Variétés Historiques et Littéraires (03/10) Recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers

Part 17

Chapter 173,505 wordsPublic domain

[Note 323: On sait qu'on appeloit _moustaches_ les cheveux tombant sur les côtés. Dans _la Mode qui court_, pièce du même temps (p. 3), il est parlé d'une «perruque acheptée au Palais, garnie de sa moustache derrière l'oreille.»]

[Note 324: Les Juifs portoient toujours les cheveux pendants.]

[Note 325: Ce fut la mode jusqu'au jour où Louis XIII, s'étant ingéré du métier de barbier barbant, «coupa, dit Tallemant, la barbe à tous les officiers de sa maison, et ne leur laissa qu'un petit toupet au menton.» Richelieu, à qui l'on ne faisoit pas si facilement la barbe, conserva seul la royale pointue. Une chanson faite alors, et conservée par Tallemant, disoit:

Helas! ma pauvre barbe, Qu'est-ce qui t'a faite ainsi? C'est le grand roi Louis Treizième de ce nom, Qui toute a ebarbé sa maison. . . . . . . . . . . . . . . . Laissons la barbe en pointe Au cousin de Richelieu, Car, par la vertudieu! Ce seroit trop oser Que de la lui pretendre raser. Tallemant, _Historiettes_, édit. in-12, t. 3, p. 68.]

[Note 326: C'étoient ces moustaches en croc ou recroquillées en cerceau dont se moque Naudé dans le _Mascurat_, p. 187. La mode en venoit des Espagnols. Les courtisans s'en faisoient gloire: «Ils vous respondront que leur habit, leur desmarche et leur barbe est à l'espagnolle.» (_Le Courtisan à la mode_, p. 8.)]

[Note 327: On trouve dans une pièce déjà citée, _la Mode qui court_ (_ibid._), des détails sur ces diverses formes de chapeaux, ronds, pointus, hauts de forme, en _pot à beurre_, comme dit G. Naudé, ou à _l'albanoise_, comme on dit ici; sur les cordons, les panaches, etc. «Les chapeliers, y est-il dit, se plaignent que tant de chouses (modes) nouvelles leur font perdre l'escrime en la fabrique des chappeaux. L'un les veut pointus en pyramide, à la façon des pains de sucre, qui dansent en cheminant sur la perruque...; d'autres les veulent plats à la cordelière, retroussez, en mauvais garçon (par signe seulement), avec un pennache cousu tout autour, de peur que le vent l'emporte; d'autres en veulent en façon de turban, ronds et peu de bords...» _Le Courtisan à la mode_ (p. 5) parle aussi de ces diverses formes, _chapeaux en preneurs de taupes_, _chapeaux hors d'escalade_, c'est-à-dire très pointus, très à pic. Dans _les Loix de la galanterie_, la même expression est employée, et il y est dit en outre: «L'on a porté des chapeaux fort hauts, et si pointus qu'un teston les eût couverts.» M. Castaigne cite en note sur _ces hauts chapeaux d'Albanois_ un passage des _Oeuvres morales, etc._, de Jean des Caurres, fol. 602, verso.]

[Note 328: _Repli, revers, parement._]

[Note 329: Le _point-couppé_ étoit une dentelle à jour qu'on faisoit en collant du filet sur du quintin, et en perçant et emportant la toile qui étoit entre deux. V., sur le commerce du _point-couppé_, les notes d'une des pièces précédentes.]

[Note 330: _Rondache_, bouclier rond.]

[Note 331: «Chouse (_la mode_) a encore fait ceci de bon, qu'elle a ramené l'antique origine des François, descendus de la belliqueuse nation d'Allemagne; car les hommes s'accoustument à porter chausses bouffantes de taffetas ou velours sortant par fentes dehors.» (_La Mode qui court_, etc., p. 6.)]

[Note 332: Ces _gants à franges_ étoient depuis long-temps à la mode. Dans une très curieuse pièce parue en 1588, _le Gan de Jean Godard, Parisien..._, nous lisons (_ad finem_):

Les hommes d'à present, qui connoissent combien Ils (les gants) nous font de profit, de plaisir et de bien, Les honorent aussi de mainte broderie Faite subtilement de riche orfevrerie, De senteurs, de parfums: les uns sont chiquetés De toutes parts à jour, les autres mouchetés D'artifice mignard; quelques autres de franges Bordent leur riche cuir, qui vient des lieux estranges.]

[Note 333: _Soutane._]

[Note 334: Furetière, dans sa satire _le Jeu de boule des procureurs_, renvoie le _haut de chausses à la suisse_ aux petits praticiens; la braguette y étoit très saillante. V. Montaigne, _Essais_, liv. 3, chap. 5, et _Vers à la Fronde sur la mode des hommes..._ 1650.]

[Note 335: Cette manière de _crinoline_ non tissue étoit depuis long-temps en usage, surtout pour la toilette des femmes:

Deça des dames plus fines, Pour leur grossesse cacher. On voit la rue empescher, Portant de larges vasquines; Là marchent à graves pas. Renforcées par le bas, Celles qui deux culs supportent Sous les robes qu'elles portent. Desquels l'un, de chair, la nuit Leur sert à prendre deduict; L'autre, de crins et de bourre, Autour leurs fesses embourre.

(P. Le Loyer, _la Nephelococugie_, ou _la Nuée des Cocus_, comédie. Abel Langelier, 1579, in-12.)]

[Note 336: Il n'appartenoit qu'aux lourdauds de province de paroître au bal avec des bas d'étame. «Le bal, dit Scarron, se donnoit tous les soirs, ou de très méchants danseurs dansèrent de très mauvaises courantes, et où plusieurs jeunes gens de la ville dansèrent en bas de drap de Hollande ou d'Ussaa et en souliers cirés.» (_Le Roman comique_, 2e partie, chap. 17.)]

[Note 337: «Après ce que dessus, Chouse (la mode), a inventé l'usage des jarretières chasse-mouches, larges, à grandes franges, pour défendre à la crotte de toucher au bas, etc.» (_La Mode qui court_, etc.)]

[Note 338: Ces souliers camus sont ce que Scarron, dans son _Epistre burlesque à madame de Hautefort_, appelle avec tant d'esprit:

Galoches à dormir debout.]

[Note 339: «Mais voicy un autre tintamarre: tous se plaignent que les laitues pommées et roses sont fort renchéries depuis peu de temps. Les jardiniers n'en sont pas marris; ils en rient tant qu'ils peuvent, car elles n'estoient en usage il y a environ deux ou trois mois qu'en salade; maintenant Chouse (la mode) les fait servir en souliers, voire des laquais, palfreniers et gens de néant. Je croy que c'est pour tenir le soulier ferme, selon l'ordonnance:

_Ne vagus in laxa pes tibi pelle natet,_

afin que le soulier ne branle dans le pied.» (_La Mode qui court_, etc.)]

[Note 340: Les bottes en cuir de Russie étoient alors à la mode. Tout le monde en vouloit, vieilles ou neuves, avec éperons rouillés ou fourbis: «Les maistres cordonniers sont sur le poinct de se battre (quoi qu'il soit defendu) avec les savetiers de la Savaterie et de la Potterie, vers les halles; car il n'y a qu'eux qui vendent des bottes frippées et des vieux esperons de la dernière guerre de Perpignan. Encore une aultre grande question s'esmeut entre les maquignons, vendeurs de chevaulx, avec les susdits savetiers; car ils veulent savoir _sive jure, sive injuria_, d'estoc et de taille en un besoing, pourquoy ils vendent tant de bottes, et qu'eux ne vendent point de chevaux. La chose ayant esté desbattue, _in utramque partem, pro et contra_, les savatiers ont fanatiquement représenté que l'incommodité des boues étoit vrayement cause d'une telle confusion de bottes, mais qu'ils n'en estoient cause; mais qu'un homme avoit plus tost trouvé vingt sols ou demy-escu pour une paire de bottes que vingt escus pour un cheval, joinct que les bottes sont fort propres pour espargner les souliers..., se garentir de crottes, espargner le foin, l'avoine, qu'il fauldroit pour un cheval; et ce qui est plus considérable, c'est que, par ce moyen, un homme botté et esperonné est estimé homme d'honneur et presque gentil homme. Quoy qu'il n'ait pas de cheval, c'est tout un; n'importe, l'estable en est plus nette.» (_La Mode qui court_, etc.) V. dans _Francion_, 1663, in-8, p. 557-559, l'éloge des bottes.]

[Note 341: «Ceste meschante Chouse fait porter aujourd'huy...... l'escharpe sur l'espaule, à grandes franges pendantes en bas, sortant soubs le manteau, qui sert pour porter un petit coutelas de paix, à la façon des Arabes et Levantins.» (_La mode qui court..._)]

[Note 342: Hommes et femmes s'enfarinoient les cheveux de poudre de Chypre parfumée. V. _la Dispute et interrogatoire faicte par deux poètes françois_, 1610, in-12, p. 15; _Francion_, p. 267; _Vers à la Fronde, sur la Mode des hommes_..... Scarron, dans l'_épistre_ citée, reproche aux jouvençaux:

Trop de gallons dessus les reins, A la tête de trop longs crins, Crins où, nonobstant la farine, L'humide graisse trop domine.]

[Note 343: Les perruques commençoient d'être à la mode pour les hommes comme pour les femmes. Les hommes qui les vouloient longues et tombantes se les faisoient faire avec des cheveux de femme. (Mézeray, _Abrégé de l'Hist. de France_, 1698, in-12, t. 1, p. 253.) Une perruque blonde du bon _faiseur_ se vendoit jusqu'à mille écus. Les cheveux propres aux perruques des dames valoient 150 livres l'once.]

[Note 344: C'est-à-dire assorti à la figure, ce qui étoit un grand point. L'assortiment des diverses parties de la toilette fut une question non seulement de goût, mais de bienséance, pendant tout le XVIIe siècle. V. _l'Extraordinaire du Mercure_, janvier 1698, art. _Garde-robe des femmes_.]

[Note 345: V. sur cet usage des masques notre t. 1, p. 307, note, et notre édition des _Caquets de l'Accouchée_, p. 105. Scarron, dans l'_épistre_ citée, parle ainsi des masques à dentelle qu'on portoit de son temps:

Dirai-je comme ces fantasques Qui portent dentelle à leurs masques En chamarrent les trous des yeux, Croyant que le masque en est mieux?]

[Note 346: Les _affiquets_, qu'on trouve appelés _affiques_ dans le _Blason des faulses amours_, étoient les longues épingles fichées (_affixæ_) dans les cheveux ou la coiffure. «Les _affiquets_, dit Nicot, s'affichent aux bonnets, aux chapeaux et choses semblables.» V. aussi Jacq. Bourgoing, _De origine et usu vulgarium linguarum_.]

[Note 347: V. sur ces collets notre édition des _Caquets_, p. 49 et _passim_. Ce qui est dit ici se retrouve en prose dans _la Mode qui court_, etc., page 8. «Le col garny d'affiquet, de collet à quatre ou cinq estages, d'un pied et demy pour monter au donjon de folie, voire telles qui n'ont un seul denier de rente; danger même que les porteuses de laict n'en prennent envie, comme elles ont faict autrefois sur le vin muscat; je n'en dy mot, puisqu'on en aura toujours des nouvelles à la pierre au laict.»]

[Note 348: Parmi les poésies qui accompagnent l'_Adonis_, tragédie de Guillaume Le Breton, Nivernois, Paris, Ab. L'Angelier, 1597, p. ... in-12, s'en trouve une qui a pour titre: _Paradoxe que les femmes doivent marcher avec le sein découvert_. «Chouse, est-il dit aussi dans la _Mode qui court_, p. 8, a encore inventé de représenter le teton bondissant et relevé par engins au dehors, à la vue de quy voudra, pour donner passe-temps aux alterez, et suivant cela on dit:

Jeanne qui faict de son teton parure Faict voir à tous que Jeanne veut pasture.»

D'après une autre pièce du temps, on voit qu'à l'église même la décence dans la parure n'étoit pas mieux observée: «Mais encore le pire, si vous entrez dans une église pour ouyr le sermon, vous voyrez ces poupines dames le tetin descouvert jusqu'au nombril, lequel en vous amusant à regarder, vous perdrez la sainte parole.» (_La dispute et interrogatoire faicte par deux poëtes françois..._ Paris, 1610, _ad finem_.)]

[Note 349: Ces _aislerons_, qui n'étoient que de gros noeuds de ruban largement étalés, avoient fait donner à l'ensemble de la garniture le nom de _petite oie_. V. une note de notre édition du _Roman bourgeois_, p. 70. C'est pour continuer la comparaison qu'on avoit appelé _jabot_ «l'ouverture de la chemise sur l'estomach, laquelle il faut toujours voir avec ses ornements de dentelle.» (_Les Loix de la galanterie_, édit. Aug. Aubry, p. 16.)]

[Note 350: «Ceste Chouse a apporté aussy du pays des Bottonières la façon des botons sans usage sur les manches, sur les chausses, devant, derrière, de costé et d'aultre, et n'y a moyen de paroistre autrement.» (_La Mode qui court_,... etc., p. 7.)]

[Note 351: La _bure_ ou _bureau_. V. plus haut, pag. 120.]

[Note 352: Les _vertugales_, passées de mode, ainsi que les _vasquines_, dans la seconde moitié du XVIe siècle (voy. notre tome 2, p. 190), avoient reparu sous Louis XIII, agrandies et perfectionnées, avec le nouveau nom de vertugadin.]

[Note 353: C'est-à-dire exhaussés d'un talon qui leur donnoit, posés à terre, la forme d'une arche de pont. Scarron, dans son _Épistre_ déjà citée, parlant de la chaussure des dames, nous représente

Leur pied, que grand pont-levis hausse.]

[Note 354: M. Castaigne a remarqué qu'il s'agit ici de la parure de tête dont a parlé d'Aubigné dans ses _Tragiques_, lorsqu'il nous a représenté Henri III

De cordons emperlez la chevelure pleine.]

[Note 355: «Entre les femmes, il y a bien d'autres _niveleries_, j'entends entre les bourgeoises: celles qui ont les cheveux tirez ou la _chaisne sur la robbe_ sont estimées davantage que les autres qui ne sont pas ainsi parées.» (_Hist. de Francion_, 1663, in-8, p. 260.)]

[Note 356: «...Plusieurs de ce siècle... disent à tout propos _chouse_, _souleil_, etc.» (_Le Courtisan à la mode_,... Paris, 1625, in-8, p. 4.) V., sur cette prononciation à la mode du temps de Louis XIII, _le Banquet des Muses..._ du sieur Auvray (_les Nonpareils_), et notre _Essai historique sur l'orthographe_, Paris, 1849, in-8, p. 52-53.]

[Note 357: Dans l'édition qu'a reproduite M. Cassaigne la pièce se termine par les mots: _A Dieu_.]

* * * * *

_Pasquil de la Court pour apprendre à discourir._

O vous, dames et damoiselles, Qui desirez passer pour belles, Et que sur vous on ait les yeux Comme dessus les demy-dieux, Si vous voulez, quoy que l'on gronde, Apprendre le trictrac du monde Et y vivre morallement Sans fausser loy ne parlement, C'est pour discourir à la mode, Sans le Digeste et sans le Code; Et puis, quand vous sçaurez parler, Pour proprement vous habiller, C'est une façon très nouvelle Apportée de la Rochelle Et reformée plusieurs fois Par la marquise de Vallois. A vous seule je la dedie Avecque mon coeur et ma vie; Vous la verrez, par cest escrit, Digne de vostre bel esprit. Lisez-le d'aussi bon courage Que je vous le rends pour hommage. Il faut doncques, en premier lieu, Apprendre à bien parler de Dieu; Et, bien que l'on n'y sçache notte, Si faut-il faire la devoste, Porter le cordon sainct François[358], Communier à chasque mois, Admirer tout, tout veoir, tout faire, Aller à vespre à l'Oratoire[359], Sçavoir où sont les stations, Que c'est que meditation, Visiter l'ordre Saincte-Ursule[360], Cognoistre le père Berulle[361], Luy parler de devotion, Des soeurs de l'Incarnation, Participer à son extase, Aller voir le père Athanase, La marquise de Menelé[362], Jeusner en temps de jubilé, Sçavoir où sont les quarante heures[363], Ne veoir aucun sans controller. Ses moeurs, sa façon de parler, Se reserver pour sa conduicte Père Chaillou, un jesuiste; Aller conferer avec eux Chasque journée une heure ou deux, Avoir des tantes et cousines Dans le convent des Carmelines[364] Pour aller joüer en esté; Veoir madame de Breauté[365], Amasser force grains de Rome, Avoir veu de près le sainct homme[366], Garder de sa robbe un morceau Pour enchasser en un tableau, Parler des cas de consciences, Selon qu'on voit les occurrences, Appeller tousjours à garand Arnoux, Granger et Seguerand[367], Raconis[368], le petit minime; Discourir un peu de la rime, Et, si l'esprit n'est trop fasché, Songer aux amours de Psiché; Mettre un petit de sa science A bien faire la reverance A la Bocane[369] et la Dupont[370], Ainsi que les autres la font; Et puis, pour ornement de teste, Fussiez-vous une grosse beste, Il faut faire tenir l'iris[371] Sur le poil noir ou sur le gris, Et pour cela sur la toilette Avoir tousjours la boistelette, Plaine de goume[372] de jasmin; Visiter madame Gamin[373] Avecque la coiffe bessée, La veue demi renversée, Vous fourer dans son amitié, Entendre d'elle avec pitié, Et croire que la romanesque, Le corps mort du comte de Fiesque, Peut rendre aux aveugles les yeux Et la jambe droicte aux boiteux, Tout ainsi que faisoient les autres Qui estoient du temps des apostres. Si on veut la mode imiter, Il faut pour habit inventer Se coiffer à la culebutte[374], Relever ses tetons en butte, Encore qu'ils fussent pendans, Ou par l'aage ou par accidens; Que si l'on a les dents gastées, Faut les pommades frequentées, L'opiate, le romarin, Que l'on trouve chez Tabarin; Faire de la petite bouche, Sçavoir friser à l'escarmouche, Avoir la poincte sur le front, Qui ne s'estonne d'un affront Si par hazard quelqu'un arrive, L'emplastre paroistre excessive, Puis que l'artifice aujourd'huy A mis le naturel sous luy; Faire des sourcils en arcade, Les moustaches à l'estocade, Et puis des yeux à l'assassin, Pour faire naistre le destin, Et, pour prendre l'amour par l'esle, Mettre la mouche en sentinelle[375] Sur un teint poly et bien net; Avoir gands à la Cadenet, Ou à la Philis tant aymable, Le mouchoir à la conestable, Et la chesne d'un bleu mourant Qui tue le coeur de l'amant; Des perles grosses à la Branthe[376], D'une blancheur très excellente, A la Guimbarde le collet[377], De la vraye croix au chapelet, Du point couppé à la chemise Pour parer celle qui l'a mise, Et pour plus grande gayeté La robbe à la commodité, Si ce n'est que pour prendre l'aise On laisse en arrière la fraise. Il faut sçavoir s'accommoder, Aux saisons et leur commander: En hiver il faut la ratine[378], En esté celle de la Chine, Et le soulier à la Choisy, De satin bleu ou cramoisy, Avecques les bas de fiamette[379], L'or esmaillé à l'esguillette. Après, il faut de la maison Retirer quelque salisson Pour en former une servante, Qui fera de la suffisante Quand son collet sera bien mis; Luy monstrer qui sont ses amis Qui sont esprouvez à la touche[380], Et qui sçache, pour tout discours, Redire cent fois tous les jours: _Asseurement, En conscience_; Qui responde quand on la tance, Et qui puisse dire: Il est vray; Ma foy, Madame, je le croy. Bref, ce sera la damoiselle Qui aura lavé la vaisselle. Plus faut un carosse nouveau, D'escarlatte ou de drap du sceau[381], Avec le cocher à moustache, Orné de son petit panache. Laisser reposer le velour Pour s'aller reposer en cour, Et, pour le faire mieux paroistre, Luy faut rehausser la fenestre, Après avoir tout son galant Qui contreface le vaillant, Encor que jamais son espée N'ait esté dans le sang trempée, Et qu'il n'ait jamais veu Sainct-Jean[382] La Rochelle ny Montauban; S'il en discourt, sont ses oreilles Qui luy ont appris les merveilles. Voilà, pour le vous faire court, La vraye Mode de la court.

[Note 358: V. notre tome 2, p. 341, note.]

[Note 359: V. sur ces offices de l'Oratoire, dont l'église venoit d'être bâtie, notre édition des _Caquets de l'Accouchée_, p. 82, note.]

[Note 360: Les Ursulines s'étoient établies rue Saint-Jacques en 1612. On achevoit alors de bâtir leur église. C'est là que fut élevée Mlle d'Aubigné. V. _Fragm. des mémoires_ du P. Laguille, _Archiv. litt. de l'Europe_, nº XXXV, p. 370.]

[Note 361: Fondateur de l'Oratoire en France. V. notre édit. des _Caquets_, p. 79-80.]

[Note 362: Nous n'avons pu trouver de renseignements sur le P. Athanase ni sur cette marquise, dont le nom doit être de Maignelay et non Menelé.]

[Note 363: Prières publiques et continuelles faites pendant trois jours devant le Saint-Sacrement en des circonstances importantes. Il manque un vers à la suite de celui-ci.]

[Note 364: Les Carmélites de la rue du Bouloi, chez lesquelles se faisoient les retraites des dames de la cour. V. _Lettres de Sévigné_, 15 octobre 1677 et 25 mai 1680.]

[Note 365: Femme d'Adrien de Bréauté, gentilhomme de la chambre, mort en 1610. V. le P. Le Long, t. 3, nº 31,885.]

[Note 366: Le Pape.]

[Note 367: Le P. Seguirand, confesseur du roi. V. notre tome 2, p. 134. Le père Arnoux l'étoit aussi.]

[Note 368: V. plus haut une note de _la Chasse au vieil grognard de l'antiquité_.]

[Note 369: C'est-à-dire à la manière de Bocan, le fameux maître de danse. V. sur lui une note de notre tome 1, p. 135.]

[Note 370: Autre maître de danse, dont le nom est resté consacré par l'air encore si populaire de _Dupont, mon ami_, sur lequel se dansoit, au commencement du XVIIe siècle, cette fameuse danse de la guimbarde que ce Dupont avoit peut-être réglée et mise à la mode. V. notre édit. des _Caquets_, p. 59.]

[Note 371: Poudre d'iris, dont on se blanchissoit et parfumoit les cheveux «pour corrompre une plus mauvaise odeur...» (_La Mode qui court_, p. 7.)]

[Note 372: _Gomme._]

[Note 373: Espèce de devineresse dans le genre de celle dont nous avons parlé dans notre tome 1er, p. 29, note. Il paroît, d'après ce qui suit, qu'elle avoit rapporté d'Italie, entre autres philtres, de la _poudre romanesque_ et des reliques du comte Jean-Louis de Fiesque, dont elle se servoit pour ses enchantements. Ce comte de Fiesque est celui qui mourut en 1547, à Gênes, dans le plein succès de cette fameuse conspiration dont le cardinal de Retz s'est fait l'historien.]

[Note 374: La _culebutte_ étoit un noeud de rubans rejeté derrière la _coiffe-cornette_. (_Dict._ de Furetière.)]

[Note 375: V. sur cette mode des _mouches_, qui faisoit alors fureur, une pièce du _Recueil de pièces en prose_ de Ch. Sercy, 1661, in-12, t. 4, p. 54-55. V. aussi une longue pièce de M. L. de Laborde, _Palais-Mazarin_, p. 318, note 368.]

[Note 376: Tous ces mots (_gants à la Cadenet_, _mouchoirs à la connestable_, _perles à la Branthe_) prouvent à quel point le connétable de Luynes et ses deux frères Cadenet et Branthe étoient alors les rois de la mode.--Sur le luxe des mouchoirs parfumés, à glands, à franges, etc., V. _Vers à la fronde sur la Mode des hommes_.]

[Note 377: V. une note de notre édition des _Caquets_, p. 59.]

[Note 378: Petite étoffe de laine à poil frisé, dont la meilleure venoit de Florence, et qui servoit à doubler les habits d'hiver.]

[Note 379: C'est-à-dire de couleur rouge clair, comme la flamme.]

[Note 380: Il manque ici un vers.]

[Note 381: V. plus haut, sur cette étoffe commune, une note de _la Chasse au vieil grognard de l'antiquité_.]

[Note 382: Saint-Jean-d'Angely, que M. de Soubise avoit rendu au roi le 25 juin 1621.]

_Les estranges tromperies de quelques Charlatans nouvellement arrivez à Paris (histoire plaisante et necessaire à toutes personnes pour s'en garantir), descouvertes aux despens d'un plaideur[383], par C. F. Duppé._

_A Paris, chez Robert Daufresne, rue S. Jacques, au Petit Jesus._

M.DC.XXIII. In-8.