Part 20
_Item._--Tous clercs et coutres[422] ou beneficiers de paroisse et autres eglises, sans distinction ny exception quelconque, pourront, pendant le service divin, se rendre aux porteaux et sacristies d'icelles pour y apprendre ou debiter nouvelles et y juger le prochain.
[Note 422: Le _coutre_ ou _coustre_ étoit celui qui avoit le soin de sonner les cloches et qui étoit gardien (_custos_, d'où son nom) des clefs de l'église. V. Ménage, _Hist. de Sablé_, liv. 2, chap. 3.]
_Item._--Tout frère questeur et proviseur, de couvent qui soy advancera de traicter des matières de doctrines les plus relevées dans les boutiques, parloirs et autres lieux, sera escouté de tous archiconfrères et consoeurs ni plus ni moins qu'un lecteur de jubilé.
_Item._--Pourront les dames et demoiselles agregées à l'archiconfrerie aller à la messe poudrées et parées ainsy comme au bal, comme aussi preferer les messes basses aux grandes, et surtout la dernière: le tout pour le plus d'edification du prochain.
_Item._--Pourront lesdites archiconsoeurs se poster par humilité à genoux, sur des bancs ou chaises, et prendre sur leurs eventails le sujet de leurs meditations.
Tous ceux et celles qui, se trouvant ès eglises, y auront causé de nouvelles et d'affaires en attendant le prédicateur, pourront s'abandonner au sommeil pendant la predication.
_Item._--Y doit avoir en lieux competens inquisiteurs secrets et censeurs des livres, pour interdire, suprimer, enlever et même decacheter tous livres pernicieux à l'archiconfrerie et defendus par icelle, si comme epitres, evangiles, ordinaires de la messe, etc.
_Item._--Est loisible à tous laïques agregés quy se meslent de corriger ou reprendre ceux qui offencent le Seigneur d'appuier sa reprimande ou correction de moult maledictions et imprecations.
_Item._--Es lieux de public instruction où les maistres comme les disciples ne peuvent cacher aux clairvoyans l'insuffisance de leur doctrine, on pourvoira à l'honneur des escoles dans l'esprit du bourgeois et père de famille par l'appareil des thèses[423] et tragedies, et par la beauté des bâtimens.
[Note 423: On déployoit une très grande pompe pour la réception des docteurs en toutes sortes de sciences, médecine, théologie, etc. On peut voir par le _Journal du voyage_ de Locke en France (18 mars 1676) que l'appareil dont Molière entoure la réception d'Argan comme docteur n'a rien d'exagéré. (_Revue de Paris_, 1re série, t. 14, p. 13-14.) La thèse si pompeusement soutenue étoit elle-même illustrée d'une magnifique gravure. Elle étoit toujours bonne à prendre pour l'image, comme dit Toinette du _Malade imaginaire_.]
_Item._--L'inscription d'iceux bâtimens designera ceux quy ont receu l'argent pour les construire, et nullement ceux qui l'ont donné.
_Item._--Tout ecclesiastique meditant l'erection de communauté nouvelle ne prendra ailleurs qu'au bureau de l'archiconfrerie les bulles et patentes que les autres vont demander au pape et au prince.
_Item._--Et ceux patriarches de nouvelle espèce pourront se faire baiser les piés, ny plus ny moins que le pape.
_Item._--Advenant qu'aucuns catholiques se fourvoient jusqu'à manquer de respect pour l'archiconfrérie, iceux catholiques seront, par le seul faict, réputés chimatiques, et jansenistes, qui pis est; voire meme, si metier est, pendus en effigie aux yeux des souffre-ferules.
_Item._--Au cas qu'iceux catholiques allèguent, pour soy justifier, certains decrets des papes bien et dument approuvés ès saints conciles, suivis et omologués en toutes provinces catholiques, apostoliques et romaines, sera maintenu par les archiconfrères qu'iceux decrets ne sont munis de lettre de placet à ce necessaire de par l'archiconfrerie.
_Item._--Tout confrère qui voudra montrer son courage envers iceux catholiques redoutera leur presence et ne pourra signaler sa bravoure que par la fuite.
_Item._--Pour lesdits cas d'esclipse et desertion, iceux archiconfrères tiendront pour certain que le scandale peut être preferé au danger du raisonnement et la faveur des ignorans l'emporter sur l'exemple des sages.
_Item._--Attendu que la science, si elle n'est science moyenne[424], est le poison le plus funeste, comme est dit cy-dessus, à l'archiconfrerie, tous suppots et agregés d'icelle mettront en arrière les saints pères de l'eglise, en leur substituant les saints pères de la société, si comme abandonneront saint Augustin pour suivre Escobar et debusqueront saint Thomas[425] pour subroger à ses droits le porteferule Francolin.
[Note 424: V. une des notes précédentes.]
[Note 425: La lutte avoit d'abord eu lieu entre les dominicains _Thomistes_ et les jésuites _Molinistes_, tant à cause du livre de Molina cité tout à l'heure qu'au sujet de ses _Commentaires_ sur la première partie de la Somme de saint Thomas.]
_Item._--Nul archiconfrère ne manquera d'observer pour ses demarches et entreprises les phases de la lune, comme estant l'astre tutelaire de l'archiconfrerie, et feront eclater leur ferveur surtout au temps de la première sève et du renouvellement d'icelle, comme faisant les deux principales solemnitez des Cervelles emouquées ou Ratiers.
_Item._--A eux permis de raper, prendre et donner tabac[426] en leurs prières, messes et offices, pour eviter plus seurement les distractions.
[Note 426: Les priseurs râpoient encore leur tabac à chaque prise. M. du Sommerard possédoit une de ces _râpes-tabatières_, sur laquelle le Sganarelle du _Festin de Pierre_ étoit représenté frottant sur sa râpe la carotte de tabac, au moment où il entre en scène sur ces vers:
Quoi qu'en dise Aristote et sa docte cabale Le tabac est divin, il n'est rien qui l'égale.]
_Item._--Les directeurs et confesseurs agregés se proposeront soigneusement le bien des familles dans leur ministère.
_Item._--Quiconque s'ingerera de blasmer iceux confesseurs, les accusant d'avarice, ou qui censurera leur intention à employer pour des visites les temps destinez à la prière, retraite et silence, sera deferé à l'archiconfrerie comme coupable de violer la charité du prochain.
_Item._--Tout archiconfrère qui debource pour soy divertir florins, patacons[427] et ducats, en ne donnant aux pauvres que la plus basse des espèces de monnoie, sera tenu pour aumonier.
[Note 427: Ou _patagon_, monnoie d'argent qui de 48 sols finit par monter à 58. L'orthographe employée ici donneroit raison à Ménage, qui pense que ce mot venoit de _patac_, ancienne petite monnoie d'Avignon.]
_Item._--Les predicateurs religieux prescheront eux-mêmes dans leurs eglises lorsqu'ils voudront critiquer les censeurs de leur morale; mais ils choisiront des predicateurs estrangers pour en recevoir des eloges devant le public.
_Item._--Tout religieux quy, se trouvant accompagné d'un sien frère ou convers, rencontrera un ecclesiastique, iceluy aura soin que le dit frère salue le premier l'ecclesiastique, afin que iceluy salue le premier le religieux.
_Item._--Tout chasseur agregé prendra son mousquet pour tuer les souris, mais doit espargner les rats, comme animaux privilégiés par edits et patentes de l'archiconfrerie.
_Collationné à l'original par moi_,
SONGECREUX[428].
[Note 428: Nom de haute folie consacré par le livre de Gringore, _les Contreditz de Songecreux_; par un passage de Rabelais (liv. 1er, ch. 20), et aussi par _la Prenostication de maître Albert Songecreux Biscain_ (1527), fameux almanach dont a parlé H. Estienne au chapitre 39 de son _Apologie pour Hérodote_.]
_Advis de Guillaume de la Porte, hotteux ès halles de la ville de Paris._
Sans lieu ni date, in-8.
Le vaudeville des bouchers et le reglement faict pour la police publié[429] m'a donné subject de tracer ces lignes, pour vous declarer que, pensant apporter du remède, vous courés au mal. La raison en est parceque vous voulez paroistre de grands oeconomes, et vous n'estes qu'abecedaires de maisons. D'où vient que, voulant retrancher le mal, vous le fomentés et le faictes pululler? Que si vous aviez consulté toutes sortes de qualités de personnes, ne vous attachant tant au pourpre[430], qui n'a le plus souvent que l'apparence ou l'appuy de l'argent, sans doute vous auriés faict tout autre reglement. Qui est celuy qui ne recognoisse le signalé defaut sur le prix du mouton, veu que chacun sçait qu'il y a grande disproportion du moindre au meilleur? A vostre compte, le plus gras mouton ne vaudroit que seize sols davantage que le plus chetif[431], veu qu'il y, a mouton de neuf livres et autres de trois livres. Pour le veau, pareille raison. Ma cousine la Moignotte, que Dieu veulle conserver et luy restablir la santé! estant fermière de la grande ferme de Paré, elle avoit douze vaches, dont l'une avoit nom la Bourelière, laquelle faisoit des veaux aussi puissants que des boeufs du Poitou. Je vous laisse à penser quelle perte elle eust receu de les vendre à six livres, et le grand profit de vendre des avortons à pareil prix de six livres. Ces considerations, et autres que je veux deduire cy-après, font que je ne puis approuver ce reglement. Et d'autant qu'estant bourgeois de Paris, je faicts partie d'icelle, il me semble qu'au peril de la famine qui nous menace, je doibs dire mon opinion, pour estre receue ainsi qu'on le verra bon estre. Que si quelqu'un me debat mon droict de bourgeoisie, Pierre de la Porte et Guillemette des Rosières, surnommée Dix-sept-demi-septiers, mes père et mère, vous leveront ceste difficulté et vous diront qu'ils ont porté les crochets et la hoste vingt ans, servants à porter viandes et fruicts des halles. Je vous laisse à penser si j'ay quelque memoire du vineux mestier qui fait dire la verité. Ma qualité prouvée, venons au subject qui se presente. Toute ville, republique ou royaume se maintient principalement de bled, vin, chair et bois: c'est pourquoy les bien reglées ont donné toute liberté de trafiquer à toutes sortes de personnes sans y imposer aucune dace[432] ny impost, afin que l'affluence y apporte vilité de prix, ce qui est très certain par l'abord des marchands, qui ne trafiquent que sur l'esperance du gain. Je sçay que le malheur du temps a apporté des subsides sur lesdits vivres; mais lesdits subsides ne sont suffisans pour faire telle cherté qu'on s'en puisse plaindre, et je m'asseure que quelque jour nostre bon prince et roy retranchera en partie lesdits subsides: car je m'asseure que, Gondy et Jamet[433] à present estant morts, on ne verra plus tant de partisans composés d'Italiens et d'Espagnols, que je desirerois les uns estre placés au pol arctique, les autres au pol antarctique. _Dios me libre de tal gente!_ Je ne parle des femmes desdits païs, car elles passent en la famille des maris.
[Note 429: Nous ne savons quel est ce règlement de police concernant la boucherie; peut-être est-ce celui du 30 mai 1618. V. _Traité de la police_, t. 2, liv. 5.--Nous n'en trouvons pas qui se rapproche davantage de la date de cette pièce.]
[Note 430: C'est-à-dire à la puissance.]
[Note 431: En 1600, le prix d'un beau mouton étoit de 4 livres. (Dupré de Saint-Maur, _Essai sur les monnaies_, année 1600.)]
[Note 432: _Taxe._]
[Note 433: Partisans italiens qui alors accaparoient toutes les affaires. V. la pièce précédente, _Rencontre de maître Gaillaume et de Piedaigrette_. Jamet n'est autre que le fameux Zamet, mort en 1614.]
Il est donc necessaire de donner liberté aux marchands forains de vendre leurs troupeaux et marchandises le prix qu'ils pourront, parceque, si vous leur faictes delivrer leur marchandise à perte, sans doubte ils n'y retourneront pour la seconde fois: je m'en raporte à la Verdure de Juvisi, s'il veut venir perdre sur chaque chartée de veaux dix-neuf livres qu'il perdit vendredy dernier.
Il est utile de donner permission à tous maistres bouchers et compagnons ou autres vendre viandes en destail, afin de n'estre subject à un nombre[434].
[Note 434: On voit que l'idée de demander la liberté du commerce de la boucherie n'est pas chose nouvelle.]
Il est à propos de vendre les viandes à la livre, et le prix d'icelles en soit faict au rabais, ainsi qu'il se practique en Languedoc, Gascogne et autres provinces.
Davantage (avec permission de MM. les bouchers), parceque je vois plusieurs bonnes maisons où il faut quantité de moutons, d'autres familles qui se peuvent passer d'un quartier, et qu'ils se pourroient plaindre, soit de la maigreur des viandes, soit sur la difficulté d'avoir un quartier de derrière, que l'on appelle, en Musarabie[435], _trasero_, pour eviter à cet inconvenient, je voudrois faire dresser des escorcheries au dessus et au dessoubs de nostre ville de Paris[436], et près icelles quelques halles, où les marchands forains, deux fois la sepmaine, pourroient venir vendre leur bestail, les manants et habitans de nostre ville, ou leurs domestiques pour eux, se joignant deux, trois, plus ou moins, se transporteroient ausdits lieux et feroient achapt de leur necessité, et à l'instant feroient tuer leur mouton ou plusieurs, moyennant trois ou quatre sols qu'ils donneroient à des compagnons bouchers, qui seroient bien aises de faire ce profict. En après, le mouton pesé, l'on regarderoit la montance de chaque livre, et chacun puis après prendroit sa provision. C'est un mesnage qui se faict en plusieurs endroits de l'Europe, sur lequel vous faictes le tiers de profict. Je le sçay par experience. Ma mère Guillemette me disoit bien qu'en voyant le monde on voit du pays, et qu'à ne voir que des charbons on ne cognoist que des tisons.
[Note 435: C'est le nom qu'on donnoit à la partie de l'Espagne chrétienne placée sous la domination des Arabes.]
[Note 436: L'établissement des tueries sur la rivière, au dessous de Paris, avoit souvent été demandé. On l'avoit même ordonné par arrêt du 7 septembre 1366 (_Traité de la police_, t. 2, liv. 5); mais jamais l'ordonnance n'avoit pu avoir d'exécution. (_Mélanges d'une grande bibliothèque_, Hh., p. 16-17.)]
Or, d'autant que l'abondance est la mère de vilité, je voudrois, pour y parvenir, faire defences de tuer des aigneaux, sur peine du fouet[437], despuis le premier jour de janvier jusques au dernier juillet. Vous faictes, en ce faisant, profiter les troupeaux, accroistre les fumiers des laboureurs, qui s'abonissent par la fiante de ces animauls, qui par après multiplient les grains à foison par l'amendement que l'on faict aux soles et jachères. Vous empeschés les bergers de vendre les dits agneaux: vous retranchez la perte des troupeaux que l'on donne à moitié.
[Note 437: Charles IX en 1563, Henri III en 1577, avoient fait défense de vendre la chair des agneaux; mais leurs ordonnances ne furent pas exécutées, et il fallut les faire revivre en 1714, après beaucoup de réclamations du genre de celle qu'on formule ici.]
Pareil remède sur les veaux et autres espèces de vivres, lesquels ne voyent a peine la lumière par la friandise de ce temps.
Je voudrois faire defenses aux marchands de bled residans à Paris de serrer du grain dans Paris outre leur provision: car ils enlèvent le bled de deux ou trois marchés à bas pris pour vous le vendre puis après cherement. Je portois un jour à monsieur Criton du pain de la hale, et il montroit une oraison grecque à ses escoliers, escripte contre des marchands traficquans en bled, residans à Athènes[438], de la qualité susdicte; et les dits escoliers, à cause que je portois du pain, ils me prenoient pour l'un de ces monopolistes, et me vouloient lapider; et si le dit sieur ne fut venu, leur donnant à entendre que je n'estois marchand blatié grec[439], c'estoit faict de Guillaume de la Porte! Il sera bien fin qui me fera vivre avec ces toques de malice!
[Note 438: Ce discours est celui de Lysias _contre les marchands de blé_. V., sur cette très intéressante _oraison_, le livre d'Auguste Boeckh, _Economie politique des Athéniens_, trad. par Laligant, t. 1, p. 138-141.]
[Note 439: Les _blastiers_ étoient ces marchands qui alloient acheter du blé dans les greniers de la campagne et qui le revendoient aux marchés des villes. Il y avoit à Paris une communauté de marchands _blastiers_ sous saint Louis, qui leur donna des statuts. (_Traité de la police_, t. 2, liv. 5, ch. 2.) Plus tard, leur commerce déchut, et ils ne furent plus considérés que comme simples _regrattiers_ et _grainiers_. (_Id._, t. 6, liv. 5.) On agita même la question de l'utilité de leur commerce, et l'on fut sur le point de le défendre. (_Id._, _ibid._)]
Pour le bois, j'observerois les reglements anciens, à peine de contravention de la perte de la marchandise contre les marchans, et de privation et de confiscation des offices des officiers, qui, en leur presence, voyent enfraindre la taxe de la ville; à quoy pour remedier, il y auroit des poteaux dans lesquels il y auroit une table (ce que les Arabes appellent _Arauzel_)[440] contenant la taxe de la ville, afin qu'un chascun fut adverti du prix de la marchandise[441].
[Note 440: Chez les Chinois il y a une table pareille dressée sur la place publique, et indiquant, en outre du prix des vivres, celui des remèdes qui se vendent chez les apothicaires.]
[Note 441: On trouve le commencement d'exécution d'un projet pareil dans l'ordonnance de mars 1577, par laquelle il étoit ordonné à l'hôtelier d'écrire sur la principale porte de son auberge le taux de tout ce qui se prenoit chez lui, le manger, le boire et le coucher. Deux ans après, une ordonnance du 21 mars compléta la première en réglant le tarif de toutes les denrées à consommer. C'est cette ordonnance qui se trouve mise en chanson dans la _Fleur des chansons nouvelles_ (édit. Techener, p. 6-11).]
Seroit fait defences d'acheter des bois, n'estoit pour estre promptement coupés et vendus à la saison, afin d'eviter aux monopoles. Il y a plusieurs bourses qui s'assemblent et enlèvent les bois, et les gardent un, deux, trois ans, jusques à cherté, et n'en font venir qu'à la derobée. Je vous donne advis qu'il y a un marchand d'Auxerre qui, sous la bourse d'un nommé Giman, bourgeois de Paris, a enlevé tout le marin[442] du pays de Morvan. Je vous laisse à penser s'il faudra passer par ses mains si le bois tortu chemine droit[443]; mais je m'asseure que monsieur le lieutenant general d'Auxerre y donnera bon ordre. Le commencement de la santé est de cognoistre la maladie, _el comienso de la salud, es conocer la dolencia del enfermo_.
[Note 442: Bois _merrain_, bon surtout pour les tonneliers, les treillageurs et les menuisiers.]
[Note 443: Si la vigne donne.]
Messieurs les maistres des forests, vous ne serez negligens de faire planter à la place des bois de haute futaye que l'on abat.
Je voudrois faire defendre aux cabaretiers d'asseoir en leurs tavernes fors pain et vin[444], et ce à personnes estrangers seulement.
[Note 444: C'étoit le droit des cabaretiers et taverniers «de vendre vin, donner à manger ou souffrir qu'on mange dans leur maison.» Colbert lui-même n'osa l'enfreindre: V. sa lettre à M. de Miromesnil du 16 octobre 1681, _Correspondance administrative de Louis XIV_.]
Il y a un tas de gueules enfarinées qui n'ont pour leur dieu que la Pomme de pin, la Croix blanche, le Petit saint Anthoine[445], le cuisinié de monsieur de Bethune, que l'on dit à la Bastille, avec mille autres de ce poil, sans comprendre les logis où l'on traicte à deux, trois et quatre escus pour teste. Quelle abysme de despense! Et le vice chatouille tellement les hommes qu'il n'y a fils de bonne mère qu'il n'y porte sa chandelle. Si compère Gaultier arrive, il faut le recevoir en un cabaret. Là, on trouve toute sorte de vins d'Orleans, de Beauce, Gascogne, d'Espagne, de Ciudad Real, Perogomez, Frontignan; là, vous ne pouvés desirer aucun genre de viande qu'il ne vous soit servi. La colation ou dessert seconde l'entrée, tellement que vous estes servi plus qu'en roy. Au partir de là, pour faire chère entière, il faut aller voir les dames, ou plustost la verole.
[Note 445: On connoît la célébrité du cabaret de la _Pomme-de-Pin_, situé dans la Cité, près de l'église de la Madeleine et presqu'à l'entrée du pont Notre-Dame. Celui de la _Croix blanche_ se trouvoit près du cimetière Saint-Jean, dans la petite rue, aujourd'hui détruite, à laquelle il avoit donné son nom. Le cabaret du _Petit-Saint-Antoine_ s'appeloit ainsi à cause de la maison de chanoines près de laquelle, il étoit situé dans la rue Saint-Antoine. V.; notre _Histoire des hôtelleries et cabarets_, t. 2, p. 304, 333.]
Je me proposois vous toucher quelques remèdes, mais il m'est souvenu que monseigneur de Verdun (que chascun ne sauroit assez admirer, pour estre les louanges inferieures à ses vertus) est à present premier president au parlement de Paris, premier parlement de France[446]. Ma plainte suffit; la paix qu'il a establie entre les mondains de Toulouse, y rendant la justice en qualité de premier president, asseure qu'il la donnera aux enfans de Paris, ou plustost à la confusion du siècle corrompu. Nous estions perdus (mes concitoiens) si nous n'eussions recouvert l'Hercule de nostre pays. Desjà j'avois faict resolution de vendre ma hotte et ma bonne casaque de toille, ayant perdu l'esperance de gagner ma vie aux halles pour tirer des coups de pistolets aux portes en tirant pays pour aspirer la qualité de gondolier à Venise. A Dieu, jusques _al veder_.
_L'an de grace 1611[447] le 2. jour de may, et de Guillaume de la Porte[448], de nostre aage le 27._
[Note 446: Messire Nicolas de Verdun avoit succédé en 1616 à M. Achille du Harlay dans la charge de premier président du parlement de Paris, qu'il occupa jusqu'en 1627. V. Blanchard, _Eloges de tous les premiers présidents_, 1645, in-8, p. 81.]
[Note 447: Il faut lire 1621.]
[Note 448: Je serois tenté de croire que pour cette pièce, où il est tant question du commerce de la boucherie, le nom de Guillaume de la Porte a été pris en souvenir de Guheri de la Porte, qui au XIIIe siècle fit don aux religieux de Saint-Martin de la maison où fut établie la grande boucherie de l'Apport-Paris.]
_Les Misères de la Femme mariée, où se peuvent voir les peines et tourmens qu'elle reçoit durant sa vie, mis en forme de stances par Madame Liebault_[449].
_A Paris, chez Pierre Menier, demeurant à la Porte Sainct Victor._ In-8.
[Note 449: Cette madame Liébaut, dont les talents poétiques nous sont ici révélés, est Nicole Estienne, fille de l'imprimeur Charles Estienne, et femme du médecin Jean Liébaut, dont on a plusieurs ouvrages importants pour l'agriculture et la médecine. Elle étoit, dit-on, fort savante; ce qui suit prouve qu'elle avoit aussi beaucoup de sens et d'esprit. M. Brunet, dans son _Manuel_, t. 3, p. 131, parlant de cette pièce, dont il cite une autre édition publiée à Rouen, donne à l'auteur le nom grec d'Olympe, qui convenait assez à la fille d'un Estienne.]
_A Madame de Medine, religieuse aux Ammurez de Rouen._