Variétés Historiques et Littéraires (07/10) Recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers

Part 4

Chapter 43,405 wordsPublic domain

Quel est donc ce cahos, et quelle extravagance Agite maintenant tout l'esprit de la France? Quel demon infernal, amy des changemens, Fait tant de nouveautez dans tous nos reglements? On fait, on redefait, on retablit, on casse; Rien ne demeure fait, quelque chose qu'on fasse; On retranche les saints[49], on les refeste après[50]; On plaide au Châtelet quand c'est feste au Palais. On trouve à reformer même sur la Reforme. L'ancien code à present est un code de forme; On ne le connoit point, tant on le voit changé. Encor si l'on vouloit reformer le clergé, Si l'on vouloit oster la moitié de leurs dixmes, La Reforme pourroit reformer bien des crimes. Les trop grands revenus perdent beaucoup de gens, Et les riches pasteurs sont toujours negligents. Pourquoy ceux qui devroient imiter les Apôtres Ont-ils seuls plus de bien qu'il n'en faut pour dix autres? On devroit bien regler un tel dereglement Et montrer aux pasteurs à vivre sobrement; On ne voit que des gens de mitres et de crosses Faire aujourd'huy rouler de superbes carosses, Sans se ressouvenir qu'autrefois l'Eternel Ne monta qu'un asnon dans un jour solennel. On parle des impôts dont la France est remplie, Tout le peuple en murmure et tout le monde en crie; Qu'est-ce en comparaison de tant d'injustes droits Qu'aujourd'huy les pasteurs levent en tous endroits? Tout le monde en naissant doit à la sacristie; Il faut payer l'entrée et payer la sortie; Tous les pasteurs enfin, par un fatal accord, Trouvent de quoy gagner en la vie et la mort[51]. Bonne condition, qui donne de quoy vivre En lisant seulement quelques feuillets d'un livre; Recitant tous les jours trois ou quatre oraisons, Ils gagnent pour fournir aux frais de leurs maisons. Que le breviaire est bon dans le temps où nous sommes! Un pasteur est toujours le plus heureux des hommes. Veut-on se marier, il faut jetter un ban; On en achète deux, et le pasteur les vend; Vous ne les auriez pas s'il manquoit une obole. Comment nommer cela, si ce n'est monopole, Qu'un sacré partisan a mis injustement Aux yeux de tout Paris, sur le Saint-Sacrement? Meurt-il quelque personne, autre supercherie. Voulez-vous, dira-t-on, la grande sonnerie[52]? Il faut tant, ou sinon l'on ne sonnera point. Monopole jamais monta-t-il à ce point[53]? Entre tous les impôts, quel autre impost approche De celuy que l'on met sur le son d'une cloche? On sonne donc enfin, et pour vos cinq escus On vous donne du son. Sont-ce là des abus? Un infâme crieur, de qui l'âme inhumaine Ne voit aucun vivant qu'avec beaucoup de peine, Ce funeste crieur qui ne vit que de morts[54], Marchande insolemment pour enterrer des corps. Choisissez-vous, dit-il, un endroit pour la fosse? Plus il est près du choeur et plus la somme est grosse[55]. Il faut tant près des fonds, tant près du maître autel. Entre tous les impots en voyez-vous un tel, Et qui peut plus choquer les droits de la nature, Que de vendre à des morts le droit de sépulture? Je passe volontiers certains tours de baton Dont un rusé pasteur attrape le teston[56]. Je suis fort catholique, et je n'ay pas envie De censurer icy les censeurs de ma vie. Je croy que ce qu'ils font a de bonnes raisons, Et que tous leurs patrons font bien des guérisons; Qu'on guerit de tous maux en leur offrant un cierge, Qu'on en guerit plutost s'il est de cire vierge; Que qui ne guerit pas n'a pas assez de foy, Et je croy tout cela parceque je le croy. Pour moy, je ne veux point penetrer ce mystere; Mon pasteur me l'a dit, c'est à moy de le croire[57]. Je crois ce qu'il me dit; s'il fait mal, à son dam. Mais je souffre à regret que l'on achète un ban, Et que des ornemens qui servent à l'eglise Soient de differens prix, comme une marchandise. Si vous voulez les beaux à votre enterrement, Il faut tant, vous dit-on, pour un tel parement, Et, pour l'argenterie, un crieur vous demande Si vous voulez avoir la petite ou la grande[58]: Le prix est différent, ils vous cousteront tant; Et si l'on ne fait rien si l'argent n'est comptant. Jamais aucun credit ne se fait à l'eglise. N'avez-vous point d'argent, la croix de bois est mise[59]; Enfin, lorsque l'on va porter les sacremens, Si c'est chez un pauvre homme, on va sans ornemens; On y va sans flambeau, sans daiz et sans clochette; En un mot, on diroit qu'on le porte en cachette. Taisons-nous, toutefois! il est fort dangereux De parler des pasteurs, et de mal parler d'eux. Telles gens ne sont pas des sujets de satyre. Muse, va prendre ailleurs quelque sujet pour rire; Va t'en au Châtelet voir ces deux conseillers: Ils etoient l'an passé chez monsieur Desperiers, Et, comme de seconde on monte en retorique, Ils furent conseillers sortant de la Logique. Une explication sur une simple loy Les abêtit tout deux. Mais, ma muse, tais toy, J'ay beaucoup de procès. Si tu dis quelque chose, Tu me mets en danger de voir perdre ma cause; Et cette liberté trop grande que tu prends Me feroit pour le moins condamner aux depens; Trop heureux seulement si ces jeunes novices Se vouloient moderer en taxant leurs epices. Je sçais qu'en fait de taxe ils valent bien les vieux, Qu'ils le font aussi bien, pour ne pas dire mieux. Mais brisons là dessus, ne faisons point querelle. Les greffiers, aujourd'huy, font de plus grands abus, Et ce sont ces gens là qui friponnent le plus. Je voudrois bien pouvoir les passer sous silence; Mais quoy! pour quatre mots que porte une sentence, Pour dire: Un deffendeur payera cent escus, Ils font en parchemin quatre roles, et plus; Enfin, ils font si bien, que de quatre paroles Que prononce le juge ils composent des roles. Un petit parchemin, plus court de quatre doits Qu'il ne leur est prescrit par l'ordre de leurs loix, Une marge plus grande à chaque bout de lignes Marque que ces gens là sont des fripons insignes; Sans compter l'_à tous ceux qui ces lettres verront_, Qu'ils etendront autant et plus qu'ils ne pourront, Cent mots reiterez, cent autres synonimes, Et, toutefois, Paris endure tous ces crimes; Il aura reformé les pauvres Innocens[60], Et tous ces criminels recevront de l'encens. Je ne puis endurer que cette extravagance Agite maintenant tout l'esprit de la France, Qu'on fasse en notre etat des nouveaux changemens Et que l'on laisse encor tant de dereglemens.

[Note 49: Il s'agit encore ici du _retranchement des fêtes_, au sujet duquel nous avons déjà publié une pièce (t. 5, p. 245), et qui avoit été ordonné par le roi, en 1666, sur un _Mémoire_ de Colbert, reproduit dans la _Revue rétrospective_, 2e série, t. 4, p. 257-258.]

[Note 50: On n'avoit pas retranché moins de dix-sept fêtes. V. _Journal_ ms. d'Olivier d'Ormesson, 2e partie, fol. 139. Le peuple, qui tenoit à quelques-unes, cria fort et si bien qu'on finit par les rétablir. Celle de saint Roch étoit du nombre. V. notre t. 5, p. 249-250. C'est pour celle-ci surtout qu'il commença sa désobéissance: «Le mardy 16 août (1667), feste de saint Roch, dit encore M. d'Ormesson, fol. 151, tout le monde festa nonobstant le retranchement.»]

[Note 51: C'est ce que Marigny a développé avec tant de verve et d'esprit dans son charmant poème du _Pain bénit_, où se trouve entr'autres ce vers:

Il fait cher mourir à Paris,

repris par Regnard lorsqu'il fait dire par le Crispin du _Légataire_, à la scène du testament:

Il fait trop cher mourir.]

[Note 52: Il faut encore entendre Marigny faisant expliquer par les marguilliers de Saint-Paul les détails d'un convoi de _première classe_, avec les beaux ornements que leur avoit donnés M. de la Rivière, évêque de Langres, leur riche paroissien de la place Royale. La grosse sonnerie n'y est pas non plus oubliée:

Tout le convoi fut fort heureux, Aucun critique n'y peut mordre; Les enfants, gris, rouges et bleux, Marchèrent dans un fort bel ordre. Grande cour, chambres, escalier Bien garnis de tapisserie, Vous eûtes nos grands chandeliers Et notre belle argenterie. Nos beaux ornements bien brodés, Que monsieur de Langre a donnés; Et puis qu'il faut qu'on vous le die, La croix de Fieubet a marché _Avec sa grosse sonnerie_.]

[Note 53: C'est aussi le propos de Marigny:

Cette sorte d'exaction Est un infâme monopole Honteux à la Religion.]

[Note 54: Les frais du crieur étoient compris dans ceux de l'enterrement:

Vous ignorez, pour le certain, Qu'il faut les droits de la fabrique, D'un _crieur_ et du sacristain.

C'étoit lui qui apportoit dans les maisons l'_attirail_ des convois, comme dit Regnard dans le _Légataire_, acte IV, scène dernière, et qui régloit le tarif, comme on le voit ici.]

[Note 55: On sait qu'alors tout paroissien d'importance se faisoit enterrer dans l'église.]

[Note 56: Sur cette expression, v. notre t. 5, p. 250, note.]

[Note 57: Alors on prononçoit _craire_. C'est ce qui donne raison à la singulière rime qui se trouve ici. Toutefois, dans les vers il étoit d'usage d'employer la prononciation qui a prévalu. V. _Journal de l'Académie françoise_, par l'abbé de Choisy (1696), fol. 7. On ne vouloit pas sans doute que l'accident qui arriva un jour à une actrice de province pût se renouveler. Elle avoit à dire ce vers:

Le prince vit encore! ô ciel! puis-je le croire?

Elle le prononça suivant la mode admise dans la conversation; aussi son interlocuteur, pour ne pas manquer la rime à _craire_, riposta tout aussitôt:

Oui, princesse, il arrive, et tout couvert de _glaire_.]

[Note 58: V. l'une des notes précédentes.]

[Note 59: _Mais_, dit encore Marigny, dans la discussion qu'il établit entre les marguilliers de Saint-Paul et un parent révolté de la somme énorme des frais:

--Mais, s'il meurt sans laisser de bien, Qu'avez-vous coutume de faire, Suivant votre honnête métier De ne faire rien pour rien?... --Sans prière ni luminaire On le fait porter, comme un chien, Dans quelque coin du cimetière; Et, de plus, sachez qu'en ce cas L'exactitude est si précise, Que même nous ne souffrons pas Que le corps passe par l'église.]

[Note 60: La fête des _Saints-Innocents_ étoit au nombre de celles qu'on avoit retranchées. V. notre t. 6, p. 249.]

_La Requeste presentée à Nosseigneurs de Parlement par les Marchands, bourgeois et artisans de cette ville de Paris, pour la diminution d'une demie année des loyers des maisons, chambres et boutiques.--Fait en Parlement, le 19 juin 1652._

* * * * *

_A Nosseigneurs de Parlement_[61].

[Note 61: Cette pièce, qui n'a été publiée que par le _Journal de l'Institut historique_, avril 1841, p. 133-134, n'est pas la seule du même genre que nous trouvions dans la première moitié du 17e siècle. Lorsque les temps devenoient durs pour les pauvres gens, il n'étoit pas rare de voir s'élever de pareilles requêtes, et, comme on en va voir la preuve, le Parlement y faisoit presque toujours droit, du moins dans une certaine mesure. Voici, par exemple, ce que nous trouvons à l'une des époques les plus difficiles du règne de Louis XIII: _Sentences et réglement donnés par monsieur le prevost de Paris ou monsieur le lieutenant civil, le present mois d'aoust mil six cent vingt deux, contenant les diminutions ordonnées pour les loyers des maisons de la ville et fauxbourgs de Paris_. A Paris, _chez la veuve Hubert Velut, rue de la Tannerie, près de la Grève_, 1628, in-8. Il s'agit d'un certain nombre de maîtres de logis et chambres garnies qui, après avoir demandé vainement à leurs propriétaires une diminution pour le loyer des maisons qu'ils sous-louoient en détail, ont adressé au Parlement la même rère, exaucée alors, mais à condition toutefois que la diminution accordée entraîneroit d'elle-même la résiliation des baux. Les demandeurs, pour appuyer la requête à laquelle on faisoit droit ainsi, avoient dit: «Que, pour essayer à gagner quelque chose pour subvenir à leurs familles, ils avoient pris à ferme les logis où ils sont, demeurant siz au quartier du Louvre, pour y loger en chambre garnie et prendre des pensionnaires; mais, à cause de la longue absence du roy qui rend ledit quartier du Louvre, voire toute la ville de Paris, déserte de monde, au prix de ce qu'il y en a lorsque Sa Majesté est résidente, ils n'ont personne de logé chez eux, soit en pension, soit en chambre garnie, tellement que lesdits logements, dont ils payent de grands loyers, leur sont du tout inutiles et à grandes charges.» La même année parut _Sentence de monsieur le prévost de Paris, ou monsieur son lieutenant civil, commissaire député de la Cour, portant réglement sur la diminution des loyers des maisons de celle ville et faulxbourgs de Paris, requise par les locataires contre les propriétaires_. A Paris, chez Isaac Mesnier, rue Saint-Jacques, 1622. L'année suivante, autre arrêt, mais d'une importance plus grande: _Règlement général pour le rabais des loyers des maisons_. _A Paris, chez P. Rocolet, libraire et imprimeur de la ville_, 1623, in-8. Il est rendu, «veu l'arrêt de la Cour de Parlement obtenu sur la requeste présentée par les pauvres locataires qui tiennent logis et chambres garnies en la dicte ville de Paris, le 27 octobre 1623, portant que, pour leur estre pourveu sur la diminution par eux requise à cause de la maladie contagieuse advenue en ceste dite ville et fauxbourgs, ils se pourvoyroient par devers nous, et que ce qui seroit par nous ordonné seroit exécuté, nonobstant opposition ou appellation quelconques... et, tout veu, nous disons, par délibération du conseil, ouy sur ce le procureur du roy, que diminution est faicte aux dits locataires qui n'ont payé, du quart du terme de Saint-Jean à la Saint-Remy, et du demi-quart du terme de Saint-Remy à Noël prochain.» Deux ans après, un arrêt du même genre fut encore rendu, mais nous ne savons sur quels motifs; nous ne le connoissons, en effet, que par son titre, reproduit ainsi, sous le nº 818 du _Catalogue des livres_ de M. Leroux de Lincy: _Règlement général pour le rabais des loyers des maisons du 22 août 1625, signé Musnier_. Paris, 1625, in-8.--Au temps de la Fronde, les plaintes recommencèrent avec la misère des pauvres gens, et le Parlement, plus que jamais souverain, ne manqua pas d'y faire droit. La pièce donnée ici est de cette époque, mais dans la dernière période. Les années qui avoient précédé furent celles où les arrêts de cette nature se multiplièrent le plus. Nous n'en comptons pas moins de cinq pour la seule année 1649. En voici les titres et le résumé: 1º _Arrêt de la Cour de parlement pour la diminution des loyers des maisons dans la ville et fauxbourgs de Paris, du 10 avril 1649_, in-4. Il est rendu sur neuf requêtes présentées par les locataires des maisons du faubourg Saint-Antoine; par quelques habitants du faubourg Saint-Marcel; par les pauvres bourgeois et _chambrelans_ (logeurs en chambre) de cette ville et fauxbourgs; par les marchands de la salle Dauphine et des autres parties du Palais, notamment Réné Autié; par les hôteliers du quartier Saint-Martin; par les locataires des environs du Palais-Royal, rues des Petits-Champs, Coquillière, des Vieux-Augustins; par ceux qui louent en chambre garnie au quartier du Louvre et du Palais-Royal; enfin par les habitants du faubourg Saint Germain.--2º _Arrêt de la Cour de Parlement pour la descharge entière des loyers des maîtres du quartier de Pasques, en la ville et fauxbourgs de Paris, rendu en interprétation de celui du 10 avril dernier, avec réglement pour les baux du 14 avril 1649_, in-4. Cette sentence, que M. Moreau a consignée sous le nº 264 de son excellente _Bibliographie des mazarinades_, est rendue sur requête présentée par des habitants de la _Draperie_, de la _Barillerie_, par des marchands du Palais, «par Florent Martel, chirurgien ordinaire du roy en son artillerie, et autres, tous particuliers demeurant en l'isle Notre-Dame»; par les locataires des maisons sises rues Saint-Honoré, Frementeau (_sic_), des Bons-Enfants; par Jean Lemoine et autres locataires principaux des maisons «baties sur le pont Marie et esles d'iceluy»; et ceux qui louent en chambres garnies rues des Poulies, du Louvre, du Coq, de Champfleury, du Chantre, de Jean-Saint-Denis, Frementeau, de Beauvais, Saint-Thomas du Louvre; par les cabaretiers de la place Maubert et environs; par les pauvres bourgeois «demeurant en la Villeneuve-sur-Gravois, les Petits-Carreaux aboutissant en la rue Mont-Orgueil, cour de Miracle, rue appelée la rue Neuve-Saint-Sauveur, rues de Cléry, de Bourbon, et autres rues adjacentes, sur le chemin qui conduit vers la Nouvelle-France et Montmartre».--3º _Arrest de la Cour de Parlement en faveur des locataires et sous-locataires des maisons de la ville et fauxbourgs de Paris, pour leur descharge du loyer de Pasques dernier, avec reglement pour les baux, rentes foncières et autres constituées pour la construction des bâtiments, donné sur les requestes des proprietaires des dites maisons, et pour l'execution des arrêts precedents, des 10 et 14 du present mois et an, du 27 avril 1649_, in-4.--_4º Arrêt de la Cour de Parlement portant confirmation des arrêts des 10 et 14 de ce mois, pour la descharge du terme de Pasques, avec deffense aux propriétaires de presenter aucune requeste. Paris, Michel Metayer, demeurant isle Notre-Dame, sur le pont Marie, au Cygne_, in-4. C'est d'abord la supplique de P. Chaoues, marchand fripier, artisan bourgeois de Paris, locataire d'une portion de maison sise au coin de la Petite-Friperie. Elle est dirigée contre maître Charles Fustel, bourgeois de Paris, qui, «en depit des arrêts precedemment rendus pour la descharge du loyer echu à Pasques», a fait saisir les meubles du requérant. Vient ensuite l'arrêt qui donne droit à la supplique, dans un dispositif où se trouve cette phrase, dejà en substance sur le titre: «Faict deffense de presenter aucune requeste en nom collectif des propriétaires.»--_5º Arrest de la Cour de Parlement pour la descharge entière des loyers des maisons du quartier de Noël, escheu à Pasques dernier, du 19 may 1649._ A Paris, _chez Jean Brunet, rue Neuve-Saint-Louys, au Canon-Royal, près le Palais_. Il est rendu sur une requête signée par un grand nombre des marchands qui figurent aussi dans celle que nous reproduisons. Ils ont leurs boutiques au Palais, aux grandes et petites salles, aux galeries des prisonniers en la Cour, «et aux environs des gros murs du Palais, rue Barillerie, et sur le Pont-aux-Changeurs». Ils objectent que ce qui les a engagés à se charger desdits loyers «a esté l'esperance qu'ils ont eue que le commerce et les manufactures, ausquels ils se sont appliqués les années dernières, continueroient comme du passé; mais il en arrive autrement dans les rencontres des barricades, suivies du blocus de Paris; et le malheur de ce temps a esté tel que tout le commerce des suppliants a esté ruiné; ils ont mesme perdu l'occasion des foires Saint-Germain, de Rennes et de Caen, pour lesquelles ils auroient preparé et où ils avoient accoustumé de debiter grand nombre de marchandises, qui leur sont demeurées inutiles pour estre changées de mode et de prix; et les suppliants ont encore souffert beaucoup de pertes au sujet des assemblées presque continuelles de la Cour, occupée aux affaires publiques, pendant lesquelles lesdits suppliants ont esté obligés de tenir presque toujours leurs boutiques fermées.»--En 1652, époque de la dernière Fronde, qui fut signalée par une nouvelle crise de misère, les requêtes des locataires recommencent. Celle que nous publions ici en est un exemple. Mais nous n'avons pu trouver l'arrêt qu'elle dut motiver, non plus que celui qui donna sans doute raison à une autre supplique du même genre, signée de Lefèvre, avocat au Conseil. Voici le titre de cette pièce, rappelée par M. Moreau, sous le nº 3504 de sa _Bibliographie des mazarinades: Requête presentée au roi, en son château du Louvre, par les pauvres locataires de la ville et faubourgs de Paris, le jeudi 24 octobre 1652, pour les exempter du paiement des termes de Pâques, Saint-Jean et Saint-Remy derniers_. Paris, _Noël Poulletier_, 1604, in-4. On ne s'en étoit pas tenu alors à ces requêtes contre les propriétaires; quelques uns, notamment un nommé de Verneuil, avoient eu le projet de les faire financer par force pour les fonds nécessaires à l'expulsion du Mazarin. M. Moreau (nº 2772) a donné une curieuse analyse du placet où se trouve émise cette singulière idée: _Placet presenté à Son Altesse Royale par Jean Le Riche, sieur de Verneuile_ (sic), _bourgeois et habitant de Paris, sur le moyen qu'il a donné à messieurs les princes de faire le dernier effort pour chasser le cardinal Mazarin sans fouler les peuples_. Paris, _veuve Marette_, 1652, 7 pages, très rare, signé Verneuil. «Ce Verneuil, dit M. Moreau, propose de prendre aux propriétaires le quart du quartier échu à Pâques dernier, et offre d'en faire la recette. Il offre en outre de vendre deux maisons, l'une à la ville et l'autre à la campagne, pour les frais de la guerre et pour le prix de la tête de Mazarin!»]