Variétés Historiques et Littéraires (06/10) Recueil de piéces volantes rares et curieuses en prose et en vers

Part 8

Chapter 83,663 wordsPublic domain

[Note 114: C'est, sauf cent francs, la somme portée aussi sur l'état de 1607. Toutes les autres diffèrent plus ou moins, si ce n'est pour ce qui se percevoit dans les généralités de Limoges, de Bourges, de Moulins, de Bordeaux, de Dijon, où la _recette de l'épargne_ ne varie pas.]

De Soissons, cent six mil huict cens livres.

D'Amiens, quatre-vingt-trois mil quatre cens quarante livres.

De Chaallons, neuf vingt dix-neuf mil quatre cens deux livres.

D'Orleans, six vingt-trois mil quatre cens treize livres.

De Tours, sept cens dix mil six cens trente-huict livres.

De Poictiers, huict cens soixante mil livres.

De Limoges, sept cens soixante et quatre mil huict cens vingt-quatre livres.

De Bourges, trois cens dix mil trois cens soixante et deux livres.

De Moulins, trois vingt et un mil six cens soixante et une livre.

De Ryon, cinq cens cinquante mil sept cens quatre livres.

De Lyon, un million cent vingt-deux mil livres.

De Rouen, un million quatre-vingt-un mil quatre cens dix-huict livres.

De Caën, sept cens sept mil trois cens cinquante-deux livres.

De Bourdeaux, sept cens dix-neuf mil deux cens soixante et treize livres.

De Nantes, sept vingt-un mil neuf cens sept livres.

De Tholouze, quatre-vingt-un mil six cens livres.

De Montpellier, six vingt-un mil six cens livres.

De Dijon, sept vingt-trois mil quatre cens vingt-trois livres.

D'Aix, huict vingt cinq mil trois cens dix livres.

De Grenoble, neant, pour ce que le tout se consume sur le lieu.

Somme, sept millions deux cens quatre-vingt mil quatre cens vingt-cinq livres[115].

[Note 115: Total fautif encore. L'addition exacte des sommes qui précèdent donne 9,590,800.]

Seconde recepte de l'espargne.

L'estat de ces deniers s'appelle première recette de l'espargne; la seconde est celle des finances, dont nous avons secondement promis de parler; mais ce sera beaucoup plus succinctement que de l'autre, attendu qu'il n'y a autre ceremonie que de les bailler, comme elles sont au conseil, au plus offrant et dernier encherisseur, pour 2, 3, 4, 5, 6, 7 ou autre nombre d'années, et, après cela, les fermiers sont tenus la plus part d'apporter immediatement les deniers entre les mains du thresorier de l'espargne, ou d'acquitter de quartier en quartier les assignations qui se lèvent sur eux, tout ainsi que les receveurs generaux, les quels à ceste occasion contraignent les receveurs particuliers et les particuliers les collecteurs[116], chacun en divers temps qui se mesurent à chacun des dits quatre quartiers. Voyons donc ceste seconde recepte:

[Note 116: «Et les collecteurs le peuple», est-il fort justement ajouté dans la pièce de 1607.]

Des parties casuelles sur les quelles n'y a aucune charge, dix-huit cens mil livres.

Des receptes des bois, quatre-vingt-dix mil livres.

Des aydes et allienations, les charges montent par estimation à quinze cens mil livres, et en revient sept cens dix mil livres[117].

[Note 117: Le premier bail général des aides avoit été fait en 1604 pour 500,000 livres seulement. En 1607, comme on le voit par l'_Etat_ souvent cité, et en 1622, comme on en a la preuve ici, les sommes perçues à ce titre montoient déjà à 1,500,000 livres; en 1649, d'après l'_Etat général du revenu_, elles atteignoient 3,549,712 livres, et la proportion alloit toujours croissant. «Le bail a si bien haussé, lisons-nous dans le _Détail de la France_, pièce de la fin du XVIIe siècle, que les aides sont à 19 millions ou environ aujourd'hui.» (_Archives curieuses_, 2e série, t. 12, p. 193.)]

Des gabelles de France, les charges montent deux millions deux cens vingt-six mil cinq cens dix-sept livres, outre trois sols neuf deniers qui se lèvent en plusieurs greniers pour le payement des gages de la commission des aydes, et en revient deux millions quatre vingt quatorze mil cinq cens livres.

Des gabelles de Lyonnois, les charges montent à vingt-huict mil cent vingt-huict livres, et en revient la somme de sept cens mil livres.

Des gabelles de Languedoc, les charges montent six vingt-huict mil neuf cens soixante-sept livres, et en revient deux cens quatre-vingt-treize mil deux cens quatre-vingt-quatre livres.

Des gabelles de Dauphiné, affermées deux cens soixante-dix-sept mil livres, attendu qu'il s'employe par chacun an cent cinquante mil livres au rachapt du domaine dauphinal, et six vingt-six mil livres au payement de quelques debtes, celle-cy à neant.

De la ferme du convoy de Bourdeaux[118], les charges payées, deux cens quatre-vingt-dix mil livres.

[Note 118: Droits perçus sur les vaisseaux marchands du port de Bordeaux à qui l'on donnoit pour sauvegarde un convoi de vaisseaux de guerre. En 1649, d'après l'_Etat général du revenu_ pour cette année-là, la ferme du convoi de Bordeaux rapportoit deux millions trois cent mille livres.]

De la ferme de la comptabilité de Bourdeaux, trois cens soixante mil livres.

Des traictes foraines d'Anjou[119], deux cens quatre-vingt mil livres.

[Note 119: La _traite foraine_, l'une des cinq grosses fermes, étoit un droit levé sur toutes les marchandises qui entroient dans le royaume ou qui en sortoient. L'établissement de la _traite d'Anjou_, dont il est parlé ici, des bureaux d'Ingrandes, Montluçon et autres lieux qui ne sont pas sur les frontières, étoit alors une chose toute nouvelle.]

Des peages de Loire, quatre cens mil livres.

De la subvention des villes franches, et l'escu pour thonneau de vin, six cens cinquante mil livres.

De l'escu pour muid de sel passant à Rouën, cent cinquante mil livres.

De l'escu pour muid de sel passant par Ingrande, soixante-dix mil livres.

Des sept deniers pour minot de sel entrant en Bourgongne, trente mil livres.

Du vin de Picardie, cinquante mil livres.

Des trente sols pour muid de sel qui se prend en Brouage, soixante mil livres.

De l'escu du thonneau de vin entrant à Rouën, cent cinquante mil livres.

De la ferme des cartes et tarotz, celle-cy à neant[120].

[Note 120: «De la ferme des cartes et tarotz, lit-on dans l'_Etat_ de 1607, à savoir 15 deniers par jeu de cartes qui se consomment au royaume, n'y a aucunes charges, 3,000 livres.» C'étoit surtout à Rouen un grand commerce, qui s'augmenta beaucoup encore pendant tout le XVIIe siècle. En 1695, Rouen fournissoit de cartes à jouer toute l'Europe, et même les colonies espagnoles d'Amérique. (_Archives curieuses_, 2e série, t. 12, p. 230.)]

De l'escu pour muid de vin qui se vend en Bretagne, cent trente-quatre mil livres.

Des quatre cens mil livres dont le pays de Languedoc fait present au roy de quatre ans en quatre ans, quatre cens mil livres.

De trente sols pour muid de sildre entrant à Rouën, soixante mil livres.

L'entrée des drogues et espiceries, soixante-dix mil livres.

Des droicts qui se prennent le long de la rivière de Charente, cinquante mil livres.

Des droicts qui se prennent le long de la rivière de Loire, cent mil livres.

Des quatre mil livres du sel à Langres, celle-cy à neant.

Somme totale de la despence cy-dessus, dix-neuf millions cent trente-six mil trois cens trente-cinq livres.

Laquelle somme arrestée, y compris les charges tant sur les generalitez que sur les fermes, le tout revient à trente-six millions neuf cens vingt-six mil cinq cens trente-huict livres, qui se lèvent annuellement en France[121].

[Note 121: Sous Henri III, le revenu étoit de 32 millions; sous Henri IV, de 35; Richelieu le doubla, et il alla croissant jusqu'en 1660, puis baissa. (_Le détail de la France_, Archiv. cur., 2e série.)]

Cy trente-six millions neuf cens vingt-six mil six cens trente-huict livres.

_Chapitre de despence._

La chambre aux deniers, c'est à sçavoir ce qu'il faut pour la bouche de Sa Majesté et des officiers de sa maison, trois cens trente mil livres.

Les gages des officiers domestiques, trois cens mil livres[122].

[Note 122: Ils ne se montoient qu'à 270,000 en 1607.]

L'ecurie, neuf vingt-six mil livres.

L'argenterie, quatre-vingt-dix-huict mil quatre cens livres.

Les menus plaisirs du roy, six vingt-neuf mil livres.

Les offrandes et aumosnes, huict mil quatre cens livres.

La venerie, douze mil livres[123].

[Note 123: Sous Henri IV, d'après l'état de 1607, la dépense de la vénerie montoit à 51,000 fr. Malgré le goût de Louis XIII pour les oiseaux de chasse, la somme qu'il y employoit en 1620 ne dépasse pas celle qui se trouve, pour le même objet, portée au budget de son père.]

Les chevaux et oyseaux, dix-huict mil livres.

Les gentils-hommes de sa maison, deux cens mil livres[124].

[Note 124: On ne trouve en 1597 que 21,000 fr. pour les cent gentilshommes. C'est qu'alors Sully veilloit à ce qu'on ne vît pas renaître les dilapidations du règne précédent, et «cette effrenée quantité d'officiers qui detruisoient tous les revenus du roi». (_Oeconom. royales_, coll. Petitot, t. 3, p. 17.)]

Les Suisses, vingt-deux mil livres.

Les gardes du corps, tant François que Suisses, deux cens mil livres.

Le prevost de l'autel, cinquante-deux mil deux cens livres.

Les bastimens, compris Fontaine-bleau, quatre cens quatre-vingt mil livres.

Maison de la royne, trois cens mil livres.

Maison de monsieur le duc d'Anjou[125], frère du roy, sept vingt-deux mil livres.

[Note 125: C'est Gaston, qui ne fut fait que plus tard duc d'Orléans. Il avoit porté le titre qu'on lui donne ici dès sa naissance, en 1610. La rue d'Anjou-Dauphine, dont la construction est de la même date, lui doit son nom.]

Les garnisons, quinze cens mil livres.

Les autres gens de guerre, treize cens mil livres.

Artilleries, outre les sommes employées dans l'estat des finances, deux cens quatre-vingt mil livres.

Fortifications et reparations, quatre cens soixante-dix-sept mil neuf cent soixante livres.

Marines de Ponant, dix-huict mil livres.

Marines de Levant, deux cens soixante-dix-sept mil neuf cens soixante livres.

Les voyages, deux cens deux mil livres.

Les deniers, deux cens mil livres.

Les menus dons, deux cens mil livres.

Les grosses estrennes du roy, cent cinquante mil livres.

Comptant ez mains du roy, sept vingt mil livres.

Les gouverneurs des provinces, quatre-vingt-neuf mil livres.

Les ambassadeurs, neuf vingt quatorze mil neuf cens quatre-vingt-unze livres.

Les pensions, pour six millions quatre cens mil livres[126].

[Note 126: Elles n'étoient portées que pour 2,063,729 sur l'état de 1607. L'augmentation qu'on trouve ici, et bien mieux encore le détail qu'on trouvera plus loin, expliquent les plaintes contenues dans maint pasquil du temps, notamment dans la pièce que nous avons donnée avant celle-ci, _Turlupin le souffreteux_. On y trouve aussi la preuve de ce qu'a dit Richelieu sur les dilapidations commencées avec la régence de Marie de Médicis, et forcément continuées même après la mort du marquis d'Ancre: «Les présents que la reine fit aux grands au commencement de sa régence étourdirent bien la grosse faim de leur avarice et de leur ambition, mais elle ne fut pas pour cela éteinte. Il falloit toujours faire de même si l'on vouloit les contenter. De continuer à leur faire des gratifications semblables à celles qu'ils avoient reçues, c'étoit chose impossible. L'épargne et les coffres de la Bastille avoient été épuisés, et quand on l'eût pu faire, encore n'eût-il pas été suffisant.» (_Mémoires de Richelieu_, liv. 5.)]

L'Angleterre et Pays-Bas, un million neuf cens cinquante mil livres[127].

[Note 127: Ce subside, dont je ne connois ni l'origine ni l'objet, avoit été diminué d'un million depuis 1607.]

Les deniers en acquit, six cens quatre-vingt dix mil livres.

Les seigneurs de ligues des Suisses, douze cens mil livres.

Le grand duc, pour debtes, cent mil livres.

Le duc de Lorraine, pour debtes, cent mil livres.

Le duc de Guyse, pour debtes[128].

[Note 128: La somme manque ici, mais on sait par l'état de 1607 qu'elle étoit de 100,000 livres.]

Le cardinal de Joyeux, de Hombert, Bassompierre et Incarville, au lieu du domaine dont ils ont été depossedez, cent mil livres.

Le duc de Vendosme et madame de Mercure[129], pour debte, cent cinquante mil livres.

[Note 129: De Mercoeur.]

Le duc de Nemours, pour debte, quatre-vingt-dix mil livres[130].

[Note 130: Cette dette n'est pas sur l'état de 1607, où les autres figurent.]

Le duc de Mantoue, pour debte, quarante-cinq mil livres.

Jamect et Gondy, pour debte, quatre-vingt dix mil livres.

Debtes de Languedoc, soixante-quinze mil livres.

Fermes, demandes de dedommagemens, deux cens mil livres.

Rentes à Rouen, soixante-douze mil livres.

Interests d'advances, trois cens mil livres.

Parties inopinées et non values, cy deux millions cent sept mil cinq cens livres sept sols six deniers.

Somme toute de la despence cy-dessus, dix-neuf millions six cens trente-six mil trois cens trente cinq livres.

Voilà donc à quoy revient ces despens, ce grand amas de finances ausquels nous pouvons observer cet ordre de la nature, que, tout ainsi que des fontaines naissent des ruisseaux, les rivières qui tirent quelques fois leur origine de lacs dont les sources sont en eux-mesmes et se desgorgent toutes dans la mer, de mesme se peut-il voir des finances, en ce qu'après estre entrées en l'espargne, elles en sortent, comme nous avons monstré cy-devant, et, se jettans par les plus grosses veines, se respendent jusques aux plus moindres partyes, qui sont les laboureurs et artizans, ausquels il faut necessairement que la plus part s'en aille; et que si, pour conserver le repos du royaume, il en sort quelque partie, aussi en entre-il d'ailleurs par le moyen de ces quatre sources inexpirables: le bled, le vin, les toilles et le pastel[131], dont la paye entretient l'abondance et fait que le peuple se peut facilement acquitter de ce qui luy est imposé sur luy, vivre paisiblement et d'esperer encore mieux à l'advenir; car Sa Majesté veillant, comme elle a fait depuis la paix, par les yeux de ceux qu'elle a commis et dignement choisis en toutes les charges de son Estat, et recouvrant comme elle a fait le douaire de sa sacrée couronne, sçavoir est le domaine dont il y a party fait dès l'année mil six cens et douze[132], pour prest de trente millions de livres, c'est le moyen le plus asseuré pour l'enrichir, comme aussi le public, et en faire autant pour son peuple comme pour Sa Majesté mesme.

[Note 131: Sur ce produit, l'une des principales richesses de nos provinces méridionales, V. notre t. 3, p. 110-111.]

[Note 132: «Dès l'année 1608», lit-on dans l'_Etat_ de 1607, dont, sauf cette variante, tout ce paragraphe est la reproduction.]

_Pensions de nosseigneurs et dames de la cour._

A monsieur le Prince, pour sa pension de la présente année 1621, cent mil livres[133].

[Note 133: Un _état_ manuscrit des dépenses particulières de Louis XIII pour 1641, pièce fort intéressante, que M. Vallet de Viriville a publiée presque entièrement dans le _Cabinet de lecture_ (10 juillet 1837), d'après la copie possédée par la bibliothèque Sainte-Geneviève, dans le recueil coté Z, 378, in-4, contient aussi l'_état général des gages, appoinctemens et pensions que le roy veult et ordonne estre payées par le tresorier de son espargne aux princes, princesses, dames, officiers de la couronne, seigneurs du conseil, gouverneurs des provinces, gentilshommes et aultres_ ... On y trouve M. le Prince, comme ici, en première ligne, mais pour une pension plus forte: cent cinquante mille livres. De plus, son fils, le duc d'Anguien (_sic_), en a une de 100 mille.]

A monsieur le comte de Soissons, soixante-dix mil livres.

A monsieur de Guyse, cent mil livres.

A monsieur le duc de Nevers, cent mil livres.

A monsieur de Longueville, quatre-vingt mil livres[134].

[Note 134: En 1641, il n'a plus que 26,000 livres, y compris ses appointements de gouverneur de Normandie.]

A monsieur de Vandosme, cinquante mil livres.

A monsieur le duc d'Elbeuf, trente mil livres.

A monsieur le prince de Joinville, trente mil livres[135].

[Note 135: Frère du duc de Guise. On avoit acheté sa fidélité à la cause du roi par cette pension et d'autres avantages. V. _Lettres de Richelieu_ (documents inédits), t. 1, p. 462, 475.]

A monsieur le duc d'Epernon, soixante-dix mil livres.

A monsieur le duc de Bouillon, quatre-vingt mil livres[136].

[Note 136: En 1641, Richelieu ayant fait en sorte qu'il fût moins à craindre qu'en 1622, on ne lui donnoit plus que 3,000 livres de pension, plus 10,000 «à cause de la protection de Sedan».]

A monsieur de la Trimouille, cinquante mil livres[137].

[Note 137: En 1641, il n'a plus que 8,000 livres.]

A monsieur le chevalier de Vandosme, trente mil livres.

A monsieur l'admiral, quarante mil livres[138].

[Note 138: C'est le duc de Montmorency qui avoit alors la charge d'amiral. Richelieu la supprima en 1627; il la remplaça par celle de grand maître de la navigation, qu'il prit pour lui.]

A monsieur le duc de Redz[139], vingt mil livres.

[Note 139: Celui dont la déroute au Pont-de-Cé est si fameuse. Leclerc, (_Hist. de Richelieu_, 1694, in-8, p. 63.)]

A monsieur le comte de Laval, trente mil livres[140].

[Note 140: Urbain de Laval, maréchal de France, mort en 1629.]

A monsieur le comte de Chombert, trente mil livres[141].

[Note 141: Henri de Schomberg, alors superintendant des finances.]

A monsieur d'Esdiguières[142], soixante mil livres.

[Note 142: Le duc de Lesdiguières.]

A monsieur de Montbazon, quarante mil livres[143].

[Note 143: Grand veneur de France. En 1641, il ne touche plus que 10,000 livres. V. sur lui notre t. 5, p. 291.]

A monsieur le Connestable, soixante et dix mil livres[144].

[Note 144: Le duc de Luynes, alors connétable en effet.]

A monsieur de Brante, trente mil livres.

A monsieur de Cadenet, vingt mil livres[145].

[Note 145: Les deux frères de Luynes. V. sur eux les _Caquets de l'Accouchée_, passim.]

A monsieur de Bassompierre, trente mil livres.

A monsieur le duc de Rouennois[146].

[Note 146: Le duc de Roannez.]

A monsieur le comte de S.-Aignan[147], trente mil livres.

[Note 147: Celui qui eut une si belle part à la déroute du duc de Retz au Pont-de-Cé. V. le _Baron de Fæneste_, liv. 4, chap. 2.]

A monsieur le Grand[148], cinquante mil livres.

[Note 148: Le duc de Bellegarde, _grand_ écuyer de France. En 1641, il n'a plus que 10,000 livres, et encore est-ce comme conseiller d'Etat. Richelieu, on le voit, avoit réduit tous les favoris, et Bellegarde l'avoit été plus qu'aucun, à la portion congrue.]

A monsieur le mareschal de Souvray, quarante mil livres.

A monsieur le Premier[149], quarante mil livres.

[Note 149: On appeloit M. _le Grand_ le maître de la grande écurie du roi, et M. _le Premier_ celui qui commandoit à la petite.]

A monsieur le comte de la Roche-Foucault[150], vingt mil livres.

[Note 150: François de La Rochefoucauld, père de l'auteur des _Maximes_, fait en 1612 maître de la garde-robe par le maréchal d'Ancre, et duc et pair en 1622 par Louis XIII.]

A monsieur de Termes[151], quinze mil livres.

[Note 151: Le baron de Termes, frère du duc de Bellegarde. Il mourut cette même année, 1621, le 22 juillet, d'une blessure qu'il avoit reçue au siége de Clérac.]

A monsieur de la Roche Guyon, dix mil livres.

A monsieur le vicomte de Pardaillan, dix mil livres.

A monsieur de Rauquelaure[152], trente mil livres.

[Note 152: Antoine de Roquelaure, maréchal de France, mort en 1626.]

A monsieur le vicomte de Sardigny[153], soixante mil livres.

[Note 153: Scipion Sardini, financier anobli. V. sur lui et sur sa maison le t. 5, p. 221.]

A monsieur de Suilly, quarante mil livres[154].

[Note 154: Le duc de Sully. Ce grand ennemi des pensions ne laissoit pas, comme on voit, que d'en toucher une assez bonne, sans préjudice de celle dont étoit gratifié son fils, le marquis de Rosny, qui suit ici la sienne.]

A monsieur le marquis de Rosny, vingt mil livres.

A monsieur le marquis de Nesles, vingt mil livres.

A monsieur le marquis de Coeuvre[155], dix mil livres.

[Note 155: François Annibal d'Estrées, marquis de Coeuvres, se rendit fameux dans les ambassades. Il étoit frère de Gabrielle. V. les _Caquets de l'Accouchée_, p. 149.]

A monsieur de Vantadour, vingt mil livres.

A monsieur le comte de Fiesques[156], vingt mil livres.

[Note 156: Charles-Louis, comte de Fiesque, qui joua un rôle dans la Fronde parmi les conseillers de Gaston. Sa femme, Gilone d'Harcourt, figure dans l'_Histoire amoureuse des Gaules_.]

A monsieur le vidasme du Mans, vingt mil livres.

A monsieur le vidame de Chartres, vingt mil livres.

A monsieur de Mortemar, dix mil livres[157].

[Note 157: En 1641, il est l'un des trois premiers gentilshommes de la chambre du roi, et reçoit en cette qualité 6,000 livres. Son marquisat devint duché-pairie en 1650. On l'appeloit le beau Mortemart. V. t. 5, p. 154.]

A monsieur de Biron, vingt mil livres[158].

[Note 158: En 1641, il n'a plus que 2,000 livres de pension, et nous le trouvons perdu parmi les 400 pensionnaires environ que la pièce du recueil de la Bibliothèque Sainte-Geneviève comprend sous le titre de _Cour_.]

A monsieur d'Antragues[159], dix mil livres.

[Note 159: Balzac d'Entraigues ou d'Antragues, ancien gouverneur d'Orléans, père de la marquise de Verneuil. Il vivoit retiré dans sa terre de Malesherbes, où Henri IV l'avoit exilé après la découverte de sa conspiration avec l'Espagne. Il est étrange que Louis XIII pensionne un tel homme.]

A monsieur le comte de Chiverny[160], dix mil livres.

[Note 160: Fils du chancelier de France sous Henri III et sous Henri IV, auteur des _Mémoires_ si célèbres.]

A monsieur le comte de Sanxerre, dix mil livres.

A monsieur de la Curée, six mil livres.

A monsieur Daigremont, dix mil livres.

A monsieur de Crequy, douze mil livres[161].

[Note 161: Maréchal de France, gendre de M. de Lesdiguières.]

A monsieur de Praslin, dix mil livres.

A monsieur le marquis de Ragny, huict mil livres.

A monsieur le marquis de Mosny[162], huict mil livres.

[Note 162: Nous ne le trouvons nommé que dans les _Contreveritez de la cour_. V. notre t. 4, p. 342. C'étoit, à ce qu'il paroît, un grand fou.]

A monsieur de Villepreux, dix mil livres[163].

[Note 163: Le même qui plus tard accompagna le duc de Guise dans son expédition de Naples, et fut l'un de ceux qui le servirent le mieux. V. Collect. Petitot, 2e série, t. 56, p. 181.]

A monsieur de Sainct-Gerant[164], huict mil livres.

[Note 164: Il ne nous est connu que comme agent de Sully pour une mission qu'il lui donna à Moulins. V. _Oeconom. royales_, édit. Petitot, t. 7, p. 407.]

A monsieur de Courtenvaux[165], dix mil livres.