V. Blasco Ibáñez, ses romans et le roman de sa vie
Part 5
Cette nomination, acte spontané du peuple de Valence et effectuée à une énorme majorité, transformait incontinent la victime en personnage officiel, couvert par l’immunité parlementaire. Mais elle ne faisait nullement de Blasco un politicien, dans le sens que l’on donne ordinairement à ce vocable. Les défauts du parlementarisme--dont la nuance espagnole ne laisse pas d’être tout à fait _sui generis_--et le caractère conventionnel des partis, devenus une sorte d’entité légale, n’ont jamais eu le don de le séduire. Enthousiaste romantique, il a été un agitateur républicain, capable de donner sa vie pour son idéal, mais a toujours ressenti, pour la comédie parlementaire de Madrid, une répugnance instinctive. Si, dès l’enfance, l’atmosphère romanesque des conspirations l’avait séduit, le rêve de devenir député n’avait, par contre, oncques hanté son cerveau. Mais il n’en accepta pas moins, avec reconnaissance, cette investiture qui le mettait à l’abri des coups sournois d’ennemis qui, procédant jusqu’alors avec un arbitraire tout-puissant, se voyaient maintenant arrêtés par le caractère intangible du représentant de la nation, d’autant plus qu’à cette époque le Parlement espagnol concédait fort rarement l’autorisation préalable d’arrestation d’un de ses membres. J’ai entendu conter, sur Blasco Ibáñez député, une jolie anecdote, dont, cependant, je n’oserais garantir l’authenticité, puisque, le jour où je la rapportai au maître, il se borna à sourire. Néanmoins, étant donné son caractère, je la considère comme fort vraisemblable. Il avait alors trente ans et travaillait plus que jamais pour la cause républicaine. Or, son parti se trouvait préparer, avec la complicité de certains généraux, un grand mouvement antimonarchique, dont le succès paraissait alors assuré. Beaucoup d’officiers supérieurs avaient juré de tirer l’épée pour la Cause et le coup eût peut-être abouti, si, comme toujours, le gouvernement, averti à l’instant critique, n’eût recouru au biais ingénieux de doter de grasses sinécures ces chefs mécontents, lesquels, naturellement, se rangèrent _ipso facto_ aux côtés de la royauté. Mais, quand ils étaient encore dans toute la ferveur de leur zèle révolutionnaire, il y avait eu, une nuit, une assemblée secrète, qui s’était prolongée jusqu’au matin et à laquelle avait assisté, naturellement, Blasco. On y avait réglé jusqu’en ses moindres détails l’acte libérateur. On était allé jusqu’à dresser la charte et établir les cadres du nouveau régime, en s’en répartissant les divers portefeuilles: «Vous, Blasco, dit le président du conciliabule, il faudra que vous vous chargiez de l’Instruction Publique, non pour l’Instruction en elle-même, mais à cause des Beaux-Arts, qui en dépendent...»--«Moi, répliqua l’interpellé avec stupeur? Quelle plaisanterie! Je n’ai jamais songé, pas même en rêve, à être converti en ministre. Si vous tenez absolument à ce que je sois quelque chose dans votre combinaison, envoyez-moi, de grâce, comme ambassadeur à Constantinople et permettez que j’emmène avec moi, à titre de conseillers d’ambassade, un groupe de jeunes écrivains...»
Cette boutade, si jamais elle fut prononcée, renfermerait une vérité profonde. Et c’est celle-ci: que Blasco Ibáñez n’eût pas été homme de gouvernement. En tant que chef de parti, sa situation ne laissait pas d’être singulière. Son titre, en effet, était purement nominal. En vérité, qui commandait, c’était son état-major et lui, ne faisait qu’obéir à ses subordonnés. Combatif avec l’ennemi, il n’était plus, au milieu des siens, qu’un bon camarade, d’un libéralisme anarchique. Il ne manquait jamais, après avoir communiqué une décision, d’ajouter aussitôt: «_Esto es lo que yo considero mejor, pero si ustedes opinan lo contrario, yo les seguiré, ocurra lo que ocurra..._»[29]. Beaucoup d’apparentes sottises, de pas de clerc dans sa vie politique ont été commis sciemment, à seule fin de ne pas contrarier ceux qui l’entraînaient à leur remorque. Quelques hommes astucieux et d’un sens pratique aigu exploitèrent habilement cette faiblesse pour, vivant à l’ombre du maître, faire profiter leurs combinaisons égoïstes du prestige populaire de Blasco et confisquer à leur avantage cette partie imposante de l’opinion publique ralliée autour de son nom. C’est à l’un de ces arrivistes sans vergogne qu’est attribuée une phrase qui peint en pied cette tourbe impudente. Comme on lui demandait pourquoi il se refusait à obtempérer aux consignes du patron, il répliqua cyniquement: «_Les chefs véritables du parti, c’est nous._»--«_Mais alors_, fut-il objecté, _que devient, dans ce système, D. Vicente_?»--«_Don Vicente, c’est le héros!_» Réponse qui dégage toute la moralité de cette période. Le héros était bon pour recevoir les coups et souffrir les privations. Quant aux profits, ces Messieurs de l’arrière-garde s’en étaient généreusement réservé le monopole.
Durant six législatures successives, Blasco Ibáñez représenta Valence à la Chambre espagnole. Si son titre de député le mettait à l’abri des persécutions que lui eût valu son activité politique, en revanche le contact familier avec ceux que l’on pourrait appeler les professionnels de cette même politique, agit sur lui à la façon d’un révulsif. Peu à peu, ses illusions d’agitateur s’évanouirent, à la pratique quotidienne de la comédie parlementaire espagnole, en même temps que disparaissaient de l’arène les derniers officiers républicains, jadis si nombreux dans l’armée. Sous la régence de Marie-Christine, l’armée espagnole offrait ce spectacle curieux que, contre toute logique, c’étaient les vieux officiers, colonels ou généraux, qui se montraient partisans de la République, ou, du moins, d’un libéralisme avancé, et qu’au contraire, les jeunes sous-lieutenants ou capitaines étaient monarchistes et conservateurs. Une telle anomalie s’explique, si l’on songe que les vieux avaient pris part à la révolution de 1868--qui fit descendre du trône l’autre Marie-Christine, non d’Autriche celle-là, mais de Bourbon--et qu’étant morts, en majorité, après les guerres coloniales, le peu qui en survivaient se rallièrent à la monarchie d’Alphonse XIII, lorsque celui-ci, à l’âge de seize ans, en 1902, eut pris possession du pouvoir royal: les uns par découragement, les autres par intérêt. Blasco, qui menait de front le métier de député et celui de conspirateur, lorsque toute possibilité de réaliser ce rêve républicain qu’il avait si tenacement caressé, lui fut apparue irrémédiablement chimérique, voulut laisser là la politique et refuser le mandat de député. La sixième fois qu’il fut nommé, son dégoût était si manifeste qu’il apparut clairement qu’à la prochaine législature, ses électeurs n’auraient plus raison de sa volonté. Je ne ferai pas l’histoire des luttes intestines, des envies, des rivalités, des trahisons qui, alors, empoisonnaient sa vie et qu’il considère aujourd’hui de très haut, avec un sourire où l’ironie se mêle à l’effroi. Une phrase de lui suffit à caractériser son attitude actuelle à l’endroit de ce lointain passé. C’est cette simple, courte et éloquente exclamation: «_¿Y yo he podido vivir así?_»[30].
Vers 1909, comme ses mandataires insistaient pour qu’il acceptât, une septième fois, d’aller les représenter à la Chambre, Blasco Ibáñez leur fit, en résumé, le discours suivant: «Il y a, en Espagne, vingt mille Espagnols qui peuvent être députés et remplir leur rôle aussi bien, sinon mieux que moi-même. En revanche, il en est un peu moins qui soient capables d’écrire des romans passables. De grâce, permettez-moi de suivre enfin ma voie véritable!» Cette décision n’impliquait nullement une renonciation à l’idéal politique d’antan. Ceux qui connaissent intimement Blasco Ibáñez savent que c’est un grand romantique et que la plus amère déception de son existence, ce sera peut-être de voir venir la mort en sa demeure, sans avoir vu venir auparavant la République en Espagne. Et je ne crois pas me tromper en affirmant qu’au contraire, la plus grande joie de sa vie consisterait pour lui à atteindre l’extrême vieillesse, à servir, drapeau vivant, de symbole aux masses libérées de son pays et à tomber, tel le vieux héros des _Misérables_, en dernière et sublime victime sur la dernière des barricades de la révolution triomphante...
Mais, avant de clore le chapitre où se termine le long épisode parlementaire de Blasco Ibáñez, ne faudrait-il pas que je narre--puisqu’il rentre dans cette période--le duel avec le lieutenant de la Sûreté dont j’ai parlé plus haut et qui ne fut que l’un des nombreux incidents de sa carrière de député agitateur, plusieurs fois blessé--et deux fois très grièvement--dans ces rencontres que l’intempérance de son langage lui attirait? Cependant, comme ce récit a sa place naturelle au chapitre V, je terminerai sur une historiette d’un autre genre, qui montre combien le métier du leader républicain, obligé bien souvent à outrer son attitude et ses discours pour contenter ce même peuple dont il tient son mandat, peut nuire à la carrière d’un écrivain. _La Barraca_, _Cañas y Barro_ et _La Catedral_ avaient été rédigées dans des séjours alternés à Madrid et à Valence. Puis Blasco s’était installé dans le petit hôtel voisin de la _Castellana_, qu’il finit par acheter, et c’est là qu’il avait écrit _El Intruso_, _La Bodega_, _La Horda_, _La Maja desnuda_, _Sangre y Arena_ et _Los Muertos mandan_. Ce dernier livre, qui porte la date de Mai-Décembre 1908, clôt l’ère madrilène. Car _Luna Benamor_, publié en volume au printemps de 1909, date, sous forme des six contes et des cinq esquisses qui complètent cette touchante nouvelle, d’époques diverses, mais antérieures. Il faut dire, pour expliquer la composition de ces six romans en cinq ans--de 1904 à 1908--, que le sixième mandat de député de Blasco Ibáñez avait été presque platonique, vu qu’il n’allait même plus aux séances de la Chambre. _La Barraca_, après avoir paru dans _El Pueblo_, avait été réunie en un modeste volume dont il ne s’était vendu que quelques centaines d’exemplaires. Puis _El Liberal_ de Madrid, alors le journal le plus lu d’Espagne, l’avait redonnée en feuilleton. Cette fois, le succès avait été franc et la vente considérable. Quand parut _Entre Naranjos_, en 1900, les amis du romancier lui offrirent un grand banquet dans les jardins--aujourd’hui disparus et en partie occupés par la nouvelle Poste--du _Buen Retiro_. Pérez Galdós, le patriarche du roman espagnol, présidait cette fête, où de nombreux auteurs prirent la parole et à l’ornementation de laquelle avaient été conviés les artistes valenciens résidant à Madrid. Ce fut la cérémonie dont le retentissement devait être grand et qui ne contribua pas peu à accréditer le renom de l’écrivain. Cependant, je tiens d’un libraire bien connu de la capitale espagnole que, fort après cette époque, à peu près chaque fois qu’il lui arrivait de recommander une œuvre de Blasco à sa clientèle aristocratique, il en recevait presque infailliblement une réponse dans ce genre: «_Pero este Blasco Ibáñez, ¿es pariente del diputado republicano?_»[31]. Et, sur l’affirmative que c’était le même homme, le monsieur et la dame distingués laissaient tomber dédaigneusement un livre jugé indigne de tout intérêt...
IV
Aversion pour les groupements littéraires.--Individualisme.--Le programme esthétique de l’auteur.--Ses goûts somptuaires: le «palais» de la Malvarrosa et le petit hôtel de Madrid.--Histoire d’une table de marbre.--Un voyage de Madrid à Bordeaux qui se termine en Asie Mineure.--_Oriente._--Avec le «Sultan Rouge».--Le forçat au palais du souverain des _Mille et Une Nuits_.--La plaque de brillants de Blasco Ibáñez.--La mission que lui confie le Grand Vizir.--Le retour en Espagne en Novembre 1907.
En Espagne, comme en d’autres lieux, l’instinct grégaire se fait sentir, en littérature aussi bien qu’en politique et analogues variétés de l’activité humaine. C’est en vertu de cet instinct que la jeunesse littéraire tend à se grouper en clans avec chefs distincts, et à se proclamer, dans l’intérieur de chacune de ces petites chapelles fermées, l’unique dépositaire du Beau artistique et de la Vraie Doctrine, regardant avec dédain quiconque ne se rallie pas sous le même drapeau. Généralement, ces coteries ont un café qui leur sert de cénacle et c’est là que les membres passent leurs soirées et souvent une bonne partie de la nuit. On y discute à l’infini et de ces joutes oratoires, aussi brillantes que stériles, le résultat a coutume d’être complètement négatif. Qui dira combien d’adolescents et de jeunes hommes, admirablement doués et dont le talent, s’il eût été formé de plus méthodique sorte, se fût affirmé en œuvres durables, ont sombré dans ces coteries de stérile verbalisme, dans ces parlotes prétentieuses où il est question, à toute heure, du livre définitif que l’on écrira un jour et qui est condamné à rester, à jamais, inédit! Blasco Ibáñez a toujours fui ces _tertulias_[32]. Le contact avec les hommes d’action que lui avait valu son rôle d’agitateur politique, alors que son menton était encore vierge de tout duvet, lui faisait soigneusement éviter une stagnation oiseuse en compagnie d’écrivains discoureurs, quels qu’ils fussent. En outre, une instinctive répugnance pour tout ce qui, de près ou de loin, rappelle les groupements académiques, ou simplement d’hommes de lettres professionnels, l’écartait de milieux où l’on finit par concevoir la vie à travers la vision d’autrui et par produire, non selon son originalité et sa formule propres, mais d’accord avec le canon esthétique grégaire, de façon à s’assurer d’avance l’approbation des «chers collègues».
Blasco Ibáñez, s’il a toujours marché seul en littérature--nous verrons plus loin ce que signifie, en réalité, le reproche, qu’on lui a adressé si souvent, d’être un imitateur de Zola--c’est qu’il pense que, pour étudier la réalité, tant extérieure qu’intérieure, pas n’est besoin de s’emprisonner en vase clos avec des gens qui ne parlent que littérature et que cette manie professionnelle, qui est celle aussi, souvent, des officiers de carrière et des gens d’Eglise, n’aboutit qu’à déformer l’esprit. «Quand j’ai fini d’écrire,--m’a-t-il dit bien souvent--je me plonge immédiatement dans la vie et me coudoie avec le public de la rue, avec les foules, bonnes ou mauvaises. En un mot, je tâche de m’assimiler les mille variétés diverses du réel. Voilà ce qui redonne au romancier la tonicité, perdue au cours de ses longues heures d’écriture, dans son cabinet. Voilà ce qui recrée l’activité productrice...» Je crois aussi qu’une des raisons--et non des moindres--pour lesquelles Blasco a une telle horreur des cénacles, c’est qu’un caractère franc et viril comme le sien ne s’accommoderait pas de l’esprit de médisance et de mordacité que l’on affirme y prévaloir. Sa claire vision des choses l’a, dès l’origine, sauvé d’un piège qui--car c’est un charmant, un intarissable causeur--eût été fatal à son génie, s’il se fût, lui aussi, laissé séduire par l’attrait de réunions où, quand on a pulvérisé en paroles les précurseurs, l’on n’est que trop enté de s’imaginer ouvertes, toutes grandes, les portes de l’Avenir. Un jour, à certain débutant, victime de telles fréquentations, Blasco tint ce petit discours: «Vous passez des nuits occupés à démontrer que _X._ est un imbécile. C’est parfait. Mais pour qui faites-vous ces démonstrations? Pour vous-mêmes, j’imagine. Et en quoi ces syllogismes-là vous avancent-ils le moins du monde? Ce qui importe, et souverainement, c’est de prouver que chacun de vous en particulier n’est pas l’imbécile que tous en chœur vous proclamez qu’est _X_. Mais une telle preuve, vous ne la fournirez qu’en travaillant d’arrache-pied et en produisant sans trêve. Si vous continuez à palabrer ainsi dans le vide, à échanger systématiquement des commérages de vieilles femmes dans la fumée et le brouhaha d’une tabagie, tout ce à quoi vous aboutirez, ce sera à démontrer que n + p + q + r = x.»
Même après être devenu célèbre, Blasco Ibáñez se montra obstinément fidèle à cet amour de la solitude. Le contraire, d’ailleurs, ne serait-il pas surprenant? Un tel producteur, qui souvent reste cloué douze heures consécutives devant sa table de travail, trouverait une médiocre volupté, après les laborieuses gestations de son puissant cerveau, à se repaître de truismes ou des pauvres sentences de la sagesse à la mode. Cependant, sa porte est ouverte à qui vient réclamer sa bienveillance. Mais son affabilité, en ces occurrences, s’exprime plus par des actes que par des paroles. Il n’est pas un jeune homme se risquant dans la carrière des lettres et lui demandant son appui, qui ait jamais été éconduit. Bien plus, Blasco Ibáñez s’intéresse, lorsqu’il la reconnaît bonne, pour l’œuvre ainsi soumise à son patronage et fait tant en sa faveur, qu’il lui trouve un directeur de journal ou de revue, ou même un éditeur. On aura remarqué, sans doute, qu’aucun de ses romans n’est précédé d’un prologue. Cependant, il eût été fort naturel qu’à ses débuts au moins, il cherchât--et il n’eût pas manqué d’en trouver--un illustre patron qui, en quelques lignes bienveillantes, l’eût présenté au public. S’il ne l’a pas fait, la chose est d’autant plus méritoire que, lorsqu’on lui demande d’écrire un avant-propos qui rehausse, de sa signature mondiale, une œuvre de débutant, il finit par s’exécuter, tout en prétextant que cela est inutile, que son prologue ne servira de rien, etc. Ainsi, tout récemment, a-t-il composé, pour le livre de M. E. Joliclerc: _L’Espagne Vivante_, une belle dissertation en faveur du problème, toujours à l’ordre du jour chez nous, parce que toujours non résolu: _Espagne et langue espagnole_, en l’envisageant sous quelques-uns de ses principaux aspects d’ordre historique. Ainsi encore, en pleine guerre, a-t-il mis, en tête du traité, si documenté et précis, de M. A. Fabra Rivas sur _El Socialismo y el Conflicto Europeo_, une vibrante préface où, déjà, il proteste contre cette ignorance systématique, chez nous et ailleurs encore, de l’Espagne et de sa littérature. «Les étrangers,--y disait-il, p. X, et le livre est de 1915--les plus érudits savent qu’il exista une littérature espagnole, puis-qu’ils l’étudient et qu’ils la commentent. Mais ils ne semblent guère être informés sur la suite contemporaine de cette même littérature. Soit paresse, soit routine, l’immense majorité continue à penser que l’Espagne est restée une nation de _toreros_, ou d’inquisiteurs, dont les femmes seraient ou des dévotes ou des ballerines. De temps à autre, on publie, à titre de spécimen exotique, quelque traduction espagnole en France, en Angleterre, en Allemagne. Mais il est vrai qu’on lit, désormais, si peu, en ce bas monde!»