacun peut bastir sur son fond ce qui luy plaist, et aux villes les plus republiquaines à la portée d'un mousquet. Le fort n'est qu'un monceau de gazons, l'on batist tous les jours de nouvelles villes: Nancy, Charleville, Boisbelle[351], Orange; souffrés que les roys facent ce que fait un chacun. Le fort est une petite colonie où le brave Arnault avoit commencé une belle police, que le vaillant et courageux Thoras[352] avoit amplifiée; les bourgeois y entrent librement et seurement, les villageois y viennent au marché; que si l'artisan quitte sa boutique et fait le mutin, pour luy apprendre le droit civil on luy fait à la volée quelque petite leçon de droict canon, qui faict plus de bruict que de mal: comme quand il fait trop chauld, le temps se rafraischit par un ou deux esclats de tonnerre, mais cela n'est que _brutum fulmen_. Le fort incommode la ville; dittes: la ville incommode le fort; le puissant foulle le foible. La Rochelle fut jadis un second d'Anvers, la retraitte de bons et riches marchands, bons François, bons sujets; maintenant elle est remplie d'estrangers, de coureurs, de picoreurs, la grotte de Cacus, la tasnière des renegats, le bureau des rançonneurs; depuis deux ans l'on n'en a peu approcher à plus de vingt lieues à l'entour. Les messagers et ordinaires de Bourdeaux, Perigueux, Limoges, et tout le Poictou, ont esté contraincts de marcher en trouppe avec escorte; les juges magistrats et conseillers des cours souveraines ont esté pris, destroussez et mis à rançon, et cependant le Manifeste les figure non comme loups, mais comme brebis, comme simples colombes, et non comme sacres et vautour: _Introrsum turpes speciosa pelle decori_. Mais qui a commencé la querelle, qui le premier a rompu, qui a saisi et arresté les marchands et les vaisseaux, qui a picouré, qui a fourragé, depredé, piratisé et pilatisé? L'on demandoit à un Lacedemonien comment il avoit esté blessé: _Prodente me scuto_. Nostre bouclier, c'estoit la paix, on l'a percé à l'improviste; l'on a plutost frappé que denoncé, contre le droict des gens, contre les loix sacrées des alliances. Il n'y a nation si barbare qui auparavant que d'armer ne denonce: l'on envoyoit des herauts que les Romains appelloient _foeciales_: _Habemus_, disoit l'orateur, _hominem in foecialium manibus educatum, in publicis foederum religionibus sanctum et diligentem_; ils renvoyoient les arres et gages de l'alliance, les roys renvoyent les ordres, et ne font la guerre à pied levé comme les nomades, les Tartares, qui enlevent d'emblée et destroussent sans recognoistre. Il ne faut plus dire que l'on est surpris _de Gallico_, il faut dire _de Anglico_.

[Note 334: Horace, liv. I, sat. 2, v. 27. Au lieu de _Ruffinus_ il faut lire _Rufillus_.]

[Note 335: On sait que c'est l'ancien nom de la pie.]

[Note 336: Allusion au titre de Buckingham.]

[Note 337: Allusion à la jarretière qui entoure l'écusson d'Angleterre.]

[Note 338: Allusion par équivoque au duc de Soubise, qui, avec son frère aîné le duc de Rohan, avoit fait alliance avec l'Anglois et s'étoit mis en guerre ouverte contre le roi. Richelieu n'ignoroit rien de ses menées; il savoit notamment qu'il avoit fait main basse sur plusieurs vaisseaux français. Pour toute réponse à cet acte de rebelle, il s'était contenté d'écrire, vers le milieu de juillet de cette année, à M. de Maillezais, «fera venir un commissaire pour raser Soubise.» C'était la demeure seigneuriale du duc sur la Charente, près de Marennes. (Avenel, _Lettres, instruct. diplomat. et papiers d'Etat du Card. de Richelieu_, t. II, p. 506.)]

[Note 339: C'étoient les anneaux ou plaques que l'on attachoit aux pieds de l'oiseau de proie, avec l'empreinte des armes du seigueur auquel il appartenoit.]

[Note 340: On appeloit _tiercelet_ le mâle des oiseaux de proie: _faucons_, _autours_, _gerfauts_, _éperviers_.]

[Note 341: Malgré cette allusion assez transparente au nom de l'avocat à qui le _Manifeste anglois_ étoit attribué, nous n'avons pu découvrir qui il étoit au juste.]

[Note 342: C'est le grand controversiste protestant, le Silésien Daniel Tilenus, qui vivait encore à cette époque. On l'accusoit d'avoir fait l'_Anti-Coton_, libelle alors fameux. V. le _Borboniana_, à la suite des Mémoires de Bruys, t. II, p. 271.]

[Note 343: Encore un jeu de mots; cette loi _Remnie_ n'est invoquée que parce que l'auteur du manifeste avoit _renié_ notre cause.]

[Note 344: Nous avons déjà dit plus haut que le principal prétexte allégué par le _manifeste_ au sujet de la des Anglois à l'île de Ré étoit la défense des réformés.]

[Note 345: Le manifeste déclaroit, en effet, que le roi de la Grande-Bretagne avoit recherché la soeur du roi de France, mais il ajoutoit que le mariage avoit eu lieu surtout pour que le roi fût mieux en état d'appuyer les François réformés.]

[Note 346: V. à ce sujet une des pièces précédentes, p. 165-166.--Au chapitre VI des _Mémoires_ du comte Leveneur de Tillières qui étoit alors notre ambassadeur à Londres, il est aussi parlé fort en détail de la mesure qui força les prêtres françois de s'éloigner du service de la reine femme de Charles Ier, et cette proscription y est en partie attribuée au duc de Buckingham. On conçoit d'autant mieux qu'il en soit fait ici mention. (_Mém. inéd. du C{te} Leveneur de Tillières_, publiés par C. Hippeau, 1862, in-18, p. 88-150.)]

[Note 347: Le _manifeste_ se plaignoit de ce qu'au mépris des paroles données pour les réformés de La Rochelle, et des promesses faites au sujet de la démolition du fort Saint-Louis, dans l'île de Ré, non-seulement on l'avoit conservé, mais de plus qu'on avoit augmenté sa force, et même bâti d'autres forts dans l'île.]

[Note 348: Frédéric V, électeur palatin, s'étant laissé faire roi de Bohême, avoit attiré contre lui toute la puissance des Impériaux, et dans une courte lutte, qui fut la première phase de la guerre de Trente Ans, il avait perdu ses deux couronnes d'électeur et de roi. Retiré en Hollande, puis à Mayence, avec sa femme Elisabeth d'Angleterre, soeur de Charles Ier, il mourut dans cette dernière ville, le 22 nov. 1632, peu de temps après la mort de Gustave-Adolphe, qui avoit entrepris pour son rétablissement ce que Francion conseille ici au roi d'Angleterre, et qui eût tenu complétement sa promesse sans le coup mortel dont il fut frappé à Lutzen.]

[Note 349: Ce mot étoit depuis fort longtemps dans notre langue avec le sens de _négociateur_, et, moins noblement, d'entremetteur. On lit dans Commines (liv. III, ch. 8): «Le connestable de Saint-Pol vouloit tousjours estre moyenneur de ce mariage.» Et dans la traduction du _Gusman d'Alfarache_, par Chapelain (2e part., liv. III): «Sa bonne amie la moyenneuse de leurs plaisirs secrets.»]

[Note 350: Le _manifeste_ prétendoit que cette obéissance et complète soumission étoit obtenue, et par là les réformés s'étoient rendus dignes d'obtenir à leur tour ce qu'on leur avoit promis, notamment la démolition du fort Louis.]

[Note 351: Sully ayant acheté, en 1597, du prince Charles de Gonzague, la principauté de Bois-Belle, en Berry, qui étoit totalement indépendante, y avoit fait construire une ville toute neuve, qui conserve encore aujourd'hui la physionomie de son époque, et que le vieil ami d'Henri IV avoit appelée Henrichemont, en l'honneur de son bien-aimé maître. Ce franc-fief ne fut réuni à la couronne qu'en 1766.]

[Note 352: Thoiras, gouverneur pour le roi au pays d'Aunis, rendit alors de très-grands services. Il ne put s'opposer au débarquement des Anglois dans l'île de Ré, et perdit même un de ses frères dans le combat qui leur fut livré à la descente; mais, s'étant retiré dans le fort Louis, il y fit une si belle défense qu'il donna le temps à MM. de Schomberg et de Marillac de débarquer dans l'île six mille fantassins et trois cents chevaux, qui culbutèrent les Anglois et les forcèrent de repartir à toutes voiles pour l'Angleterre. «Sa Majesté, écrivit Richelieu le 9 nov. 1627, surlendemain de cette victoire, a receu en cette occasion ce qu'elle attendoit de la bonne conduite et du courage de M. le mareschal de Schomberg et des sieurs de Marillac et de Thoirax (_sic_), qui sortit de la citadelle avec six cents hommes du régiment de Champagne. Toute la noblesse y a si bien fait, qu'il est impossible d'en remarquer un seul aux actions duquel on puisse trouver à redire.» (_Lettres_ de Richelieu, t. II, p. 707.)--Dans les _Oeuvres poétiques_ de Jean Auvray, 1631, p. 5, se trouve un sonnet sur la _Descente des Anglois dans l'Isle de Ré_, et sur leur fuite.]

Il ne falloit point qu'un Achitofel commist deux grands roys, et prendre le faux pretexte de l'oppression des Eglises reformées. C'est une fueille blafarde que l'on met sous une hapelourde pour la faire passer pour diamant[353]. Ce que vous appeliez Eglise, c'est un ramas de mutins, de libertins, qui tendent à l'anarchie, qui pour un maistre en veulent plusieurs. Au reste c'est un blasphème insolent, que l'on a mis l'honneur du roy très-chrestien à couvert. Blasphème que le papier ne peut souffrir, dont il rougit de honte, que l'honneur du plus grand monarque de la chrestienté soit mis à couvert sous l'authorité d'un inférieur. Quand on parle des roys, des images de Dieu, il faut user de paroles de soye, il ne les faut approcher qu'avec des parfums et de l'encens. Nul n'ignore la grandeur du roy de la Grande-Bretagne; en mon particulier j'ay de l'obligation à l'auguste memoire de son ayeul, et à celle du roy Jacques, qui me defendit de la supercherie que me voulut faire un sien ambassadeur puritain. Vous parlez des roys, ô Manifeste, comme nostre maistre ès arts expliquant l'oraison _Pro rege Dejotaro_. Vos comparaisons ne sont pas comme celles que fait Plutarque des empereurs grecs et romains; vous estes un mauvais géomètre d'egaller un angle de terre à un grand cercle auquel il n'y a commencement ny bout. Ne parlons point de nos maistres, nous ne serons jamais leurs arbitres: le maistre aux arts disoit que _non tutum est scribere in eos qui possunt proscribere_, et moy, à qui il a appris le latin, je le traduisois: _Il ne faut point honnir contre celuy qui peut bannir_. Au reste, vous faites un partage des elements: vous vous attribuez le trident, les ondes ne sont que pour vous, vous estes les Jasons, les Tiphis et les Argonautes; Neptune, Eole et les Tritons sont vos vassaux. Je ne veux desrober la gloire de vostre nation; vous estes bons pilotes, et nous surmontez en l'oeconomie de la marine et au soin de bien freter, mais non en l'adresse ny en la dexterité: nos Normans, Maillouins, Bretons et Olonnois ont fait des routes plus loing que vous, et Jean Ribault, Dieppois[354], a montré le chemin à vostre Drach, qui n'a fait que retracer ces pas, Vostre equipage est bien lesté et calfeutré, mais il n'est pas temps de sonner le triomphe, l'Automne sera le correcteur de son insolence par le doux poison de ses raisins et de son moust; l'Hyver, avec ses bourrasques, en sera l'executeur. Tandis que le secours de la terre se prepare, l'on attend celuy du ciel avec cette allégresse et le péan d'acclamation:

O Roy cheri de Dieu, pour lequel fait la guerre L'air d'orages esmeu, et Æole desserre Ses tourbillons armés; pour lequel icy bas, Au bruit de ses clairons, les vents font leurs combats.

[Note 353: Pour savoir qu'on disoit _happelourde_ pour pierrerie fausse, il suffit de se rappeler ces vers de La Fontaine:

Tout est fin diamant aux mains d'un habile homme, Tout devient _happelourde_ entre les mains d'un sot.

Plus tard, vers 1657, quand le sieur d'Arce se fut enrichi, dans l'enclos du Temple, à contrefaire d'une façon merveilleuse «les diamants, émeraudes, topazes et rubis, etc.» (_Journal d'un Voy. à Paris en 1657_, p. 45), on n'appela plus les fausses pierreries que diamants du Temple. (V. notre _Paris démoli_, p. 45.) Comme les marchands du Palais en vendoient aussi, on disoit encore _bijoux du Palais_. V. _Oeuvres_ de Montreuil, p. 165, 234.]

[Note 354: J. de Ribault, qui fut envoyé dans la Floride par Coligny pour y fonder une colonie, et qui y fut massacré par les Espagnols. Ses voyages précédèrent de dix ans ceux de Drach.]

Vous ferez comme les mousches, qui voltigent pendant la tiedeur de l'automne, succotent la douceur des fruicts, et aux premiers frimas tombent de faim et de froid. La vendange de l'isle de Ré, avec ce grand curateur des successions vacquantes, avec ses Mores sous le pampre et sa compagne la dissenterie, et le moust, donneront leurs premières escarmouches; vous ne vous abstiendrez jamais de la grappe ny de son jus, car vous estes de l'humeur de l'un de vos princes qui, condamné par son frère impiteux, choisit le doux supplice en une pipe de malvoisie[355]; et desjà se commence l'eschet,

_cito præterit æestas. Appetit Autumnus, Libitinæ quæstus acerbæ_.

[Note 355: Tout le monde sait que le duc de Clarence, frère d'Edouard IV, condamné a mort pour rébellion aux ordres de son frère, demanda qu'on le noyât dans un tonneau de Malvoisie. Ce fait est aujourd'hui contesté. V. _L'Esprit dans l'histoire_, p. 16.]

Pour vous faire dire vray, que ce que vous avez amené n'est qu'une poignée de gens, au moins le sera-elle dans trois mois, si tant vous durez, une poignée _sine pugna_ d'un couteau secret, et d'une allumelle[356] cachée dans le sein de la Providence; car, quant à ces troupes sur pied, à ces levées que vous marquez en la charte de vostre manifeste pour l'Allemagne, le maistre ès arts, qui est un peu boucquin et satirique, _dum vellicat aurem_, me disoit: _Hic fingit pietas acies, simulataque castra_. Mais j'approuve autant cet armement, comme je condamne vostre invasion en Aunis: là vous appelle Frederic et vostre soeur Elizabeth, et ses bambins avec leurs maillots et berceaux; là vous appellent les reliques de Bohême, les riches despouilles de l'Electorat.

[Note 356: Petite lame d'épée ou de dague. On lit dans les comptes royaux de 1458: «Pour une dague à deux taillants d'un pié et demi d'alumelle.» On saluoit avec l'_alumelle_ dégaînée, et de là est venue une singulière erreur de l'auteur du Glossaire de l'_Histoire de Paris_. Ayant lu dans les registres du Parlement pour 1419: «Charles mist tantôt la main à son allumée, faisant semblant de saluer nostre dict cousin, etc.», il crut que Charles l'avoit salué du bonnet, et il mit en note: «_allumée_, bonnet.» (De Laborde, _Glossaire des émaux_, p. 126.)]

_Dulces exuviæ, dum fata Deusque sinebant; Eia, age, rumpe moras_, etc.

Mais oyez la _chamade en rime_ du bonhomme Artus Désiré[357]:

Bouté selle, boutés bas; Au choc, au choc et aux combats! A l'assaut, à l'assaut, gensdarmes! Prenés vos lances et vos armes, Vos halcrets et vos bombardes, Et vous tenés dessus vos gardes. Quittés le rivage marin Et la Tamise, allez au Rein. D'estoc, de pistollet, de dague, Allez vanger le tort de Prague, Rendez luy le Palatinat Et l'aneau de l'electorat, Et retrouvez en la Bohême, Pour Frederic, un diadème.

[Note 357: Le grand ennemi des protestants, dont les nombreux écrits, plus empreints de fanatisme que de poésie, sont catalogués au long dans le tome 35, p. 286 et suiv., des _Mémoires_ du P. Niceron. La _Chamade en rime_, citée ici, n'est pas indiquée dans ce catalogue, et comme elle est de beaucoup postérieure à l'année 1577, date au _Désordre et scandale de France_, que l'on croit être son dernier livre, elle permet de croire qu'il vécut beaucoup plus tard qu'on ne le suppose. V. encore, sur lui, l'abbé d'Artigny, _Nouv. Mém. de Littérat._, t. II, p. 49; Viollet Le Duc, _Biblioth. poét._, p. 262-264; et notre t. VI, p. 39.]

Je vous le dis et predis, auxiliaires des Eglises, volontaires des oppressés, milords protecteurs des bourgeois, et neantmoins cette rousse pelée, et, comme disoit ce maistre ès arts excoriateur, _Rupe pellée_, ne meritoit que vous vinsiez en ce curieux arroy, _in navibus atque phasellis_. Les Espagnols, aussi glorieux que vous, viennent _in curribus et equis_, et, pour rimer, _in mulabus et asellis_, et, certes, encores certes, pour jurer à la reforme, ceste bourgeoise reformée ne meritoit un secours en si bel arroy, car, comme rechantoit le maistre aux arts avec sa Penelope:

_Vix Priamus tanti totaque Troja fuit_.

C'est assez pour un petit Manifeste. Vacations sont données, je m'en vais manger des raisins doux dans ma coste, salutairement, innocemment, et les defendray mieux que ceux de l'isle de Ré; et si quelqu'un passe dessus ma baye, je luy feray souffrir la peine que fit le bon père Denis à cet animal petulque et ennemy de ses presents.

Celui qui a fait cet ouvrage Fut Francion de haut courage, Qui pour Romain se fait nommer, Qui n'ayme le vent d'outre mer, De galerne ny de Soubize, Ny ce faux pretexte d'Eglise.

FIN.

_Epistre de Madame la Daulphine escripvant à Madame Marguerite_[358].

[Note 358: Ces vers, dont l'intérêt n'échappera certainement à personne lorsqu'on les aura lus, et surtout lorsque l'on connaîtra le nom de leur auteur, n'ont été imprimés, si nous ne nous trompons, que dans la brochure à petit nombre publiée par M. Fréd. Chavannes, _Notice sur un Manuscrit du XVIe siècle, appartenant à la Bibliothèque cantonale de Lausanne_ (Lausanne, 1844, in-8), et dans la _Revue de Paris_, du 28 avril 1844, P. 278-280, d'une façon même assez peu correcte. Ils sont extraits, ainsi que ceux de Clément Marot, dont le même numéro donnait des fragments, d'un manuscrit de la bibliothèque de Lausanne, formant 282 pages petit in-fol., et provenant de la succession du docteur Favre de Rolle, célèbre au dernier siècle par sa science et par ses hautes amitiés. Ce manuscrit ne porte aucune signature, mais on voit par certains détails qu'il dut être copié par un maître d'écriture qui vivoit à Genève au temps de Calvin. L'écriture est d'une assez belle gothique. Passons à la question la plus importante. Quelle est la _Daulphine_ dont nous donnons ici l'_épistre_? Ce ne peut être que Catherine de Médicis. On en doute dans un article du _Bulletin de l'Alliance des Arts_, 10 mai 1844, p. 347; l'anonyme qui écrivit l'article de la _Revue de Paris_ n'en est pas non plus très-sûr. Quant à nous, nous n'en doutons pas. Catherine de Médicis, c'est Brantôme qui l'assure, «disoit et parloit bon françois, encores qu'elle fût italienne. A ceux de sa nation pourtant, continue-t-il, ne parloit que bon françois souvent, tant elle honoroit la France et la langue.» Non-seulement elle savoit parler celui de la cour, mais aussi celui du peuple. «La Reyne mère, lisons-nous dans le _Scaligerana_ (1667, in-12. p. 46-47), parloit aussi bien son goffe parisien qu'une revendeuse de la place Maubert, et l'on n'eust point dit qu'elle estoit italienne.» On sait par ses lettres qu'elle écrivoit fort bien en prose; pourquoi, amie de la poésie comme elle le fut toujours, n'eût-elle pas de même écrit fort bien en vers, surtout s'adressant à une muse, à la spirituelle Marguerite de Navarre, tante de son mari? L'auteur de l'article de la _Revue_ se demande à quelle époque ces vers furent écrits, et penche pour l'année 1536. Ce seroit trop tôt, selon nous. Catherine n'avoit alors que dix-sept ans, il n'y avoit que trois années qu'elle étoit en France, et elle ne devoit pas, par conséquent, s'être encore rompue à toutes les finesses de notre langue. Je préfère pour date l'année 1543. Comme en 1536, le roi est absent de la cour avec ses deux fils, et Catherine, dont l'affection ne s'est pas attiédie, mais dont l'esprit mieux formé et le langage plus expert peuvent enfin traduire à l'aise la délicatesse de cette affection, est plus à même qu'à tout autre moment de sa vie d'écrire ces vers excellents, les meilleurs peut-être qui soient partis d'un coeur de princesse. Esprit et sincérité, ardeur et grâce, éloquence et naïveté, rien n'y manque de ces rares qualités dont la plupart semblaient si incompatibles avec son caractère.]

Vous vous pourrez esmerveiller, Madame, Dont si soubdain, sans avoir appris d'asme[359], Je me suis mis à composer en vers, Vu que dormi n'ay sous les arbres verds De Parnassus, ni bu en la fontaine Où puiser fault science si haultaine. Peut estre aulcuns n'en seront esbahis Et vous diront que je suis du pays Où de tout temps les neuf Muses habitent[360]. Elles, pour vray, à rymer ne m'invitent. Le grand desir d'envelopper et mettre Mes durs regrects en moins fascheuse lectre, Et que je sçay que de nature aymez Le son plaisant des vers qui sont rymez: C'est ce qui m'a, et si ne sçay comment, Faict devenir poeste en un moment. Ce que l'amour qu'a vous j'ay indicible M'a fait trouver bien aysé l'impossible. Helas! tous ceux qui à rymer se peinent Les arguments de plaisir entreprennent; Mais, pour monstrer ce que faire, je sçay, Me fault escrire en ce mien coup d'essay L'ennui que j'ay d'estre loing demourée De vous, Madame et soeur tres honourée, Sans que esbatz ne me semblent qu'ennuis Et que les jours ne me semblent que nuits[361]. Aulcunes foys avecques habit noir Je me proumesne en ce noble manoir, Le quel plus grand qu'il ne souloit me semble, N'y voyant plus la compagnie ensemble. Aulcunes foys au jardin m'en alant, Tout à part moy à luy je vais parlant, Car vous diriez, tant il croit qu'il agrée, Qu'il est marri qu'en luy ne me recrée. «Jardin royal, ce dy-je, ta verdure, Tes fruits, tes fleurs, tout ce qu'art et nature T'a pu donner, n'a ores la puissance De me donner un peu d'esjouissance. Si tu veux donc qu'aultre chère te fasse, Rends moy la fleur quy les tiennes efface, Rends moy la noble et franche Marguerite; Rends moy aussy de noblesse l'eslite, Mon cher espous, qu'elle et moy soulions voir Sur grands chevaulx, et faire son debvoir A les picquer sur tes allées grandes[362]. Lors me verras ainsy que me demandes. En ce temps là, pour plaisir les picquoit, Et sans danger aux armes s'apliquoit. Mais maintenant pour le bien de la France Et pour honneur prend armes à oultrance. Que Dieu luy doint, aprez tout debastu, Fortune esgale à sa grande vertu.» Sur ce m'en vay à ma chambre ou ma salle; Lieux desolez, on ny chante ny balle. Là, devisant, à mes gens je m'adresse, Aussy faschez quasy que leur maistresse. Tandis, parfoys, devers vous se transporte Hoste ou lacquays qui nouvelles apporte, Mes lettres prends avec extresme joye; Mais tout à coup j'ay si grand peur que j'oye, En les lisant, quelque mal advenu, Qu'entre ayse et poine est mon cueur destenu. Quand j'ay tout leu, et que rien je n'y treuve De mal venu, m'est advis que j'espreuve L'ayse de ceulx qui ont faict leur voyage De sur la mer sans avoir eu orage. O plus heureux que Mercure celuy Qui dez demain, ou plus tost aujourd'huy, Me vouldrait dire, en riant de vray zesle: «Madame vient;» ou: «Allez devers elle;» Et plus heureux celuy qui viendroit dire: «Henry vainqueur en France se retire.» Soubs cest espoir en grants devotions, Journellement faisons processions. Processions, regrects, deuil et soucy Sont les esbats que nous prenons icy, En attendant la fortune prospère Des fils aimez[363] et de l'honouré père.

[Note 359: De personne, d'_âme qui vive_.]

[Note 360: Ici Catherine se révèle elle-même par sa patrie italienne.]

[Note 361: Ces vers sur les ennuis de l'absence trouvoient un facile écho dans le coeur de cette bonne reine de Navarre, qui en a fait de si charmants sur les mêmes souffrances. Je ne citerai que ces couplets d'une chanson de Marguerite, qui se trouve dans un manuscrit appartenant à M. Fouques, et n'a pas encore, je crois, été réunie à ses autres poésies:

Si tost qu'il souspire, Je fonds toute en pleurs. S'il plaint mon martyre. Je plains ses douleurs.

Pas je ne puis vivre Si je ne le voy, Mon coeur pour le suivre S'absente de moy.

Viens donc, mon amy, Approche de moy, Passe ton envie, Il ne tient qu'à toy.]

[Note 362: Catherine, dans ses regrets, ne devoit pas oublier ces nobles exercices du Dauphin, son mari, car c'étoient ceux auxquels elle-même se plaisoit le mieux: «Elle estoit, dit Brantôme, fort bien à cheval, et hardie, et s'y tenoit de fort bonne grâce, ayant esté la première qui avoit mis la jambe sur l'arçon, d'autant que la grâce y estoit bien plus belle et apparoissante que sur la planchette, et a toujours fort aimé d'aller à cheval jusqu'à l'âge de soixante ans ou plus, qui pour sa foiblesse l'en privèrent, en ayant tous ses ennuis du monde.»]

[Note 363: Ces «fils aymez» étaient le Dauphin, Henri, et son frère le duc Charles d'Orléans, tous deux au siége de Perpignan, dans les premiers mois de 1543, pendant que leur père étoit allé réduire une sédition à La Rochelle. En 1536, date préférée par l'écrivain de la _Revue de Paris_, le roi et ses fils, nous l'avons dit, étoient aussi tous en campagne, mais à cette époque Henri n'étoit pas encore dauphin. Son frère aîné, François, ne mourut en effet cette année-là qu'à la fin de l'expédition en Provence contre Charles-Quint. Les vers que Catherine auroient faits sous l'inspiration de l'absence motivée par cette expédition ne pouvoient donc être donnés comme étant de la dauphine, puisque Catherine ne l'étoit pas encore. Le copiste auroit dit: _Epistre de madame la duchesse d'Orléans_, seul titre qu'elle eut alors. Si donc, pour conclure, Catherine est appelée madame la Dauphine en tête de ces vers, c'est qu'ils sont d'un temps où on l'appeloit ainsi, et par conséquent d'une époque postérieure à l'expédition de 1536.]

TABLES DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LES 272 PIÈCES FORMANT LES 10 VOLUMES

TABLE MÉTHODIQUE.

_Pièces sur l'Église et le clergé._

Histoire miraculeuse de trois soldats punis divinement pour les forfaits, violences, irreverences et indignités par eux commis avec blasphemes execrables contre l'image de M. saint Antoine, à Souley, près Chastillon-sur-Seine, le 21e jour de juin dernier passé (1576). IV, 307.

Le Vray Discours des grandes processions qui se font depuis les frontières de l'Allemagne jusques à la France (1584). VII, 347.

Sermon du Cordelier aux soldats, ensemble la responce des soldats au Cordelier (1612). II, 333.

Recit veritable de l'attentat fait sur le precieux corps de N.-S. Jesus-Christ entre les mains du prestre disant la messe, le 24 mai 1649, en l'eglise de Sannois. III, 11.

Passe-port pour l'autre monde, delivré par les jesuites, moyennant 200,000 florins (29 mars 1650). IX, 337.

Catechisme à l'usage de la cour ecclesiastique de France, contre le jansenisme (1665). V, 84.

Lettre du sieur d'Aligre au chancelier Seguier, sur une proposition scandaleuse touchant le pouvoir des papes sur les rois (29 oct. 1660). IX, 339.

Stances sur le retranchement des fêtes en 1666. VI, 245.

Sur les revenus des pasteurs. VII, 53.

Le Cochon mitré, dialogue. VI, 209.

Lettre de Calvin, apportée des enfers par l'esprit du sieur Groyer, aux pasteurs du petit troupeau. VII, 217.

Ordre à tenir pour la visite des pauvres honteux. V, 127.

Satyre contre l'indecence des questeuses (1710). V, 331.

_Lois et Ordonnances._

Edit du roy pour contenir les serviteurs et servantes en leurs devoirs (1565). VII, 205.

Ordonnance pour le faict de la police et reglement du camp (1568). I, 259.

Arrest de la cour de parlement qui fait deffenses à tous patissiers et boulangers de fabriquer ni vendre, à l'occasion de la feste des Rois, aucuns gasteaux (1740). V, 239.

Lettre du roi pour que les arbres du Mai soient pris dans le bois de Vincennes (1777). IX, 359.

Edit du roy portant suppression des charges de capitaines des levrettes de la chambre du roy (1787). VI, 181.

_Histoire de France._

L'Entrée de la Reyne et de Messieurs les Enfans de France à Bourdeaulx (1529). VIII, 247.

L'Ordre du combat de deux gentilshommes faict en la ville de Moulins, accordé par le roy nostre sire (1537). III, 93.

L'Interrogatoire et deposition de Jean de Poltrot sur la mort de M. de Guyse (1563). VIII, 5.

Catalogue des princes, seigneurs, etc., qui accompaignent le roy de Pologne (1574). IX, 81.

Conspiration faite en Picardie (1576). VII, 315.

Discours sur les causes de l'extresme cherté qui est aujourd'hui en France (1586). VII, 137.

Discours de la deffaicte qu'a faict M. le duc de Joyeuse et le sieur de Laverdin contre les ennemis du roy à La Mothe Sainct-Eloy (1587). VII, 211.

Le Vray Discours sur la desconfiture des reistres (nov. 1587). IX, 111.

L'Estrange et veritable accident arrivé en la ville de Tours, où la reyne couroit grand danger de sa vie sans le marquis de Rouillac et de M. de Vignolles, le vendredy vingt-neufviesme janvier 1616. VI, 303.

Manifeste de Pierre du Jardin, capitaine de la garde, prisonnier en la conciergerie du Palais, 1619 (pièce relative à Ravaillac). VII, 83.

Sommaire Traicté du revenu et despenses des finances de France, ensemble les pensions de nosseigneurs et dames de la Cour, escrit par Nicolas Remond, secretaire d'Estat (1622). VI, 85.

La Nouvelle Defaicte des croquans en Quercy, par M. le mareschal de Themines (1624). VII, 323.

Histoire veritable du prix des vivres de La Rochelle pendant le siège. VI, 23.

Louis XIII au pas de Suse, par Saint-Simon. IX, 327.

La Journée des Dupes, par Saint-Simon. IX, 309.

Lettres de Vineuil sur la conspiration de Cinq-Mars. VIII, 119.

Passage du cardinal de Richelieu à Viviers. VII, 239.

Rapport d'un affidé de l'Angleterre à Paris, en 1655. X, 35.

Particularités de la conspiration et la mort du chevalier de Rohan, de la marquise de Villars, de Van den Ende, etc. II, 301.

Fragments de Mémoires sur la vie de Mme de Maintenon, par le P. Laguille. VIII, 53.

Sur les Dragonnages en Dauphiné. VIII, 217.

Réception des ambassadeurs du roi de Siam, en 1686. Extrait des _Mémoires_ du baron de Breteuil. X, 99.

_Variétés satyriques et autres, pouvant se rapporter à l'histoire de France._

Brief dialogue, exemplaire et recreatif, entre le vray soldat et le marchand françois, faisant mention du temps qui court (1576). VI, 329.

Les Choses horribles contenues en une lettre envoyée à Henry de Valois par un enfant de Paris, le vingt-huitième de janvier 1589. VI, 201.

Discours de la fuyte des impositeurs italiens (1589). VII, 261.

Lettre d'un gentil-homme françois à dame Jacquette Clement, princesse boiteuse de la Ligue, (1590). X, 55.

Les Vertus et proprietés des Mignons. VII, 331.

L'Umbre du mignon de Fortune, avec l'Enfer des ambitions mondaines, sur les dernières conspirations, où est traicté de la cheute de l'Hôte (1604). X, 77.

La Rencontre merveilleuse de Piedaigrette avec maistre Guillaume revenant des Champs-Elysées, avec la genealogique des Coquilberts (1606). III, 165.

Conference d'Antitus, Panurge et Gueridon (1614). VIII, 279.

Harangue de Turlupin le souffreteux (1615). VI, 51.

Legat testamentaire du Prince des Sots à M. C. d'Acreigne, Tullois, pour avoir descrit la defaite de deux mille hommes de pied, avec la prise de vingt cinq enseignes, par monseigneur le duc de Guise (1615). III, 353.

Extrait de l'inventaire qui s'est trouvé dans les coffres de M. le chevalier de Guise, par Mlle d'Entraigue, et mis en lumière par M. de Bassompierre (1615). V, 147.

Les Advis de Charlot à Colin sur le temps present (1616). VIII, 237.

Plaisant Galimatias d'un Gascon et d'un Provençal, nommés Jacques Chagrin et Rufin Allegret (1610). II, 275.

Le Cotret de Mars (1616). X, 259.

Songe (1616). IV, 23.

Les Contre-vérités de la cour, avec le dragon à trois têtes (1620). IV, 335.

Les Jeux de la cour (1620). IV, 17.

Discours sur la mort du chapelier (tué au siége de Montauban, 1621). V, 31.

La Grande Division arrivée ces derniers jours entre les femmes et les filles de Montpellier (1622). VII, 247.

Le Coq-à-l'asne, ou le pot aux roses, adressé aux financiers (1623). IV, 349.

Le Grand Procès de la querelle des femmes du faux-bourg Saint-Germain avec les filles du faux-bourg Montmartre, sur l'arrivée du regiment des Gardes, avec l'arrest des commères du faux-bourg Saint-Marceau, intervenu en ladicte cause (1623). IV, 323.

Le Caquet des poissonnières sur le departement du roy et de la cour (1623). II, 131.

Discours de M{e} Guillaume et de Jacques Bonhomme sur la defaicte de trente-cinq poules et le cocq (1624). IX, 137.

Le Pasquil touchant les affaires de ce temps (1624). VIII, 347.

Le _Salve Regina_ des prisonniers (1626). VIII, 193.

Le Purgatoire des prisonniers (1626). VIII, 201.

L'Emprisonnement D. C. D. (1626). VIII, 211.

Le Musicien renversé (1626). VIII, 93.

Menipée de Francion, ou Response au manifeste angloys (1627). X, 267.

Le Pot aux roses decouvert du plaisant voyage fait par quelques curieux au bois de Vincennes à dessein de voir Jean de Werth (1638). VII, 199.

Logement pour la cour de Louis XIII. X, 225.

La Milliade, satyre contre le cardinal de Richelieu. IX, 5.

Sur l'enlèvement des reliques de saint Fiacre, apportées en la ville de Meaux pour la guerison du derrière du C. de R. VII, 232.

La Passion de M. Fouquet. V, 86.

_Mazarinades._

Catechisme des courtisans de la cour de Mazarin (1649). V, 75.

Les Triolets du temps (1649). V, 5.

Les Contens et Mescontens sur le sujet du temps (1649). V, 335.

La Famine par le sieur de La Valise (1649). VIII, 337.

L'Onophage, ou le mangeur d'asne, histoire veritable d'un procureur qui a mangé son asne (1649). III, 67.

Le Hasard de la blanque renversé et la consolation des marchands forains (1649). II, 325.

Le Pont-Neuf frondé (1652). III, 337.

Les Louanges de la paille (1652). VIII, 325.

Satyre sur la barbe de M. le président Molé. VI, 315.

_Paris._

Memoire touchant la seigneurie du Pré-aux-Clercs, appartenant à l'Université de Paris, pour servir d'instruction à ceux qui doivent entrer dans les charges de l'Université. IV, 87.

Histoire veritable de la mutinerie, tumulte et sedition faite par les prestres Sainct-Medard contre les fidèles, le samedy XXVIIe jour de decembre 1561. VI, 185.

Deluge du faubourg Saint-Marcel (9 avril 1579). IX, 63.

Vers d'Erasme à sainte Genevieve, traduits en vers françois par E. Le Liepvre (1611). X, 187.

La Lettre consolatoire escripte par le general de la compagnie des crocheteurs de France à ses confrères, sur son retablissement au-dessus de la Samaritaine du Pont-Neuf, narratifve des causes de son absence et voyages pendant icelle (1612). IV, 235.

Accident merveilleux et espouvantable de desastre arrivé le 7 mars 1618, d'un feu inremediable, lequel a bruslé et consommé tout le palais de Paris. II, 159.

Le Feu royal faict par le sieur Jumeau, arquebusier ordinaire de Sa Majesté (1618). VI, 13.

Le May de Paris (1620). VII, 193.

Discours de l'inondation arrivée au fauxbourg Saint-Marcel-lez-Paris par la rivière de Bievre (1625). II, 221.

La Promenade du Cours (1630). IX, 125.

La Promenade du Cours, à Paris, en 1653. X, 25.

Quinzième feuille du Bureau d'addresse. IX, 51.

Nouveaux compliments de la place Maubert, des Halles, du cimetière Saint-Jean, etc. (1644). IX, 225.

Les Ceremonies faites dans la nouvelle chapelle du chasteau de Bissestre le 25 aoust 1634. VII, 271.

La Requeste presentée à Nos Seigneurs du Parlement... pour la diminution d'une demie année des loyers des maisons, chambres et boutiques (19 juin 1652). VII, 61.

Recit naïf et veritable du cruel assassinat et horrible massacre commis le 26 août 1652 par la compagnie des fripiers de la Tonnellerie, en la personne de Jean Bourgeois. I, 179.

_Histoire des villes de province._

Dialogue fort plaisant et recreatif de deux marchands: l'un est de Paris, et l'autre de Pontoise. I, 79.

Les estranges et desplorables accidents arrivés en différents endroits sur la rivière de Loire et lieux circonvoisins par l'effroyable desbordement des eaux et l'épouvantable tempeste des vents, les 19 et 20 janvier 1633. Ensemble les miracles qui sont arrivés à des personnes de qualité et autres qui ont esté sauvées de ces perilleux dangers. VI, 5.

Reglement pour pourvoir aux vivres de la ville d'Orléans (1652). VIII, 323.

La Doctrine de la nouvelle devotion cabalistique, composée des veritables maximes que la nouvelle secte (formée depuis peu dans LYON par un barbier estranger, natif du comté de Bourgogne, d'où il tasche de l'estendre aux environs, au grand dommage de la vraie et ancienne pieté) observe constamment dans la pratique et methode qu'elle tient à conduire les ames, par l'Oraison mentale, apparemment à la perfection, mais en effet à la folie; ou du moins à la simplicité, et à tirer à soy leurs biens, dans la bourse qu'il pretend estre commune à tous. Le tout mis en forme de simple poesie, sans fiction, ou prejudice aucun de la verité, pour la substance des choses, afin qu'il soit appris plus aisement et agreablement de ceux qui ont encore quelque soin de ne perdre ny leurs ames ni leurs biens. X, 197.

_Histoire d'Angleterre._

Discours de la mort de très-haute et très illustre princesse madame Marie Stuart, royne d'Escosse. V, 279.

Traduction d'une lettre envoyée à la reine d'Angleterre par son ambassade, surprise près le Moüy par la garnison du Havre de Grace, 15 juin 1591. IV, 353.

Les Larmes et complaintes de la reyne d'Angleterre sur la mort de son espoux, à l'imitation des quatrains du sieur de Pibrac, par David Ferrand. X, 161.

Deposition sur la supposition de part de Marie, reine d'Angleterre, femme de Jacques II. IX, 341.

_Espagne._

Recit veritable du grand combat arrivé sur mer aux Indes-Occidentales, entre la flotte espagnole et les navires hollandois conduits par Lhermite, devant la ville de Lima, en l'année 1624. I, 141.

Discours au vray des troubles naguères advenus au royaume d'Arragon, avec l'occasion d'iceux, et de leur pacification et assoupissement. I, 169.

Histoire admirable et declin pitoyable advenu en la personne d'un favory de la cour d'Espagne. I, 95.

Le Patissier de Madrigal en Espagne, estimé estre Dom Carles, fils du roi Philippe. II, 27.

Duel signalé d'un Portugais et d'un Espagnol. IX, 47.

_Pays-Bas._

Les Cruels et horribles tourments de Balthazar Gérard, Bourguignon, vray martyr, soufferts en l'execution de sa glorieuse et memorable mort, pour avoir tué Guillaume de Nassau, prince d'Orange. II, 61.

_Italie._

Discours veritable de l'armée du tres-vertueux et illustre Charles, duc de Savoie et prince de Piedmont, contre la ville de Genève, ensemble la prise des chasteaux que tenoyent les habitants de la ditte ville, par J. K. S., sieur de la Chapelle. I, 149.

La Plaisante Nouvelle apportée sur tout ce qui se passe en la guerre de Piedmont, avec la harangue du capitaine Picotin faicte au duc de Savoye sur le mescontentement des soldats françois. VI, 279.

Arrest du conseil des Dix contre Georges Corner. VIII, 303.

Nouvelle de la venue de la royne d'Algier à Rome (1687). IX, 259.

_Hongrie._

Le Triomphe admirable observé en l'alliance de Bethleem Gabor, prince de Transylvanie, avec la princesse Catherine de Brandebourg. I, 323.

_Turquie._

Discours veritable des visions advenues, au premier et second jour d'aoust 1589, à la personne de l'empereur des Turcs, sultan Amurat, en la ville de Constantinople, avec les protestations qu'il a fait pour la manutention du christianisme. III, 203.

La grande cruauté et tirannie exercée par Mustapha, nouvellement empereur de Turquie, à l'endroit des ambassadeurs chrestiens, tant de France, d'Espagne et d'Angleterre. Ensemble tout ce qui s'est passé au tourment par luy exercé à l'endroit de son nepveu, lui ayant fait crever les yeux. IV, 273.

_Histoire littéraire, Bibliographie, etc._

Ensuit une Remontrance touchant la garde de la librairie du roy, par Jean Gosselin, garde d'icelle librairie. I, 1.

Role des presentations faictes aux grands jours de l'eloquence françoise (1634). I, 127.

Memoire sur l'état de l'Academie françoise, remis à Louis XIV vers l'an 1696. II, 5.

Nouveau reglement general pour les Nouvellistes. VIII, 261.

_Variétés littéraires en prose._

Le Diogène françois, ou les facetieux discours du vray anti-doteur comique blaisois (1617). I, 9.

La Vraye Pierre philosophale, ou le moyen de devenir riche à bon cempte. V, 359.

Histoire joyeuse et plaisante de M. de Basseville et d'une jeune demoiselle, fille du ministre de Saint-Lo, laquelle fut prise et emportée subtilement de la maison de son père. III, 83.

Histoire veritable du combat et duel assigné entre deux demoiselles sur la querelle de leurs amours. II, 357.

Histoire du poëte Sibus. VII, 89.

Le Louis d'or. X, 235.

Lettres de madame de La Fayette à madame de Sablé. X, 117.

Zest-Pouf, historiette du temps. VI, 167.

_Variétés littéraires en vers._

Epistre de madame la Daulphine (_Catherine de Médicis_) escripvant à madame Marguerite (1543). X, 285.

La Bravade d'amour. IX, 71.

La Chasse et l'amour, à Lysidor. I, 65.

L'Innocence d'amour, à Lysandre. II, 365.

L'oeuf de Pâques ou pascal, à M. le lieutenant civil, par Jacques de Fonteny. V, 59.

Epitaphe du petit chien Lycophagos, par Courtault, son conculinaire et successeur en charge d'office, à toutes les legions de chiens academiques, par Vincent-Denis Perigordien (1613). IV, 255.

Le Miroir de contentement, baillé pour estrenne à tous les gens mariés. II, 13.

La Muse infortunée contre les froids amis du temps; par Cl. Garnier (1624). II, 247.

Les Amours du Compas et de la Règle, et ceux du Soleil et de l'Ombre. VII, 287.

Vers pour monseigneur le Dauphin au sujet d'une aventure arrivée entre lui et le petit Brancas. V, 353.

Lettre à tous les seigneurs de la cour, pour leur donner avis de la mort du singe Macaty. IX, 107.

Requête d'un poëte à M. de Valtan, pour être exempté de capitation. VIII, 231.

_Pièces relatives au théâtre et aux farceurs._

Recit en vers et en prose de la farce des Precieuses. IV, 285.

L'Ouverture des jours gras, ou l'entretien du carnaval (1634). II, 345.

Les Estrennes du Gros Guillaume à Terrine, presentées aux dames de Paris et aux amateurs de la vertu. IV, 229.

L'Entrée de Gaultier Garguille en l'autre monde, poëme satyrique. IV, 221.

La Surprime et fustigation d'Angoulevent. VIII, 81.

L'Archi-sot, echo satyrique. VII, 37.

Les Estrennes de Herpinot, presentées aux dames de Paris, desdiées aux amateurs de la vertu, par C. D. P, comedien françois. VI, 41.

Combat de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché, au bout du Pont-Neuf. I, 277.

_Pièces satiriques en vers._

La Nouvelle Manière de faire son profit des lettres, traduitte en françois par J. Quintil du Tronsay, en Poictou. Ensemble: Le Poëte courtisan (1559). X, 131.

Le Tableau des ambitieux de la cour, nouvellement tracé par maistre Guillaume à son retour de l'autre monde, par d'Esternod (1622). IV, 33.

L'Eventail satyrique, par le nouveau Théophile. VIII, 131.

Le Carquois satyrique, par A. Gaigneu, Forezien. VI, 287.

La Rubrique et fallace du monde (1622). I, 343.

Les Ballieux des ordures du monde. I, 185.

Pasquil de la cour pour apprendre à discourir (1624). II, 264.

L'Onozandre, ou le Grossier Satyre. V, 291.

Description du tableau de Lustucru. IX, 79.

_Moeurs et usages._

La Chasse au vieil Grognard de l'antiquité (1622). III, p. 27.

Le Bourgeois poly, par Fr. Pédoue (1631). IX, 145.

L'Oeconomie, ou le vray advis pour se faire bien servir, par le sieur Crespin. X, 1.

Une Education au XVIe siècle. X, 151.

_Modes._

Le Gan de Jean Godard, Parisien. V, 173.

Histoire miraculeuse et admirable de la comtesse de Hornoc, flamande, estranglée par le diable dans la ville d'Anvers, pour n'avoir trouvé son rabat bien goudronné, le 15 avril 1616. I, 163.

Consolation aux dames sur la reformation des passemens et habits. VIII, 140.

La grande proprieté des bottes sans cheval en tout temps, nouvellement descouverte, avec leurs appartenances, dans le grand magazin des esprits curieux. VI, 29.

Le Courtisan à la mode. IX, 351.

Le Satyrique de la court (1624). III, 241.

La Revolte des passements. I, 223.

La Faiseuse de mouches. VII, 9.

_Industrie, commerce, agriculture._

Le Plaisir de la noblesse, sur la preuve certaine et profict des estauffes et soyes... (1605), par B. de Laffemas. VII, 303.

Ennuis des paysans champestres (1614). VII, 295.

Advis de Guillaume de la Portehotteux, ès halles de la ville de Paris (1621). III, 311.

Quatrains au roy sur la façon des harquebuses et pistolets, enseignans le moyen de recognoistre la bonté et le vice de toutes sortes d'armes à feu et les conserver en leur lustre et bonté, par François Poumerol, arquebusier (1631). VI, 131.

Quinziesme feuille du Bureau d'adresse (1er septembre 1633). IX, 51.

Nouveau reglement general sur toutes sortes de marchandises et manufactures qui sont utiles et necessaires dans ce royaume, par la Gomberdière (1634). III, 109.

Reglement d'accord sur la preference des savetiers cordonniers. V, 41.

Discours de deux marchands fripiers et de deux tailleurs, avec les propos qu'ils ont tenus touchant leur estat. V, 189.

La Misère des apprentis imprimeurs appliquée par le detail à chaque fonction de ce penible estat. V, 225.

Memoire pour les coeffeuses, bonnetières et enjoliveuses de la ville de Rouen (1773). IX, 215.

_Variétés satiriques sur les plaideurs et les gens de loi._

L'Adieu du plaideur à son argent. II, 197.

Le Pont-breton des procureurs. VI, 253.

Plaidoyers plaisans dans une cause burlesque. I, 349.

Les Grands Jours tenus à Paris, par M. Muet, lieutenant du petit criminel. I, 193.

Catechisme des Normands. VI, 173.

_Procès curieux, crimes et supplices._

Discours fait au Parlement de Dijon sur la presentation des lettres d'abolition obtenues par Helène Gillet, condamnée à mort pour avoir celé sa grossesse et son fruict. I, 35.

Arrest notable donné au profit des femmes contre l'impuissance des maris, avec le plaidoyé et conclusion de messieurs les gens du roy (1626). VI, 307.

Histoire des insignes faussetez et suppositions de Francesco Fava, medecin italien. II, 75.

Exemplaire punition du violement et assassinat commis par François de la Motte, lieutenant du sieur de Montestruc, en la garnison de Metz en Lorraine, à la fille d'un bourgeois de ladite ville, et executé à Paris le 5 decembre 1607. III, 229.

Histoire admirable d'un faux et supposé mari. VIII, 99.

Cas merveilleux d'un bastelier de Londres, lequel, sous ombre de passer les passans outre la rivière de Thames, les estrangloit. V, 259.

Histoire horrible et effroyable d'un homme plus qu'enragé qui a esgorgé et mangé sept enfants dans la ville de Chaalons, en Champagne. Ensemble l'execution memorable qui s'en est suivie. IV, 217.

Histoire admirable arrivée en la personne d'un chirurgien condamné comme homicide de soy-mesme. IX, 363.

Factum du procez d'entre messire Jean et dame Renée. IV, 75.

Le Faict du procez de Baïf contre Frontenay et Montguibert. VIII, 31.

_Fameux voleurs et filoux._

La Vie genereuse des Mercelots, Gueux et Boesmiens, par Peschon de Ruby, avec un dictionnaire en langage blesquin. VIII, 147.

Règles, statuts et ordonnances de la caballe des filous reformés depuis huict jours dans Paris, ensemble leur police, estat, gouvernement, et le moyen de les cognoistre d'une lieue loing sans lunettes. III, 147.

La Rencontre des carrabins de M. le duc d'Espernon aux environs de La Rochelle, ensemble la prise de quatre trouppes de voleurs. VIII, 331.

La Prinse et deffaicte du capitaine Guillery. I, 289.

Reproches du capitaine Guillery faits aux carrabins, picoreurs et pillards de l'armée de messieurs les Princes. VII, 71.

Recit veritable de l'execution faicte du capitaine Carrefour, general des voleurs de France, rompu vif, à Dijon, le 12e jour de decembre 1622. VI, 321.

La Prise du capitaine Carfour, un des insignes et signalés voleurs qui soient en France (1622). IX, 267.

Discours de la prinse du capitaine Chapeau et du capitaine de la Callande, ensemble l'execution qui en a esté faicte à Montargy. VII, 227.

L'Estrange Ruse d'un filou habillé en femme, ayant duppé un jeune homme d'assez bon lieu soubs apparence de mariage. IV, 59.

La Moustache des filous arrachée par le sieur du Laurens. II, 151.

Les Estranges Tromperies de quelques charlatans nouvellement arrivés à Paris descouvertes aux despens d'un plaideur, par C. F. Duppé. III, 273.

Placet des amans au roy contre les voleurs de nuit et les filoux. III, 5.

Reponse des filoux (par Mlle de Scudéry). III, 9.

_Courtisanes, chambrières._

Histoire veritable de la conversion et repentance d'une courtisane venitienne, etc. I, 49.

La Descouverte du style impudicque des courtisannes de Normandie. I, 333.

Le Tocsin des filles d'amour. II, 265.

Histoire veritable et divertissante de la naissance de mie Margot et de ses aventures. II, 121.

Les Regrets des filles de joie de Paris sur le subject de leur bannissement. III, 77.

Ballet nouvellement dansé à Fontaine-Bleau par les dames d'amour. Ensemble leurs complaintes adressées aux courtisans de Venus à Paris. V, 323.

Brevet d'apprentissage d'une fille de modes à Amatonte. VIII, 223.

La Conference des servantes de la ville de Paris, soubs sainct Innocent, avec protestations de bien ferrer la mule ce caresme pour aller tirer à la blanque à la foire de Sainct-Germain et de bien faire courir l'anse du panier. I, 313.

La Permission aux servantes de coucher avec leurs maistres; ensemble l'arrest de la part de leurs maistresses. II, 237.

La Reponse des servantes aux langues calomnieuses qui ont frollé sur l'ance du panier ce caresme; avec l'advertissement des servantes bien mariées et mal pourveues à celles qui sont à marier, et prendre bien garde à eux avant que de leur mettre en mesnage. III, 101.

La Maltote des cuisiniers, ou la manière de bien ferrer la mule. V, 243.

_Pièces sur les femmes, l'amour et le mariage._

Ordonnances generales d'amour. II, 169.

Le Bruit qui court de l'espousée. I, 305.

Remontrances aux femmes et aux filles de la France. Extrait du prophète Esaye, au chapitre III de ses propheties. IV, 361.

Les Misères de la femme mariée, où se peuvent voir les peines et tourmens qu'elle reçoit durant sa vie, mis en forme de stances par Mme Liebault. III, 321.

Les Singeries des femmes de ce temps descouvertes; et particulierement d'aucunes bourgeoises de Paris. I, 55.

Vraye pronostication de Mme Gonin pour les mal-mariés, plates bourses et morfondus et leur repentir. V, 209.

Le Fantastique Repentir des mal-mariez. IV, 311.

Le Purgatoire des hommes mariez, avec les tourments qu'ils endurent incessament au subject de la malice et mechanceté des femmes. IV, 81.

Brief Discours de la reformation des mariages. IV, 5.

Le Pasquil du rencontre des cocus à Fontainebleau. III, 217.

Les Priviléges et fidelitez des chastrez, ensemble la responce aux griefs proposez en l'arrest donné contre eux au profit des femmes. III, 333.

Remonstrance aux nouveaux mariez et mariées et ceux qui desirent de l'estre, ensemble pour cognoistre les humeurs des femmes. II, 257.

Lettres nouvelles contenant le privilége et l'auctorité d'avoir deux femmes. III, 141.

Vengeance des femmes contre les hommes. V, 311.

La Tromperie faicte à un marchand par son apprenty, lequel coucha avec sa femme, qui avoit peur la nuict, et de ce qui en advint; avec le Testament du martyr amoureux. III, 313.

Les Plaisantes Ruses et cabales de trois bourgeoises de Paris. VII, 19.

Le Conseil tenu en une assemblée des dames et bourgeoises de Paris. V, 299.

Discours nouveau de la grande science des femmes, trouvé dans un des sabosts de maistre Guillaume. VII, 281.

_Variétés culinaires, bachiques, etc._

Le Trebuchement de l'ivrongne, par G. Colletet. III, 125.

La Pièce de cabinet, dediée aux poëtes du temps (par E. Carneau). III, 283.

La Musique de la taverne et les Propheties du cabaret, ensemble le Mepris des Muses. VI, 343.

La Rejouissance des femmes sur la deffence des tavernes et cabarets. X, 175.

Institution de l'ordre des Chevaliers de la Joye etabli à Mezieres. VII, 237.

Les Merveilles et les excellences du salmigondis de l'aloyau avec les confitures renversées. I, 363.

Priviléges des enfants Sans-Souci qui donne lettre patente à madame la comtesse de Gosier-Sallé... pour aller et venir par tous les vignobles de France. III, 159.

Priviléges et reglemens de l'archiconfrerie vulgairement dite des Cervelles encoquées ou des Roatiers. III, 297.

Oraison funèbre de Caresme-Prenant, composée par le serviteur du roy des Melons Andardois. III, 361.

Lettre d'escorniflerie et declaration de ceux qui n'en doivent jouir. IV, 47.

Les Passe-Port des bons beuveurs. IV, 69.

L'Anatomie d'un nez à la mode. Dedié aux bons beuveurs. V, 133.

Exil de Mardy-Gras. V, 97.

Les de Relais, ou le Purgatoire des bouchers, poulayers, paticiers, cuisiniers, joueurs d'instruments, comiques et autres gens de mesme farine. V, 263.

_Magie, aventures surnaturelles, prédictions._

Les Nouvelles admirables lesquelles ont envoyées les patrons des gallées qui ont esté transportées du vent en plusieurs et divers pays et isles de la mer, et principalement ès parties des Yndes. V, 159.

Discours veritable de la vie, mort, et des os du géant Theutobocus (1613). IX, 241.

Examen sur l'inconnue et nouvelle caballe des frères de la Rosée-Croix, habituez depuis peu de temps en la ville de Paris. Ensemble l'histoire des moeurs, coustumes, prodiges et particularités d'iceux. I, 115.

Effroyables Pactions faites entre le diable et les pretendus invisibles (1623). IX, 275.

Histoires espouvantables de deux magiciens qui ont esté estranglez par le diable, dans Paris, la semaine sainte. I, 23.

Discours prodigieux et espouvantable de trois Espaignols et une Espaignolle magiciens et sorciers, qui se faisoient porter par les diables de ville en ville; avec leur declaration d'avoir fait mourir plusieurs personnes et bestail par leurs sorcilléges, et aussi d'avoir fait plusieurs degats aux biens de la terre. Ensemble l'arrest prononcé contre eux par la Cour du parlement de Bordeaux, le samedi 10 mars 1610. I, 87.

Rencontre et naufrage de trois astrologues judiciaires: Mauregard, J. Petit et P. Larivey, nouvellement arrivez en l'autre monde. II, 211.

Discours sur l'apparition et fait pretendus de l'effroyable Tasteur. Dedié à mesdames les poissonnières, harengères, fruitières et autres, qui se lèvent le matin d'auprès de leurs maris, par d'Angoulevent. II, 37.

Histoire prodigieuse du fantosme cavalier solliciteur qui s'est battu en duel le 27 janvier 1615, près Paris. III, 17.

Discours admirable d'un magicien de la ville de Moulins qui avait un demon dans une phiole, condamné d'estre bruslé tout vif par arrest de la Cour du Parlement. V, 199.

Manifeste et predictions des plus veritables affaires qui se doibvent passer en France cette année 1620, par le sieur de la Bourdanière. VII, 5.

Les Plaisantes Ephemerides et pronostications très-certaines pour six années. IV, 247.

_Mélanges et singularités._

Cartel de deux Gascons et leurs rodomontades, avec la dissection de leur humeur espagnole (1615). II, 315.

Le Feu de joye de Mme Mathurine sur le retour de M{e} Guillaume de l'autre monde. VIII, 271.

Le Different des chapons et des coqs touchant l'alliance des poulles, avec la conclusion d'yceux. IV, 277.

La Destruction du nouveau moulin à barbe. II, 49.

Dissertation sur la veritable origine des moulins à barbe. II, 53.

Le Canard qui mange cinq de ses frères, et qui est mangé à son tour par un colonel. VII, 359.

FIN DE LA TABLE MÉTHODIQUE.

TABLE ALPHABÉTIQUE.

A

Académie françoise (Mém. sur l') en 1696. II, 1. --Travail pour son Dictionnaire. _Id._, 6-7. --Sa grammaire projetée. _Id._, 10. --Les jetons de présence. _Id._, 11; VII, 217-219. --Les séances à l'hôtel Séguier. VI, 215-216.

_Accidents arrivés sur la rivière de Loire_, VI, 5.

Acreigne (M. d'). III, 353.

_Adieu du plaideur à son argent._ II, 197.

_Advis de Guillaume de La Porte._ III, 311.

_Advis de Charlot à Colin._ VIII, 237.

Agnan, coméd. de l'hôtel de Bourgogne. III, 354.

Albret (Le maréchal d'). VI, 213.

Alchimiste. VI, 289.

Alençon (Duc d'). IV, 307.

Alexandre VII (Le pape). X, 43, 51.

Alger (Catherine de Médicis veut faire un de ses fils roi d'). IX, 259-260. --Causes de la conquête d'Alger. _Id._, 250.

_Algier_ (_Venue de la royne d'_). IX, 259.

Aligre (Le sieur d'). IX, 339.

Allemagne (Processions en). VII, 347.

Allier, rivière. Ses inondations. VI, 7.

_Aloyau_ (_Merveilles du salmigondis de l'_). I, 363.

Amant (Claude), assassin. I, 179.

Amboise (Prisonniers à) sous Louis XIII. VIII, 193.

Amant (Saint-).

La pièce publiée t. VI, p. 343, sous ce titre: _Le Mépris des Muses_, est la première version de celle que Saint-Amand appela, plus tard, _Raillerie à part, La Débauche_. Elle se trouve dans ses Oeuvres, édit. Livet, t. I, p. 135, complétement refaite et augmentée de 23 vers.

_Amours (Les) du compas et de la règle_. VII, 287.

Depuis l'impression de cette pièce, nous avons appris qu'elle est de Desmarets et qu'elle fut publiée dans le _Recueil de poésies diverses_ donné par La Fontaine, 1671, in-8º, t. III, p. 327.

Amurat, sultan des Turcs. III, 203.

_Anatomie d'un nez à la mode._ V, 133.

Ancre (Le maréchal d'). IV, 23; VIII, 237; X, 259, 265.

Angers. X, 301.

Angerville (Combat d'). IX, 111.

Anglais. Invasion de leurs modes et de leur industrie en France. II, 53-54.

Angleterre (La reine d') femme de Charles Ier. X, 161-173, 273. --Femme de Jacques II. IX, 341.

Anglure (M. d'). IX, 105.

Angoulevent. II, 37; VII, 37; VIII, 81.

Anne (Dame). III, 338.

Anne d'Autriche. VIII, 121-122.

Antitus. VIII, 279.

Antoine (Saint); outrage fait à sa statue. II, 307.

Antonio (Don), prieur de Crato. II, 28, 33; V, 287; IX, 47, 48.

Antraige (Mlle d'). V, 147.

Antrague (Clermont d'). IX, 99, 100.

_Archi-Poëte des pois pilés._ VIII, 81.

_Archi-sot_ (L'). VIII, 37.

Ardier, sieur de Vineuil. VIII, 119.

Arquien (M. d'), commandant de Metz. III, 238.

_Arrest contre les gâteaux des rois._ V, 239.

_Arrest du conseil des Dix contre George Corner._ VIII, 303.

_Arrest contre l'impuissance des maris._ VI, 307.

Asmodée. V, 204, 205.

_Astrologues_ (_Stances contre les_). VI, 291.

Aubigné (Agrippa d'). VIII, 55.

-- (Constant). VIII, 56.

Auchy (Charlotte des Ursins, V{sse} d'). I, 128.

Aumont (La duchesse d'). VI, 237, 240.

Auneau (combat d'). IX, 118.

Auvray (Jean).

La _Promenade du Cours_, publiée t. IX, p. 125-126, est de ce poëte. Après l'avoir donnée séparément, sans nom d'auteur, il la publia dans _ses Oeuvres poétiques_, 1631, in-8, p. 39-40.

B

Bacot (Philippe), un des peintres verriers qui travaillèrent à Anet. Sa maison au _Pré aux Clercs_. IV, 137.

Baïf (Antoine), le poëte. VIII, 34, 36, 42.

Baïf (Guill.), fils du poëte. VIII, 31 et suiv.

Baïf (Lazare de). X, 153.

Balbani. I, 211; VII, 310.

_Ballet dansé à Fontainebleau par les dames d'amour._ V, 321.

_Ballieux_ (Les) _des ordures du monde_. III, 185.

Balzac. VI, 213.

Banne (J. de). VII, 339.

Barbets voleurs. IX, 271.

Barbin (Cl.). X, 264.

Barradas. VIII, 93.

Basacle (Anes de). III, 71; V, 292.

Barreau, chef des croquans. VII, 327.

Basseville (M. de). III, 83.

Bassompierre (M. de). V, 147; VIII, 223; IX, 269, 324; X, 166.

_Bastelier de Londres qui egorgeoit les passans._ V, 250.

Bazinière (La), financier. V, 90.

Bautru. VII, 234.

Baulieu (Ruzé de). IX, 95.

Beauvais Nangis (M. de). IX, 99.

Beauvais La Nocle.--_Ibid._

Belin, ecuyer de la reine Marguerite. I, 254.

Bellay (Joach. du). X, 131.

Bellerose, acteur. IX, 17.

Belleville (M. de). IX, 98.

Bellièvre (le chancelier de). IX, 97.

Betlem Gabor, prince de Transilvanie. I, 323.

Benjamin (L'écuyer). VI, 118.

Betoulaud (L'abbé). III, 7.

Beys (Ch.). IX, 6.

Nous avons dit que la _Milliade_ lui fut attribuée. Depuis lors plusieurs pièces de ses _Oeuvres poétiques_ (1651, in-4º), p. 177, 187, 195, nous ont appris qu'il fut mis à la Bastille pour un libelle. Peut-être est-ce pour celui-là.

Bicestre. VII, 271.

Bièvre, rivière. II, 221; IX, 63.

Bignon (L'abbé). Mémoire sur le dictionnaire de l'Académie. I, 8.

Binet (Étienne). I, 128; II, 134.

Biron (Le duc de). X, 87.

Bluet d'Arbères. VIII, 81.

Bocan (Cordier dit), fameux violon. I, 135; VI, 121.

Bodin (Jean). VII, 138, 143, 145.

_Bohémiens et gueux._ VIII, 147, 175.

Boisbelle. X, 276.

Boisrobert. IX, 17.

Boisguillot, procureur en 1622. I, 194.

Bonhomme (Jacques). VI, 53; VII, 300; XI, 138.

Bonneuil (M. de). X, 103.

Bontemps (Roger). _Id._, 54.

Bonzi (Le cardinal). _Id._, 231.

_Bordeaux_ (_Entrée de la reine à_). VIII, 247.

Boucher, curé ligueur. X, 74.

Boucherat. V, 87.

Boudin (Marie), sorcière. I, 29.

Bourdanière (Le sieur de la). VII, 9.

Bourgeois (Jean), son assassinat. I, 179.

_Bourgeois_ (Le) _poli_. IX, 145.

_Bourgeoises de Paris, leurs ruses et cabales._ VII, 19.

Boux (Guill. Le), évêque d'Acqs. VI, 221, 222.

Brabançon, fameux soudard. VII, 199.

Brancas (Louis de). V. 363.

Brandenbourg (Catherine de). I, 323.

_Bravade d'amour_ (La). IX, 71.

Breauté (Mme de). III, 266.

Elle étoit fille de M. de Sancy; elle se fit carmélite après la mort de son mari, tué en Flandre en 1610. (_Mém. de Bruys_, II, 255.)

Bressieu (Maurice). III, 50.

Breteuil (Le baron de). _Extrait de ses Memoires._ X, 99.

Brèves (Savary, sieur de). VII, 86.

_Brevet d'apprentissage d'une fille de mode._ VIII, 223.

Brézé (M{al} de). IX, 31.

_Brief discours entre le soldat et le marchand françois._ VI, 329.

_Brief discours pour la reformation des mariages._ IV, 5.

Briare. VII, 345, 346.

Brienne (C{te}). XI, 28, 105.

Brioché, farceur. I, 277.

Brique-Razade (M. de). III, 359.

Brisson (Le président). I, 3, note.

Brissac (Le maréchal de). V, 151.

_Bruit_ (Le) _qui court de l'épousée_. I, 305.

Bruyère (La). VII, 84.

Buc (Mlle du), mère du sultan Mahmoud. IX, 261.

Bude (Louise de). I, 27.

Buckingham. X, 267 et suiv.

Bullion (Claude). IX, 32, 33; X, 263.

C

Calderon (Don Rodrigue). I, 95.

Camille (M. de). IX, 102.

Canada. III, 166.

Candale (Duc de). I, 239; X, 47.

_Canard_ (Le) _qui a mangé cinq de ses frères_. VII, 359.

Canillac (Le M{is} de). IX, 100.

Capitaine des levrettes du cabinet. VI, 181.

_Caquet_ (Le) _des poissonières_. II, 131.

Caresme, artificier. VI, 15.

_Carême prenant_; _son oraison funèbre_. III, 361.

Carlos (Le faux Don). II, 28, 34, 38.

Carneau (Estienne). III, 284.

_Carquois_ (Le) _satyrique_. IV, 289.

_Carrefour_ (_Prinse du capitaine_). III, 148; VI, 321; IX, 267.

Carré, procureur sous Louis XIII. I, 194, 200.

_Cartel de deux Gascons._ II, 315.

_Cas merveilleux d'un bastelier de Londres._ V, 259.

Castelnau (Le sieur de). IX, 99, 102.

_Catalogue des princes et seigneurs qui accompagnent le roi de Pologne._ IX, 91.

_Catechisme des Normands._ VI, 173.

_Catechisme des courtisans._ V, 75.

_Ceremonies_ (Les) _faites à Bicestre_. VII, 271.

_Cervelles emouquées_ (_Confrairie des_). III, 297.

César, magicien. I, 27.

Challange, partisan. I, 215.

Châlons en Champagne. IV, 217.

Champgaillard (Le) à Paris. III, 44.

_Chansons_, _Livres populaires_, etc. I, 17, 214, 292; III, 52, 60; V, 32, 33, 34, 223, 264; VI, 42, 282, 330; VII, 6, 21, 92; VIII, 38, 281, 285, 288, 336; IX, 20, 83, 120, 129, 147, 199, 201; X, 145, 147.

Chanvallon (Jacq. de Harlay de). IX, 101.

Chapeau (Le capitaine). VII, 227.

_Chapelier_ (_Discours de la mort du_). V, 3.

_Chapons et coqs, leur différend._ III, 277.

Charlatans, leurs tromperies. III, 273.

Charles Ier. I, 39; X, 162, 173.

Charles II. X, 43, 44, 50.

Charles, capitaine de voleurs. VIII, 178.

Charles Emmanuel, duc de Savoie. I, 149.

_Chasse_ (La) _au vieil grognard de l'antiquité_. III, 27.

_Chasse_ (La) _d'amour_. I, 65.

Chastrez (Priviléges des). III, 333.

Château-Renaud. VII, 227, 228.

Châteauvieux (Joachim de). IX, 100.

Châtel (P. du). X, 154.

Chaulnes (d'Ailly, comte de). _Id._, 104.

Chavigny (Bouthillier de). IX, 29, 30.

Chérier (L'abbé). VI, 170, 171.

_Chirurgien homicide de soi-même._ IX, 363.

Choisy (L'abbé de). X, 106.

_Choses horribles contenues en une lettre envoyée à Henry de Valois._ VI, 201.

Christine (La reine). VIII, 273, 274, 275.

Cinq-Mars. VII, 340; VIII, 119 et suiv.

Clarence (le duc). X, 281.

Clément (Jacques). X, 56, 60, 72.

_Cochon mitré_ (Le). VI, 209.

Nous allons compléter par quelques mots ce que nous avons dit sur l'auteur prétendu de ce pamphlet. L'auteur de la _Bastille dévoilée_, avons-nous dit (VI, 210), prétend qu'il s'appeloit La Bretonnière, tandis que Le Duchat lui donne le nom de Chavigny; or, il se nommait tout à la fois Chavigny et La Bretonnière: l'un était son nom et l'autre son surnom. Quant à sa captivité de vingt ans au Mont Saint-Michel, elle est certaine. Sa mort est d'une date encore douteuse, mais antérieure à 1698, ce qui détruit l'attribution qu'on lui a faite du _Cochon mitre_. Quand parut en effet ce libelle? En 1688. Un homme mort en 1698, après vingt ans de captivité, et qui par conséquent étoit déjà prisonnier depuis dix ans quand on le publia, ne peut donc pas l'avoir fait. Quoi qu'il en soit, comme La Bretonnière, auteur ou non de notre pamphlet, est intéressant, voici à l'appui de ce que je viens de dire une très-curieuse note de l'intendant Foucault, sous la date de 1698: «Le roi ayant fait mettre au Mont Saint-Michel le nommé Chavigny, dit La Bretonnière, qui faisoit le Lardon de Hollande, je l'ai fait tirer d'une cage de bois, où on l'avoit enfermé. Il est mort dans cette abbaye, où il a été vingt ans.» (_Mém. du marq. de Sourches_, 1836, in-8, t. I, p. 10).--L'auteur de la _Bastille dévoilée_ dit que La Bretonnière fut livré par un juif. Nous avons trouvé la confirmation de ce détail et le nom du traître. Dans _Pluton Maltotier_, p. 95, à propos d'un passage concernant un auteur mort au Mont Saint-Michel, on lit cette note: «Le gazetier de Hollande trahi par Alvarès, le joaillier, qui le livra au ministre.»

Coconas. IX, 99.

_Cocq à l'âne_ (Le). IV, 349.

_Cocus_; _leur rencontre à Fontainebleau_. III, 317.

Coeur (Jacques). Son calcul sur le nombre des clochers en France. VI, 90, 91.

Coeuvres (La marquise de). VI, 234, 227.

Coligny. VIII, 5, 7, 10, 12.

Colletet (Guill.). III, 125.

_Combat de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché._ I, 277.

_Compas_ (_Les Amours du_). VII, 287.

_Complainte des courtisannes d'amour._ V, 326.

Condé (Henri II de Bourbon, prince de). IX, 20; X, 228.

Condé (Le Grand). X, 17, 40, 52, 53.

_Conference des servantes de Paris._ I, 313.

_Conferences d'Antitus, Panurge et Gueridon._ VIII, 299.

_Confitures (les) renversées._ I, 363.

_Confiteor de M. Fouquet_. V, 92.

Conrart, académie qui se tient chez lui. I, 127.

_Conseil entre les dames et bourgeoises de Paris._ V, 299.

_Consolation sur la reforme des passemens._ VIII, 140.

_Conspiration faite en Picardie._ VII, 315.

_Contents_ (Les) _et les Mecontents de ce temps_. V, 325.

_Contre-Verités_ (Les) _de la cour_. IV, 335.

Cop (Guill.), médecin. X, 193.

Coquet (Jacques). IX, 34.

_Coquilberts_ (_généalogie des_). III, 165.

Coras (Jean de). VIII, 99.

Cordonniers. I, 193; III, 196, 251; V, 41; VI, 30; VIII, 291.

Cormier, opérateur du Pont-Neuf. VII, 103.

Cornay (Château de). VII, 16.

Corner (Georges). VIII, 303.

Cornuel (Le président). IX, 33; X, 231.

Cotton (le P.). X, 262.

_Courtisan_ (Le) _à la mode_. IX, 351.

_Courtisanes_. I, 49, 208, 333; III, 44, 77, 78, 79, 81; IV, 48, 240, 325, 326; V, 321, 323, 327, 340; VIII, 123, 227, 339, 312; X, 32.

_Courtisannes d'amour_; _leur complainte_. V, 326.

_Courtisannes de Normandie._. I, 333.

_Coutumes, moeurs et usages._ I, 12, 21; III, 57, 58, 129, 309, 325; VI, 34, 63, 181; VII, 55, 148, 151, 196; VIII, 85, 88; IX, 359, 361; X, 7, 30, 146.

Cramail (Le comte de). I, 135.

Crespin (Le sieur). X, 1, 23.

Cressonière (J. de la). IX, 364.

Crest, ville du Dauphiné. VIII, 217.

Crillon. IX, 100.

Croates, Cravates. I, 236.

Crocheteurs, leur général. IV, 235.

Croisilles (L'abbé de). I, 135.

Cromwell (Olivier). X, 43, 53.

Croquans (Défaite des). VII, 323.

Cruauté (La grande) de Mustapha. IV, 273.

Cruche (Maître). VII, 166.

_Cuisine_, _vins_, _cabarets_, _économie domestique_. I, 16, 363, 367; II, 335, 336; III, 43, 55, 133, 160, 162, 194, 283, 296, 301, 302, 312, 318, 361; IV, 37, 47, 50, 51, 52, 53, 55, 70, 71, 195, 231, 260, 315; V, 11, 36, 49, 50, 70, 112, 139, 150, 193, 239; VI, 25, 162, 358, 272; VII, 25, 47, 140, 141, 160, 161, 237; VIII, 169, 234; IX, 352; X, 2, 6, 9, 13, 19, 22, 23, 175, 185, 179, 182, 200.

Cyrano de Bergerac. I, 277.

D

_Dames d'amour, leur ballet à Fontainebleau._ V, 321.

Dampierre (Cl. de). IX, 101.

Danès (P.). X, 154.

Dandin. VIII, 72.

Cet individu qui aida Mme de Maintenon dans les soins qu'elle prit du premier né des amours de Louis XIV et de Mme de Montespan étoit sans doute, ainsi que nous le fait remarquer notre ami G. Desnoiresterres, de la famille de l'abbé Dandin qui fut plus tard aumônier du duc du Maine. (_Journal de Dangeau._ t. I. p. 171.)

_Dames et jeux_. I, 14, 135; II, 16, 17, 175, 185, 186, 197, 297, 298, 348; III, 54, 57, 266, 267, 281, 282; IV, 249; V, 266, 272, 324; VI, 66, 106, 107, 121, 129, 138; VIII, 233, 282; IX, 235; X, 31.

Daurat (Jean). X, 152, 158.

_Defaite des croquans en Quercy._ VII, 323.

Defunctis. II, 162, 163.

_Deluge ès faubourg Saint Marcel._ IX, 63.

Demout (Le voyageur). III, 165; VII, 119.

Denis (Vincent), Périgordin. IV, 255.

Denyeres (Le sieur). III, 93.

_Deposition de la supposition de part de Marie, reine d'Angleterre._ IX, 341.

_Descouverture du style impudique des courtisannes de Normandie._ II, 233.

_Description du tableau de Lustucru._ IV, 79.

Desiré (Artus). VI, 39; X, 283.

Desportes (Philippe). II, 250; VIII, 43; IX, 95.

_Diable_; _son pacte avec les invisibles_. IX, 275.

_Dialogue d'un amant et d'un ivrogne._ III, 135.

_Dictons et Proverbes._ I, 313, 314, 337; II, 23, 265, 266, 284, 336; III, 23, 34, 64, 198, 281; IV, 8, 9, 10, 143, 229, 252, 332; V, 46, 72, 79, 271; VI, 32, 53, 55, 179, 300; VII, 79, 108, 200; VIII, 102, 233, 283; IX, 174, 175, 233; X, 13, 181, 184, 244.

_Differend des chapons et des coqs._ IV, 117.

_Diogène_ (_Le_) _françois_. I, 9.

_Discours de deux marchands fripiers et de deuxmaîtres tailleurs._ V. 189.

--_de la defaite du duc de Joyeuse._ VII, 211.

--_de l'armée du duc de Savoie devant la ville de Genève._ I, 149.

--_de la mort du chapelier._ V, 31.

--_de la desconfiture des reitres._ IX, 111.

--_de la mort de Marie Stuart._ V, 279.

--_de la grande science des femmes._ VII, 281.

--_de deux marchands, un de Paris et l'autre de Pontoise._ I, 75.

--_de trois Espagnols magiciens._ I, 87.

--_de M. Guillaume sur la defaite de trente-cinq poules et un coq._ IX, 137.

--_des grandes processions en Allemagne._ VII, 347.

--_des troubles d'Aragon._ I, 169.

--_des visions d'Amurat._ III, 203.

--_du géant Theutobocus._ IX, 241.

--_d'un magicien de la ville de Moulins._ V, 199.

--_sur la fuite des impositeurs italiens._ VII, 261.

--_sur l'inondation arrivée au faubourg Saint-Marcel._ II, 221.

--_sur la prise des capitaines Chapeau et la Calande._ VII, 227.

--_sur les causes de l'extrême cherté._ VII, 137.

--_sur les lettres d'abolition d'Helène Gillet._ I, 25.

_Division_ (_La grande_) _entre les femmes et filles de Montpellier_. VII, 247.

_Doctrine de la nouvelle devotion cabalistique_, etc. X, 197.

Dôle (Siége de). IX, 20.

Domenchin. IV, 148.

Dongois (Jean), imprimeur. IX, 64.

Douat, chef des croquans du Quercy. VII. 325, 332.

_Dragon_ (Le) _à trois têtes_. IV, 335.

Dragonnages en Dauphiné. VIII, 217.

Ducerceau (Baptiste). IV, 122.

_Duels_, _armes_, _tournois_, etc. II, 183, 221, 350; III, 20, 24, 30, 34, 93, 96, 114; IV, 35; V, 441, 194, 215, 216, 301; VI, 13, 121, 131, 135, 137, 280, 324; VII, 181, 251, 299; VIII, 102, 104, 255.

_Duel d'un Portugais et d'un Espagnol._ IX, 47.

Dujardin, son manifeste. VII, 83.

Dans un manuscrit intitulé _Réflexions historiques sur la mort au roy Henri IV_, il est dit que P. du Jardin fut mis en liberté sans avoir été jugé, et qu'il obtint, en outre d'une pension de 600 livres, des lettres de provision de contrôleur des bières à Paris.

Dumoulin (Le ministre). III, 49.

Dupes (Journée des). IX, 209.

Duprat (le cardinal). VIII, 250.

Dupuis (Pierre), fou. II, 273; VIII, 291, IX, 236.

Dutillet (la). V, 151.

E

_Edict du roy sur les serviteurs et servantes._ VII, 205.

_Education au XVIe siècle_ (_Comment se faisoit une_). X, 151.

_Effroyables factions entre le diable et les invisibles._ IX, 270.

_Emprisonnement_ (_L'_) _de D. C. D._ VIII, 211.

_Enlevement des reliques de saint Fiacre._ VII, 231.

_Ennuis des paysans champestres._ VII, 295.

_Entrée de la royne à Bordeaux._ VIII, 247.

_Entrée de Gauthier Garguille en l'autre monde._ IV, 221.

Epernon (Le duc d'). V, 153; VI, 204; X, 229, 260.

_Ephemerides_ (_Les plaisantes_). IV, 247.

_Epitaphe du petit chien Lycophagos._ IV, 255.

Erasme. X, 158, 187, 195.

Errard. II, 230.

_Escorniflerie_ (_Lettre d'_). IV, 47.

Espagne (Ouvriers françois en). VII, 173.

Espignac (d'). X, 63.

Estelan (Le comte d'). IX, 6.

Estoublon (d').

C'est à lui et à Mme de Brégis qu'arriva l'aventure rappelée t. IX, p. 185. et mise en conte dans _le Mousquetaire à genoux_. V. une note de Saint-Simon dans le Dangeau complet, t. II, p. 135.

Esternod (d') IV, 33.

_Estranges tromperies de quelques charlatans._ III, 273.

_Estrange ruse d'un filou habillé en femme._ IV, 59.

_Estrange accident arrivé en la ville de Tours._ IV, 303.

_Estrenes de gros Guillaume à Perine._ IV, 229.

_Estrenes de Herpinot._ VI, 41.

_Etymologies_, _argot_, etc. I, 130, 133, 212, 217, 220, 236, 242, 284, 305, 306, 310, 335, 347; II, 19, 25, 39, 153, 156, 175, 176, 177, 178, 182, 189, 204, 238, 242, 262, 268, 279, 292; III, 8, 9, 62, 84, 88, 104, 136, 145, 146, 168, 173, 187, 191, 193, 195, 196, 219, 221, 222, 223, 236, 276, 303, 329, 330, 361; IV, 27, 42, 49, 251, 265, 319; V, 12, 44, 137, 190, 203, 205, 212, 213, 214, 217, 219, 223, 235, 244, 250, 260, 271, 311, 324, 340; VI, 9, 61, 69, 154, 161, 212, 215, 258, 263, 270, 271, 282, 289, 293, 296, 324, 342, 343; VII, 5, 6, 22, 23, 28, 43, 47, 77, 93, 130, 154, 155, 162, 170, 173, 179, 220, 222, 249, 253, 262, 263, 265, 266, 285, 325, 359, 361; VIII, 83, 86, 87, 90, 132, 149, 150, 156, 159, 165, 181, 191, 233, 234, 241, 293, 294, 299, 300, 306, 310; IX, 75, 92, 107, 122, 154, 162, 177, 179, 187, 190, 192, 193, 205, 206, 230, 234, 352; X, 6, 8, 11, 28, 64, 68, 87, 89, 135, 143, 144, 178, 190, 193, 208, 209, 215, 220, 222, 223, 230, 240.

_Evantail_ (_L'_) _satyrique_. VIII, 131.

_Examen de la cabale de la rosée-croix._ I, 115.

_Exemplaire punition de François de la Motte._ III, 333.

_Exil de mardi-gras._ V. 97.

_Extrait de l'inventaire qui s'est trouvé dans les coffres du chevalier de Guise._ V, 147.

F

_Factum du procès entre messire Jean et dame Renée._ IV, 75.

_Faiseuse_ (La) _de mouches_. VII, 9.

_Fait du procès de Baïf contre Fontenay et Montguibert._ VIII, 31.

Famine (La). VIII, 337.

_Fantastique repentir des mal-mariez._ IV, 311.

_Fantôme qui se bat en duel._ III, 17.

Faret. III, 130; VI, 344.

Faust. IX, 287.

Fava (Francisco). II, 75.

Ferrand (David). X, 162.

Feretti (Em.), secrétaire de Léon X. X, 162.

_Feu de joie de Mme Mathurine._ VIII, 71.

_Feu_ (Le) _royal_. XI, 13.

Feuillade (La). _Id._, 233.

Fevret (Charles), avocat à Dijon. I, 36, 41.

_Fille de mode_ (_Brevet d'une_). VIII, 323.

_Filou habillé en femme._ IV, 59.

_Finances, monnaies_, etc. II, 138; III, 34, 35, 42, 45, 174, 178, 313; IV, 43; V, 7, 83; VI, 24, 61, 69, 77, 80, 81, 85, 86, 87, 104, 103, 107, 109, 159; VII, 22, 38, 134, 142, 146, 153, 157, 159, 175, 176, 177, 179, 261, 267; VIII, 231, 234, 250; X, 238, 251.

_Financiers_ (_Le Pot aux roses aux_). IV, 349.

Fludd (Robert). IX, 292.

Fontaine (Ch.). _Quintil Censeur et Quintil Horatian._ X, 132, 136, 137, 139.

_Fontainebleau_ (_Ballet des dames d'amour à_). V, 321.

--(_Prise de Carfour à_). IX, 287.

--(_Rencontre des cocus à_). III, 217.

Fonteny (Jacques de). V, 59.

Fontrailles. VIII, 124.

For-aux-Dames, à Paris. I, 182.

Forget le fripier. _Id._, 182, 183.

Forger (Le cuisinier). X, 21.

Fouquet. V, 86, 91. --Sa passion. V, 86.

_Fragment sur Mme de Maintenon._ VIII, 83.

François Ier. VIII, 247, 284.

Frédéric V, électeur palatin. X, 274, 283.

Fripiers de Paris. I, 181.

Frontenay. VIII, 31.

Furetière. VI, 212, 216.

Furstemberg (Le card. de). _Id._, 232.

G

Gadagne (L'abbé de). IX, 101, 102.

Gaigneu (Antoine), poëte forésin. VI, 287.

Galigaï (Eléonora). X, 264-265.

_Gan_ (Le) _de Jean Godards_. V, 173.

Garnache (M. de la). IX, 101.

Garnier (Claude). II, 254.

Gassion. V, 26, note.

Gaston duc d'Orléans. X, 39, 40, 227.

Gaufridi. IX, 279.

Gauthier Garguille. IV, 221; IV, 229.

Genebrard, évêque d'Aix. VIII, 276.

Georges (Le cuisinier). X, 22.

Geneviève (Sainte). X, 187, 196.

_Gerard_ (_Tourments de Baltazar_). II, 61.

Gillet (Hélène). I, 25.

Glocester (Le duc de). X, 45.

Gobelin (Balthazar), trésorier de l'épargne. I, 7.

Gobert (Thomas). IV, 188.

Godard (Jean). V, 173.

Goguier, procureur sous Louis XIII. I, 194.

Gonin (Maître). III, 53; V, 209.

Gonzague (Louis de) duc de Nevers. IX, 95.

Gosselin (Jean), garde de la librairie du roi. I, 1, 3.

Jean Gosselin, qui étoit de Vire, mourut âgé de près de cent ans au mois de novembre 1604. «Il fut trouvé mort dans une chaise près de son feu, tout havi et brûlé et déjà vert.» (L'Estoille. édit. Michaud, II, p. 379.)

Gournay (Mlle de). I, 134.

Gosier Salé (comtesse de). III, 159.

Grammont (Le maréchal de). X, 49.

_Grands jours tenus par le president Muet._ I, 193.

_Grognard_ (_La chasse au vieil_). III, 27.

_Gros-Guillaume; ses étrennes à Perine._ IV, 229.

Groger (Le sieur). VII, 217.

Guabaston, chev. du guet. VI, 192.

Guast (Louis de Bérenger, seigneur du). IX, 98.

Guénegaud (Mme du Plessis). X, 120.

Gueridon. VIII, 279.

Guérin, bouffon de la reine Marguerite. I, 220.

Gueux. VIII, 147.

Guichart (A.) VII, 351.

Guillaume (Jean) le bourreau. V, 52.

Guillaume (Maître). III, 365; VI, 129; VII, 281; VIII, 271; IX, 137, 138.

Guillaume de Nassau. II, 61.

Guillery (Le cap.). I, 214, 289; VII, 71; V, 333.

Guise (Le chevalier de). V, 147.

Guise (Le duc de). VIII, 17 et suiv.; IX, 111.

H

Habicot (Le chirurgien). IX, 244, 245.

V. dans le _Catalogue des sciences médicales_ de la Bibliothèque impériale, t. I, p. 425-426, la liste de ses écrits sur le géant Teutobocus.

_Harangue de Turlupin le souffreteux._ VI, 51.

Harlay (Sieur de), archevêque de Rouen, puis de Paris. VI, 220.

_Hazard de la blanque renversé._ II, 325.

Henri III. VII, 235, 352; IX, 91, 92; X, 59, 60, 66.

Héricault (Ch. d'). VII, 267.

Herpinot, farceur. VI, 41.

Hersent (Charles), docteur en Sorbonne. I, 28.

Herty (L'), fou de cour. I, 135.

Hervart (Mlle d'). IV, 307.

Heudon (Jean). V, 174

_Histoire de la comtesse d'Hornoc, estranglée par le diable._ I, 163.

--_de la mutinerie de Saint-Médard._ VI, 185.

--_de la conversion d'une courtisanne venitienne._ I, 49.

--_de deux magiciens estranglez par le diable._ I, 23.

_Histoire de trois soldats qui ont outragé l'image de saint Antoine._ IV, 307.

--_du combat entre deux demoiselles._ II, 357.

--_du fantôme qui s'est battu en duel._ III, 17.

--_du poëte Sibus._ VII, 89.

--_d'un chirurgien homicide de soi-mesme._ IX, 363.

--_d'un favori de la cour d'Espagne._ I, 95.

--_d'un homme qui a mangé VII enfans._ IV, 217.

--_d'un supposé mari._ VIII, 199.

--_joyeuse de M. de Basseville._ III, 83.

Hornoc (Comtesse d'). I, 163.

Houel (Nicolas). VI, 64; VII, 274.

V. sur lui et sur la _Maison de la charité chrétienne_, dont il fut le fondateur: Cap, _Etudes biographiques pour servir à l'histoire des sciences_, 1857, in-18, p. 84-89; et P. Paris, _Les Manuscrits françois_, etc., t. II, p. 369-376.

Houssaye (Du). X, 231.

Humbelot, procureur en 1622. I, 194.

Humières (M. d'). VIII, 119.

I

_Impositeurs italiens._ VII, 261.

_Imprimeurs_ (_Misère des apprentis_). V, 225.

_Incendie du palais de Paris._ II, 159.

_Industrie_, _Inventions_, _Commerce_, _Agriculture_. II, 79, 123, 192, 183, 321, 327; III, 110, 111, 112, 115, 116, 118-119, 120-122, 166, 182, 190-196, 314, 315, 316; IV, 109, 113, 114, 136, 231, 327; V, 71, 140, 226, 227, 235, 339, 340, 342; VI, 138, 141; VII, 146, 147, 148, 151, 152, 153, 155, 163, 164, 165, 170, 182, 185, 189, 295-297-307; VIII, 149, 165; IX, 153, 160, 164, 178, 215, 217, 254.

_Innocence d'amour._ II, 365.

_Institution des chevaliers de la joye._ VII, 237.

_Interrogatoire de Poltrot._ VIII, 5.

Inteville (M. d'). IX, 102.

Invisibles (leur pacte avec le diable). IX, 75.

Isarn (D'). X, 236, 242, 245.

Ivry (Bataille d'). X, 69, 70.

J

Jacques II. IX, 341; X, 44.

Jars (Le chevalier de). IX, 13.

Jay (Le président Le). IX, 35, 36.

Jean (Messire). IV, 75.

_Jean, son mariage avec Jeanne la Grise._ II, 23.

_Jeux_ (_Les_) _de la cour_. IV, 17.

Jocrisse. IV, 281.

Joseph (Le père). VII, 232; IX, 22, 23, 24.

_Journée des dupes._ IX, 309.

Juif chirurgien. VII, 233.

Joye (Chevaliers de la). VII, 237.

Joyeuse (Duc de). VII, 211.

Jumeau, arquebusier du roi. VI, 13, 135.

Jusseaume ou Josseaume, marchand. I, 184.

L

Lacallande (Le capitaine). VII, 227.

Lafayette (Mme de). X, 117-129.

Laffemas (B. de). VII, 303; IX, 52; X, 80.

Laffemas (J. de). IX, 11; X, 77, 96.

A cette page, _ligne_ 3 de la note, lisez 1579, au lieu de 1529; et _ligne_ 6, lisez 1660 au lieu de 1690.

Lafontaine (Cité). IV, 46.

Lagarde (Le cap.). VII, 83.

La Gomberdière (Le S{r} de). III, 109.

Laguille (Le P.). VIII, 53.

Lambin (Denis). X, 156.

Lambert, musicien. VII, 91.

Langey (Le marquis de). VI, 307, 309, 312.

Larivey, astrologue. II, 211.

Larchant. IX, 93.

_Larmes et complaintes de la reine d'Angleterre sur la mort de son espoux_, etc. X, 161.

Lauzun (Le duc de). VIII, 69.

Lavalise. VIII, 337.

Lavardin (Le S{r} de). VII, 211, 213.

_Legat testamentaire du prince des sotz._ III, 353.

Lelièvre (Elie). X, 187, 188.

Lerme (Le duc de). I, 97.

Le Sage. Le Rodrigue de son _Gil-Blas_. I, 96-113.

Lescot (P.). Un tableau de lui à Fontainebleau. VII, 148.

_Lettre de Calvin apportée des Enfers._ VII, 227.

--_contenant le privilége d'avoir deux femmes._ III, 141.

--_d'Escorniflerie._ IV, 47.

--_de M. d'Aligre au chancelier Seguier._ IX, 339.

--_du général des crocheteurs de France._ IV, 235.

--_de Vineuil sur la conspiration de Cinq-Mars._ VIII, 119.

--_d'un gentilhomme françois à dame Jacquette Clément, princesse boîteuse de la Ligue._ X, 55.

M. Leber (_Bulletin du Bibliophile_, I. 1, nº 9, p. 16) met, pour la rareté et la curiosité, cette pièce à peu près au niveau de la _Prosa cleri Parisiensis_, faite dans le même temps et dans le même esprit, et dont un exemplaire, qui se vendrait au centuple maintenant, coûta 400 livres à la Bibliothèque du Roi lors de la vente de l'abbé Sepher, en 1786.

--_sur la mort du grand Macaty._ IX, 107.

_Lettres de Mme de Lafayette._ X, 117.

--_patentes sur la plantation d'un mai._ IX, 359.

Lezay (La marquise de). X, 1-2.

Lhermite amiral. I, 41.

Liancourt (Ch. Du Plessis). IX, 101.

Libertat. II, 297.

Liébaut (Mme). III, 321.

Ligue (La). Son premier manifeste. VII, 315-322.

Lima. I, 141.

Lincestre (curé ligueur). X, 74.

Lionne (Mme de). VI, 228, 230.

Lionne (L'abbé de). X, 106.

_Logement pour la cour de Louis XIII._ X, 225.

_Loire_ (_Accidents arrivés sur la_). VI, 5.

Longueville (La duchesse de), morte en 1629. V, 151.

Lorens (Jacq. du). II, 151.

M. Ed. Tricotel approuve l'attribution que nous avons faite à Du Laurens de _La Moustache des filous enlevée_ (_Bulletin du Bibliophile_, 1862, p. 1313). Il cite une autre pièce de lui qui n'étoit pas moins inconnue, _La Calotte_, et il reproduit une satire _contre le demy-sçavant_, non comprise dans son recueil et dédiée à son ami Colletet.

Loret, auteur de la _Muse historique_. I, 192.

Loste. X, 77, 89, 97.

Louis XIII à la journée des Dupes. IX, 309-326.

Louis XIV. X, 37, 41, 53, 107-115.

_Louis d'or_ (Le). X, 235.

Louis XIII au pas de Suze. IX, 327.

Louvet. III, 173, 178.

Il étoit trésorier de l'argenterie du Roy en 1610.

Lugoli, lieutenant criminel. I, 199.

Lumagna (Les). II, 199; VII, 268.

Luynes (Le connétable de). IV, 19, 20.

_Lustucru_ (_Description du tableau de_). IX, 79.

Lyon. X, 197.

M

Macassar (Princes de) baptisés à Versailles en 1688. IX, 261.

Macaty (Singe). IX, 107.

Macette (Dame). III, 77.

Machaud. IX, 11.

Madagascar (Prince de) baptisé à Paris. IX, 261.

Madrigal (Le pâtissier de). II, 27.

_Magiciens estranglez par le diable._ I, 23.

_Magie_, _superstitions_. I, 25, 29, 87, 115; II, 212, 368; III, 38, 212-213, 267; IV, 275, 323; V, 66, 162, 167, 168-169, 201, 204, 267, 269; VI, 202, 289, 291, 294; VII, 253; IX, 275, 281, 285, 286, 292; X, 57.

Mai (Plantation d'un). IX, 359.

Maignelay (La marquise de), grande dévote amie de saint Vincent de Paul.

C'est elle qui doit être désignée sous l'initiale M. au t. I, p. 129.

Maintenon (Mme de). VIII, 53.

Mallot, ministre calviniste. VI, 187.

_Malmariez_ (_Fantastique repentir des_). IV, 311.

Mancini (Marie). X, 41.

Mancini (Hortense). X, 47.

Mangot (Le chancelier). X, 262, 264.

_Manière de bien ferrer la mule._ V, 243.

_Manifeste de ce qui doit se passer en France en 1620._ VII, 5.

_Manifeste de P. du Jardin._ VII, 63.

Mansfeld (Le duc de). I, 217.

Marais, bouffon de Louis XIII. IV, 337.

Marchand (Le capitaine). IX, 36.

_Mardi gras, son exil._ V, 97.

Marguerite (La reine). I, 207; II, 16, 254.

_Mariages_ (_Réformation des_). IV, 3.

Marie Stuart (Mort de). V, 279.

Marie, reine d'Angleterre. IX, 331.

Marillac, garde des sceaux. IX, 9, 326.

Marillac (M. de). IX, 8.

Marion Delorme. VIII, 120, 121.

_Maris. Arrest contre leur impuissance._ VI, 307.

Martin Guerre. VIII, 99.

Mascaron. VI, 222, 223.

Mathurine, folle du roi. VI, 529; VIII, 271.

Matignon (M. de). Lettre que lui adresse Charles IX.

Maubert (Nouveaux compliments de la place). IX, 229.

Mauclerc, procureur en 1622. I, 194.

Maure (La comtesse de). X, 126.

Mauregard, astrologue. II, 211.

Mauraisin (Noël). VII, 267.

Mayenne (Le duc de), tué en 1622. VII, 250.

Mazarin. IX, 322; X, 42, 49.

Médicis (François de). VII, 333.

Médecine. II, 108, 113; III, 170; IV, 82, 251; V, 134, 195, 305; VI, 120; VII, 33, 233, 259; VIII, 284; X, 212, 213, 214.

_Melons Andardois_ (_Roi des_). III, 361.

_Memoire pour les coiffeuses, bonnetières et enjoliveuses de la ville de Rouen._ IX, 215.

-- _sur le prix des vivres à La Rochelle._ VI, 23.

-- _touchant la seigneurie du Pré-aux-Clercs._ IV, 87.

_Menippée de Francion, ou responce au Manifeste anglois._ X, 267.

Mercelotz. VIII, 147.

Mercoeur (Le duc de). I, 293; III, 212.

_Merveilles du Salmigondis de l'Aloyau._ I, 363.

Mesmer (Claude de). IV, 75.

Mesmer (H. de). X, 151, 154, 155.

Mesmer (J. J. de). X, 152.

Michel, magicien à Moulins. V, 99.

_Mie Margot_ (_Histoire de_). II, 121.

Mignet, son livre sur Antonio Perez. I, 169.

_Mignons_ (_Vertus et propriétés des_). VII, 331.

_Miliade_ (La). IX, 5.

Milmont (Curé de). IV, 323.

_Miroir de contentement._ II, 13.

Miron (Le médecin). IX, 94.

_Misères des apprentis imprimeurs._ V, 225.

_Misères de la femme mariée._ III, 321.

Modes (Détails sur les). I, 12, 21, 62, 132, 163, 217, 223, 224-257, 283, 307, 309, 317, 334, 335, 337, 340, 344, 352; II, 18, 20, 57, 83, 90, 123, 151, 190, 192, 243, 316; III, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 43, 46, 64, 102, 104, 106, 113, 114, 117, 118, 119-122, 156, 190, 242, 243, 245, 246, 247, 248, 249, 250, 252, 253, 255, 257, 267, 268, 269; IV, 136, 291, 299, 362; V, 68, 99, 124, 135, 149, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 192, 302, 311, 312, 313, 315, 316, 331, 345, 360; VI, 32, 33, 35, 37; VII, 9, 11, 15, 17, 25, 29, 42, 46, 51, 94, 99, 101; VIII, 166, 167, 168-169, 175, 249, 334, 336; IX, 88, 132, 133, 134, 135, 136, 140, 245, 256, 306; X, 81, 129, 131, 139, 164, 215, 351, 355, 356; X, 27, 29.

Moisset (financier). III, 181-184; IV, 343; VIII, 243.

Molière cité. I, 224, 235, 248, 347, 352; II, 16, 200; III, 38, 106; IV, 9, 10, 285-306.

Montaiglon (A. de). I, 275; VIII, 195.

Montbazon (M. de). IV, 337; V, 291.

Monguibert. VIII, 31.

Monnerot (financier). V, 91.

Montaigu (L'abbé). X, 45.

Montigny (Le comte de). VIII, 122.

Montmaur (P. de). I, 129.

Montmorin (M. de). IX, 103.

Montrésor. III, 129.

_Montpellier_ (_Division entre les femmes et les filles de_). VII, 247.

Montpensier (Catherine-Marie de Lorraine, duchesse de). X, 55 et suiv.

Montpezat (M. de). VIII, 171.

_Monstre_ (_Le_) _à trois têtes_. IV, 344.

_Moulin à barbe_ (_Destruction du_). II, 49.

_Moulins à barbe_ (_Origine des_). II, 53.

_Moustache_ (_La_) _des filous enlevée_. II, 151.

Muet, lieutenant au petit criminel. I, 193.

_Muse_ (_La_) _infortunée_. II, 247.

_Musicien_ (_Le_) _renversé_. VIII, 93.

_Musique de la taverne._ VI, 341.

Mustapha, empereur des Turcs. IV, 273.

N

Navarre (Le roi de), Henri IV. VII, 214, 215.

Nemours (La duchesse de). X, 44.

Neri en Verbos (Sieur de). Ce que signifie son nom. III, 142.

Le _Bulletin du Bibliophile belge_, 1863, p. 104-105, s'est rencontré avec nous pour l'explication de ce pseudonyme.

_Nez à la mode_ (_Anatomie d'un_). V, 133.

Nicolas (Le cuisinier). X, 22.

Niel (P. de) ou Niert (de) le musicien. IX, 330-331.

_Noblesse_ (_Plaisirs de la_). VII, 303.

_Normandie_ (_Courtisanes de_). I, 333.

Notre-Dame de l'Épine. VII, 350-351.

_Nouveaux compliments de la place Maubert._ IX, 229.

_Nouvelle de la venue de la roine d'Alger à Rome._ IX, 259.

_Nouvelle manière de faire son profit des lettres, traduitte en françois par J. Quintil, du Tronsay, en Poictou. Ensemble: le Poëte courtisan._ X, 131.

_Nouvelles admirables des Indes._ V, 159.

_Nouvellistes_ (_Règlement pour les_). VII, 261.

Noyers (De) Sublet. IX, 22, 27.

Nully (Le président de). I, 2; X, 74.

O

O (François d'). IX, 104.

_Oeconomie, ou le vray advis pour se faire bien servir_, par le sieur Crespin. X, 1-22.

Olerius, magicien. I, 29.

_Oeufs de Pâques_ (_Les_). V, 59.

_Ombre_ (_L'_) _du mignon de fortune avec l'enfer des ambitieux mondains_, etc. X, 77.

_Onophage_ (_L'_), _ou le Mangeur d'âne_. III, 67.

_Onozandre_ (_L'_), _ou le Grossier_. V, 291.

_Ombre_ (_Amours de l'_) _et du compas_. VII, 287.

_Oraison funèbre de carême prenant._ III, 61.

_Ordonnances générales d'amour, par le baron de Mistingue._ II, 169.

_Ordonnance pour le reglement du camp._ I, 139.

_Ordre à tenir pour la visite des pauvres honteux._ V, 127.

_Ordre du combat fait en la ville de Moulins._ III, 93.

V., sur ce combat, les _Mémoires_ de Martin du Bellay, liv. VIII, fin de l'année 1537.

Orléans, Histoire de _la vache à Colas_. II, 39. --Le bonhomme Petau. _Id._, 279. --La glose d'Orléans. _Id._, 294. --Manufactures de soie. VII, 313. --Siége par M. de Guise. VIII, 16. --Les Siamois à Orléans. X, 102.

Ordres de chevalerie burlesques. VII, 237-239, 248.

Ornano (D'), colonel des Gardes Corses. IV, 339.

Orvietan (l'). VII, 113.

_Ouverture des jours gras._ II, 345.

P

Padel, successeur de Tabarin. III, 151.

_Paille_ (_Miracles de la_). VIII, 323.

_Paille_ (_Louanges de la_). VIII, 325.

Paloiseau (Hôtel). IV, 184.

Pamperon, procureur en 1622. I, 191.

Panurge. VIII, 279.

Parabère (M. de). I, 299.

Paris. Les fripiers, I, 181. --La Tonnellerie, _id._ --Rue de la Heaumerie, 182. --Rue Tirechappe, 189. --Rues des Bourdonnais et de la Limace, _id._ --Rue du Plat d'Étain, _id._ --Le cabaret de la Table Roland, près l'apport Paris, I, 195; III, 127; VI, 40. --Les manteaux rouges voleurs, II, 198; V, 194; VI, 326. --La taverne du Pied de Biche, près le Temple, I, 202. --La Cour des Miracles, 203. --Palais de la reine Marguerite, I, 207, 219; IV, 132-175; V, 327. --Eglise Saint-Bon, I, 209. --Moulins à vent hydraulique, à l'île Notre-Dame, _id._, 211. --Ile Louviers, 219. --Brodeuses du faubourg Saint-Antoine, 240. --Bataille de laquais, 283, 285. --Charnier des Innocents, 313. --Servantes de Paris, I, 313, 321; II, 237; III, 101; V, 243, 244, 246, 250, 251, 253, 254, 257, 345; VI, 265, 274; VII, 142, 205, 207; IX, 172. --L'officialité, I, 319; VI, 308; IX, 12. --Rôtisseries du petit Châtelet, I, 367. --Boucherie de Saint-Etienne-du-Mont, 369. --Concerts de Sainte-Cécile aux grands Augustins, II, 14. --Les orgues des Cordeliers, _id._ --Le feu de la Saint-Jean à la Grève, 15. --Le carrefour de Notre-Dame-de-la-Carole, 16. --La friperie, 19. --Les forges du Pont-au-Change, 23. --Les colosses du Pont-Notre-Dame, 40-41. --Le petit Châtelet, 43. --Le chevalier Tape-cul au Palais-Royal, 44. --Les Gobelins, 55, 223, 227, 231, V, 138. --Le moulin de Croulebarbe, II, 58. --Les coiffeurs, 57.--L'église

Saint-Leufroy, 101. --Le Fort l'Evesque, 109. --Les apothicaires, 115. --Le gros Thomas au Pont-Neuf, 125. --La Grenouillère, 128. --Poissonnières de la place Maubert, 132. --Les Feydeau, 138, 139, 140. --Saint-Germain-le-Vieil, 149. --Incendie du Palais en 1618, 159, 167; III, 127. --La table de marbre, II, 161. --Les statues des rois au Palais, 162. --La pierre-au-let, 169, 173. --Les épices du Palais, 159, 179. --Cabarets de La Boisselière et de la Coiffier, 202; V, 36. --Inondation de la Bièvre, II, 221; IX, 63-70. --Le copeau de S.-Victor et ses moulins, II, 226. --Tanneurs de la Bièvre, 229. --Bureaux de placement des domestiques, 227. --Marché aux pourceaux de la Butte S.-Roch, 270. --Académies (_manéges_) au faubourg S.-Germain, 271; IV, 188. --Le pont aux oiseaux, II, 276. --L'île maquerelle, 283. --Carrosses en 1619, 282, 284. --Les voleurs à la poire d'angoisse, 295. --Le tombeau de Commines aux grands Augustins, 297. --La Blanque en 1649, 325. --Filles du faub. S.-Germain et du Marais, I, 207, 219; II, 346, 366; V, 323. --La foire Saint-Germain, II, 348; IV, 328. --Les faubourgs enfermés dans la ville en 1634, II, 349. --Voleurs sous Louis XIV, III, 5, 8. --Le château des Porcherons, 31. --Le château de Vauvert, 31; IX, 290. --Le Luxembourg, III, 5-8, 32. --Le Huleu et le Champ-Gaillard, 44. --La maison du patriarche au faubourg Saint-Marcel, 51; VI, 186, 198. --Assemblées calvinistes à Popincourt, III, 51. --Etat de Paris sous Charles VI, 62. --Irlandais à Paris, 62. --La tour des Dames, 68. --Les plâtriers de Montmartre, 70. --Le Puits-Certain, le Puits de Rome, 78. --L'hôtel de Montmorency, 99. --Le pont Rouge ou pont Barbier, 102. --Les tisserands de la Macque, rue de la Tixeranderie, 113. --Fabrique de tapisseries de La Planche, 116. --Le cabaret de Cormier, 138; VIII, 296. --Le pont Alais, III, 142; IV, 226; VII, 39. --Filous de la Samaritaine, III, 147-148. --Le carrefour Guillori, 150. --Filous du faub. S.-Germain et du Marais, 154; IX, 271, 297. --L'hôtel de Scipion Sardini, III, 174; V, 221; VI, 115. --Les crocheteurs de la Grève, III, 179. --Le quai Malaquais, 179; IX, 297. --Supplice à la croix du Trahoir, III, 231. --Les Ursulines de la rue Saint-Jacques, 265. --Les Carmélites de la rue du Bouloi, 266. --Boucheries, 314, 315. --Cabarets en 1622, 318-319. --Le petit Saint-Antoine, 318. --Le crocheteur de la Samaritaine, IV, 27, 235. --L'hôtel Concini, rue de Tournon 30, VIII, 233, IX, 315; X, 106, 265. --Marchands de meubles de la rue Frépillon, IV, 48. --Asile dans les églises de Paris, 76. --Ce qu'on appelait la petite Seine, 90, 97. --Le Pré-aux-Clercs, 93, 95; IX, 297. --Le carrefour Buci et la rue des Mauvais-Garçons, IV, 95. --La chapelle Saint-Germain des Orges, au Pré-aux-Clercs, 94, 97, 99, 100. --La rue du Colombier (rue Jacob), 108, 132. --La maison de Baptiste du Cerceau, 121-123. --La rue des Marais, 125. --La petite Genève, 125-126. --L'hôpital de la Charité, 138. --Le cimetière de Saint-Père, 139. --Maison de des Iveteaux au Pré-aux-Clercs, 141-148. --Hôtels garnis du faubourg Saint-Germain au dernier siècle, 151; IX, 300. --La maison Colletet, IV, 161. --La rue de la Sorbonne ou de l'Université, 182-183. --L'hôtel Tambonneau, 185. --Les commencements de la rue du Bac, 193. --Les filles de Saint-Joseph, 198. --Collége de Reims, 258. --L'Hôtel Montbazon, rue Béthizy, 338. --L'impôt des portes cochères pendant la Fronde, V, 7, 338. --Duels au Pré-aux-Clercs, 44. --Le collége de Cambray, 46. --Maison de Colbert, rue du Mail, 95. --Etablissement pour les pauvres au XVIIe siècle, 128, 129, 130, 131. --L'hôtel Sourdis, 136. --Les libraires du mont Saint-Hilaire, 231. --Les financiers de la place Vendôme, 232. --Les écrivains des Saints-Innocents, 248. --La Vallée, 252. --La rue des Jeux-Neufs, 266-267. --La statue de P. du Coignet à Notre-Dame, 269. --La tour de la Commanderie de Saint-Jean de Latran, 322. --L'église Saint-Barthélemy, 335. --Feux d'artifice sous Louis XIII, VI, 14. --La rue Tiquetonne, 14. --Incendie au port au foin en 1618, 16. --La boue de Paris en 1616, 37-38. --La charité chrétienne, rue de l'Ourcine, 64, VII, 274. --Les Quinze-Vingts, VI, 66. --Impôt à Paris en 1622, 97. --Vol de reliques à la Sainte-Chapelle en 1589, 201. --Procureurs de la rue des Mauvaises-Paroles, 261. --Le trésor de la Bastille, 262. --La voûte de Nicolas Flamel au cimetière des Saints-Innocents, 269-270. --Procureurs des environs de la place Maubert, 271. --Cocus de la rue Quincampoix, 274. --Les Nymphes de Jean Goujon à la fontaine des Innocents, VII, 39. --Le quartier de la Nouvelle-France, 42. --Diminution des loyers pendant la Fronde, 61-68, 365. --Les enfants-bleus, 92. --Le collége de Lisieux, VII, 93. --Charlatans du Pont-Neuf, 103-108. --Le may des imprimeurs, 133. --Rentes sur la ville en 1586, 159. --La promenade au cours de la Porte-Saint-Antoine, 201. --Rentes de l'Hôtel-Dieu (1589), 261. --Les Invalides à Bicêtre sous Louis XIII, 271-279. --Magnaneries à l'hôtel de Retz, 308. --Magnaneries aux Tuileries, 309. --L'italien Balbani au château de Madrid, 310. --Plantation de mûriers près de Saint-Thomas du Louvre, 310. --Maison de Baïf, rue des Fossés-Saint-Victor, VIII, 40. --Maison d'Estienne Pasquier sur le quai de la Tournelle, 41. --Les filles-bleues de la chaussée des Minimes, 71. --Logis de Scarron, rue Neuve-Saint-Louis; 73. --Maison de la rue de Vaugirard où Mme de Maintenon élève les bâtards du roi, 74. --Fours du quai de la Ferraille, VIII, 152. --Cour des Miracles, 160. --Le Huleu, 223. --Bassompière et la lingère de la rue de Bourg-l'Abbé, 223. --J.-J. Rousseau, rue Plâtrière, 233. --Nouvellistes aux Tuileries, au Luxembourg, au Palais-Royal, au quai des Augustins, aux Célestins; 262-265, 267. --Antonio Perez à Paris, 265. --La Pomme de Pin et la Croix-Blanche, cabarets, 296. --Une inscription du Petit-Pont avant 1718, IX, 11. --Le Pont-Marchand, son fondateur, 36. --Bureau d'adresses en 1633, et petites-affiches, 51, 61. --L'hôtel de Nemours, 55. --L'enseigne de la Femme sans tête, 83. --Cours de la Porte Saint-Antoine sous Louis XIII, X, 25, 34, 125, 130. --Le jardin de l'Arsenal, IX, 126, 127; X, 31. --Le jardin de Dupont à la Roquette, IX, 127. --Le Marché du cimetière Saint-Jean, 229. --Les poissardes de Paris en 1644, 230. --Les harengères du Petit-Pont, 233-234. --Le Mont-Parnasse, 290. --Le diable Vauvert, _id._ --Magie au Marais, 292, 294. --Le Luxembourg sous Louis XIII, 314. --Le mai de la basoche, 359-361. --Le boulevard Saint-Antoine sous Louis XIII, X, 28. --Le pavage du faubourg Saint-Antoine, 28. --Le couvent de Sainte-Marie à Chaillot, 45, 165. --Henri IV surprend les faubourgs de Paris, 65. --Famine à Paris, 70. --Le jardin ou parc des Tuileries et sa grotte; 91, 93. --La maison de Rambouillet au faubourg Saint-Antoine, 164. --D'où vient le nom de la rue Chantereine, 135. --Le collége de Bourgogne, 152. --Le collége Montaigu, 157-159. --L'île Notre-Dame, 189. --Les diamans du s{r} d'Arce au Temple, 278-279.

Pasquier (Etienne). I, 364; II, 169.

_Pasquil de la cour pour apprendra à discourir._ III, 264.

_Pasquil touchant les affaires de ce temps._ VIII, 347.

_Pasquil du rencontre des cocus à Fontainebleau._ III, 217.

_Passage du cardinal de Richelieu, à Viviers._ VII, 339.

Passard, laquais de l'abbé Chérier, le censeur, qui prit son nom pour pseudonyme. VI, 170-171.

V. sur l'abbé Chérier un article de M. Guessard (_Corresp. litt._, 5. fév. 1858, p. 73-81); et l'_Histoire de la censure théâtrale en France_, par M.. V. Hallays-Dabot, 1862, in 18, p. 54.

Passemens (_La révolte des_). I, 223.

_Passeport des bons buveurs._ IV, 69.

_Passeport pour l'autre monde._ IX, 337.

_Passion de M. Fouquet._ V, 86.

_Pâtissier de Madrigal._ II, 27.

Pavillon. II, 2.

Pedoue (François), auteur _du Bourgeois poli_. IX, 146.

Aux détails déjà donnés sur ce facétieux chanoine de Chartres nous ajouterons qu'on a de lui quelques chansons satiriques, entre autres la requête de _l'Ane qui vielle à messieurs du chapitre_, publiée dans le _Magasin pittoresque_ de 1856, p. 56.

Pichon de Ruby. VIII, 147.

Pegenac, docteur de Sorbonne. I, 3.

Perez (Antonio). I, 169; VIII, 263.

Perine. Ses étrennes. IV, 229.

Permission (Comte de). VIII, 81.

_Permission aux servantes de coucher avec leur maître._ II, 237.

Perdrigeon, marchand. I, 283.

Perse (Infante de) à Paris en 1666. IX, 261.

Philippe II, roi d'Espagne. I, 171, 173.

Pibrac. IX, 94.

_Pièce du cabinet_ (_La_). III, 283.

Picardie (Conspiration faite en), VII, 315.

Picotin (Capitaine). VI, 279.

Piedaigrette. III, 165.

Piron. VI, 171; IX, 107.

_Placet des amants contre les voleurs._ III, 5.

_Plaidoyer dans une cause comique._ I, 349.

_Plaisantes ruses et cabales de trois bourgeoises._ VII, 19.

_Plaisante nouvelle sur ce qui se passe en Piémont._ VI, 279.

_Plaisirs de la noblesse._ VII, 303.

Planto (Le colonel Otho). IX, 98.

Pois pilez. VIII, 81.

Poitou (Académie de Larrons en). VIII, 153-154.

Polichinel. I, 355.

Pologne (Le roi de). IX, 91.

Poltrot. Son interrogatoire. VIII, 5.

Pontalais (Jean du). III, 142.

Le vrai nom de ce farceur étoit Jehan de l'Espine du Pont-Alletz, et son surnom _Songe-creux_, comme nous l'avons appris par la mention d'un présent de 223 livres tournois que lui fit François Ier, devant qui il avoit joué des farces. (V. L. Lacour, _Oeuvres de Des Périers_, t. II, 154, note.) Ce surnom me fit penser que les _Contredits de Songe-creux_, toujours prêtés à Gringore, bien qu'ils ne fussent pas dans sa manière, pourraient bien être de Pontalais; je le dis dans l'_Introduction_ aux _Chansons de Gaultier Garguille_, p. lxxix, et peu de temps après je fus heureux de voir que M. Ch. d'Héricault avoit approuvé cette conjecture. C'est sous le nom de Pontalais, et non sous celui de Gringore, qu'il a donné des extraits des _Contreditz_ dans le t. I, p. 531-540, du recueil des _Poëtes français_ de M. Crépet. Notre littérature de la fin du XVe siècle et du commencement du XVIe retrouve ainsi un poëte de plus.

_Pont-Breton des procureurs._ VI, 253.

Pont-de-Gourlay (M. de). IX, 31; X, 231, 232.

_Pont-Neuf frondé._ III, 337.

Pontoise. I, 75, etc.

Porte (De la), grand prieur de France. VII, 217.

_Pot aux roses aux financiers._ IV, 349.

_Pot aux roses_ (Le) _découvert_. VII, 199.

Poulet, lettre galante. I, p. 12, note 21.

Poumerol (François). VI, 131.

Pourchot (Edme). IV, 87.

_Précieuses_ (_Récit de la Farce des_). IV, 295.

Prestre Jean (Le). V, 162, 163, 164, 165, 167, 171.

_Prinse du capitaine Carrefour._ IX, 267.

_Prisonniers_ (Salve Regina _des_). VIII, 193.

_Prisonniers. Leur purgatoire._ VIII, 201.

_Privilége des cervelles émouquées._ III, 297.

_Privilége des chastrez._ III, 333.

_Privilége des Enfants Sans-Soucy._ III, 159.

_Procession en Allemagne._ VII, 347.

_Procureurs_ (_Pont-Breton des_). VI, 253.

_Promenade du Cours._ IX, 125.

_Propriété des bottes sans cheval._ V, 229.

_Purgatoire des prisonniers._ VIII, 201.

_Purgatoire des hommes mariez._ IV, 81.

_Purgatoire des bouchers, charcutiers_, etc. V, 263.

Pussort. V, 88-89.

_Putains à cul_ (Les). VIII, 337.

Q

_Quatrains sur les harquebuses et pistolets._ VI, 131.

Quélus (M. de). IX, 101.

Quercy. VII, 323.

_Querelle des femmes du faubourg Saint-Germain avec les filles du faubourg Montmartre._ IV, 323.

_Questions de la cour._ V, 75.

_Questeuses_ (_Satyre sur l'indécence des_). V, 331.

Quintil du Tronsay. X, 131.

Nous avons su par une note de M. Brunet (_Manuel_, nouv. édit., t. IV, p. 1023), que la satire de Quintil, _La Nouvelle Manière de faire son profit des lettres_, etc., étoit une traduction de l'épître d'Adrien Turnèbe, _De nova captandæ utilitatis e literis ratione metrice scripta ad Leoquernum_: Paris, 1859, in-8º.--M. Brunet ajoute qu'une autre traduction de cette épître fait partie des oeuvres de J. Du Bellay; or nous avons prouvé que celle de Quintil et celle de Du Bellay sont la même.

R

_Rabelais_ (_cité_). I, 63, 267; II. 197, 240, 241, 283, 297; III, 21, 36, 61, 126, 162, 167; V, 274; VI, 39, 257, 282, 283; VII, 254; VIII, 87.

Raconis (Ange de). III, 49.

Ramus. IV, 93, 94, 104-106.

Rangouze (Le S{r} de). VII, 131.

Ranty (M. de). IX, 100.

_Rapport d'un affidé de Angleterre à Paris en 1655._ X, 35-54.

Ratiers (Confrairie des). III, 297.

Ravaillac. II, 165; VII, 84; X, 261.

Razilly (Le voyageur). VI, 118, 355.

_Ré_ (_L'île de_). X, 268, 273, 276, 277.

_Réception des ambassadeurs du roi de Siam en 1686._ X, 99.

Récit de la farce des précieuses. IV, 285.

_Recit de l'assassinat de Jean Bourgeois par la compagnie des fripiers de la Tonnelerie._ I, 179.

_Recit de l'attentat commis à Sannoy._ III, 2.

_Recit de l'execution du capit. Carrefour._ VI, 321.

_Recit du combat sur mer devant Lima._ I, 441.

_Reconfort des femmes qui se plaignent de leurs maris._ IV, 315.

_Règle de la cabale des filous._ III, 147.

_Règle_ (_Amours de la_). VII, 287.

_Reglement pour les nouvellistes._ VIII, 261.

_Reglement pour pourvoir aux vivres de la ville._ VIII, 323.

_Reglement sur la preference des savetiers-cordonniers._ V, 41, 194, note.

_Reglement sur toutes sortes de marchandises._ III, 109.

_Regret des courtisanes d'amour._ V, 328.

_Regret des filles de joie de Paris._ III, 77.

_Rejouissance_ (_La_) _des femmes sur la deffense des tavernes et cabarets_. X, 175.

Remond (Nicolas). VI, 85.

_Remonstrance aux femmes et aux filles de France._ IV, 361.

_Remonstrance aux nouveaux mariés._ II, 257.

_Remonstrance sur la librairie du roy._ I, 1.

Renaudot (Th.). I, 138; IX, 52-53.

_Rencontre aux environs de La Rochelle._ VIII, 331.

_Rencontre de M{e} Guillaume avec Piedaigrette._ III, 165; VII, 267.

_Rencontre de trois astrologues judiciaires._ II, 311.

_Reponse des servantes aux langues calomnieuses._ III, 101.

_Reproche du capitaine Guillery aux carabins._ VII, 71.

_Requête d'un poëte à M. de Vatan._ VIII, 232.

_Requête pour la diminution des loyers._ VII, 61.

Retz (Le cardinal de). X, 38.

_Revenus_ (_Sur les_). VIII, 53.

_Revolte des Passemens_. I, 223.

Ribaut (J. de). X, 280.

Ribère (Le médecin). VI, 120.

Richelet. IX, 20.

Richelieu (Cardinal de). VII, 323, 339; VIII, 320 et suiv.; IX, 5, 21, 309-326; X, 227, 228, 262, 264, 268.

_Riflasoret_ (_Cour de_). V, 97.

Riolan (Le médecin). IX, 244-245.

Ripaille (Château de). I, 151.

Roche (La). IX, 100.

Rochefort (Le comte de). Le même dont Sandras de Courtils a écrit les mémoires. Ce qu'il a dit de l'aventure de Brioché, en Suisse. I, 281.

Rochefoucauld (Le duc de la). X, 117-129.

Rocheguyon (M. de la). IX, 98.

Rochelle (La). VI, 23, 27; VIII, 331; X, 274.

Rocheposay (M. de la). IX, 97.

Rodrigo (Dom). I, 96, etc.

Roger-Bontemps. VI, 51.

Rohan (Le chevalier de). II, 301-314.

Comme complément de la pièce que nous avons donnée sur la conspiration du chevalier et de Latréaumont, voir les _Mémoires inédits_ de Jean Rou, 1857, in-8º, t. I, p. 67, et _Description raisonnes d'une collection choisie d'anciens manuscrits_, Techner, 1862, in-8º, p. 259-261.

_Rôle de presentation faicte aux grands jours de l'eloquence françoise._ I, 27.

Rollin, X, 151, 158.

Romans, en Dauphiné. IX, 242.

Roquelaure (Antoine de). V, 153.

Roquette (L'abbé). VIII, 59.

Rose, évêque de Senlis. I, 3; X, 74.

Rose-Croix. I, 115; IX, 280.

Rosée-Croix. I, 115.

Rostaing (Tristan de). IX, 105.

Rostein (Le). V, 150.

Rouen. IX, 215; X, 176-177.

Rouge-Aureille, prévost. VI, 190.

Rozeau (Jean) le bourreau. V, 190.

_Rubrique et fallace du monde._ I, 343.

Ruggieri, magicien. I, 25.

Rupert (Le prince). X, 44.

Ruzé, avocat au parlement. X, 158.

S

Sablé (Mme de). X, 117-129.

Saintes (Claude de), évêque d'Evreux. IV, 355.

_Saint Fiacre. Enlèvement de ses reliques._ VII, 231.

Cette pièce est attribuée dans _le Chevroeana_, p. 231, au comte d'Estelan, auquel on prête aussi la _Milliade_.

Saint-Denis (La ville de). X, 56, 66.

Saint-Denis (Le baron de). IX, 104.

Saint-Géran (Le maréchal de). IX, 97.

Saint-Loup (Mme de). X, 125.

Saint-Luc (Fr. d'Epinal). IX, 102.

Saint-Paul (Le comte de). X, 127.

Saint-Sulpice (Le baron de). IX, 105.

Saint-Vidal (Ant. de la Tour de). Id., 105.

Saint-Marcel (Inondation du faubourg). Id., 63.

_Saint-Medard_ (_Mutinerie de_). VI, 185.

_Saint-Maixent_ (_Combat de_). VII, 211.

Saint-Simon. VIII, 95, 96; IX, 309 et suiv.

Saint-Thomas (Mme de). VIII, 121; IX, 16.

_Salve Regina des prisonniers._ VIII, 193.

Sancy, ambassadeur à Constantinople. IV, 275.

Sannoy (Attentat commis à). III, 11.

Sans soucy (Enfants). III, 159.

Santeul. X, 189.

Sardini (Scipion). III, 174; V, 221; VI, 115.

Pour compléter ce que nous avons dit sur son hôtel, aujourd'hui dépendance de l'administration des hospices sous le nom de _Maison Scipion_, voir deux excellents articles de M. Anatole de Montaiglon dans les _Beaux-Arts_, t. I, 1860, in-8º.

Sarzay (Le S{r} de). III, 93.

_Satyre contre les petits maîtres._ V, 31.

--_sur la barbe du president Molé._ VI, 315.

--_sur l'indecence des questeuses._ V, 331.

_Satyrique_ (_Le_) _de la cour_ III, 241.

Savaron (Le président). VI, 74.

Sagonne (La). V, 154.

Sault (Le comte de). VI, 224.

Sauvage (Denis). X, 142.

Savetiers. V, 41.

Scarron. VI, 212, 214; VII, 125; VIII, 65, 67, 69.

Schomberg. IX, 93.

Scribe (Eug.). VIII, 38.

Scudéry (Mlle de). III, 9; X, 235.

Sébastien (Don) le faux. II, 28, 30.

Seguier (Le chancelier). IX, 22, 24, 339; X, 229.

Servien. IX, 28.

Sessac (Fr. de). IX, 97.

Siam (Ambassadeur du roi de). X, 99.

_Sibus_ (_Histoire du poëte_). VII, 89.

Sillery (Abbé de). I, 190.

Sillery (Le marquis de). V, 151.

Silly (Henry de). Id., 152.

Simon le magicien. III, 187; IX, 276.

_Singerie des femmes de ce temps._ I, 55; II, 196.

Soissons (Le comte de). X, 228.

_Soleil_ (_Amours du_). VII, 287.

_Sommaire sur les revenus de la France._ VI, 85.

_Songe._ IV, 23.

Sotz (Prince des). III, 253.

Soubise (Le duc de). X, 270, 284.

_Stances sur le retranchement des fêtes._ VI, 245; VII, 53.

_Stances à certain goulu._ VI, 296.

Sully. X, 276.

Surêne, son vin. III, 133-134.

_Surprise et fustigation d'Angoulevent._ VIII, 41.

Suze (Pas de). IX, 327.

T

Tabarin. IV, 225; VIII, 288.

_Tableau des ambitieux de la cour._ IV, 33.

Tambonneau (Hôtel). IV, 184.

Tape-cul. II, 44.

Tasimghi (Le capitaine). IX, 104.

Tasse (Le). II, 251.

_Tasteur_ (_Le_). II, 37.

Tavannes (Vicomte de). IX, 104.

_Taverne_ (_Musique de la_). VI, 341.

Tellier (Charles-Maurice Le), archevêque de Reims. VI, 209, 211, 232-236, 243-244.

Teragon, sorcier. VI, 203.

Terny (Château de).

Tessé (Maréchal de). VIII, 217.

Théophile (Le poëte). IX, 291.

_Théophile_ (_Le nouveau_). VIII, 131.

Thémines (Maréchal de). VII, 323.

Théâtres. II, 260, 273, 345, 349, 350, 362, 369; III, 53, 141, 156; IV, 221, 225, 281, 285-306; VI, 42-43; VII, 41, 44, 45, 115, 117-122, 167; VIII, 84, 337; IX, 16; X, 26.

Theutobocus (Géant). IV, 241.

Thil (Arnaud du). VIII, 99.

Thoiras. X, 276.

Thou (De), ami de Cinq-Mars. VII, 341; VIII, 105.

Thomas (Le gros), arracheur de dents. II, 225.

Tillières (Le comte Leveneur de). X, 273-274.

Tirato (Le S{r}). III, 112.

_Tocsin des filles d'amour._ II, 265.

_Tours_ (_Accident arrivé à_). VI, 303.

Toussaint (Jacq.). X, 153.

_Traduction d'une lettre envoyée à la reine d'Angleterre._ IV, 353.

_Trebuchement de l'ivrogne._ III, 125.

Tréfou (Pays de). I, 206; IX, 269.

Treille (Chevalier de la). VIII, 337.

_Triolets du temps._ V, 5.

_Triomphe de Betlem Gabor._ I, 323.

_Tromperie faite à un marchand par son apprenti._ III, 343.

Trousse (Mlle de la). I, 223.

Truaumont (La). II, 303.

Turenne. X, 39.

Turnèbe. II, 155.

Turlupin. II, 273; VI, 51.

V

Vache à Colas (La). II, 39.

Pour avoir la confirmation et le complément de ce que nous avons dit sur ce dicton d'origine orléanaise, voir le _Journal_ de L'Estoile, édit. Michaud, t. II, p. 387, et notre lettre insérée dans le _Bulletin de la Société du Protestantisme français_, janvier 1859, p. 9-11.

Van den Ende. II, 301.

Vanini. IX, 278.

Varenne (La). V, 150.

Vattan (M. de), prévost des marchands. VIII, 231.

Vaudois. X, 197 et suiv.

Veinant (M.). I, 194.

_Vengeance des femmes contre les hommes._ V, 311.

Venise. VIII, 303.

_Vers d'Erasme à sainte Geneviève._ X, 187.

_Vers pour M. le Dauphin._ V, 353.

Versailles sous Louis XIII. IX, 314-315.

_Vertus et propriétés des mignons._ VII, 331.

_Vie genereuse des mercelotz_, etc. VIII, 147.

Villars (Marquis de). V, 152.

Villars (Marquise de). II, 301; V, 154.

Villequier. IX, 93.

_Vimory_ (_Combat de_). IX, 117.

Vincent de Paul (Saint). X, 36.

Vineuil (Ardier de). VIII, 119, 122.

Viviers (Passage de Richelieu à). VII, 339.

Voltaire. VI, 251, 271.

_Vraie pierre philosophale._ V, 359.

_Vraie pronostication de M{e} Gonin._ V, 109.

Vrillière (Phelypeaux de la). IX, 28.

W

Werth (Jean de). VII, 199; IX, 17.

Y

Yveteaux (Des). II, 247; IV, 139, 141.

Yzarn. V. _Isarn_.

Ce que nous avons dit sur ce personnage mystérieux se trouve confirmé dans les _Bigarures calotines_, 1730, in-18, 3e rec, p. 5-8.

Z

Zamet (Jean). VII, 232.

Zamet (Sébastien). III, 280.

_Zest Pouf_, historiette. VI, 167.

FIN DU TOME DIXIÈME ET DERNIER.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS CE VOLUME.

1. L'Oeconomie ou le Vray Advis pour se faire bien servir, par le sieur Crespin. 1

2. La Promenade du Cours, à Paris, en 1653. 25

3. Rapport d'un affidé de l'Angleterre, à Paris, en 1655. 35

4. Lettre d'un Gentil-homme françois à dame Jacquette Clement, princesse boiteuse de la Ligue. De Sainct Denis en France, le 25 d'aoust M.D.XC. 55

5. L'Umbre du Mignon de fortune, avec l'Enfer des ambitieux mondains, sur les dernières conspirations, où est traicté de la cheute de l'Hôte. (Dédié au Roy par J. D. Laffemas, sieur de Humont.) 77

6. Reception des Ambassadeurs du roi de Siam, en 1686. (Extrait des _Mémoires_ du baron de Breteuil.) 99

7. Lettres de Mme de La Fayette à Mme de Sablé. 117

8. La nouvelle manière de faire son profit des Lettres, traduitte en françois par J. Quintil du Tronssay, en Poictou. Ensemble: le Poëte-Courtisan. 131

9. Comment se faisoit une education au XVIe siècle, (Fragment des _Mémoires_ de M. de Mesmes.) 151

10. Les Larmes et complaintes de la Reyne d'Angleterre sur la mort de son Espoux, à l'imitation des quatrains du sieur de Pibrac, par David Ferrand. A Paris, chez Michel Mettayer, imprimeur ordinaire du roy, demeurant en l'isle Nostre-Dame, sur le Pont-Marie, au Cigne. M.DC.XLIX. 161

11. La Rejouissance des femmes sur la deffence des tavernes et cabarets. A Paris, de l'imprimerie de Chappellain, rue des Carmes, au collége des Lombards. M.DC.XIII. 175

12. Vers d'Erasme à sainte Geneviève, traduits en vers françois par E. Le Lièvre (1611). 187

13. La Doctrine de la nouvelle devotion cabalistique, composée des veritables maximes que la nouvelle secte (formée depuis peu dans Lyon par un barbier estranger, natif du conté de Bourgogne, d'où il tasche de l'estendre aux environs au grand dommage de la vraye et ancienne pieté) observe constamment, dans la pratique et methode qu'elle tient à conduire les âmes, par l'Oraison mentale, apparemment à la perfection, mais en effet à la folie, ou du moins à la simplicité, et à tirer à soy leurs biens, dans la bourse, qu'il pretend estre commune à tous. Le tout mis en forme de simple poësie, sans fiction ou prejudice aucun de la verité, pour la substance des choses, afin qu'il soit appris plus aisement et agréablement de ceux qui ont encore quelque soin de ne perdre ny leurs âmes ni leurs biens. Seconde edition. Ils se vendent en rue Mercière, à l'escu de Venise. M.DC.LVI. 197

14. Logemens pour la cour de Louis XIII. 225

15. Le Louis d'or. A Mademoiselle de Scudery. 235

16. Le Cotret de Mars, avec le fagot, la fascine et le gros bois, pour feu de joye à la France, M.DC.XVI. 259

17. Menipée de Francion, ou response au Manifeste anglois. A Paris, chez Jean Bessin, rue de Reims. M.DC.XXVII. 267

18. Epistre de Madame la Daulphine (Catherine de Médicis) escripvant à Madame Marguerite. 285

TABLE MÉTHODIQUE des matières qui sont contenues dans les 272 pièces formant les 10 volumes. 291

TABLE ALPHABÉTIQUE. 317

[Notes au lecteur de ce fichier numérique:

--Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

--Les textes suivants ont été remplacés

----"délégués de Borderux" par "délégués de Bordeaux"

----"en 1529, comme on l'a dit partout" par "en 1579, comme on l'a dit partout"

----"sa mort l'année 1690," par "sa mort l'année 1660,"

--Les lettres supérieures unusuelles sont encadrées de parenthèses.]