Part 9
[Note 165: Gille de Souvray, marquis de Courtanvaulx, maréchal de France, gouverneur de Louis XIII. Il fut tué dans une affaire près d'Arras. V. Mém. de Monglat, Coll. Petitot, 2e série, t. 49, p. 276.]
A monsieur le chevalier de Souvray[166], dix mil livres.
[Note 166: Il étoit en 1641 premier gentilhomme de la chambre et recevoit 6,000 livres.]
A monsieur Dallincourt[167], vingt mil livres.
[Note 167: Fils de Villeroy, l'un de ceux qui travaillèrent le plus à faire chasser Sully du ministère.]
A monsieur Daumont[168], dix mil livres.
[Note 168: Antoine d'Aumont, fort jeune alors. Il devint maréchal de France sous Louis XIV.]
A monsieur de Salcedde, dix mil livres.
A monsieur le vicomte de Bourgueil, dix mil livres.
A monsieur le comte de S.-Paul[169], trente mil livres.
[Note 169: Gouverneur d'Orléans. Sa femme recevoit encore en 1641 une pension de 6,000 livres.]
A monsieur de Nangy[170], vingt mil livres.
[Note 170: Très brave officier, qui servoit comme mestre de camp au siége de Gravelines, en 1652, et y fut tué.]
A monsieur de Montespan, dix mil livres.
A monsieur d'Argouges, dix mil livres.
A monsieur d'Aubigny, huict mil livres.
A monsieur de Razilly[171], huict mil livres.
[Note 171: M. de Razilly étoit un voyageur revenu depuis 1613 des îles d'Amérique, d'où il avoit ramené toute une famille de sauvages, dont il est longuement parlé dans les lettres de Malherbe à Peiresc. V. p. 258, etc.]
A monsieur du Plessy-Mornay, trente-six mil livres.
A monsieur Benjamin[172], dix mil livres.
[Note 172: Le même que Saint-Amant appelle
Des bons escuyers la source.
Il tenoit à Paris une académie d'équitation. L'abbé Arnauld, qui travailloit à son académie en 1634, fait de lui les plus grands éloges. Cinq-Mars prit aussi de ses leçons, ainsi que le duc d'Enghien, «et, dit l'abbé, c'est, je crois, la plus forte preuve qu'on puisse donner de l'estime dans laquelle estoit cet excellent maistre». (_Mém._ de l'abbé Arnauld, Collect. Petitot, 2e série, t. 34, p. 130, 134, 135.)]
A monsieur de Vignolles[173], dix mil livres.
[Note 173: Il avoit été maréchal de camp sous Henri IV. C'est lui qui, lors de la panique de 1636, conseilla d'attaquer Corbie, jurant de le reprendre en quinze jours. On se trouva bien d'avoir suivi son conseil.]
A monsieur le marquis de Conaquin, dix mil livres.
A monsieur de Riberpré[174], douze mil livres.
[Note 174: On le récompensoit là sans doute d'avoir été l'un des ennemis du maréchal d'Ancre et d'avoir failli être tué par ses _bravi_. V. Collect. Petitot, t. 21 _bis_, p. 236.]
A monsieur le marquis de Nouailles, dix mil livres.
A monsieur de Mout[175], douze mil livres.
[Note 175: Le voyageur de Mout, qui découvrit pour nous, avec Champlain, les côtes de l'Acadie. V. sur lui t. 3, p. 165, note.]
A monsieur d'Estisac[176], dix mil livres.
[Note 176: Le marquis d'Estissac, dont il est parlé dans les _Mémoires_ de Mme de Motteville à propos de sa prise de possession de La Rochelle, où il demeura fidèle au roi. C'est aussi lui qui chassa de Marennes les gens du comte de Dognon. V. _Mém._ de Monglat, Collect. Petitot, 2e série, t. 50, p. 395.]
A monsieur de Pouille, huict mil livres,
A monsieur de Rohan, trente-six mil livres.
A monsieur de Bellangreuille, cinquante mil livres.
A monsieur de Cangey, huict mil livres.
A monsieur de Sauveterre[177], huict mil livres.
[Note 177: Il fut quelque temps l'un des premiers valets de chambre de la garde-robe; mais, étant accusé de vouloir mettre de la mésintelligence entre le roi et sa mère, il fut contraint à se retirer.]
A monsieur le comte d'Auvergne, quarante mil livres.
A monsieur de Pommereuze, dix mil livres.
A monsieur de Moncanisy, dix-huict mil livres.
A monsieur de Matignon, dix mil livres.
A monsieur de Vaubecourt, douze mil livres.
A monsieur de la Pardis, douze mil livres.
A monsieur le marquis de Marrigny, dix mil livres.
A monsieur de Fourneaux, douze mil livres.
A monsieur de Baigneux, dix mil livres.
A monsieur de Grandmond, huict mil livres[178].
[Note 178: En 1641, le sieur de Grammont, «fils naturel de M. le prince de Conti», n'est porté que pour 2,000 livres.]
A monsieur de Martainville, six mil livres.
A monsieur Ribère, medecin[179], huict mil livres.
[Note 179: Sur l'état de 1641 le médecin Ribère ne se trouve plus, mais il y en a _six_ autres à sa place: Bonnard, _premier medecin du roy_, pour 12,000 livres de gages; Seguin, _premier medecin de la reyne_, pour 6,000; Guillemeau, _medecin ordinaire du roy_, pour 2,400; Citoye, _medecin du roy_ (il étoit aussi, comme on sait, celui du cardinal de Richelieu), touchoit 2,000 livrés «pour sa pention», et non pour ses gages; enfin Le Teillier, médecin du roy, touchoit 1,200 livres.--Ce qui nous étonne, c'est de ne pas voir ici le nom d'Hérouard, qui devoit être pourtant, en 1621, attaché à la personne du roi, d'après ce que dit Tallemant (édit. in-12, t. 3, p. 62): «J'oubliois que son médecin Hérouard a fait plusieurs volumes de tout ce que le roi a fait, qui commencent depuis l'heure de sa naissance jusqu'au siége de La Rochelle, où vous ne voyez rien, sinon à quelle heure il se réveilla, déjeuna, cracha, pissa, etc.» Ce singulier manuscrit a été indiqué par le P. Lelong dans sa _Bibliothèque de la France_, t. 2, nº 21,448. Il porte ce titre: _La Ludovicotrophie_, ou _Journal de toutes les actions et de la santé de Louis, dauphin de France, qui fut ensuite le roi Louis XIII, depuis le moment de sa naissance jusqu'au 29 janvier 1628_, par Jehan Hérouard, premier médecin du prince. Il paraîtroit qu'Amelot de la Houssaye avoit eu connoissance de ce journal, quand il écrivit, ne se trompant que sur le nom du médecin: «Bouvard, médecin de Louis XIII, lui fit prendre en un an 215 médecines et 212 lavements, et le fit saigner 47 fois.» (_Mémoires historiques_, t. 2, p. 193-194.) Ce _Journal_ est aujourd'hui parmi les manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal, in-4, nº 184.]
A monsieur de Blammesnil, six mil livres.
A monsieur du Bois-Chastellier[180], huict mil livres.
[Note 180: Ne seroit-ce pas Dubois, l'un des premiers valets de chambre du roi, de qui l'on a le _Mémoire fidèle des choses qui se sont passées à la mort de Louis XIII_, etc., publié d'abord à Amsterdam (_Curiosités historiques_, 1759, t. 2, p. 44), puis par MM. Michaud et Poujoulat, qui ne rappellent pas sa première publication dans leur nouvelle collection de _Mémoires_, 1re série, t. 11, p. 523.]
A monsieur de Lormeroux, dix mil livres.
A monsieur de Conflans, huict mil livres.
A monsieur de Beaugrand, escrivain du roy, trois mil livres.
A monsieur Gentil, joueur de paulme de Sa Majesté, deux mil livres.
Au sieur Hierosnime, espadacin du roy, trois mil livres[181].
[Note 181: Dans l'état de 1641, l'on ne retrouve plus ces trois derniers emplois, qui indiquent qu'en 1621 Louis XIII, qui n'avoit que 20 ans, apprenoit encore l'écriture, la paulme et les armes. On y trouve en revanche: Jacques Le Vasseur, _trompette du roy_, porté pour 400 livres; Jacques Abraham, _oiseleur et siffleur de linottes_, pour 200; le _petit fourbisseur_, pour 600; Boccan, _maître à danser de la reyne_, pour 800, et le sieur Dupré, _saulteur_, pour la même somme. En 1659, d'après l'_Estat général des officiers, domesticques et commensaux de Sa Majesté_ ..., tiré des Mémoires de M. de Saintot, par le sieur de La Marinière, Paris, 1660, in-8, l'on apprend que le maître à danser du jeune roi (Louis XIV) recevoit 2,000 livres, son maître de dessin 1,500, tandis que celui qui lui montroit l'écriture n'en avoit que 300.]
_Capitaines des gardes._
A monsieur de Saincte-Collombe, trois mil livres.
A monsieur de Fourrilles[182], deux mil livres.
[Note 182: Il fut plus tard lieutenant-colonel du régiment des gardes et grand maréchal des logis. En 1641 il avoit cette dernière charge et recevoit 2,000 livres, plus 4,000 auxquelles il avoit droit «pour la pention qu'avoient ses prédécesseurs et qu'il avoit acheptée avec sa charge.» Le premier, selon Mme de Nemours, il démêla les bonnes qualités de Louis XIV. (Collect. Petitot, 2e série, t. 34, p. 305.)]
A monsieur de Campaignolles, deux mil livres.
A monsieur de Formagères, deux mil livres.
A monsieur Tilladet, deux mil livres.
A monsieur de Meux, deux mil livres.
A monsieur de Bourdet, deux mil livres.
A monsieur de la Salle, deux mil livres.
A monsieur de Bourg, deux mil livres.
A monsieur de Nangy, deux mil livres.
A monsieur de Goaas[183], deux mil livres.
[Note 183: C'est lui qui, au siége de Montpellier, en 1622, eut une querelle avec M. de Marillac pour une sentinelle de sa compagnie que celui-ci avoit frappée. V., à cette date, les _Mémoires de Puységur_.]
A monsieur de Grandpré, deux mil livres.
A monsieur de Castellier, deux mil livres.
A monsieur de Grandpré, deux mil livres.
A monsieur de Livroux, deux mil livres.
_Pairs de France, Clergé._
A monsieur l'evesque de Noyon, douze mil livres.
A monsieur l'evesque de Chaallons, dix mil livres.
A monsieur l'evesque de Laon, dix mil livres.
A monsieur l'archevesque de Rheims, douze mil livres.
A monsieur l'evesque de Langres, dix mil livres.
A monsieur l'archevesque de Sens, quinze mil livres.
A monsieur l'archevesque de Lyon, douze mil livres.
A monsieur l'evesque de Paris, douze mil livres.
A monsieur l'evesque de Senlis, huict mil livres.
A monsieur l'archevesque d'Anbrun, huict mil livres.
A monsieur l'evesque de Chartres, huict mil livres.
A monsieur l'archevesque de Bourges, dix mil livres.
A monsieur l'evesque de Lisieux, dix mil livres.
A monsieur l'archevesque de Roüen, huict mil livres.
A monsieur l'archevesque de Tours, six mil livres.
A monsieur l'archevesque d'Arles, huict mil livres.
A monsieur l'evesque de Rennes, huict mil livres.
A monsieur l'evesque de Nantes, six mil livres.
A monsieur l'archevesque de Bourdeaux, huict mil livres.
A monsieur l'archevesque d'Aix, dix mil livres.
A monsieur l'evesque de Montpellier, dix mil livres.
A monsieur l'archevesque de Thoulouze, huict mil livres.
_Conseillers d'Estat._
A monsieur le chancellier[184], soixante mil livres.
[Note 184: Personne alors n'occupoit cette haute charge: Luynes se l'étoit réservée. C'est lui qui tenoit les sceaux et qui, par conséquent, touchoit aussi les appointements. Après sa mort, le président du Vair, dont le nom suit, fut fait chancelier, mais mourut lui-même après un très court exercice.]
A monsieur le president du Vair, quatre-vingt mil livres.
A monsieur le premier president, douze mil livres[185].
[Note 185: C'étoit Nicolas de Verdun. V. sur lui _les Caquets de l'Accouchée_, p. 143-144.]
A monsieur le president Jeannin, dix mil livres.
A monsieur le president de Hacqueville, dix mil livres[186].
[Note 186: Jérôme de Hacqueville. Il fut premier président en 1627, après la mort de M. de Verdun, et mourut lui-même l'année suivante.]
A monsieur de Villemontée, huict mil livres.
A monsieur de Roissy, dix mil livres.
A monsieur de Villotreys[187], douze mil livres.
[Note 187: Le sieur de Villautrais, que sa fortune de partisan avoit porté au Conseil d'Etat. V. _les Caquets de l'Accouchée_, p. 365.]
A monsieur de Vicq, dix mil livres[188].
[Note 188: Meri de Vic, sieur d'Ermenonville, qui fut chancelier de France après du Vair, et mourut l'année qui suivit son entrée en charge.]
A monsieur de Belesbat, douze mil livres.
A monsieur le president Crespin, dix mil livres.
A monsieur de Bullon[189], douze mil livres.
[Note 189: Claude de Bullion, qui mourut en 1640 surintendant des finances.]
A monsieur le president de l'Escaloppier[190], dix mil livres.
[Note 190: Celui dont la femme fit tant parler et pour laquelle on composa la fameuse chanson des Feuillantines.]
A monsieur de Revol, dix mil livres.
A monsieur de Hacqueville, dix mil livres.
A monsieur de Harlay[191], douze mil livres.
[Note 191: Fils de l'ancien premier président. Il devint lui-même procureur général, et mourut en 1671.]
A monsieur le Chevallier[192], douze mil livres.
[Note 192: Le président Chevalier, dont il est parlé dans _les Caquets de l'Accouchée_, p. 27.]
A monsieur le president Gabellin, quatre mil livres.
A monsieur le president Hannequin, six mil livres.
A monsieur de Beaumont, huict mil livres.
A monsieur Durier[193], six mil livres.
[Note 193: Au lieu de Durier, ne faut-il pas lire Duret, sieur de Chevry? Il avoit été secrétaire de Sully et étoit devenu président de la chambre des comptes. V. t. 4, p. 156.]
A monsieur Ollier[194], dix mil livres.
[Note 194: Il n'étoit que conseiller au Parlement sous Henri IV. L'on a de lui de très curieux _Mémoires_ mss. qui se trouvent à la Bibliothèque impériale, nº 9821-3.]
A monsieur de Pont-Chartrain, douze mil livres.
A monsieur Puget[195], quatre mil livres.
[Note 195: Fameux trésorier de l'épargne. V. Tallemant, édit. in-12, t. 8, p. 116, et notre édit. des _Caquets de l'Accouchée_, p. 39, note.]
A monsieur Phlippeaux[196], quatre mil livres.
[Note 196: Paul Phelypeaux de Pontchartrain. Il mourut cette même année 1621.]
A monsieur de Moram, quatre mil livres.
A monsieur D'Herbault[197], quatre mil livres.
[Note 197: Remi Phelypeaux d'Herbault, mort en 1629.]
A monsieur de Vausclans, douze mil livres.
A monsieur de Sancy, trente mil livres.
_Gens du roy._
A monsieur le procureur general, huict mil livres[198].
[Note 198: C'étoit alors Nicolas de Bellièvre, qui mourut en 1650.]
A monsieur Servin[199], advocat general, six mil livres.
[Note 199: Louis Servin, mort en 1626.]
A monsieur le Bret[200], advocat general, six mil livres.
[Note 200: Cardin le Bret, mort en 1654.]
_Secretaires d'Estat._
A monsieur de Seaux[201], vingt mil livres.
[Note 201: Le comte de Sault. Il figure en 1641 parmi les premiers gentilshommes de la chambre, et reçoit en cette qualité 6,000 livres.]
A monsieur de Pont-Chartrain, vingt mil livres.
A monsieur de Lermenye[202], vingt mil livres.
[Note 202: Lisez Antoine de Loménie, qui fut en effet secrétaire d'Etat jusqu'en 1638, année de sa mort.]
A monsieur Phlipeaux, vingt mil livres.
A monsieur de Flexelles, greffier du conseil, deux mil livres.
Aux cinq huissiers du conseil, six mil livres.
_Dames._
A madame la Princesse, trente mil livres.
A madame la princesse de Conty, vingt mil livres.
A madame de Guyse, la douairière[203], vingt mil livres.
[Note 203: Elle faisoit beaucoup parler d'elle alors à cause de son commerce avec M. de Bellegarde. V. t. 5, p. 155.]
A madame d'Elbeuf, la mère, dix mil livres[204].
[Note 204: C'est la même qui, en 1631, prit parti avec la princesse de Conti et le duc d'Orléans contre le cardinal et fut exilée.]
A madame de la Trimouille, dix mil livres.
A madame de Rohan, douze mil livres.
A madame de Longueville la mère, douze mil livres.
A madame la marquise de Verneuil[205], dix mil livres.
[Note 205: Henriette d'Entragues, dont les amours avec Henri IV sont si connus. Elle mourut en 1633. Il est curieux de voir ici le fils pensionner la maîtresse de son père.]
A madame la comtesse de Mouret[206], dix mil livres.
[Note 206: Encore une maîtresse de Henri IV pensionnée par son fils. C'est Jacqueline de Beuil, comtesse de Moret, qui eut du roi, en 1607, ce comte de Moret tué à la bataille de Castelnaudary, en 1632.]
A madame des Essars[207], douze mil livres.
[Note 207: Charlotte des Essars, comtesse de Romorantin. C'est encore une des maîtresses de Henri IV, qui en eut deux filles, l'abbesse de Fontevrault et l'abbesse de Chelles. Elle mourut en 1651, femme du maréchal de l'Hospital. Nous ne la trouvons pas sur l'_Etat_ de 1641, mais nous y trouvons sa fille, l'abbesse de Fontevrault, pour 3,600.]
2. A mesdamoiselles de Rohan, huict mil livres[208].
[Note 208: En 1641 nous ne trouvons qu'une demoiselle de Rohan, portée pour 6,000 livres.]
2. A mesdamoiselles Daumalle, huict mil livres.
A madame la comtesse de Saux[209], dix mil livres.
[Note 209: Auparavant marquise de Créqui, et mère du maréchal de ce nom. Le comte de Sault, dont il a été parlé plus haut, étoit son fils d'un second lit. Bullion avoit été son amant et lui devoit sa faveur. V. Tallem., édit. in-12, t. 3, p. 5-6.]
A madame de Balligny[210], dix mil livres.
[Note 210: Diane d'Estrées, soeur de Gabrielle et seconde femme de Jean de Montluc, sieur de Balagny, maréchal de France. Elle avoit une détestable réputation et la méritoit. V. t. 5, p. 155.]
A madame de Guercheville[211], dix-huict mil livres.
[Note 211: Henri IV l'avoit aimée sans succès. Il l'attacha à la personne de Marie de Médicis lors de son mariage avec cette princesse. C'est l'une des rares honnêtes femmes que nous trouvons dans cette liste de dames ayant pension de Louis XIII, dit le _chaste_.]
A madame de Vauselaux, dix-huict mil livres.
A Françoise Joret, nourrice de Sa Majesté, six mil livres[212].
[Note 212: En 1641, c'est la nourrice du dauphin qui touche une pension, mais de beaucoup moins forte: «A la demoiselle de la Giraudière, première nourrice de M. le Dauphin ..., 1,200 livres.»]
Aux servantes des Enfans de France, quatre mil livres.
A Mathurine, douze cens livres[213].
[Note 213: C'est la _folle_ en titre d'office dont nous avons déjà si souvent parlé. V. notamment _Caquets de l'Accouchée_, p. 168, 261. Ogier, dans son _Apologie pour Balzac_, p. 100, parle de Mathurine comme d'une _folle à gages_. Ce livre parut en 1627, et Ogier dit qu'elle étoit morte alors.]
A M{e} Guillaume[214], par les mains de M{e} Jean Lobeys, son gouverneur[215], dix-huict cens livres.
[Note 214: Même note pour maître Guillaume, qui se trouvoit être le fou de Louis XIII comme il avoit été celui de Henri IV. V. pour lui _les Caquets de l'Accouchée_, p. 263, etc. Dans le _Lunatique à maître Guillaume_, l'une des nombreuses pièces qui furent faites sous le nom de ce fol ou à son sujet, il est parlé de sa pension, ainsi que de celle de Mathurine: «Tu fais bien de ne pas aimer les réformés, dit l'auteur à maître Guillaume ... car s'ils étoient crus ... on retrancheroit les fols et les bouffons ... Eh! pauvre Mathurine, pauvre Angoulevant, pauvre maître Guillaume, et tous tant que vous êtes de fous à chaperon et sans chaperon, où seroient désormais vos pensions?»]
[Note 215: Les gouverneurs des fous de cour étoient eux-mêmes des bouffons, témoins ceux qu'on avoit donnés pour maîtres à Thoni, fou de Henri II et de Charles IX: l'un s'appeloit Gui, l'autre La Farce. Il est parlé de celui-ci, dont nous ne venons, bien entendu, de dire que le surnom, dans une pièce qui se trouvoit parmi les archives de M. le baron de Joursanvault, et que le _Catalogue_ (1re partie, p. 64, nº 447) analyse ainsi: «Louis de la Proue, dit La Farce, gouverneur de Thouyn (c'est le vrai nom de Toni), _fou du roy_, va avec ledit Thouyn trouver le duc de Lorraine de la part du roi.» (1560.)]
_Quatrains au Roy sur la façon des harquebuses et pistolets, enseignans le moyen de recognoistre la bonté et le vice de toutes sortes d'armes à feu, et les conserver en leur lustre et bonté, par François Poumerol, arquebusier._
_A Paris, pour l'autheur, chez Pierre Rocolet, au Palais._
M.DC.XXXI[216].
[Note 216: Nous ne connoissons ce livre que par l'exemplaire qui se trouve à la bibliothèque de l'Arsenal. Il eut pourtant deux éditions; la seconde, très augmentée, se trouve aussi, mais sans titre, à la même bibliothèque. Une série de _huitains_ adressés aux arquebusiers en est la pièce la plus curieuse; elle nous a beaucoup servi pour l'annotation des _quatrains_ que nous donnons ici.]
* * * * *
_A l'Occasion._
Occasion, qu'à moy t'es souvent presentée, Lorsque, pour mon malheur, ne t'ayant souhaittée, Jeune, je ne daignois de te prendre aux cheveux; Ores que je suis vieil et que je te souhaitte, Si jamais tu reviens t'offrir dans ma logette, A tes offres soudain j'attacheray mes voeux.
Le deplaisir que j'ay de t'avoir meprisée Au temps que ma besongne estoit des grands prisée, Et que tu me voulois mettre à Fontainebleau[217], M'est si grand que depuis, pour marque de ma faute, Au bourg où je me tien, j'ay dans ma chambre haute Dudit Fontainebleau l'admirable tableau.
Enfin je pouvois estre, exempt des fascheries, Dans ce Fontainebleau ou dans les Galeries Où maints artisans sont au service des rois. Mais j'ay beau regretter Fontainebleau, le Louvre, Le temps qui est perdu jamais ne se recouvre, Ny l'homme ne peut estre au monde qu'une fois.
[Note 217: L'arsenal particulier du roi étoit à Fontainebleau, dans la partie du château qu'on appeloit le _pavillon des armes_. Une des chambres de ce pavillon avoit servi de prison au maréchal de Biron.]
_A la Fortune._
Fortune, qui conduis sur la terre et sur l'onde En diverses façons la brigade du monde, Fay que ce petit livre, où je suis esperdu, Pour ne l'avoir sceu faire, en ce temps où nous sommes, Digne de voir le jour, ny d'estre veu des hommes Ne soit des mesdisans ny pincé, ny mordu.
De plus, fais, s'il te plaist, que ce petit volume, Au sortir de ma forge, où le charbon s'allume, Ne s'aille mettre au jour sans guide et sans support: Car, s'il est attaqué de quelque Menippée, Un coup de langue est pire qu'un coup d'espée, Ou fais à tout le moins qu'il prenne un passeport.
Toy donc que je reclame, ô Fortune perverse! Qui eslève les uns et les autres renverse Dans les malheurs du monde où le destin nous met, Ne me sois point contraire, ains conduis mon envie; Mais quoy! tu ne peus rien en ceste humaine vie, Ny le destin non plus, si Dieu ne le permet.
_Au Bonheur._
Bonheur, qui peux beaucoup et qui n'as rien d'injuste, Qui conduis les desseins de nostre grand Auguste, Sous le vouloir de Dieu et de Sa Majesté, Je te prie et conjure, au nom de ce monarque, De vouloir empescher que d'aucun aristarque Ce petit avorton ne soit trop molesté.
_Au mesme._