V. Blasco Ibáñez, ses romans et le roman de sa vie
Part 25
en 1918: «A coup sûr, Blasco Ibáñez est plus notoire en France que Pérez Galdós, José de Pereda et même que la Comtesse Pardo Bazán. Cela, peut-être, ne tient point à ce que Blasco «_escribe para la exportación_»[217], mais, à ce que, pourvu d’une puissance d’expansion œcuménique, l’art du maître ne prend point souci des frontières, montagnes ou préjugés. Il est connu en France comme Rudyard Kipling, ou cet emphatique D’Annunzio; mais avec un renom plus vaste et de meilleur aloi. Déjà, les écrivains, ses frères, et les humanistes, les experts dans le métier d’écrire, le tiennent pour un héros de l’Art, comme il fut un héros de l’Action et de la Politique. Ce n’est pas une gloire viagère qu’ils promettent à ses écrits. En effet, Blasco Ibáñez--écrivain, penseur, poète--appartient à la lignée auguste des Maîtres qu’applaudit l’Univers. Et c’est un héritier de Balzac, un émule de Maupassant ou de Zola que donne à la France le pays de Calderón et de Cervantes.» Ces paroles, dans l’organe de l’_Institut d’Etudes Hispaniques de l’Université de Paris_, dont M. E. Martinenche, professeur à la Sorbonne, est Président, ont leur signification, sans doute. Voici, maintenant, celles de l’ex-ambassadeur à Madrid, actuel Président de la _George Washington University_, lors de la cérémonie du 23 Février 1920: «_In your person, sir, we see the modern glory of Spanish literature effulgent. You have written much and your readers are numbered by millions and are found in all lands. Your «Four Horsemen» have already galloped around the globe. More than two hundred editions of that one novel have been printed. Your works show the highest literary genius. You have the power not only of vividly describing things, but of interpreting their inner significance. Thoroughly realistic, there is in all that you have written a full tide of human sentiment. There is a strength and a vigor in the characters that you have created that suggest the statues of Rodin. Upon the pages of the printed book, you, a Spanish writer, have drawn pictures that have all the vital energy and all the passionate realism that distinguish the paintings of your great compatriots, Sorolla and Zuloaga. Critics were not uttering empty compliments, when they said of you: «Zola was not more realistic; Victor Hugo was not more brilliant.» We North Americans do not challenge the statement of one of our own greatest novelists, William Dean Howells, who has said of one of your novels that it is «one of the fullest and richest in modern fiction, worthy to rank with the greatest Russian works and beyond anything yet done in English, and in its climax as logically and ruthlessly tragical as anything that the Spanish spirit has yet imagined». We accept the verdict of those who have pronounced you the foremost of living novelists and who have declared that your works have a permanent place in the world’s literature_»[218].
A ces deux témoignages, il sera bon, sans doute, d’adjoindre un témoignage d’Espagne. Je le choisirai parmi les plus récents et l’emprunterai à l’organe des francophiles catalans, cette _Publicidad_ qui a si vaillamment défendu la cause alliée pendant la Guerre et qui, saluant--dans son édition du soir du 27 Avril 1921--l’arrivée de Blasco Ibáñez à Barcelone, voit en lui avant tout l’écrivain «homme d’action» et--préludant par ses louanges aux fêtes que Valence prépare à son romancier--exalte, en ce descendant spirituel des grands génies coureurs de monde du XVI^{ème} Siècle espagnol, «_el único hombre de España que ha sabido, con gran tumulto, correr mundo..._»
VÉRONNES (CÔTE-D’OR), Mars-Avril 1921.
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TABLE DES MATIÈRES
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I.--L’homme et ses distractions.--Son amour des livres et sa haine pour les manuscrits et brochures, ainsi que les articles de presse.--Les cinq bibliothèques différentes.--Son oubli du passé et de ses propres œuvres.--Incapable de vieillir, il n’a de pensées que pour l’avenir......5
II.--Sa jeunesse et ses ascendants.--Le prêtre _guerrillero_.--Enthousiasme pour la mer.--Horreur des mathématiques.--L’étudiant indiscipliné.--Madrid et D. Manuel Fernández y González.--Le premier discours révolutionnaire.--Un sonnet gratifié de six mois de prison......19
III.--Le révolutionnaire.--Il émigre à Paris.--«Le grand homme numéro 52.»--Vie joyeuse et batailleuse au Quartier Latin.--Le journal _El Pueblo_.--Enorme labeur de journaliste.--Poursuites judiciaires et emprisonnement.--Fuite en Italie et composition de _En el País del Arte_.--Condamnation au bagne par le Conseil de guerre de la 3e Région Militaire.--Du _Presidio_ à la Chambre des Députés.--Triple besogne de député, conspirateur et romancier.--Ses désillusions politiques et son romantisme républicain......40
IV.--Aversion pour les groupements littéraires.--Individualisme.--Le programme esthétique de l’auteur.--Ses goûts somptuaires: le «palais» de la Malvarrosa et le petit hôtel de Madrid.--Histoire d’une table de marbre.--Un voyage de Madrid à Bordeaux qui se termine en Asie Mineure.--_Oriente._--Avec le «Sultan Rouge».--Le forçat au palais du souverain des _Mille et Une Nuits_.--La plaque de brillants de Blasco Ibáñez.--La mission que lui confie le Grand Vizir.--Le retour en Espagne en Novembre 1907......65
V.--Blasco Ibáñez ami de la lecture et de la musique.--Son culte pour Beethoven et pour Victor Hugo.--Ses duels.--Une balle de charité qui faillit devenir balle homicide.--Sa discrétion d’auteur.--Ses scrupules sentimentaux.--Histoire du roman: _La Voluntad de Vivir_......96
VI.--Voyage en Amérique du Sud.--Amitié avec Anatole France.--Prouesses de Blasco Ibáñez comme conférencier.--Le «ténor littéraire» bat le torero, ou 14.500 francs or pour une conférence.--L’orateur se transforme en colonisateur.--La vie dans la _Colonia Cervantes_, en Patagonie.--Triple lutte: avec le sol, avec les hommes, avec les banques.--Un discours prononcé la carabine Winchester à la main.--Fondation d’une seconde colonie, à Corrientes.--Contraste entre ces deux _settlements_, séparés par 4 jours et 4 nuits de chemin de fer.--Le premier hôte de la nouvelle maison tropicale.--Le colonisateur renonce à son entreprise......116
VII.--La guerre vue de l’Océan, avant sa déclaration.--Foi extraordinaire de Blasco Ibáñez dans le triomphe final des Alliés.--Son antigermanisme systématique.--Son immense labeur au cours des hostilités.--Les 9 tomes de son _Historia de la Guerra Europea de 1914_.--Ses trois romans de «guerre».--Manifestations des germanophiles de Barcelone contre Blasco.--Les souffrances de la vie à Paris.--Son abnégation héroïque «_por la patria de Victor Hugo_»......148
VIII.--L’immense succès, aux Etats-Unis, des _Quatre Cavaliers de l’Apocalypse_.--Comment l’auteur en eut connaissance.--Le roman vendu 300 dollars produit une fortune à la traductrice.--Un éditeur «_rara avis_».--Voyage de Blasco Ibáñez en Amérique du Nord.--Triomphes et honneurs.--Le _Militarisme Mexicain_.--Le Dr. Blasco Ibáñez revient en Europe pour y écrire, à Nice, _El Aguila y la Serpiente_, roman mexicain......172
IX.--Classification des romans de Blasco Ibáñez: Romans valenciens, Romans espagnols, Cycle américain, Triptyque de «guerre».--Blasco Ibáñez est-il le «Zola espagnol»?--Comment Blasco a écrit ses romans.--Quelques réflexions sur le style du romancier......192
X.--Etat de la littérature à Valence avant Blasco Ibáñez.--Importance des _Contes_ de ce dernier pour l’appréciation de ses romans valenciens: _Arroz y Tartana_, _Flor de Mayo_, _La Barraca_, _Entre Naranjos_, _Sónnica la Cortesana_, _Cañas y Barro_......217
XI.--Les romans «espagnols».--I° Romans de lutte: _La Catedral_, _El Intruso_, _La Bodega_, _La Horda_.--II° Romans d’analyse: _La Maja Desnuda_, _Sangre y Arena_, _Los Muertos Mandan_, _Luna Benamor_......246
XII.--Le programme «américain» de Blasco Ibáñez en 1914 et aujourd’hui.--_Los Argonautas._--Sujet et valeur de ce roman.--Amour ancien et profond de Blasco pour l’Amérique......275
XIII.--Les romans de «guerre»: _Los Cuatro Jinetes del Apocalipsis_, _Mare Nostrum_, _Los Enemigos de la Mujer_.--Conclusion: L’œuvre future de Blasco Ibáñez et sa signification actuelle dans les lettres espagnoles......291
NOTES:
[1] «Celui que je vais écrire.»
[2] «J’ai l’idée d’un roman, demain je me mets au travail.»
[3] Madrid, 1910. L’interview remonte, en réalité, à 1909.
[4] «Ah! C’est de Blasco Ibáñez que vous me parlez?»
[5] «Valence est terre divine, puisque là où hier poussait le froment, croît aujourd’hui le riz...»
[6] «La viande est de l’herbe, l’herbe de l’eau, l’homme une femme et la femme rien.»
[7] «Un paradis habité par des démons.»
[8] «Je ne saurais le faire.»
[9] «Mais donnez-moi du temps et, certainement, je l’entreprendrai.»
[10] «Père Michel», en valencien. On appelle _cura de escopeta_ un type de Nemrod en soutane très courant en Espagne chez les curés de campagne, dits aussi _curas de misa y olla_, par ce que toutes leurs ambitions sont de dire la messe pour faire bouillir leur marmite.
[11] «Tout Espagnol est avocat à moins de preuve du contraire.»
[12] «Oiseau messager de la tempête.»
[13] «Quels temps! Quelle audacieuse jeunesse! Depuis quand les morveux écrivent-ils donc des romans?»
[14] «La cape recouvre tout.» Ce proverbe s’emploie aussi parfois, au figuré, pour indiquer que, sous de belles apparences, se cachent souvent de grands défauts.
[15] Nom que portent les quartiers bas de Madrid, qui sont ceux où habite la populace.
[16] «Ce n’est pas mal! En vérité, jeune homme, tu possèdes quelque talent pour ce genre de choses!»
[17] «Petit étudiant.» Ainsi appelait-on alors, dans ces milieux, Blasco Ibáñez.
[18] «Vous êtes arrêté.»
[19] «Tête brûlée.»
[20] Article paru aussi dans _El Figaro_ de La Havane, nº du 13 Février 1921.
[21] C’est du moins ce que Bark prétendait en 1910 à la p. 6 de sa plaquette sur Alejandro Lerroux. Mais Bark est personnage très sujet à caution. Et, dans mon exemplaire des _Nacionalidades_, la dédicace du livre est imprimée à l’adresse de _D. Enrique Pérez de Guzmán el Bueno_ et nullement de ce suspect pamphlétaire.
[22] En revanche, M. F. Ménétrier ne mentionnait pas une œuvre, d’ailleurs épuisée depuis fort longtemps, de Blasco, intitulée: _París, Impresiones de un Emigrado_.
[23] «Combien de fois nous a-t-on conduits ici, la nuit!»
[24] «Le chef». Ainsi désignait-on alors Blasco Ibáñez, à la rédaction de _El Pueblo_.
[25] Dans un article inséré dans _Soi-Même_ (1^{ère} Année, nº 10, 15 Novembre 1917), Blasco a évoqué, sous le bombardement allemand, au front, ces lointains souvenirs du _Pueblo_, dans un passage qui sera traduit au chapitre VII.
[26] «Tous à la guerre, riches et pauvres!»
[27] On remarquera que, dans ce volume, l’auteur, pour des raisons faciles à deviner, parle de son départ d’Espagne comme d’une chose naturelle et comme s’il se fût embarqué à Cette sur le vapeur français _Les Droits de l’Homme_.
[28] Nom par lequel on désigne, en Espagne, un jeune déshérité de la Fortune, un gueux.
[29] «C’est là ce que je considère comme le mieux; mais, si vous pensez le contraire, je vous suivrai, advienne que pourra...»
[30] «Comment ai-je pu vivre de la sorte?»
[31] «Mais ce Blasco Ibáñez, est-ce un parent du député républicain?»
[32] Réunions en petit comité.
[33] Un très lointain article de Blasco Ibáñez, au nº 1 de _La República de las Letras_, intitulé: «_El arte social_», traitait simplement du roman à thèse et renfermait des considérations ingénieuses sur ce point littéraire délicat.
[34] On sait que, dans ses _Désenchantées_, Loti souhaitait qu’Allah conservât le peuple turc, «religieux et songeur, loyal et bon». Il est intéressant d’observer qu’avant lui, Blasco Ibáñez avait formulé le même vœu.
[35] M. Pierre Mille qui, à la même époque, visitait les rives du Bosphore, a donné, dans le _Temps_ du Jeudi 3 Octobre 1907, une description de Brousse, qu’il eût été piquant de rapprocher de celle de Blasco. Du moins, pourra-t-on se livrer à ce petit exercice pour les derviches tourneurs, que M. Pierre Mille décrivit dans le _Temps_ du Jeudi 26 Septembre 1907.
[36] Je tiens de source officielle qu’on voulut, pour le récompenser de sa propagande désintéressée pendant la guerre, l’élever d’un rang supérieur dans l’Ordre. Sa modestie, cependant, allègue qu’à son âge, ce qu’il possède est suffisant et que si on l’en juge toujours digne, l’on pourra plus tard songer de nouveau à lui.
[37] _Nouveaux Lundis_, V. 213.
[38] «Mais ce sont des choses militaires!»
[39] «Tout ce qu’on lit sert, une fois ou l’autre, dans la vie.»
[40] «Pour moi, l’histoire est le roman des peuples et le roman, l’histoire des individus.»
[41] _De oratore_, II, 9, 36: «L’histoire est le témoignage des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire, la maîtresse de la vie, la messagère du passé.»
[42] «Douze archéologues, treize opinions distinctes.»
[43] Voir: _Antonio de Hoyos y Vinent_, par V. Blasco Ibáñez, dans la _Revue Mondiale_ du 15 Octobre 1919.
[44] _The Merchant of Venice_, V, 1, 83-88: «L’homme qui n’a pas une musique en lui-même, qui n’est pas mû par l’harmonie de doux accords, est apte aux trahisons, aux ruses, à la ruine. Les mouvements de son esprit sont sombres comme la nuit et ses affections ténébreuses comme l’Erèbe. Défiez-vous d’un tel homme. Prenez garde à la Musique!»
[45] Baudelaire, _Œuvres Complètes_, I (Paris, 1868), p. 92.
[46] «Quelle vérité, quelle vérité, à commencer par moi! Mais, qui donc lit tellement, tellement, tellement?»--Cité par A. Morel-Fatio, _Etudes sur l’Espagne, Troisième Série_ (Paris, 1904), p. 312.
[47] «C’est dans cette foi que je veux vivre et mourir.»
[48] «Qu’il n’avait pas peur.»
[49] «Parfois j’ai touché; d’autres fois, j’ai été touché. De quelle utilité cela a-t-il été dans ma vie? Qu’est-ce que cela a bien pu prouver?... Quand je songe que je fus blessé presque mortellement trois mois avant d’écrire _La Barraca_!»
[50] Feu!
[51] Vierge.
[52] «On peut être écrivain sans cesser d’être homme bien élevé.»
[53] _La Volonté de Vivre._ L’œuvre fut écrite et imprimée entre _La Maja Desnuda_ et _Sangre y Arena_.
[54] En préparation.
[55] «La Mère-Patrie».
[56] «Si tu veux que je pleure, il faut que toi-même tu commences par éprouver de la douleur.»
[57] Campement d’Indiens.
[58] _L’Argentine et ses Grandeurs._ Plusieurs photographies y représentent Blasco au cours de ses randonnées: ainsi p. 36, 79, 82, 108, 646, 654.
[59] Fabrique de sucre.
[60] Cette conférence, lue par M. Alfred de Bengoechea, traducteur des _Ennemis de la Femme_, est imprimée p. 404-422 du _Journal de l’Université des Annales_, Nº du I er Novembre 1918.
[61] Territoire, dans l’Argentine.
[62] Localité.
[63] Journaliers.
[64] Danse populaire au Chili, au Pérou, en Bolivie et d’autres pays encore de l’Amérique, sorte de sarabande ou de fandango des nègres, des souteneurs et gens de même acabit. On l’appelle aussi _cueca_.
[65] Nouvelle-Valence.
[66] Cabane, en Amérique Latine.
[67] «Et je pensai qu’un mois avant je déjeunais, au Bois de Boulogne, au restaurant d’Armenonville!»
[68] «Par sa grande variété.»
[69] «Employé dernièrement son talent à dénigrer l’Allemagne.»
[70] Titre que le Gouvernement impérial accordait aux commerçants et industriels qui avaient bien mérité du régime.
[71] Qualificatif honorifique en usage avec cette catégorie sociale d’Allemands.
[72] Banquet.
[73] Indien.
[74] Patrie.
[75] «Cette fois, c’est sérieux.»
[76] «L’éminent écrivain du voisin royaume et l’un des bons amis du Portugal.»
[77] «L’illustre auteur de _La Catedral_ et de tant d’autres belles œuvres littéraires.»
[78] «Autour du conflit.» L’ouvrage de M. B. d’Alcobaça a paru à Lisbonne à partir de Mars 1915, d’abord comme feuilleton du journal républicain _A Capital_, puis en fascicules successifs chez les éditeurs J. Romano Torres et Cie dans la même ville.
[79] «Quand les Allemands m’auront présenté deux gaillards de la taille de ces deux méditerranéens, je commencerai à croire en leur infaillibilité militaire.»
[80] Texte sténographié, paru dans le _Journal de l’Université des Annales_ du 15 Mai 1918, p. 516.
[81] _G. Q. G. Secteur I_ (Paris, 1920), tome I, p. 192.
[82] «En me rendant au front.»
[83] _The Morning_, périodique alors publié en langue anglaise par _Le Matin_, nº du Mercredi 29 Mai 1918.
[84] «Gigantesque «no man’s land» (espace compris entre les deux tranchées ennemies), où les Alliés combattaient sans trêve les Huns.»
[85] «Sa fuite de Barcelone, où il ne put rester un seul jour...» (_Article cité page 146._)
[86] «Les affaires sont les affaires.»
[87] _The Illustrated London News_, 12 Février 1921, p. 209. «Ouvrage qui, dit-on, a été le plus lu de tous les livres imprimés, à l’exception de la Bible.»
[88] «C’est pour la France, c’est pour la patrie de Victor Hugo!»
[89] Calembours.
[90] «Vente modèle.»--Les tirages de la maison E.-P. Dutton and Cº sont ordinairement de 10.000 exemplaires. La première édition des _Four Horsemen_ date de Juillet 1918. Au commencement de Janvier 1920, l’œuvre atteignait sa 150^{ème} édition, ce qui représentait déjà environ 5 millions de lecteurs.
[91] «Monceaux d’or.»
[92] LA FONTAINE, _Fables_, Livre VI, 13: «Le Villageois et le Serpent.»
[93] Discours.
[94] _L’espagnol aux Etats Unis_, feuilleton du journal _Le Siècle_, 26 Janvier 1905.
[95] _El español en los Estados Unidos_, Salamanca. 1920.
[96] Dans son livre de 1918: _El Hispanismo en Norte-América_ (Madrid, 433 pp. in-8º). Le détail de la réception doctorale de Blasco, le 23 Février 1920, et le texte des discours prononcés à cette occasion se trouvent p. 1-54 du _George Washington University Bulletin_ de Février 1920 (vol. XVIII, numéro 7).
[97] Un court exposé.
[98] Consentement unanime.
[99] «M. le Président, c’est avec un grand plaisir que j’annonce à la Chambre que nous avons aujourd’hui la visite de Blasco Ibáñez qui, comme chacun sait, est le premier écrivain espagnol du monde, l’auteur des _Quatre Cavaliers de l’Apocalypse_ et d’autres ouvrages qui nous sont familiers à tous. Il sera peut-être intéressant pour les membres de cette maison de savoir que Blasco Ibáñez a été aussi pendant sept ans membre des «Cortes», ou Parlement espagnol; qu’il a toujours été un républicain...»
[100] «dans le cabinet du Président sous peu et serait heureux d’y faire la connaissance personnelle des membres du Congrès et je suis sûr que ce sera un grand plaisir pour nous de faire la connaissance d’un représentant si distingué du meilleur de la littérature européenne et espagnole, d’un homme, aussi, que nous devons mieux admirer et connaître à cause de ses principes républicains et démocratiques.»
[101] «Sur Pérez Galdós», p. 1.369.
[102] Nº de Juillet 1903, p. 105-128.
[103] Premier chef.
[104] «Lettres espagnoles», p. 422 et suivantes.
[105] Voir à la fin du chapitre XII l’indication relative aux extraits traduits par M. Hérelle.
[106] Littérature universelle.
[107] _Emile Zola, sa vie et ses œuvres._
[108] Marché des Fêtes de Noël.
[109] _Etudes d’Art étranger_, p. 345.
[110] _VIe Série_, T. X, p. 311: _Le Rossignol de M. Gabriele D’Annunzio_.
[111] «Les traces de Zola, que l’on découvre dans beaucoup de ses romans, lui ont valu le titre de «Zola espagnol»...»
[112] Une allusion, p. 647, à _La Maja Desnuda_, «_le nouveau roman de Blasco Ibáñez_», date ce ch. VIII. L’œuvre fut couronnée, à l’unanimité, du prix Charro-Hidalgo, que _l’Ateneo_ de Madrid distribue tous les deux ans.
[113] La pêche du _bòu_ est celle où les deux barques couplées traînent un long filet en naviguant toujours de conserve; c’est notre pêche au boulier.
[114] _Confesiones del Siglo, 2ª Serie_, Madrid, sans date, Calleja, p. 161-174: «Blasco Ibáñez». Cette interview n’a pas été reproduite exactement et plusieurs passages en sont erronés.
[115] «Vengeance mauresque.»
[116] «Ce que je ne vois pas du premier coup, je ne le verrai pas ensuite.»
[117] «Ce que je n’écris pas du premier jet, je ne l’écrirai pas à la réflexion.»
[118] Cette édition est en 16 volumes, mais il en existe une infinité d’autres, de tous formats et de tous prix. Quelques romans ont même été traduits par cinq traducteurs différents et publiés par cinq éditeurs distincts. Depuis la révolution russe, Blasco est naturellement dans la plus complète ignorance de tout ce qui a trait à ses œuvres en Russie, où elles jouissaient d’une popularité incroyable.
[119] _II^{ème} Série_, Paris, 1901, ch. XXVII: «Du style comme condition de la vie», p. 330.
[120] «Où l’on n’a écrit qu’en vers, soit dans le genre badin, soit pour le théâtre, se mettre à écrire en prose sérieuse est une grande révolution...»
[121] _L’Evolution d’un romancier valencien_, p. 58.--C’est, d’ailleurs, en castillan aussi qu’écrivit un autre romancier valencien, dont _Cultura Española_ prétendit que les œuvres avaient été traduites en français, M. B. Morales San Martín, afin d’obtenir un succès qui ne vint pas (voir l’article de D. Ramón D. Perés dans le nº de _Cultura Española_ de Novembre 1909, p. 903.)
[122] Paysans.
[123] Souteneurs.
[124] Aragonais venus chercher fortune à Valence.
[125] Plus douce que le miel.
[126] «Riz et tartane, casaque à la mode, et roule la boule à la Valencienne.» L’expresion _¡ròde la bola!_ est légendaire pour indiquer l’insouciance devant l’avenir.
[127] _Flor de Mayo_ est le nom donné à la barque de pêche luxueuse que le héros du roman, le _Retor_, fait construire avec les profits de son expédition de contrebande à Alger et qui a été baptisée ainsi par la suggestion d’une estampe ornant les livres de tabac _May-Flower_ (fleur d’aubépine, librement rendu par _Flor de Mayo_), importé de Gibraltar.
[128] «Monsieur enfermé pour avoir écrit dans les journaux.»
[129] Inséré dans _Luna Benamor_ en 1909, p. 113.
[130] Assassins.
[131] Voleurs.
[132] Nº XII, p. 939. M. Gómez de Baquero, fonctionnaire monarchiste, avait préalablement consacré à divers romans de Blasco Ibáñez plusieurs articles, dont deux sur _Sangre y Arena_ dans _El Imparcial_, où ce roman avait paru en feuilleton, et un troisième sur le même livre dans _La España Moderna_ de D. José Lázaro. Sous la signature _Andrenio_, il écrivit aussi dans le journal conservateur _La Epoca_, ainsi, d’ailleurs, que dans la revue hebdomadaire populaire _Nuevo Mundo_, diverses notules sur le romancier, qu’il n’a, toutefois, pas incluses dans son recueil de 1918: _Novelas y Novelistas_, paru chez l’éditeur Calleja à Madrid.
[133] Tome IX, p. 555 et suivantes.
[134] «Ses romans sont chastes, sobres comme la Nature.»--M. F. Vézinet remarquera aussi à propos de _La Maja Desnuda_, dans son ouvrage de 1907, p. 277, que Blasco «s’interdit les succès faciles en écartant de son œuvre les situations scabreuses, ou, quand il s’en présente, en les traitant avec une légèreté de touche qui nous étonne et nous ravit chez un réaliste». Et cela était l’évidence même.
[135] «Député toujours sûr d’être réélu.»
[136] «L’Amour ne passe qu’une fois dans la vie.»
[137] «Des appuis bien faibles.»
[138] Etude mise en tête de la traduction Panckoucke, avec texte latin en regard, des _Punicorum Libri XVII_.
[139] Barcelona, 1888, 2 t. de XIII-507 et 520 pp. in-8°, préfacés par Llorente et recensés par Hübner dans la _Deutsche Literaturzeitung_, 1889, nº 26.
[140] Paris, 1870-1878 (_atlas_ en 1879), t. I, p. 295-306.
[141] Article intitulé: «Sagunt und seine Belagerung durch Hannibal.» On lira avec intérêt, dans le _Mariana historien_ de M. G. Cirot (Bordeaux, 1905), p. 320-322, le résumé des efforts du Jésuite Mariana pour concilier, sur Sagonte, les récits discordants des historiographes anciens.