Part 14
[Note 277: Cette pièce, in-8 de huit pages, est cataloguée par le P. Lelong, sous le nº 17,761, comme se rapportant au règne de François II, et le titre d'un recueil factice de la Bibliothèque de l'Arsenal, contenant cette pièce, les deux suivantes et une requeste des prisonniers, en prose, a suivi le P. Lelong. L'éclat de la conjuration d'Amboise, le titre de reine-mère, conservé par l'histoire à Catherine de Médicis, alors qu'on a perdu l'habitude de l'appliquer à la veuve de Henri IV, désignée plus habituellement sous son nom de Marie de Médicis, sont les causes de l'erreur du P. Lelong, dont l'attribution est tout à fait fausse. Et d'abord, bien que le journal de Brulart (_Mémoires de Condé_, édit. de 1743, t. 1, p. 8) dise que dans la conjuration d'Amboise «il y avoit plus de malcontentement que de huguenoterie», il seroit étonnant que trois pièces sur ce sujet fussent toutes trois catholiques, et elles je sont certainement. Dans la première, l'emploi du _Salve Regina_ et l'allusion aux bons Pères; dans les deux autres, la présence du purgatoire, qui figure sur le titre de la seconde et dans un vers de la troisième, et dont l'existence étoit contestée par les protestants, ne permettent pas sur ce point le moindre doute. Mais surtout il est, dans la Requeste en prose, écrite dans un goût de mythologie trop inutilement amphigourique pour valoir la peine d'être donnée, fait allusion aux fêtes du mariage du frère du roi, et on le dit de la maison de Bourbon; or celle-ci ne commence qu'à Henri IV. Les fleurons, lourds, pâteux, taillés et imprimés d'une façon par trop indigne du 16e siècle, auroient, au reste, déjà suffi à témoigner que l'impression ne remonte pas au delà du 17e. Cette quatrième pièce étoit donc en dehors; mais les trois pièces en vers restoient encore en question. Il n'y avoit ni fleurons, ni têtes de pages, et les caractères d'imprimerie ne décidoient rien. Heureusement, à la fin d'une des strophes du _Salve Regina_, se trouve:
Et Ludovicum benedictum.
La preuve étoit complète; le tout se rapportoit au règne de Louis XIII, et, après les avoir, sur la foi du P. Lelong, destinées à mon Recueil de pièces des 15e et 16e siècles, je n'avois plus qu'à les faire passer dans le Recueil des Variétés, auquel elles reviennent de droit. Il n'y a pas eu de conjuration à Amboise sous Louis XIII; mais, en 1626, dans un de ces complots de cour qu'excitoit et que trahissoit toujours Gaston, il y a eu des prisonniers à Amboise. On lit dans une lettre sur l'exécution de Chalais (Aubery, _Mémoires pour servir à l'histoire du cardinal duc de Richelieu_, Cologne, 1667, t. 1, p. 579): «Il fera encore parler de lui, ayant chargé plus de quatre-vingts personnes, et particulièrement ceux du bois de Vincennes, et le cadet, qui est à Amboise, dont on dit qu'il a fort déchargé l'aîné.» Ceux du bois de Vincennes, ce sont le maréchal d'Ornano et Chaudebonne, arrêtés en même temps que Modène, Deageant et les frères du maréchal d'Ornano, conduits à la Bastille; cela se passoit le 4 mai (_Mémoires de Richelieu_, coll. Mich. et Pouj., 2e série, t. 7, p. 382). Bassompierre (_Mémoires_, t. 6, p. 250) nous dira ce qu'étoient ceux d'Amboise: «Cependant les dames et ses partisans pressèrent Monsieur de se retirer de la cour; à quoi il fut encore convié quand il vit que MM. de Vendôme et grand prieur, frères, étant arrivés à Blois le 2 juin, avoient, le lendemain matin, été faits prisonniers et conduits en sûre garde dans le château d'Amboise.» Les _Mémoires de Richelieu_ (p. 387) mettent cette arrestation au 12 mai. Chalais ne fut arrêté que plus tard, au commencement de juillet, et il fut exécuté le 19 août, à Nantes, sur la place du Bouffay,--et non Bouffe, comme l'ont imprimé à tort les éditeurs des _Mémoires de Richelieu_. Je mettrois toutes les pièces en vers non-seulement avant l'exécution de Chalais, mais peut-être même avant son arrestation, moment où tout l'intérêt et toute l'attention ne portoient encore que sur les prisonniers de Vincennes et d'Amboise. Pour la requête en prose, elle est au moins antérieure à l'exécution, puisqu'il y est question des fêtes du mariage du frère du roi, et Gaston fut marié à Nantes le 5 août, neuf jours avant la mort de Chalais.--J'ajouterai qu'un _Salve Regina des financiers_ imprimé en 1624 est l'original de celui-ci; l'on a mis prisonniers pour financiers, et dans le reste changé le moins de mots possible; on ne peut vraiment copier d'une manière plus éhontée.
ANATOLE DE MONTAIGLON.]
La frayeur qui nous espouvante, Poussée d'un injuste courroux, Nous a faict d'une voix tremblante Vous dire humblement à genoux: _Salve, Regina_.
Nous voyons qu'une grand' misère Nous viendra saisir pour jamais, Si vous, ô reyne debonnaire, Vous ne vous montrez desormais _Mater misericordiæ_.
C'est à vous que nos voeux s'adressent Pour obtenir nostre pardon; Desjà les poursuites nous pressent; Ne nous laissez à l'abandon, _Vita, dulcedo_.
En vous seule est nostre asseurance, Delivrez nous d'un tel méchef; Car sous cette seule esperance Nous venons dire de rechef: _Et spes nostra, salve_.
Helas! ne soyez courroucée Des outrages par nous commis, Puisque, craignant ceste menée Que nous trassent nos ennemis, _Ad te clamamus_.
Ouy, nous crions d'une voix haute: Reine mère, priez pour nous; Faites pardonner nostre faute, Ou bien nous sommes presque tous _Exules filii Evæ_.
Et ceux qui sont sous garde seure Et qui sont venus des derniers, Madame, vous disent à cet heure Qu'ils sont detenus prisonniers: _Ad te suspiramus, gementes et flentes_.
Quand nous voyons un camarade Qu'on emmène dans les prisons, Nous aymerions mieux battre l'estrade Qu'estre, nous et nos compagnons, _In hac lacrymarum valle_.
Après avoir préveu l'orage, Nous nous sommes mis à prier, Ayant jugé qu'estant en cage On nous contraindra de crier _Eya_!
Et, voyant que personne n'ose Venir deferer des premiers, Qu'est-ce qu'on demande autre chose, Sinon nous tenir prisonniers? _Ergo_,
On veut remettre cette faute Sur nous, et, ce qui est le pis, C'est que l'on le dit à voix haute; Soyez vers le Roy vostre fils _Advocata nostra_.
Vous le pouvez, ô grande Reyne! Un chacun de nous le prevoid. Changez en douceur ceste haine; Chacun l'espère, car on void _Illos tuos misericordes oculos_.
Le bruit de nos malheurs s'embarque Sur le ponant et au levant; L'amitié d'un si grand monarque Est comm' elle estoit auparavant _Ad nos convertere_.
Rendez la liberté perdue Par tous ces accidens divers; Vostre clemence assez congnue L'on chantera par l'univers _Et Ludovicum benedictum_.
Au lieu d'un superbe carosse, D'une lictière ou de mulets, On nous menasse d'une fosse; Intercedez donc, s'il vous plaist, _Fructum ventris tui_.
Ostez nous la peur des supplices Puis qu'en prison nous sommes mis Et nos estats et nos offices Que desjà l'on declare unis, _Nobis post hoc exilium ostende_.
Nous avons merité la haine Ou un semblable traictement; [Mais] c'est une chose incertaine Que vous usiez de chastiment, _O clemens_!
Nostre confession de bouche, La satisfaction du pecheur, Et la contricion nous touche Jusqu'au centre de nostre coeur, _O pia_!
Ces bons Pères, qui sont si sages, Nous ont promis dans peu de jours La meilleur par[t] de leurs suffrages Et nous à eux de nos secours. _O mater Maria_!
Quand vous direz au Roy, Madame: «Pardonnez à vos prisonniers», Vous verrez que de coeur et d'âme Ils crieront tous les premiers: _Amen_.
_Le Purgatoire des Prisonniers, envoyé au Roy[278]._
[Note 278: Cette pièce et la suivante, qui continuent le _Salve Regina_, sont imprimées ensemble et forment deux cahiers in-8 sous les signatures A-B. Le premier feuillet offre le titre du _Purgatoire_; les pages 3 à 10 cette pièce, imprimée en romain, à 32 lignes à la page, et sans que les strophes soient distinguées l'une de l'autre, même par un alinéa; le 6e feuillet offre le titre: _L'emprisonnement D. C. D. presenté au Roy_, qui est imprimé en italique et occupe les pages 13 à 16; elles ont le même nombre de lignes que celles du commencement. Le tout est imprimé d'une façon très incorrecte, et la ponctuation en particulier dépasse comme absurdité toutes les bévues permises; je la restitue comme toujours.]
LE PURGATOIRE DES PRISONNIERS.
Non le flambeau qui s'allume en nos âmes Par le regard de la beauté des dames, Non les combats de Mars le foudroyant, Ny la pitié de la ville enflammée, Mais les travaux d'une prison fermée Je chante icy, riant et larmoyant.
Peuple futur qui gis en la matrice, Qui n'as tiré le laict de la nourrice, Et qui mille ans dois venir après moy, Dans ce tableau tu verras les misères Peintes au vif d'un, prisonnier n'a guière, Que ses souspirs chantèrent à son Roy.
L'enfer des morts, plain de rage eternelle, Fut des prisons l'idée et le modelle A qui premier la prison inventa; Un subtil moine imita le haut foudre En inventant[279] le canon et la poudre, Et cestuy-cy les enfers imita.
Si la prison n'avoit telle sortie, Si la prière y estoit amortie, Le bruict des huis et des portes de fer, Les airs piteux des personnes captives Et les regrets des ames mortes vives, La me feroient appeller un enfer.
Mais, pour autant que Dieu on y revère, Que dans ces fers quelque chose on espère, Qu'on y entend l'Evangile prescher, Un Purgatoire à bon droit je le nomme, Le Purgatoire où l'on nettoye l'homme De tous ses biens jusques à l'escorcher.
Non, le forçat n'a point si rude guerre Que celuy là que la prison enserre; Car le captif est tout rongé de soing, Hoste forcé de quatre grands murailles, Et le forçat fréquente les batailles, Sans le plaisir qu'il a d'aller au loing.
Ceux là qui sont condamnez par justice Sont secourus par la mort du supplice; Car par la mort vont cessant les douleurs Où le captif cent mille morts espreuve; Car, en lieu d'homme, en prison il se treuve Hidre fecond d'angoisses et malheurs.
Ceux là qui sont aux feux insatiables, Ne peuvent estre encor' si miserables: Ils n'ont que l'ame en peine et en tourment, Où le captif souffre de corps et d'ame; Car la prison sert à son corps de lame, Et à l'esprit son corps de monument.
Les passions de cent douleurs cruelles, Que cent mille ont par menues parcelles, Le prisonnier les endure tout seul; Car la prison, sa mortelle ennemie, Le couvre tout de playe et d'infamie, Et aux vivans elle sert de cercueil.
Il est encor en plus extresme peine Que celuy là que la pauvreté meine Dans l'hospital, saisi d'infirmité; Car là dedans mainte et mainte personne Par charité de nouveau bien luy donne, Et au captif tout le sien est osté.
L'aigle vengeur bequette Promethée; Sisiphe monte et dessend sa montée; Tantalle a soif tout au milieu de l'eau; Sur une roue Ixion porte angoisse; D'un crible en vain les Belides sans cesse Vont espuisant un infernal ruisseau.
Le prisonnier a tout seul en partaige De ces damnez la souffrance et la rage; Il a pour aigle un coeur au dur soucy, Et pour montaigne un desir de franchise; Prier son juge est le lac qu'il espuise; La pauvreté le rend sec et transi.
Thezée fut tiré hors du dedalle Par le fillet d'une vierge royalle. Mais quel fillet le peut tirer d'icy, Et quel amy luy tendra la fisselle Pour le tirer de maison si cruelle, Maison cruelle et maison sans soucy?
Maison cruelle, où loge la misère, Où l'ennemy se monstre et se declaire, Et où l'amy se cognoist par effect, Où les humains sont enterrez en vie, Où la pitié est estainte et perie, Et où le corps par martyre est deffaict.
Un seul fillet dans la prison les meine; Mais pour sortir il luy faut une chesne D'or ou d'argent; encore bien souvent La chesne rompt et au besoin se brize, Et le captif est loing de sa franchise Comme un vaisseau agité par le vent.
Vous qui portez sur vostre conscience Un faix plombé[280] d'offence sur offence, Qui desirez de vous en alleger, Venez sans plus au lien qui nous presse: Le jeusne y est, pour oster vostre gresse, Et les tourmens pour vous en bien purger.
J'ay beau crier; quoy que je sçache dire, Nul n'y viendra si l'on ne luy attire; Ceux qui de gré y vont sont incensez; La franchise est plus chère que la vie, Plus que la mort la prison est haye, Car les captifs sont plus que trespassez.
Et celuy-là est indigne de vivre Qui s'ayme autant prisonnier que delivre, Ou qui se plaist en sa captivité; C'est un pourceau qui s'ayme dans la fange, Car un esprit desireux de louange Dira tousjours: Vive la liberté!
Tout[281] dès le point que l'homme est dans ce gouffre, Mille travaux et mille ennuys il souffre; Tous ses plaisirs le laissent au pourtail, Et, aussi tost qu'il a passé la porte, Un camp d'ennuis luy faict nouvelle scorte Accompagnez d'angoisse et de travail.
Tous ses amis, amis, dis-je, de table, En le voyant chetif et miserable Tournent le dos, riant de son ennuy, Et ceux qui ont despendu sa richesse, Au lieu d'avoir l'espée vengeresse Pour le venger, se bandent contre luy.
Le prisonnier, dès l'heure donc qu'il entre Dans la prison, il est clos dans le ventre D'un vil cachot d'espouvantable horreur, Où il se paist seullement de ses larmes, Où il se void en estranges allarmes, Où l'air infaict luy faict vomir le coeur.
Le doux sommeil s'enfuit loing de sa couche, La puanteur empuantit sa bouche; Il n'a repos non plus que de clarté; Son oeil ne void que l'horreur des tenèbres, L'oreille n'oit que mille chants funèbres, Son sang ne sent que sa captivité.
Là, desolé, il sent en son courage Et en l'esprit mille poinctes de rage; Il nomme heureux les ostes des tombeaux; Il hait si fort sa miserable vie Qu'il voudroit voir sa chair toute pourrie Dans l'estomach des chiens et des corbeaux.
Jà le croissant qui tournoye le monde S'est fait paroistre en face toute ronde, Puis, amoindry, il s'est esvanouy, Que le captif n'a eu le[282] bien encore, Soit au midy, soit au soir, à l'aurore, D'avoir son oeil au soleil resjouy.
Puis, s'il advient que dehors on le tire, Il vient de là en un plus grand martyre Devant le juge, où il est tout tremblant; Son coeur est froid, son ame est fremissante, Le pied luy faut, sa face est blemissante, A qui se meurt de tout poinct ressemblant.
Il tombe encor' en une plus grand peine, Offrir son corps à la cruelle gheine Où ses tendrons et ses nerfz sont froissez; En cest estat en fosse on le devalle. Las! qu'est-il donc qui en misère egalle Ceux qui du monde en cestuy sont passez?
Quel corbeau noir de ses griffes poinctues Va dechirant les charongnes pendues A Montfaucon[283] si fort que le captif Est dechiré pièce à pièce en martire, Dans la prison, plus que quatre morts pire, Où miserable il est damné tout vif?
Il y en a qui ont les fers aux jambes; Les autres sont dans les mortelles flambes De maladie et de maints accidents; Les autres sont en disette si grande Que maintes fois, par faute de viande, Le froid les prend et les saisit aux dents.
Cestuy-cy crie, et l'autre se lamente; Qui gemit fort, qui se deult, se tourmente, Ou qui se meurt, ou qui plainct son malheur, Cestui-là sçait[284] qu'au tombeau il va rendre, Et l'autre y vient, qui de nouvel esclandre Nous glace l'ame et penètre le coeur.
L'estrange bruict et les grands tintamarres Des fers, des clefs, des portes et des barres, Et des verroux, la rhumeur et les cris, Et des geolliers la tempeste et la rage, Font au captif maudire son lignage, Tant de fureur il a le coeur epris.
Les pleurs amers, les complaintes de bouche, Les durs sanglots, le desespoir farouche, Infections, querelles et debats, Suivent partout le captif miserable; C'est son odeur et son mets delectable, Son aliment, ses jeux et ses ebats.
D'autre costé on oyt autre murmure De maints captifs qui se disent injure; Les uns du poing blessent leurs compaignons, Outre le bruict de cent mille algarades, L'on void languir d'autres qui sont malades; L'on oyt encor des autres les chansons.
Tout le desir qui maintenant m'allume N'est que de voir une prison de plume Et qu'un grand vent soufflant horriblement Pour la razer et l'abattre par terre, Et qu'à l'instant les hommes qu'elle enserre Fussent sans elle, elle sans fondement.
Or, quelques fois qu'on s'esjouit ensemble, Un bruit s'entend, dont le plus hardy tremble: C'est le bourreau, qui entre dans le parc Ainsi qu'un loup qui emporte sa proye; Chacun adonc pert le rire et la joye, Pleurant celuy qui porte au col la hart.
De la rhumeur la prison en resonne; Puis, s'il advient qu'autres on emprisonne, Tous sont autour pour sçavoir qu'ils ont fait. Une grand' tourbe à l'environ s'amuse, Et, ayans sçeu ce dont on les accuse, Un chacun dict qu'ils n'ont en rien mefaict.
Que le proverbe est icy veritable! Il ne fut onc de prisonnier coupable; Il est tousjours captif injustement; Si sa prison luy est à tort cruelle, Il ne fut onc de prison à luy belle, Ny d'amitié qui fut laide à l'amant.
N'est-ce donc pas la mort de la mort mesme D'estre plongé en douleur si extresme Que la fortune assemble en un corps seul Tout ce qu'elle a de peine et de misère? Je l'en depite, elle ne sçauroit faire Au prisonnier un compagnon en deul.
O vous, heureux, à[285] qui ceste franchise Par le collet n'a jamais esté prise, O vous, heureux qui l'avez peu r'avoir, Avant que perdre une si rare chose, Et qu'on vous cueille une si belle rose, Perdrez plustost la vie et le pouvoir.
Et vous, mon roy, astre clair de victoire, Pour me tirer du feu de Purgatoire, Faictes ainsi que les bonnes gens font: Sur mon tombeau repandez vostre offrande D'un doux pardon, qu'humblement vous demande, Qui, pour sortir, luy servira de pont.
[Car], avec plus d'ennuy que de monnoye, Et de regrets deux fois plus que de joye, Durant deux mois que dura ma prison, [J'aurai vescu, au meilleur de mon age][286] La plume en main et le dueil au courage, Captif de corps, d'esprit et de raison.
[Note 279: Imp.: imitant. Il s'agit du moine allemand Schwarz.]
[Note 280: Lourd comme du plomb, _plumbeus_.]
[Note 281: Imp.: Tous.]
[Note 282: Imp.: de.]
[Note 283: Imp.: A Montfault çon.]
[Note 284: Imp.: sert.]
[Note 285: Imp.: là.]
[Note 286: Je remplis tellement quellement ce vers sauté par la négligence de l'imprimeur, et qui étoit certainement tout autre.]
FIN.
_L'Emprisonnement D. C. D., présenté au Roy[287]._
[Note 287: J'ai donné dans une note antérieure (p. 201) la description bibliographique de cette pièce. Je remarquerai seulement les différences offertes dans les initiales par le premier titre et par celui placé au commencement de la pièce. Faut-il supposer le même nom sous une forme différente en voyant dans le premier: _L'emprisonnement du comte_ (_ou du capitaine, ou du chevalier_) _de_...., et dans le second: _L'emprisonnement de M. le comte C..._? Cela est possible. En tout cas, il ne faut pas penser à Chalais, qui étoit prince, et le peu de bonne foi du _Salve Regina_ ne permet pas de croire celle-ci beaucoup plus historique.]
L'EMPRISONNEMENT DE M. LE C. C., ENVOYÉ AU ROY.